Cours d'histoire-géographie-EMC en classes professionnelles

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15 mars 2018

Cahier de textes d'histoire-géographie-enseignement moral et civique en classes professionnelles

FÉVRIER-AVRIL 2018

     

1 cours d'histoire-géographie-EMC de première professionnelle (avril 2018).

1 cours d'histoire-géographie-EMC de terminale professionnelle (février-mars 2018).

         

AOÛT 2017

       

1 cours et 2 références d'histoire-géographie-EMC de terminale professionnelle (août 2017).

      

MAI-JUIN 2017

     

1 cours d'histoire-géographie-EMC de CAP (mai-juin 2017).

1 cours d'histoire-géographie-EMC de seconde professionnelle (mai-juin 2017).

1 cours d'histoire-géographie-EMC de première professionnelle (mai-juin 2017).

1 cours d'histoire-géographie-EMC de terminale professionnelle (mai-juin 2017).

       

MARS 2017

       

1 cours d'histoire-géographie-EMC de seconde professionnelle (mars 2017).

1 cours d'histoire-géographie-EMC de CAP (mars 2017).

     

SEPTEMBRE-OCTOBRE 2016

     

1 cours d'histoire-géographie-EMC de première professionnelle (octobre 2016).

     

MAI-JUIN 2016

     

1 lexique d'histoire-géographie-EMC de CAP (juin 2016).

1 cours d'histoire-géographie de seconde professionnelle (mai 2016).

1 lexique d'histoire-géographie-EMC de seconde professionnelle (juin 2016).

1 lexique d'histoire-géographie-EMC de première professionnelle (juin 2016).

1 lexique d'histoire-géographie-EMC de terminale professionnelle (juin 2016).

     

AVRIL 2015, FÉVRIER-AVRIL 2016

             

1 cours d'histoire-géographie-enseignement moral et civique de CAP (2016).

Enseignement moral et civique de lycée professionnel (seconde, première, terminale professionnelles) (avril 2016).

2 cours et 1 lexique d'histoire-géographie de seconde professionnelle (mars-avril 2016).

2 cours et 1 lexique d'histoire-géographie de première professionnelle (mars-avril 2016).

3 cours et 1 lexique d'histoire-géographie de terminale professionnelle (février-mars-avril 2016).

13 mars 2018

1 cours d'histoire-géographie-EMC de première professionnelle (avril 2018)

HISTOIRE – ÊTRE OUVRIER EN FRANCE (1830-1975)

      

QU’EST-CE QU’UN OUVRIER ?

Le terme d’ouvrier englobe un grand nombre de métiers différents exercés dans des lieux tout aussi différents (atelier, mine, usine…). Avant 1880, il est difficile de définir cette catégorie professionnelle. En effet, nombreux sont ceux qui travaillent à domicile ou qui n’exercent cette activité qu’en complément de l’activité agricole. À partir de la fin du XIXe siècle, avec l’apparition de la grande usine, les effectifs ouvriers s’accroissent fortement. Pendant les Trente Glorieuses (1946-1973), les ouvriers constituent la classe sociale la plus nombreuse de la population française (8.2 millions d’ouvriers en 1975, soit 37.2% de la population active).

Les ouvriers sont majoritairement des hommes, mais les femmes ont toujours été nombreuses (en 1840, elles représentent 75% des effectifs du secteur textile) et, dans une moindre mesure, les enfants (au début des années 1840, il y aurait eu plus de 140 000 enfants ouvriers en France). Les ouvriers immigrés sont nombreux à venir travailler en France : en 1927, un tiers des mineurs sont étrangers.

Les ouvriers développent et partagent une culture ouvrière commune. En effet, même si leur environnement professionnel peut être différent, ils partagent des modes de vie semblables : ils travaillent de leurs mains et vivent souvent dans des logements proches du lieu de travail, dans des villes industrielles en croissance ; après le travail, pendant leur temps de repos, ils partagent des loisirs (café, bal, sport).

    

SITUATION 1. ÊTRE OUVRIER À…

En fonction de la ville industrielle, l’histoire des ouvriers est spécifique (type d’activité, organisation socio-spatiale, conflits sociaux). Toutefois, de manière générale, on peut observer chez les ouvriers des modes de vie et des pratiques socioculturelles communes qui permettent l’émergence d’une conscience de classe et le développement d’une culture ouvrière.

     

LES OUVRIERS, UN GROUPE SOCIAL DANS LA RÉPUBLIQUE

Le sentiment de partager une même culture fait naître la conscience d’appartenir à une même classe chez les ouvriers. Cette conscience est favorisée par le développement du mutualisme (sociétés de secours mutuel, coopératives, mutuelles…), mais aussi à travers les syndicats et les partis où l’idéologie socialiste domine souvent.

Les ouvriers s’organisent, en syndicats et en partis, pour faire valoir leurs droits et usent en particulier du droit de grève. Ils revendiquent souvent des augmentations de salaire et une réduction du temps de travail. Les revendications prennent également une dimension politique (défense du suffrage universel).

Le socialisme trouve son assise politique chez les ouvriers. Il repose sur un rejet de la partition des sociétés en classes sociales dont certaines domineraient les autres, et prône une répartition équitable des richesses. C’est donc, ce qui justifie la lutte des classes organisée par les combats des ouvriers.

Les ouvriers vont finalement trouver leur place au sein de la République française. Leurs luttes sociales et politiques alimentent le débat politique. Cette intégration républicaine est d’autant plus aisée que les ouvriers partagent avec la République des valeurs (égalité des chances, justice sociale, solidarité) qui sont affirmées dans les moments difficiles (Front populaire, Résistance…).

     

SITUATION 2. 1892, LA GRÈVE DE CARMAUX ET JEAN JAURÈS

En 1892, les mineurs de Carmaux (Tarn) font grève parce que l’un des leurs, Jean-Baptiste Calvignac, a été licencié après avoir été élu maire. Pour défendre leurs droits politiques, ils font appel à Jean Jaurès. Grâce à son intervention, le gouvernement donne raison aux ouvriers. C’est pour eux une marque de reconnaissance de la République à leur encontre.

     

VOCABULAIRE

Ouvrier : travailleur qui exécute pour le compte d’un employeur, moyennant salaire, un travail manuel (dans un atelier, une mine, une manufacture, une usine, un chantier, une exploitation agricole…).

Classe sociale : groupe d’individus présentant des caractéristiques politiques, économiques et culturelles communes.

Culture ouvrière : mode de vie partagé par les ouvriers.

Syndicat : association de défense de certaines catégories socioprofessionnelles (ouvriers, puis salariés).

Parti : organisation rassemblant des personnes partageant des convictions politiques et qui vise à exercer le pouvoir pour mettre en œuvre son projet politique.

Grève : cessation collective, volontaire et concertée du travail par des salariés qui cherchent ainsi à contraindre leur employeur à satisfaire leurs revendications professionnelles.

     

HISTOIRE – LES FEMMES DANS LA SOCIÉTÉ FRANCAISE DE LA BELLE ÉPOQUE À NOS JOURS

    

AU DÉBUT DU XXe SIÈCLE : LA FEMME, UNE MINEURE DEVANT LA LOI

Les femmes sont soumises aux textes du Code civil de 1804, qui définit l’incapacité civile de la femme, en particulier de la femme mariée (la grande majorité à l’époque).

Celle-ci ne peut agir seule en justice, ni disposer seule de ses biens ; elle a besoin de l’autorisation de son mari pour exercer une profession, se présenter à un examen, s’inscrire à l’université, ouvrir un compte bancaire, faire établir un passeport. Seul chef de famille, le mari possède l’autorité parentale.

Politiquement, la femme est aussi une mineure car elle n’a pas le droit de voter.

Dans le domaine de l’éducation, elle n’a pas accès (jusqu’en 1924) au même enseignement secondaire que les hommes.

Enfin, les lois du Code pénal de 1920 répriment et interdisent tout accès à la contraception et à l’avortement. Du début du XXe siècle jusqu’en 1939, des associations féministes agissent pour réclamer l’égalité civique et faire évoluer la condition féminine. C’est le cas de Louise Weiss.

Les femmes votent pour la première fois en 1945.

      

SITUATION 1. LOUISE WEISS ET LE VOTE DES FEMMES DANS L’ENTRE-DEUX-GUERRES

Avec son mouvement « La Femme nouvelle », Louise Weiss multiplie les actions spectaculaires entre 1934 et 1939 pour faire pression sur les hommes politiques. Mais le Sénat refuse à six reprises de donner le droit de vote aux femmes françaises.

C’est l’ordonnance du 21 avril 1944, signée par le général de Gaulle, qui leur confère les mêmes droits politiques que les hommes. Les femmes acquièrent ainsi le droit d’élire et d’être élues.

      

DES ANNÉES 1960 À NOS JOURS : DES DROITS CONQUIS MAIS DES INÉGALITÉS QUI PERSISTENT

 À partir des années 1960, les Françaises conquièrent de nouveaux droits. Sur le plan des droits civils, la loi de 1965 supprime l’autorisation du mari pour l’exercice d’une profession ou l’ouverture d’un compte bancaire. Sur le plan de l’éducation, la mixité des établissements scolaires (écoles primaires, collèges, lycées) favorise et ouvre théoriquement aux filles les mêmes possibilités d’orientation professionnelle qu’aux garçons. Sur le plan du droit à disposer librement de son corps, la femme française accède à la maîtrise de sa fécondité : les lois Neuwirth et Veil autorisent respectivement la contraception (1967) et l’avortement (loi promulguée le 17 janvier 1975).

Aujourd’hui, si les textes de loi affirment l’égalité des sexes, il subsiste néanmoins des inégalités de fait. Inégalités dans le domaine politique : les femmes restent moins nombreuses que les hommes dans les diverses assemblées représentatives, même si, depuis 2000, les lois sur la parité ont infléchi progressivement cette tendance. Inégalités dans le domaine éducatif et professionnel : les filles sont encore peu présentes dans les filières scientifiques et techniques. Les femmes subissent davantage le chômage, les emplois précaires et sont souvent moins bien payées et moins nombreuses que les hommes aux postes de décision. Pour infléchir cette tendance, depuis 1972, l’État légifère (ex. : loi de 2011 sur l’égalité professionnelle), mais les résultats sont encore timides.

       

SITUATION 2. 1974, SIMONE VEIL ET LE DÉBAT SUR L’IVG

La loi Veil (promulguée en janvier 1975) légalise (sous certaines conditions) l’interruption volontaire de grossesse. Les mouvements féministes ont combattu pour l’obtention de ces nouvelles lois et pour leur application (ex. : loi sur l’entrave à l’interruption de grossesse en 1993) ; leur vote a aussi été favorisé par l’évolution globale de la société française.

      

VOCABULAIRE

Condition féminine : situation occupée par les femmes dans la société, à un moment donné, dans un contexte donné.

Droits politiques : les droits politiques ou droits civiques concernent le droit de vote et d’éligibilité.

Droits civils : ensemble de lois réglementant la vie civile des Français, notamment la famille, le mariage, le divorce.

Maîtrise de la fécondité : droit pour la femme à disposer de son corps, grâce à l’accès libre à la contraception et à l’IVG.

     

HISTOIRE – LA RÉPUBLIQUE ET LE FAIT RELIGIEUX DEPUIS 1880

     

DE 1880 AU DÉBUT DU XXe SIÈCLE, LE TEMPS DES LOIS ET DES COMBATS

Une série de lois est mise en place à la fin du XIXe siècle, sous la IIIe République, pour laïciser les institutions du pays et limiter l’influence de l’Église catholique.

Dans les années 1880, l’école est au cœur de la question laïque. Les lois scolaires de Jules Ferry, en charge de l’instruction publique, mettent en place une école primaire gratuite, laïque et obligatoire. Elles réaffirment la liberté de conscience et reconnaissent l’existence d’une école privée. Cependant, elles sont mal reçues par l’Église catholique qui perd ainsi sont droit de contrôle dans les écoles publiques et marquent le début de la « guerre scolaire ». Dans les années suivantes, la laïcisation de la société progresse dans les domaines de la santé, de la vie politique et des institutions (rétablissement du divorce dans le Code civil en 1884).

En 1904, c’est la rupture des relations diplomatiques entre la République et le pape. Les deux camps s’opposent parfois violemment. La séparation des Églises et de l’État est devenue inévitable. Engagée dans un esprit de combat, elle se conclut, en 1905, sous l’impulsion d’Aristide Briand, dans une volonté d’apaisement. Les religions minoritaires acceptent le texte, alors que l’Église catholique oppose des résistances, notamment à l’occasion des inventaires des biens des églises avant leur attribution à des associations cultuelles en 1906. Les relations diplomatiques avec la papauté ne sont rétablies qu’en 1924.

     

SITUATION 1. LES LOIS LAÏQUES DES ANNÉES 1880

Elles concernent essentiellement l’école primaire. La loi de 1881 établit la gratuité de l’école publique, celle de 1882 l’instruction obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans révolus et la laïcisation des programmes et des locaux de l’école publique. À l’enseignement religieux se substitue une éducation civique et morale. En 1886, l’enseignement dans les écoles publiques est assuré exclusivement par des enseignants laïcs.

      

DU MILIEU DU XXe SIÈCLE À NOS JOURS, LE TEMPS DE L’APAISEMENT ?

La querelle scolaire se ravive autour de la question des aides publiques à l’école privée, en 1945, après la politique de Vichy, favorable à l’enseignement privé confessionnel.

La loi Debré de 1959 institutionnalise l’aide de l’État aux établissements privés dans le cadre de contrats. On reconnaît aux établissements privés leur participation au service public d’enseignement. À ce titre, ils doivent appliquer les programmes de l’Éducation nationale et respecter la liberté de conscience tout en conservant leur « caractère propre ». En contrepartie, l’État prend à sa charge la rémunération des enseignants et une partie des frais de fonctionnement. Aujourd’hui, cette double composante de « l’école privée » et de « l’école publique » est inscrite dans le paysage scolaire français. Néanmoins, chaque fois que l’équilibre semble compromis, les tensions et mobilisations ressurgissent.

La République laïque doit faire face à de nouveaux enjeux. La France est aujourd’hui un pays de pluralisme religieux. Aux religions reconnues par le Concordat du début du XIXe siècle (catholique, protestante, juive), s’ajoutent la religion musulmane (2e de France avec 5 millions de fidèles) et la religion bouddhiste (400 000 fidèles). Un des enjeux de ce pluralisme religieux est la construction de lieux de culte, dans le respect de la loi de 1905. La laïcité, inscrite dans la Constitution, apparaît comme garante des valeurs communes. Ainsi, en 2004, l’État a légiféré sur le port des signes religieux ostentatoires à l’école publique. Ce principe de neutralité s’applique à tous les services publics.

      

SITUATION 2. BRIAND ET LA LOI DE SÉPARATION DE 1905

La loi de séparation des Églises et de l’État est votée en 1905 après la mise en place, en 1903, d’une commission parlementaire dont le rapporteur est Aristide Briand. Elle affirme la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes. L’État laïc ne subventionne plus les Églises concordataires de 1801. Aujourd’hui, la loi s’applique sur tout le territoire français, sauf exceptions (ex. : l’Alsace et la Moselle).

