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02 mars 2017

Oral

Jeudi 22 juin. Les examens de fin d'année approchent, et Luc doit rendre un oral de sociologie sur un sujet encombrant pour lui : « Comment la notion de travail est-elle vue par les employés en France de nos jours » ?

Cela l'angoissait plus qu'autre chose. Il n'avait plus qu'une seule soirée avant le jour J pour finir cette « corvée ».

Le travail pour lui, c'était précisément ce qu'il était en train de faire là : il s'engouffrait dans une spirale où il s'enfonçait dans une déprime et où il ne pensait qu'à des mots négatifs eux-mêmes : lourd, dur, fatigant, usant... jusqu'à même soumission. Ces mots lui passaient par la tête, comme s'ils défilaient sur un mur qu'il visualisait : il voyait ces mots, les lisait et les laissait défiler sans même arrêter d'y penser. C'était comme si ces mots qui défilaient le forçaient à les regarder, comme s'ils l’entraînaient dans un « drame».

C'est alors qu'il se mit à écrire tout ce qu'il pensait : les travailleurs français voyaient le travail comme quelque chose d'encombrant, triste... jusqu'à même écrire que ça rendait bête, que cela « aspirait » nos vies. Et son brouillon s'infestait progressivement de toutes ces phrases.

Et pendant ce temps cela avançait. Tout seul.

Le lendemain, lors de l'oral, il parlait de ce sujet comme s'il racontait sa vie : tous les mots, les phrases qu'il pensait et qu'il préparait hier sortaient tout seuls de sa bouche rapidement. Il ne pensait à rien d' autre. Ce qu'il pensait de terriblement embarrassant au départ l'avait guidé vers un travail complet sur un thème qu'il pensait absurde sans même qu'il s'en rende compte.

Angelo

rime travail

Un flot continu de personnes sort de la bouche de métro telle une large bouche vomissant une masse grouillante. Le métro se situe exactement en dessous du quartier d'affaire de Londres, de telle sorte qu'à la pose du déjeuner, les rues se retrouvent engorgées de tous ces petits employés de bureau, les ouvriers provenant du chantier de la ville, les grands patrons qui sortent de leur bureau et les petits touristes qui se perdent dans cette masse humaine. Au centre de cette activité se trouve le Sainsbury's, supermarché local qui reçoit chaque jour tout ce petit monde. Les travailleurs prennent sur le pouce leur déjeuner. On y croise toute sorte d'accoutrements, des tenues de chantier orange, au costume cravate, à la jupe crayon et brushing. Les londoniens n'ont pas de temps à consacrer à leur repas du midi. Le temps est consacré à la bourse qui change sans arrêt, instable, aux travaux de construction, aux appels téléphoniques, à gérer les finances, les malades, la loi. On s'assure que demain utilise autant de temps que le jour même. Les gens passent leur vie en boucle, chaque journée répétant les mêmes gestes, mêmes habitudes afin de garder un équilibre constant. Les actions se font en répétition, créant dans la tête comme une migraine effroyable à laquelle on finit par s’habituer pour pouvoir toucher à la fin du mois de quoi manger pour le mois à suivre. Le grand patron n'est rien sans ses petits ouvriers et les ouvriers ne sont rien sans leur grand patron, telle une fourmilière où chaque personne est destinée à une tâche afin de faire tenir la pyramide en place. Travailler, grimper les échelons, se nourrir, dormir. Et toutes ces petites fourmis, on les retrouve à l'heure du midi. Il suffit de s'asseoir, s'installer, prendre un bon bouquin et du café puis attendre. On pourrait mettre une sonnerie à l'heure de pause et voir ce flot de fourmis qui débouche dans la rue. Les voitures klaxonnent d'impatience pendant que le passage piéton est envahi. Le taux de pollution atteint un pic anormal à ce moment de la journée, les taxis noirs se fraient un chemin entre les personnes, les pressés donnent des coups de coudes, les touristes se laissent bousculer ; impressionnés par la fourmilière. Voilà le passe-temps favori de certains vieux londoniens pour qui la vie n'a plus autant d’attrait qu'autrefois, comme par exemple moi-même. Me voilà, le petit moustachu installé sur un banc tout aussi vieux que moi, qui observe l’œil frétillant et la moustache recourbée tel un héros de roman belge.

