août 4

Parler d'L

 

 

 

Elle a souvent rêvé de défier tous ceux-là

-Elle a connu la lutte et le sang sur ses mains-

D’être celle qui jamais ne perdit et gagna

D’être enfin la première à dire Non à demain.

 

 

 

Mais celle qui connaissait le sourire des combats

Le goût du sang séché et l’odeur des grands rois

Un matin a dit non à sa belle cuirasse

Au matin a dit « passe. Il n’y a plus de chasse. »

 

 

 

Ce fut le soir, je crois, qu’agenouillée et nue

Devant le grand Tiba, à côté de l’entrée,

Elle a baissé la tête pour dire : « je n’en puis plus »

Et ses bras sont tombés devant cett’ vérité.

 

 

 

« Ce soir,

Je suis prête à subir les tout derniers outrages

Vaincue par leur présence maint’nant qu’ils ne sont plus

Regarde, mes mains, mon œil éteint t’encouragent

Mon glaive ne tient plus droit, j’ai l’orgueil abattu. »

"Elles ont vidé le fil..."

Elles ont vidé le fil qui attachait ma vie.

Je pouvais m’éloigner ou bien le remonter

J’étais rivée à lui, il était ma survie

Mes hiers-aujourd’hui, mon seul laissez-passer.

 

 

 

Il a fallu du temps pour qu’il se coupe enfin

Cesse de me nourrir et me laisse échouée

Dans cet ailleurs aride que je ne voyais point

Au milieu de ces folles au sourire édenté.

 

 

 

C’est mon crâne sans poils et cette main ridée

Lourde comme un gibet ne saisit que du vide,

Je n’ai rien à broyer sinon des fleurs fanées.

 

 

 

Quand je ferme les yeux parfois je sens le fil

J’ai son goût dans la bouche avec le manque en plus

J’accouche d’un squelette en fixant mon nombril.