Tati et la société de consommation

A propos de Tati et l'architecture moderne, vous pouvez consulter l'article suivant : http://blog.crdp-versailles.fr/histargeo/index.php/post/06/11/2010/Tati-et-l-architecture-moderne

Et vous pouvez aussi vous référer au billet que j'avais écrit sur l'album la maison des Barbapapa, dans lequel les auteurs, architectes de formation, critiquent l'architecture et les villes modernes, dénuées d'âme ... http://blog.crdp-versailles.fr/histargeo/index.php/post/06/11/2010/Barbapapa-et-la-critique-de-l-architecture-moderne

A propos de Playtime, film réalisé en 1968, dernier film de Tati et celui qui a causé sa ruine par la démesure des décors, à retenir :

- les bruits : ce sont les objets et non les hommes qui font des bruits suagrenus, comme le fauteuil en sky ou le tableau de bord ... je vous montre le fauteuil, pour le bruit, il faudra vous contenter de vos souvenirs ...

Le fauteuil en sky

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Le "tableau de bord"

-  l'architecture : elle n'est pas à la mesure de l'homme : les couloirs sont immenses, les pièces sont transparentes et ressemblent à des aquariums, les appartements vus de l'extérieur ressemblent à des vitrines

Le couloir immense

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Les appartements en vitrine

 

- les objets du salon des arts ménagers sont inutiles :

"les lunettes spéciales" ... on aurait pu aussi parler de la poubelle en forme de colonne grecque ou du balai lumineux ...

Dans cet univers, l'homme est au service des objets et non le contraire. Ils n'apportent pas le confort mais l'incofort à Mr Hulot. Ils deviennent une fin en soi, alors qu'ils devraient être un moyen. L'homme a pour fin ultime de consommer, au lieu de chercher le salut, comme il le faisait auparavant par l'intermédiaire de la religion ou des idéologies.

On retrouve dans Playtime la satire de la société moderne que Tati avait déjà faite en 1958 dans mon Oncle.

G.Pérec avait déjà critiqué cette mutation de la société, entièrement dirigée par le désir de consommer, dans les Choses, publié en 1965.

Cette critique sera relayée en mai 1968 par les étudiants.

Cependant parler de critique de la société de consommation est un anachronisme, puisque l'expression n'apparait qu'en 1970 sous la plume de Jean Baudrillard.