Lisa - Témoignage sur le travail

 

Je me suis souvent demandé ce qu’était réellement le travail. Du plus lointain souvenir que j’ai, je revois ma mère se lever tôt, se préparer, s’habiller d’une tenue assez stricte et partir pour prendre les transports : le bus, le train puis le métro. L’idée que je me faisais du travail était l’ennui et le calvaire. Le matin, je la voyais stressée et pressée et le soir, fatiguée. Cela n’avait pas du tout l’air amusant. Je ne voulais pas grandir. Je voulais rester à jouer avec mes amis à l’école et non à parler de projets révolutionnaires pendant des réunions avec des collègues, je voulais continuer à courir pour ne pas être le chat, et non courir pour ne pas arriver en retard et je voulais m’amuser à écrire « soleil » à l’envers sur une calculatrice, et non faire les comptes de mes dépenses chaque mois. Quand j’étais petite, je rêvais de devenir maîtresse d’école ou aventurière.

Lorsque j’ai fait mon stage de découverte dans l’entreprise de mon père, c’est vrai que pendant les réunions, je m’ennuyais pas mal parce que je ne comprenais pas tellement de quoi mes collègues parlaient, au point qu’une fois, je me suis endormie … Mais j’ai fait la rencontre de certaines personnes formidables et je me suis finalement bien amusée.

Lors d’un dîner de famille, j’ai relancé le sujet de ma cousine éloignée avec laquelle j’étais très proche. Elle m’expliquait ce qu’était la vie et elle m’apprenait beaucoup de méthodes distrayantes et spirituelles. Je l’adorais. Son métier, c’était psychologue. Elle écoutait parler ses clients attentivement et les aidait à se reconnaître et à respecter la personne qu’ils étaient dans leur dimension psychique. Elle disait souvent que nous sommes toujours la meilleure version de nous-même. Elle avait beaucoup de clients grâce à sa qualité d’écoute et ses bons conseils. Elle faisait renaître la joie perdue de ses protégés et ils le lui rendaient bien.

Mais peu à peu, elle a sombré dans la dépression. Elle ne parvenait plus à gérer ses problèmes et ses émotions et ses clients ne l’aidaient pas vraiment dans cette tâche en lui racontant leurs malheurs. Mais après tout, c’était son métier.

Comme quoi, même si nous aimons beaucoup notre travail, il peut aussi apporter des sentiments négatifs …

Bien que je leur aie expliqué cette histoire, mes parents n’ont plus voulu que je la vois de peur que je sois touchée par sa détresse et que je l’y rejoigne.

travail Mélodie

En Inde les enfants ouvriers représentent presque la totalité des habitants de  France.

 

Une alarme retentit dans l’usine, c’est la pause déjeuner. Mes copains et moi sortons en courant jusqu’à l’entrepôt qui nous sert de réfectoire. Nous n’avons que quinze minutes pour manger, c’est sûrement le temps d’un café et d’une cigarette en France.  Je ne parle pas durant le repas, personne ne parle vraiment de toute façon. De quoi voulez-vous que l’on discute? De l’école ? Personne ici n’y est allé. De notre pays ? En Inde, nous sommes soixante millions d’enfants à travailler. De notre dernier vélo ? Nos parents n’ont même pas les moyens de subvenir à nos besoins. Les miens m’ont vendu à mes quatre ans pour travailler ici dans cette usine de tapisserie.

De retour près de ma machine, j’enchaine les mouvements répétitifs depuis maintenant trois ans. Ce rythme est presque impossible à suivre, nous travaillons à la même cadence que les adultes. Malheureusement j’ai besoin de ce travail pour survivre avec ces quelques sous par heure. Je suis ici depuis six heures du matin pour y rester jusqu’à vingt-deux heures et cela tous les jours. Je ne parle même pas des heures supplémentaires de nuit.

« Amar, dans mon bureau immédiatement ! »

Tous les regards des ouvriers sont tournés vers moi, car ils savent aussi bien que moi ce qui m’attend là-bas.

