14 mars 2016

Chanson d'automne, Paul VERLAINE

"Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone
."

Voici la première strophe du court poème (il ne comporte que trois strophes) de Paul Verlaine. Bien que non contemporain de la Seconde Guerre mondiale, cet écrivain a vu son poème utilisé par les Américains le 6 juin 1944 pour prévenir les Résistants du débarquement. 

12 mars 2016

"Une découverte macabre" (Karlyne Dumur)

« Arrête-toi », cria Oliver.

            Il accéléra pour rattraper l’autre homme.

« Tu as tué ma fiancée ! Je vais t’envoyer pourrir en prison pour ce crime ! »

Alors, dans cette ruelle sombre, en cette nuit de pleine lune, Jack se précipita sur Oliver, préférant tuer le policier qu’aller en prison.

Depuis plusieurs semaines, Oliver et son équipe traquaient le tueur en série de Star City. Le capitaine, entré dès son plus jeune âge dans la police, avait été récemment promu grâce à son excellent travail et s’était vu confier l’enquête sur un assassinat en ville. Par la suite, il y eut d’autres meurtres et les enquêteurs purent tous les relier à un seul et même homme : Jack Ryan. Cet homme, dont le mode opératoire différait à chaque crime, avait tout mis en œuvre pour ne pas être identifié, mais il avait commis une erreur cruciale : un morceau de peau laissé sous l’ongle d’une victime, sûrement au cours d’une lutte. Seulement, l’enquête était, depuis, au point mort. Aucune nouvelle piste, aucun indice. Jack Ryan avait comme… disparu…

On était maintenant mardi douze janvier. Oliver continuait de chercher Jack Ryan et sentait qu’il se rapprochait. Revenant de sa pause déjeuner, il découvrit une lettre posée sur son bureau qui remit toute l’investigation en cause :

« Je te conseille d’abandonner l’enquête si tu tiens à ta fiancée. Sinon, elle en subira les conséquences.     

                                                                                              J.R. »

Oliver prit peur. Shannon… ce psychopathe la menaçait. Il venait de la demander en mariage et ils attendaient un enfant… Mais il ne pouvait pas abandonner l’enquête ; ce serait contre ses principes. Il prit donc la décision de poursuivre l’investigation et d’assurer la protection de sa fiancée.

Tout se passa bien pour Oliver, qui continuait ses recherches, jusqu’au lendemain soir. A la fin de cette journée éreintante, il rentra chez lui avec la ferme intention de préparer à sa future femme un succulent dîner.

« Shannon, c’est moi. Tu vas être contente, j’ai prévu une soirée romantique pour nous deux. Tu comprendras mieux pourquoi tu as accepté de m’épouser ! », dit Oliver radieux.

Mais Shannon ne répondit pas. Entendant l’eau de la baignoire couler, Oliver monta silencieusement les escaliers et toqua à la porte de la salle de bain.

« Shannon, ma belle, cette soirée promet d’être encore plus intéressante si tu ne sors pas de ce bain ! », annonça-t-il.

Toujours pas de réponse. N’étant plus fatigué et même très bien réveillé, Oliver se déshabilla, ouvrit la porte et se dirigea lentement vers la baignoire. Il pouvait apercevoir le dos de sa femme, sa peau magnifique et ses longs cheveux clairs. Elle l’avait toujours fait rêver, sa belle chevelure. Puis Oliver accéléra le pas, pressé de rejoindre Shannon dans la baignoire. Ce fut le coup fatal. Morte. Sa femme était morte. Plusieurs coups de couteau parsemaient son corps dont un bien apparent, profond, au niveau de la poitrine – à coup sûr la raison de son décès, pensa-t-il. Shannon baignait dans l‘hémoglobine qui s’était mêlée à l’eau du bain. Sur le mur était écrit en lettres de sang : « Je t’avais prévenu ». Elle avait dû beaucoup souffrir. Oliver entra dans une colère monstrueuse. Il n’avait pas su protéger sa belle, mais tout ceci était l’œuvre de Jack Ryan. Le policier était plus que jamais déterminé à le retrouver pour lui faire payer ses crimes, l’envoyer en prison ; le tuer aurait été une délivrance.

