Un séjour qui rend fou

    Un matin, je me réveillai dans mon manoir. Il était fait de bois et de pierre, les pièces étaient vastes et lumineuses. Tous les meubles étaient en bois et ornés d’or. L’entrée était grande et donnait sur un immense escalier de marbre qui menait au premier étage. Je me levais pour aller prendre mon petit-déjeuner, passais devant mon miroir où je vis mes cheveux bruns en bataille, comme toujours, et me dirigeais vers la cuisine. Ma domestique entra dans la pièce et me donna une lettre envoyée par mon ami le Duc de Monbéliart sur laquelle était écrit : 

        « Cher Emile, 

    Je t’invite à une partie de chasse cet après-midi, à deux heures et demi dans mon domaine. 

    En espérant que tu viennes.

                        Le Duc de Monbéliart »

    Je lui répondis que je viendrais avec plaisir, et commençais à me préparer. Deux heures et demi arrivaient, je sortis de mon manoir et allai dans mon écurie. Mon cheval récupéré et scellé, je le montai et partais au galop en direction de chez mon ami. Le duc n’habitait pas très loin de ma résidence, le trajet était donc assez rapide. 

    En chemin, je remarquais que le ciel était couvert et me dis que ce n’était pas un temps idéal pour chasser. Mais il ne pleuvait pas, du moins pas encore. J’arrivai dans son domaine et le trouvai sur son cheval, son fusil en main. 

    « Bonjour Emile, cela fait longtemps que nous n'avions pas chassé ensemble, me lança-t-il. Je suis ravi de te revoir.

      - Moi aussi, lui répondis-je. Ne perdons pas de temps, commençons notre partie de chasse. »

    Nous nous élançantes au trot en direction de la forêt de Montargis. Autrefois, nous y allions régulièrement car c’était notre forêt favorite. Elle dominait la colline de notre petit village nommé Chambercy. Nous passâmes par une plaine boueuse où nos chevaux butèrent dans la terre et en ressortirent mouillés. Nous arrivâmes enfin à la lisière de la forêt. Les arbres étaient hauts, leurs feuilles étaient tombées car nous étions en automne. Elles recouvraient le sol de toute la forêt. Celle-ci était peu lumineuse et nos chevaux ne semblaient pas rassurés d’y pénétrer. Leurs oreilles étaient dressées, quelque chose semblait les perturber. Nous débutâmes notre partie de chasse. Le Duc de Montbéliart ouvrit la chasse en abattant un faisan. Le vent commençait à se lever, les arbres bougeaient dangereusement. Le ciel devenait de plus en plus sombre, il n’y avait presque plus de luminosité. Quelques heures passèrent et nous décidâmes de rentrer car nous ne distinguions plus rien autour de nous à cause du brouillard. Le vent était de plus en plus intense, la pluie vint s’ajouter à cela. Nos habits s’humidifiaient, nous étions trempés. Nous choisîmes de rester côte à côte pour ne pas se perdre de vue et nous dirigeâmes au trot vers le manoir du duc.

    Soudain, quelque chose me heurta et je tombai de mon cheval, à quelques mètres de lui. Je remarquai une branche à l’endroit où j’étais tombé. Celle-i avait déchiré mes vêtements. Je remontai su mon cheval mais je ne voyais plus mon ami. Je le cherchais quelques mètres autour et l’appelais, mais aucune réponse ne me parvint. Je repris mon chemin pour rentrer chez moi. La nuit était tombée, noire désormais. Seule la lune m’envoyait de la lumière. Le vent était toujours aussi fort. Tout à coup, j’aperçus au loin l’ombre d’une grande demeure. J’étais soulager d’avoir enfin trouvé un endroit où m’abriter, ce soir du moins. 

    J’approchai de la porte d’entrée et découvris un abri où j’attelai mon cheval. Puis j’entrai pour visiter le manoir. La grande entrée menait à un escalier, je m’arrêtai et demandai en haussant la voix : 

     « Y a-t-il quelqu’un ? Répondez-moi, je me suis perdu à cause de la tempête ».

