Épistémologie

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18 février 2019

Neuropédagogie : le cerveau au centre de l’école, de C. Laval et M. Blay, éd. Tschann & Cie, 2018 Lu par François Meyer

Neuropédagogie : le cerveau au centre de l’école, de C. Laval et M. Blay, éd. Tschann & Cie, 2018  Lu par François Meyer

Cet essai est consacré à dénonciation de ce que les auteurs appellent neuropédagogie. L’usage du terme neuropédagogie dans le titre de l’essai mérite quelques commentaires préalables. 
Ce terme ainsi que celui de neuroéducation est certes utilisé par certains chercheurs [9], mais il est plutôt malheureux. En effet, le préfixe neuro empêche de voir qu’une grande partie des recherches et pratiques en question relève de la psychologie expérimentale. La psychologie expérimentale utilise des connaissances et des outils des neurosciences, notamment les techniques d’imagerie , mais ne s’y réduit assurément pas. C’est pourquoi on parle de sciences cognitives aujourd’hui, pour désigner ce complexe de sciences qui contribuent à la compréhension de l’esprit humain. 
Dans cette recension, j’utiliserai plutôt le terme de sciences cognitives (ou neurosciences cognitives) appliquées à l’éducation, imitant en cela de nombreux auteurs ([1], [3]). On peut aussi parler d’éducation fondée sur les preuves (evidence-based education) comme F. Ramus1  pour insister sur le rôle de la méthode expérimentale dans ce mouvement. 
En résumé, les sciences cognitives appliquées à l’éducation sont un ensemble de recherches et de pratiques qui ont en commun d’essayer d’appliquer à l’éducation les connaissances acquises en sciences cognitives2
L’ensemble du livre adopte un ton nettement critique et accusateur. J’ai tenté de résumer ce réquisitoire. La tâche est difficile, car c’est peu dire que le propos des auteurs comporte une très grande part d’implicite. Comme ce réquisitoire, une fois rendu plus explicite, m’a semblé biaisé, je l’ai assorti des réponses qui me semblaient pertinentes.

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14 décembre 2018

Siri Hustvedt, les mirages de l'incertitude. Essai sur la problématique corps/esprit, Acte Sud, 2018, lu par J.B. Chaumié

Siri Hustvedt, les mirages de l'incertitude.  Essai sur la problématique corps/esprit, Acte Sud, 2018, 355 pages

 Siri Hustvedt est connue comme  romancière, mais a déjà publié plusieurs livres ayant pour objet les neurosciences, la philosophie et la psychologie. L’auteur livre dans une longue parenthèse à la page 38 du livre le sens de son travail : «  j’espère parvenir à bousculer quelques unes de ces convictions fondamentales ou prémisses confuses en posant des questions qui n’ont pas de réponses toutes faites, je souhaite aborder quantité de sujets les uns connus, d’autres plus obscurs, qui, au minimum, feront connaître au lecteur le fait que beaucoup reste inconnu pour ce qui est de l’esprit et de sa relation au corps et au monde. J’avoue que je me suis aussi donné pour mission de démonter certains truismes dont j’ai été assaillie de toutes part depuis des années, qu’il s’agisse du naturel , de l’acquis, des gènes, des études sur les jumeaux, et du cerveau assimilé à un disque dur. Je suis lasse des affirmations complaisantes sur les hormones et les différences sexuelles psychologiques, des déclarations carrément sommaires de la psychologie évolutionniste et de certains fantasmes qui se retrouvent en toute lettres dans l’intelligence artificielle.» L’objectif du livre est donc d’interroger les présupposés et résultats de la « psychologie de l’évolution », qui s’impose dans les universités et les médias (plutôt dans le monde anglo-saxon) et qui ont pour point commun la réduction de tout comportement humain au génétique ou/et au neuronal. 

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19 octobre 2018

Seidengart Jean (dir.), Vérité scientifique et vérité philosophique dans l’œuvre d’Alexandre Koyré, Les Belles Lettres, 2016, lu par Jonathan Racine.

Lorsque l’on cite Koyré, on se réfère d’abord, incontestablement, à des travaux d’histoire des sciences : les Etudes galiléennes, par exemple. Mais les ouvrages de Koyré ne sont pas seulement une source d’information extrêmement précieuse dans ce champ très technique qu’est l’histoire des sciences. L’auteur défend constamment une thèse, qui est rappelée dans l’introduction de cet ouvrage collectif : le caractère inséparable de la science et de la philosophie (p. 10).