Devant la porte, le stress et la peur m’envahissent mais à peine rentré ma colère reprend très vite le dessus en voyant cet homme qui nous exploite. L’homme me regarde perversement et m’ordonne de m’assoir. J’obéis. C’est ensuite qu’il commence à m’écharper. J’ai cassé une machine sans le vouloir ce qui m’attire la colère de mon supérieur. Il ne cesse de me rappeler que je ne suis qu’un enfant-ouvrier parmi tant d’autres et que je ne sers qu’à travailler. Je ne peux rien répliquer car je sais qu’il a entièrement raison. La dernière phrase de son monologue me terrifie.

Il se lève, ferme la porte à clé et s’approche de moi en déboutonnant sa chemise. Je déglutis en sachant pertinemment ce qui m’est destiné.      

   

13 février 2017

Le travail-Eugénie

                Chère sœur,

                Je t’écris aujourd’hui pour répondre à ta demande de la dernière fois. Si tu ne t’en souviens plus, je vais te la rappeler. Tu m’as demandé de te raconter comment je suis passé du monde de l’école à celui du travail pour ton roman. Je vais donc te conter mon histoire.

                Il était 7H00 du matin, nous étions lundi et depuis plus d’une dizaine d’années, à cette époque, une routine s’était installée dans ma vie. Un quotidien qui ne changeait jamais. Chaque jour de la semaine, je me réveillais, me préparais et partais à 8H00 le matin de chez nous pour 8H30 au collège. Je retrouvais mes amis et j’attendais que mes journées se finissent. Je rentrais chez nous, je t’embêtais toi et nos parents (tu t’en souviens ?), puis je partais dormir. Mes devoirs ? J’en avais oui, mais ça ne m’intéressait pas. Je faisais juste ceux qui étaient notés. Je vivais ma vie comme je voulais. Malgré les menaces de nos parents, à quoi bon s’investir dans quelque chose que l’on n’aime pas juste pour faire plaisir aux personnes qui attendent des choses de nous. Si je veux faire quelque chose de mes capacités alors je les investis dans ce que j’aime. Depuis tout petit, depuis la maternelle, je voulais être boulanger. Entre temps, j’avais voulu devenir pompier mais ma première idée revenait d’elle-même dans ma tête.    Je ne suis pas fait pour le système scolaire, je n’aime pas étudier, mes professeurs me disaient que je n’avais pas d’avenir avec mon comportement, que je gâchais mes capacités avec mon attitude. Le lycée exige de meilleures moyennes de la part des élèves. Je n’avais pas ma place derrière leur petit bureau, assis sur leurs chaises. La conseillère d’orientation m’avait proposé un lycée professionnel. Mes parents trouvaient que c’était une idée excellente. Cependant on chercha d’autres voies et on trouva le CAP. Mais que vaut un CAP ? Bien évidemment aux yeux de tous les parents, leur enfant a un avenir plus certain avec un bac général. Nos parents avaient compris que s'ils m'envoyaient dans un lycée cela ressemblerait à une année sabbatique, et ils abandonnèrent finalement cette idée. Mais ils avaient bien retenu le bac pro. Et moi le CAP boulanger. J’avais mon idée, et je reconnais que je suis buté. S’ils continuaient de m’en parler et bien je ne parlerais plus.  Cette guerre continua et dura plus d’un mois. Nos parents comprirent enfin  que moi je voulais entrer dans le monde du travail et non pas faire de la pratique de temps en temps. Je voulais être rémunéré. Je me rendais bien compte que j’avais tout de même besoin d’étudier et d’être performant pour obtenir mon CAP. On chercha donc un patron pour que je puisse passer en deux ans mon diplôme aux Compagnons du devoir. Une alternance entre pratique et étude.                                                              

