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22 septembre 2017

Jean-Christophe Weber, La consultation, Paris, Presses universitaires de France, 2017, 164 p. Lu par Alexandre Klein

Jean-Christophe Weber, La consultation, Paris, Presses universitaires de France, 2017, 164 p. Lu par Alexandre Klein

Parmi ceux qui s’attardent à philosopher sur le sens de leur pratique, rares sont les médecins à opérer une critique réelle et profonde de la rationalité médicale. Trop souvent, ils se contentent de plaquer des concepts philosophiques sur des réalités de soin rapidement décrites et rarement analysées, ou d’en signaler les paradoxes et les limites, à l’aide de citations de grands penseurs. Il faut dire que fréquemment, le but est uniquement de pouvoir ajouter à la longue liste des réussites qui jalonnent leur carrière, un petit traité d’humanité. Mais parfois, heureusement, les choses se passent autrement, et des soignants, suivant les conseils des Anciens,1 se font réellement philosophes. Ils enrichissent alors, de la manière la plus positive qui soit, leur pratique comme le regard porté sur l’activité médicale. Jean-Christophe Weber est de ceux-là. Professeur de médecine interne et membre de l’Institut de recherches interdisciplinaires sur les sciences et la technologie de l’université de Strasbourg, il mène depuis plusieurs années maintenant une réflexion poussée sur la médecine, son statut épistémologique et ses enjeux sociaux et philosophiques, notamment au sein d’un séminaire qu’il anime depuis plus de douze ans. Suivant l’idéal hippocratique, il a même entamé en 2015 une thèse de doctorat en philosophie, sous la direction de Frédéric Worms, au Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine de l’ENS.  Elle porte sur la consultation médicale, tout comme le petit ouvrage qu’il vient de faire paraître dans la collection « Questions de soin » que son directeur dirige aux Presses universitaires de France.

 

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08 juillet 2016

Ugo Batini, Schopenhauer, une philosophie de la désillusion, Ellipses, 2016, Collection « Aimer les philosophes », lu par Jean Kessler

Premier d’une nouvelle série intitulée « aimer les philosophes », l’ouvrage d’U. Batini se propose donc de nous faire aimer Schopenhauer. La tâche peut sembler aisée, car autant la cohérence et l’unité des thèmes abordés par l’auteur du Monde comme volonté et représentation, que son style clair, exempt de néologismes et de jargon, font depuis plus d’un siècle de la lecture de ce philosophe (sans doute un des plus lus et des plus influents) un plaisir indéniable.

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13 juin 2016

Jeanne Larghero, Quand la philosophie se mêle de sexe, Desclée de Brouwer, Paris, Septembre 2014, 170 pages, lu par Laurence Bur

C'est de la question de l'identité sexuelle que « se mêle » la philosophe Jeanne Larghero dans cet ouvrage animé d'un grand souci pédagogique. Dans un parcours en six chapitres, écrits avec humour, puisant dans des sources aussi variées que la physique aristotélicienne ou la phénoménologie d'un Merleau-Ponty, l'auteur, rompue aux « gender studies » et à l'histoire de la pensée féministe, se donne pour but de « poser un regard neuf sur l'identité sexuelle  ».

 

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04 janvier 2016

Arianna Sforzini, Michel Foucault. Une pensée du corps, Paris, PUF, 2014, lu par Alexandre Klein

Michel Foucault. Une pensée du corps, Arianna Sforzini,Paris, PUF, Collection « Philosophies », 153 p.,  2014.

L’œuvre du philosophe Michel Foucault est traversée, habitée, voire même hantée par la question du corps. Celui qui envisageait son travail comme celui d’un chirurgien (« J’imagine qu’il y a dans mon porte-plume une vieille hérédité du bistouri. Peut-être, après tout : est-ce que je trace sur la blancheur du papier ces mêmes signes agressifs que mon père dans le corps des autres lorsqu’il opérait ? […] La feuille de papier pour moi c’est peut-être le corps des autres », Foucault, M., 1968, Le beau danger. Entretien avec Claude Bonnefoy, Paris, éditions EHESS, 2011, p. 35-36) y a en effet, directement ou plus subrepticement, consacré nombre de ses analyses. Il a ainsi contribué à offrir à cet objet une légitimité philosophique jusqu’alors inédite, et s’est dès lors imposé comme une figure incontournable des études sur le corps.

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23 septembre 2015

Valérie Gateau, Pour une philosophie du don d’organes, Vrin, 2009, lu par Christelle Nélaton

Valérie Gateau, Pour une philosophie du don d’organes, Vrin, 2009. 

La bioéthique contemporaine peut être considérée comme une partie de la philosophie morale. Ainsi, la légitimité du discours philosophique dans ce champ ne fait plus question, mais la méthode que le philosophe peut employer fait encore débat.  



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21 septembre 2015

Michela Marzano, La philosophie du corps, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 2013, lu par Pascal Chantier

Michela Marzano, La philosophie du corps, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 2013.

Qu'est-ce qu'exister de manière charnelle ? Quels sont les enjeux d'une réflexion contemporaine sur notre existence corporelle ? Telles sont les interrogations centrales de ce livre de Michela Marzano qui lui donnent l'occasion dans le prolongement de son ouvrage Penser le corps (2002) et de son Dictionnaire du corps (2007) d'exposer quelques-uns des problèmes, paradoxes et débats actuels concernant l'existence charnelle.

