17 juillet 2017

Catherine Kintzler, Penser la laïcité, Minerve 2014, lu par Anne Beilin

Catherine Kintzler, Penser la laïcité, Minerve, 2014 (220 p.). Lu par Anne Beilin.

index.jpgSignataire en 1989 de la Lettre ouverte à Lionel Jospin qui demandait l'interdiction des signes religieux au sein de l'école publique, Catherine Kintzler n'a cessé depuis de prendre la laïcité comme objet philosophique. Elle approfondit ici bien des points développés dans son précédent ouvrage, Qu'est-ce-que la laïcité?, publié en 2007.  Le positionnement de l'auteur est bien connu : il n'est ni nécessaire ni souhaitable de « toiletter » la laïcité et d'y apposer un adjectif  – « ouverte », « apaisée », « raisonnable », «positive ». La laïcité se suffit à elle-même, à condition toutefois d'en penser le concept de manière à ce qu'il livre toutes ses propriétés et ses effets. L'ambition de Catherine Kintzler est de poursuivre ici une saisie philosophique du concept, qui permette d'éclairer les problèmes contemporains dans leurs aspects concrets.

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14 juillet 2017

Pierre Rosanvallon, Le bon gouvernement, Seuil 2015, lu par Bruno Hueber

Pierre Rosanvallon, Le Bon gouvernement, Seuil, collection Les Livres du nouveau monde, 2015. Lu par Bruno Hueber.

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Le terme de démocratie, on le sait, est un de ces signifiants flottants ou de ces termes qui donnent lieu depuis longtemps à une véritable guerre des mots. Un mot, donc, pour un idéal de société émancipatrice s'il en est, qui saurait conjoindre de façon satisfaisante les libertés publiques et individuelles, une certaine justice économique et sociale ainsi qu'une prospérité raisonnable, un mot aussi malheureusement trop souvent alibi, masque ou slogan de toutes les déclarations politiciennes les plus creuses ou les plus prudentes voire des décisions les plus cyniques, un mot enfin affirmant un principe, pour ne pas dire un paradigme, celui de la souveraineté du peuple, entérinant ainsi la même égalité de dignité et de droits fondamentaux pour tous ; la démocratie est bien un mot-valise, qui ne prend son sens véritable que par la connaissance de l'histoire dans laquelle il se déploie, et de celle qu'il contribue à construire en retour par sa valeur d'idéal régulateur, ou d'horizon de normalité des sociétés modernes.

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13 juillet 2017

Michael J. Sandel, Contre la perfection. L’éthique à l’âge du génie génétique, Vrin 2016, lu par Guillaume Lillet

Michael J. Sandel, Contre la perfection. L’éthique à l’âge du génie génétique, éd. VRIN, Matière étrangère. Lu par Guillaume Lillet.

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Dans ce court essai truffé d’exemples, qui servent de point de départ à la réflexion, Sandel oppose une éthique du don à une éthique de l’augmentation et de la perfection encouragée par le génie génétique. Il n’est pas question d’écarter ce dernier d’un revers de la main, mais bien de comprendre dans quelle démarche éthique il doit s’inscrire : une éthique qui prenne en considération le respect de la vie comme don. Ainsi, le génie génétique n’est pas mauvais en soi et n’a pas le monopole de l’augmentation ; tant s’en faut, certains de ses usages sont extrêmement bénéfiques à l’humanité quand d’autres pratiques courantes, loués sur un malentendu, ne seraient pourtant pas moins condamnables qu’une forme d’eugénisme.

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12 juillet 2017

Michel Villey, La Nature et la Loi. Une philosophie du droit, éditions du Cerf, lu par Laurent Gryn

Michel Villey, La Nature et la Loi. Une philosophie du droit, éditions du Cerf, coll. La nuit surveillée. Lu par Laurent Gryn.

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Le volume intitulé La nature et la loi rassemble une série d’études qui donne une bonne perception  de la pensée de M. Villey. Nous trouvons dans ces études les deux pôles autour desquels tourne la philosophie du droit de l’auteur. Une critique de la pensée et de la pratique du droit contemporain, incluant une critique des  droits de l’homme, et une réflexion sur le droit naturel classique que l’on retrouve, selon l’auteur, chez Aristote et Thomas d’Aquin. Il ne s’agit évidemment pas pour l’auteur de revenir purement et simplement à Aristote, Thomas d’Aquin ou au droit romain, mais d’extraire de la lecture des classiques et de la pratique des jurisconsultes romains une méthode destinée à éviter les apories auxquelles mènent les droits de l’homme.

   

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11 juillet 2017

Monique CASTILLO, Faire renaissance. Une éthique publique pour demain, Vrin 2016, lu par Béatrice Allouche-Pourcel

Monique CASTILLO, Faire renaissance. Une éthique publique pour demain, VRIN, Collection «Moments philosophiques», janvier 2016 (253 pages). Préface de Philippe HERZOG. Lu par Béatrice Allouche-Pourcel.

