Voilà un contre-blason (poème satirique) ayant pour thème la barbe, commencé en 2009 par les élèves de Pablo (Montesson) et poursuivi par les élèves de Roby (Saint Germain en Laye). A vous (de Pablo, de Roby ou d'ailleurs...) de proposer, dans les commentaires, des vers de votre cru. Vous écrivez ce que vous pouvez de plus cruel et de plus moqueur sur la barbe (car c’est un contre-blason)… Le résultat sera et commence déjà à être une oeuvre poétique collective écrite en ligne !



Barbe immonde et touffue, vous voir est un supplice.
Ces poils qui dépassent ne sont qu’immondice ;
Je vous en prie, rasez-vous pour mes yeux sensibles
Car votre pilosité de piques me crible.
Elle est aussi d’une énorme puanteur,
Et tous ceux qui vous entourent en ont peur.

Toutes les nuits une image me hante,
Celle de votre barbe pleine de lentes.
Je suis sûr que même les rats
N’en voudraient pas comme habitat.
Seules les puces y ont établi leur demeure !

Rien que de vous sentir j’en meurs.
C’est un véritable garde-manger
Mais pour rien au monde je n’y goûterai.
La barbe de cette imposture
C’est un postiche, c’est sûr!

Virez-moi ça de là
Ou je la mets moi-même à bas!
Dame Nature imberbe vous fit,
Je vous mets donc au défi
De vous montrer à nu
Dans votre virilité pur jus !
Votre barbe n’est que crasses et poussières,
Il vaut mieux la voir traîner par terre !
Que vous marchiez dessus
Et qu'elle parte de ma vue
Si elle revient un jour
Je vous la raserai toujours

Votre beauté serait éblouissante
Si vous n'aviez pas cette chose repoussante
Mais je la vois encore !

Allez faites un effort
Sur votre barbe plus de noeuds
Ni de bouts de pain crasseux
Débarrassez-vous de cette horreur
Cela ne vous apportera que bonheur

Allez chez le barbier
Pour vous la faire travailler
Sentez la belle gloire
Vive les rasoirs !
C'est votre seul espoir
J'en ai marre de la voir !

Et dans votre sommeil,
Les puces y vont danser,
En redoutant votre réveil,
Qui mettrait fin au menuet.

Faut-il vous donner un record,
Pour qu'enfin vous vous la rasiez ?
En soi, vous vaudrez de l'or,
Quand vous gagnerez ce record.

Devant ce magnifique éclat,
Vous répondez en toute franchise :
"Ce n'est rien que crasse et gras."
Et les passantes soudain prises
De dégoût et de terreur,
S'enfuient en s'éparpillant.

Partez, vous me faites horreur !
Ces puces et toute cette crasse...
Partez, partez, de grâce !
Et vous, tout décontenancé,
Obéissez, le pas léger.
Car rien ne sert de la couper,
Demain, elle aura repoussé.

Sa seule odeur
Fait faner les fleurs !
Avec une chose aussi impure
Vous ne faites que des bavures
Et sa puanteur est telle
Que pour les putois elle est mortelle.

Je ne baisserais pas les bras
Car avec, vous êtes gros et gras
Et chaque fois que votre chien vous voit
Il vous prend pour une proie
Vous êtes aussi laid qu'un pou
Et dans la rue tout le monde vous prend pour un fou

Vous êtes tel un ogre dans un conte
Pour moi, vous êtes une honte
Les gens confondent votre barbe avec un insecte écrasé

Vous ignorez comment vous la raser ?
Si vous ne savez pas le faire
Demandez de l'aide à votre mère

Et si vous ne voulez toujours pas la couper
Je vous laisserai tomber.
Je m'en irai à l'autre bout du monde
Là où je ne pourrai plus voir votre barbe immonde
Et là-bas en Australie je vous oublierai
Et j'y vivrai à tout jamais
Ici vous serez très loin de moi
Entre nous il y aura une paroi
Qui nous séparera.

Mais je reviendrai à Calcutta,
Plein d'espoir et de courage
Même si en moi il y aura plein de rage.

Toute pleine de souillure
Rien que de la rincer
Serait une vrai calamité
Et je ne pourrais la regarder
Sans avoir l’envie de fuir
Et de ne pas m'arrêter
Au risque de mourir.

Pour revenir un beau jour
Et cette fois pour toujours
Sans renoncer à mon idée
Celle de l'avoir rasée
Et avoir exterminé toute vie
Par un travail acharné qui s'impose
Sans ne jamais faire de pause

Quand je finirai, il ne restera plus une souris
Si ce jour-là arrivait
J'en serais si heureux que de joie je sauterai
Jusqu'à toucher les étoiles

Je resterai avec toi
Sans jamais mettre les voiles
Nous serons seuls toi et moi
Jusqu'à ce que la mort nous sépare
Mon amour le rasoir,
Et même au paradis
Je penserai à toi
Et ce que tu as fait pour moi
Sans jamais l'oublier
Et ça pour l'éternité.

