Éthique

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10 janvier 2017

Simone Weil, Amitié. L’art du bien aimer, Rivages Poche, Petite Bibliothèque, Paris, 2016, lu par Florence Salvetti.

Simone Weil, Amitié. L’art du bien aimer, Rivages Poche, Petite Bibliothèque, Paris, 2016, lu par Florence Salvetti.

           

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   Le petit ouvrage intitulé Amitié. L’art de bien aimer, édité chez Payot & Rivages en Poche, Petite Bibliothèque, et précédé de la préface de Valérie Gérard, est un extrait des Formes de l’amour implicite de Dieu. Cet écrit rédigé par Simone Weil en 1942 fait lui-même partie du recueil Attente de Dieu, paru à titre posthume en 1950. Tous les travaux de l’auteur ont été publiés sous son nom après sa mort, excepté les Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale (1934) datant de la période durant laquelle elle suspend son métier de professeur de philosophie pour défendre la cause ouvrière. Amitié est le titre de l’avant dernier point traité dans les Formes. La mention « L’art de bien aimer » n’y figure pas et a donc probablement été ajoutée par l’éditeur.

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23 mai 2016

Fabrice Gzil, La maladie du temps. Sur la maladie d’Alzheimer, PUF, 2014, lu par Ester Barbieri

https://www.puf.com/sites/default/files/styles/ouvrage_couverture/public/9782130621430_v100.jpg?itok=_kG3g2k4Fabrice Gzil, La maladie du temps. Sur la maladie d’Alzheimer, Paris, PUF, 2014.

Presque inconnue du grand public avant les années 2000, la Maladie d’Alzheimer semble aujourd’hui omniprésente. Abordée en continuation par les journaux, elle est même devenue un topos cinématographique à part entière, comme le démontrent les nombreux films et séries télévisées où trouvent place des personnages atteints par ce particulier « handicap cognitif évolutif ». Pour Fabrice Gzil, auteur de La maladie du temps. Sur la maladie d’Alzheimer (PUF), cette exposition sans précédents, si elle n’est pas fortuite, ne serait cependant pas synonyme d’une pleine compréhension théorique de cette affection et de ses répercussions sur le vécu des personnes atteintes.

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16 mai 2016

Roger-Pol Droit, La philosophie ne fait pas le bonheur, Édition Flammarion, lu par Caroline Forgit

https://books.google.fr/books/content?id=qPhzBgAAQBAJ&printsec=frontcover&img=1&zoom=1&edge=curl&imgtk=AFLRE70SXMd6SVqXkAfQYv8jPqBbVFPzLCxMQZ2DtbiLQ57fjrLSKjumCmYL3N30mgY-4RYNEUJ_NipGWCz4uz7h1Uqy2PLvzHRX4rsTUrB0BCZ4G0Uld80-JHqrK0IBJL1cmH6sRzMDRoger-Pol Droit, La philosophie ne fait pas le bonheur, Paris, Flammarion, 2015.

Cet ouvrage part d’un constat, et même d’une colère : la philosophie aujourd’hui se préoccupe essentiellement de la question du bonheur, on ne compte plus les ouvrages qui prétendent que la philosophie peut conduire au bonheur. Pour Roger-Pol Droit, « cette rengaine de la philo-bonheur » (p.11) est tout à la fois fausse, dangereuse, et ridicule. Il s’oppose donc, dans cet ouvrage, à cette nouvelle conception de la philosophie, et précise bien que c’est cette image générale qui l’intéresse ; c’est pourquoi il laissera de côté les nuances, les points de détail, les petites divergences pour mieux percevoir un tableau d’ensemble.