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17 septembre 2018

Fichant, M., Roux, S., (dir.), Louis Couturat (1869-1914), Mathématiques, langage, philosophie, lu par Vincent Alain

https://classiques-garnier.com/editions-vignettes/MftMS01b.pngFichant, M., Roux, S., (dir.), Louis Couturat (1869-1914), Mathématiques, langage, philosophie, Paris, Éditions Classiques Garnier, 2017

« On ne saurait lui (Kant) reprocher de n’avoir pas prévu l’avenir, encore que sur ce point, Leibniz ait vu plus clair et plus loin » écrivit Louis Couturat en 1905 à propos de la philosophie des mathématiques de Kant inaugurant ainsi « un retour à Leibniz » concurrent du « zurück zu Kant » de l’École de Marbourg. De l’œuvre de Louis Couturat, on ne retient, le plus souvent, que la classique et incontournable étude sur la Logique de Leibniz d’après des documents inédits et la thèse d’un Leibniz précurseur de la logique moderne. Pourtant, Louis Couturat n’a jamais voulu être un historien de la philosophie au sens strict, mais bien un philosophe à part entière cherchant à distinguer la vérité des systèmes de leur roman.

        

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12 juillet 2018

Michael Esfeld, Physique et métaphysique, PPUR 2012, lu par François Chomarat

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Michael ESFELD, Physique et métaphysique. Une introduction à la philosophie de la nature, collection Philosophie des sciences, Presses polytechniques et universitaires romandes, novembre 2012 (172 pages).

Michael Esfeld enseigne la philosophie à L’Université de Lausanne, l’horizon de son travail étant de réunir les connaissances scientifiques dans une conception complète et cohérente de la nature.

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10 juillet 2018

Thomas Boyer-Kassem, Qu'est-ce que la mécanique quantique ?, Vrin 2015, lu par François Chomarat

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Thomas Boyer-Kassem, Qu'est-ce que la mécanique quantique ?, collection « Chemins Philosophiques », Vrin, avril 2015 (128 pages). Lu par François Chomarat.

Le titre de ce petit ouvrage, sous la forme « Qu'est-ce que... ? », est conforme au cahier des charges de la collection des « Chemins philosophiques » aux éditions Vrin. Cependant, en lisant « Qu'est-ce que la mécanique quantique ? » de Thomas Boyer-Kassem, on découvre non pas une présentation générale du sujet, mais plutôt un livre d'initiation clair et dénué de formalisme mathématique au problème spécifique de l'interprétation de la mécanique quantique et, au-delà, de l'interprétation des théories physiques.

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09 juillet 2018

Franck Varenne, Théorie, réalité, modèle, Matériologiques 2012, lu par Arnaud Rosset

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Franck Varenne, Théorie, réalité, modèle. Épistémologie des théories et des modèles face au réalisme dans les sciences, Éditions matériologiques, 2012 (259 pages). Lu par Arnaud Rosset.

  Cet ouvrage vise à rendre compte des circonstances dans lesquelles l'évolution de la physique a amené le retour d'un questionnement sur le réalisme scientifique et à mettre en valeur la façon dont la valorisation récente des modèles, saisis comme des représentations intermédiaires entre la théorie et les données de l'expérience, a permis de réorienter ce questionnement.

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06 mars 2018

Collectif, Objets mathématiques, CNRS Édition 2017, lu par Julien Barbei

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Collectif, Objets mathématiques, CNRS Édition, Institut Henri Poincaré, Paris 2017, Préface de Cédric Villani & Jean-Philippe Uzan, lu par Julien Barbei.


 Il s’agit d’un livre tournant autour de la collection d’objets physiques de l’Institut Henri Poincaré, qui exemplifient pour la plupart des « objets » mathématiques, propriétés, figures, ou fonctions (coniques, surfaces, pavages, courbures…). C’est, avec ces créatures, autant de sciences, d’histoire, de patrimoine que d’art qu’il va s’agir.
 

 

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13 février 2018

Françoise Parot, La Psychologie française dans l’impasse, Matériologiques 2017, lu par Alexandre Klein

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Françoise Parot, La psychologie française dans l’impasse. Du positivisme de Piéron au personnalisme de Fraisse, Paris, Éditions matériologiques, Collection : Sciences & philosophie, 2017 (296 p.), lu par Alexandre Klein.

Aujourd’hui professeure émérite de psychologie à l’Université Paris Descartes, Françoise Parot a consacré une grande partie de sa carrière à l’étude de l’histoire et de l’épistémologie de sa discipline. Elle a notamment contribué au dépouillement et au classement de nombreux fonds d’archives de psychologues, dont celui de Paul Fraisse dont elle fut l’élève. C’est à ce dernier qu’elle consacre aujourd’hui son nouvel opus intitulé La psychologie française dans l’impasse.

 

 

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22 décembre 2017

Heams et alt. (dir.), Les mondes darwiniens, Matériologiques 2011, lu par Sylvain Bosselet (II)

Heams, Huneman, Lecointre & Silberstein (dir.), Les mondes darwiniens. L'Évolution de l'évolution, Éditions Matériologiques, 2011, lu par Sylvain Bosselet

 

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Présentation

Ce livre est une somme de près de 1600 pages sur le darwinisme contemporain, par cinquante des meilleurs spécialistes francophones. Nous proposons dans cette deuxième recension de résumer la deuxième partie, « Le darwinisme en chantier », 1/ Épistémologie (chapitres 10 à 18).