Mes notes augmentèrent, j’étais le deuxième de la classe, nous n’étions que des garçons. Mon lieu de travail me plaisait, j’avais un petit salaire et je faisais enfin ce que je voulais faire depuis si longtemps. J’apprenais à façonner la pâte: cette sensation si particulière quand je la travaille, légèrement humide et collante, très blanche ;à mesurer la farine,à  mettre tous les ingrédients dans le pétrin, le frasage, l’étirage, le bassinage ou le contre frasage,à  diviser et façonner. J’apprenais à faire des viennoiseries, à m’organiser. Mais je devais porter le bois, le four que la boulangerie utilisait était un four à bois, j’avais l’impression d’être un bucheron, mais je me suis musclé grâce à ça. Les sacs de farine aussi sont lourds, 40kg dans chaque bras. Je devais m’appliquer à faire les choses correctement et proprement pour les clients. Ce n’était pas toujours facile, je me souviens d’une fois où je devais faire les sandwichs, mon patron n’était pas fier de moi, je n’étais pas assez productif. Mais moi je voulais lui répondre, je faisais mon maximum ; mais je me suis tu, je n’ai pas répondu, je n’avais pas encore mon diplôme, alors je prenais sur moi.

Avec les Compagnons du devoir, nous partîmes en voyage à Londres. Je ne comprenais pas très bien pourquoi étant donné que l’Angleterre n’est pas vraiment réputée pour la gastronomie, et encore moins pour le pain. Je partais sans famille pour la première fois aussi loin, et il faut bien reconnaitre que j’étais un assisté (et je dois avouer que vous m’aviez quand même manqué et que même si les soldes là-bas valent vraiment le coup j’étais bien content de rentrer en France). Mais je devais partir, pour ma propre culture. J’étais avec un camarde plus âgé dans une famille très gentille. Le premier jour où je devais commencer à travailler, j’eus du mal à trouver mon chemin, mais j’y étais tout de même parvenu. 

          Le boulanger qui m’a accueilli était Français, sa femme était insupportable. Le pain et les pâtisseries produites n’étaient pas extraordinaires mais ils avaient beaucoup de clients. Les deux semaines se terminèrent, je retournais en France. J’eus mon CAP et je participé aux MAF ; meilleurs apprentis de France.                                                                                                                     J’étais arrivé 3éme, et j’obtins une médaille de bronze. Vous étiez fier de moi, mon patron aussi et moi aussi.

Je voulais continuer à étudier mon métier, et pour cela je décidai d'aller a un CFA  en espérant obtenir un BP. Mais rien ne se passa comme prévu. Je retrouvais une autorité inutile venant de ces professeurs incompétents. Mon patron vendait tout de même mes productions depuis presque deux ans à des clients plus que satisfaits. A quoi bon rester continuer à recevoir des ordres et être sans arrêt en confrontation avec ces personnes qui ne m'apprenaient rien de surcroît. Je préférais partir au bout d’un mois plutôt que de devoir être constamment oppressé par des gens angoissants qui n’ont rien à m’apprendre.

Je retournai voir mon patron qui m’embaucha avec un CDI.

                Ma sœur tu vois donc désormais comment ton ainé est devenu plus mature et plus responsable grâce à un travail dans lequel je suis épanoui. Tu peux comprendre comment n’importe quelle personne peut progresser et s’investir quand elle est heureuse dans ce qu’elle fait.

                Bien à toi, ton grand frère.

P.S : fait moi savoir si tu veux plus de détails.  

                                                                                                      E.A

10 février 2017

Travail ou calvaire ?

"Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie". Cette phrase de Confucius (551-479 av J.C.) devrait parler à de nombreux français. Sachant que plus de 52% des français ne sont pas heureux au travail, cette phrase a-t-elle de  l'intérêt ?

Le travail est compliqué, il semblerait qu'il faut toujours plus de motivation et de courage. Des milliers de personnes, petits ou grands, abandonnent à cause du manque de motivation. Les français sont fatigués par leur travail, par les obligations liées à leur profession. Ils sont épuisés par les réunions tard le soir ou par les horaires du matin à respecter. De nombreux français parlent de calvaire quand ils pensent à leur travail, par exemple quand ils doivent rendre un dossier important avant une date fixe. Ils ne savent pas ce qu'ont enduré les égyptiens lorsqu'ils construisaient les pyramides pendant que les pharaons se pavanaient dans leurs palais. Ils travaillaient du matin jusqu'au soir bien souvent sans pause pour manger. Ils se faisaient fouetter quand leur travail n'avançait pas assez vite. C'était un vrai calvaire, pas celui de la plupart des français qui sont payés pour faire un travail qui leur plait. Selon un sondage de nos équipes, 52% des 100 personnes interrogées répondent ne pas être heureux au travail. Par contre, suivant le même sondage, 49% des personnes, sont satisfaites de leur rémunération. Justement contrairement à ce que pensent tous les français, être payé pour son travail est un grand privilège. Quand on pense que pendant la Seconde Guerre Mondiale, les déportés dans les camps d'Auschwitz Birkenau, se faisaient maltraiter  et quand ils n'avaient plus la force de travailler, se faisaient gazer.