      

VOCABULAIRE

Lois scolaires de Jules Ferry : lois votées en 1881 et 1882 instaurant une école primaire publique gratuite et laïque ainsi que l’instruction obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans.

Laïcité : principe de séparation de la religion et de la société civile, qui se traduit en France par la séparation des Églises et de l’État en 1905.

Concordat : accord diplomatique entre la papauté et la République française, signé au début du XIXe siècle, dans le but de fixer les droits respectifs de l’État et de l’Église catholique, puis des autres cultes reconnus.

Loi de 1905 : loi de séparation des Églises et de l’État.

     

HISTOIRE – DE L’ÉTAT FRANÇAIS À LA IVe RÉPUBLIQUE (1940-1946)

      

L’ÉTAT FRANÇAIS, UN RÉGIME AUTORITAIRE QUI COLLABORE AVEC L’OCCUPANT

À l’issue de l’offensive éclair de l’armée allemande en mai 1940, l’armée française est battue en cinq semaines : le traumatisme de la population est énorme. C’est le maréchal Pétain, le vainqueur de Verdun, qui demande et obtient les pleins pouvoirs de l’Assemblée nationale. Il met en place un régime autoritaire en s’appuyant sur des valeurs traditionnelles. C’est le projet de la « Révolution nationale », construite sur le rejet du Front populaire et de la IIIe République. Le nouveau régime s’installe à Vichy et dirige la zone libre située au sud du pays. La zone occupée, au nord, est contrôlée par les Allemands.

Le nouveau régime de Vichy décide de lancer dans la collaboration avec l’Allemagne. Le 24 octobre 1940, à Montoire, Pétain et Laval, le vice-président du Conseil, rencontrent Hitler. Tous deux pensent que l’Allemagne sera victorieuse. En collaborant, ils espèrent obtenir une place privilégiée pour la France dans le nouvel ordre européen. C’est sur la question des Juifs que la collaboration ira le plus loin. L’État français devance et va au-delà des demandes de l’occupant nazi. En octobre 1940 et en juin 1941, les lois sur le statut des Juifs promulguées par l’État français excluent ceux-ci de la société. Le régime de Vichy organise la mise à l’écart des Juifs, puis leur arrestation et leur déportation.

      

SITUATION 1. LA RAFLE DU VEL’ D’HIV’

Le gouvernement de Vichy, sous la responsabilité de Pétain et de Laval, chef du gouvernement de l’État français de 1942 à 1944, répond favorablement à la demande d’arrestation des Juifs étrangers formulée par l’occupant nazi. Il organise une série d’arrestations sous la forme de rafle systématique, comme celle réalisée les 16 et 17 juillet 1942 durant laquelle les Juifs, y compris les enfants, sont arrêtés, enfermés dans des conditions inhumaines au Vélodrome d’Hiver, puis déportés vers les camps de concentration et d’extermination. Par ces actions, le gouvernement de Vichy a participé au génocide des Juifs d’Europe.

     

UN AUTRE CHOIX : LA RÉSISTANCE

Mais la voie de la collaboration n’est pas choisie par tous. Certains décident de résister. Au lendemain de l’armistice demandé par le maréchal Pétain à l’Allemagne, le général de Gaulle lance, le 18 juin 1940, un appel depuis Londres à tous ceux qui souhaitent résister, sur le territoire de la métropole, dans les colonies ou avec les pays alliés. Il veut rassembler toutes les forces de Résistance intérieure et extérieure et offrir une autre voie que celle proposée par le maréchal Pétain. Le Conseil national de la Résistance (CNR) voit le jour le 27 mai 1943 à Paris, de l’unification de huit mouvements, de six partis politiques (gauche et droite) et de deux syndicats.

En juin 1944, la Résistance lance l’offensive, à la suite du débarquement des Alliés en Normandie. Le CNR coordonne les actions contre l’occupant allemand sous le commandement de celui qui est le chef de la France libre, le général de Gaulle. Se sentant légitime pour parler au nom des Français, le CNR a rédigé un programme ambitieux à appliquer dès la fin de la guerre, basé sur le rejet du régime de Vichy et sur des propositions à vocation égalitaire ou sociale (droit de vote pour les femmes, création de la Sécurité sociale…). Ces propositions seront reprises dans la Constitution de la IVe République ou mises en œuvre dans ses premières réformes.

      

SITUATION 2. JEAN MOULIN ET L’UNIFICATION DE LA RÉSISTANCE

Le général de Gaulle confie à Jean Moulin, un ancien préfet qui l’a rejoint à Londres, la mission d’unifier les foyers de résistance. Ces derniers sont disséminés sur le territoire français, en zone libre comme en zone occupée. Ils représentent divers courants politiques ou syndicaux et s’opposent parfois dans les objectifs et les méthodes. Dans la clandestinité, Jean Moulin multiplie les contacts et parvient à unifier les mouvements de Résistance par la création du CNR (Conseil national de la Résistance). Il est dénoncé, arrêté et torturé par la Gestapo. Il meurt de ses blessures et devient un symbole national de la Résistance.

     

VOCABULAIRE

Collaboration : politique menée par le régime de Vichy sous l’impulsion de son chef, le maréchal Pétain, visant à soutenir l’occupant allemand économiquement, militairement et idéologiquement.

Régime de Vichy : nom du régime qui se met en place en zone libre suite à l’occupation allemande d’une partie du territoire français. C’est un régime autoritaire et antisémite dirigé depuis la ville de Vichy par le maréchal Pétain.

Résistance : ensemble des forces qui ont lutté contre l’occupant allemand et le régime collaborationniste de Vichy.

IVe République : régime politique mis en place après la chute du régime de Vichy. Il réaffirme les idéaux de la République et, sur la base du programme du CNR, mène une politique de progrès sociaux et économiques pour la population.

   

GÉOGRAPHIE – ACTEURS, FLUX ET RÉSEAUX DE LA MONDIALISATION

      

VERS DES ÉCHANGES PLANÉTAIRES MULTIPLES ET INÉGAUX

La mondialisation se caractérise d’abord par l’accroissement des échanges à l’échelle de la planète. Des territoires éloignés géographiquement apparaissent de plus en plus connectés par d’intenses flux commerciaux, financiers et humains. Les échanges de marchandises, les transferts de capitaux, les connexions à Internet ou encore les migrations internationales matérialisent cette mise en réseau des territoires.

Ce système mondial reste dominé par l’Amérique du Nord, l’Europe occidentale et l’Asie du Sud-Est. Bien que concurrencées par de nouveaux pôles dans les pays émergents, ces trois régions sont encore à l’origine de la majorité des échanges internationaux. Elles concentrent les capitaux, les infrastructures de transport nécessaires aux échanges planétaires (hubs aéroportuaires, ports à conteneurs) et contrôlent la plupart des flux d’informations (satellites, serveurs Internet, presse internationale). La mondialisation se caractérise aussi par l’interdépendance des économies. C’est ainsi que le ralentissement de l’activité dans un pays important comme la Chine ou les Etats-Unis impacte l’ensemble du commerce mondial.

       

SITUATION 1. LES MIGRATIONS INTERNATIONALES

La mondialisation intensifie les flux migratoires internationaux. Aux côtés des flux traditionnels Sud-Nord, les flux Sud-Sud se renforcent en raison de crises politiques au Proche et au Moyen-Orient, ou de nouvelles dynamiques économiques propres à l’Afrique et à l’Asie. Les migrants environnementaux, politiques ou économiques amplifient en retour les flux financiers, scientifiques et culturels vers leur pays d’origine.

       

LES ACTEURS DES TERRITOIRES MONDIALISÉS

L’essor des échanges est d’abord le fait des firmes transnationales (FTN), organisées pour agir à l’échelle planétaire. Elles confient leurs activités de production à des filiales délocalisées ou des sous-traitants dans les pays à faible coût de main-d’œuvre, principalement en Asie. Mais leurs sièges sociaux et activités de recherche-développement demeurent dans les pays développés ou dans les pays émergents.

Dans ce monde ouvert, les États font face à de nouveaux défis, tels que le déclin de l’emploi industriel, la lutte contre les divers trafics (stupéfiants, contrefaçons) ou encore le contrôle des flux migratoires. Ils forment de vastes marchés en se regroupant au sein de structures supranationales (Union européenne, ALENA, ASEAN) et adhèrent à des organisations intergouvernementales (OMC, G20, FMI) dans le but de faciliter les échanges et de réguler l’économie mondiale.

La mondialisation permet aussi le rapprochement des citoyens mondialisés. À travers les flux touristiques, les réseaux sociaux ou par la médiatisation de grandes causes humanitaires, des acteurs de la société civile, des ONG construisent également le système planétaire.

      

SITUATION 2. LE CIRCUIT MONDIAL D’UN PRODUIT : LE MAILLOT DE FOOTBALL NIKE

Représentative de la division internationale du travail, la production de maillots de foot souligne les avantages des firmes transnationales telles que Nike dans l’économie mondialisée. La stratégie des dirigeants conduit à la spécialisation des territoires et révèle les rapports inégaux entre donneurs d’ordres et sous-traitants. Elle rappelle aussi le rôle déterminant des réseaux de communication pour relier les zones de production et de consommation.

      

VOCABULAIRE

Mondialisation : mise en réseau de différents territoires de l’espace mondial par l’accroissement des échanges commerciaux, financiers, culturels. Elle se développe par l’extension de l’économie de marché à l’ensemble de la planète.

Flux : courant d’échanges de marchandises, de capitaux, d’informations ou d’hommes.

Réseau : ensemble de flux qui définissent une organisation de l’espace, un territoire.

Pays émergent : pays en développement rapide dont le niveau de vie se rapproche de celui des pays les plus avancés (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Taïwan…).

Firme transnationale (FTN) : entreprise qui contrôle des activités de production dans au moins un État différent de celui de son siège social.

Délocalisation : transfert d’activités, de capitaux et d’emplois dans un pays proposant des coûts de production plus avantageux.

OMC : Organisation mondiale du commerce. Elle fixe les règles du commerce international.

G20 : groupe de 19 pays et de l’Union européenne représentant 85% du commerce et 90% du PIB mondial, qui se concerte régulièrement pour favoriser la stabilité économique et financière à l’échelle planétaire.

FMI : Fonds monétaire international. Il veille par exemple à la stabilité du système de change international.

     

GÉOGRAPHIE – MONDIALISATION ET DIVERSITÉ CULTURELLE

     

L’ESSOR D’UNE CULTURE MONDIALE

Depuis la fin du XXe siècle, une culture mondiale a pris un vrai essor. Des pratiques et des goûts identiques sont adoptés sur tous les continents, mais surtout par les habitants des pays développés ou les classes aisées des pays pauvres. Ce phénomène concerne tous les domaines du quotidien : l’alimentation (ex. : hamburger), la mode (ex. : baskets), la musique (ex. : rap), le cinéma… Cette culture, qui tend à devenir universelle, se manifeste notamment lors d’événements planétaires : aux jeux olympiques, des milliers d’athlètes représentant la quasi-totalité des pays du globe participent à des compétitions sportives qui sont suivies par des milliards de téléspectateurs.

Cette culture mondiale est massivement diffusée par les médias, comme la télévision ou Internet, et relayée par l’anglais qui s’impose comme langue véhiculaire à l’échelle de la planète.

Ce sont les Etats-Unis, et plus généralement les pays occidentaux, qui dominent cette culture mondiale, car ils disposent des moyens pour diffuser massivement leur modèle. Toutefois, d’autres cultures conquérantes, comme la culture asiatique actuellement, contribuent de plus en plus à diversifier la culture mondiale.

      

SITUATION 1. LE CINÉMA EN ASIE

Le cinéma est un loisir très apprécié en Asie, comme en témoigne la vitalité des productions asiatiques, très nombreuses et variées. Les productions américaines, qui sont largement diffusées sur tout le continent asiatique, s’imposent dans de nombreux pays et influencent les cinémas locaux, renforçant l’essor d’une culture mondialisée du cinéma. Toutefois, des pays comme l’Inde parviennent à préserver leur propre identité cinématographique, en valorisant leur culture (grâce à l’emploi des langues locales) ou en défendant (par l’utilisation de la censure ou des quotas).

      

LA VITALITÉ DES MÉTISSAGES ET DES REVENDICATIONS IDENTITAIRES

L’accélération de la mondialisation a entraîné l’intensification des brassages culturels. En effet, les migrations des hommes et la circulation des produits favorisent les métissages culturels, particulièrement au sein des grandes métropoles et des bassins touristiques. Sur les mêmes territoires, des cultures très différentes cohabitent ou se mélangent, donnant ainsi naissance à des formes culturelles croisées (ex. : « mexicanisation » des Etats-Unis).

Face à ces nouvelles influences massives, des cultures défendent leur identité. Ainsi, certaines communautés à la forte appartenance identitaire (ex. : cultures régionales), qui se sentent menacées par l’homogénéisation culturelle, valorisent et protègent leur patrimoine (ex. : labels pour des produits alimentaires). Ces résistances peuvent aussi être le fait des États quand ceux-ci défendent leur culture nationale (ex. : comité de censure des films en Inde).

À l’échelle mondiale, l’Unesco mène une politique de sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel de l’humanité, afin de sauvegarder la diversité culturelle du monde.

      

SITUATION 2. GÉOGRAPHIE DES GOÛTS ALIMENTAIRES

Sous l’effet de la mondialisation, la circulation des goûts alimentaires s’est accélérée sur la planète, favorisant les métissages culinaires et l’apparition d’une culture mondiale du goût, représentée par des produits (ex. : pizza) et des modèles de cuisine). Cette mondialisation n’empêche pas la vitalité des goûts locaux dans certains pays, comme la France, qui sont très soucieux de protéger leur patrimoine culinaire (ex. : labels alimentaires). Enfin, pour d’autres consommateurs, ce sont la pauvreté, la culture ou la religion qui constituent des remparts à cette mondialisation du goût.

     

VOCABULAIRE

Culture mondiale : ensemble des façons de penser et d’agir partagées par une grande partie de l’humanité.

Universel : qui concerne l’ensemble des hommes.

Langue véhiculaire : langue qui permet à des communautés aux langues différentes de communiquer entre elles (ex. : anglais, espagnol).

Métissage culturel : mélange né de la rencontre de cultures différentes.

Appartenance identitaire : sentiment d’appartenir à une communauté (région, pays, religion).

Homogénéisation : tendance à devenir semblable.

Unesco : Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.

     

GÉOGRAPHIE – PÔLES ET AIRES DE PUISSANCE

       

LES DIFFÉRENTS ESPACES DE LA PUISSANCE

Les aires de puissance dessinent un anneau autour de la Terre. Elles représentent 20% de la population mondiale, 75% de la production industrielle, 75% des exportations, 80% des investissements à l’étranger, 85% des dépenses consacrées à la recherche. Les Etats-Unis sont la seule aire de puissance complète (politique, économique, diplomatique, militaire et culturelle), ce qui leur permet de jouer un rôle planétaire dans tous les domaines. L’Union européenne est une aire de puissance incomplète et morcelée, sans unité politique. Quant au Japon, il n’a pas de réelle influence politique ou militaire.

