L'URGENCE DE CHANGER RADICALEMENT LES VALEURS POUR PRESERVER L'ENVIRONNEMENT DURABLEMENT

Préserver durablement l’environnement exige de modifier radicalement les valeurs et l'enjeu se pose à de multiples échelles, du local au régional, au niveau national , européen et mondial.

La protection de l'environnement n'est pas seulement une problématique d'ordre économique, politique. Sa dimension sociale en interaction avec un esprit "citoyen" sont essentielles. En témoignent les principes éco-citoyen, les incitations psychosociologiques à des modifications de comportements.

Comme si le processus de socialisation devait intégrer dès sa phase primaire comme valeurs de base , celles de la protection de l'environnement dès le plus jeune. Ce que réalise l'école au travers d'actions multiples et divers, dès la maternelle. Il incombe aux différents agents de démultiplier la prévention, sensibilisation dans ce le cadre d'une éco-socialisation, ou socialisation "écologique primaire renforcé"e car la portée de cet engagement à une dimension intra et intergénérationnelle.

En sociologie, la culture est définie comme « tout ce qui est commun à un groupe d'individus » donc « ce qui les rassemble et de même soude ce groupe ». La culture est donc ce qui est transmis, appris, produit et inventé. Plus largement, elle constitue ainsi un socle de valeurs , de normes voire des croyances, des idéaux, lesquels  influencent largement  les comportements. La culture de source certaine, façonne, guide les actions et les comportements des individus. Quant à la préservation de l’environnement, elle se matérialise par des actions concrètes, de plus en plus communes et courantes comme par exemple la réduction de la consommation d’énergie, ou le tri des déchets. L'école de la République, associations et ONG se mobilisent en ce sens .

Ces agissements sont à relier aux valeurs portées qui constituent un guide ‘comportemental’ mais elles ne concernent uniquement les individus. La culture de l’environnement concerne également les entreprises , les gouvernements et d'un oint de vue mondial, les différents états. Ces derniers par les valeurs qu’ils ont et peuvent défendre peuvent prendre des décisions plus éclairées, entreprendre également des actions respectueuses de l’environnement. A l’origine, les valeurs encouragent et stimulent ainsi des prises de conscience. Elles contribuent à adopter des pratiques responsables qui peuvent préserver notre écosystème, et influencer non seulement la  qualité de vie, mais aussi l’avenir de la planète. Quelques exemples de valeurs écologiques peuvent être nommées comme le respect, la responsabilité, la conscience écologique.

Il est essentiel de souligner que ces valeurs écologiques, partie inhérente de la culture au sens sociologique du terme , ne se limitent pas à des actions isolées. Elles sont assimilées, intériorisées et intégrées dans les identités sociales jusqu’à construire la manière d’interagir avec le monde extérieur. C’est à cet égard la socialisation qui va permettre la transmission de ces valeurs et par la suite déterminer la nature soit de l’implication personnelle soit de celle collective , pour notre cas d’étude, l’environnement . Le plus intéressant pour la problématique contemporaine de l’environnement est le rapport au temps , chacun se concentrant sur l’extension temporelle sur du court terme, le plus généralement le présent , ou avenir de court terme mais ce sujet d’analyse et les enjeux encourus tels que celui de l’environnement, en se référent par exemple au climat, sont inscrits à la fois dans le présent mais aussi dans le futur dans le cadre d'une véritable "durabilité" et souenabillité.

Les pratiques afférentes à la valeur du respect de l’environnement nécessitent donc d'une anticipation plus ou moins consciente de la part des individus qui les mettent en place. Plus précisément, nous pouvons nous intéresser à ce «  construit » mental et en particulier, à la considération, prise en compte des conséquences futures de certains actes inscrits au présent. Ce que nous pourrions nommer les externalités négatives.

Cette implication est parfois d’origine conjoncturelle. Autrement dit, l’individu est circonstancillelement « touché » par des évènements, comme des catastrophes lesquels vont lui faire prendre conscience de la nécessité imminente que des actions protectrices de l’environnement sont nécessaires. En revanche, l’adhésion et l’implication culturelles, lesquelles sont beaucoup plus structurelles, soit non évènementielles, puisent davantage leur source dans les significations, les représentations élaborées , ancrées, partagées dans un cadre et une dynamique absolument culturelle.

De fait, les agissements sont culturellement orientés par les valeurs, les « mentalités et « l’état d’esprit ». Souvent l’individu se fixe des objectifs à partir de principes et ce pour l’avenir, pour le futur , en rapport le plus généralement à son groupe d’appartenance.

En effet, la conscience écologique émerge à partir de valeurs éthiques et d’un profond respect pour l’environnement. Elle peut se développer aussi à titre d’exemple en lien avec un groupe de référence comme l’adhésion à un parti politique écologiste à un âge plus avancé en étape de socialisation secondaire. Ce cadre éthique incite non seulement à protéger les écosystèmes, mais incite et favorise également la responsabilité environnementale au sein des entreprises, des organismes sociaux, voire des états.