Cette chasse à l’homme dura très peu de temps. La haine dont Oliver était animé lui permit de localiser l’assassin dans la nuit. Au petit matin, le capitaine enfourcha sa moto et aperçut Jack Ryan dans une ruelle sombre d’un quartier malfamé. Le dealer qui était en sa compagnie s’enfuit quand il vit le policier. Ce dernier cria vengeance au meurtrier de sa fiancée et une lutte s’engagea. Jack sauta sur son adversaire et l’envoya au tapis. Oliver se défendit courageusement mais Jack dégaina un couteau, les fit basculer et se jeta sur Oliver, tentant de lui porter un coup au cœur. L’arme n’était plus qu’à quelques centimètres du policier qui luttait de toutes ses forces...

« Théa, viens à table s’il-te-plaît.

- Oui maman, j’arrive, j’éteins juste la télévision ».

 

05 mars 2016

"Le vol" (Léa Ermini)

            Vers deux heures du matin, Nina terminait de servir ses derniers clients. Elle travaillait en tant que serveuse au Café Tournesol, un bar incontournable du quatorzième arrondissement de Paris, réputé pour son ambiance chaleureuse et ses spécialités régionales. Nina était toujours la dernière à partir. Elle rangeait les chaises, nettoyait le comptoir, éteignait les lumières et tirait les rideaux pour le lendemain. L'atmosphère était calme en fin de soirée, les deux derniers clients, un homme et une femme d'une trentaine d'années finissaient de boire leur café en terrasse. Quelques minutes après leur départ, Nina ferma le bar à clé. Elle était à trois stations de métro de son appartement mais, l'été, elle préférait rentrer à pied. Comme tous les soirs, elle s'arrêta devant la bijouterie pour saluer son ami André, qui travaillait aussi très tard. Il venait de recevoir une nouvelle collection de montres et organisait l'installation de sa vitrine. Sur son bureau, on pouvait voir une loupe et de petites vis permettant de réparer le mécanisme des réveils. Nina était impressionnée par la minutie et la patience de son ami. Elle remarqua que tout un côté du présentoir à bijoux était vide. André lui expliqua qu'un vol avait eu lieu la nuit dernière dans sa bijouterie. Les policiers étaient venus tout analyser. Ils avaient réussi a récupérer une empreinte digitale et les caméras de vidéo surveillance avaient filmé quelques images du voleur avant qu'ils ne les brisas. Ce n'était plus qu'une question d'heure pour le retrouver.

              Une demi-heure plus tard, Nina arriva dans sa rue. Elle vit un homme à l'entrée de son immeuble. Il était brun, très grand, il portait un énorme carton. L'homme semblait inquiet. Il guettait autour de lui. Nina le dévisagea, elle ne l'avait jamais vu jusqu'à lors. C'était sûrement un voisin, mais elle ne les connaissait pas bien et ne les voyait que très rarement à cause de son rythme de vie. La jeune femme s'approcha, sortit ses clés et regarda l'inconnu du coin de l’œil. De grosses gouttes de sueur roulaient le long de son front. Nina lui proposa alors son aide. L'homme, surpris, la remercia en essayant de cacher son anxiété. Il répondit qu'il attendait un ami pour l'aider à finir son déménagement. Il portait entre ses bras son dernier carton. Nina avait vu juste. C'était bien un voisin. Elle décida de rester avec l'homme jusqu'à l'arrivée de son ami pour faire connaissance. Nina apprit que l'homme avait emménagé dans l'immeuble l'année dernière et avait décidé de quitter la capitale pour aller vivre dans le sud.

             La discussion entre les deux voisins n'était pas très vive, Nina posa toutes les questions et l'homme ne répondit qu'une fois sur deux. Il était distrait, il devait penser à autre chose, ses bras tremblaient sous le poids du carton. Il regardait toujours autour de lui. Nina proposa à l'homme de lui prêter son téléphone au cas où il voudrait contacter son ami. Peut-être était-il en retard ou avait-il oublié ? Mais il refusa. Son ami ne pouvait pas avoir oublié, c'était impossible. Il répéta cette phrase plusieurs fois, comme pour se persuader lui-même de la chose. Nina ne comprenait pas pourquoi l'homme finissait son déménagement si tard. De plus, l'attente de l'ami devenait interminable et elle commençait à fatiguer. La jeune femme avait décidé de rentrer quand soudain une voiture arriva. C'était une petite Twingo noire. Les phares étaient brisées et le coffre à l'arrière était ouvert. A la vue de la voiture le visage de l'homme s'éclaira ; c'était enfin lui, son ami. Dans la précipitation, il fit tomber du carton une boîte recouverte de velours noir. Cette petite boîte carrée, Nina la connaissait. Elle provenait de la bijouterie de son ami, il lui avait d'ailleurs offert la même pour son anniversaire avec, à l'intérieur, une superbe paire de créoles dorées. Mais, avant qu'elle n'ait pu la lui rendre, l'homme était déjà parti. Nina vit la voiture tourner à droite puis disparaître dans la nuit.

