100 000 canards par un doux soir d'orage

Connaissez vous l'anatidaephobia ? Non ? Je vous rassure, je ne connaissais pas non plus. Mais, après avoir lu ce livre, vous ne risquez pas de l'oublier...

À peine ai-je vu ce livre dans les rayonnages de la Médiathèque que je l'ai pris. Il faut avouer que mon frère et moi sommes de grands fans de canards : des animaux pouvant marcher, voler, nager ET cancaner, n'est-ce pas merveilleux ?

Je ne regrette pas du tout, loin de là ! Alors laissez-moi vous présenter 100 000 canards par un doux soir d'orage, par Thomas Carreras.

 

De quoi ça parle ?

Pour tout vous avouer, je ne sais pas trop par où commencer...

Peut être par Ginger Hunter, une jeune fille de 18 ans qui arrive dans le village de Merrywaters par un jour de pluie ?

Ou plutôt par Merrywaters, alias le village le plus paumé d'Angleterre où il pleut 8 jours sur 7 et où se déroule chaque année le Nightfest ?

Ou encore par le Nightfest, ce festival de musique accueillant chaque année de petits musiciens dont vous n'avez sûrement jamais entendu parler, comme The Cranberries ou The Rolling Stones, pourtant très célèbres dans l'histoire de la musique ?

Bref, résumons : Ginger Hunters débarque avec son caractère légèrement agressif à Merrywaters pour assister au Nightfest où joue son groupe préféré : Heavy Whale. Elle arrive à se faire embaucher dans un bar en attendant le festival, qui doit se passer deux semaines plus tard. Elle doit se rendre vite à l'évidence : ce coin paumé compte plus de canards que d'habitants ! Pas étonnant : il y a beaucoup d'étangs dans la région, même s'ils sont très pollués.

Ginger  noue rapidement une relation d'amitié avec Eileen, la fille du patron, et s'intègre peu à peu dans leur famille.

Mais un beau jour (enfin, un jour pluvieux) tout bascule : alors que Ginger veut aller observer le festival avant son ouverture, elle est retrouvée assommée dans la forêt qui l'entoure. Aucune trace de pas... aucun coupable ?

Etrange... Les canards commencent à s'agiter, Ginger le sait : ils l'observent, ils la suivent...

Elle n'en dort plus de la nuit. et que dire des histoires de papy Stan, l'arrière grand père d'Eileen, à propos d'un canard balafré nommé "le Désosseur" ? Il aurait vengé sa famille, dévorée par un renard... en éventrant le coupable. Mais... papy Stan ne parle plus depuis des années ! Il doit avoir dans les 110 ans.

 Ginger a l'impression de devenir folle : elle voit des canards partout, qui partent comme par hasard dès qu'on les approchent. Elle en tue deux puis panique.

Ces évènements ont-ils un rapport avec la mort étrange de la mère d'Eileen, la femme du patron, un an plus tôt ? Papy Stan ricane mais ne dit mot. Et les canards sont là, partout... Sont-ils réellement inoffensifs ? 

À votre avis, que se passe-t-il lorsque vous êtes coincé dans un château pour survivre à une apocalypse "canardienne" ?

Et bien c'est ce qui arrive au groupe de rock Heavy Whale, à Merrywaters, au Nightfest. Dans le château se trouvent également Eileen et son frère, Alligator Jim, un aventurier chasseur de monstres en tous genres et Stevie Wonder, le VRAI Stevie Wonder quoi.

Leur but : s'échapper de cette ville pour fuir les canards, sans se faire tuer si possible. Mais lorsque Sky Lily, membre de Heavy Whale, s'autodéclare Grande Prêtresse du Grand Coin et que les canards attaquent avec des capacités encore jamais vues... leur sécurité semble bien être compromise.

 

 

Un livre qui ne va pas vous laisser insensible

Pas la peine de tergiverser : j'ai a-do-ré ce livre !

J'ai eu énormément de mal à le lâcher : quelle tension ! Quel suspense !

Bon, avertissement : j'ai quand même rêvé de canards pendant un petit moment. Cela ne m'a pas empêchée de vouloir le relire,à peine fini.

S'il y a une chose qui m'a énormément plu, c'est le style d'écriture de l'auteur : l'humour est parfois tordant. Par je ne sais quel miracle, il n'entre pas en contraste avec les scènes de grande tension ou de combat mais au contraire les accompagne.

Comment savoir s'il faut s'inquiéter ou éclater de rire devant Stevie Wonder en train de manier un canard cracheur de feu pour éliminer ses congénères anatidés ? 

Une autre chose qui m'a tenue en haleine : cette tension incroyable dans la première partie, lorsque Ginger se débat avec ses problèmes "cancanants"  : ne pas savoir ce qui est vrai, ressentir tout le stress qu'éprouve le personnage... N'oubliez pas de respirer pour pouvoir continuer la lecture. 

Ce qui m'a étonnée mais que j'ai aussi adoré (aussi étrange que cela puisse paraître), c'est que je n'ai trouvé aucun personnage véritablement attachant. Alors oui, on a peur pour eux, blablabla.... Mais ils sont tous présentés d'une manière qui fait qu'on ne les prend pas vraiment en pitié, ils sont présentés... comme "dans la vraie vie". Leurs personnalités ne sont pas romancées ni censurées, notamment chez les réfugiés du château : ils sont décrits tels qu'ils sont et pas toujours de manière très flatteuse, parfois même détestable ; mais on ne leur en veut pas parce qu'on sait qu'ils ne sont pas juste méchants... Ils sont réalistes. Un exemple concret avec une scène un peu "gore", pas trop spoliante : les habitants du château envisagent de mettre fin à leurs jours en utilisant un bout de verre tranchant. Mais l'un des réfugiés pense que c'est une mauvaise idée car on risque de changer d'avis (le temps que le sang s'écoule !). Il dit :"Oh, désolé, je ne voulais pas gâcher ton suicide" et s'en va. Tout simplement.

Alors, oui, ça vous parait peut-être horrible. Mais tout compte fait, je trouve que ça ne rend les personnages que plus "humains". Pas de lamentations, de "je te comprends" ou d'autres longs discours inutiles. Et j'ai adoré ça.

(Je vous rassure tout le monde, personne ne s'est suicidé ! Le monde continue de tourner, tout va bien.)

Bon, nous y voilà : il faut reconnaître que le livre est  légèrement violent, un peu trop peut-être pour certains. Il y a des scènes de combats contre des ennemis volants, vous vous en doutez. Mais elles sont bien décrites, sans éviter les détails qui pourraient être... dérangeants (comme la manière dont les canards mettent à mort leurs proies). Bien sûr, si vous n'êtes pas trop sensibles, vous allez aimé. Personne ne vous juge : vous êtes parfaitement libres de dévorer ce livre, je ne peux d'ailleurs que vous le conseiller ! C'était simplement pour vous prévenir.

Bonne lecture !

 

Ce livre n'est malheureusement pas disponible au CDI mais vous pouvez le retrouver à la Médiathèque de Puteaux.

Commentaires

1. Le 26 mai 2026, 9:42 par rob

Trop rigolo ton livre. je pense que je vais le prendre. tu m'as donné envie de le lire. Merci

2. Le 26 mai 2026, 9:43 par lili

ça fait un peu peur mais c'est marrant de mélanger des gens qui sont connus avec les personnages. Mais je pense que c'est un peu flippant

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