18 juin 2019

Santiago Espinosa, L'Impensé, Belles Lettres 2019, lu par Jordan l'Hostis le Hir

Santiago Espinosa, L'Impensé. Inactualité de Parménide, « Encre marine », Les Belles Lettres, avril 2019 (123 pages). Lu par Jordan l'Hostis le Hir.

 

J'ouvre les yeux et des choses apparaissent, voilà tout.

L'Impensé est l'ouvrage récemment publié par Santiago Espinosa. À l'appui de fragments connus du Poème de Parménide, il y soutient l'idée que l'être est tout ce qui existe, jamais ce qui fait que les choses sont, et que le non-être n'existe pas.

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31 mai 2019

Paul B. Preciado, Un appartement sur Uranus, Grasset 2019, lu par Alexandre Klein

Paul B. Preciado, Un appartement sur Uranus. Chroniques de la traversée, Paris, Grasset, 2019. Préface de Virginie Despentes. Lu par Alexandre Klein.

 

Il n’est pas question d’emménagement, de fixation ou d’une quelconque installation à long terme dans ce nouvel ouvrage de Paul B. Preciado. Bien au contraire. C’est le récit d’un voyage continu, d’une traversée constante, d’une transition toujours en cours que nous propose le philosophe. Un appartement sur Uranus – le titre fait référence au terme « uraniste » utilisé par le juriste allemand Karl-Henrich Ulrichs en 1864 pour définir les homosexuels – rassemble les chroniques que Preciado a fait paraître dans le quotidien français Libération, ainsi que dans d’autres médias européens, entre 2013 et 2018. Cinq années au cours desquelles le monde, et notamment l’Europe, a grandement changé, mais également au cours desquelles Beatriz est devenu Paul.

                                      

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10 mai 2019

Lionel Astesiano, Joie et Liberté chez Bergson et Spinoza, CNRS 2016, lu par Eric Delassus

Lionel Astesiano, Joie et Liberté chez Bergson et Spinoza, 2016, CNRS Éditions, 464 pages. Lu par Éric Delassus.

 

Il peut sembler étonnant de vouloir rapprocher Bergson et Spinoza. En effet, nous avons du côté de Spinoza, une pensée systématique et déterministe et chez Bergson une philosophie qui s’oppose à toute forme de dogmatisme et de systématicité pour s’intéresser à la vie de l’esprit et aux données immédiates de la conscience. Alors que Spinoza prétend rendre compte des affects comme un géomètre, Bergson rejette le parallélisme psychophysiologique, arguant qu’il n’est pas possible d’appliquer le modèle mathématique à la vie de l’esprit dans la mesure où l’on ne peut traduire en termes quantitatifs ce qui est d’ordre qualitatif.

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16 avril 2019

Victor Hugo, De l’utilité du beau et autres textes, Manucius 2018, lu par François Collet

Victor Hugo, De l’utilité du beau et autres textes, éditions Manucius, 2018. Lu par François Collet.

 

« Dans (ses) premiers poèmes, Victor Hugo pense encore, au lieu de se contenter, comme la nature, de donner à penser. »

Proust, Le côté de Guermantes.

 

Cet ouvrage rassemble trois textes de Victor Hugo, tous trois tirés des Post-scriptum de ma vie. Dans ce livre posthume, ainsi que dans son William Shakespeare de 1864, on trouve en quelques sorte un condensé de ce que l’on pourrait appeler l’esthétique de Hugo. On y voit l’articulation de notions décrivant une poétique, et des considérations métaphysiques sur l’âme et la destinée humaine.

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09 avril 2019

Michel Chabot, Réflexion sur Qu’est-ce que les lumières ?, Bréal 2017, lu par Eric Delassus

Michel Chabot, Réflexion sur Qu'est-ce que les Lumières ? de Kant, collection Réflexions (im)pertinentes, éditions Bréal, 2017 (158 pages). Lu par Éric Delassus.