             La jeune femme poussa la porte de son immeuble. La loge de la concierge était encore allumée. La concierge, avait peu de travail ces jours-ci. Avec l'arrivée des vacances, les habitants de l'immeuble étaient, pour beaucoup, partis. En montant les escaliers, Nina ouvrit la boîte. Stupeur ! La même paire de créoles dorées s’y trouvaient. Elle arriva devant sa porte et la trouva entre-ouverte. La serrure avait été forcée. Dans la panique, elle courut dans son salon. L'appartement était sans dessus-dessous, les oreillers, les livres et les cadres étaient au sol. La télévision et l'ordinateur avaient disparu. Une terrible pensée traversa l'esprit de la jeune femme. Elle se précipita dans sa chambre, vers sa coiffeuse. Elle ouvrit brusquement le deuxième tiroir. Sa petite boîte de velours n'y était plus.

"La jeune fille de l'aubette" (Jean-Benoit Herrada)

Il faisait le même trajet pour aller au lycée depuis deux semaines : il sortait de chez lui, marchait jusqu’à son arrêt et montait dans son bus. Une fois arrivé au terminus, il arpentait les étroites ruelles de la ville pour finir en face de son lycée.

Mais aujourd’hui était une journée particulière. Quand il arriva à son arrêt de bus, à quelques minutes de sa maison, il la vit comme une illumination : une jeune fille d’environ seize ans ; des cheveux bruns coiffés à la perfection, des yeux verts magnifiques, aussi grande que lui … En la voyant, il se sentit rougir, il fit dériver son regard et prit son bus sans se retourner. Une fois installé sur un dans sièges du fond, il se remit à l’admirer. Elle ne monta pas, bien entendu.

La journée ne se passa pas comme les autres. Il n’arrivait point à se concentrer ; pensant continuellement à cette fille : quel est son nom ? Où vit-elle ? Tant de questions auxquelles il aurait aimé avoir les réponses. Il ne pouvait s’empêcher de dessiner, encore et encore, les traits de son visage angélique, d’imaginer les doigts de sa main toucher cette peau, qui semblait de porcelaine. Un détail lui plaisait tout particulièrement : tous ses habits étaient de la même marque, portés à la perfection, comme un mannequin. La sonnerie retentit, mettant un terme soudain à ses songes amoureux.

Ce scénario dura deux mois encore. Chaque matin où il devait prendre le bus, il la voyait, toujours aussi belle, inchangée, impeccable. Cependant il n’allait jamais lui parler, faute de courage. Les vacances arrivèrent, il savait qu’il n’allait pas la revoir avant deux semaines. Un sentiment de tristesse le traversa.

Pendant ses vacances, peu plaisantes, il pensait sans cesse à elle. Il imaginait ce qu’il pouvait lui dire en allant la voir. Il envisageait tous les cas plausibles. A la fin de la première semaine, il alla demander des conseils à son aînée. Un sourire narquois apparu sur le visage de cette dernière, elle se contenta de rire et d’écarter son frère sans se soucier de lui.

Le grand jour arriva : il s’était promis que ce matin, il allait enfin oser parler à cette fille qui animait ses journées. Il revêtit ses plus beaux habits. Il sentait son cœur battre de plus en plus fort dans sa poitrine à chaque pas qui le rapprochait de son objectif. Une fois arrivé, il avança vers elle, l’air confiant, même si ce n’était pas le cas. Il lui adressa, pour la première fois, ces mots :
« Qui que tu sois, dans cette affiche publicitaire, tu es magnifique. »
Inutile de préciser qu’une publicité d’arrêt de bus n’allait pas lui répondre.


"Innocence cuisante" (Amine Chabane)

    « Arrêtez de constamment vous chamailler.  J’en ai marre de vous, vous m’énervez à la fin ! Vous voyez bien pourtant que je ne suis pas bien en ce moment.  J’en ai assez de vous ! » Nous dis Maman à mon frère et moi.