Ainsi, intégrer ces valeurs dans le quotidien est plus qu’une simple nécessité et concerne l'humain de la planète toute entière. C’est un impératif pour garantir un futur durable et équitable pour tous. Un panorama complet des pratiques environnementales dans 19 pays européens étudiés ces dix dernières années présente effectivement des variations entre les pratiques des pays de tradition protestante du Nord de l’Europe, beaucoup plus élevées que les pays méditerranéens de tradition catholique, ou des pays d’Europe Orientale. A titre d’exemple, Les pays scandinaves comme la Finlande, la Norvège, l’Islande et la Suède, montrent une sensibilité accrue aux problèmes de pollution de l’air, motivée par une préoccupation pour la qualité de vie immédiate et les impacts sur la santé publique. Ces constats confirment en outre que la culture religieuse et politique au niveau national influe largement sur les pratiques environnementales contemporaines.

Dans un autre contexte culturel, par exemple, les pays individualistes tels que le Royaume-Uni, la Suisse, l’Allemagne et le Luxembourg montrent des performances élevées dans le traitement des eaux usées industrielles.

A contrario, le modèle de l’American way of life qui promet une vie d’abondance, la production et la consommation de masse et qui repose sur la dépendance à l'égard des véhicules personnels et l'étalement urbain contribuent à une consommation d'énergie absolument phénoménale. La culture américaine soumise aux questions des choix politiques et économiques montre que le productivisme et la course à la consommation, sont privilégiés et que dans les deux faces de l’ American way of life , il existe un fossé, un décalage, des contradictions dommageables avec l’urgence climatique (Benites-Gambirazio et Boyer, 2021) . A cet égard, Donald Trump a dernièrement notamment qualifié les énergies renouvelables d’« escroquerie » . Les États-Unis n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto et ont entraîné avec eux les Australiens qui l’ont ratifié seulement en 2007 .L e Canada s’est retiré en 2011 car les États-Unis et la Chine, les deux pays les plus émetteurs, n’étaient pas impliqués dans les efforts à consentir. Encore dernièrement, Le 12 mars 2026 dernier, un élu a questionné la ministre fédérale de l’Environnement d'Ottawa et la réponse est sans appel , au sujet d'une réduction des budgets pour la nature, lors d’une rencontre du Comité permanent de l’environnement et du développement durable. (Source : Protection de la nature- Mars 2026). Quant à la Chine, lors de la COP 30 en 2025 , le premier pollueur au monde joue le jeu des négociations sur le climat, mais s’est fixé des objectifs modestes de baisse des émissions. Pékin estime faire sa part avec sa politique volontariste de développement des technologies décarbonées. Ses intérêts restent purement économiques. Elle est responsable à elle seule de près d’un tiers des émissions actuelles, elle est aussi de loin le pays qui en fait le plus dans l’installation d’énergies renouvelables et dans le développement des technologies de la transition.

Pour aller plus loin , la thèse de R. Inglehart énoncée dans les année 70 sur le post-matérialisme explique que le nouveau système de valeurs post-matérialistes imprègne progressivement la société par socialisation des générations successives (Inglehart, 1995). La théorie du sociologue montre que les comportements de consommation sont plus responsables, plus durables avec une volonté de respecter des impacts environnementaux. La qualité de vie prime dans les valeurs intégrées sans que l’ analyse de l’auteur ne se cantonne à la dimension environnementale.

A titre d'exemple, Nicolas Hulot avance que « L’écologie" est aussi et surtout un problème culturel, le respect de l’environnement passe par un grand nombre de changements comportementaux. ». La clé de la réussite sur le plan écologique repose sur les actions des individus ou groupes d’individus mais aussi sur les façons dont sont appréhendées , comprises les relations avec la Terre et le sens qui leur est donné. Dans une tribune au « Monde », le chercheur Guillaume Logé en Octobre 2022 explique qu’il est fondamental que le secteur culturel apporte lui aussi sa pierre à l’édifice pour favoriser l’émergence de nouvelles manières d’habiter notre planète.

Dans sa théorie de la post-modernisation et notamment avec la théorie de la mobilisation cognitive, R.Inglehart, a largement souligné l’influence de l’enseignement quant à la diffusion de valeurs propices au respect de l’environnement. Ainsi la corrélation entre le niveau d’études (sans pour autant masquer une relation réelle avec les revenus et l’origine sociale), et le respect de l’environnement est bien présente. Il s’ensuit que la socialisation par l’école ou l’université semble le facteur déterminant dans l’engagement environnemental. Cela confirme bien l’hypothèse du rôle de la socialisation et de l’éducation . D’autres facteurs interviennent de manière secondaire tels que le revenu, l’univers professionnel, ou l’Internet, mais ces derniers paraissent loin derrière l’agent causal principal qu’est la socialisation par le niveau d’études.

