23 septembre 2011

Un poème sur le voyage

23 09 2011

Voici le texte du poème de Stéphane Mallarmé, extrait de ses Poésies. Mallarmé, dans ce poème, reprend le thème du désir de partir, en espérant que ce voyage lui redonnera de l'inspiration. 

Ce poème peut être cité en guise d'élargissement lors de la conclusion de l'étude du poème "Moesta et errabunda".

La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature !

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots ...
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !

22 septembre 2011

Baudelaire et son procès

22 09 2011

Vous trouverez en annexe de ce billet des extraits des notes que Baudelaire avait prises pour se défendre auprès de son avocat. Lire ce texte est intéressant pour comprendre comment Baudelaire argumente en faveur de l'indépendance de l'écrivain par rapport aux normes et tabous de son époque.

Pour enrichir le travail sur Baudelaire: muséographie, sitographie

22 09 2011

Quelques suggestions pour enrichir votre réflexion sur la poésie de Baudelaire, notamment en la mettant en relation avec les autres arts :

- allez au Musée d'Orsay pour retrouver l'ambiance dans laquelle vécurent Baudelaire et les artistes qu'il appréciait (Delacroix, Daumier, Guys...)

- écoutez Léo Ferré chantant Baudelaire, par exemple ici

- téléchargez les textes de Baudelaire sur le site Athena

- regardez les photos de Baudelaire et accédez à des études ici

- Une très belle utilisation des nouvelles technologies à propos de "L'Horloge" (cliquez sur la main, puis sur l'horloge en haut à droite du cadre, enfin sur les cartes).

Le symbole du poète ailé

22 09 2011

Vous avez lu le poème "L"Albatros" de Baudelaire et avez pu constater que Baudelaire fait d'un oiseau le symbole du poète.

Voici deux autres poèmes sur le même sujet (vous en trouverez d'autres en annexe de ce billet).

  • Le pélican

Quel que soit le souci que ta jeunesse endure, 
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure 
Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du cœur: 
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur. 
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète, 
Que ta voix ici-bas doive rester muette. 
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux, 
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.

Lorsque le pélican, lassé-d'un long voyage, 
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux, 
Ses petits affamés courent sur le rivage 
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux. 
Déjà, croyant saisir et partager leur proie, 
Ils courent à leur père avec des cris de joie 
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux. 
Lui, gagnant à pas lents une roche élevée, 
De son aile pendante abritant sa couvée, 
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux. 
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte; 
En vain il a des mers fouillé la profondeur; 
L'Océan était vide et la plage déserte; 
Pour toute nourriture il apporte son cœur. 
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre 
Partageant à ses fils ses entrailles de père, 
Dans son amour sublime il berce sa douleur, 
Et, regardant couler sa sanglante mamelle, 
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle, 
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur. 
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice, 
Fatigué de mourir dans un trop long supplice, 
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant, 
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent, 
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage, 
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu, 
Que les oiseaux des mers désertent le rivage, 
Et que le voyageur attardé sur la plage, 
Sentant passer la mort, se recommande à Dieu.

Poète, c'est ainsi que font les grands poètes. 
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps; 
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes 
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.

Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées, 
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur, 
Ce n'est pas un concert à dilater le cœur. 
Leurs déclamations sont comme des épées: 
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant, 
Mais il y pend toujours quelque goutte de sang. 

Alfred de Musset, La Nuit de mai, 1835

  • Le "sonnet du cygne"
Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui !

Un cygne d’autrefois se souvient que c’est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n’avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l’ennui.

Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l’espace infligée à l’oiseau qui le nie,
Mais non l’horreur du sol où le plumage est pris.

Fantôme qu’à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s’immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l’exil inutile le Cygne.

Stéphane Mallarmé, Poésies, 1899 (1887 pour la première publication)

Les documents et textes étudiés sur Les Fleurs du mal

22 09 2011

Vous trouverez dans ce billet, au fil de l'avancement de la séquence, les textes et documents étudiés en classe. 