    Mon frère jumeau s’appelait Quentin et moi Alexis, nous avions six ans. Nous avions souvent tendance à énerver notre mère de pars nos disputes. Notre mère, quant à elle, était très jolie, mais son ventre s’arrondissait depuis quelques temps. Elle était mariée à Papa. A chaque fois qu’il partait, il en faisait des tonnes, il nous disait qu’il nous aimait… Maman pleurait et lui disait de faire attention. Il était aussi habillé avec une tenue verte, un peu comme mes jouets ! On habitait dans une petite ville près de Limoges.


    Un jour, alors que Maman n’allait pas bien du tout, elle nous déposa chez mamie et alla à l’hôpital. Nous aimions bien aller chez mamie, elle cuisinait très bien, mais on s’ennuyait un peu chez elle. Nous avions peur pour Maman mais mamie nous disais de ne pas nous inquiéter et que nous aurions une surprise d’ici peu. Pour nous faire plaisir, mamie nous a fait un poulet rôti ! (c’est mon play préféré) J’ai bien observé comment mamie l’a fait, je pourrais le refaire pour Maman.

Quelques jours plus tard, Maman rentra à  la maison, et, comme par magie, son ventre était redevenu comme avant ! Elle tenait quelque chose dans ses bras c’était notre « surprise ». Il était tard alors nous décidions d’aller nous coucher.

    Le lendemain je vis mon frère jouer avec ma figurine, alors je me suis énervé et je lui ai dit de la lâcher, et on a commencé à crier. Maman est arrivée, elle s’est mise à crier aussi.


    « Vous n’en avez pas marre de crier tout le temps pour rien ? Vous me donnez mal au crâne ! Je vais à la pharmacie.  »

Avec mon frère on s’en voulait d’avoir embêté Maman, alors on décida de lui faire plaisir. On s’est dit que notre « surprise » serait peut-être bonne au four. Ce serait comme cuisiner un poulet !


    J’ai dit à mon frère de la mettre dans le four pendant que je réglais la température…

    Et c’est comme ça que nous fîmes la une des journaux dans la rubrique « faits divers ».

"Intrusion ratée" (Claire Batty)

            Dans une rue calme de la ville de Toulouse marchait un jeune homme à l’allure sportive, seul. La nuit venait de tomber et les lampadaires diffusaient une clarté blafarde qui permettait à peine de distinguer l’individu. Connaissant son chemin sur le bout des doigts, il se dirigea vers l’une des maisons et ouvrit la porte avec un léger cliquetis. Il entra, monta à l’étage et ne redescendit qu’une fois son sac de sport rempli. Puis il s’assit sur le canapé et alluma la télévision. Ses yeux bleus se mirent à regarder l’écran plat qui était juste en face.

            Mais, au bout de quelques minutes, ce jeune homme habillé tout en noir, parfois qualifié de « gothique », s’endormit. Une fois ses yeux fermés, on voyait bien les cernes bleutés qui paraissaient grandir de plus en plus et lui manger le visage. La présentatrice continuait à parler dans le vide de cette maison sans lumière.

            Vers vingt-et-une heures, un homme brun d’une quarantaine d’années entra dans cette même maison. Le bruit provenant de cet homme réveilla instinctivement les réflexes de notre jeune homme aux yeux bleus, qui serra son sac contre lui. Pour sa part, le brun, n’ayant encore rien remarqué, évoluait dans le salon, la lumière toujours éteinte tandis que l’autre dormait toujours, profondément fatigué. Il continuait de marcher tranquillement dans la pièce puis commença à monter le grand escalier en bois qui permettait d’accéder à l’étage. Au bout de quelques secondes, il s’arrêta, tendit l’oreille et redescendit. Il s’approcha de la télévision qui était toujours allumée. C’est alors qu’il vit le jeune homme endormi qui, ayant sûrement senti qu’on l’observait, se réveilla en sursaut. L’homme brun n’eut pas le temps de faire le moindre geste que l’autre se leva avec une expression de frayeur sur le visage mais, craignant la réaction du brun, le jeune homme préféra sortir rapidement de la maison.