 

Loin d’être un commentaire de l’opuscule de Kant, le livre de M. Chabot se veut être une réflexion sur notre situation contemporaine à partir de la pensée de Kant.

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03 avril 2019

Christophe Prince & Nathalie Prince, Nietzsche au Paraguay, Flammarion 2019, lu par Alexandre Klein

Christophe Prince & Nathalie Prince, Nietzsche au Paraguay, éditions Flammarion, Paris, 2019 (384 pages). Lu par Alexandre Klein.

 

En 1887, une poignée de colons allemands s’installent au Paraguay, à près de 300 km au nord d’Asuncion, pour créer Nueva Germania, une colonie où la culture allemande pourrait prospérer sous sa forme la plus pure. À leur tête le Dr Bernhard Förster, un antisémite notoire qui rêvait de faire fructifier la race aryenne dans ce Nouveau Monde, loin d’une Allemagne qu’il jugeait alors en perdition. À ses côtés, sa femme, Élisabeth Förster-Nietzsche, la sœur du célèbre philosophe.

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26 mars 2019

Sabine Prokhoris, Déraison des raisons, PUF 2018, lu par Nassim El Kabli

Sabine Prokhoris, Déraison des raisons, les juges face aux nouvelles familles, PUF, 2018 (256 pages). Lu par Nassim El Kabli.

Hegel voyait dans l’histoire le travail souterrain d’une « ruse de la Raison », cette dernière utilisant les passions humaines qu’elle manipule en sous-main pour réaliser l’Idée universelle. Dans son dernier livre, Déraison des raisons, les juges face aux nouvelles familles, Sabine Prokhoris démasque ce qu’on pourrait appeler une ruse de la déraison. Cette déraison œuvrerait au sein même des raisonnements, des « motivations » ou « attendus », par lesquels les juges justifient leurs décisions ; le corps judiciaire serait en cela complice des « experts » en droit et en psychologie, eux-mêmes dépendants, plus ou moins consciemment, de discours moraux et religieux fondés sur une conception dépassée de la nature.

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18 février 2019

Michel Blay & Christian Laval, Neuropédagogie, Tschann 2018, lu par François Meyer

Michel Blay & Christian Laval, Neuropédagogie : le cerveau au centre de l’école, éditions Tschann & Cie, 2018. Lu par François Meyer.

Cet essai est consacré à dénonciation de ce que les auteurs appellent neuropédagogie.

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11 février 2019

André Pessel, Dans l'Ethique de Spinoza, Klincksieck 2018, lu par Éric Delassus

André Pessel, Dans l'Éthique de Spinoza, collection Critique de la politique, Klincksieck, Paris, 2018 (146 pages). Lu par Éric Delassus.


Lire l’Éthique ne laisse pas indemne le lecteur qui accomplit cette tâche avec sérieux. En effet, ce livre est riche en effets de texte, comme le souligne André Pessel dans son livre : Dans l’Éthique de Spinoza. L’intérêt de cet ouvrage tient en ce qu’il ne propose pas un commentaire sur l’Éthique Spinoza, mais qu’il montre en quoi la lecture de ce livre produit son lecteur et le transforme en lui faisant comprendre par son contenu ontologique qu’il y est aussi question de lui-même en tant qu’il s’intègre dans son sujet même.

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04 février 2019

Thierry de Toffoli, La philosophie réflexive de Maine de Biran, CSIPP 2016, lu par Marianne Eddi

Thierry de Toffoli, La philosophie réflexive de Maine de Biran, CreateSpace Independent Publishing Platform, novembre 2016 (236 pages). Lu par Marianne Eddi.

Dans La philosophie réflexive de Maine de Biran, Thierry de Toffoli nous montre comment le témoignage que Maine de Biran a livré de ses méditations quotidiennes est susceptible d’éclairer une philosophie, qui répugne par principe à toute systématicité.

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28 janvier 2019

Bernard Mabille, Cheminer avec Hegel, La Transparence 2007, lu par Alain Champseix

Bernard Mabille, Cheminer avec Hegel, éditions de La Transparence, Paris, 2007. Lu par Alain Champseix.