Mais pour l'instant
Je suis vivant
Et je te garde auprès de moi
Te chérissant de tout mon cœur
Plus que mes propres sœurs

Je pense être sur la bonne voie
Pour devenir un jour ton père
Je suis vraiment très sincère
Hélas je n’y suis pas encore arrivé.
Et je suis désespéré
De continuer à l’observer
En m'imaginant la tailler

Cette chose si épouvantable soit-elle
Que j'y préfère même les poubelles
Vraiment je veux la réduire à néant
Pour lui souhaiter enfin : "Bon vent"

Ne plus jamais la voir
Ce serait un tel espoir
Que je prie tous les jours
De voir un jour
Cette horreur disparue
Une fois pour toutes de ma vue

Voir une telle horreur me tue
A tel point que je me tus
Je vous en prie, rasez-vous
Qu'on puisse au moins voir votre cou

D'ou sort cette barbe immonde
Qui fait peur à tout le monde
Où était Dieu
Quand cette horreur a eu lieu
Il n'y a pas de mot pour la décrire
Juste des pages à écrire.

Mais que voulez-vous faire
De cette barbe sortie de l'enfer ?
Si vous ne faites pas un effort
Je vous déclarerai mort !

Pourquoi vous entêter
A la protéger ?
Avez-vous déjà regardé dans un miroir
Cette barbe sortie de nulle part ?
Pourquoi gardez-vous cette chose
Que vous appelez grandiose?

Quand vous vomissez
Le vomit reste coincé.
Quand votre barbe transpire
Vous me dites qu'elle respire...

La nuit quand vous êtes endormie
Les souris qui ont tellement maigri
Viennent y trouver de l'alimentation
Assez pour lire en entier ce blason
Cela na leur fait guère plaisir
Mais dans cette barbe, elles peuvent se servir ;
Elles pourraient s'y nourrir,
Jusqu'à ce que viennent leur âge pour mourir

Mais, alors, qu'est-ce donc?
Est-ce une forêt vierge,
Qui résiste aux bûcherons?
Ou bien serait-ce une auberge,
Où vont dormir les vers de terre ?

Une fabrique de crasse ?
Est-ce du maquillage ?
Si c'est une plaisanterie,
Cessez donc, là, sur le champ.
Mais alors, qu'est-ce donc ?

Le magnifique palais
De nos amis les acariens ?
En ferez vous un tapis ?
Il faudra bien, au moins,
Une dizaine de couturières,
Et deux longs mois de travail,
Pour en faire au moins un coussin.

Mais alors, qu'est-ce donc ?
Un reflet de votre gentillesse?
Le prolongement de vos cheveux ?
Est-ce un miroir ?
Il est très efficace.

Que trouverons-nous au bout ?
C'est maintenant un mystère.
Serait-ce une sorte de plante ?
Proche de la ciboulette ?
Je ne la veux pas goûter.

Mais alors, qu'est-ce donc ?
Prenez garde, en marchant,
De ne pas l'écraser,
Et donc par conséquent, de tomber.

Le soir, la mettez-vous dessus,
Ou bien peut-être dessous,
De votre royale couverture ?
Telle est la question qui tue.

Mais alors, qu'est-ce donc ?
Et si, par mégarde, vous y faisiez tomber,
Un jour, un quelconque objet,
Ne comptez pas le retrouver.
Car dans cet abîme sans fin, qui sait ?
Peut-être s'y cache-t-il
Un monstre terrifiant
Qui gobe, vers, et puces sans distinctions.
Il vous sera dans un sens, d'une utilité propre.

Je vous pose des questions
Qui me reviennent sans réponses.
Car en effet, ce touffu appendice,
Obstrue votre bouche
Et de suite vous fait taire.

Je vous en prie enlevez-la !
Plus tard elle traînera
Et un jour vous ne marcherez plus droit.
Vos poils sont aussi gras que vous
Et vous ressemblez à un pou.
Si vous ne l'enlevez pas, votre tête sera un poids.

Quand vous faites la bise
Les gens piquent une crise
Et ils n'osent plus s'approcher
De sa majesté fourrée.

Votre barbe est un hérisson,
Si vous l’enlevez,
Vous recevrez une rançon.
Allez chez le boucher,
Il vous la coupera volontiers
Mais n'oubliez pas de le payer!

Si vous ne voulez toujours pas
Allez donc chez le forgeron!
Il s'occupera de votre cas,
Il la rangera dans un flacon.

Mais vous ne voulez toujours pas ?!
Il n'y a plus qu'une seule solution
Achetez tout de suite un billet d'avion,
Et partez donc pour l'Alaska!
Là où je ne reverrai plus
Gardez votre barbe qui pue.
Je n'en ai rien à faire,
Ce n'est pas ma faute
Si vous êtes aussi têtu que votre père.

Mais tant que nos discussions
Longtemps se prolongeront
Le mystère de votre gras
Encore s'épaissira,
Et la barbe suivra

.
Si vous ne vous pliez pas
A la tonte, je serais las,
Et je finis par penser
Que si vous le voulez cacher
Bien laid doit être votre menton.
Serait-il pour vous trop long ?
Ou bien n'en avez vous pas ?
Vous êtes à présent entouré
De poils et de mystère mélangés.

Il me vient tout à coup une idée :
Je vais vous faire avancer
Trois porteurs et un brancard
Pour porter vos trois hectares
De pilosité poilue.

Cette barbe était censée
Prouver votre virilité.
Mais a présent nous doutons :
Femme ou petit garçon ?

J'ai une nouvelle question :
Combien de places dans l'avion
Pour votre confort payez vous ?
Cinq, dix ? J'en suis certain, beaucoup.