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Monique CASTILLO, Professeur émérite de l’Université Paris-Est Créteil, questionne depuis longtemps la philosophie morale et politique à travers le prisme de l’éthique appliquée. Son dernier opus ne fait pas exception à la règle, qui est né du constat du «désarroi moral» des réactions «moralisatrices ou démoralisées de l’opinion». Partant de ce constat, elle en cherche l’origine dans les nombreuses contradictions de notre héritage culturel et en particulier dans le travers paradoxal consistant à faire s’opposer la morale à elle-même. En effet, l’héritage des Lumières poussait la condition humaine à la responsabilité : tout individu pouvait prendre conscience d’être la cause de son ignorance, de sa bêtise ou de sa lâcheté. Mais un second héritage critique apparaît avec les philosophies du soupçon et détruit l’élan du premier avec la mise en doute de «la liberté de la subjectivité», de la «neutralité de la raison» et de la «moralité de l’humanisme».

 

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10 juillet 2017

Jean-Baptiste HENNEQUIN, Machiavel pour mon fils, Actes Sud 2015, lu par Béatrice Allouche-Pourcel

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Dans ce premier essai de Jean-Baptiste HENNEQUIN, c'est en tant que père que l'auteur choisit Machiavel comme anti-modèle pour son fils. S'adressant à son enfant devenu imperceptiblement un jeune adulte, il lui montre comment un penseur florentin du seizième siècle peut l'aider à naviguer sans sombrer dans l'époque chaotique qui est la nôtre.

 

           

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07 juillet 2017

Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire, suivi de Eduard Fuchs, le collectionneur et l’historien et de Paris, la capitale du XIXème siècle, Traduction inédite, Petite Bibliothèque Payot, lu par Guillaume Fohr

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Il faut quitter Paris, coûte que coûte ! La fuite de Walter Benjamin à l’arrivée des chars allemands le 15 juin 1940 interroge une existence tout entière malmenée par la violence de l’époque, à laquelle il n’était sans doute pas préparé. Aussi, la confusion entre la vie et les textes de Walter Benjamin, en plus de questionner le rapport à l’histoire, permet sans doute d’y voir le parangon tout autant que la tentative désespérée d’un sauvetage du passé.  Collectionner, habiter, se sauver, c’est là tout l’enjeu à l’œuvre dans les trois textes rassemblés dans la présente édition.

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06 juillet 2017

Marc Jimenez, Art et technosciences. Bioart et neuroesthétique, Klincksieck 2016, lu par Olivier Koettlitz

Marc Jimenez,  Art et technosciences. Bioart et neuroesthétique, Klincksieck, 2016, collection «50 questions». Lu par Olivier Koettlitz.

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Qu’il devait être doux le temps où régnait une séparation bien étanche entre les formes d’activité des hommes. Chacun devait avoir son territoire, avec sa cartographie propre, et tous devaient en bonne intelligence communiquer les résultats de leurs recherches aux autres, faire profiter autrui des progrès ou des bienfaits laborieusement acquis, non certes sans quelque suffisance ou auto-satisfaction bien légitime. L’homme de science cherchait la vérité, l’homme de la technique oeuvrait à la domestication de la nature, l’homme de pouvoir s’arrangeait pour que perdure l’ordre social, l’homme de l’art s’évertuait à divertir ses semblables parce qu’il faut bien que les sens exultent, et le philosophe, quelque peu décalé mais tellement inoffensif, tentait de donner du sens à toute cette nécessaire agitation sans laquelle la vie humaine eût été tout simplement impossible. Quelques concepts empruntés à l’antique philosophie grecque peuvent rendre intelligible cette distribution des valeurs et des tâches. Trois y suffisent : la poièsis visait à la production, la création, l’action de fabriquer visant des résultats, des produits extérieurs à l’agent, aux gestes et aux savoir-faire de celui qui faisait venir à la présence de tels artéfacts ; la praxis renvoyait à l’action d’un sujet sur un autre, à ce type d’action ayant sa fin en elle-même, une sorte de création sans oeuvre extérieure aux agents ; enfin, la théôria désignait l’activité propre à l’intelligence qui s’élève au niveau des idées pures, accède à la mathesis, et comprend ainsi la vraie nature des choses.

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05 juillet 2017

Jacques Aumont, Le Montage, « la seule invention du cinéma », Vrin 2015, lu par Didier Lemaire

Jacques Aumont, Le Montage, « la seule invention du cinéma », Vrin, oct. 2015 (107 pages). Lu par Didier Lemaire.

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 « UN JOLI MOT : IL A TOUT POUR RÉUSSIR »

L'image cinématographique ne doit pas être confondue avec le tournage. Car l'image en mouvement, qui apparaît successivement – du moins après les frères Lumière, quand le cinéma est devenu une industrie à fiction –, n'est jamais qu'un élément parmi l'ensemble des données narratives du film. Le saut d'un plan à l'autre avec l'enchaînement des différents points de vue permet en effet  de raconter une histoire en image. Le cinéma n'est donc pas véritablement un art mimétique. Le montage constitue bien au contraire, selon le mot de Godard, « la seule invention du cinéma ».