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11 avril 2016

Michel Malherbe, Alzheimer. La vie, la mort, la reconnaissance, sept. 2015, Vrin, 300 p., lu par François Godeluck

 La philosophie impose de questionner et de prendre son temps. Un temps qui va bien au-delà de l’événement et au-delà de l’existence individuelle d’un homme. Elle sert la vie en la rendant moins étrange. Mais la vie est parfois si singulière qu’elle heurte la philosophie et la laisse sans voix ni raison. En particulier face au mal et à la violence. La maladie d’Alzheimer est dans notre société contemporaine une des manifestations du mal. Elle nous impose le devoir d’assister notre prochain. Mais il s’avère que nous sommes impuissants à aider, à enrayer le déclin ou à remédier à la décomposition de l’autre. Annie, l’épouse de Michel Malherbe, fut atteinte de la maladie d’Alzheimer à l’âge de soixante ans passés. Le mal qui touche son épouse est aussi son affaire. Une affaire d’expérience. Une expérience qui ne se partage pas car c’est chaque fois l’expérience d’un seul. Néanmoins, dans son livre, intitulé Alzheimer, M. Malherbe philosophe à la première personne et entend tirer un enseignement qui se tient dans les limites de son expérience. Présence de la mort au sein de la vie, la maladie d’Alzheimer est un mal qui défait et touche l’homme jusque dans son intégrité d’individu et sa dignité de personne responsable, de sorte qu’il est nécessaire de poser la question de la reconnaissance.

 

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09 février 2016

Karine Wurtz, Crimes de guerre – L’apport des théories morales de la responsabilité, Classiques GARNIER, 2014, lu par Lény Oumraou

Chers lecteurs, chères lectrices, 

 

Les recensions paraissent et disparaissent très vite ; il est ainsi fort possible que certaines vous aient échappé en dépit de l'intérêt qu'elles présentaient pour vous. Nous avons donc décidé de leur donner, à elles comme à vous, une seconde chance. Nous avons réparti en cinq champs philosophiques, les recensions : philosophie antique, philosophie morale, philosophie esthétique, philosophie des sciences et philosophique politiques. Pendant cinq semaines correspondant à ces champs, nous publierons l'index thématique des recensions publiées cette année et proposerons chaque jour une recension à la relecture. Au terme de ce temps de reprise, nous reprendrons à notre rythme habituel la publication de nouvelles recensions. 

Recensions de philosophie morale.

Index des recensions de philosophie antique.

En vous souhaitant de bonnes lectures, recevez nos très cordiales salutations, 

L'équipe de l'Oeil de Minerve



L’ouvrage de Karine Wurtz n’aborde qu’indirectement la question de la définition des crimes de guerre. Le problème central est ici davantage celui de l’imputabilité de ces crimes.

 

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08 février 2016

Adrien Candiard, En finir avec la tolérance ? Différences religieuses et rêve andalou, PUF, Paris, 2014, 112 p., lu par Dimitri Desurmon

Chers lecteurs, chères lectrices, 

 

Les recensions paraissent et disparaissent très vite ; il est ainsi fort possible que certaines vous aient échappé en dépit de l'intérêt qu'elles présentaient pour vous. Nous avons donc décidé de leur donner, à elles comme à vous, une seconde chance. Nous avons réparti en cinq champs philosophiques, les recensions : philosophie antique, philosophie morale, philosophie esthétique, philosophie des sciences et philosophique politiques. Pendant cinq semaines correspondant à ces champs, nous publierons l'index thématique des recensions publiées cette année et proposerons chaque jour une recension à la relecture. Au terme de ce temps de reprise, nous reprendrons à notre rythme habituel la publication de nouvelles recensions. 

 

En vous souhaitant de bonnes lectures, recevez nos très cordiales salutations, 

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Recensions de philosophie morale.

Index des recensions de philosophie antique.


Adrien Candiard, En finir avec la tolérance ? Différences religieuses et rêve andalou, PUF, Paris, 2014, 112 p., lu par Dimitri Desurmon 