 

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01 novembre 2017

Baptiste Morizot, Pour une théorie de la rencontre. Hasard et individuation chez Gilbert Simondon, Vrin 2016, lu par Thierry de Toffoli

Baptiste Morizot, Pour une théorie de la rencontre. Hasard et individuation chez Gilbert Simondon, Éditions Vrin, 2016 (245 p.), lu par Thierry de Toffoli.

 

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L’ambition du présent ouvrage n’est pas de nous offrir une lecture exégétique et exhaustive d’un des ouvrages phares de Gilbert Simondon (L’individuation à la lumière des notions de forme et d’information). Il s’agit plutôt de proposer un travail de recherche s’inscrivant dans le prolongement des thèses simondoniennes. Plus précisément, l’auteur enracine sa réflexion dans le texte même de Simondon, avec précision, mais aussi cette distance minimale nécessaire pour l’examiner sous une autre perspective afin d’y débusquer un élément ignoré jusque-là, mais qui pourtant serait exigé par les thèses mêmes de Simondon : le hasard. « Oublié » par Simondon dans son effort pour en réfuter les formes classiques, il s’avère cependant incontournable lorsqu’il s’agit de penser dans toutes ses dimensions et conséquences le processus d’individuation. Ainsi, il est manifeste que l’ouvrage s’adresse d’abord au lecteur averti, même si, par son effort pédagogique et ses nombreuses reprises il constitue une manière d’entrer dans la lecture du philosophe. En mesurer la portée, l’effort de relecture, parfois critique, ou encore la fécondité dans la confrontation à d’autres thèses, implique cependant d’être familier de l’œuvre source.

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Xavier Roth, Georges Canguilhem et l'unité de l'expérience. Juger et agir 1926-1939, Vrin 2013, lu par Thibault Clément

Xavier Roth, Georges Canguilhem et l'unité de l'expérience, Juger et agir, 1926-1939, Librairie Philosophique J. Vrin, « L'Histoire des Sciences - Textes et Études », 2013. 250 p.

 

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Nous voudrions commencer par indiquer ce qui, pour un professeur de philosophie, pourrait être à l’initiative de la lecture de ce livre. Pour ce faire, nous tenons à citer l’ « avertissement » que Georges Canguilhem et son collègue Camille Planet donnent en 1939 à leur Traité de logique et de morale : « Un recueil de renseignements et d’opinions disparates peut former, s’il est habilement ordonné, un travail documentaire utile, et à ce titre prendre quelque valeur didactique ; mais il ne donnera qu’une idée lointaine de la réflexion philosophique.

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31 octobre 2017

Richard Dawkins, Le gène égoïste (1976, 1989), lu par Sylvain Bosselet

Richard Dawkins, Le gène égoïste (1976, 1989), Odile Jacob, 2013, lu par Sylvain Bosselet.

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Cet ouvrage de (philosophie de la) biologie a largement dépassé l’audience des spécialistes et étudiants, pour atteindre les « profanes », que son auteur vise en préface comme troisième type de public. Il s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires, traduit en 25 langues. Richard Dawkins, biologiste, éthologiste et théoricien de l’évolution, y présente trois de ses principales théories : 1/ la sélection naturelle interprétée du point de vue du gène (dit « égoïste »), qu’il appelle un « néodarwinisme orthodoxe » ; 2/ sa transposition sur le plan mental avec la notion de « mème » ; 3/ le concept de « phénotype étendu ».

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Cherlonneix (dir.), Nouvelles représentations de la vie en biologie et philosophie du vivant, lu par Cyril Gayet

Laurent Cherlonneix (dir.), Nouvelles représentations de la vie en biologie et philosophie du vivant. La sculpture du vivant à l’épreuve de l’interdisciplinarité, , avec la participation de Jean Claude Ameisen, éditions De Boeck, avril 2013. 

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Ce livre regroupe un ensemble de contributions écrites à l’occasion d’un séminaire interdisciplinaire sur le thème du vivant, dirigé par Laurent Cherlonneix. Son objet principal est d’évaluer la pertinence et la portée de l’idée de « mort cellulaire programmée » pour une nouvelle pensée de la vie. 

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30 octobre 2017

Huneman, Heams, Lecointre & Silberstein (dir.), Les mondes darwiniens, Éditions Matériologiques 2011, lu par Sylvain Bosselet

Philippe Huneman, Thomas Heams, Guillaume Lecointre, Marc Silberstein (dir.), Les mondes darwiniens, Paris, Éditions Matériologiques, 2011, lu par Sylvain Bosselet.

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Ce livre est une somme de près de 1600 pages sur le darwinisme contemporain, par cinquante des meilleurs spécialistes francophones. Nous proposons dans cette première recension de résumer l’introduction, la préface et la première partie intitulée « Les notions » (chapitres 1 à 9).

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