  • Document 1 - Histoire des arts - le portrait photographique de Baudelaire par Nadar



  • Texte de la lecture analytique n°3:
- pour les L2: "A une passante"

- pour les ES2: "Ciel brouillé"


  • Documents sur le motif du "memento mori"

Une réécriture de Baudelaire

22 09 2011

Les écivains Paul Reboux et Charles Muller se sont fait une spécialité d'imiter le style des auteurs de leur temps. A ce titre, ils se sont donc attaqués à Baudelaire dans ce poème qui pastiche le poète des Fleurs du Mal. Le titre est déjà tout un programme: "Ut eructent quirites" signifie 'quand les Quirites (citoyens romains de vieille souche) vomissent".

UT ERUCTENT QUIRITES


Dans le palais de jade où tu tisses tes, rêves,
Ô mon spleen, je contemple, en fumant le houka,
L’étrange accouplement qui rapproche deux Èves :
La géante Chum-Chum, la naine Sélika.

Chum-Chum vient de la Chine et Sélika d’AfrIque,
L’une, jaune, est pareille à quelque énorme coing,
L’autre est couleur de nuit, Sapho microscopique,
Et leur disparité s’oppose et se conjoint.

De la gloire pourtant leur entr’ouvrant la porte,
Je peux les égaler à ces affreux dragons
Qu’un amour de poète en son sillage emporte
Comme un char enflammé traîne de vieux wagons :

Elvire, ange égrotant, insalubre maîtresse
Qui vomit un poumon à chaque mot d’amour,
Squelette à peau tendue, et dont, sous la caresse
Le thorax décharné sonne comme un tambour.

Cassandre, Hébé des champs, rinceuse de vaisselles
Qui captiva Ronsard en lui nouant au cou,
Parmi des puanteurs suffocantes d’aisselles,
De ses seins pendillants le collier tiède et mou.

Laure, vase béat, dont un lyrique chantre
Illustra la pudeur en immortels accents,
Quand, obscène bourgeoise, elle étalait un ventre
Éternellement plein de fœtus bondissants.

Béatrice, succube affreux, que les Vampires,
Les Stryges, les Démons, les Larves, les Maudits
Chassèrent, dégoûtés, et qui, de leurs empires ;
Roula de chute en chute au fond du Paradis !

Abominables sœurs de ces inspiratrices,
Ignobles alambics d’où coule un vin sacré,
Chum-Chum et Sélika, gorgez-moi de vos vices
Et saturez d’oubli mon cœur désespéré !

Poursuivez âprement votre âpre jouissance,
Flagellez-vous du fouet, du stick et du bambou,
Et de ses aiguillons que la concupiscence
Larde vos corps tordus comme du caoutchouc.

Et puissiez-vous un jour dans votre hymen immonde
Où la hideur s’accouple à la lubricité,
Engendrer sous mes yeux, épouvante du monde,
Le monstrueux enfant de la stérilité !

Paul Reboux et Charles Muller, A la manière de..., Grasset, 1913

13 mai 2011

Adaptations fantaisistes des Liaisons dangereuses

13 05 2011
Voici une parodie des Liaisons dangereuses faite par les Nuls en 1989, qui consiste en une relecture parodique du film de Frears : Et une autre faite par les Inconnus à la même époque :

Texte en regard - la mort de l'héroïne

13 05 2011

Vous pouvez comparer la scène de l'humiliation de la marquise de Merteuil avec la mort de Manon, qui est une véritable rédemption, dan Manon Lescaut de l'Abbé Prévost :

