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26 septembre 2017

Dans les parages de Nicolas de Cues : trois lectures de Jocelyne Sfez

Exceptionnellement, nous publions trois recensions portant sur la pensée de Nicolas de Cues : le lecteur pourra ainsi se faire une idée plus précise de l'oeuvre du philosophe de la Renaissance. Nous remercions vivement Jocelyne Sfez pour ce travail riche et substantiel.

 

Federici Vescovini Graziella, Nicolas de Cues. L’homme, atome spirituel, Paris, Vrin, « Bibliothèque des philosophies », 2016.

Participation et vision de Dieu chez Nicolas de Cues (éd. Isabelle Moulin), Paris, Vrin, « Publications de l’Institut d’études médiévales de l’Institut catholique de Paris », 2017.

L’humilité chez les mystiques rhénans et Nicolas de Cues (éd. Marie-Anne Vannier), Paris, Beauchesne, « Mystiques chrétiens d’Orient et d’Occident », 2015.

Lu par Jocelyne Sfez

Les toutes dernières années, nous avons vu fleurir en langue française les ouvrages consacrés à Nicolas de Cues, ce grand penseur du XVe siècle. Si, depuis la réception de l’ouvrage d’Ernst Cassirer, Individu et cosmos à la Renaissance, tout public francophone un tant soit peu cultivé connaît au moins de nom ce cardinal philosophe, son immense œuvre philosophique et théologique, aux ramifications métaphysiques, scientifiques et épistémologiques, morales et politiques, est restée longtemps cachée derrière une seule et mauvaise traduction de la Docte ignorance (1440). C’est une chose curieuse si l’on veut bien se rappeler que l’édition de Paris, publiée sous la direction de Lefèvre d’Étaples dès 1514, a été l’édition de référence jusqu’à la publication de l’édition scientifique et critique, initiée, entre autres, par Raymond Klibansky dans les années 30 à l’Académie des sciences de Heidelberg, et aujourd’hui achevée.

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30 septembre 2016

Chantal Jaquet, Sub specie æternitatis - Étude des concepts de temps, durée et éternité chez Spinoza, Classiques Garnier, 2016, lu par Eric Delassus

Quels sont les rapports entre la durée et l’éternité dans la pensée spinoziste ? Le livre de Chantal Jaquet, Sub Sub specie aeternitatisspecie æternitatis – Étude des concepts de temps, durée et éternité chez Spinoza, répond à cette question en montrant et en démontrant comment l’esprit peut concevoir l’existence actuelle des choses de manière spatio-temporelle selon la durée et sub specie æternitatis. La traduction de cette expression est cependant difficile et pose le problème de savoir comment les modes finis peuvent partager l’éternité avec Dieu qui existe nécessairement alors qu’eux ne jouissent que d’une nécessité d’exister. La question de l’articulation entre durée et éternité est donc abordée ici comme une porte d’entrée pour mieux comprendre le rapport entre la substance et ses modes. Cette question n’est pas sans incidences sur le plan éthique puisqu’elle permet de mieux comprendre le rapport entre les lois éternelles et les enseignements temporaires de la religion, ainsi que la nature du lien entre la joie, qui s’inscrit dans la durée en tant que passage d’une perfection moindre à une perfection plus grande, et la béatitude qui est la perfection même et provient de l’accès à l’éternité par la puissance de l’entendement.

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12 juin 2015

Eric Chevillard, Juste ciel, Editions de Minuit, 2015, lu par Héloïse Adam

Eric Chevillard, Juste ciel, Editions de Minuit, 2015. 

« Inqualifiable ! » C’est ainsi qu’Albert Moindre, fraîchement décédé et rendu dans l’au-delà, résume sa nouvelle situation. Pourtant, loin de couper la chique à l’auteur, ce constat fait naître une parole foisonnante et drôle, qui s’attaque à des difficultés philosophiques notoires : l’union de l’âme et du corps, l’existence du mal, le sens de la vie, énigmes pluri-séculaires dont le romancier secoue vigoureusement la poussière.

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21 mars 2014

Vincent Giraud, Augustin, les signes et la manifestation, PUF, 2013, lu par Damien Auvray

Vincent Giraud, Augustin, les signes et la manifestation. Épiméthée, PUF, 2013. 