L’actualité brûlante, le discours des politiques, les questions sociétales ou encore les relations interpersonnelles, tout cela converge aujourd’hui vers une seule question fondamentale et décisive : notre concept de tolérance est-il encore viable ? Il est assené à tours de bras dans les argumentaires les plus divers, symptôme de son ambigüité, qui pourtant résonnent tous comme des rengaines poussiéreuses et sans effet. Des écrits défendant l’esprit des Lumières aux éditos invoquant « l’esprit andalou » pour tenter de réconcilier l’Orient et l’Occident, le concept de tolérance est partout et nulle part à la fois car toujours convoqué mais jamais interrogé. Comment orienter l’action politique avec ce qui désormais, il faut bien le dire, n’est plus qu’un mot ? Adrien Candiard est un jeune frère dominicain au Caire, ancien élève de l’ENS et de Sciences Po Paris, il se propose dans En finir avec la tolérance ? d’apporter quelques éléments de réponse aux questions formulées plus haut. En toute modestie, ce qui n’enlève rien à la pertinence de la démarche, il analyse les différents paradoxes que recèle le concept de tolérance en partant d’une question à laquelle il a, dit-il, souvent été confronté : faut-il avoir peur de l’Islam ? Premier constat : cette question n’est jamais soulevée directement. Autre chose, cette « peur » est une peur au second degré, « on ne sait même pas s’il faut avoir peur, et c’est peut-être le plus inquiétant. » (p. 3)

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07 février 2016

Primo Levi, La zone grise. Entretien avec Anna bravo et Federico Cereja, lu par Laurent Gryn

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Recensions de philosophie morale.

Index des recensions de philosophie antique.

Primo Levi, La zone grise. Entretien avec Anna bravo et Federico Cereja, traduit de l’italien par Martin Rueff et Celia Lévi. Préface de Carlo Guinzburg, Payot, janvier 2014.

La zone grise est un volume qui comprend quatre textes, dont un entretien de Primo Lévi avec les historiens Anna Bravo et Federico Cereja. Avec ces textes, nous naviguons dans l’œuvre et la vie de Primo Lévi avec cependant un point de convergence, la métaphore de la « zone grise ».

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06 février 2016

Ensemble, pour une éthique de la coopération, Richard Sennett, Albin Michel, 2014. Lu par Agathe Arnold

Chers lecteurs, chères lectrices, 

 

Les recensions paraissent et disparaissent très vite ; il est ainsi fort possible que certaines vous aient échappé en dépit de l'intérêt qu'elles présentaient pour vous. Nous avons donc décidé de leur donner, à elles comme à vous, une seconde chance. Nous avons réparti en cinq champs philosophiques, les recensions : philosophie antique, philosophie morale, philosophie esthétique, philosophie des sciences et philosophique politiques. Pendant cinq semaines correspondant à ces champs, nous publierons l'index thématique des recensions publiées cette année et proposerons chaque jour une recension à la relecture. Au terme de ce temps de reprise, nous reprendrons à notre rythme habituel la publication de nouvelles recensions. 

 

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Recensions de philosophie morale.

Index des recensions de philosophie antique.

Le propos d’Ensemble n’est pas seulement sociologique et historique, mais se veut également anthropologique et philosophique. Richard Sennett y interroge les différentes modalités de la coopération entre les hommes, partant du postulat qu’elle est une potentialité qui a besoin de rituels pour se déployer et pour contrer la tendance adverse à la compétition.

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04 février 2016

Hannah Arendt, Joachim Fest, « Eichmann était d’une bêtise révoltante », Fayard, Lu par Guy Renotte

Hannah Arendt, Joachim Fest « Eichmann était d’une bêtise révoltante », Entretiens et lettres, Edité par Ursula Ludz et Thomas Wild, traduit de l’allemand et de l’américain, annoté et postfacé par Sylvie Courtine-Denamy, Fayard. 

Le film de Margarete Von Trotta « Hannah Arendt » a permis récemment de rouvrir pour le grand public le procès du nazi Adolf Eichmann dont on sait que la philosophe américaine d’origine juive a couvert médiatiquement l’événement et déclenché la polémique avec la publication de son ouvrage devenu incontournable, Eichmann à Jérusalem. L’ouvrage passionnant que publient aujourd’hui les éditions Fayard intitulé « Eichmann était d’une bêtise révoltante », Entretiens et lettres, est la retranscription de l’entretien que l’historien et essayiste allemand Joachim Fest avait réalisé à cette occasion à la radio bavaroise avec Hannah Arendt (et où celle-ci précise sa position). Cet ouvrage est un complément indispensable à la compréhension des enjeux réels de ce retentissant procès, en ce qu’il cristallise le moment historiographique qui a constitué la lecture de cet événement par l’auteur des Origines du totalitarisme.

