Esthétique

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24 mars 2017

Esthétique de l’environnement, appréciation, connaissance, devoir. Textes réunis et traduits par H.-S. Afeissa et Y. Lafolie, Vrin, lu par Jean Kessler.

Esthétique de l’environnement, appréciation, connaissance, devoir.Textes réunis et traduits par H.-S. Afeissa et Y. Lafolie, Vrin, 2015, lu par Jean Kessler.

 

L’ensemble des essais rassemblés dans ce volume tourne autour de la question suivante : comment apprécier la beauté de la nature ? Selon quelle esthétique, selon quel modèle jugeons- nous les beautés naturelles ?

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21 février 2017

Michel Makarius, Une histoire du flou, Aux frontières du visible, Éditions du Félin, 2016, lu par François Collet

http://www.editionsdufelin.com/a_avt/phlivre/photo/exe_makarius_11-01.jpgMichel Makarius, Une histoire du flou, Aux frontières du visible, Éditions du Félin, 2016, lu par François Collet

 

   Michel Makarius, professeur d’esthétique et de philosophie de l’art à l’Université Paris I, nous a quittés en 2009 alors qu’il travaillait à une vaste relecture de l’histoire de l’art à parti du flou comme fil conducteur.

   De ce projet, nous reste une mise au point introductive et trois chapitres – l’un consacré à la peinture, le second centré sur le thème du portrait, et le troisième portant sur la photographie et la vidéo.

   Le flou est un angle d’attaque d’une grande fécondité pour aborder le problème de la représentation dans l’œuvre d’art, et du même coup de son expressivité faite d’écart. C’est ainsi que l’auteur d’ailleurs fixe le sens de son concept : « le flou est un écart par rapport au net. » (p.13). On va à partir de là suivre le paradoxe constant d’une épiphanie du visible dans l’œuvre d’art, non par mimesis, mais par éloignement, par « érosion du visible » (p.17). C’est ainsi que la figure nette est toujours présupposée – ce qui exclut de la recherche des formes indistinctes et sans motif, celles de la peinture abstraite par exemple.

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03 février 2017

Jacques Aumont Montage, « la seule invention du cinéma » Vrin, oct. 2015, 107 pages , Lu par Didier Lemaire

Jacques Aumont Montage, « la seule invention du cinéma » Vrin, oct. 2015, 107 pages , Lu par Didier Lemaire

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« UN JOLI MOT : IL A TOUT POUR RÉUSSIR »

L'image cinématographique ne doit pas être confondue avec le tournage. Car l'image en mouvement, qui apparaît successivement – du moins après les frères Lumière, quand le cinéma est devenu une industrie à fiction –, n'est jamais qu'un élément parmi l'ensemble des données narratives du film. Le saut d'un plan à l'autre avec l'enchaînement des différents points de vue permet en effet  de raconter une histoire en image. Le cinéma n'est donc pas véritablement un art mimétique. Le montage, constitue bien au contraire, selon le mot de Godard, « la seule invention du cinéma ».

De la mécanique à la collure

Certes, à l'origine, du fait d'une interruption mécanique lors du tournage due soit à un arrêt involontaire de la caméra, soit à la nécessité de changer de point de vue, il a fallu « monter » plusieurs prises. Pour le réalisateur comme pour le spectateur, il s'agissait là d'un défaut, car le film devait donner à voir la trace en temps réel d'un événement, un peu à la façon d'une photographie animée. Mais dans la réalisation de fictions, l'ellipse, héritée du théâtre, apparut bientôt comme une solution narrative efficace. D'abord, l'intervalle de temps manquant fut comblé par des cartons, voire dans les salles les plus luxueuses par des explications données par des « conférenciers ». Puis, l'esprit du spectateur fut directement sollicité pour imaginer le lien entre les images. Ainsi naquit le film créé par un montage non plus dans la caméra mais après le tournage.

Apparition, contexte

Or, il faut bien remarquer que le propre du film, par rapport à notre perception ordinaire pour laquelle tout changement s'effectue progressivement, c'est son étrange discontinuité : n'importe quelle image peut succéder à n'importe quelle image. Le cinéma consiste en l'art d'accommoder ce choc. Pour ce faire, deux grandes voies s'offrent à lui : le renforcer pour en faire jaillir du sens – c'est le « montage productif » – ou bien l'effacer pour le rendre insensible – c'est le « montage transparent ».