" Nous marchâmes aussi longtemps que le courage de Manon put la soutenir, c'est-à-dire environ deux lieues, car cette amante incomparable refusa constamment de s'arrêter plus tôt. Accablée enfin de lassitude, elle me confessa qu'il lui était impossible d'avancer davantage. Il était déjà nuit. Nous nous assîmes au milieu d'une vaste plaine, sans avoir pu trouver un arbre pour nous mettre à couvert. Son premier soin fut de changer le linge de ma blessure, qu'elle avait pansée elle-même avant notre départ. Je m'opposai en vain à ses volontés. J'aurais achevé de l'accabler mortellement, si je lui eusse refusé la satisfaction de me croire à mon aise et sans danger, avant que de penser à sa propre conservation. Je me soumis durant quelques moments à ses désirs. Je reçus ses soins en silence et avec honte. Mais, lorsqu'elle eut satisfait sa tendresse, avec quelle ardeur la mienne ne prit-elle pas son tour! Je me dépouillai de tous mes habits, pour lui faire trouver la terre moins dure en les étendant sous elle. Je la fis consentir, malgré elle, à me voir employer à son usage tout ce que je pus imaginer de moins incommode. J'échauffai ses mains par mes baisers ardents et par la chaleur de mes soupirs. Je passai la nuit entière à veiller près d'elle, et à prier le Ciel de lui accorder un sommeil doux et paisible. Ô Dieu! Que mes vœux étaient vifs et sincères! Et par quel rigoureux jugement aviez-vous résolu de ne les pas exaucer! Pardonnez, si j'achève en peu de mots un récit qui me tue. Je vous raconte un malheur qui n'eut jamais d'exemple. Toute ma vie est destinée à le pleurer Mais, quoique je le porte sans cesse dans ma mémoire, mon âme semble reculer d'horreur chaque fois que j'entreprends de l'exprimer.

Nous avions passé tranquillement une partie de la nuit. Je croyais ma chère maîtresse endormie et je n'osais pousser le moindre souffle, dans la crainte de troubler son sommeil. Je m'aperçus dès le point du jour, en touchant ses mains, qu'elle les avait froides et tremblantes. Je les approchai de mon sein, pour les échauffer. Elle sentit ce mouvement, et, faisant un effort pour saisir les miennes, elle me dit, d'une voix faible, qu'elle se croyait à sa dernière heure. Je ne pris d'abord ce discours que pour un langage ordinaire dans l'infortune, et je n'y répondis que par les tendres consolations de l'amour. Mais, ses soupirs fréquents, son silence à mes interrogations, le serrement de ses mains, dans lesquelles elle continuait de tenir les miennes, me firent connaître que la fin de ses malheurs approchait. N'exigez point de moi que je vous décrive mes sentiments, ni que je vous rapporte ses dernières expressions. Je la perdis ; je reçus d'elle des marques d'amour au moment même qu'elle expirait. C'est tout ce que j'ai la force de vous apprendre de ce fatal et déplorable événement.

Mon âme ne suivit pas la sienne. Le Ciel ne me trouva point, sans doute, assez rigoureusement puni. Il a voulu que j'aie traîné, depuis, une vie languissante et misérable. Je renonce volontairement à la mener jamais plus heureuse. Je demeurai plus de vingt-quatre heures la bouche attachée sur le visage et sur les mains de ma chère Manon. Mon dessein était d'y mourir; mais je fis réflexion, au commencement du second jour, que son corps serait exposé, après mon trépas, à devenir la pâture des bêtes sauvages. Je formai la résolution de l'enterrer et d'attendre la mort sur sa fosse. J'étais déjà si proche de ma fin, par l'affaiblissement que le jeûne et la douleur m'avaient causé, que j'eus besoin de quantité d'efforts pour me tenir debout. Je fus obligé de recourir aux liqueurs que j'avais apportées. Elles me rendirent autant de force qu'il en fallait pour le triste office que j'allais exécuter. Il ne m'était pas difficile d'ouvrir la terre, dans le lieu où je me trouvais. C'était une campagne couverte de sable. Je rompis mon épée, pour m'en servir à creuser, mais j'en tirai moins de secours que de mes mains. J'ouvris une large fosse. J'y plaçai l'idole de mon cœur après avoir pris soin de l'envelopper de tous mes habits, pour empêcher le sable de la toucher. Je ne la mis dans cet état qu'après l'avoir embrassée mille fois, avec toute l'ardeur du plus parfait amour. Je m'assis encore près d'elle. Je la considérai longtemps. Je ne pouvais me résoudre à fermer la fosse. Enfin, mes forces recommençant à s'affaiblir et craignant d'en manquer tout à fait avant la fin de mon entreprise, j'ensevelis pour toujours dans le sein de la terre ce qu'elle avait porté de plus parfait et de plus aimable. Je me couchai ensuite sur la fosse, le visage tourné vers le sable, et fermant les yeux avec le dessein de ne les ouvrir jamais, j'invoquai le secours du Ciel et j'attendis la mort avec impatience. Ce qui vous paraîtra difficile à croire, c'est que, pendant tout l'exercice de ce lugubre ministère, il ne sortit point une larme de mes yeux ni un soupir de ma bouche. La consternation profonde où j'étais et le dessein déterminé de mourir avaient coupé le cours à toutes les expressions du désespoir et de la douleur Aussi, ne demeurai-je pas longtemps dans la posture où j'étais sur la fosse, sans perdre le peu de connaissance et de sentiment qui me restait."

