Philosophie générale

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30 juin 2017

Edgar Morin et Michelangelo Pistoletto, IMPLIQUONS-NOUS. Dialogue pour le siècle, éditions Acte Sud, 2015, lu par Elisabeth Montlahuc

Edgar Morin et Michelangelo Pistoletto, IMPLIQUONS-NOUS. Dialogue pour le siècle, éditions Acte Sud, 2015.

 

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Cinq ans après la parution de « Indignez vous ! » de Stéphane Hessel, le petit livre « Impliquons nous » relate l’entretien du philosophe Edgar Morin avec l’artiste Michelangelo Pistoletto.

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29 juin 2017

Rola Younès, Introduction à Wittgenstein, éd. La Découverte, coll. Repères, lu par François Meyer

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Ludwig Wittgenstein n'a jamais encouragé les projets des autres pour résumer, simplifier ou même présenter sa pensée, c'est le moins que l'on puisse dire. C'est pourtant bel et bien ce que tente ce livre d'environ 125 pages écrit par l'universitaire libanaise Rola Younès.

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27 juin 2017

Marie de Marcillac, Ulysse chez les philosophes, Classiques GARNIER, lu par Flavie Garnier-Sacre.

Marie de Marcillac, Ulysse chez les philosophes, Classiques GARNIER, 2015, Collection « Perspectives comparatistes », 540 p.

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Cet ouvrage est la reprise d’une thèse de littérature comparée, écrite par Marie de Marcillac sous la direction de Tiphaine Samoyault et soutenue le 8 décembre 2011 à l’Université Paris 8 de Vincennes Saint-Denis. Contrairement à ce que son titre peut laisser supposer, l’objectif de l’auteure n’est pas de réfléchir à la récurrence du nom d’Ulysse dans l’ensemble de l’histoire de la philosophie mais uniquement dans un corpus de textes philosophiques écrits après la seconde guerre mondiale.

Le constat de départ est le suivant : il existe un engouement manifeste d’un certain nombre de philosophes européens et américains pour le personnage d’Ulysse. Horkheimer, Adorno, Jankélévitch, Arendt, Heidegger, Lévinas, Foucault, Derrida, Deleuze, Serres, Nancy, Lacoue-Labarthe, Gadamer, Conche, Castoriadis, Davidson, Diano, Bloch, ont pour point commun de se référer au personnage d’Ulysse à un moment donné de leur œuvre.

         Comment expliquer cette fréquence en cette période particulière de l’histoire?

1) Ulysse, nom intertextuel

Certes, l’usage et la finalité de cette référence varient considérablement en fonction des auteurs au point que la figure d’Ulysse subit une véritable métamorphose d’un texte philosophique à l’autre. Peut-on, malgré ces variations, identifier un fil conducteur interprétatif  au sein même du corpus et le nom d’Ulysse peut-il, grâce sa plasticité, relier tous ces fragments textuels ?

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09 mai 2017

Mériam Korichi, Traité des bons sentiments, Albin Michel, Bibliothèque Idées, 2016 Lu par Véronique Longatte

Mériam Korichi, Traité des bons sentiments, Albin Michel, Bibliothèque Idées, 2016 Lu par Véronique Longatte

                                                                               

Comment expliquer que l’expression « bons sentiments » ne soit plus utilisée de nos jours que de manière résolument péjorative ? Cet ouvrage révèle à quel point c’est au travers des mots que nous pensons. Plus qu’une évolution langagière, ce traité nous offre à examiner la pertinence des modifications idéologiques et des mœurs. Un glissement de sens n’est pas anodin, et si l’on accorde à Mériam Korichi qu’ « il est possible d’aller contre un usage général » alors par notre seule interrogation face au sens qu’il convient d’attribuer à cette expression « bons sentiments », n’est ce pas une authentique réflexion philosophique que nous nous permettrions d’entreprendre ? Au fond, qu’est ce que « penser » sinon d’interroger les mots eux-mêmes ?

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24 février 2017

Ghislain Deslandes, Critique de la condition managériale, PUF, 2016, lu par Eric Delassus

Dans ce livre, Ghislain Deslandes parvient à faire du management, qui est trop souvent réduit à sa dimension technoscientifique et comptable, un véritable thème de réflexion philosophique. S’opposant à la conception taylorienne qui reste aujourd’hui dominante dans de nombreuses organisations, il propose une phénoménologie managériale s’inspirant de la pensée de Michel Henry et élabore une conception plus humaine du management s’enracinant dans la subjectivité vivante des êtres humains au travail.

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31 janvier 2017

Myriam Revault d'Allonnes, La crise sans fin. Essai sur l'expérience moderne du temps, Seuil, 2012, lu par Nathalie Godefroid

http://media.paperblog.fr/i/586/5869312/livre-crise-sans-fin-essai-sur-lexperience-mo-L-qFz0qW.jpegMyriam Revault d'Allonnes, La crise sans fin. Essai sur l'expérience moderne du temps, Seuil, La couleur des idées, 2012.

