15 novembre 2018

Eric Sadin, La silicolonisation du monde : l’irrésistible expansion du libéralisme numérique, Editions de l’Echappée, octobre 2016, lu par Gabrielle Colace-Scarabino

Après avoir longuement étudié et décrit les systèmes techniques dans ses précédents ouvrages, Eric Sadin reprend cette analyse des structures et effets du numérique en élargissant la réflexion au contexte généalogique et idéologique du monde digital, celui aussi bien des infrastructures industrielle, institutionnelle et financière qui le portent qu’à celui de la fabrique des représentations et d’une vision « siliconienne » du monde.

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13 novembre 2018

François-David Sebbah, L’Éthique du survivant, Levinas, une philosophie de la débâcle, Presses universitaires de Paris Nanterre, 2018, lu par Caroline Forgit.

François-David Sebbah est Professeur à l’université Paris Nanterre et membre de l’Institut de recherches philosophiques. Il propose dans cet ouvrage une nouvelle lecture de l’œuvre de Levinas en en soulignant deux moments : le début (textes de la période de guerre, les Carnets de captivité, les romans inachevés, De l’existence à l’existant) et la fin (cours et conférences des années 1970 et 1980). L’auteur tente de dégager la cohérence de l’ensemble, en partant d’un épisode vécu par Levinas : la débâcle, l’exode de 1940. Cette scène inaugurale permet de comprendre pourquoi l’éthique devient, dans la philosophie de Levinas, une éthique du survivant et une éthique impitoyable.

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23 octobre 2018

Vacances d'automne

Bonjour à tou·te·s, 

L'Œil de Minerve prend ses congés d'automne: nous vous donnons rendez-vous le 5 novembre prochain. 

Nous vous souhaitons de très bonnes vacances. 

L'équipe de L'Œil de Minerve. 

19 octobre 2018

Seidengart Jean (dir.), Vérité scientifique et vérité philosophique dans l’œuvre d’Alexandre Koyré, Les Belles Lettres, 2016, lu par Jonathan Racine.

Lorsque l’on cite Koyré, on se réfère d’abord, incontestablement, à des travaux d’histoire des sciences : les Etudes galiléennes, par exemple. Mais les ouvrages de Koyré ne sont pas seulement une source d’information extrêmement précieuse dans ce champ très technique qu’est l’histoire des sciences. L’auteur défend constamment une thèse, qui est rappelée dans l’introduction de cet ouvrage collectif : le caractère inséparable de la science et de la philosophie (p. 10).

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11 octobre 2018

Renaud Barbaras, Le Désir et le monde, Paris, Hermann, coll. Tuchè, 2016, lu par Mathieu Cochereau

 Dans son dernier ouvrage, qui fait suite à Métaphysique du sentiment, Renaud Barbaras se concentre sur l’analyse du désir - désir qui déjà dans ses précédents ouvrages jouait un rôle important -. De quoi le désir est-il le nom ?

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05 octobre 2018

A. Ehrenberg, La mécanique des passions, cerveau, comportement et société, Odile Jacob, 2018 Lu par Julien Olive

A. Ehrenberg, La mécanique des passions, cerveau, comportement et société, Odile Jacob, 2018 Lu par Julien Olive

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            Parmi les lectures qui marquent un cheminement intellectuel, certaines s'apparentent à des initiations et d'autres à des cristallisations. Les unes nous font découvrir des concepts qui vont nous accompagner longtemps, alors que les autres viennent réorganiser des idées qui nous préoccupaient déjà depuis longtemps. Cet article décrit une rencontre de ce second genre entre les questions suscitées par un enseignement au long cours de la philosophie et un ouvrage de sociologie, La mécanique des passions de Alain Ehrenberg. Le livre traite du statut des neurosciences dans la mentalité des sociétés contemporaines et, parce que son point de vue est extérieur à celui des philosophes, il nous a semblé apporter un éclairage nouveau et prometteur sur ce qui constitue l'intérêt, mais aussi les écueils, de l'introduction des sciences du cerveau dans le cours de philosophie. Notre propos s'adresse avant tout aux enseignants qui partagent ces questionnements, pour cette raison, nous en consacrerons l'essentiel à un exposé détaillé des positions et des arguments de A. Ehrenberg, après quoi, nous esquisserons les pistes qui s'offrent au professeur de terminale pour constituer les discours sur « l'homme neuronal » en un authentique objet de réflexion problématique.