Dans un monde où les défis, risques écologiques s’intensifient, il devient fondamental, essentiel de saisir l’importance des valeurs environnementales pour orienter notre société vers un avenir durable. Ces valeurs, fondées sur le respect et la protection de notre planète, influencent nos choix quotidiens et façonnent indéniablement notre mode de vie. Comprendre ces principes nous permet d’agir de manière responsable, tant sur le plan individuel que collectif, en promouvant des pratiques respectueuses de l’environnement qui favorisent la biodiversité, la conservation des ressources naturelles et le développement durable. En effet, la valorisation de la biodiversité et la préservation des ressources naturelles sont essentielles pour garantir la durabilité des écosystèmes.

Intégrer ces valeurs dans nos choix quotidiens, comme la consommation responsable ou le soutien aux énergies renouvelables, peut avoir un impact significatif sur la santé de notre planète. L’éthique environnementale, qui est au cœur de ces valeurs, nous pousse donc à réfléchir aux responsabilités que nous avons vis-à-vis des générations futures, en faisant en sorte que nos actions actuelles ne compromettent pas leur héritage. En somme, la compréhension, l’intériorisation et l’application des valeurs écologiques, sous jacentes à des prises de conscience individuelles et collectives sont cruciales pour construire un avenir harmonieux entre l’homme et son environnement.

Après la socialisation, l’éducation sont des leviers cruciaux pour sensibiliser, « comportementaliser » chaque citoyen à ces enjeux en soulevant des questions éthiques sur notre rapport à la nature et nos droits et devoirs envers elle pour un avenir durable. La constitution à cet égard a été révisée déterminant les principes fondamentaux de la préservation de l'environnement (cf. l'article 34 de la Constitution ), la révision constitutionnelle du 1er mars 2005 a donné valeur constitutionnelle à la Charte de l'environnement avec des droits et des devoirs pour les citoyens français.

Force est de constater que l’importance de ces valeurs est devenue croissante dans les générations plus jeunes, qui recherchent souvent au sein de leur emploi par exemple un alignement avec leurs idéaux écologiques ou bien s’investissent dans un domaine écologique. La culture environnementale est une approche in fine essentielle qui intègre des pratiques durables dès le plus jeune âge dans la vie quotidienne et ce également pour les générations futures.

Pour conclure, les politiques culturelles et environnementales doivent absolument coopérer et s’articuler pour encourager des comportements respectueux de la nature et promouvoir un développement qui respecte à la fois l’écologie et l’identité culturelle. La culture joue un rôle fondamental dans le cadre du développement durable, et son interaction avec des enjeux sociaux, économiques et environnementaux est totalement reconnue. En illustration, depuis 2007, les dirigeants chinois affirment mettre en place une « civilisation écologique ». Lorsque l’on regarde la décarbonation comme la réduction des gaz à effet de serre, alors que les États-Unis reculent, la Chine, elle avance. La notion de « civilisation écologique » est volontairement choisie, plutôt que celle de développement durable. Ce terme apparaît pour la première fois dans les discours du Parti communiste chinois (PCC) sous la présidence de Hu Jintao en contexte de crise et principalement pour insister sur la dimension spirituelle et culturelle de la préservation de l’environnement. En 2018, un article publié sur des médias officiels qui la présentent comme une étape éthique et culturelle succédant à la civilisation industrielle. Elle y est présentée et défendue comme fondée sur l’harmonie entre l’homme, la nature et la société, et sur une transformation profonde des modes de vie. Le slogan désormais célèbre selon lequel « les eaux limpides et les montagnes verdoyantes sont des montagnes d’or et d’argent » devient dans ce cadre une véritable théorie de la valeur écologique. La Chine veut devenir une puissance verte, capable de combiner développement économique, stabilité sociale et rayonnement international mais la question se pose si elle saura tenir ses promesses par delà ses intérêts économiques.

Egalement, interrogeons nous sur le : comment pouvons-nous, en tant qu’individus et/ou collectivité, renforcer nos valeurs pour bâtir un monde plus juste et durable ? Comment tendre vers une écologie culturelle ou une culture écologique profondes  qui prendraient également en compte les questions, problématiques de la répartition du phénomène et de questions de justice environnementale. Le souligne le défi de la démocratisation de l’énergie, bien commun au coeur du contrat social : (Référence de chaire : Placer la justice au cœur des transitions énergétiques pour bâtir un nouveau contrat social par TREE – Septembre 2023) Parce que transition écologique est aussi bien un défi d’ordre culturel qu’un enjeu de taille à relier à la justice sociale.

En Economie : Comment crée-t-on des richesses et comment les mesure-t-on ? 

En Science Politique : Comment s'organise la vie politique ?

Lien avec les questionnements de la classe de Première :

En Economie : Quelles sont les principales défaillances du marché ?

En sociologie  : Comment la socialisation contribue-t-elle à expliquer les différences de comportement des individus ?

En Regards Croisés : 

Comment l'assurance et la protection sociale contribuent-elles à la gestion des risques dans les sociétés développées ? 

Comment les entreprises sont-elles organisées et gouvernées ? 

Lien avec les questionnements de la classe de Terminale :

En Economie :

Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ? 

En Science Politique :

Comment expliquer l'engagement politique dans les sociétés démocratiques ? 

En Regards Croisés :

Quelle action publique pour l'environnement ?