Nouveautés novembre 2020

L'amour du nom : Essai sur le lyrisme et la lyrique amoureuse, par Martine Broda

Cet essai, sur la base d'une dizaine d'exemples d'auteurs français et étrangers de toutes époques, tente de déconstruire la définition admise de la poésie lyrique comme expression du moi, en soulignant sa stricte historicité. En lieu et place, elle éclaire une tradition à l'intérieur de la théorie des genres, qui interroge le désir par où le sujet accède à son propre manque à être. Dans le corpus, a été privilégié la poésie amoureuse : mise en valeur de l'idée, chère à la psychanalyse, des faux noms derrière l'adresse du poète à la personne aimée, exprimant ainsi désir pur d'amour.

 

Figures du sujet lyrique, par Dominique Rabaté  

La définition du mot "lyrisme" étant problématique, l'objectif consiste plutôt à se tourner vers son mode particulier d'énonciation en envisageant les différentes figures du sujet poétique : figures plurielles mais spécifiques de l'écriture poétique. Collection d'articles pour un essai de clarification du débat terminologique et de réflexion sur les œuvres, du romantisme à nos jours.

 

La poésie du XVIe siècle : ouvroir et miroir d'une culture, par Isabelle Pantin

A la fois ouvroir et miroir, la poésie se manifeste sous deux aspects au au XVIe : une face active, laborieuse, militante, une face brillante réservée à la représentation. Cet essai tente de rendre compte de ces différents aspects : exploration domaine par domaine, étude de certains éléments structurants et constitutifs de son langage. Mélange entre cadre chronologique et efforts de synthèse. Exercices proposés dans la troisième partie (explications de texte, exposés, dissertations).

 

Genres et formes de la poésie, par Jean-Louis Joubert

Qu'est-ce que la poésie ? Ce questionnement, a souvent embarrassé la critique. Dans une perspective historique, cet essai a choisi de travailler avec les seules réalisations de la poésie créées sous des formes et des modalités multiples, les poèmes. Une première partie est consacrée à la spécificité poétique, grâce au renouvellement de la théorie des genres. La seconde partie est un dictionnaire des genres poétiques de langue française, depuis le Moyen Âge.

 

Poèmes saturniens, par Paul Verlaine et Martine Bercot

Placés sous le signe de Saturne, dieu du temps et des mélancoliques, ce recueil de poèmes s'annonce comme inspiré en déprise des versificateurs du Parnasse. Regroupant des poèmes de sa première jeunesse, ce recueil se compose à la manière des "Fleurs du mal" (Baudelaire) comme un livre (prologue et épilogue, division en sections). Tandis qu'une rêverie douce et savante baigne ces poèmes, le poète tourne son regard vers l'intérieur, avec déjà les traits caractéristiques de sa plume : primat de la sensation, le paysage comme état d'âme, la femme rêvée mais toujours enfuie, et la mélancolie, bien sûr. Point ou peu de récits ou d'anecdotes Tout semble simple. Tout est savant, mais d'une technique si maîtrisée qu'elle a cessé d'être visible.

 

Romances sans paroles, par Paul Verlaine et Olivier Bivort

" Romances sans paroles", cette sorte de chanson entrée en littérature à l'époque romantique relève déjà d'une tradition désuète. Mais l'essentiel réside dans la primauté du chant dans une poésie à la fois naïve et savante dont le lyrisme mélancolique exprime de manière alors neuve ce que le poète lui-même appelait le vague des sensations.Ce recueil consacre la rupture complète de Verlaine avec l'esthétique du Parnasse (rupture également politique). Influencé par la poétique de Rimbaud avec qui il voyage et entretient une relation amoureuse au moment où il compose les poèmes du futur recueil.

 

Confessions. Précédé de : Les poètes maudits, par Paul Verlaine et Jean Baptiste Amadieu

Eléments tardifs de prose de la part du poète maudit, du côté de l'écriture autobiographique et de l'écriture critique. Portrait d'un poète, tableau d'une époque, genèse d'un art poétique révolutionnaire, les "confessions" évoquent avec le recul d'un quart de siècle, son enfance et sa jeunesse, jusqu'à son mariage avec Mathilde et la Commune de Paris, juste avant l'intrusion d'Arthur Rimbaud dans sa vie en 1871. Les "poètes maudits", dans une atmosphère de décadentisme, ne participe pas à un manifeste mais évoque le destin de trois poètes méconnus, dans une étude aux accents plus romantiques que fin-de-siècle : Tristan Corbière, Arthur Rimbaud, Stéphane Mallarmé.

 

Verlaine, la parole ou l'oubli, par Yann Frémy

Lors de la rencontre avec Rimbaud, en 1871, Verlaine est en pleine possession de toutes ses forces, personnelles, poétiques, politiques. Malgré cette énergie, le poète est sans cesse hantée par une inquiétude fondamentale, celle d'une possible absence identifiée avec "l'Enfer". Cet essai se propose d'étudier comment la parole de Verlaine, des "Amies" à "Amour", exprime, relaie, relève, lutte contre l'oubli en embuscade à chaque instant.

 

Poésie et profondeur, par Jean-Pierre Richard

Ces essais, influencé par la phénoménologie de Gaston Bachelard, sont consacrés aux oeuvres des poètes du XIXe siècle, Nerval, Baudelaire, Verlaine et Rimbaud. Le projet de ses essais est de s'efforcent de saisir un moment originel de la création littéraire, l'intention fondamentale à l'origine de leur aventure poétique. Ils analysent au niveau de la sensation pure, du sentiment brut, de l'image naissante, les quelques bonheurs d'expression à travers lesquels tout poète initie sa rêverie intérieure dans laquelle gît sa vérité.