    Personne ne me répondit. Je commençais alors à monter l’escalier en marbre. À l’étage, je trouvai plusieurs chambres, des salles de bain et un grand salon dont un fauteuil qui retint mon attention, il m’était familier. Je ne saurais où je l’avais déjà vu. Troublé par ce mobilier, je continuais ma visite et descendais l’escalier pour visiter le rez-de-chaussée. J’y trouvais une dernière chambre, une autre salle de bain, un grand salon et un bureau. Ce manoir paraissait accueillant pour y rester quelques jours, la nuit pour sûr, le temps que la tempête se calme. Je rentrais chez moi après cela.

    J’étais très fatigué après tous ces événements, j’allais donc me coucher. Je choisis la chambre du rez-de-chaussée et m’endormis. Au milieu de la nuit, je ne saurais dire quelle heure il était, je me réveillai brutalement à cause d’un bruit, du moins c’est ce que je supposais car je n’étais pas très réveillé. J’étais de toute façon trop fatigué pour aller vérifier ce que c’était. Je me rendormis donc. Plus tard dans la nuit, j’entendis un grand bruit et me réveillai en sursaut. Je me levai et découvris que c’était la porte du bureau qui avait claqué, sûrement à cause du vent des intempéries. Celles-ci ne s’était pas calmée et le vent continuait de souffler. 

    Le lendemain matin, je me réveillais de bonne humeur, la nuit m’avait malgré tout redonné des forces. J’allais déjeuner et trouvais le garde-manger plein, je me servis donc. La tempête était toujours aussi forte alors je décidais de rester jusqu’au lendemain pour repartir sûrement. Je passais ma journée à lire des livres trouvés dans la bibliothèque du bureau, dont un nommé « La maison d’Usher », et m’assis dans un fauteuil. Soudain, un objet tomba par terre et me fit sursauter. J’allais ramasser ce cadre et le remettre à sa place pour reprendre ma lecture que j’avais laissé la page 34. La nuit arriva et je partis me coucher. J’eus soudain soif et allai prendre un verre d’eau puis le laissa sur ma table de nuit. 

    À mon réveil, je regardais si la tempête était moins violente. C’était un peu le cas mais pas encore assez pour pouvoir sortir. Je remarquais aussi que mon verre d'eau se trouvait sur le bureau, or je l'avais laissé la table de nuit la veille. L’avais-je vraiment fait ou perdais-je la mémoire ? Personne d’autre ne semblait être présent dans ce manoir, j’étais donc le seul à avoir pu le changer de place. Je continuais de lire pour ne plus me tourmenter avec cette histoire de verre. 

    Midi arriva et je commençais à avoir faim. Je posais mon livre sur le fauteuil et allai dans la cuisine. Une fois mon repas achevé, je retournais dans le bureau. Je restais perplexe quand je découvris mon livre posé sur la table. J’étais certain de l’avoir posé sur le fauteuil. Y avait-il quelqu’un dans cette maison qui déplaçait mes objets ? Le livre et le verre d’eau ne pouvaient pas être une hallucination. D’une voix timide et inquiète, j’appelai :

   « Y a-t-il quelqu’un ? Répondez ! »

    Un long silence suivit ma question. 

    Durant tout l’après-midi, je restais préoccupé par cel mais vaguais à d’autres occupations en me disant que la tempête était presque terminée et que je rentrerais bientôt chez moi. En fin d’après-midi, la tempête s’apaisa enfin. Je partis donc de ce manoir étrange et allai retrouver mon cheval là où je l’avais attaché. Je ne le trouvais pas aux alentours et pris la décision de faire le chemin à pied. Après quelques minutes de marche, je fus étonné de trouver mon cheval, trottant seul au milieu de la forêt. J’essayai de l’approcher mais il était effrayé. Après l’avoir rassuré, je réussi enfin à le monter. Le temps commençait à se couvrir de nouveau, je voulus me dépêcher et ordonna à mon cheval de rentrer à la maison, il connaissait le chemin par coeur car nous venions souvent dans les parages avec le duc, autrefois. 

    Je reconnus l’itinéraire qui menait à mon manoir et le trouvais saccagé par les dégâts de la tempête. J’entrai pas la porte, soulagé de retrouver mon habitat. Quand j’ouvris la porte,  je retrouvais les lieux comme je les avais laissés quelques jours auparavant. Pour me délasser, j’eus l’idée d’aller lire. En arrivant dans mon bureau, je découvris le livre « La maison d’Usher » par terre. Je le ramassais et vis que le marque-page était placé à la page 34.