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05 mars 2014

David Rabourdin, Pascal, Foi et conversion, PUF Philosophies, 2013, lu par François Odam

David Rabourdin, Pascal, Foi et conversion, PUF Philosophies, 2013. 

Le texte s’ouvre sur le paradoxe constitutif du projet apologétique développé par Pascal dans ses Pensées : si la foi est un don de Dieu, et la conversion l’œuvre de Lui seul, comment aider l’incroyant à sortir de la résignation, voire du désespoir, qui le guette par le seul moyen dont dispose l’apologétiste, à savoir le discours de la raison ? Comment la raison pourrait-elle conduire à la foi, c’est-à-dire à quelque chose qui la dépasse infiniment ?

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27 janvier 2014

Solange Gonzalez, Nicolas Malebranche, La science de l’homme, CNDP-CRDP, collection « Philosophie en cours », avril 2013 lu par Guy Renotte

Solange Gonzalez, Nicolas Malebranche, La science de l’homme, CNDP-CRDP, collection « Philosophie en cours », avril 2013 lu par Guy Renotte.

Le mystère de l’homme cartésien, être par soi mais composé de deux substances hétérogènes et actives, est, on le sait à l’origine des philosophies occasionnalistes qui, au nom de leur fidélité à la distinction cartésienne des substances, refusent l’explication cartésienne de l’âme et du corps et l’hypothèse d’une interaction réelle. L’ouvrage de Simone Gonzalez se présente comme une courte synthèse de la philosophie de Nicolas Malebranche, le plus radical, mais peut-être le plus conséquent des occasionnalistes qui condense les enjeux de la solution occasionnaliste à la question de l’action réciproque de l’âme et du corps et ceux de la vision apologétique dans laquelle la philosophie doit s’inscrire, selon lui, sans s’y réduire.

A cet égard la notion de « science de l’homme » qu’il faut comprendre comme « science de l’esprit en tant qu’il est uni à un corps », précipite la crise du concept de causalité efficiente et atteint directement l’anthropologie cartésienne et le concept central de passion, phénomène spécifique et révélateur de l’union de l’âme et du corps. Comment peut-on encore, dans ces conditions,  parler d’anthropologie dans une philosophie qui, par son orientation occasionnaliste achevée, dénie à l’étant créé toute efficience réelle et refuse au corps le pouvoir de produire immédiatement et directement des effets dans l’âme ?

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12 novembre 2013

É. Akamatsu, É. Oudin, M. Perruche, Le plaisir, de Platon à Onfray, éditions Eyrolles, lu par Aline Beilin

Étienne Akamatsu, Éric Oudin, Mariane Perruche, Le plaisir, de Platon à Onfray, éditions Eyrolles, Collection Petite philosophie des grandes idées, Paris, avril 2013. 

La collection « Petite philosophie des grandes idées » se propose de redonner des éléments de l’histoire d’un concept à travers une dizaine de penseurs. André Comte-Sponville confirme en préface l’intérêt d’une telle recension sur la notion de plaisir. 

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21 octobre 2013

Bernard Pautrat, Ethica Sexualis – Spinoza et l’amour, Payot, 2011 Lu par Eric Delassus

Bernard PautratEthica Sexualis – Spinoza et l’amour, éd. Payot 2011. 

L’Éthique de Spinoza est communément appréhendée comme un ouvrage dans lequel est développée une philosophie dont la conséquence est de combattre les passions tristes, c’est-à-dire les passions qui manifestent une diminution de notre puissance d’être et d’agir. La réflexion conduite par Bernard Pautrat, à partir d’une analyse précise et rigoureuse du texte, à l’intérieur duquel il décèle ce qu’il nomme trois étrangetés concernant l’amour et la sexualité, remet en cause cette interprétation un peu trop « lisse » de l’Éthique. 

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15 février 2013

Natalie Depraz : Avatar « Je te vois ». Une expérience philosophique, éditions Ellipses, 2012, lu par François Chomarat

Natalie Depraz : Avatar « Je te vois ». Une expérience philosophique, éditions Ellipses, 183 pages, 2012 (Collection Culture Pop)

Cet ouvrage se présente comme une approche philosophique du film de James Cameron Avatar, et prend sa place dans une collection des éditions Ellipses (« Culture Pop ») dans laquelle on trouve plusieurs volumes sur les séries télévisées. 

This book written by Natalie Depraz is a philosophical reading of the movie Avatar directed by James Cameron: it is less a critical study of the movie than an essay exploring its philosophical issues, such as experiences of virtual reality, mind-body relationship and metamorphosis at the time of major technological changes. The book revisits Husserl’s and Merleau-Ponty’s phenomenologies and discusses theoretical problems raised by contemporary cognitive sciences in order to question the links between body and technology.

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29 janvier 2013

Michel Ferrandi, Introduction à la philosophie réaliste, Publibook, 2012 (lu par Damien Auvray)

Michel Ferrandi, Introduction à la philosophie réaliste, Publibook, 2012 (lu par

Le titre de l'ouvrage de M. Ferrandi peut tromper. Il ne s'agit pas d'une discussion sur la nature et la valeur du réalisme ici opposé à l'idéalisme, mais d'une analyse des différents niveaux d'être qui structurent la réalité de manière hiérarchique, à partir de la pensée d'Aristote telle qu'elle a été interprétée par St Thomas et par le néothomisme, en particulier celui de J. Maritain.

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