28 mars 2017

Eric Delassus, Spinoza, « Connaître en citations », Ellipses, 2016, lu par Antony Dekhil

Eric Delassus, Spinoza, « Connaître en citations », Ellipses, 2016, lu par Antony Dekhil.

    La collection « Connaître en citations » des éditions Ellipses ne cesse de s'enrichir : en septembre 2016, deux volumes sont sortis, sur Bergson et Sartre ; en novembre 2016 deux autres sur Arendt et Kant. Ces ouvrages sont des outils pédagogiques précieux pour le professeur, dans la mesure où ils permettent d'étudier un point particulier de doctrine à partir d'une citation, sans pourtant perdre de vue la systématicité des œuvres étudiées, ni le contexte philosophique dans lequel celles-ci ont été écrites.

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24 mars 2017

Esthétique de l’environnement, appréciation, connaissance, devoir. Textes réunis et traduits par H.-S. Afeissa et Y. Lafolie, Vrin, lu par Jean Kessler.

Esthétique de l’environnement, appréciation, connaissance, devoir.Textes réunis et traduits par H.-S. Afeissa et Y. Lafolie, Vrin, 2015, lu par Jean Kessler.

 

L’ensemble des essais rassemblés dans ce volume tourne autour de la question suivante : comment apprécier la beauté de la nature ? Selon quelle esthétique, selon quel modèle jugeons- nous les beautés naturelles ?

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21 mars 2017

Baptiste Morizot, Pour une théorie de la rencontre. Hasard et individuation chez Gilbert Simondon, Éditions Vrin, 2016, 245p Lu par Thierry de Toffoli

Baptiste Morizot, Pour une théorie de la rencontre. Hasard et individuation chez Gilbert Simondon, Éditions Vrin, 2016, 245p Lu par Thierry de Toffoli

 

L’ambition du présent ouvrage n’est pas de nous offrir une lecture exégétique et exhaustive d’un des ouvrages phares de Gilbert Simondon (L’individuation à la lumière des notions de forme et d’information. ). Il s’agit plutôt de proposer un travail de recherche s’inscrivant dans le prolongement des thèses simondoniennes. Plus précisément, l’auteur enracine sa réflexion dans le texte même de Simondon, avec précision, mais aussi cette distance minimale nécessaire pour l’examiner sous une autre perspective afin d’y débusquer un élément ignoré jusque-là, mais qui pourtant serait exigé par les thèses mêmes de Simondon : le hasard. « Oublié » par Simondon dans son effort pour en réfuter les formes classiques, il s’avère cependant incontournable lorsqu’il s’agit de penser dans toutes ses dimensions et conséquences le processus d’individuation. Ainsi, il est manifeste que l’ouvrage s’adresse d’abord au lecteur averti, même si, par son effort pédagogique et ses nombreuses reprises il constitue une manière d’entrer dans la lecture du philosophe. En mesurer la portée, l’effort de relecture, parfois critique, ou encore la fécondité dans la confrontation à d’autres thèses, implique cependant d’être familier de l’œuvre source.

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17 mars 2017

Michel Villey La Nature et la Loi, Une philosophie du droit, éditions du Cerf coll. La nuit surveillée, Lu par Laurent Gryn

Michel Villey La Nature et la Loi, Une philosophie du droit, éditions du Cerf coll. La nuit surveillée, Lu par Laurent Gryn

Le volume intitulé La nature et la loi rassemble une série d’études qui donne une bonne perception  de la pensée de M. Villey. Nous trouvons dans ces études les deux pôles autour desquels tourne la philosophie du droit de l’auteur. Une critique de la pensée et de la pratique du droit contemporain, incluant une critique des  droits de l’homme, et une réflexion sur le droit naturel classique que l’on retrouve , selon l’auteur, chez Aristote et Thomas d’Aquin. Il ne s’agit évidemment pas pour l’auteur de revenir purement et simplement à Aristote,  Thomas d’Aquin ou au droit romain, mais d’extraire de la lecture des classiques et de la pratique des jurisconsultes romains une méthode destinée à éviter les apories auxquelles mènent les droits de l’homme.

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14 mars 2017

Béatrice Delaurenti, La contagion des émotions, Paris, Classiques Garnier, 2016, lu par Nicolas Combettes

https://www.ehess.fr/sites/default/files/publication/couverture/la_contagion_des_emotions.jpg     Delaurenti, La contagion des émotions. Compassio, une énigme médiévale,  Paris, Classiques Garnier, 2016

Le livre de Béatrice Delaurenti  propose une étude de la notion de compassion, envisagée non pas en termes d’ invariant culturel, mais comme concept pluriel et objet d’une double énigme, dans un champ encore peu exploré par les historiens, celui des émotions dans l’ Occident médiéval des XIIIe et XIVe siècles.

Le terme latin de « compassio » appelle en effet deux sens : le premier, courant, renvoie à ce que nous entendons aujourd’hui par empathie ou partage de la douleur d’autrui. Le second, plus technique, engage une compréhension plus large du concept  où se trouvent en jeu des réactions psychiques ou corporelles d’ imitation involontaire d’un comportement. L’intérêt de ce second sens de la compassion réside dans sa diffusion énigmatique : produite par la culture savante à l’ occasion de la traduction en latin, en 1260, d’un texte attribué à Aristote, les Problemata physica , traduction que prolonge, 50 ans après, un commentaire de Pietro d’ Abano, cette notion est reconnue rapidement dans le monde universitaire européen (ce qui lui vaut de jouer le rôle de « moment fondateur » selon l’auteur), sans pourtant être reprise par la culture scientifique susceptible de relayer cette innovation : la médecine scolastique ou la philosophie naturelle.  

