Violence conjugale et hommes battus : L'ASSOCIATION " STOP HOMMES BATTUS" ALERTE
Par gisele cohen le 29 mars 2026, 19:12 - Articles rédigés par la prof eco'soc'po en lien avec les 3 programmes - Lien permanent

Notre époque est indéniablement caractérisée par une victimologie qui inhibe , et fuit d’une certaine façon la question des hommes battus en référence aux préjugés sur la dite « domination masculine » et les problèmes de genre.
Pourtant force est d’admettre d’après les chiffres relatifs aux violences conjugales, que ces dernières ont changé de visage et ne sont somme toute pas plus genrées : (les représentations sont que ce sont les femmes qui subiraient la violence conjugale). Loin de ces schémas stéréotypés et trompeurs , il est encore tabou de reconnaître que des victimes sont majoritairement et de plus en plus masculines.
En effet, dans notre société moderne, la violence domestique et conjugale est trop souvent perçue dans les représentations comme un problème qui affecte les femmes mais à fortiori, il convient de reconnaître que les hommes en sont de plus en plus victimes malgré une certaine ignorance et la non reconnaissance des hommes battus comme victimes de violence conjugale. Les médias eux mêmes ont leur part de responsabilité en masquant cette situation et en la positionnant comme sujet « tabou » d’où une sur-médiatisatisation de la cause féminine.
Cependant, attention particulière doit être portée pour briser ces stéréotypes qui perdurent. Ces actes sont trop souvent minimisés ou ignorés en raison des normes sociales qui perpétuent l’idée que les hommes ne peuvent être que les agresseurs. Le défi qui se pose est bien celui de promouvoir une justice adaptée et réelle face à ces nouvelles facettes de violence conjugale . Egalement , une prise de conscience de cette réalité est cruciale pour développer des solutions adaptées et inclusives, pour les hommes , en quête de soutien et d’écoute tout autant que pour les femmes.
La violence conjugale se décline dans la majeure partie des cas en violences physiques, psychologiques ( émotionnelles ) au sein du foyer domestique des couples . Les hommes victimes de leur partenaire subissent dans les déclarations officielles des abus physiques, émotionnels et parfois sexuels. 100 000 hommes déclarent avoir été victimes d’au moins un acte de violence physique ou sexuelle au sein du couple d’après Pascal Combes, président de l’association « Stop Hommes Battus » en 2024 et 600-800 hommes commettraient des suicides pour raisons de violences conjugales.
L’étude nationale sur les morts violentes au sein du couple, produite chaque année par le ministère de l’intérieur, rapporte qu’en 2018, 28 hommes ont été tués par leur conjointe ou ex-conjointe ; Le rapport de novembre 2024 publié par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure révèle une augmentation de 10 % du nombre de victimes de violences en 2023 par rapport à 2022. L’association SOS Hommes Battus, plusieurs avocats et psychothérapeutes alertent sur la part d’hommes, peu voire non accompagnés. Ces données restent à l’évidence très alarmantes.
Selon des études récentes, environ 30% des hommes victimes de violences conjugales ne portent pas plainte par peur de ne pas être pris au sérieux. Les réticences liées aux stéréotypes de masculinité renforcent ce silence.
Egalement , l’invisibilité de certains actes de violence laisse une autre problématique en suspens face à la difficulté de preuves à donner. En effet, très souvent la violence conjugale envers les hommes se manifeste de manière très subtile, rendant les abus difficiles à identifier et à reconnaître. Nous pouvons citer les humiliations, les critiques permanentes, la manipulation et l’emprise par exemple. En terme de violence symbolique, les cas sont multiples comme le contrôle abusif de la gestion financière, le fait de rabaisser sans cesse son partenaire etc.... Selon des enquêtes , des éléments communs aux victimes masculines sont rapportées et nombreux sont ceux qui affirment devoir se positionner dans la relation conjugale en terme de soumission -approbation, leurs partenaires les qualifiant de peu « réactifs, de « d’hommes mous » voire « d’incapables ».
Maxime Gaget ,un homme battu par sa femme, raconte son calvaire dans le Journal du Dimanche en 2023 après avoir écrit un livre "Ma compagne, mon bourreau" donne dans un témoignage bouleversant . Pendant seize mois, il a été "l'esclave" de son ex-conjointe. Il raconte la honte "d'être passé à tabac" par une femme et lève le voile sur un autre pan des violences conjugales. Le procès de sa femme s'est tenu jeudi 9 avril 2025 devant le tribunal correctionnel de Paris. Cinq ans de prison ferme ont été requis à son encontre. Le jugement a été mis en délibéré au 28 mai contre Nadia et s'est tenu le 9 avril devant le tribunal correctionnel de Paris. Une étape décisive pour "pouvoir boucler la boucle" et "tourner la page" affirme t-il.
Mais Maxime est encore et toujours en suivi de psychothérapie. Des cicatrices physiques sont toujours présentes et absolument visibles. Il a précisé que " L'escalade de violence s’est poursuivit avec même des privations de nourriture ». « Enfermé à double-tour, il n'a plus eu d'accès aux toilettes, à la salle de bains, dormait par terre, puis dans un cagibi ». Dans le domaine de la justice, Il est absolument nécessaire que le gouvernement et le législateur s’emparent désormais du problème même si nous percevons quelques avancées. Les hommes battus font donc face à des défis importants dont dans un premier temps le manque de reconnaissance légale et sociale de leur statut de victimes de violence conjugale.
Ils sont également sous-représentés dans les chiffres réels et les plaintes insuffisamment déposés rendent ainsi le problème encore moins visible et moins susceptible d’être géré par des politiques publiques adaptées.