Seules certaines régions de ces aires de puissance ont un poids mondial : aux Etats-Unis, le Nord-Est et la Californie ; en Europe, la dorsale européenne ; en Asie, la façade pacifique du Japon et la Chine littorale.

Les pôles de puissance correspondent aux métropoles et aux quatre « villes-monde » (New-York, Tokyo, Londres, Paris) qui impulsent de vastes mégalopoles. Mais c’est dans les CBD (Centres des affaires) que se concentrent les activités stratégiques.

Les pôles et aires de puissance sont souvent situés sur des interfaces (littoraux, par exemple). Ils se dotent d’équipements (ports, aéroports…) qui leur permettent d’établir des liaisons avec les autres aires de puissance, de constituer des réseaux et de participer à la mondialisation.

      

SITUATION 1. LA CHINE LITTORALE

La Chine littorale, qui regroupe 630 millions d’habitants, est devenue depuis le début des années 1980 « l’usine du monde ». Mais ses immenses métropoles (Shanghaï et ses 24.3 millions d’habitants, Beijing, Guangzhou et Hong Kong) abritent de plus en plus d’activités stratégiques. Aujourd’hui, la Chine littorale doit à la fois impulser le développement de l’intérieur du pays et affirmer ses positions dans le monde.

      

LES ASPECTS DE LA PUISSANCE

Les aires et les pôles de puissance sont remarquables par leurs activités stratégiques. Ils concentrent les acteurs de la gouvernance économique (sièges sociaux des grandes transnationales), financière (Banque mondiale et FMI à Washington, Bourses), diplomatique (ONU à New York) et militaire. Ils innovent en assurant l’essentiel de la recherche scientifique et de la création intellectuelle et artistique. Ils informent grâce à leurs médias (presse, radio, TV, Internet). Ils fabriquent des produits de pointe (aéronautique, espace, armement, informatique). Ils échangent marchandises et capitaux grâce, en particulier, à leur maîtrise logistique.

Les aires et les pôles de puissance concentrent la richesse et le développement. Ils impulsent leur périphérie par leurs investissements, leurs transferts de main-d’œuvre qualifiée et par la délocalisation de certaines de leurs entreprises (division internationale du travail).

Ils se trouvent néanmoins aujourd’hui confrontée à certaines difficultés : vieillissement de leur population, coûts de production très élevés, nouvelle pauvreté, si bien que de nouveaux pôles de puissance apparaissent, en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud. Actuellement, les États qui comptent dans le monde ne constituent plus seulement le G7 ou le G8, mais le G20.

       

SITUATION 2. LA CALIFORNIE

 La Californie est l’État le plus puissant des Etats-Unis. L’espace utilisable se partage entre activités de recherche et de conception, activités industrielles innovantes, agriculture de très haut niveau et extension urbaine (San Francisco, Los Angeles, San Diego). Le mirage californien, qui n’est d’ailleurs pas sans faille, contribue à l’attraction exercée par ces État qui est un pont entre l’Amérique, l’Asie et l’Europe.

     

VOCABULAIRE

Aire de puissance : espace géographique composé d’États ou de régions où se concentrent des pouvoirs de décision, des activités stratégiques, des réseaux d’échange, et qui joue un rôle majeur dans l’organisation du monde.

Pôle de puissance : centre exerçant à différentes échelles une attraction sur un espace donné et autour duquel s’organisent les activités, les échanges et les flux.

Métropole : ville dans laquelle sont regroupées des fonctions importantes qui lui donnent un pouvoir de commandement.

Ville-monde : grande-ville ayant des activités de haut niveau, dirigeant des réseaux relationnels entre les personnes et les entreprises de rang mondial.

Mégalopole : région urbaine étendue englobant plusieurs grandes agglomérations.

CBD : Central Business District ou centre des affaires.

Interface : contact entre des espaces différents marqué par de multiples relations.

G20 : groupe des 20 États les plus puissants.

     

GÉOGRAPHIE – LES DYNAMIQUES DES PÉRIPHÉRIES

     

LA DIVERSITÉ DES PÉRIPHÉRIES

Les périphéries qui constituent les Suds se différencient par leur démographie, le poids de leurs activités économiques et leur développement social ainsi que nous le montre l’IDH (le Brésil avec 0.754 se place au 83e rang mondial, l’Éthiopie avec 0.448 au 180e rang).

On peut distinguer deux grands groupes : les périphéries dynamiques ou pays émergents dont certains, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), ont un énorme potentiel de développement du fait de leur population (ex. : 1.4 milliard de Chinois) et de leurs ressources. Il faut ajouter les NPI asiatiques (ex. : Indonésie, Vietnam), les Jaguars d’Amérique latine (ex. : Mexique) ou les États pétroliers (ex. : Arabie Saoudite) ; d’autres périphéries sont en difficultés : ce sont les 47 pays les moins avancés (PMA). Ils sont principalement situés en Afrique.

Toutes ces périphéries ont accompli dans les trente dernières années des progrès considérables. La croissance de leur PIB est importante, bien supérieure au début des années 2010 à celle des États du Nord. Celle de leur PIB/habitant est moindre du fait de leur croissance démographique (ex. : + 19 millions d’Indiens par an). Mais des difficultés demeurent dans leur développement, et l’économie parallèle, la corruption, la criminalité sont parfois de vrais fléaux.

Ces périphéries s’intègrent inégalement dans le monde. Les États émergents développent leurs relations avec les États du Nord et du Sud, alors que les PMA restent davantage à l’écart.

      

SITUATION 1. UN PMA : LE SÉNÉGAL

Le Sénégal reste un PMA. Sa croissance économique est insuffisante pour absorber le gain de population, et le retard de développement est flagrant (manque d’équipement, pauvreté…). Les activités demeurent traditionnelles (agriculture vivrière) et les ruraux continuent d’affluer vers les villes. Mais le pays a des atouts et montre des signes de dynamisme (efforts pour développer Dakar, tourisme…). Cependant, il reste un pays dépendant, qui bénéficie d’aides internationales.

      

DES DYNAMIQUES INÉGALES

Les pays émergents ont une économie diversifiée. À partir d’avantages locaux (main-d’œuvre, ressources, implication des gouvernements), d’investissements étrangers, du dynamisme de leurs diasporas, ils améliorent leurs infrastructures et s’orientent vers des activités nouvelles (industries de pointe, services…). Ils s’intègrent au monde et aspirent à peser de plus en plus dans les relations internationales.

Ces périphéries émergentes connaissent cependant de très grandes inégalités, spatiales et sociales. Certes, le niveau de vie augmente et la classe moyenne se développe, mais le nombre de grandes fortunes se multiplie, tandis qu’une part importante de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Les PMA sont confrontés à des difficultés économiques et sociales. Les activités, parmi lesquelles l’agriculture occupe une place importante, sont peu productives et entravées par l’insuffisance des infrastructures (transports). Les secteurs les plus rentables (extraction minière, agriculture de plantation, agroalimentaire) appartiennent souvent à des entreprises étrangères. Ces PMA s’intègrent modestement au monde. Ils participent peu aux circuits commerciaux mondiaux et ont besoin de l’aide internationale (ex. : ONG, ONU). La pauvreté persiste d’autant que la croissance démographique reste élevée. La faim, les maladies frappent ces pays. L’instabilité politique et les conflits sont fréquents.

Toutefois, sous l’effet d’initiatives souvent locales, certains PMA se transforment. Des activités nouvelles ou plus intensives se développent tirant profit des ressources et des potentialités locales (ex. : tourisme, industries).

      

SITUATION 2. UN PAYS ÉMERGENT : L’INDE

Sa forte croissance économique depuis les années 2000 fait de l’Inde un État émergent, qui participe de plus en plus aux échanges mondiaux (commerciaux, culturels…). Ce pays s’oriente vers des activités innovantes (comme l’informatique) et se spécialise dans les services. Une classe moyenne se développe ; cependant, les progrès sociaux restent lents, la pauvreté et l’exclusion d’une grande partie de la population demeurent : bidonvilles et campagnes sont à l’écart du développement.

     

VOCABULAIRE

NPI : nouveau pays industriel. État d’Asie qui a connu un important décollage industriel depuis les années 1960.

Diaspora : ensemble des ressortissants d’un État, dispersés à l’étranger.

     

ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE

     

EXERCER SA CITOYENNETÉ DANS LA RÉPUBLIQUE FRANCAISE ET L’UNION EUROPÉENNE

La démocratie représentative repose sur le vote des citoyens qui expriment leur volonté en usant de ce droit. L’égalité et la liberté de tous les citoyens sont les valeurs qui fondent ce suffrage universel.

Pour exercer son droit de vote, on doit être français (ou européen dans certains cas), avoir 18 ans révolus, être inscrit sur les listes électorales et ne pas avoir été déchu de ses droits civiques.

Les élections se font à différentes échelles : nationale (président de la République, députés), régionale, départementale, locale et européenne.

En France, le droit de vote est un devoir, mais il n’est pas obligatoire. Face à l’abstention, les modalités du droit de vote sont en débat (vote obligatoire, prise en compte des votes blancs ?).

Il existe d’autres formes d’exercice de la citoyenneté : dans les domaines associatif, syndical, politique…, comme en témoigne l’engagement d’artistes exprimant à travers leurs œuvres leur volonté d’infléchir des situations, de défendre des causes et/ou de dénoncer des injustices.

La Défense nationale est garante de l’indépendance du pays ; elle concerne l’ensemble des citoyens. Ses objectifs sont de sécuriser le territoire et la population de la France, de participer à la sécurité internationale, par des interventions dans le cadre de la politique de défense européenne et d’accords supranationaux (OTAN, ONU).

À la citoyenneté nationale s’ajoute la citoyenneté européenne. Elle est élective (élection des députés européens, élections municipales dans l’État membre où résident les citoyens de l’UE) et directe : droit de pétition, droit d’initiative européenne (ICE)… Dans cet espace, les citoyens des États membres peuvent librement circuler, séjourner, étudier, travailler.

Démocratie représentative (encore nommée élective ou délégative) : régime politique dans lequel les citoyens élisent des représentants à qui ils délèguent leur pouvoir.

Suffrage universel : vote ouvert à tous les citoyens sans distinction de sexe, de race, de fortune ou de religion.

Citoyenneté européenne : est citoyen de l’Union toute personne ayant la nationalité d’un État membre. La citoyenneté de l’Union complète, mais ne remplace pas, la citoyenneté nationale.

      

LES ENJEUX MORAUX ET CIVIQUES DE LA SOCIÉTÉ DE L’INFORMATION

Aujourd’hui, nous produisons, transformons, échangeons, diffusons de l’information grâce aux réseaux sociaux et à toutes les possibilités d’expression offertes par le numérique. Cette facilité d’accès aux services numériques permet la multiplication des usages et des pratiques médiatiques et place les usagers en position de responsabilité face à l’information.

Notre identité numérique est l’ensemble des informations que l’on trouve sur Internet nous concernant. Volontairement ou non, nous participons donc à la construction de notre identité numérique et il nous faut la maîtriser grâce à une utilisation consciente des outils à notre disposition. Le numérique renforce la liberté d’expression, ce droit précieux qu’il faut défendre mais qui ne peut s’exercer que dans le respect des autres et des lois, que ce soit dans un usage individuel ou collectif. La CNIL, veille sur la liberté et la vie privée des internautes.

Une lecture critique des médias est nécessaire. Les médias de formes variées que nous lisons, regardons, écoutons sont nombreux et de plus en plus interactifs. Chacun, s’il le souhaite, peut s’y exprimer, donner son avis, diffuser une information.

Une information répond à des règles de production. Pour être pertinente, elle doit provenir d’une source fiable. Elle est vérifiée et recoupée avant d’être diffusée ou partagée. Les journalistes ont signé la Charte d’éthique des journalistes qui les engage à respecter des règles très précises. Les journalistes et les sites d’information sont soumis à une rude concurrence pour produire une information toujours plus instantanée. Cette rapidité se fait parfois au détriment de la vérification de l’information et de sa pertinence. Demandons-nous plus souvent « À quoi sert cette information ? » pour en décrypter le sens, mais aussi les travers…

Information : tout événement, fait ou jugement porté à la connaissance d’un public plus ou moins large, sous forme d’images, de textes, de discours, de sons.

Identité numérique : ensemble des informations que l’on trouve sur Internet nous concernant.

Liberté d’expression : droit pour chacun de dire ou d’écrire ce qu’il pense, dans la limite du respect d’autrui.

Média : tout moyen de diffusion permettant la communication.

    

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE :

       

SEUZARET Florian, PHILIPPI Sophie, MOUILLET Jenny, LAHIRE Rémi, KERMAREC Jacqueline, BERTRAND Alain, ESCARTIN Christophe, APOLLON Olivier, Les nouveaux cahiers, Histoire-Géographie-Enseignement moral et civique, 1re Bac Pro, Paris, Foucher, avril 2018.

25 février 2018

1 cours d'histoire-géographie-EMC de terminale professionnelle (février-mars 2018)

HISTOIRE

   

HISTOIRE – LES ÉTATS-UNIS ET LE MONDE (1917-1989)

   

LES FONDEMENTS DE LA PUISSANCE AMÉRICAINE (1917-1989)

Première puissance mondiale depuis 1919, les Etats-Unis représentent le modèle de la démocratie libérale.

Le modèle politique. La plus ancienne Constitution en vigueur. Votée en 1787, la Constitution américaine évolue par amendement. Elle repose sur un pouvoir présidentiel fort. Le système du bipartisme. La vie politique est dominée par le parti républicain et le parti démocrate. Leur action est influencée par les groupes de pression ou lobbys. Le « 4e pouvoir ». Les médias, très puissants, s’appuient sur le premier amendement de la Constitution, garantissant la liberté de parole et de presse. Cet amendement garantit aussi la liberté religieuse.

Le modèle économique et culturel. Le capitalisme libéral. Le modèle économique américain repose sur la libre entreprise. L’État intervient peu. Le culte de la réussite fait partie des valeurs de la société américaine. Les Etats-Unis possèdent plus de la moitié du stock d’or mondial. Le dollar est la première monnaie de référence. La référence culturelle. La société américaine représente le modèle de la société de consommation. Les produits américains (jeans, Coca-Cola…) sont mondialement répandus.

Les limites du modèle. Le poids de l’abstentionnisme. Le grand nombre des élections nationales et locales (y compris celles des juges et des shérifs) nourrit un fort abstentionnisme. La survivance des inégalités. Dans les années 1960, l’action de Martin Luther King fait progresser la législation. Les inégalités sociales et raciales demeurent pourtant importantes. La contestation du modèle. Les violences urbaines éclatent dans des ghettos. Le modèle américain de la société de consommation est remise en cause, aux Etats-Unis et à l’étranger.

      

LA CONSTRUCTION DE LA PUISSANCE DES ÉTATS-UNIS (1917-1989)

L’hégémonie des Etats-Unis, affirmée depuis les deux guerres mondiales, fait de la « République impériale », un acteur majeur des relations internationales.