 

Commentaires

1. Le 22 mars 2022, 16:00 par en 4e3

Le cadre spatio-temporel de ton histoire est précis, réaliste et isolé. Le lieu est aussi chargé d'histoire (Forêt dans le domaine du duc de Monbéliart).

Ton langage est soutenu (Y a-t-il quelqu’un ?)

Ton texte est originale car je n'ai pas lu de nouvelle ayant un livre qui soit à deux endroits en même temps ouvert à la même page.

2. Le 22 mars 2022, 16:05 par E.S. 4e3

Ce qui m'a le plus plu dans ton texte, c'est que les événements étranges sont de plus en plus angoissants au fur et à mesure que l'histoire avance : on a d'abord l'ami du protagoniste qui disparaît, puis la porte qui claque et le cadre qui tombe tout seul, et le livre qui change de place et se retrouve dans la maison du personnage principal à la fin de l'histoire.

Je trouve que tu as également très bien décrit la forêt de Montargis et le manoir où se retrouve le protagoniste, et le cadre spatio-temporel de ton histoire est précis.

La chute de ton histoire est bien pensée : on ne s'attend pas à ce que le protagoniste retrouve chez lui le même livre que celui qu'il a lu au manoir.

3. Le 22 mars 2022, 21:47 par K.B 4e3

Ton récit m'a plu. Je l'ai trouvé intéressant et original. J'ai trouvé que le cadre spacio-temporel était bien développé, précis, réaliste mais c'est aussi un lieu isolé avec une histoire. On peut le voir au début du récit par exemple (" La forêt de Montargis", "Je me reveillai dans mon manoir")

Cependant, j'ai trouvé un point à améliorer dans ton récit. Selon moi, il aurait peut-être fallu rajouter quelques figures de style comme, par exemple, des comparaisons, des métaphores où des personnifications.

4. Le 23 mars 2022, 07:47 par RA 4e3

Ton récit m'a beaucoup plu, je l'ai trouvé très original car le lieu (la maison) est l'objet mystérieux, et la réponse à la fin doit être devinée.

J'ai beaucoup aimé les descriptions qui étaient très précises et qui permettaient de visualiser le cadre spatio-temporel facilement (ex : "nous y allions régulièrement car c'était notre forêt favorite . Elle dominait la colline de notre petit village de Chambercy. ")

J'ai aussi apprécié le vocabulaire employé (ex : " à la lisière de la forêt ." " la pluie vint s'ajouter à cela. ", "me heurta " ).

J'ai trouvé intéressant le fait que le questionnement soit maintenu jusqu'à la fin, mais tu aurais pu donner plus de précisions sur la fin de ton récit (ex : "Quelle était cette maison ?" " Où était elle ? ")

5. Le 23 mars 2022, 14:14 par E B-P

La première nouvelle que j'ai choisie est "Un séjour qui rend fou". Celle-ci a été très bien rédigée.

Pour commencer le cadre spatio-temporel est isolé puisque la demeure est juste à coté d'une forêt et sans habitat autour.

La psychologie du personnage est très bien développée. On a ses questionnements (lorsqu'il se demande si quelqu'un qui déplace les objets), ses pensées et ses émotions. On suit l'histoire en même temps que le personnage principal.

J'ai apprécié la présence de plusieurs événements étranges : par exemple le livre qui a été déplacé du fauteuil à la table ou lorsque le verre se trouve sur le bureau alors qu'il était sur la table de nuit la veille.

Et pour finir, on peut hésiter entre le rationnel et le surnaturel.
Cette nouvelle peut-être traitée de manière rationnelle. Les objets ayant était déplacé peut-être l'oeuvre du personnage. Et la longe du cheval aurait pu se détacher toute seule pendant la tempête. Quant au livre il l'aurait lu est il l'aurait laissé à la page 34 comme par hasard.
Mais on peut aussi l'interpréter de manière surnaturel.
Quelqu'un ou quelque chose pourrait déplacer les objets et avoir déplacé le cheval. Les objets pourraient peut-être se déplacé seul.

Mais je te conseillerais de ne pas décrire ton manoir tout de suite mais de le faire au fur et à mesure. Par exemple, décrire ton manoir lorsque ton personnage va dans la cuisine ou rentre chez lui. Il aurait peut-être aussi fallu préciser un peu plus le cadre spatio-temporel en donnant une époque ou une date. Je te conseille aussi de faire plus de figures de style comme la comparaison, la personnification ou l'oxymore.