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27 septembre 2018

Sandor Ferenczy, Réflexions sur le masochisme, lu par Baptiste Calmejane.

Sandor Ferenczy, Réflexions sur le masochisme, Paris, Petite Bibliothèque Payot, 2018, lu par Baptiste Calmejane.

Les textes sont introduits par Anne-Marie Saunal. Évoquant à plusieurs reprises sa propre pratique d’analyste, l’auteure de la préface aborde le motif du mal psychique sous sa double forme sadique et masochiste. Le masochisme doit être conçu, chez Freud et Ferenczi, dans sa relation au traumatisme, à l’identification à l’agresseur et à la pulsion de mort. La préface revient sur la différenciation des trois types de masochisme — moral, féminin, érogène — dans les textes de Freud, ainsi que sur la distinction ferenczienne entre orgasme normal, résultat d’un amour mutuel, et orgasme masochiste, résultat de l’identification à l’agresseur sadique. De ce point de vue, il convient de rappeler l’importance qu’il faut accorder, selon Ferenczi, à la réalité du traumatisme vécu comme source et origine de la compulsion masochiste. À l’égard des tendances masochistes, et de la souffrance en général, Anne-Marie Saunal rappelle à quel point la pratique clinique de Ferenczi reposait sur la compassion, l’humilité et l’humanité. Elle revient aussi sur la question de l’origine de l’affirmation (bejahung) de déplaisir, et sur le processus qui mène le sujet du déplaisir à la jouissance de ce déplaisir libidinalement investi. La préface s’achève enfin par une réflexion sur l’idée défendue par Ferenczi d’un épuisement de la douleur par acceptation de son existence, plus apte selon lui à en libérer le patient que la révolte, la lutte et le cramponnement hypocondriaque, ainsi que sur la place du pardon dans l’analyse.

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17 septembre 2018

Fichant, M., Roux, S., (dir.), Louis Couturat (1869-1914), Mathématiques, langage, philosophie, lu par Vincent Alain

https://classiques-garnier.com/editions-vignettes/MftMS01b.pngFichant, M., Roux, S., (dir.), Louis Couturat (1869-1914), Mathématiques, langage, philosophie, Paris, Éditions Classiques Garnier, 2017

« On ne saurait lui (Kant) reprocher de n’avoir pas prévu l’avenir, encore que sur ce point, Leibniz ait vu plus clair et plus loin » écrivit Louis Couturat en 1905 à propos de la philosophie des mathématiques de Kant inaugurant ainsi « un retour à Leibniz » concurrent du « zurück zu Kant » de l’École de Marbourg. De l’œuvre de Louis Couturat, on ne retient, le plus souvent, que la classique et incontournable étude sur la Logique de Leibniz d’après des documents inédits et la thèse d’un Leibniz précurseur de la logique moderne. Pourtant, Louis Couturat n’a jamais voulu être un historien de la philosophie au sens strict, mais bien un philosophe à part entière cherchant à distinguer la vérité des systèmes de leur roman.

        

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09 septembre 2018

Baptiste Morizot, Sur la piste animale, Actes-Sud, avril 2018, lu par Laurence Harang

Baptiste Morizot, auteur du livre Les diplomates, cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant (Wildproject Editions, 2016), nous interroge sur l’art du pistage et sur la manière de mieux habiter notre monde ; car il est évident à la lecture de ce bel essai - Sur la piste animale - que nous devons apprendre à « faire monde commun» avec les autres êtres vivants qui peuplent la terre.

.Sur la piste animale

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06 septembre 2018

Jacques Schlanger, De l'usage de soi, Hermann, 2017, lu par Guillaume Fohr

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Jacques Schlanger, De l'usage de soi, Hermann, 2017 (146 pages). Lu par Guillaume Fohr.