 

                      M.G

02 février 2017

Le travail Tanguy - 2e9 Pour quelques épis de blés...

8H55. Mon réveil sonna plus tard que d’habitude. J’étais content car au lieu d’aller à l’école, j’allais aujourd’hui avec la classe au musée. Pour moi, cette sortie était un cadeau venu du ciel. Louper ne serait-ce qu’une heure de cours était pour moi une immense joie. Il faut le dire, avec l’École, nous ne vivions pas le grand amour. Même si le musée n’était pas une grande source d’amusement, je pouvais au moins m’échapper pendant une demi-journée du lycée.

Le rendez-vous était fixé devant le parvis de l’établissement. Les copains m’y attendaient déjà. Une fois le rassemblement terminé, nous montâmes dans le bus. Pendant le trajet, le professeur de français nous rappela le but de la visite. Nous devions, de retour en classe, travailler sur les peintures réalistes.  Cette étude m’enchantait déjà…

Une fois arrivée au musée, la classe s’était scindée en plusieurs groupes.  Je m’étais retrouvé parmi les meilleurs. Ils m’énervaient. Je me sentais très bête à côté d’eux. Soudain, une petite femme est arrivée et s’est présentée. Elle nous expliqua qu’elle était une conférencière du musée et qu’elle allait nous faire la visite de l’exposition consacrée aux peintres réalistes. Ce n’était pas l’image que je m’étais fait d’un guide qui passait ses journées entières à expliquer le résultat de mélanges de couleurs sur une toile. Cette dernière, était très élégante, nous parlait avec des gestes très minutieux et ordonnés. En la regardant, je me suis dit que finalement, j’avais bien fait de me lever pour aller au musée.

Notre groupe se dirigea vers l’exposition, devancé par la guide. Je m’étais mis juste derrière elle. Sa voix était douce. Elle me réconfortait parmi ce monde de culture que je ne connaissais pas. Vinrent les tableaux. Tous ces peintres, Courbet, Millet, Breton, Corot, Fantin- Latour qui représentaient la réalité telle qu’elle était. Ils privilégiaient les classes ouvrières, les petits métiers dont ils faisaient des grands, la vie quotidienne. Nous avions commencé par Un enterrement à Ornans de Gustave Courbet. Je ne comprenais pas la contemplation et l'émerveillement des visiteurs. Pour moi, il n’y en avait pas, c’était un enterrement.

Les tableaux s’enchaînaient. J’avais du mal à suivre. Je ne comprenais pas la signification des couleurs, des perspectives, de l’ombre et de la lumière. Je ne comprenais pas le sens des tableaux, jusqu’à la toile suivante…