Le livre que Vincent Giraud vient de consacrer à saint Augustin s'inscrit dans une relecture du théologien qui cherche à le soustraire à la métaphysique, entendue au sens heideggérien d'onto-théologie, pour montrer que sa pensée repose non sur des catégories ontologiques, mais sur un accueil de la manifestation de Dieu, dans une perspective de louange : pensée confessante qui reçoit Dieu et se reçoit de Dieu, pensée de la donation, comme Jean-Luc Marion l'a interprétée dans son livre Au lieu de soi. L’approche de saint Augustin (2008), dans le sillage duquel Vincent Giraud se place.  

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27 janvier 2014

Solange Gonzalez, Nicolas Malebranche, La science de l’homme, CNDP-CRDP, collection « Philosophie en cours », avril 2013 lu par Guy Renotte

Solange Gonzalez, Nicolas Malebranche, La science de l’homme, CNDP-CRDP, collection « Philosophie en cours », avril 2013 lu par Guy Renotte.

Le mystère de l’homme cartésien, être par soi mais composé de deux substances hétérogènes et actives, est, on le sait à l’origine des philosophies occasionnalistes qui, au nom de leur fidélité à la distinction cartésienne des substances, refusent l’explication cartésienne de l’âme et du corps et l’hypothèse d’une interaction réelle. L’ouvrage de Simone Gonzalez se présente comme une courte synthèse de la philosophie de Nicolas Malebranche, le plus radical, mais peut-être le plus conséquent des occasionnalistes qui condense les enjeux de la solution occasionnaliste à la question de l’action réciproque de l’âme et du corps et ceux de la vision apologétique dans laquelle la philosophie doit s’inscrire, selon lui, sans s’y réduire.

A cet égard la notion de « science de l’homme » qu’il faut comprendre comme « science de l’esprit en tant qu’il est uni à un corps », précipite la crise du concept de causalité efficiente et atteint directement l’anthropologie cartésienne et le concept central de passion, phénomène spécifique et révélateur de l’union de l’âme et du corps. Comment peut-on encore, dans ces conditions,  parler d’anthropologie dans une philosophie qui, par son orientation occasionnaliste achevée, dénie à l’étant créé toute efficience réelle et refuse au corps le pouvoir de produire immédiatement et directement des effets dans l’âme ?

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21 octobre 2013

Bernard Pautrat, Ethica Sexualis – Spinoza et l’amour, Payot, 2011 Lu par Eric Delassus

Bernard PautratEthica Sexualis – Spinoza et l’amour, éd. Payot 2011. 

L’Éthique de Spinoza est communément appréhendée comme un ouvrage dans lequel est développée une philosophie dont la conséquence est de combattre les passions tristes, c’est-à-dire les passions qui manifestent une diminution de notre puissance d’être et d’agir. La réflexion conduite par Bernard Pautrat, à partir d’une analyse précise et rigoureuse du texte, à l’intérieur duquel il décèle ce qu’il nomme trois étrangetés concernant l’amour et la sexualité, remet en cause cette interprétation un peu trop « lisse » de l’Éthique. 

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17 mai 2013

Victor Brochard, Le Dieu de Spinoza, éditions Manucius, 2012, lu par Damien Auvray

Victor Brochard, Le Dieu de Spinoza, éditions Manucius, 2012.

Les éditions Manucius ont eu la bonne idée de rééditer deux études du grand historien de la philosophie Victor Brochard, consacrées à Spinoza et parues en 1912 dans un ouvrage  intitulé Etudes de philosophie ancienne et moderne. La première porte sur la conception de Dieu chez Spinoza et la seconde, plus brève, sur l’éternité des âmes dans sa philosophie

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29 janvier 2013

Michel Ferrandi, Introduction à la philosophie réaliste, Publibook, 2012 (lu par Damien Auvray)

Michel Ferrandi, Introduction à la philosophie réaliste, Publibook, 2012 (lu par

Le titre de l'ouvrage de M. Ferrandi peut tromper. Il ne s'agit pas d'une discussion sur la nature et la valeur du réalisme ici opposé à l'idéalisme, mais d'une analyse des différents niveaux d'être qui structurent la réalité de manière hiérarchique, à partir de la pensée d'Aristote telle qu'elle a été interprétée par St Thomas et par le néothomisme, en particulier celui de J. Maritain.

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