L’engagement dans les deux guerres mondiales. La « croisade » pour la démocratie. En 1917, l’entrée en guerre des Etats-Unis est annoncée par le Président Wilson comme une « croisade » pour la liberté et la démocratie. La victoire sur les dictatures. Après l’attaque japonaise de Pearl Harbor en 1941, les Etats-Unis interviennent dans la Seconde Guerre mondiale. Ils jouent un rôle décisif dans la victoire. Le système d’alliances. À partir de 1945, les Etats-Unis mettent en place tout un système d’alliances avec des partenaires européens et asiatiques.

La domination économique et culturelle. La puissance économique. Par le plan Marshall, les Etats-Unis aident l’Europe à se reconstruire. Les multinationales américaines s’étendent dans le monde entier. L’influence culturelle. Leur domination dans le cinéma et les télécommunications permet aux Etats-Unis de diffuser leur modèle de vie. L’anglais devient la langue internationale.

Le face-à-face avec l’Union soviétique. Un monde divisé en deux blocs. À partir de 1947, les Etats-Unis et l’Union soviétique s’opposent indirectement dans la guerre froide. Le bloc capitaliste fait face au bloc communiste. Les menaces de la guerre froide. Des crises majeures comme à Berlin et à Cuba, ou l’intervention des Etats-Unis au Vietnam menacent la paix dans le monde. Leur capacité d’armement nucléaire conduit les Etats-Unis et l’Union soviétique à un équilibre de la terreur.

La fin de la guerre froide. Des accords de désarmement, signés à partir des années 1980, amorcent la détente. La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, met fin à la division du monde en deux blocs.

   

SITUATION 1. LES QUATORZE POINTS DE WILSON

En janvier 1918, le président américain Wilson définit des objectifs pour la paix future. Son discours va servir de base à l’élaboration des traités de paix.

Le respect de la liberté et de la démocratie. La libération des territoires occupés. La Belgique et les territoires russes doivent être libérés. L’Alsace-Lorraine doit être rendue à la France. Le respect des nationalités. Wilson propose des modifications de frontières dans le respect des revendications nationales selon « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Le respect des peuples colonisés. Les intérêts des populations colonisés doivent être pris en compte à égalité avec ceux des pays colonisateurs.

Un nouveau type de relations internationales. La fin de la diplomatie secrète et la liberté économique. La diplomatie et les conventions doivent être réalisées ouvertement. La réduction des armements doit être recherchée. Wilson propose la levée des barrières économiques et la libre circulation sur les mers. La création de la Société des Nations. Le président américain suggère la formation d’une Société des Nations (SDN) garantissant l’indépendance politique et territoriale à tous les États.

Les limites des quatorze points. Le maintien de la colonisation. Les revendications des colonies sont rejetées. La colonisation n’est pas remise en cause. Le refus américain du traité de Versailles. Le 19 mars 1920, un vote du Sénat américain rejette le traité qui met fin à la Première Guerre mondiale. Le pacte créant la Société des Nations étant incorporé au traité, les Etats-Unis ne font pas partie de la SDN.

Le choix de l’isolationnisme. Dès 1920, les présidents républicains qui succèdent à Wilson, démocrate, refusent d’impliquer directement les Etats-Unis dans les relations internationales.

    

SITUATION 2. LE PLAN MARSHALL ET LE DÉBUT DE LA GUERRE FROIDE

En 1947, les Etats-Unis proposent à l’Europe un plan de reconstruction qui déclenche l’entrée dans la guerre froide.

La logique de l’endiguement. La crainte de l’hégémonie américaine. L’Union soviétique redoute la puissance américaine ; les Etats-Unis sont alors les seuls à posséder l’arme nucléaire. La crainte de l’expansionnisme soviétique. Les Etats-Unis s’inquiètent de la puissance de l’Union soviétique au lendemain de la guerre. L’Armée rouge occupe alors la moitié de l’Europe. Parce qu’un « rideau de fer » coupe déjà l’Europe en deux, les Etats-Unis veulent « endiguer » (contenir) l’extension communiste.

Les objectifs du plan Marshall. Les objectifs économiques. Le plan a deux buts essentiels : reconstruire l’économie européenne ruinée par la guerre et écouler la surproduction américaine. Les objectifs politiques et idéologiques. Le plan doit resserrer les liens entre les Etats-Unis et l’Europe. Les Etats-Unis espèrent, grâce au nombre d’adhérents au plan, empêcher la progression du communisme.

Les conséquences du plan Marshall. L’Europe coupée en deux. L’aide américaine est acceptée par 16 pays d’Europe occidentale. Elle est refusée par les pays d’Europe de l’Est et l’Union soviétique, mais acceptée par la Yougoslavie. La division du monde en deux blocs. Chaque camp organise un réseau d’alliances : traité de l’Atlantique Nord autour des Etats-Unis, pacte de Varsovie autour de l’Union soviétique. Le monde devient bipolaire. La division de l’Allemagne. Le blocus de Berlin par les Soviétiques (1948-1949) déclenche la coupure de l’Allemagne en deux : la République fédérale d’Allemagne (RFA) à l’ouest, la République démocratique allemande (RDA) à l’est.

          

MOTS-CLÉS

République impériale : désigne l’emprise des Etats-Unis sur le monde, par leurs réseaux d’alliances, leurs bases militaires, la diffusion de leurs produits.

Guerre froide : conflit indirect qui oppose les Etats-Unis et leurs alliés à l’Union soviétique et ses alliés, entre 1947 et 1989.

         

ACTEURS-CLÉS

Woodrow Wilson (1856-1924). Président des Etats-Unis à partir de 1912. Il fait entrer son pays dans la Première Guerre mondiale et expose ses idées pour l’après-guerre dans le texte des 14 points.

Franklin Delano Roosevelt (1882-1945). Il est élu en 1932 président des Etats-Unis et sera réélu trois fois. Après l’attaque de Pearl Harbor, il engage les Etats-Unis dans une guerre sur deux fronts et prépare la naissance d’une nouvelle organisation internationale, l’ONU.

Martin Luther King (1929-1968). Pasteur Baptiste afro-américain, militant non violent contre la ségrégation raciale. En 1963, il prononce, au cours d’une marche pour l’égalité des droits et la paix, son discours le plus célèbre, « I Have a dream ».

John Fitzgerald Kennedy (1917-1963). Élu président des Etats-Unis en 1960, il fait face à deux graves crises de la guerre froide, celles de Berlin et de Cuba. Il est assassiné à Dallas le 22 novembre 1963.

   

REPÈRES CHRONOLOGIQUES

1917 : entrée des Etats-Unis dans la Première Guerre mondiale.

1941 : attaque de Pearl Harbor par les Japonais et entrée des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale.

1947 : plan Marshall.

1962 : crise de Cuba.

1989 : chute du mur de Berlin.

         

HISTOIRE – L’IDÉE D’EUROPE AU XXe SIÈCLE

      

L’EUROPE, ENTRE UNITÉ ET CONFLITS

L’histoire de l’Europe est marquée par de nombreux conflits mais aussi par une civilisation commune.

L’Europe avant 1914. Des affrontements séculaires. Des États indépendants se sont progressivement constitués. Ils se sont souvent affrontés, durant des siècles, comme la France et l’Angleterre. Un héritage culturel commun. Malgré leurs divisions, les Européens partagent des valeurs identiques : la liberté individuelle, la défense de la loi et du droit écrits, la défense des libertés fondamentales. Des projets d’union européenne ont été élaborés. Au XIXe siècle, Victor Hugo imagine des « Etats-Unis d’Europe ».

L’Europe de 1914 à 1945. Les guerres civiles européennes. Par deux fois, les pays européens sont ruinés par des guerres mondiales. L’Europe qui dominait le monde avant 1914, est dépassée par les Etats-Unis. L’échec des projets d’union. Des propositions d’union économique sont rejetées. En 1930, face à la crise économique, aux nationalismes et à la montée du nazisme, le projet de fédération européenne d’Aristide Briand est écarté par la SDN.

L’Europe après 1945. L’Europe du « rideau de fer ». La guerre froide coupe l’Europe en deux. Cependant, les pays ayant accepté l’aide américaine du plan Marshall se regroupent dans l’Organisation européenne de coopération économique (OECE). Les premières réalisations européennes. Le Conseil de l’Europe est fondé en 1949. Comme la Cour européenne des droits de l’homme, créée en 1950, il a pour objectif « la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales ». La Communauté européenne du charbon et de l’acier. La Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), instituée en 1951, contrôle la production de charbon et d’acier de ses six pays membres. Elle marque une étape essentielle dans la construction européenne.

     

LA CONSTRUCTION DE L’UNION EUROPÉENNE

L’Union européenne s’est élaborée par étapes. Elle regroupe actuellement la grande majorité des pays européens.

Les réalisations des traités de Rome. La Communauté économique européenne (CEE). Les objectifs de la CEE sont la création d’une union économique et douanière, la sauvegarde de la paix et de la liberté ainsi que le progrès social. La Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA). La CEEA, ou Euratom, associe la recherche et l’industrie nucléaires civiles.

Les succès de la CEE. Les institutions politiques. Quatre grandes institutions assurent l’administration de la CEE : le Conseil européen, le Conseil des ministres, la Commission européenne, le Parlement européen. Depuis 1979, les Européens élisent les membres du Parlement. La Cour de justice fait respecter le droit européen. La réalisation du Marché commun. Le Marché commun permet la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes. Une politique agricole commune est instituée. La naissance de l’Union européenne. En 1992, le traité de Maastricht approfondit la CEE et la remplace par l’Union européenne (UE). Une citoyenneté européenne, une politique extérieure et de sécurité commune (PESC), une monnaie commune sont mises en place.

L’élargissement de l’Union européenne. Des membres toujours plus nombreux. Depuis 2013, l’UE compte 28 membres. Les Norvégiens et les Suisses ont refusé d’adhérer mais signent des accords ponctuels. Le Royaume-Uni, par référendum, a choisi de quitter l’UE (Brexit). Cela devrait être effectif le 29 mars 2019). L’espace Schengen. Les accords de Schengen, conclu en 1985, ont supprimé les contrôles aux frontières intérieures de l’UE. Ces accords peuvent être temporairement suspendus. L’avenir de l’Union européenne. Si l’UE demeure l’une des grandes puissances économiques mondiales, la construction politique n’est pas réalisée. Face à la montée de l’euroscepticisme, certains demandent des réformes. 

     

SITUATION 1. LE PLAN SCHUMAN

Le « Déclaration Schuman » conduit à la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, étape essentielle dans la construction européenne.

Un projet ambitieux. Une proposition concrète. Le ministre français des Affaires étrangères Robert Schuman, aidé de Jean Monnet, propose, en 1950, la mise en commun des productions de charbon et d’acier française et allemande, ainsi que les productions de tout autre pays volontaire. Des objectifs immédiats. Le plan a pour but le redressement industriel des deux pays et la fin de leur rivalité. Il prévoit aussi d’harmoniser et d’améliorer les conditions de vie de la main-d’œuvre de ces industries. Des objectifs à long terme. La CECA doit servir de base à l’élaboration progressive de l’Europe fédérale.

La mise en place de la CECA. Le traité de Paris. Le 18 avril 1951, six pays (la France, la RFA, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Italie) signent le traité créant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Le Royaume-Uni a refusé de l’intégrer. Une institution supranationale. La CECA, mise en place en 1952, est dirigée par une Haute Autorité, représentant les États, mais elle est indépendante politiquement et financièrement.

Un bilan positif. Des objectifs atteints. Les résultats économiques sont positifs. La CECA amorce la réconciliation et la coopération franco-allemande et facilite la création de l’Europe communautaire. La fin de la CECA. En 1967, les organes de la CECA fusionnent avec ceux de la CEE. En 2002, le traité de Paris, prévu pour 50 ans, est intégré aux traités de l’UE. Une déception : la communauté européenne de défense (CED). En 1951, les Etats-Unis proposent une force militaire commune (plan Pleven). Le projet est rejeté par les députés français en 1954.

         

SITUATION 2. KOHL, MITTERRAND ET L’EUROPE

La construction européenne s’approfondit dans les années 1980-1990, autour de l’axe franco-allemand.

Deux fortes personnalités. François Mitterrand. Le socialiste François Mitterrand est président de la République française de 1981 à 1995. Il est soutenu dans le relance de la construction européenne par Jacques Delors, président de la Commission européenne de 1985 à 1994. Helmut Kohl. Chancelier de l’Allemagne fédérale (RFA) de 1982 à 1998, Helmut Kohl est partisan de la poursuite de la coopération franco-allemande. Des gestes symboliques. La réconciliation franco-allemande est symbolisée par la cérémonie de Verdun, en 1984, où Mitterrand et Kohl commémorent la Première Guerre mondiale.

Un contexte favorable. L’élargissement de la CEE. En dépit des critiques à l’égard de la construction européenne, le nombre de membres de la CEE augmente : 11 en 1981, 12 en 1986. De nouveaux pays se portent candidats. La chute du mur de Berlin et la réunification de l’Allemagne. Le 9 novembre 1989, l’ouverture du mur coupant Berlin en deux depuis 1961 met fin à la guerre froide. Le 3 octobre 1990, l’Allemagne est réunifiée. Cette réunification ouvre des perspectives à l’est pour la construction européenne.

Des réalisations concrètes. Le rapprochement culturel. Les échanges culturels franco-allemands sont facilités. Une chaîne de télévision franco-allemande, Arte, est créée en 1988. L’Acte unique européen. L’Acte est signé en 1986 ; il prévoit la création d’une union économique et monétaire pour le 1er janvier 1993 et une nouvelle coopération politique. Le traité de Maastricht (1992). Le traité instaure l’union européenne, qui entre en vigueur en 1993. Il comprend la création de l’euro (mis en circulation en 2002) et de la citoyenneté européenne.

     

MOTS-CLÉS

Construction européenne : nom donné au rapprochement progressif entre les États européens. Il est envisagé au lendemain de la Première Guerre mondiale mais commence à se réaliser seulement après la Seconde Guerre mondiale.

Fédéralisme : système dans lequel les pays qui s’associent renoncent à une grande part de leurs pouvoirs (leur souveraineté) en faveur d’un État central appelé « État fédéral ».

Supranationalité : situation dans laquelle la souveraineté nationale est dépassée. Une institution supranationale est un organisme auquel les États abandonnent une partie de leurs pouvoirs de décision, sans aller jusqu’au fédéralisme.

    

ACTEURS-CLÉS

Aristide Briand (1862-1932). Homme politique socialiste, il est le premier à proposer officiellement, en 1929, la création d’une fédération européenne.

Robert Schuman (1886-1963). Démocrate chrétien et centriste, plusieurs fois ministre, il est l’auteur, avec Jean Monnet, du texte fondateur de la construction européenne, le 9 mai 1950, Robert Schuman est à l’origine de la CECA, première institution européenne supranationale.

Helmut Kohl (1930-2017). Chancelier de la République fédérale d’Allemagne à partir de 1982 puis de l’Allemagne réunifiée après 1990, il renforce le « couple » franco-allemand et joue un rôle déterminant dans la création de l’Union européenne.