            Le lendemain, Marie, une femme résidant dans cette même rue de Toulouse, vit par sa fenêtre des policiers entrer dans la maison voisine. Tout d’abord, elle en fut intriguée car elle n’avait rien entendu ni vu de particulier les jours précédents, mais retourna tout de même lire dans son salon. Puis sa curiosité prit le dessus : elle s’approcha d’un des policiers et lui demanda ce qu’il se passait. Lorsqu’il lui répondit qu’il y avait eu un cambriolage, Marie n’en crut pas ses oreilles. Son quartier avait toujours été si tranquille !

            Quelques jours plus tard, cette femme lisait le journal quand ses yeux se posèrent sur un titre particulier : « Un cambrioleur s’endort sur le lieu de son méfait » avec le témoignage de son voisin en-dessous et une photographie d’un homme jeune, blond aux yeux bleus.

"Mystère des bords de seine" (Justine Bernard)

               Un matin du mois d'août, Miss Morgan et Mister Carrasco se réveillaient dans un hôtel à Paris. La vieille, chacun de leur côté, ils avaient fait la fête avec leurs amis. Ce matin, Miss Morgan, une ravissante jeune fille, se levait angoissée; son ami, un gentleman, âgé de vingt-six ans, avait le visage fermé. Le temps était resplendissant. Ils décidèrent d'aller visiter Paris.

               Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent à la Tour Eiffel. A cet endroit, ils retrouvèrent leurs amis. Ces derniers étaient jeunes. Leur bonne humeur égaya Miss Morgan et Mister Carrasco. Trois taxis étaient inoccupés, Mister Carrasco alla voir les conducteurs et leur demanda quelque chose. Ils prirent place dans les taxis. Ils visitèrent les monuments de la capitale. Les voitures s'arrêtèrent au bord de la Seine. "Étrange" murmura Mister Carrasco. Christine la meilleure amie de Miss Morgan avait entendu ses paroles. Mister Carrasco fit un clin d'œil à Christine. Celle-ci sortit de la voiture en courant. Elle partait voir les parents des deux jeunes américains. Ces derniers habitaient une petite ville, non loin de Paris. Tandis que, dans les taxis personne ne bougeait.

               Christine arriva chez les parents. Elle raconta la soirée avec Miss Morgan. Les parents se demandaient ce qu'il se passait. Pourquoi est-elle venue? Caché-t-elle quelque chose? Christine leur demanda de s'habiller élégamment, et de la suivre. Les parents étaient chamboulés. Que faisaient leurs enfants à cette heure?

               Christine et les parents mirent deux heures avant d'arriver sur les bords de Seine. Il faisait chaud et sombre. Il n'y avait pas un bruit. Ils descendirent, et virent des girofars. La mère de Miss Morgan tremblait. Ils s'approchèrent, puis Christine aperçu une voiture de police. "Que se passe-t-il?" dit-elle tout bas. C'était Alex, une amie a Miss Morgan, qui se faisait contrôler. Elle arrivait de Miami. C'était la dernière arrivée. "La fête va pouvoir commencer" ajouta Christine à Alex. Les parents ne comprenaient pas ce qu'ils leurs arrivaient.

               La péniche était éclairée, Christine emmena les parents dessus. Un faisceau de lumière jaillit. On entendit à travers la salle "VIVE LES MARIES!".

"Une fête de famille" (Pauline Brachon)

          Dans la commune de Vers, petite ville de campagne qui semblait un havre de paix pour ses habitants, vivait Giselle Sauvage, une jeune retraitée de 65 ans. Elle habitait là depuis 40 ans avec son mari, un homme cordial, très apprécié du voisinage.

Leur maison était semblable à toutes les maisons du village. On y voyait une cheminée, quelques meubles, des têtes de cerfs ou de sanglier empaillées, un ou deux fusils dans le coin du salon. Comme Vers se trouvait à la lisière d’une forêt, les hommes allaient très régulièrement à la chasse et le mari de Giselle ne s’en privait pas ; d’où la présence de ces objets.

Ce soir-là, tout semblait paisible chez les Sauvage. Ils avaient invité leurs trois grandes filles à dîner et, au vu des boissons et des mets qui reposaient sur la table, la soirée promettait d’être joyeuse et conviviale. On fêtait la promotion de la plus jeune fille, qui venait d’être nommée patronne, à la pharmacie de la ville d’à côté.

Cependant, la joie du père devenait de plus en plus bruyante. Il avait déjà bu de nombreux verres à la santé de sa fille et, comme souvent lorsqu’il était saoul, il s’était mis à crier sans retenue, notamment à l’adresse de sa femme.