Trois femmes, un travail. La conférencière nous a demandé le titre de l’œuvre qui était apparemment très connue. Tout le monde avait le bras levé sauf moi. « Des glaneuses », a répondu une fille à la guide.  C’était exact. Une huile sur toile de Millet, peinte en 1857. Une question trotta dans ma tête. Qui étaient les glaneuses ? J’avais posé cette interrogation discrètement à la guide. Elle m’a souri. Les glaneuses étaient en fait de très pauvres femmes qui, pour vivre, ramassaient les épis oubliés après la moisson. " Un travail forcé, dur et fatigant, avait conclu la conférencière". J’étais très étonné. Elle avait commencé son explication, sans savoir qu’à la première vue de ce tableau, je fus traversé par une intense émotion. Après tout, n’était-ce pas le but des tableaux ? Tous les élèves prenaient des notes, sauf moi, toujours moi. Mon esprit réfléchissait, bourdonnait. Mon corps entier éprouvait de la pitié pour ces femmes. Accomplir ce maudit travail pour quelques épis de blé,alors que, sans travailler, je pouvais au moins toucher le RSA ou demander de l’aide auprès d’associations. Il fallait donc discerner l’emploi dans le travail et le travail tout court. Celui où l’on ne gagne rien ou illégalement. C’était des vastes notions que je me remémorais du programme de sciences sociales. Comme quoi l’École sert dans la vie. Et elle sert aussi pour l’avenir. J’étais persuadé que, maintenant, grâce à cette institution, notre vie serait meilleure. En effet, si je pouvais quand même toucher un peu d’argent, cela ne me suffisait pas pour avoir une vie décente. Toujours plus. Les glaneuses, elles , ne demandaient rien. Elles ramassaient les épis de blé, nécessaires à leur existence. Elles ne pouvaient rien faire de plus. Elles étaient  issues des classes paysannes et n’évoluaient pas dans un autre monde. Elles s’en contentaient. J’éprouvais de la pitié pour ces grandes dames. J’ai eu envie de les aider, de ramasser avec elles ces restes. Toucher la vie, l’espoir… Mais j’avais ressenti surtout le travail. Un mal de dos, des mains abîmées, une peau brûlée, voilà ce qu’il m’aurait fait. C’était un simple assassin. Je pouvais choisir, elles n’avaient pas choisi. La guide ne me parlait plus, mes yeux parlaient pour elle.

Trois gestes, elles faisaient trois gestes. Une répétition, une obsession. Se baisser, ramasser, se relever.  C’était leur travail, une infinité de trois mouvements. Comme j’aurais voulu les accompagner dans cette besogne, l’effectuer, prendre cette tâche ingrate pour les soulager, les récompenser. Mais ce n’était qu’un tableau. Certes,mais pour moi, un tableau vivant. Au dernier plan de ce dernier, se trouvaient des moissonneurs. Un travail rémunéré cette fois-ci, fait dans la joie et dans le bonheur. Le bonheur au travail, était-il possible pour les glaneuses ? La lumière blanche du fond du tableau contrastait avec l'obscurité du premier plan. Les femmes dans l'ombre. Ce pénible travail s'accentuait donc. Les champs de blé dorés, fraîchement coupés; la terre assombrie par la silhouette des glaneuses. Cette ligne entre la peine et la joie du monde paysan m'exaspérait. C'était un supplice, le tableau fut un supplice. J'avais changé, le tableau m'avait changé.

La visite était terminée. Le professeur qui passait de groupe en groupe m'a réveillé. Réveillé d'un rêve ou d'un cauchemar, je ne sais pas. J'étais tout seul. Les élèves étaient partis. Elle, moi, les trois femmes. Elle m'avait dit que ce n'était pas en étant perdu dans mes pensées, que le travail allait se réaliser. Je crois qu'elle se trompait...

Le travail - stéphanie

Le 23/01/17

Mon cher journal,

J’ai aujourd'hui treize ans. Pour mon anniversaire je souhaite que mon vœu le plus cher se réalise : j’aimerais plus tard, après de longues années d’études devenir pâtissier dans une grande industrie à l’étranger, car j’aime beaucoup tout ce qui est créé, customisé.  J’adore inventer des choses, le contact avec les gens et bien sûr j’adore voyager dans des pays à l’étranger. Evidemment il faudrait que j’ai un bon salaire avec de bons horaires, même si le métier de pâtissier occupe beaucoup  car il faut être précis.  De plus il y a commandes  sur commandes, des mariages et beaucoup d’autres événements.

 J’ai vu qu’il y avait de grandes industries au Etats Unis, Il y en a une en particulier à New York elle est vraiment énorme et il y a plus de 10000 salariés . Cela fait plus de deux ans que j’ai dans la tête l’idée de devenir pâtissier.  Je pense tenir cette idée de mon grand-père. Je me souviens quand je n’avais que 3 ans, au lieu de me raconter des histoires normales avec des super héros ou des comtes il me lisait des recettes de cuisine qu’il avait lui-même inventées. Mon grand-père était un très grand pâtissier français. Mon père lui aussi a suivi mon grand-père mais lui a choisi de travailler dans un restaurant. D'ailleurs il n’est jamais à la maison sauf le dimanche et encore il doit travailler sur des projets pour de nouvelles recettes. Malgré, le peu de temps libre ce métier m’intéresse énormément car j’aime beaucoup  créer, customiser, inventer des choses , avoir des contacts avec les gens . Bien sûr j’adore voyager dans des pays à l’étranger.Mais il faut que je patiente encore quelques années … En attendant, j’ai demandé à maman pour mon anniversaire un grand et épais livre où je trouve de nombreuses recettes venant de chaque pays du monde, mais surtout beaucoup de pâtisseries.