François Mitterrand (1916-1996). Président socialiste de la République française de 1981 à 1995, il contribue largement au rapprochement franco-allemand et à la construction européenne.

     

REPÈRES CHRONOLOGIQUES

1952 : fondation de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier).

1957 : naissance de la CEE (Communauté économique européenne).

1993 : création de l’Union européenne (28 pays en 2013, Brexit en 2019).

    

HISTOIRE – LA DÉCOLONISATION ET LA CONSTRUCTION DE NOUVEAUX ÉTATS : INDE ET ALGÉRIE

      

LA DÉCOLONISATION DE L’INDE ET DE L’ALGÉRIE

1945 marque le début de la décolonisation, par la négociation ou par la guerre.

Un contexte favorable. L’impact de la Seconde Guerre mondiale. Les puissances coloniales sont affaiblies : leur prestige est ébranlé. Les Etats-Unis et l’Union soviétique, appuyés sur l’ONU, dénoncent le colonialisme. L’essor des mouvements indépendantistes. Des mouvements nationalistes se développent dans les colonies. Ils mettent en évidence les contradictions des métropoles qui se sont battues au nom des valeurs démocratiques mais ne respectent pas ces valeurs dans leurs colonies.

L’indépendance de l’Inde. Des leaders charismatiques. Gandhi puis Nehru lancent des campagnes antianglaises non violentes et réclament l’indépendance. La loi d’indépendance. Après négociations, en 1947, l’Inde accède à l’indépendance. L’opposition entre musulmans et hindous conduit à la partition du pays en deux États indépendants : le Pakistan musulman et l’Union indienne majoritairement hindouiste.

L’indépendance de l’Algérie. Une situation d’inégalité. Au début des années 1950, l’Algérie est divisée en trois départements. Mais la population algérienne (8.4 millions de personnes) n’a pas l’égalité de fait avec les Français (1 million). Les révoltes, comme celle de Sétif en 1945, sont violemment réprimées. La guerre d’Algérie. La guerre éclate le 1er novembre 1954, à l’instigation du Front de libération nationale (FLN). En 1955, le gouvernement français fait appel au contingent. Le conflit provoque la chute de la IVe République. Les tortures et les attentats entraînent le rejet de la guerre par l’opinion publique. Le règlement du conflit. Le 18 mars 1962, les accords d’Évian mettent fin à la guerre. Le 5 juillet, l’Algérie accède à l’indépendance.

    

LES DÉFIS DE L’INDE ET DE L’ALGÉRIE, NOUVEAUX ÉTATS

Les États nouvellement émancipés doivent choisir leur régime politique et trouver les voies du développement.

Des lendemains difficiles. La guerre civile en Inde. La partition indienne déclenche une guerre civile. En 1948, Gandhi est assassiné par un fanatique hindou. Les représailles en Algérie. Les soldats musulmans de l’armée française sont victimes de représailles après l’indépendance. Plusieurs milliers se réfugient en France. Près d’un million de Français d’Algérie (pieds-noirs) quittent l’Algérie pour la métropole.

Les déceptions du tiers-monde. La naissance du tiers-monde et du non-alignement. En 1955, l’Inde et l’Algérie participent à la conférence de Bandoung (Indonésie) où 29 pays condamnent le colonialisme. En 1961, à Belgrade, 25 pays refusent de s’aligner sur le bloc soviétique ou le bloc occidental. Des sommets, comme celui d’Alger en 1973, réaffirment périodiquement ce principe. L’éclatement du tiers-monde. La crise pétrolière des années 1970 met en évidence l’hétérogénéité du tiers-monde. Le non-alignement, jamais vraiment réalisé, devient symbolique après l’éclatement du bloc soviétique en 1989.

L’Inde et l’Algérie, deux voies différentes. L’Inde, un pays paradoxal. L’Inde est une démocratie d’un milliard 272 millions d’habitants. Après un compromis entre capitalisme et socialisme, elle a libéralisé son économie. L’autosuffisance alimentaire est réalisée : l’Inde dispose d’industries de haute technologie et de la bombe atomique. Mais les inégalités régionales sont importantes et le développement de tous les Indiens, mal assuré. L’Algérie, un régime autoritaire. La République algérienne, démocratique et populaire a joué le rôle de « phare du tiers-monde » dans les années 1960-1970. Dominée par un parti unique, le FLN, elle est devenue multipartite en 1989. La montée des islamistes a provoqué, dans les années 1990, une terrible guerre civile. L’Algérie tire ses plus grandes ressources du pétrole et du gaz naturel.

      

SITUATION 1. GANDHI ET LA NON-VIOLENCE

Gandhi (1869-1948), surnommé « Mahatma » (la « Grande Âme »), a joué un rôle déterminant dans l’indépendance de l’Inde.

Un leader exceptionnel. Une formation d’avocat. Gandhi est un hindou, né dans la caste des Vayshia (les marchands). Après des études de droit à Londres, il s’installe en Afrique du Sud et défend la cause des Indiens immigrés. Le rejet de la colonisation. En 1914, Gandhi rentre en Inde. Son objectif est de mettre fin à l’exploitation coloniale britannique. Symboliquement, il s’habille à l’indienne, fabrique lui-même ses vêtements et devient végétarien.

L’action par la non-violence. Une philosophie traditionnelle. Gandhi choisit un mode d’action à la fois moral et politique. Sa non-violence est basée sur l’idée de l’ahimsa (le refus du recours à la violence). Des méthodes diverses. Gandhi organise le boycott des produits britanniques, déclenche des marches de protestation, comme la marche du sel en 1930, contre le monopole de vente anglais. Il poursuit des grèves de la faim et est emprisonné plusieurs fois. Des actions décisives. Une grande partie de l’opinion publique le soutient. Son action, ajoutée au contexte favorable de l’après-guerre, aboutit à l’indépendance de l’Inde en 1947. Il n’évite pas toutefois la partition entre le Pakistan et la République indienne.

Un mythe mondial. Le « Père de la nation indienne ». Gandhi meurt en 1948, assassiné par un fanatique hindou. Le jour anniversaire de sa naissance (2 octobre) est une fête nationale en Inde. Ce jour-là aussi, l’ONU célèbre la journée de la non-violence. Un exemple pour d’autres leaders. La revendication par la non-violence a servi de modèle pour d’autres causes dans le monde, notamment pour le Mouvement des droits civiques de l’Américain Martin Luther King.

      

SITUATION 2. LA TOUSSAINT 1954.

Le 1er novembre 1954, une série d’attentats perpétrés par le FLN déclenchent la guerre d’Algérie.

L’Algérie en 1954. Des communautés inégales. La population algérienne, majoritairement rurale et peu scolarisée, manque de terres et occupe, en majorité, des emplois subalternes. À l’Assemblée algérienne, les 8.4 millions d’Algériens sont représentés par le même nombre de députés que les Français (984 000). Des mouvements nationalistes divisés. Des mouvements nationalistes divisés. Les mouvements anticolonialistes revendiquent l’indépendance ou l’autonomie. Ils sont réformistes ou révolutionnaires.

La « Toussaint rouge ». Une action coordonnée. Le 1er novembre 1954, le jour de la Toussaint dans le calendrier catholique, 70 attentats éclatent dans une trentaine de points disséminés sur le territoire algérien. Ils font 8 victimes. L’action du FLN. Les attentats sont organisés par le Front de libération nationale (FLN), créé le 10 octobre 1954, avec entre autres fondateurs Ben Bella. Le mouvement fait le choix de la lutte armée.

Des conséquences majeures. La proclamation du FLN. Le FLN annonce ses objectifs : l’indépendance dans le cadre des principes islamiques et dans le respect des libertés fondamentales. Il appelle le peuple algérien à s’associer à « la lutte nationale ». Il sollicite aussi le soutien international, en particulier celui des Nations unies. La riposte française. Le gouvernement Mendès France refuse l’indépendance. Il proclame l’état d’urgence, envoie des CRS et des parachutistes. Des réformes sont cependant envisagées. C’est en fait la guerre d’Algérie qui vient de commencer.

     

MOTS-CLÉS

Décolonisation : processus qui conduit à l’indépendance des territoires dominés et colonisés par des puissances européennes.

Indépendance : fait, pour une colonie, de rompre tous les liens de subordination avec sa puissance dominante et de devenir un État souverain.

Tiers-monde : l’expression, créée par le Français Alfred Sauvy, date de 1952. Elle désigne l’ensemble des pays en développement en référence avec le tiers état d’avant 1789 en France et par opposition aux deux blocs de la guerre froide.

      

ACTEUR-CLÉ

Gandhi (1869-1948). Homme politique indien, avocat de formation, surnommé « le Mahatma » (« la grande âme »). Contre la colonisation britannique, son action, basée sur la non-violence, a abouti à l’indépendance de l’Inde. Gandhi n’a cependant pas pu éviter la partition de son pays. Il meurt assassiné par un extrémiste hindou en 1948.

        

REPÈRES CHRONOLOGIQUES

1830 : conquête de l’Algérie par la France.

1858 : passage de l’Inde sous la souveraineté britannique.

1930 : marche du sel organisé par Gandhi.

1947 : indépendance et partition de l’Inde.

1954 : « Toussaint rouge » en Algérie.

1962 : accords d’Évian et indépendance de l’Algérie.

         

HISTOIRE – LE MONDE DEPUIS LE TOURNANT DES ANNÉES 1990

      

LA FIN D’UN MONDE BIPOLAIRE

L’effondrement du modèle soviétique, entre 1989 et 1991, met fin à la bipolarisation du monde.

La fin des démocraties populaires. La force des mouvements contestataires. Malgré la répression et la censure, l’opposition se maintient, comme en Pologne, avec, depuis les années 1980, le syndicat libre Solidarnosc. Les réformes de Mikhaïl Gorbatchev. Gorbatchev, nouveau secrétaire du parti communiste soviétique, engage des réformes qui donnent de l’espoir aux opposants. À côté des réformes économiques (la perestroïka, « reconstruction »), il promet la glasnost «(« transparence »). Il décide de ne plus intervenir dans les démocraties populaires. La vague révolutionnaire. En 1989, les gouvernements communistes de Pologne, de Tchécoslovaquie, de RDA sont renversés. Des révolutions violentes éclatent avec succès en Roumanie et en Bulgarie. Le 9 novembre, le mur de Berlin s’ouvre. L’Allemagne est réunifiée le 3 octobre 1990.

L’effondrement de l’Union soviétique. L’échec des réformes. Les réformes provoquent de graves difficultés économiques. Elles mécontentent à la fois les libéraux et les conservateurs. Le réveil des nationalités. Les républiques qui composent l’Union soviétique réclament leur indépendance. Le 21 décembre 1991, l’URSS fait place à la Communauté des États indépendants (CEI), avec 11 des anciens membres de l’Union soviétique. La fin du bloc communiste. Toutes les organisations économiques et militaires qui liaient les anciennes démocraties populaires et l’Union soviétique sont dissoutes.

L’extension de la démocratie libérale. Le choix du libéralisme. Les anciens régimes communistes d’Europe adoptent le multipartisme, établissent à des degrés divers les libertés fondamentales et le respect des droits de l’home. Ils adoptent aussi l’économie de marché.

      

LES INCERTITUDES ET LES CRISES D’UN MONDE GLOBALISÉ

La fin de la bipolarisation conduit à réinventer un nouvel ordre mondial.

Une nouvelle hiérarchie mondiale. L’hyperpuissance des Etats-Unis. Après l’implosion de l’Union soviétique, les Etats-Unis restent la seule grande puissance dans le monde. Leur domination est économique, technologique, militaire et culturelle. La montée de nouvelles puissances. Progressivement, pourtant, le monde devient multipolaire. Des puissances émergentes comme l’Inde ou le Brésil et surtout la Chine s’affirment de plus en plus sur la scène internationale. De nouveaux acteurs. Les GAFA (multinationales du web), les organisations non gouvernementales jouent un rôle mondial croissant. Les ONG s’occupent d’enjeux planétaires comme le développement durable.

La multiplication des guerres civiles. Des affrontements internes. On assiste à l’affrontement entre nationalités, comme dans l’ex-Yougoslavie, à des conflits interethniques en Afrique ou politiques et religieux comme au Moyen-Orient. Ces luttes débouchent parfois sur des génocides, comme au Rwanda en 1994 ou à Srebrenica, en Bosnie, en 1995 et provoquent l’exode de millions de migrants.

La lutte contre le terrorisme. La menace terroriste. La menace est majeure et globale. Le réseau terroriste islamiste Al-Qaïda a pu frapper les Etats-Unis, au cœur même de New York, le 11 septembre 2001. En 2015, à Paris, Daech, l’État islamique a perpétré de graves attentats. Les interventions américaines. Sous George W. Bush, les Etats-Unis interviennent en 2001 en Afghanistan avec l’OTAN, et en 2003 en Irak sans l’accord de l’ONU. Ils dirigent aussi la coalition internationale contre l’État islamique en Irak et en Syrie depuis 2014. Un combat international. L’ONU oblige les États à prendre des mesures législatives contre le terrorisme. Des pays comme la France interviennent également, ainsi au Mali ainsi qu’en Irak et en Syrie.

       

SITUATION 1. LA CHUTE DU MUR DE BERLIN

Le 9 novembre 1989, la chute du « mur de la honte » représente symboliquement la fin de la guerre froide.

Berlin, une ville divisée et occupée. Les secteurs d’occupation. Depuis 1945, Berlin est divisée en quatre secteurs d’occupation : soviétique à l’est, américain, britannique et français à l’ouest. La naissance des deux Allemagnes. La guerre froide entre l’Est et l’Ouest aboutit à la division de l’Allemagne en deux États séparés : la République fédérale d’Allemagne (RFA) à l’ouest et la République démocratique allemande (RDA) à l’est. Berlin devient une enclave dans la RDA. L’édification du mur. À partir du 13 août 1961, la RDA édifie un mur entre Berlin-Est et Berlin-Ouest afin de stopper l’exode vers l’ouest. Entre 1961 et 1981, 80 personnes mourront en tentant de franchir le mur.

La chute du mur. Un contexte favorable. La politique réformiste de Mikhaïl Gorbatchev en Union soviétique encourage les oppositions dans les démocraties populaires. Les manifestations massives se multiplient. Le régime communiste de la RDA est ébranlé. L’ouverture du mur. Le 9 novembre 1989, les autorités est-allemandes accordent la liberté de circulation. Le mur est ouvert et démantelé.

La réunification allemande. La préparation. Sur la base d’un plan proposé par le chancelier de la RFA, Helmut Kohl, le traité du 12 septembre 1990 entre Allemands et puissances alliées autorise la réunification. La proclamation. Le 3 octobre 1990, l’Allemagne est officiellement réunifiée.

      

SITUATION 2. LE 11 SEPTEMBRE 2001

Les attentats du 11 septembre 2001 déterminent les Etats-Unis à entrer en guerre contre le terrorisme international.