Vous pensez sans doute qu’il s’agissait là d’un simple débordement sans conséquence, mais voici comment les choses étaient en train de se passer.

Il criait toujours plus fort. Ses filles se sentaient très mal à l’aise. Des souvenirs se ravivaient en elles, des souvenirs brûlants et enfouis. Toute leur enfance, elles avaient été battues et agressées sexuellement par leur père. 

D’une voix sèche, il s’exclama :

- Viens ici ma petite femme, viens que je te botte le derrière !

Giselle fit la sourde oreille.

- Comment, tu m’ignores ? Tu vas voir ce que tu vas voir !

Il se leva, se dirigea vers Giselle… et la gifla. Giselle tomba à la renverse. Lorsqu’elle redressa la tête, son œil était bordé de rouge.

- Tiens, sale mimouche ! Tu ne sers à rien !

Les filles voulurent calmer leur père, mais l’aînée reçut un coup de poing. La mère se releva et essaya de retenir son mari pour l’empêcher au moins d’en frapper une autre, mais il se débattit et jeta encore une fois sa femme sur le sol. Alors, au moyen d’une chaise, il se mit à frapper toutes ses filles l’une après l’autre.

Pendant ce temps, dehors, la nuit était tombée. On entendait le vent souffler doucement. Quelques maisons étaient éclairées d’une faible lumière.

Il y avait maintenant plus d’une heure que le mari de Giselle semait le chaos dans le logis familial. Giselle et ses filles étaient défigurées : l’une saignait de la lèvre, deux autres du nez, la dernière de l’arcade sourcilière…

Mais l’homme n’avait pas assez tapé. Il prit un couteau dans la cuisine et, d’un air féroce, se dirigea vers sa femme. Ses filles s’écrièrent : « Non ! Non ! Papa ! arrête ! » Mais il n’entendait pas. Il avait levé sa main armée du couteau et avançait tout droit vers sa femme. Cette fois-ci, rien ne semblait pouvoir l’arrêter.

            Avant qu’il ait pu être à un mètre de sa cible, une balle traversa son corps. Sa dernière fille lui avait tiré dessus avec un des fusils qui se trouvaient dans la pièce. Il tomba raide mort, juste sous la tête du sanglier qu’il avait tué l’année précédente.

"N'est pas Père Noël qui veut" (Alexandre Copin)

Tout en buvant son thé à petites gorgées, John regardait par la fenêtre du salon et s’amusait à suivre le mouvement des feuilles qui tombaient des arbres en cette fin d’automne. Il appréciait particulièrement Londres en cette période de l’année et surtout le quartier de Kensington, magnifiquement illuminé à l’approche des fêtes de Noël. C’était l’un des endroits les plus riches de la capitale et il était certain d’y trouver du travail facilement.

A trente-quatre ans, il était déjà couvert de dettes, surtout depuis son récent divorce. Les affaires étaient dures en ce moment et il se félicitait donc d’avoir, quelques jours auparavant, déposé dans la boîte aux lettres de Mr et Mme Burton, son message publicitaire « Entretien de chaufferie et ramonage ».

Songeur, il balayait d’un regard envieux les riches décorations de la superbe demeure victorienne des Burton, couple retraité qui avait fait fortune dans le commerce d’antiquités.

-  Souhaitez-vous une autre tasse de thé ? lui proposa aimablement la maîtresse de maison.

-  Non merci, j’ai encore beaucoup de travail. J’ai terminé la cheminée et même remis en place les bûches qui s’y trouvaient prêtes à être allumées, mais il me reste à vérifier la chaudière et les radiateurs dans les autres pièces.

-  Ah ! Y-a-t’il un problème ? lança Monsieur Burton, inquiet.

-  Non, non ! Il n’y a probablement aucun problème mais votre installation est assez ancienne et nécessite un peu plus d’attention. A mon avis j’en ai encore pour une petite heure.

-  Parfait ! Voyez-vous, ma femme et moi, avons prévu de partir dès ce soir en week-end dans notre résidence de Canterbury et nous serons contents de trouver à notre retour, dimanche soir, un chauffage en bon état.