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10 mars 2017

Fichte, La destination du savant, Vrin Paris, 2016, lu par Florence Salvetti

http://www.vrin.fr/bookpict/2711626733.jpg     Fichte, La destination du savant, Vrin, Bibliothèque des textes philosophiques, Paris, 2016

    On connaît le célèbre mot de Bernard de Chartres rapporté par Jean Salisbury au livre III de son Metalogicon, mot d’après lequel « nous sommes comme des nains assis sur les épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux ». Fichte doit sa hauteur à deux géants. Le premier est Kant envers qui il est redevable de sa notoriété. Rappelons qu’en 1792, le penseur de Königsberg vient en aide à Fichte connaissant des difficultés financières en pressant son propre éditeur de publier l’Essai d’une critique de toute révélation de Fichte et de le payer immédiatement, ce qui est fait. Mais l’éditeur publie l’ouvrage sans nom (probablement en vue de recueillir un bénéfice plus intéressant d’un livre qui passerait pour un nouveau chef-d’œuvre de Kant plutôt que pour l’essai d’un philosophe inconnu). Ceci explique la méprise générale et initiale sur l’auteur de l’Essai, méprise à laquelle Kant ne tarde pas à remédier en intervenant dans le numéro 102 du 22 août 1792 du Journal Littéraire Universel d’Iéna, rendant ainsi à Fichte son mérite. Deux ans plus tard, Fichte, qui a pour habitude d’envoyer ses écrits à son maître, lui envoie La destination du savant qui rassemble cinq conférences du cours inaugural du philosophe entrant à l’université de Iéna pour y prendre la succession du rationaliste Reinhold, et que les éditions Vrin présentent aujourd’hui  dans la Bibliothèque des textes philosophiques. Mais comme souvent, le geste de Fichte ne trouve pas de répondant, car Kant pressé par l’âge, préfère consacrer son temps à finir son œuvre que de le perdre à lire celle d’autrui.

 

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07 mars 2017

Contre la perfection – L’éthique à l’âge du génie génétique de Michaël J Sandel, éd. VRIN matière étrangère , Lu par Guillaume Lillet

 Contre la perfection – L’éthique à l’âge du génie génétique  de Michaël J Sandel, éd. VRIN matière étrangère Lu par Guillaume Lillet

Dans ce court essai truffé d’exemples, qui servent de point de départ à la réflexion, Sandel oppose une éthique du don à une éthique de l’augmentation et de la perfection encouragée par le génie génétique. Il n’est pas question d’écarter ce dernier d’un revers de la main, mais bien de comprendre dans quelle démarche éthique il doit s’inscrire : une éthique qui prenne en considération le respect de la vie comme don. Ainsi, le génie génétique n’est pas mauvais en soi et n’a pas le monopole de l’augmentation ; tant s’en faut, certains de ses usages sont extrêmement bénéfiques à l’humanité quand d’autres pratiques courantes, loués sur un malentendu, ne seraient pourtant pas moins condamnables qu’une forme d’eugénisme.

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03 mars 2017

Claire Crignon, Locke médecin. Manuscrits sur l’art médical, Classique Garnier, 2016 Lu par Gilles Barroux

Claire Crignon, Locke médecin. Manuscrits sur l’art médical, Classique Garnier, 2016 Lu par Gilles Barroux

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Que John Locke fut attaché à la médecine par sa formation, qu’il eut écrit des textes consacrés à cette matière, ou encore que cette formation initiale put constituer un laboratoire pour ses productions ultérieures, ce sont des informations connues et évoquées de manière récurrente, tant par les historiens de la philosophie que des sciences (exemple des travaux de François Duchesneau). Il manquait cependant un travail conséquent et exhaustif sur cette période de l’histoire de la formation de la pensée de Locke, ce maillon manquant est désormais comblé par l’ouvrage de Claire Crignon, Locke médecin. Manuscrits sur l’art médical paru en 2016.

Ce volume de plus de cinq cents pages comprend une étude aussi conséquente que fouillée des manuscrits du philosophe, de leur gestation en lien avec les enjeux épistémologiques de l’époque. S’y trouvent revisités les rapports entre médecine et philosophie, interrogée la « fabrique du vivant », restitués les débats relatifs aux méthodes dans l’évaluation des maladies, interrogée la critique de l’anatomie, et relaté le cas d’une affection particulière. Ce développement est suivi par la traduction des manuscrits de l’auteur dont Anatomia et De arte medica.

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28 février 2017

Gérard Lebrun, Pascal. Tours, détours et retournements, édition et traduction par Francis Wolff, Editions Beauchesne, Collection "Le grenier à sel", 2016, lu par Laurence Harang

En 1983, le livre de Gérard Lebrun à propos de Pascal est publié en portugais sous le titre Pascal. Voltas, desvios, y reviravoltas. Rappelons que Gérard Lebrun fut professeur de philosophie à l’Université de Sao Paulo à partir de 1960 et d’Aix-en-Provence en 1966 : il fut un grand maître dans l’art d’enseigner l’histoire de la philosophie ; et, pour ses étudiants, il fut un homme d’une grande exemplarité par ses exigences, sa rigueur et son immense érudition.

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24 février 2017

Ghislain Deslandes, Critique de la condition managériale, PUF, 2016, lu par Eric Delassus

Dans ce livre, Ghislain Deslandes parvient à faire du management, qui est trop souvent réduit à sa dimension technoscientifique et comptable, un véritable thème de réflexion philosophique. S’opposant à la conception taylorienne qui reste aujourd’hui dominante dans de nombreuses organisations, il propose une phénoménologie managériale s’inspirant de la pensée de Michel Henry et élabore une conception plus humaine du management s’enracinant dans la subjectivité vivante des êtres humains au travail.

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