6. Le 25 mars 2022, 14:45 par P.F. 4e3

J'ai mis la nouvelle "Un séjour qui rend fou" en 1ère position car je trouve qu'elle est originale. C'est la seul nouvelle qui se passe dans un manoir.

J'ai aimé le fait qu'Emile retrouve le livre à la même page, je trouve que cet évènement laisse le doute entre le surnaturelle et le rationnelle.

7. Le 26 mars 2022, 12:21 par N.L.S

J’ai trouvé ton texte très intéressant pour plusieurs raisons:

Le cadre spatio-temporel est réaliste car on parle d’un manoir qui est détaillé " À l’étage je trouvai plusieurs chambres, des salles de bains et un grand salon…”. Le cadre spatio-temporel est précis car le manoir se situe dans la forêt de Montargis “Nous nous élançâmes au trot en direction de la forêt de Montargis”.

Par ailleurs, il y a plusieurs événements étranges comme les objets qui se déplacent “Je remarquai aussi que mon verre d’eau se trouvait sur le bureau, or je l’avais laissé sur la table de nuit la veille.”, et aussi le livre “La maison d’Usher” où le marque page était placé à la même page que dans l’autre manoir “Je le ramassais et vis que le marque page était placé à la page 34.”.

Il y a une hésitation sur le fait que ces événements aient une raison rationnelle ou surnaturelle: En effet, si on décide de partir sur un raisonnement rationnel, on peut penser que le narrateur a déplacé son verre du fait qu’il soit somnambule. Mais aussi qu’il avait commencé à lire le livre “ La maison d’usher” où il s’était arrêté à la page 34 et que le livre était tombé à cause de la tempête. Mais si on part sur un raisonnement surnaturel, ce serait un fantôme qui lui jouerait des tours.

Tu respectes donc très bien les codes du fantastique.

8. Le 28 mars 2022, 22:28 par LN 4e3

La première nouvelle que j'ai choisie se nomme "Un séjour qui rend fou".

Le cadre spatio-temporel est précis, nous savons dès le début de l'histoire que le personnage principal se trouve dans un grand manoir.

La psychologie de celui-ci est très bien représentée, nous pouvons connaître ses émotions et ses pensées, mais aussi les questions qu'il se pose : par exemple, le personnage principal est troublé et fatigué quand il découvre la maison dans la forêt.

Nous découvrons l'histoire en même temps que lui.

J'ai beaucoup aimé l'originalité de cette nouvelle car, énormément de choses étranges se passe : par exemple, son verre d'eau qu'il avait posé sur la table de nuit le veille s'est retrouvé sur son bureau, et le livre qui était sur le fauteuil est allé sur la table.

Dans cette histoire, nous voyons aussi que l'auteur a un langage soutenu : "nos chevaux butèrent...", "pour me délasser...".

Puis, le narrateur nous laisse le choix entre une histoire rationnelle, ou une histoire surnaturelle.

Dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé cette nouvelle mais je te conseille de mettre plus d'oxymores et de comparaisons, cela permettrait au lecteur de mieux imaginer l'histoire.

9. Le 29 mars 2022, 07:20 par Gabriel Poulain

1ère nouvelle : "Un séjour qui rend fou"

La première nouvelle que j'ai choisie se nomme "Un séjour qui rend fou". C'est une nouvelle très bien rédigée.

Le cadre spatio-temporel est précis, réaliste et isolé. Je cite "Nous arrivâmes à la lisière de la forêt. ...
Soudain, quelque chose me heurta et je tombai de mon cheval. ... Tout à coup, j'aperçus au loin l'ombre d'une grande demeure".

On exploite entièrement la psychologie du personnage. A travers le texte on ressent ses pensées, émotions. Je cite "Y avait-il quelqu'un dans cette maison qui déplaçait mes objets ? ... D'une voix timide et inquiète, j'appelai".

L'enchaînement des événements étranges est très bien pensé : le livre qui se déplace du fauteuil jusqu'à la table ou le verre d'eau qui était sur la table qui s'est deplacé vers le bureau. On peut hésiter entre une explication naturelle ou surnaturelle.

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