A ces mots, John sursauta. Il n’entendait qu’une chose : Monsieur et Madame Burton seraient absents durant deux jours et la maison serait donc inoccupée. Il s’entendit répondre : « Pas de problème, vous pouvez compter sur moi ! ». Mais dans sa tête des pensées confuses se bousculaient. Une idée, en particulier, venait de germer dans son esprit. L’absence de Monsieur et Madame Burton était une opportunité qu’il lui fallait saisir à tout prix : il lui fallait revenir. Il lui fallait les voler…

Il tenta de chasser cette idée, se refusant à admettre ce qu’elle impliquait : il n’était pas un voleur. Mais la solution à tous ses problèmes était là, à portée de main, et l’effroyable conclusion de son dilemme lui apparut, évidente et inévitable.

Cachant son trouble, John quitta rapidement la pièce et se rendit dans les différentes chambres pour terminer ses travaux. Les mains tremblantes, il contrôlait machinalement l’installation mais son esprit était ailleurs.

Il imaginait déjà le scénario dans sa tête : il reviendrait cette nuit même, s’introduirait dans la demeure et s’emparerait de tous les objets de valeur qu’il pourrait revendre à bon prix.

Fouillant chaque tiroir, il nota mentalement la nature des objets qui l’intéressaient et leur emplacement. Quand ses travaux furent terminés, il prit congé des Burton et quitta la maison d’un pas rapide.

La nuit venue, John se retrouva derrière la maison des Burton, le cœur battant et les mains moites, fixant la serrure de la porte de service qu’il devait crocheter. Arriverait-il à ouvrir la porte ? « Oui, se dit-il, je peux le faire ! Ce n’est pas si difficile, j’ai quelques connaissances en serrurerie. Cela va bien me servir. Et puis, j’ai repéré tous les endroits dans lesquels se trouvent les objets les plus intéressants. Je ne vais pas abandonner maintenant, quand même ! Les propriétaires ne rentrent que dans deux jours, ce n’est pas comme si j’avais seulement une demi-heure devant moi ».

Dans les minutes qui suivirent, il se retrouva dans le salon éclairé par quelques traits de lumière filtrant par les volets de la fenêtre principale. Rapidement, il ôta son sac-à-dos, dans lequel il mit, un à un, les objets qu’il avait repérés. Dans la salle-à-manger, il prit l’argenterie et les accessoires dorés à l’or fin. Dans le tiroir de la coiffeuse, il s’empara des bijoux de Madame Burton et de la vieille montre en or de son mari. Il lui restait encore à visiter les chambres d’amis et la salle-de-bain quand il entendit un bruit de moteur, dehors.

-   On a bien fait de rentrer, mon chéri, dit Madame Burton en sortant de la voiture, je n’aurais pas pu rester davantage dans cette maison glaciale dont la chaudière a refusé de se mettre en route. Nous aurions dû penser à la faire réviser aussi… Heureusement qu’ici le chauffage est comme neuf et qu’on va pouvoir terminer notre soirée bien au chaud au coin du feu ! 

John se senti paralysé par la peur : les Burton étaient rentrés plus tôt que prévu. Que faire ? Se cacher, bien-sûr ! Mais où ? Du regard, il chercha une cachette dans laquelle il pourrait attendre un moment propice pour s’échapper. Le placard du cellier, la terrasse ? Peut-être la cave ou mieux, le grenier ?

Caché dans le noir, John tentait de contrôler sa respiration tout en écoutant Monsieur et Madame Burton aller et venir dans leur maison. Il avait trouvé sa cachette assez rapidement mais il s’y trouvait à l’étroit, mal-à-l’aise et avait du mal à respirer. Ses muscles étaient tendus et endoloris. Combien de temps allait-il devoir rester ainsi ? Probablement jusqu’à ce que les Burton aillent se coucher, en espérant qu’ils ne veillent pas trop tard… Pétrifié par l’angoisse, John sentit soudain une grande chaleur l’envahir, se mit à suffoquer et perdit connaissance.

Le lendemain matin au réveil, les Burton remarquèrent une épaisse fumée venant de la cheminée du salon et durent faire appel à un second ramoneur, le premier ne répondant plus…

"Une drôle de baignade" (Arnaud Daby-Seesaram)

    C’était le jour, ou bien la nuit. Je ne le savais pas car la pièce dans laquelle je me trouvais et de laquelle je ne pouvais pas sortir avait ses volets de l’extérieur fermés. A ce moment indéfini, Elsa faisait couler de l’eau pour son bain. Moi, non loin d’elle nageais dans une étendue d’eau, m’amusant en tentant, après chaque traversée de mon terrain de jeu, de m’immerger en simulant des noyades, mais sans succès car je flottais. Ma flottaison me pose encore problème lorsque je veux m’amuser, surtout lorsque je nage dans cette étendue d’eau et même aujourd’hui, je ne peux pas m’immerger totalement, malgré toutes les techniques employées pour y parvenir.