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16 septembre 2016

Marc Jimenez, Art et technosciences. Bioart et neuroesthétique, Klincksieck, 2016, collection «50 questions» Lu par Olivier Koettlitz

Marc Jimenez  Art et technosciences. Bioart et neuroesthétique, Klincksieck, 2016, collection «50 questions» Lu par Olivier Koettlitz

Qu’il devait être doux le temps où régnait une séparation bien étanche entre les formes d’activité des hommes. Chacun devait avoir son territoire, avec sa cartographie propre, et tous devaient en bonne intelligence communiquer les résultats de leurs recherches aux autres, faire profiter autrui des progrès ou des bienfaits laborieusement acquis, non certes sans quelque suffisance ou auto-satisfaction bien légitime. L’homme de science cherchait la vérité, l’homme de la technique oeuvrait à la domestication de la nature, l’homme de pouvoir s’arrangeait pour que perdure l’ordre social, l’homme de l’art s’évertuait à divertir ses semblables parce qu’il faut bien que les sens exultent, et le philosophe, quelque peu décalé mais tellement inoffensif, tentait de donner du sens à toute cette nécessaire agitation sans laquelle la vie humaine eût été tout simplement impossible. Quelques concepts empruntés à l’antique philosophie grecque peuvent rendre intelligible cette distribution des valeurs et des tâches. Trois y suffisent : la poièsis visait à la production, la création, l’action de fabriquer visant des résultats, des produits extérieurs à l’agent, aux gestes et aux savoir-faire de celui qui faisait venir à la présence de tels artéfacts ; la praxis renvoyait à l’action d’un sujet sur un autre, à ce type d’action ayant sa fin en elle-même, une sorte de création sans oeuvre extérieure aux agents ; enfin, la théôria désignait l’activité propre à l’intelligence qui s’élève au niveau des idées pures, accède à la mathesis, et comprend ainsi la vraie nature des choses.

            Cette Arcadie anthropologique reste tout à fait mythique voire fantasmatique. Sans doute les choses ne se sont-elles jamais vraiment passées de façon aussi ordonnée, lisse et pacifiée. Les frontières ont probablement toujours été peu ou prou poreuses et les relations entre les acteurs de cette scène sont autrement plus complexes si ce n’est, parfois, houleuses voire franchement belliqueuses. Que le principe de réalité penche plutôt de ce côté-ci de la balance est une très bonne chose qui assure, pour notre espèce, sa vitalité et donc sa capacité à engendrer du nouveau. Ce brouillage des frontières, cet empiétement réciproque des domaines de compétence est au coeur du très éclairant livre de Marc Jimenez Art et technosciences. Bioart et neuroesthétique, paru récemment aux Éditions Klincksieck dans la bien pratique collection «50 questions».

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15 juin 2016

Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire, suivi de Eduard Fuchs, le collectionneur et l’historien et de Paris, la capitale du XIXème siècle, Traduction inédite, Petite Bibliothèque Payot, lu par Guillaume Fohr

Il faut quitter Paris, coûte que coûte ! La fuite de Walter Benjamin à l’arrivée des chars allemands le 15 juin 1940 interroge une existence tout entière malmenée par la violence de l’époque, à laquelle il n’était sans doute pas préparé. Aussi, la confusion entre la vie et les textes de Walter Benjamin, en plus de questionner le rapport à l’histoire, permet sans doute d’y voir le parangon tout autant que la tentative désespérée d’un sauvetage du passé.  Collectionner, habiter, se sauver, c’est là tout l’enjeu à l’œuvre dans les trois textes rassemblés dans la présente édition. Dans cette échappée, l’Angelus Novus de Paul Klee l’accompagne et soutient ses pensées, ses rêves, ses espérances. Pris dans la nasse des « intelligences vaincues », Walter Benjamin n’en garde pas moins son calme, sa lucidité et continue sa correspondance avec Max Horkheimer ou Hannah Arendt. La vie de Benjamin s’apparente alors à un lent dépouillement de tout ce à quoi il tient, à commencer par sa bibliothèque. Conserver sa dignité ne peut résider alors que dans le fait de sauver le passé pour mieux sauver le présent.

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19 mai 2016

Stéphane Lambert, Mark Rothko. Rêver de ne pas être, éd. Arléa, 2014, lu par Pascal Chantier

http://www.babelio.com/couv/CVT_Mark-Rothko-rever-de-ne-pas-etre_992.jpegStéphane Lambert, Mark Rothko. Rêver de ne pas être, éd. Arléa, 2014.