Notre présent est envahi par la crise. Mais qu'entendre par « crise » ? On dit « la » crise, notion englobante qui rassemble des domaines très différents (économie, autorité, éducation…). La notion en est obscurcie. Car au sens originel la krisis, c'est le jugement, la séparation, la décision, autrement dit le moment décisif qui permet le diagnostic et la sortie de crise. Or aujourd'hui, la crise est marquée par l'indécidable, elle est permanente, c'est le milieu et la norme de notre existence, instaurant ainsi une nouvelle expérience du temps.

 Dans notre époque « post-moderne », le temps n'est plus moteur d'une histoire à faire, c'est un temps sans promesse : le futur est incertain, tout s’accélère mais rien ne bouge, l'initiative en reste paralysée. C'est pourquoi il faut repenser la question de l'orientation vers le futur, car une société peut-elle se passer d'un sens de l'histoire ?

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13 décembre 2016

Paul Valéry, La crise de l’esprit, suivi de Note (ou l’Européen), Manucius, Le philosophe, Paris, 2016, lu par Florence Salvetti.

Paul Valéry, La crise de l’esprit, suivi de Note (ou l’Européen), Manucius, Le philosophe, Paris, 2016, lu par Florence Salvetti.

On connaît le fameux Fragment 53 d’Héraclite selon lequel « la guerre est le père de toute chose ». Il est une de ces choses dont, en tant qu’expérience capitale et douloureuse, elle est assurément le père, c’est de la pensée. La guerre détruit, mais il reste encore des hommes, dans la mêlée ou non, pour la penser. Nous ne pensons d’ailleurs jamais autant qu’en temps de guerre, à proprement parler ou métaphoriquement parlant, parce que notre monde est remis en question, que nous savons que demain sera ce que nous aurons choisi d’en faire aujourd’hui, et que nous ne nous contentons pas de vivre la douleur, nous l’intellectualisons pour lui donner sens. Nombreux sont à ce titre les écrivains (historiens, poètes, philosophes) auxquels la guerre a donné à penser. Paul Valéry, dont la vie (1871-1945) est rythmée par les guerres, est de ceux-là. Avec quelques autres, dont pour certains nous serons amenés à évoquer le nom, il pense la guerre, sans être de la mêlée, car il n’est pas mobilisé. Valéry demeure à Paris pendant les deux périodes d’affrontements mondiaux.

 

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11 novembre 2016

Laurence Devillairs, Les 100 citations de la philosophie, Que sais-je, 2015, lu par Alexandra Barral

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRzeEEMkSzf2xO4qZe4AG7jlCbw9g16GHC4EDp3yhn2x9KW4kzhLaurence Devillairs, Les 100 citations de la philosophie, Que sais-je, 2015

Ce petit livre de 124 pages paraît aux éditions PUF dans la collection des « Que sais-je ».  Il a pour objectif de rassembler les citations les plus connues de l’histoire de la philosophie et de donner une explication concise à ces formules. Le format est strict : un page d’explication pour chacune des citations, ce qui a pour double conséquence la nécessité d’être très synthétique dans les explications et de ce fait relativement bref et clair d’une part ; et de l’autre de  passer sous silence des explications plus exhaustives et plus approfondies.

Après un bref avant propos, les citations sont déclinées par ordre chronologique, en commençant par Héraclite d’Éphèse, et en terminant par Sloterdijk. Dans l’avant propos, l’auteur rappelle que la philosophie, même si elle n’est pas littérature, peut être belle, et les formules de langage trouvées par les philosophes, riches, vibrantes, fécondes et heureuses. Les philosophes veulent aussi toucher la pensée par la formule et de se contentent pas simplement de concepts et de démonstrations

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11 octobre 2016

Alain Corbin Histoire du silence. De la Renaissance à nos jours, Albin Michel 2016 Lu par Alexandre Klein

Alain Corbin Histoire du silence. De la Renaissance à nos jours, Albin Michel 2016 Lu par Alexandre Klein

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT-06bjGk8nZJTKBszg5meKB6DSJiw0Cen10sGPdw3hFIdM0WKodHjEs1gNotre société connectée nous aurait fait perdre le sens du silence. Pire, le flot continu de paroles produit par l’hypermédiatisation nous le ferait désormais craindre. Pourtant, le silence est une source inestimable de vertus tant méditatives et réflexives que jouissives. C’est ce qu’entend nous rappeler l’historien français Alain Corbin dans son nouvel opus. Après avoir étudié les transformations de notre sensibilité aux odeurs, dans son célèbre Le Miasme et la Jonquille (1982), ou plus récemment notre rapport aux arbres ou au temps qu’il fait, ce spécialiste de l’histoire des sensibilités s’attache ici à écrire une histoire de notre relation au silence.