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10 décembre 2015

Laetitia Monteils-Laeng, Agir sans vouloir. Le problème de l’intellectualisme moral dans la philosophie ancienne, Garnier, 2014, lu par Jonathan Racine.

Laetitia Monteils-Laeng, Agir sans vouloir. Le problème de l’intellectualisme moral dans la philosophie ancienne, Garnier, 2014, lu par Jonathan Racine.


 Video meliora proboque, deteriora sequor » : cette formule souvent citée est au cœur du problème abordé par cet ouvrage : peut-on vraiment faire le mal en connaissance de cause ? Cela ne signifie-t-il pas que l’on veut le mal ? Mais précisément, comment peut-on vouloir le mal ?

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16 novembre 2015

Sénèque, Éloge de l'oisiveté, Mille et une Nuits, 2015 lu par Juliette Hallé

Sénèque, Éloge de l'oisiveté, édition établie par Cyril Morana, Mille et une Nuits, 2015.

Éloge de l'oisiveté : le titre sonne comme un paradoxe ou une provocation, tant le mot d' « oisiveté » dénote pour nous la paresse et l'inaction, double attitude qu'on est plus enclin à blâmer qu'à louer.

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04 septembre 2015

Jean-Claude Fondras, Santé des philosophes, philosophes de la santé, ENCD, 2014. Lu par Marine Frontera

« J’ai étudié consciencieusement la maladie d’un point de vue philosophique. Il me semble que ce que j’ai lu ne m’a rien appris. Ne m’a rien permis de comprendre. Ne m’a prévenue de rien. En matière de souffrance, la philosophie est d’un piètre secours ». Ce propos de Claire Marin, philosophe atteinte d’une grave maladie, pourrait nous détourner d’un ouvrage philosophique sur la santé comme celui de Fondras, intitulé Santé de philosophes, philosophes de la santé.

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05 juillet 2015

Nathalie Maillard, Faut-il être minimaliste en éthique ? Genève, éditions Labor et Fides, 2014, lu par Pierre Landou

N. Maillard, dans un ouvrage ample et précis, traite une question d’éthique normative : « faut-il être minimaliste en éthique ? ». La réponse – négative – qu’elle apporte à cette question est nuancée et argumentée. L’ouvrage Faut-il être minimaliste en éthique ? tient donc la promesse de son titre et de son projet, qui selon l’auteur consiste à « proposer un argumentaire rigoureux sur les questions que [l’éthique minimale] soulève » (p. 22).

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10 juin 2015

John Stoltenberg, Refuser d'être un homme : pour en finir avec la virilité, avant-propos de Christine Delphy, éd. Syllepse, 2013, Lu par Capucine Lebreton

Stoltenberg John, Refuser d'être un homme : pour en finir avec la virilité, avant-propos de Christine Delphy, éd. Syllepse, coll. « Nouvelles questions féministes », 2013, 268 p., 22 €.

Refuser d'être un homme, publié aux Etats-Unis en 1989 et dont les éditions Syllepse proposent la première traduction française, est un recueil d'essais et de conférences du théoricien féministe radical, dramaturge et écrivain John Stoltenberg.

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11 mai 2015

Étienne Helmer, Épicure ou l’économie du bonheur, Le passager clandestin, lu par Baptiste Calmejane

Etienne Helmer, Épicure ou l’économie du bonheur, Éditions Le passager clandestin, 2013, 96 p.


 Étienne Helmer, philosophe, enseigne à l’Université de Porto Rico. L’ouvrage, édité aux éditions « Le Passager clandestin » commence par une brève présentation de la collection, intitulée « Les précurseurs de la décroissance », et de son ambition. Il s’agit, à travers la présentation de certains penseurs, de s’inscrire dans le champ de l’élaboration d’une authentique pensée de la décroissance. L’objectif est de « faire émerger une nouvelle histoire des idées » au prisme du projet de la société d’abondance frugale.

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