L’attaque terroriste. Des frappes ciblées. Le 11 septembre 2001, les deux tours du World Trade Center à New York, symbole du capitalisme occidental, s’écroulent, touchées par deux avions de l’American Airlines. À Washington, le Pentagone est également la cible d’un autre avion terroriste. L’implication des réseaux internationaux. Les attentats sont attribués au réseau terroriste islamiste Al-Qaïda, dirigé par Oussama Ben Laden. Al-Qaïda a, par la suite, revendiqué ces attaques. Un très lourd bilan. 2976 victimes ont été dénombrées dans les attentats, ainsi que des milliers de blessés.

La réaction américaine. Les Etats-Unis en deuil. Des cérémonies font partager l’émotion du drame au monde entier. Dans un monde devenu global, les Etats-Unis constatent aussi leur vulnérabilité. Une stratégie préventive. Afin de préserver la sécurité nationale, les Etats-Unis décident des attaques préventives contre les « États voyous », alliés du terrorisme. Le combat contre le terrorisme devient aussi une lutte idéologique.

Des interventions massives. Une politique unilatérale. Les Etats-Unis interviennent, avec l’OTAN, en Afghanistan. Mais c’est par une décision unilatérale, avec une coalition restreinte, qu’ils interviennent en Irak. La recherche des responsables. À l’issue d’une longue traque, Ben Laden est tué en mai 2011, au Pakistan, par une opération américaine menée secrètement.

       

MOTS-CLÉS

Démocratie libérale : régime politique qui garantit les libertés individuelles. Ce régime repose sur l’expression des citoyens par le vote et sur l’idéal de la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire).

Économie de marché : système économique dans lequel les biens, les services et les capitaux s’échangent librement en fonction de l’offre et de la demande.

Modèle soviétique : système politique, économique, social et culturel qui affirme l’idéal d’une société sans classes. Le modèle s’appuie sur un parti unique, le parti communiste. Les moyens de production sont contrôlés par l’État.

      

ACTEURS-CLÉS

George W. Bush (né en 1946). Membre du parti républicain, il est président des Etats-Unis de 2000 à 2008. À la suite des attentats du 11 septembre 2001. Sa présidence est marquée par la « guerre contre le terrorisme » et les interventions américaines en Afghanistan et en Irak. Il est le fils de George Bush (né en 1924), président des Etats-Unis de 1989 à 1993, qui eut à gérer le nouveau rôle mondial des Etats-Unis après l’implosion de l’Union soviétique.

Mikhaïl Gorbatchev (né en 1931). Dirigeant soviétique, il contribue à mettre fin à la guerre froide. Il ne peut cependant éviter l’implosion de l’Union soviétique en 1991.

Barack Obama (né en 1961). Démocrate, président des Etats-Unis de 2008 à 2016. Il désengage les Etats-Unis d’Irak ; il commande l’opération qui aboutit à la mort du chef d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, en 2011. Le successeur d’Obama est le républicain Donald Trump (né en 1946) qui poursuit la guerre contre le terrorisme mais dont la devise est « America First ».

      

REPÈRES CHRONOLOGIQUES

1989 : chute du mur de Berlin.

1990 : réunification de l’Allemagne.

1991 : dissolution de l’Union soviétique.

2001 : attentats du 11 septembre contre les Etats-Unis. Début de l’intervention américaine en Afghanistan.

2015 : attentats des 11 janvier et 13 novembre à Paris.

      

GÉOGRAPHIE

       

GÉOGRAPHIE – LA FRANCE DANS L’UE ET DANS LE MONDE

      

UN TERRITOIRE OUVERT SUR L’EUROPE ET LE MONDE

Le territoire français s’est construit sur un espace ouvert et diversifié. La population compte 64.8 millions d’habitants (près de 70 avec l’outre-mer).

Un territoire ouvert. Un « finisterre » de l’Europe. Le territoire français est situé à l’extrémité occidentale du continent eurasiatique. Il s’ouvre sur quatre mers ou océans : l’océan Atlantique, la Manche, la mer du Nord et la Méditerranée. La France, au moins dans sa partie orientale, est située dans le grand ensemble urbain et économique de l’Union européenne. Le prolongement du territoire dans le monde. Le territoire métropolitain couvre 545 000 km2, auxquels s’ajoutent les 120 000 km2 de l’outre-mer, héritage de l’empire colonial français.

L’inégale répartition de la population. Les grands foyers de peuplement. Les espaces à dominante urbaine regroupent les 4/5e de la population (80%). Les plus fortes densités se trouvent dans les grandes villes, les grandes vallées, la majorité des littoraux. L’agglomération parisienne compte 12 millions d’habitants. Quatre régions concentrent 45% de la population : Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Nord-Pas-de-Calais Picardie, PACA. Les espaces de faible peuplement. La France est coupée en deux par la « diagonale du vide », des Pyrénées centrales aux pays de Meuse. Les Landes, le sud des Alpes et la Corse sont également faiblement peuplés.

Les mobilités de population. Les mobilités intérieures. Les déplacements pendulaires quotidiens, entre le lieu de résidence et celui de travail, concernent plus de 60% de la population. Il existe aussi des mobilités de loisirs, saisonnières ou de week-end. En outre, 2% des Français changent de résidence tous les ans (recherche d’un emploi, statut familial, quête d’un meilleur cadre de vie, départ à la retraite…). Le phénomène migratoire. La France est surtout un pays d’immigration. On compte 230 000 entrées légales en 2016. Les immigrés représentent environ 9% de la population française, dont près de 50% d’Européens.

      

LA FRANCE, UNE PUISSANCE EUROPÉENNE ET MONDIALE

La France fait partie du G8, groupe des huit plus grandes puissances de la planète, et réalise environ 6% des échanges mondiaux.

La France dans l’Union européenne. Un des États fondateurs de l’Europe. La France est l’un des principaux fondateurs et acteurs de la construction européenne, depuis le Conseil de l’Europe en 1949. Une grande puissance européenne. La France est le premier producteur et deuxième exportateur agricole de l’UE ; elle occupe le deuxième rang, derrière l’Allemagne, pour les produits industriels. Elle a adopté l’euro comme monnaie et réalise la majorité de ses échanges commerciaux et de ses investissements avec l’UE. Elle participe à des programmes européens, comme ceux d’Airbus industries ou d’Arianespace.

La France, une puissance économique mondiale. La sixième puissance économique du monde. La France, importante exportatrice de services, est la quatrième puissance bancaire du monde. Ses multinationales investissent dans le monde entier et la France est un important pays d’accueil des investissements directs à l’étranger (IDE). Les limites de la puissance économique. La balance commerciale accuse un déficit de près de 40 milliards d’euros. La dette publique est importante et la croissance a tendance à n’augmenter que faiblement. Le taux de chômage est élevé, autour de 9.5% des actifs.

La France, une puissance géopolitique et culturelle. Une puissance diplomatique et militaire. La France est l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle dispose de sa propre force nucléaire. Une présence planétaire. Grâce à ses territoires d’outre-mer, la France est présente dans toutes les parties du monde. Des accords de coopération la lient à des pays en développement, plus particulièrement ceux de la « zone franc ». Une puissance culturelle. La France est la première destination touristique mondiale. Le français est parlé par près de 220 millions de personnes dans le monde.

      

SITUATION 1. PARIS, VILLE MONDIALE

Paris compte 2.2 millions d’habitants, 7 millions dans la Métropole du Grand Paris et plus de 12 millions d’habitants dans la région Île-de-France. La capitale française est l’une des grandes métropoles mondiales.

Un centre décisionnel national et mondial. La capitale politique et administrative de la France. Paris est le siège du pouvoir politique de la France. On y trouve les résidences du président de la République (l’Élysée), du Premier ministre (Matignon) et les sièges des chambres du Parlement (Assemblée nationale et Sénat). Le siège d’organisations internationales. Paris est aussi le siège de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ainsi que celui de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Un lieu d’accueil de grandes entreprises mondiales. Paris occupe le deuxième rang européen, après Londres, pour les implantations des grandes entreprises étrangères mondiales.

Un pôle majeur de communications. Un hub international. Paris est un carrefour de communications pour l’Union européenne. La capitale se trouve à quelques heures d’accès de ses partenaires. De grands aéroports internationaux. Le groupe Aéroports de Paris (Roissy, Orly, Le Bourget) génère un trafic de 97 millions de passagers en 2016 ; c’est le deuxième rang européen. Paris occupe le premier rang pour le trafic de marchandises. Le cœur d’un réseau routier et ferroviaire. Paris est un nœud routier et autoroutier. Le TGV relie la capitale à toutes les grandes villes européennes. Le Grand Paris express, avec 200 km de voies automatisées, 68 nouvelles gares est le plus vaste projet urbain en Europe.

Une capitale culturelle mondiale. La ville la plus visitée du monde. Paris reçoit annuellement plus de 30 millions de touristes, dont 45% d’étrangers. Une ville de congrès internationaux. Paris occupe le premier rang des villes d’accueil des salons, des conférences et des congrès dans le monde. Le risque d’une ville-musée. Cependant, Paris perd des emplois. Certains dénoncent un manque de dynamisme économique et un risque de « muséification ».

          

SITUATION 2. L’OUTRE-MER ET LA PUISSANCE FRANCAISE

Grâce à ses territoires d’outre-mer, la France s’assure une présence mondiale.

Un ensemble très diversifié. L’importance des PTOM. PTOM est l’appellation juridique de l’UE pour les pays et territoires d’outre-mer. Les PTOM français s’étendent sur 120 000 km2. Des statuts différents. On distingue plusieurs types de statuts : les départements et régions d’outre-mer, DROM (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion et Mayotte), les territoires d’outre-mer, Tom (terres Australes et Antarctiques françaises ou TAAF), les collectivités d’outre-mer, COM (Saint Pierre et Miquelon). La Nouvelle-Calédonie possède un statut particulier. Il existe enfin des terres appartenant au domaine public, comme Clipperton. Des milieux divers. L’outre-mer français, en majorité composé d’îles, sauf la Guyane, terre continentale de 85 000 km2, est surtout situé dans des mers tropicales.

Des économies fragiles. La domination du secteur tertiaire. La majorité des emplois relève du secteur tertiaire : administrations publiques, tourisme… Les transferts d’argent depuis la métropole sont massifs. L’agriculture est en crise et le secteur industriel peu important. Un fort taux de chômage. Le taux de chômage s’élève en moyenne entre 21 et 30%. Le chômage est d’autant plus aigu que de nombreux jeunes arrivent sur le marché du travail.

Des relations complexes avec la métropole. Des économies dépendantes. L’outre-mer reçoit des aides sociales de la métropole (prime d’activité…) allant jusqu’à 50% du PIB. Ces territoires reçoivent aussi des aides européennes. Les intérêts métropolitains. L’outre-mer représente un important intérêt géostratégique. La zone économique exclusive (ZEE) couvre plus de 10 millions de km2. L’intérêt scientifique. Les TAAF (Kerguelen, terre Adélie) accueillent des expéditions scientifiques.

     

MOTS-CLÉS

Puissance : capacité d’un État à peser sur les autres États, dans les domaines économique, financier, politique, diplomatique et culturel. La puissance peut être incomplète et ne s’exercer que dans un de ces domaines.

Unité urbaine : est considéré comme urbain (ou unité urbaine), un ensemble de communes sur lequel on trouve une zone de bâti continu, c’est-à-dire un espace au sein duquel il n’y a pas de coupure de plus de 200m entre deux constructions et où résident au moins 2000 habitants.

Zone économique exclusive (ZEE) : zone maritime qui s’étend jusqu’à 370 km des côtés d’un État et sur laquelle un État exerce des droits exclusifs en matière d’exploration, d’exploitation, de protection et de gestion des ressources (pêche, ressources minérales et énergétiques sous-marines).

      

DONNÉES-CLÉS

Nombre d’habitants : 66.9 millions (2016).

Indice de fécondité : 1.89 (2016).

Naissances : 747 000 (2016).

Décès : 574 000 (2016).

Espérance de vie : 79.4 (hommes), 85.4 (femmes) (2016).

Nombre d’immigrés : 6 millions (2014).

Nombre d’étrangers : 3.9 millions (2014).

% de population urbaine : 79.9 (2016).

       

GÉOGRAPHIE – ACTEURS ET ENJEUX DE L’AMÉNAGEMENT DES TERRITOIRES FRANÇAIS

      

LES ACTEURS DE L’AMÉNAGEMENT DES TERRITOIRES

Conçu dans un esprit d’égalité spatiale, l’aménagement des territoires fait intervenir de nombreux acteurs dont les compétences s’enchevêtrent.

Le rôle de l’État. Un rôle central et planificateur. À partir des années 1950, l’État et la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (DATAR), créée en 1963, s’efforcent de réduire les déséquilibres spatiaux, de moderniser l’appareil productif et de reconvertir les régions industrielles en difficulté. Le désengagement progressif. Depuis les années 1970, le rôle de l’État est moindre mais il continue à promouvoir des lois concernant l’ensemble du territoire (loi Montagne, 1985 ; loi littoral, 1986 ; loi SRU – Solidarité et renouvellement urbains, 2000…).

Le rôle des collectivités territoriales. Le tournant de la décentralisation. En 1982, 1983 et 2004, les lois de décentralisation donnent davantage de pouvoirs aux collectivités territoriales : régions, départements, communes… L’intercommunalité et le nouveau découpage régional. Dans les années 1990, les communes (35416 au 1er janvier 2017) se regroupent : communautés de communes, d’agglomérations, communautés urbaines. Depuis 2015, après concentration des régions, la nouvelle organisation territoriale distingue 13 grandes régions (la loi NOTRe).

Le rôle de l’Europe. Un budget spécifique. L’Union européenne dispose d’un budget dit « de cohésion territoriale », destiné à réduire les déséquilibres entre pays membres et ceux à l’intérieur des États. Elle distribue des aides financières, ou « fonds structurels », définis pour une période de 5 ans. Les organismes de répartition. Trois organismes répartissent les fonds : le fonds européen de développement économique régional (FEDER), qui aide les régions en difficulté, le Fonds social européen (FSE) et le Fonds de cohésion, destiné aux États les plus en difficulté.

     

LES ENJEUX DE L’AMÉNAGEMENT DES TERRITOIRES

L’aménagement des territoires s’inscrit dans une logique de compétitivité et de développement durable.

La logique de compétitivité. L’inscription dans la mondialisation. L’aménagement des territoires prend en compte les défis de la mondialisation. Ainsi, pour Paris, un équilibre doit être trouvé entre sa domination nationale et son rôle de métropole mondiale. La recherche de l’innovation. Depuis les années 1970, les technopôles se sont multipliés. Les systèmes productifs locaux (SPL), mis en place à partir de 1993, regroupent des entreprises pour mieux leur permettre d’affronter le marché mondial. Les pôles de compétitivité lancés en 2004, aident à la recherche.

La prise en compte de la gestion durable. Un objectif inscrit dans la Constitution. La loi Voynet (1999), la Charte de l’environnement (2004) puis la loi constitutionnelle de 2005 ont institutionnalisé le développement durable. La mise en œuvre des Agendas 21 locaux. Plus de 1200 collectivités territoriales ont adopté des Agendas 21 locaux afin d’améliorer la qualité de l’habitat, d’économiser les ressources naturelles et de renforcer l’attractivité territoriale. Ce sont les déclinaisons d’un texte adopté en 1992, lors du premier Sommet de la Terre à Rio.