          Elsa, alors que je nageais, marchait lentement et sereinement dans le couloir. Elle semblait avoir tout son temps, or, cela n’arrivait presque jamais. Elle était le plus souvent animée d’une haine immense contre son « boss », comme elle aimait l’appeler, car ce dernier lui confiait des tâches interminables juste avant qu’elle ne quitte son bureau. Ainsi, elle rentrait tard, très tard… Si tard qu’elle en oubliait de lire son courrier, chose à laquelle elle tenait pour « rester joignable ». Ces soirs là, elle ne faisait que manger et prendre une brève douche, avant de se diriger vers sonc lit, et de s’y endormir profondément, et ce sans même jeter un coup d’œil vers moi.

          Soudain, une masse sombre et molle m’emmena sous l’eau ! Elle semblait venir du ciel, tel un météore. Là, commença une lutte acharnée pour… la survie. J’étais toujours sous l’eau, tentant de remonter. C’était d’ailleurs ma seule préoccupation : remonter. Il fallait remonter, il fallait respirer, mais il ne fallait surtout pas inspirer avant d’être à la surface. Afin de m’en empêcher, je fis en sorte de ne pas expirer. Ainsi, je ne respirerai pas d’eau et ne me noierai pas. Ne sachant que faire pour remonter à la surface, je commençai par battre des jambes, et ce de plus en plus vite, mais en vain. Cela a eu un seul effet : m’épuiser. Je savais qu’il me restait peu de temps si je ne remontais pas. Ma tête me tournait et mes jambes, qui s’étaient arrêtées de battre afin de ne pas me fatiguer davantage en vain, tremblaient de ce manque d’air. Cela me força de reconnaitre une chose : mes jambes ne pourront plus m’être d’aucune utilité dans ma remontée. Comment m’en sortir ?  Cette question, obsédante pour quelqu’un dans ma situation, restait sans réponse.

          Mes bras tournèrent sur eux-mêmes dans le but de remplacer mes jambes. Ils me propulsaient : je remontais ! Voyant la réussite de cette technique, je redoublais d’efforts, les fis tourner de plus en plus vite et, avec plus de force, les élançait à chaque tour. Ma remontée soudaine me fit oublier mon manque d’air. Je ne craignais plus d’expirer car je n’y pensais plus. J’allais survivre !

Tout à coup, cette chose, indescriptible de là où je me tenais, me heurta de nouveau, plus fort que la première fois, si fort qu’elle me compressa, et me compressa tant que mes poumons se vidèrent sans que je ne puisse rien faire : ce que j’appréhendais tant tout à l’heure arriva ! Je vis au dessus de moi ces bulles d’air monter et disparaitre, alors qu’elles étaient pour moi ma seule chance de survivre car je ne sais combien de temps je pourrais retenir ma respiration sans inspirer et me noyer.

Cette dernière attaque était différente de la première car il ne s’agissait pas réellement d’un coup mais plutôt d’une touche : cette chose ignoble et meurtrière, m’ayant vu remonter, m’entrainait vers le font de mon terrain de jeu. Elle avait la volonté certaine de me noyer. Elle semblait même m’attraper, comme le fait Elsa lorsqu’elle joue avec moi, pour être sure qu’il n’y ait pour moi aucune échappatoire et que je ne puisse pas m’enfuir. Si cette chose m’attrapait à la façon d’Elsa, était-elle humaine ? Était-ce Elsa qui jouerait ? Etait-ce un simple jeu ? Je ne le savais pas encore.

Soudain, cette main, car il s’agissait bel et bien d’une main me serra plus fort et m’extirpa de l’eau, puis, Elsa ! C’était donc elle ! Elle me reposa alors à la surface, me laissant reprendre de l’air et flotter à ma guise.

Elsa recommença plusieurs fois cette « plaisanterie » qui la faisait tant rire. Voilà ma vie : la vie d’un canard de salle de bain.

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