 

 

Travail: du rêve à la réalité (article) - 2e9

TRAVAIL : du rêve à la réalité

Les rêves d’enfance disparaissent face à la réalité à l’âge adulte

  Dès notre plus jeune âge, notre avenir est dans nos esprits, les rêves sont omniprésents. Chanteur, cuisinier, architecte… tous sont différents et plus ou moins réalisables. Mais nous ne pensons pas à cette difficulté quand nous sommes petits. Nos têtes sont envahies de pensées idéalistes telles qu'un bon salaire, de bons horaires, une absence de contraintes.

Ce monde utopique n’est malheureusement qu’une idée. Des rêves inaccessibles dans des secteurs trop fermés ou difficiles d’accès, des premiers emplois placés en bas de l'échelle, des salaires plus faibles, des horaire chargés. Cette réalité commence à nous atteindre lorsque nous nous posons des questions sur notre orientation et nous frappe de plein fouet quand nous entrons dans le monde du travail.

Thomas Martin, cadre dans une entreprise de logistique nous en dit plus :

« Lorsque j’avais six ans, je rêvais d’être cuisinier. A 15 ans, j’ai décidé de choisir une autre orientation et d’aller en S. A la fin de mes années lycée,  parce que je ne savais pas quoi faire, mes parents m’ont inscrit dans une université  de logistique. Maintenant, je suis cadre dans un entreprise de logistique. Certes j’ai un bon salaire, mais j’ai d’abord dû passer par des métiers mal payés. Mes horaires sont chargés et en toute honnêteté, ce n’est pas le métier dont j’ai rêvé. »

Thimoté Capro, acteur à la comédie française nous raconte comment il a accédé à ce métier :

« A huit ans, ma mère m’a inscrit dans un club de théâtre. J’ai tout de suite apprécié. Je suis allé dans un lycée spécialisé dans le théâtre. Après le bac, je suis allé au cours Florent pendant plusieurs années. Un jour, la Comédie française m’a proposé de jouer dans une pièce avec eux, j’ai accepté. Je suis ensuite entré dans leur troupe. Pour réaliser son rêve, il faut persévérer jusqu’au bout. »

L’accès aux rêves est possible mais compliqué. Comme Thimoté Capro le souligne, il faut persévérer. Il faut y mettre toute sa personne et ne pas abandonner même si avoir des contacts aide beaucoup pour s’ouvrir des portes.

Aux individus de faire le choix entre un avenir concret et un rêve plus lointain  

shalice

Le travail: une journée comme les autres - Lachaux Bilal - 2e9

UNE JOURNEE COMME LES AUTRES

Un master en psycho et voilà où ça me mène, un pauvre sous-poste  dans la R.H. de Catburry. Mais bon, je gagne ma vie, c’est ce qui compte.

Le téléphone sonne, je réponds, ils ont besoin de moi au deuxième étage, encore. Deux semaines que les jours se ressemblent et se suivent. Je remplis toujours les mêmes papiers, à la même heure, au même endroit.

Avant de descendre, je prends une aspirine, encore. Je décide d’utiliser l’ascenseur. C’est plus lent, mais ça changera du quotidien. Je sors et m’approche de la machine à café. Au dernier moment, je m’éloigne en me disant qu’il vaudrait mieux le prendre en remontant, pour changer.