La défense de l’équité territoriale. La notion de solidarité territoriale. Les objectifs de l’aménagement visent aussi à promouvoir le progrès social, à réduire les inégalités et à parvenir à plus de cohésion sociale. La politique de la ville. La loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains) de 2000 et les schémas de cohérence territoriale (SCOT) ont pour objectifs le développement urbain, l’amélioration de la qualité de vie et la mixité sociale. Le problème des régions rurales. L’aménagement des territoires a aussi pour but de donner une nouvelle dynamique aux espaces ruraux, en particulier les espaces dits « désertés ».

       

SITUATION 1. LE CONSERVATOIRE DU LITTORAL

Le Conservatoire du littoral protège les côtes et les grands lacs français.

La création du Conservatoire. Un établissement public. Le Conservatoire du littoral est un établissement public, créé en 1975, face au constat du bétonnage accéléré des côtes françaises. Un vaste champ d’action. Le Conservatoire intervient sur les espaces naturels et les paysages des rivages maritimes et lacustres (si les lacs concernés couvrent plus de 1000 ha). Il peut aussi intervenir en mer. Des objectifs ambitieux. Les objectifs sont de protéger ces espaces de manière définitive et de constituer un patrimoine protégé et inaliénable.

Les moyens d’action du Conservatoire. Le rachat des espaces menacés. Le Conservatoire rachète les terrains fragiles ou menacés. Il dispose d’un budget annuel e près de 60 millions d’euros et reçoit aussi des aides des collectivités territoriales, de l’UE, de mécènes ainsi que des dons. La préservation des espaces acquis. Le patrimoine constitué est restauré, protégé, valorisé. La surveillance et l’entretien sont assurés par 900 gardes du littoral. Des partenaires multiples. Le Conservatoire mène ses actions en partenariat avec les collectivités territoriales, les usagers, les fondations (comme la Fondation du Patrimoine) et les entreprises. Des conseils de rivage avec des élus départementaux et régionaux ont un rôle consultatif.

Les succès du Conservatoire. Un patrimoine conséquent. Le Conservatoire du littoral est devenu propriétaire de plus de 196 000 hectares, y compris outre-mer. Il assure la protection de 1450 km de côtes. L’ouverture au public. 40 millions de visiteurs fréquentent les espaces protégés. Le Conservatoire encourage les implantations scientifiques, les classes de patrimoine, les projets muséographiques.

       

SITUATION 2. UN AMÉNAGEMENT DANS UNE COMMUNAUTÉ DE COMMUNES

Conseils généraux pour répondre au sujet.

Les thèmes concernés. Le lieu envisagé. Les échelles : locale, nationale, européenne. Les objectifs de l’aménagement. Correspondent-ils au schéma de cohérence territoriale (SCOT) ? Au plan local d’urbanisme (PLU) ? Les travaux envisagés. Quelle est leur durée ? Leur financement ? Les moyens techniques mis en œuvre ? Les acteurs de l’aménagement : publics et privés, décideurs et opérateurs. Les réalisations sont effectuées. Le projet est-il mené à bien ? Les conséquences de l’aménagement, l’impact sur les acteurs de l’intercommunalité. Qu’en est-il du développement durable ? De la compétitivité ?

Les notions clés. Aménagement : action volontaire et réfléchie d’une collectivité sur son territoire afin de l’adapter aux besoins et d’y atténuer les disparités. Collectivité territoriale : structure administrative distincte de l’administration d’État, qui prend en charge les intérêts propres d’un territoire précis. Décentralisation : transfert par l’État, aux collectivités territoriales, d’une partie de ses pouvoirs et des ressources financières correspondantes. Intercommunalité : formes de coopération entre des communes, au sein d’un établissement public de coopération intercommunale (EPCI). Territoire : espace (quartier, commune, pays…) durablement occupé et aménagé par l’homme, et défini par une limite.

Les textes clés. Loi du 12 juillet 1999 (extraits). « La communauté de communes (…) a pour objet d’associer des communes au sein d’un espace de solidarité, en vue de l’élaboration d’un projet commun de développement et d’aménagement de l’espace. » Loi du 16 décembre 2010. La loi oblige chaque commune à adhérer à un EPCI. Elle crée de nouvelles structures de coopération intercommunales, les métropoles et pôles métropolitains. Elle est modifiée par la loi NOTRe (nouvelle organisation territoriale de la République) du 7 août 2015.

      

MOTS-CLÉS

Aménagement du territoire : ensemble des politiques mises en œuvre par des acteurs variés, de l’échelle locale à l’échelle européenne. Ces politiques sont destinées à prendre en compte les besoins et à organiser l’espace concerné au nom de l’équité territoriale.

Collectivité territoriale : structure administrative française autre que l’État, qui prend en charge les intérêts de la population sur un territoire précis. Il s’agit des communes, des départements, des régions (y compris d’outre-mer), des collectivités à statut particulier, des collectivités d’outre-mer.

Décentralisation : transfert de certaines compétences de l’État vers des collectivités territoriales.

      

REPÈRES CHRONOLOGIQUES

1963 : création de la Délégation à l’aménagement du territoire et l’action régionale (DATAR). Elle est devenue la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale.

1982-1983 : Lois Defferre sur la décentralisation.

1995-1999 : Lois sur l’intercommunalité (lois Pasqua, Chevènement).

2003 : Réforme constitutionnelle sur la décentralisation.

2015 : Loi NOTRe.

       

GÉOGRAPHIE – LES TRANSFORMATIONS DE L’ESPACE PRODUCTIF ET DÉCISIONNEL

        

LES MUTATIONS DES ESPACES PRODUCTIFS ET DÉCISIONNELS

Les transformations structurelles et la mondialisation entrainent des modifications de l’espace économique français.

Les mutations du système. La tertiarisation du système productif. Les services sont de plus en plus utilisés. Plus de 75% de la richesse nationale proviennent du tertiaire. De fait, la division en secteurs d’activité devient moins nette ; la recherche et la gestion comptent autant que la fabrication. L’ouverture sur le monde. L’économie française s’est internationalisée. Les grandes formes délocalisent. La France est l’un des grands investisseurs mondiaux. Le redéploiement structurel. La production s’adapte au marché international. La tendance est à la concentration, même si les PME-PMI restent dynamiques.

Les mutations spatiales. Les nouvelles données. L’essor des échanges entraîne de nouvelles localisations. L’accessibilité, la recherche, le cadre de vie, la main-d’œuvre sont pris en compte. La recherche de la synergie. Les technopôles associent industries de haute technologie, recherche et organismes financiers. Les pôles de compétitivité structurent en réseau entreprises et centres de recherche. Les clusters regroupent « en grappes », géographiquement, les entreprises d’une même filière.

Le mouvement de métropolisation. La polarisation autour des grandes villes. Les grandes villes, mieux desservies, concentrant les activités décisionnelles aussi bien économiques que politiques et culturelles, attirent les activités dynamiques. Elles concentrent les emplois, en particulier du tertiaire supérieur, et polarisent ainsi l’espace productif. La suprématie parisienne. Paris et la région Île-de-France dominent les autres pôles urbains. La région parisienne représente 30% du PIB français et 4% du PIB européen (troisième rang après le Grand Londres et la Lombardie).

       

LA DIVERSITÉ DES ESPACES PRODUCTIFS

La dynamique des espaces productifs inscrite dans une logique nationale, européenne et mondiale conduit à une forte diversité.

Les espaces productifs compétitifs. Les régions dominantes. Les régions Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes restent en tête des emplois et de la production de richesses. Les espaces de la haute technologie. Ces espaces s’appuient sur les technopôles, sur les pôles de compétitivité comme la Cosmetic Valley, à l’ouest et sud-ouest de Paris. Les espaces agricoles compétitifs. Le Nord, le Bassin parisien pratiquent une agriculture moderne et intensive, compétitive à l’exportation et soucieuse des normes environnementales. Les espaces ruraux sous influence urbaine et les vignobles de grands crus, comme le Bordelais, sont aussi des espaces dynamiques.

Les espaces industriels en reconversion. Les espaces d’industries traditionnelles. Les vieux bassins miniers, les espaces portuaires et industriels sur l’eau recherchent de nouvelles stratégies, liées pour certains à leur position frontalière. Les espaces des petites industries. Un grand nombre de petites entreprises, en particulier dans l’Ouest de la France, sont situées en milieu rural. Elles s’efforcent de s’adapter par la flexibilité de leur production.

Les espaces agricoles fragiles. Le modèle breton. L’agriculture est intensive et liée à l’industrie agroalimentaire, mais le modèle est en crise, face à la concurrence et à l’éloignement des marchés. Les zones de moyenne montagne et leurs périphéries. L’agriculture dépend souvent des aides nationales et européennes ainsi que des l’apport du tourisme. Les espaces ruraux en déprise. Les espaces ruraux, loin d’une influence urbaine, se déshumanisent. Les exploitations sont peu modernisées. Ces espaces perdent progressivement leurs services et se « ferment ».

      

SITUATION 1. L’ESPACE PRODUCTIF D’UNE MÉTROPOLE

Certaines grandes villes concentrent la population, les activités, les responsabilités. Ce sont des métropoles.

Le phénomène de métropolisation. La politique des métropoles d’équilibre. En 1963, la DATAR crée 8 métropoles d’équilibre destinées à faire contrepoids à l’hypertrophie parisienne : Lyon, Marseille, Lille-Roubaix-Tourcoing, Toulouse, Bordeaux, Nantes-Saint-Nazaire, Strasbourg, Metz-Thionville-Nancy. L’apport des capitales régionales. Progressivement, des capitales régionales sont assimilées aux métropoles d’équilibre : Clermont-Ferrand, Montpellier… La domination d’un réseau urbain. Les métropoles régionales sont organisées en système. Elles centralisent des fonctions tant économiques que politiques et culturelles, et exercent des fonctions de commandement. Depuis les lois de 2010 et 2014, la « métropole », nouvelle entité administrative est aussi un outil de gouvernance pour les territoires de plus de 400 000 habitants.

La recherche de la compétitivité. Des lieux d’innovation. Les métropoles favorisent l’implantation de centres de recherche, de parcs d’activités, de technopôles et d’universités. Des espaces de flux. Les équipements, les moyens de transport rapide contribuent, avec le cadre de vie et la main-d’œuvre qualifiée, à attirer les investisseurs. Les métropoles tendent à avoir plus d’échanges avec les réseaux nationaux et internationaux qu’avec leur territoire régional. Des espaces déconcentrés. Les métropoles régionales connaissent des taux de croissance démographique élevés. Leur extension se traduit par un fort étalement urbain.

Une géographie en mutation. L’importance de l’arc méridional. En dehors de Paris, métropole mondiale, et de l’exception lilloise, les métropoles régionales sont surtout situées le long d’un arc qui s’étire de Grenoble à Nantes et Rennes. La métropolisation accentue « l’effet Sud ».

        

SITUATION 2. L’ESPACE PRODUCTIF DANS LEQUEL EST SITUÉ L’ÉTABLISSEMENT

Depuis la décentralisation, les lycées dépendent des régions. Celles-ci sont diverses et s’insèrent plus ou moins dans le contexte international.

La région, un concept à plusieurs sens. La région géographique et historique. La région est une portion d’espace caractérisée par des facteurs communs. Ceux-ci peuvent porter sur le cadre naturel, la population, l’histoire, la culture. La région fonctionnelle. La région est fondée sur des critères économiques, sur des relations et des flux. Elle correspond à l’aire polarisée autour d’une ville. La région administrative. Créées en 1955, comme périmètres d’étude, les régions sont confirmées en 1960, en tant que circonscriptions administratives. Elles regroupent plusieurs départements. En 1964, l’État crée les préfets de région ; des conseillers régionaux sont élus au suffrage universel.

L’importance de la régionalisation. Les modalités de la décentralisation. La loi de 1982 fait de la région une collectivité territoriale, avec transfert de certaines compétences de l’État. La loi constitutionnelle de 2003, dite « Acte II de la décentralisation » consacre l’existence de la région dont les pouvoirs sont encore approfondis par les lois d’application. L’influence de la construction européenne. Les régions françaises s’insèrent dorénavant dans les réseaux européens. Elles reçoivent des aides de l’Union européenne par l’intermédiaire du Fonds européen de développement régional (FEDER). La recomposition des régions. La réforme territoriale de 2015 a réduit le nombre des régions de 22 à 13 réorganisé les compétences entre les différents échelons territoriaux.

La hiérarchie régionale. La primauté de la Région Île-de-France. Elle réalise le plus fort PIB des régions européennes et 30% de la valeur ajoutée des régions françaises. Les régions dynamiques ou fragiles. Le rayonnement de la région dépend de la position par rapport à l’Europe, de la présence de métropoles, d’emplois qualifiés, de la recherche.

      

MOTS-CLÉS

Espace productif : espace sur lequel s’exerce une économie dépassant la coupure traditionnelle en secteurs d’activité (primaire, secondaire, tertiaire).

Pôle de compétitivité : regroupement, sur un territoire, d’entreprises, d’organismes de recherche et de formation, fonctionnant en réseau afin d’augmenter la compétitivité d’un produit sur les marchés nationaux, européen et mondial.

Reconversion : transformation des activités ou des structures d’une production d’un espace économique en vue d’une adaptation aux évolutions du marché.

      

GÉOGRAPHIE – L’UNION EUROPÉENNE ET SES TERRITOIRES

       

L’UNION EUROPÉENNE, UN ESPACE À GÉOMÉTRIE VARIABLE

L’UE s’est peu à peu construite par des réalisations économiques et politiques.

L’UE, une construction géoéconomique. Le choix de l’économie de marché. Les pays membres de l’UE ont choisi le libre-échange et l’économie de marché. La politique économique repose sur la préférence communautaire et la libre circulation des marchandises et des hommes. L’unicité de la monnaie. 19 pays ont choisi d’utiliser une monnaie unique, l’euro. Pour être admis dans la zone euro, il faut satisfaire à des critères de convergence reposant sur une dette publique limitée. L’euro facilite aussi les échanges commerciaux dont 60% s’effectuent entre États membres de l’UE.

L’UE, une construction géopolitique. Le ciment des valeurs communes. Les membres de l’UE sont unis au nom de valeurs communes : la démocratie, le libéralisme, le droit et les libertés fondamentales. Les élargissements successifs. Aux six membres signataires des traités de Rome de 1957 se sont progressivement ajoutés d’autres États. L’élargissement s’est accéléré avec l’effondrement du bloc communiste. Mais le Royaume-Uni devrait quitter l’UE en 2019 (Brexit).

Le renforcement des coopérations. L’espace Schengen. Depuis les accords de Schengen (Luxembourg), en 1985, 22 États de l’UE plus la Suisse, l’Islande, la Norvège, Le Liechstentein forment un espace aux frontières ouvertes entre eux. Toutefois, un État peut momentanément suspendre ces accords. Les territoires d’outre-mer. Les pays d’outre-mer ne font pas partie de l’Union européenne. Cependant, leurs habitants sont citoyens européens. Des accords économiques et commerciaux lient ces pays à l’UE ; celle-ci, d’autre part, leur accorde des aides. Les partenariats. L’UE a des accords de partenariat avec des pays européens, dont certains sont candidats à l’adhésion, ainsi qu’avec des pays extraeuropéens.