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07 octobre 2016

Hélène Péquignat, Platon et Descartes passent le bac. Carnet de bord d’une prof de philo. Editions Le Pommier, Collection : Essais - Les défis de l'éducation, mars 2016, 172 p., lu par Jean-Baptiste Chaumié

http://www.editions-belin.com/e_img/boutique/full/74651087.jpgLe titre de l’ouvrage d’Hélène Péquignat, Platon et Descartes passent le bac peut prêter à confusion, car il y est très peu question de Platon et de Descartes. Il s’agit pour l’auteure, professeur en terminale, de partager différentes expérimentations pédagogiques originales faites avec ses élèves en vue de les mettre en situation de philosophes.

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04 juillet 2016

Cyril Morana, Éric Oudin et Marianne Perruche (dir.), La Parole, Ellipses 2016

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   La préparation des concours est souvent l'occasion de publications pleines d'intérêt. Cyril Morana, Éric Oudin et Marianne Perruche ont dirigé un ouvrage collectif sur la parole - notion sur laquelle les candidats au concours d'entrée aux grandes écoles de commerce seront amenés à disserter en 2017.

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01 juillet 2016

Frédéric Laupies, La vérité, Leçon philosophique, Paris, Presses Universitaires de France, 2014, lu par Anthony Dekhil

http://static.fnac-static.com/multimedia/Images/FR/NR/f1/1b/59/5839857/1507-1.jpgFrédéric Laupies, La vérité, Leçon philosophique, Paris, Presses Universitaires de France, 2014

 

L'ouvrage de M. Laupies, Professeur de philosophie au lycée Notre-Dame du Grandchamp à Versailles, est un cours à destination des élèves de classes préparatoires économiques et commerciales. Il s'intéresse au statut de la vérité en tant qu'elle est objet de connaissance et principe de la grandeur morale.

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24 juin 2016

Francis Hutcheson, Système de philosophie morale, présenté et traduit par J. Szpirglas, Vrin 2016

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   Il aura fallu attendre deux cent quarante-six ans pour lire dans une nouvelle traduction A System of Moral Philosophy, l'un des chefs-d'œuvre de l'enseignement de Hutcheson. L'attente fut excessivement longue pour ce qui reste l'un des textes essentiels des Lumières écossaises, un livre qui fut admiré tout aussi bien par Lessing que par Diderot, et dont la postérité, pour être discrète, n'en fut pas moins considérable.

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22 juin 2016

Jean-Frédéric Schaub Pour une histoire politique de la race , Seuil Collection Librairie du XXIe siècle, mars 2015, Lu par Nawal El Yadari

Jean-Frédéric Schaub Pour une histoire politique de la race ,  Seuil Collection Librairie du XXIe siècle, mars 2015, Lu par Nawal El Yadari

Dans cet ouvrage, J.-F. Schaub propose une histoire des constructions des catégories raciales : il s'agit  d'exhumer des catégories qui fonctionnent parfois sans dire leur nom, et de dépasser le paradigme simpliste qui réduit le racisme à la seule idéologie raciste biologique. Des catégories imprègnent nos cadres de pensée et les cadres de l'action politique, et  il s'agit d'en comprendre les racines. L'ouvrage est donc polémique, puisqu'il se propose de déceler la politique de la race et ses continuités sous différentes idéologies universalistes. Il convient de se rappeler des apports fondamentaux des pensées de Fanon et de De Beauvoir :  la construction sociale de l'altérité, qu'elle soit raciale ou genrée, va de pair avec un processus de définition de soi. Assigner autrui à une place, c'est se définir soi-même. Ainsi on ne peut pas comprendre la racialisation sans y saisir en creux la construction de la blanchité. De même que le sexisme permet de construire une certaine masculinité.

L'ouvrage part d'un constat, à savoir celui d'une tension propre à nos sociétés contemporaines : la tension entre, d'une part la « plasticité individuelle des appartenances », autrement dit la possibilité pour tout un chacun d'échapper aux assignations identitaires, et d'autre part, la permanence du racisme dans les sociétés contemporaines – le racisme biologique fût-il disqualifié.
« Le triomphe de la plasticité des appartenances devrait favoriser une extinction des positions racistes dans les sociétés contemporaines. » (p. 18

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20 juin 2016

Jean-Michel Le Lannou, L’Excès du représentatif, coll. « Philosophie », Hermann Éditeurs, Paris, octobre 2015, 98 pages, lu par Jean Colrat

 

L’ouvrage que Jean-Michel Le Lannou a publié en octobre 2015 est la meilleure introduction à la connaissance de son œuvre en même temps qu’une forme d’accomplissement d’un travail ambitieux.


 

 

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