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04 juillet 2017

Michel Makarius, Une histoire du flou, Aux frontières du visible, Éditions du Félin, 2016, lu par François Collet

http://www.editionsdufelin.com/a_avt/phlivre/photo/exe_makarius_11-01.jpgMichel Makarius, Une histoire du flou, Aux frontières du visible, Éditions du Félin, 2016. Lu par François Collet.

 

Michel Makarius, professeur d’esthétique et de philosophie de l’art à l’Université Paris I, nous a quittés en 2009 alors qu’il travaillait à une vaste relecture de l’histoire de l’art à partir du flou comme fil conducteur.

De ce projet nous restent une mise au point introductive et trois chapitres – l’un consacré à la peinture, le second centré sur le thème du portrait et le troisième portant sur la photographie et la vidéo.

 

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03 juillet 2017

Esthétique de l’environnement, appréciation, connaissance, devoir. Textes réunis et traduits par H.-S. Afeissa et Y. Lafolie, Vrin, lu par Jean Kessler

Esthétique de l’environnement, appréciation, connaissance, devoir. Textes réunis et traduits par H.-S. Afeissa et Y. Lafolie, Vrin 2015. Lu par Jean Kessler.

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L’ensemble des essais rassemblés dans ce volume tourne autour de la question suivante : comment apprécier la beauté de la nature ? Selon quelle esthétique, selon quel modèle jugeons-nous les beautés naturelles ?

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30 juin 2017

Edgar Morin et Michelangelo Pistoletto, IMPLIQUONS-NOUS. Dialogue pour le siècle, éditions Acte Sud, 2015, lu par Elisabeth Montlahuc

Edgar Morin et Michelangelo Pistoletto, IMPLIQUONS-NOUS. Dialogue pour le siècle, éditions Acte Sud, 2015.

 

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Cinq ans après la parution de « Indignez vous ! » de Stéphane Hessel, le petit livre « Impliquons nous » relate l’entretien du philosophe Edgar Morin avec l’artiste Michelangelo Pistoletto.

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29 juin 2017

Rola Younès, Introduction à Wittgenstein, éd. La Découverte, coll. Repères, lu par François Meyer

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Ludwig Wittgenstein n'a jamais encouragé les projets des autres pour résumer, simplifier ou même présenter sa pensée, c'est le moins que l'on puisse dire. C'est pourtant bel et bien ce que tente ce livre d'environ 125 pages écrit par l'universitaire libanaise Rola Younès.

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28 juin 2017

Pierre-Jean Renaudie, Husserl et les catégories, Langage, Pensée et Perception, Vrin, 2015, lu par Pierre Souq

Pierre-Jean Renaudie, Husserl et les catégories, Langage, Pensée et Perception, Paris, Vrin, 2015

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Dès les premières lignes de son ouvrage, Pierre-Jean Renaudie indexe le problème des catégories à celui de l'énonciation, et interroge le discours dans son origine et ses fondements à partir du Sophiste de Platon.

L'étranger. ― À toi de dire à propos de quoi et sur quoi porte le discours.

Théétète. ― C'est évident : à propos de moi, et sur moi.                         

(Platon, Sophiste, 263a)

 

Ainsi, que se passe-t-il lorsque l'Homme dit quelque chose ? Quelles différences faire entre le contenu du discours et l'objet visé ? À quelles conditions finalement le sujet peut-il discourir et parler du réel ?

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27 juin 2017

Marie de Marcillac, Ulysse chez les philosophes, Classiques GARNIER, lu par Flavie Garnier-Sacre.

Marie de Marcillac, Ulysse chez les philosophes, Classiques GARNIER, 2015, Collection « Perspectives comparatistes », 540 p.

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Cet ouvrage est la reprise d’une thèse de littérature comparée, écrite par Marie de Marcillac sous la direction de Tiphaine Samoyault et soutenue le 8 décembre 2011 à l’Université Paris 8 de Vincennes Saint-Denis. Contrairement à ce que son titre peut laisser supposer, l’objectif de l’auteure n’est pas de réfléchir à la récurrence du nom d’Ulysse dans l’ensemble de l’histoire de la philosophie mais uniquement dans un corpus de textes philosophiques écrits après la seconde guerre mondiale.

Le constat de départ est le suivant : il existe un engouement manifeste d’un certain nombre de philosophes européens et américains pour le personnage d’Ulysse. Horkheimer, Adorno, Jankélévitch, Arendt, Heidegger, Lévinas, Foucault, Derrida, Deleuze, Serres, Nancy, Lacoue-Labarthe, Gadamer, Conche, Castoriadis, Davidson, Diano, Bloch, ont pour point commun de se référer au personnage d’Ulysse à un moment donné de leur œuvre.

         Comment expliquer cette fréquence en cette période particulière de l’histoire?

1) Ulysse, nom intertextuel

Certes, l’usage et la finalité de cette référence varient considérablement en fonction des auteurs au point que la figure d’Ulysse subit une véritable métamorphose d’un texte philosophique à l’autre. Peut-on, malgré ces variations, identifier un fil conducteur interprétatif  au sein même du corpus et le nom d’Ulysse peut-il, grâce sa plasticité, relier tous ces fragments textuels ?

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