Nous pourrions dire de Bernard Mabille ce qu’il en est de Hegel : un livre peut être un cours ou un cours peut être un livre. Cet ouvrage reprend un enseignement dispensé à la Sorbonne lors du premier semestre de 2000-2001. Il s’inspire de l’ouvrage majeur du Professeur, Hegel, L’épreuve de la contingence, Paris, Aubier, 1999. Il n’en est toutefois pas le résumé car la réflexion à la fois sur et avec le philosophe allemand est reprise au bénéfice des étudiants afin de les mettre en mesure de le lire. Tel est d’ailleurs l’objectif de la première leçon qui porte sur ce que peut signifier lire en philosophie.

 

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21 janvier 2019

Arild Michel Bakken, La Présence de Mallarmé, Honoré Champion 2018, lu par Paul Sereni

Arild Michel Bakken, La Présence de Mallarmé, collection Romantisme et modernités, Honoré Champion, Paris, 2018 (264 pages). Lu par Paul Sereni.


Le livre, issu d'une thèse soutenue à Oslo en 2015, s’inscrit dans le renouvellement des études sur Mallarmé largement initié en France par Bertrand Marchal (Lectures de Mallarmé, 1983) qui fut codirecteur de la thèse. L’ouvrage, contrairement à ce que le titre pourrait suggérer, ne porte pas sur la présence de l'œuvre de Mallarmé dans la poésie ultérieure, mais sur la présence de l'auteur dans son œuvre ; on met ainsi l’accent sur la communication du texte, alors même que Mallarmé passe souvent non sans raison pour un auteur impersonnel, qui s'efface presque totalement derrière ses textes.

 

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14 janvier 2019

Christophe Bouton & Barbara Stiegler (dir.), L’Expérience du passé, L’Éclat 2018, lu par Paul Sereni

Christophe Bouton & Barbara Stiegler (dir.), L’Expérience du passé. Histoire, philosophie, politique, collection Philosophie imaginaire, éditions de l’Éclat, Paris, 2018 (245 pages). Lu par Paul Sereni.


Ce recueil de onze contributions, issu d’un colloque interdisciplinaire tenu à l’Université Bordeaux-Montaigne en mars 2016, cherche à répondre à la question : « la connaissance du passé - que ce soit sous la forme d’une expérience déterminée ou du savoir des historiens - fournit-elle des enseignements » ou bien faut-il penser au contraire, pour toute une série de raisons, qu’une « telle conception du passé est vaine » (p.9) ? Il s’agit donc de savoir comment, et jusqu’à quel point, on peut rendre le passé, y compris lointain, pour ainsi dire, présent.

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07 janvier 2019

Éva Martin, Esthétiques de Port-Royal, Classiques Garnier 2018, lu par Nicolas Combettes

Éva Martin, Esthétiques de Port-Royal, collection Univers Port-Royal, Classiques Garnier, Paris, mars 2018 (620 pages). Lu par Nicolas Combettes.


Il peut sembler au premier abord étrange d’associer le nom de Port-Royal à une étude sur les arts dans la France de la Contre-réforme : le nom même de l’abbaye n’évoque-t-il pas le foyer du jansénisme et une forme de spiritualité ascétique, hostile à la beauté sensible ? Le livre d’Éva Martin s’ouvre précisément sur ce paradoxe, à la faveur d’une brève description du portrait de la mère Angélique par Philippe de Champaigne (1654) : comment concilier l’existence de cette œuvre donnée au couvent, avec les déclarations antérieures de la réformatrice et modèle condamnant l’orgueil de ceux qui aspirent à se faire représenter ? Plus généralement, quelle est la place des arts dans la vie religieuse et les pratiques de dévotion ?

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28 décembre 2018

Bonnes fêtes!

L'équipe de L'Œil de Minerve vous souhaite, à toutes et à tous, d'excellentes fêtes de fin d'année!

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