Cet ouvrage est la nouvelle édition, revue par l’auteur, d’un texte publié en 2011. Il est construit en deux parties. La première, intitulée « Allo Houston ? Ici, Daugavpils »,  est de nature biographique et retrace le parcours singulier - « la navigation d’une vie » - du peintre Mark Rothko, né Markus Rothkowitz le 25 septembre 1903 à Dvinsk dans l’Empire Russe (aujourd’hui Daugavpils en Lettonie) et mort suicidé à Houston le 25 février 1970. La deuxième partie, titrée « De l’effacement du lieu au lieu de l’effacement », s’attache quant à elle à décrire et commenter l’oeuvre, du moins quelques œuvres majeures mais tardives du peintre, plus particulièrement les Dark Paintings (de Four Darks in Red (1958) jusqu’aux Black on Grey (1969) en passant par les Seagrams (1958)). L’auteur s’efforce d’y verbaliser ses propres émotions devant ces œuvres contemplées tour à tour à Londres lors de l’exposition de l’hiver 2008-2009 à la Tate Gallery et à Houston à la Chapelle Rothko.

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02 mars 2016

Jacqueline Lichtenstein, Les raisons de l’art, Gallimard, NFR Essais, 2015. Lu par Jean Colrat

Chers lecteurs, chères lectrices, 

 

Les recensions paraissent et disparaissent très vite ; il est ainsi fort possible que certaines vous aient échappé en dépit de l'intérêt qu'elles présentaient pour vous. Nous avons donc décidé de leur donner, à elles comme à vous, une seconde chance. Nous avons réparti en cinq champs philosophiques, les recensions : philosophie antique, philosophie morale, philosophie esthétique, philosophie des sciences et philosophique politiques. Pendant cinq semaines correspondant à ces champs, nous publierons l'index thématique des recensions publiées cette année et proposerons chaque jour une recension à la relecture. Au terme de ce temps de reprise, nous reprendrons à notre rythme habituel la publication de nouvelles recensions. 

Recensions d'esthétique 

Recensions de philosophie politique

Recensions de philosophie antique

Recensions de philosophie morale

Recensions d'épistémologie


Avec Les raisons de l’art. Essai sur les théories de la peinture, Jacqueline Lichtenstein, professeur de philosophie de l’art à l’Université Paris 4-Sorbonne, vient fonder théoriquement une pratique de

la philosophie de l’art qui s’était illustrée dans ses deux principaux ouvrages, La tâche aveugle : Essai sur les relations de la peinture et de la sculpture à l'âge moderne, (Gallimard, NRF Essais, Paris, 2003) et surtout La couleur éloquente, rhétorique et peinture à l'âge classique, (Flammarion, Paris, 1989). La singularité et l’un des principaux intérêts de ces deux essais étaient la mobilisation d’un corpus théorique délaissé, voire méprisé par les esthéticiens, au nom de leur trop faible valeur spéculative. 

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01 mars 2016

Michel Guérin, Origine de la peinture – sur Rembrandt, Cézanne et l’immémorial, Encre Marine, lu par Jean Colrat

Chers lecteurs, chères lectrices, 

 

Les recensions paraissent et disparaissent très vite ; il est ainsi fort possible que certaines vous aient échappé en dépit de l'intérêt qu'elles présentaient pour vous. Nous avons donc décidé de leur donner, à elles comme à vous, une seconde chance. Nous avons réparti en cinq champs philosophiques, les recensions : philosophie antique, philosophie morale, philosophie esthétique, philosophie des sciences et philosophique politiques. Pendant cinq semaines correspondant à ces champs, nous publierons l'index thématique des recensions publiées cette année et proposerons chaque jour une recension à la relecture. Au terme de ce temps de reprise, nous reprendrons à notre rythme habituel la publication de nouvelles recensions. 

Recensions d'esthétique 

Recensions de philosophie politique

Recensions de philosophie antique

Recensions de philosophie morale

Recensions d'épistémologie


Michel Guérin, Origine de la peinture – sur Rembrandt, Cézanne et l’immémorial, Paris, Encre Marine / Les Belles Lettres, 2013


Le dernier livre en date de Michel Guérin s’intitule Origine de la peinture. Il est sous-titré « sur Rembrandt, Cézanne et l’immémorial ». Trois essais le composent, chacun rassemblant plusieurs textes souvent inédits. Rembrandt est la matière du premier essai, Cézanne du dernier, le deuxième, « Mémoires d’ombres » est central au double sens du terme. Même si l’immémorial est le nom de l’Avant-propos, il désigne surtout ici quelque chose comme le thème de l’ouvrage. Il lui donne sa perspective et précise le type d’unité, libre mais authentique, qu’il faut en attendre. Michel Guérin l’affirme aux premières lignes : « j’ai toujours associé l’adjectif immémorial à la peinture ». origine de la peinture enquête sur cette association et prend plusieurs pistes, qui se croisent au fil des trois essais.

