" L'Île des esclaves " (1725), MARIVAUX par la compagnie "Les Affamés "

Une île, lieu clos, à l'écart de la société policée, où tout projet nouveau est possible, au moins par l'imagination. Échoués à la suite d'un naufrage sur une île gouvernée par des esclaves fugitifs, une coquette et un petit-maitre perdent la liberté tandis que leurs esclaves désormais affranchis deviennent maîtres et leur font subir diverses épreuves. En 1725, c'est un monde social renversé que Marivaux donne à voir : la fragilité du pouvoir peut ainsi se dévoiler. Il y a plus de deux cents ans la révolution française a eu lieu, elle prônait l'abolition des privilèges et établissait notre devise : liberté, égalité, fraternité. Aujourd'hui qu'en est-il ? Et si un ouvrier prenait la place d'un patron, un citoyen celle d'un politique, un consommateur celle d'un banquier ? Tant d'exemples sont possibles, mais pour en faire quoi de ce « pouvoir » ? Dans une mise en scène intemporelle et résolument moderne nous traitons la question de la différence sociale dans un huis clos arbitré par un personnage ambivalent (démiurge impuissant ! ?) qui met nos quatre protagonistes sous tension. Ce qui n'enlève rien au ressort de la comédie mais nous fait peut être poser la question de la valeur de notre lien républicain : liberté, égalité, fraternité...

Mise en scène Gilles Droulez, scénographie Maria Landgraf, création lumière Romuald Valentin, assistante mise en scène Fanny Corbasson, bande-son François Tantot, costumes Isabelle Desmazières, régie Davy Dedienne. Nouvelle distribution : avec Anthony Candellier, Aude Carpintieri, Gilles Droulez, Marie-Véronique Pougès et François Tantot.