 

Titus n'aimait pas Bérénice, par Nathalie Azoulai

Titus n'aimait pas Bérénice alors que Bérénice pensait qu'il l'aimait. Titus est empereur de Rome, Bérénice, reine de Palestine. Ils vivent et s'aiment au I'' siècle après Jésus-Christ. Racine, entre autres, raconte leur histoire au XVII' siècle. Mais cette histoire est actuelle. Titus quitte Bérénice dans un café. Dans les jours suivants, Bérénice décide de revenir à la source : il lui faut lire tout Racine, chercher à comprendre ce qu'il a été, un janséniste, un bourgeois, un courtisan. Comment un homme comme lui a-t-il pu écrire une histoire comme ça ?

 

Théâtre, III, par Pierre Corneille et Christine Noille-Clauzade

Ce volume rassemble six pièces de Corneille,Réunit : "Rodogune" ; "Héraclius" ; "Nicomède" ; "Oedipe" ; "Tite et Bérénice" ; "Suréna".Trente années d'expérimentation poétique et d'audaces, au cours desquelles le dramaturge réinvente son art, en misant sur des intrigues savamment élaborées et sur une inspiration lyrique de plus en plus émouvante. Chacune de ces pièces a valeur de manifeste ; et toutes nous obligent à nous défaire de nos certitudes à mesure de leur infidélité au modèle cornélien - celui d'Horace ou de Cinna !

 

Problèmes du nouveau roman : et autres écrits, par Jean Ricardou

Présentation d'une série de problèmes que pose et résout l'écriture romanesque, en partie telle qu'elle est pratiquée par les écrivains du "nouveau roman". Dans sa stratégie de dénonciation de l'illusion romanesque, l'auteur s'emploie à étudier quelques-uns de ces procédés de l'écriture romanesque (la description, le temps dans la narration, la métaphore, la construction du récit) dans des textes des "nouveaux romanciers" : Butor, Ollier, Robbe-Grillet, Simon.

 

Le Ravissement de Lol V. Stein, par Marguerite Duras

Jacques Hold raconte l'histoire de Lola Valérie Stein, dont il est amoureux. Patron du Grand Bleu, il est le dernier amant de sa meilleure amie Tatiana Karl. Démuni d'informations concrètes sur la vie de l'objet de son amour, il se rattache à quelques faits : il sait que Lol et Tatiana étaient de grandes amies au collège, il sait que Lol a été fiancée à Michael Richardson il connaît la scène du bal à T. Beach, celle où Anne-Marie Stretter a ravi le fiancé de Lol, le mariage de Lol V. avec Jean Bedford, ses trois enfants et ses dix ans de vie à U. Bridge, son retour à S. Tahla et enfin ses retrouvailles avec son amie Tatiana.... A partir d'hypothèses, Jacques Hold invente la vie de Lola V. Stein ; et ses inventions composent le roman.

 

L'amour, par Marguerite Duras

Dans la station balnéaire de S. Thala, le long d'une plage déserte, trois personnages étranges, une femme et deux hommes, sans passé, présent ni futur. Peu d'interactions, peu de langage. Ont-ils perdu la mémoire ? Ou sont-ils créés par le rêve ? Le seul personnage un peu incarné est cette femme, qui a aimé un de ces deux homme autrefois, mais qui a vécu des drames depuis, comme ce terrible incendie enfoui au fond de sa mémoire...

 

Marguerite Duras : l'écriture illimitée, par Joëlle Pagès-Pindon

L'écriture, pour l'autrice, est une expérience existentielle, textuelle, filmique ou théâtrale, l'oeuvre d'art est un univers en perpétuelle métamorphose, perpétuellement travaillé par l'écriture.Lignes de force de sa création, tantôt dans les étapes successives d'un parcours chronologique, tantôt entre archives et interprétation, dans les méandres d'un réseau symbolique dont la teneur est poétique en derniers ressort.

 

Le docteur Faust, par Christopher Marlowefrancois Laroque et Jean-Pierre Villquin

OEuvre à part, complexe et ambiguë, dans la production dramaturgique de l'auteur. Son héros, un intellectuel doublé d'un homme d'action, signe un pacte avec le diable qui le conduit à la damnation. Ambitieux, Faust n'hésite pas à transgresser les limites de la condition ordinaire, mais il incarne aussi l'homme qui doute : c'est un rebelle qui clame son athéisme et sa différence dans un monde de conventions et de calculs hypocrites.

 

"Mon Faust", par Paul Valéry

Le personnage de Faust et celui de Mephistophélès ont droit à toutes les réincarnations. Ces deux pièces "Lust" et "Solitaire", inachevées, constituent des variations, l'une par la comédie, l'autre par la féérie, sur le mythe littéraire. Ces pièces ont été déclarées impossibles à mettre en scène : le Théâtre de l'OEuvre a relevé le défi en 1962.

 

Faust au village, par Jean Giono

Recueil de sept nouvelles, histoires presque toutes de sang et de mort... L'auteur fait ainsi monologuer quelques personnages qui l'accompagnent pendant qu'il rédige "Le hussard sur le toit". La mort d'un riche fermier fait s'entre-tuer les héritiers (de la main gauche), alors qu'il n'est pas encore en terre. Une veuve règle ses aigreurs familiales en faisant savoir ou non aux parents et voisins le décès de son mari. Deux autres nouvelles ont un reflet diabolique : une croix qui saccage une maison, un auto-stoppeur qui pourrait être une figure du diable. Sorte de tragédie noire et rouge, ce recueil est dominé de bout en bout par un style superbe.

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