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29 février 2016

Nathalie Heinich, Le paradigme de l'art contemporain : Structures d'une révolution artistique, Gallimard, 2014, lu par Nicolas Poirier

Chers lecteurs, chères lectrices, 

 

Les recensions paraissent et disparaissent très vite ; il est ainsi fort possible que certaines vous aient échappé en dépit de l'intérêt qu'elles présentaient pour vous. Nous avons donc décidé de leur donner, à elles comme à vous, une seconde chance. Nous avons réparti en cinq champs philosophiques, les recensions : philosophie antique, philosophie morale, philosophie esthétique, philosophie des sciences et philosophique politiques. Pendant cinq semaines correspondant à ces champs, nous publierons l'index thématique des recensions publiées cette année et proposerons chaque jour une recension à la relecture. Au terme de ce temps de reprise, nous reprendrons à notre rythme habituel la publication de nouvelles recensions. 

Recensions d'esthétique 

Recensions de philosophie politique

Recensions de philosophie antique

Recensions de philosophie morale

Recensions d'épistémologie


Nathalie Heinich, Le paradigme de l'art contemporain : Structures d'une révolution artistique, Gallimard, 2014

Dans son dernier ouvrage Le paradigme de l'art contemporain. Structures d'une révolution artistique[1],la sociologue Nathalie Heinich poursuit l'ambitieuse recherche qu'elle mène depuis plusieurs années, et qui consiste à comprendre le rapport que les individus entretiennent à l'art, l'art ne devant pas s'entendre ici à la manière d'une essence pure déconnectée de tout référent social mais en tant qu'institution dont les œuvres elles-mêmes, les réactions du public ou encore les différents discours chargés de lui donner un sens constituent autant de modalités : suivant cette perspective, il revient au sociologue de procéder à l'analyse non seulement des représentations que se forment les différents acteurs (créateurs, public, médiateurs...) composant le monde de l'art mais aussi des multiples procédures (production des œuvres, mise en circulation, jugement critique, réception par le public) par lesquelles l'art devient une réalité effective[2]. Cette tentative présuppose le passage d'une analyse davantage philosophique, voire spéculative, portant sur l'essence de l'art à une analyse sociologique qui se donne pour objet la façon dont les acteurs se rapportent à l'art et réfléchissent cette relation : il s'agit pour Nathalie Heinich, c'est en tout cas le cadre méthodologique dans lequel elle entend situer sa démarche, de prendre comme objet, non l'art pour lui-même en tant qu'il est pourvu de caractéristiques intrinsèques, mais les différents discours, évaluations, actions, pratiques[3], procédures qui constituent l'art en tant que réalité instituée et productrices de significations plurielles, que l'on ne saurait subsumer sous un unique concept mais que l'on doit précisément cerner en tant qu'elles forment un complexe structuré.

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27 février 2016

Francis Wolff, Pourquoi la musique ? Paris, Fayard, 2015, lu par Olivier Koettlitz

Chers lecteurs, chères lectrices, 

 

Les recensions paraissent et disparaissent très vite ; il est ainsi fort possible que certaines vous aient échappé en dépit de l'intérêt qu'elles présentaient pour vous. Nous avons donc décidé de leur donner, à elles comme à vous, une seconde chance. Nous avons réparti en cinq champs philosophiques, les recensions : philosophie antique, philosophie morale, philosophie esthétique, philosophie des sciences et philosophique politiques. Pendant cinq semaines correspondant à ces champs, nous publierons l'index thématique des recensions publiées cette année et proposerons chaque jour une recension à la relecture. Au terme de ce temps de reprise, nous reprendrons à notre rythme habituel la publication de nouvelles recensions. 

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Recensions de philosophie morale

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Francis Wolff, Pourquoi la musique? Paris, Fayard, 2015.

«Mais la connaissance ne suffit pas à faire de nous, êtres parlants, des êtres pleinement humains et à satisfaire les besoins de cette «raison» que nous portons en nous pour notre délivrance et comme un fardeau.»

Francis Wolff, Pourquoi la musique? Fayard, 2015, p. 374.

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