Jacques Schlanger est actuellement professeur émérite de philosophie à l'université hébraïque de Jérusalem. Dans son ouvrage De l'usage de soi, il propose au lecteur une pérégrination autour du « je » en sept intervalles. Le chiffre sept n'est pas sans évoquer la menorah, chandelier à sept branches de la tradition juive dont l'étymologie désigne la racine de la lumière. Le « je » se donne parfois à voir ou reste caché, toujours est-il qu'il demeure à l'origine de toute pensée, de toute action, de toute communication. Aussi, nos sentiments, nos idées, nos savoirs, nos croyances ne font pas exception en la matière. Ce livre propose une mise en abîme des diverses modalités de l'usage de soi en philosophie.

 

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27 juillet 2018

Jean-Baptiste Brenet, Averroès l’inquiétant, Belles Lettres 2015, lu par Elisabeth Boncour

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Jean-Baptiste Brenet, Averroès l’inquiétant, Les Belles Lettres, Paris, 2015 (160 pages).


Jean-Baptiste Brenet est professeur à l'Université de Paris I - Panthéon - Sorbonne, où il enseigne l'histoire de la philosophie arabe. Traducteur de Thomas d'Aquin, de Thomas Wylton et d'Avicenne, il dirige avec Christophe Grellard la collection « Translatio. Philosophies médiévales », chez Vrin. Il a notamment publié Transferts du sujet. La noétique d'Averroès selon Jean de Jandun (Vrin, 2003) et Les possibilités de jonction. Averroès-Thomas Wylton, suivi de : Thomas Wylton, L’âme intellective, introduction, traduction et notes  (de Gruyter, 2013).

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26 juillet 2018

Monique Dixsaut, Platon et la question de l’âme, Vrin 2013, lu par Jérôme Jardry

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Monique Dixsaut, Platon et la question de l’âme, Études platoniciennes II, collection Bibliothèque d'Histoire de la Philosophie, Vrin, 2013 (288 pages).

Platon et la question de l’âme est le deuxième tome des Études platoniciennes de Monique Dixsaut (le premier est paru en 2000 : Platon et la question de la Pensée, Vrin, Histoire de la philosophie). Cet ouvrage regroupe des articles qui ont été édités dans des revues et des ouvrages collectifs. On ne peut être que très heureux de retrouver ces textes dans ces deux tomes qui procèdent à des lectures pointues, détaillées et très éclairantes des dialogues de Platon. On y voit l’unité profonde d’une démarche qui est celle de l’histoire de la philosophie et de celle du « philosopher ».

 

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25 juillet 2018

Olivier Dubouclez, Descartes et la voie de l’analyse, PUF 2013, lu par François Collet

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Olivier Dubouclez, Descartes et la voie de l’analyse, P.U.F., collection Epiméthée, janvier 2013 (395 pages).

Cet ouvrage est un travail d’Olivier Dubouclez (issu de la thèse qu’il a soutenue en 2008), où la rigueur de la démarche historique le dispute au merveilleux du voyage qu’il nous propose. Disons-le d’entrée : il n’est nullement question de philosophie analytique dans cet ouvrage, ni d’une interprétation analytique (disons logico-linguistique) de l’œuvre de Descartes.

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24 juillet 2018

Sébastien Roman, Nous, Machiavel et la démocratie, CNRS 2017, lu par Bertrand Vaillant

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Sébastien Roman, Nous, Machiavel et la démocratie, C.N.R.S. 2017, collection PHIL (350 pages). Lu par Bertrand Vaillant.

Machiavel peut-il nous aider à penser la société démocratique et libérale dans laquelle nous vivons, société qu’il n’a ni connue ni même imaginée ? C’est la question à laquelle l’ouvrage de Sébastien Roman, inspiré de sa thèse soutenue en 2011, entend proposer une réponse affirmative.

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23 juillet 2018

Crystal Cordell Paris, La philosophie politique, Ellipses 2013, lu par Jean-Pierre Delange

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Crystal Cordell Paris. La philosophie politique, collection Apprendre à philosopher, Ellipses, mai 2013 (224 pages). Lu par Jean-Pierre Delange.

La philosophie politique, longtemps enseignée à l’Université avec la philosophie morale, est parfois identifiée avec la science politique, laquelle souffre des inévitables maux consécutifs de l’inexorable spécialisation des sciences humaines, au premier rang desquelles la sociologie.

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