Au final, ils n’ont pas eu besoin de moi, comme d’habitude. Je prends mon café et je remonte dans mon bureau, par l’escalier. Je sais qu’ils m’appellent pour me faire croire que j’ai des responsabilités, ils m’appellent en sachant qu’ils n’auront pas besoin de moi. Je m’assois sur mon fauteuil, prends une gorgée de café, il est plus chaud que d’habitude, et je me remets à remplir mes papiers. Les heures passent, je remplis mes papiers, je joue au démineur, je reprends du café et… les heures passent. Il est 19h30, l’heure de rentrer. Je range vite-fait mes dossiers, j’éteins mon ordinateur, j’enfile mon vieux trench décoloré et prends la sortie. Je marche dans la rue, je marche dans les tunnels du métro, je marche dans la foule pour me trouver une place… pas de place. Le métro arrive à ma station, j’entends l’éternelle voix de « la dame du métro » dire et redire « Saint Michel » d’une voix aussi morte qu'un résident de morgue.

Je tourne les clefs dans ma serrure. La porte s’ouvre, je retrouve mon chez moi. Je n’ai pas l’envie de faire quoi que ce soit alors, j’allume la télé, j’ouvre un placard, j’attrape le paquet de nouilles chinoises, je le prépare et je le mange devant des infos diffusant toujours les même choses « guerres, guerres, grèves, manifestations, 49.3, manifestations, grèves, guerres, guerres ». Je termine mes nouilles et pars me coucher.

Le réveille sonne, j’ouvre difficilement mes yeux. Allez, il faut se lever, et ce n’est PAS une nouvelle journée qui commence. Je prends mon petit déjeuner, je m’habille et prends le métro. . Le métro arrive à ma station, j’entends l’éternelle voix de « la dame du métro » dire et redire « Porte d’Orléans ». Je descends du wagon, je remonte hors de la station et surgis telle un cadavre venant du fin fond des Enfers. Je monte à mon bureau, pose mon vieux trench décoloré, allume mon ordinateur et récupère mes dossiers.

Le téléphone sonne, je réponds, ils ont besoin de moi au deuxième étage, encore.

Avant de descendre, je prends une aspirine, encore. Je décide de réutiliser l’ascenseur. C’est toujours mieux que l’escalier. Je sors et m’approche de la machine à café. Au dernier moment, je m’éloigne en me disant qu’il vaudrait mieux le prendre en remontant, ça fait toujours plaisir d’avoir une boisson lorsqu’on classe des centaines de dossiers.

Au final, ils n’ont pas eu besoin de moi, comme d’habitude. Je prends mon café et je remonte dans mon bureau, par l’escalier. Je m’assois sur mon fauteuil, prend une gorgée de café, il est moins chaud qu’hier, et je me remets à remplir mes papiers. Les heures passent, je remplis mes papiers, je joue au démineur, je reprends du café et… les heures passent. Il est 19h30, l’heure de rentrer. Je range vite-fait mes dossiers, j’éteins mon ordinateur, j’enfile mon vieux trench décoloré et prends la sortie. Je marche dans la rue, je marche dans les tunnels du métro, je marche dans la foule pour me trouver une place… pas de place. Le métro arrive à ma station, j’entends l’éternelle voix de « la dame du métro » dire et redire « Saint Michel » d’une voix aussi morne qu'un fossoyeur.

Je tourne les clefs dans ma serrure. La porte s’ouvre, je retrouve mon chez moi. Je n’ai pas l’envie de faire quoi que ce soit alors, j’allume la télé, j’ouvre un placard, j’attrape le paquet de nouilles chinoises, je le prépare et je le mange devant des infos diffusant toujours les même choses « élections, guerres, guerres, grèves, manifestations, 49.3, manifestations, grèves, guerres, guerres, élections». Je termine mes nouilles et pars me coucher.

Le réveille sonne, j’ouvre difficilement mes yeux. Allez, il faut se lever, et ce n’est PAS une nouvelle journée qui commence. Je prends mon petit déjeuner, je m’habille et prends le métro. . Le métro arrive à ma station, j’entends l’éternelle voix de « la dame du métro » dire et redire « Porte d’Orléans ». Je descends du wagon, je remonte hors de la station et surgis tel un cadavre venant du fin fond des Enfers. Je monte à mon bureau, pose mon vieux trench décoloré, allume mon ordinateur et récupère mes dossiers.

Le téléphone sonne, je réponds, ils ont besoin de moi au deuxième étage, encore.

Avant de descendre, je prends une aspirine, en fait j’en prends deux, et même plus encore… au moins, ça changera du quotidien.

Bilal LACHAUX

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