06 mai 2011

Descriptif de la séquence sur Les Liaisons dangereuses

6 05 2011

Au fil de l'avancée de la séquence, vous trouverez dans ce billet les éléments constituant votre descriptif pour l'étude du roman de Laclos.

  • les textes étudiés en lecture analytique :
- lettre IV du vicomte de Valmont à la marquise de Merteuil

- LETTRE CLXXIII de Mme de Volanges à Mme de Rosemonde, accompagnée du scénario de l'adaptation du film de Frears pour la scène correspondante
  • les documents complémentaires :
- le roman au XVIIIe siècle

- le traité sur l'éducation des femmes

- les autres documents complémentaires, ici

04 avril 2011

Texte en regard : le "petit pan de mur jaune"

4 04 2011

Voici un extrait d'A la recherche du temps perdu de Marcel Proust que vous pouvez comparer au passage sur le "petit mur rose" dans Enfance.

Le narrateur relate la mort de l'écrivain Bergotte.

Il mourut dans les circonstances suivantes : Une crise d'urémie assez légère était cause qu'on lui avait prescrit le repos. Mais un critique ayant écrit que dans la Vue de Delft de Ver Meer (prêté par le musée de La Haye pour une exposition hollandaise), tableau qu'il adorait et croyait connaître très bien, un petit pan de mur jaune (qu'il ne se rappelait pas) était si bien peint qu'il était, si on le regardait seul, comme une précieuse oeuvre d'art chinoise,d'une beauté qui se suffirait à elle-même, Bergotte mangea quelques pommes de terre, sortit et entra à l'exposition. Dès les premières marches qu'il eut à gravir, il fut pris d'étourdissements. Il passa devant plusieurs tableaux et eut l'impression de la sécheresse et de l'inutilité d'un art si factice, et qui ne valait pas les courants d'air et de soleil d'un palazzo de Venise ou d'une simple maison au bord de la mer. Enfin il fut devant le Ver Meer, qu'il se rappelait plus éclatant, plus différent de tout ce qu'il connaissait, mais où, grâce à l'article du critique, il remarqua pour la première fois des petits personnages en bleu, que le sable était rose, et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu'il veut saisir, au précieux petit pan de mur. " C'est ainsi que j'aurais dû écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune".
Cependant la gravité de ses étourdissements ne lui échappait pas. Dans une céleste balance lui apparaissait, chargeant l'un des plateaux, sa propre vie, tandis que l'autre contenait le petit pan de mur si bien peint en jaune. Il sentait qu'il avait imprudemment donné la première pour le second. "Je ne voudrais pourtant pas, se dit-il, être pour les journaux du soir le fait divers de cette exposition. "
Il se répétait : "Petit pan de mur jaune avec un auvent, petit pan de mur jaune." Cependant il s'abattit sur un canapé circulaire ; aussi brusquement il cessa de penser que sa vie était en jeu et, revenant à l'optimisme, se dit " C'est une simple indigestion que m'ont donnée ces pommes de terre pas assez cuites, ce n'est rien. " Un nouveau coup l'abattit, il roula du canapé par terre, où accoururent tous les visiteurs et gardiens. Il était mort.

Marcel Proust, "La Prisonnière"


Johannes Vermeer, Vue de Delft, 1660-61, Huile sur toile, 117,5 x 98 cm, La Haye, Mauritshuis.

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