       

LES GRANDS ENJEUX EUROPÉENS

L’Union européenne doit faire face, pour son avenir, à de nombreux enjeux politiques, économiques et sociaux.

L’enjeu politique. Le statut des États. L’UE n’est pas un État mais n’est pas non plus une fédération. Les tenants du fédéralisme, statut dans lequel le gouvernement européen serait au-dessus des États, s’opposent aux souverainistes, défendant une Europe des États. La conciliation des intérêts. Une des principales difficultés réside dans la conciliation des intérêts nationaux et des intérêts communautaires. Selon le principe de subsidiarité, une action est confiée à la collectivité la plu compétente pour cette tâche, que ce soit le département, la région, l’État ou l’UE elle-même. L’égalité entre les États. Grands et petits États sont en théorie égaux, mais les votes à la majorité qualifiée au Conseil de l’UE reposent sur l’importance de la population.

L’enjeu des frontières. La question de l’élargissement. Les discussions portent sur les limites à donner à l’Europe et sur les pays dont la candidature peut être acceptée. Les critères d’adhésion reposent sur la situation économique et sociale, la présence ou non d’institutions démocratiques, le respect des libertés fondamentales. Ainsi, l’entrée de la Turquie demeure un sujet de débats tout comme l’accueil des migrants. La question du Brexit. Un État peut se retirer de l’UE. En 2016, le Royaume-Uni, par référendum, a choisi de le faire. Le Brexit (British Exit) devrait être effectif en 2019.

L’enjeu de l’égalité économique et sociale. Les déséquilibres à l’intérieur des États. Le Fonds européen de développement régional (FEDER) apporte son aide aux régions en difficulté. Les déséquilibres entre les États. Les États sont très différents. L’Union européenne a pour enjeu le rééquilibrage des économies et l’harmonisation des législations.

       

SITUATION 1. LES FRONTIÈRES DE L’UNION EUROPÉENNE

L’UE, dont les frontières extérieures se sont élargies, constitue un espace attractif pour les immigrants.

La mobilité des frontières. Les effets de l’élargissement. Au fur et à mesure de l’entrée de nouveaux membres dans l’UE, celle-ci voit ses frontières reculer. Ce recul concerne principalement l’Est et le Sud de l’Europe. Les effets de l’espace Schengen. Les accords de Schengen (1985) ont ouvert les frontières intérieures des pays signataires. Le Royaume-Uni et l’Irlande ont refusé les accords mais l’Islande, la Norvège et la Suisse, non membres de l’UE, les ont signés. Les effets du Brexit. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, programmée pour 2019, montre que l’UE est un espace modulable, non figé.

La pression migratoire. Des arrivées massives. Des raisons familiales, économiques mais aussi politiques poussent des migrants vers l’Union européenne. En 2015, plus d’un million de migrants fuyant la guerre au Moyen-Orient ou pour des raisons économiques sont arrivés en Europe. Ils ont été plus de 350 000 en 2016 et plus de 100 000 en 2017. 1 million de demandes d’asile ont été déposées en 2015-2016.

Les difficultés d’une politique migratoire commune. Des plans d’urgence. Face à l’afflux massif de migrants, l’Union européenne a élaboré un plan de répartition par pays, avec des centres d’accueil et d’enregistrement (hotspots) en Italie et en Grèce. En 2016, cependant, un accord avec la Turquie permet de renvoyer dans ce pays, les migrants arrivés illégalement. L’Italie est désormais le pays d’arrivée principal et des milliers de migrants ont perdu la vie en traversant la Méditerranée. La fragilisation de l’espace Schengen. La libre circulation dans l’espace Schengen est remise en cause par certains États, sous l’effet de l’afflux des migrants et de la menace terroriste. En outre, les contrôles aux frontières extérieures de l’espace Schengen ont été renforcés.

       

SITUATION 2.  UN GRAND PROJET EUROPÉEN : GALILÉO

Galileo est un système européen de navigation par satellites.

Les caractéristiques du projet. Les origines. Galileo est destiné à supprimer la dépendance de l’Europe envers les deux grands systèmes de navigation existant, l’Américain GPS et le Russe Glonass. Le projet a été décidé par l’Union européenne en 2001. Un système complet. Galileo repose sur la mise sur trois orbites de 20 satellites (dont trois de réserve). Ces satellites doivent être positionnés en moyenne altitude, à 23222 m de haut. L’ensemble s’appuie sur un maillage d’infrastructures au sol, avec centres de contrôle et stations, et est complété par le service européen EGNOS, capable de corriger les données des systèmes de navigation. Les services offerts. Galileo concernera de multiples domaines : les transports, les travaux publics, l’agriculture, la prospection pétrolière, les secours… Il bénéficiera de cinq services de couverture : un service  ouvert (gratuit), un service commercial, un service de sauvegarde de vie, un service public réglementé et un service de sauvetage.

Les avantages du projet. Une meilleure couverture. En raison d’une inclinaison orbitale par rapport à l’équateur plus forte que celle des systèmes existants. Galileo pourra couvrir jusqu’au 75e degré de latitude Nord. Une grande précision. À terme, le système devrait délivrer les positions au mètre près et en toutes circonstances. Le responsable de l’émission d’un signal de détresse sera également averti de la réception de son signal.

La mise en œuvre du projet. La phase IOV (validation en orbite). Après deux lancements tests en 2005 et 2008, dix-huit autres satellites ont été lancés depuis octobre 2011. Quatre autres doivent l’être à la fin de 2017. Ces lancements sont effectués par une fusée russe Soyouz depuis Kourou, le centre spatial de Guyane. Les premiers services de Galileo sont opérationnels depuis décembre 2016.

La phase IOC (capacité opérationnelle initiale). Le programme devrait être achevé en 2020 mais des retards sont survenus en raison du coût des opérations et de certains dysfonctionnements (horloges atomiques).

       

MOTS-CLÉS

Espace Schengen : créé depuis 1985. Ensemble des pays européens ayant supprimé leurs frontières intérieures et qui, dans cet espace, assurent la libre circulation des hommes. Les frontières extérieures demeurent et sont surveillées.

Zone euro : territoires européens où l’euro est la monnaie en circulation. La zone est contrôlée par la Banque centrale européenne dont le siège est à Francfort.

       

REPÈRES CHRONOLOGIQUES

1951 : Traité de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA).

1957 : Traités de Rome. Naissance de la CEE.

1985-1995 : accords de Schengen.

1986 : Acte unique européen.

1992 : Traité de Maastricht. Naissance de l’Union européenne (UE) et de l’Eurocorps.

1999 : création d’Europol.

2007 : Traité de Lisbonne (entré en vigueur le 1er décembre 2009).

      

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE :

        

ZWANG Annie, Histoire-Géographie-EMC, Terminale Bac Pro, Tous les Bac Pro, Paris, Nathan technique, Réflexe, février-mars 2018.

06 novembre 2017

2 cours d'histoire-géographie-EMC de terminale professionnelle (août 2017)

ZWANG Annie, Bac Pro Commerce, Toutes les matières, 2ème/1re/Terminale, Paris, Nathan, Réflexe, août 2017.

          

GARCIO Jérémy, SORIA Arnaud de, Objectif Bac Pro Tertiaire et Industriel, Français, Histoire-Geo, EMC, Tle, Paris, Hachette Education, août 2017.

1 cours d'histoire-géographie-EMC de CAP (juin 2017)

GILLET Nathalie, PASCAL Martine, DURANDEAU Jean-Pierre, BERDUCOU Jean-Louis, PROST Alain, BOUTAINE Frédéric, LANDAT Jean-Claude, CORLIN Michel, RAYNAL Christian, Objectif CAP Industriel Tertiaire, Toutes les matières générales, Paris, Hachette Education, juin 2017.

1 cours d'histoire-géographie-EMC de seconde professionnelle (mai 2017)

CORLIN Michel, Objectif Bac Pro, Toutes les matières générales, 2nde, Paris, Hachette Education, mai 2017.

1 cours d'histoire-géographie-EMC de première professionnelle (mai 2017)

PROST Alain, CORLIN Michel, Objectif Bac Pro Commerce, Toutes les matières, 1re et Terminale, Paris, Hachette Education, mai 2017.

04 novembre 2017

1 cours d'histoire-géographie-EMC de terminale professionnelle (mai 2017)

PROST Alain, CORLIN Michel, Objectif Bac Pro Commerce, Toutes les matières, 1re et Terminale, Paris, Hachette Education, juin 2017.

04 mai 2017

1 cours d'histoire-géographie-EMC de seconde professionnelle (mars 2017)

APOLLON O., ESCARTIN C., Les nouveaux cahiers, Histoire-Géographie-Enseignement moral et civique, Bac Pro 2de, Foucher, mars 2017.

1 cours d'histoire-géographie-EMC de CAP (mars 2017)

HISTOIRE – VOYAGES ET DÉCOUVERTES, XVIe-XVIIIe SIÈCLE

      

Jusqu’en 1492, les Européens ne connaissaient que trois continents : l’Europe, l’Afrique et l’Asie. La découverte de l’Amérique, puis de l’Océanie va bouleverser le monde et le regard que les hommes lui portent. Quelles sont les causes et les conséquences des grandes découvertes ?

    

SITUATION 1. CHRISTOPHE COLOMB ET LA DÉCOUVERTE DE L’AMÉRIQUE. En 1490, Colomb pense à tort qu’il peut trouver une route commerciale directe vers l’ouest pour atteindre les Indes. Il estime, en effet, qu’une simple mer sépare l’Europe de l’Inde. En 1492, il découvre l’Amérique sans le savoir : après trois semaines de navigation, il débarque sur des îles sans savoir qu’elles appartiennent à des peuples inconnus sur un continent inexploré : l’Amérique. Dès le retour en 1493 de Colomb, les Européens prennent conscience que le monde est plus vaste qu’ils ne l’imaginaient. La réussite de Colomb va donc ouvrir la voie à d’autres explorations.

    

SITUATION 2. LE TOUR DU MONDE DE BOUGAINVILLE. À la demande du roi Louis XV, Bougainville entreprend un voyage autour du monde pour en explorer les richesses encore peu connues. Bougainville traverse le monde d’est en ouest, en passant par l’océan Atlantique jusqu’au Sud de l’Amérique, puis en traversant le Pacifique et en rentrant le long des côtes africaines. Bougainville découvre et rapporte des spécimens de nouvelles plantes comme le bougainvillier et décrit les mœurs des peuples rencontrés, notamment les Tahitiens.

    

SITUATION 3. JAMES COOK ET L’EXPLORATION DU PACIFIQUE. Au cours de ses trois voyages, le Capitaine J. Cook explore minutieusement le Pacifique, d’est en ouest et du nord au sud, en repassant plusieurs fois à certains endroits. Son objectif est de faire progresser les connaissances scientifiques dans de nombreux domaines. Cook embarque donc à son bord des savants et fait cartographier les côtes observées et les îles, comme Tahiti. Sur cette dernière, il observe la planète Vénus. De plus, dans des conditions de navigation extrêmement dangereuses, J. Cook cherche à vérifier l’existence du continent austral. Enfin, il participe au recensement de la faune et de la flore, qu’il fait connaître grâce à des gravures.

    

Aux XVIe et XVIIe siècles : élargir le monde pour s’enrichir et convertir. Dès la fin du XVe siècle, les Européens cherchent de nouvelles voies commerciales vers l’Asie. À la recherche d’or et d’épices et grâce aux progrès des instruments de navigation, les Portugais naviguent le long des côtes de l’Afrique (Bartholomé Dias) et de l’Inde (Vasco de Gama) et les Espagnols découvrent l’Amérique avec Christophe Colomb. Ces grandes découvertes provoquent un enrichissement de l’Europe grâce à l’arrivée massive de métaux précieux. Mais elles se font au détriment de la population amérindienne qui, sous prétexte d’évangélisation, c’est-à-dire d’expansion de la foi catholique, est mise en esclavage et disparaît en grande partie.

    

Au XVIIIe siècle : explorer le monde pour l’étudier et le comprendre. Au XVIIIe siècle, ce sont les Français et les Anglais qui sont les plus entreprenants mais pour des raisons différentes : leur objectif est d’étudier le reste du monde pour mieux le comprendre. Ils organisent donc des expéditions scientifiques, qui permettent de faire l’inventaire des peuples, des terres, de la faune et de la flore encore mal connus ou inconnus. Ainsi, Bougainville est le premier navigateur français à effectuer un tour du monde, alors que l’Anglais J. Cook sillonne à trois reprises l’océan Pacifique.

         

HISTOIRE – ÊTRE OUVRIER EN FRANCE DU XIXe AU XXIe SIÈCLE

       

À partir du XXe siècle, les nouveautés technologiques bouleversent les méthodes de travail, provoquent des révolutions industrielles qui voient se développer une nouvelles catégorie sociale : la classe ouvrière. Comment cette nouvelle classe sociale a-t-elle évolué du XIXe siècle au XXIe siècle ?

    

SITUATION 1. 1892, LA GRÈVE DE CARMAUX ET JEAN JAURÈS. La grève de Carmaux réunit un double objectif : l’amélioration des conditions de travail et des salaires au plan social, la reconnaissance effectif du suffrage universel par la République au plan politique. Jean Jaurès, un républicain et un humaniste. Il prend la défense de la cause ouvrière par des articles dans la presse et par des discours à l’Assemblée nationale. Au contact des mineurs, J. Jaurès deviendra un républicain socialiste. La victoire des mineurs de Carmaux est un symbole. Elle représente l’espoir d’avoir des représentants de leur classe sociale dans les instances locales et gouvernementales. Elle permettra de consolider les idées socialistes.

     

SITUATION 2. 1936, LES OCCUPATIONS D’USINE. L’arrivée du Front populaire (juin 1936-mars 1938) fait jaillir une espérance de progrès social. Premier gouvernement de gauche sous la troisième République, son programme répond aux réformes demandées par les ouvriers, laissés pour compte jusqu’alors dans un contexte de crise et d’instabilité politique. Un mouvement de grève spontané débouche sur des accords favorables aux ouvriers. Calmes et joyeuses, les grèves font plier le patronat qui signe les conventions collectives. Les lois sociales complètent ces décisions : avec les congés payés et la semaine de quarante heures, les ouvriers ont la possibilité d’avoir des loisirs.

      

SITUATION 3. ÊTRE OUVRIER CHEZ BERLIET À VÉNISSIEUX

Spécialisé dans les poids lourds, Marius Berliet (1886-1949) construit à partir de 1910 une usine nouvelle d’inspiration américaine, gigantesque, destinée à optimiser la production. L’entreprise est présente dans de nombreux pays. La taylorisation est introduite, elle vise à produire toujours plus par une organisation rationnelle du travail qui repose sur la division du travail : une tâche unique est effectuée par des ouvriers spécialisés (OS), sans qualification, soumis aux cadences infernales du rythme des machines. Une entreprise paternaliste ; elle développe des œuvres sociales : transport, crèches, écoles, cités et jardins ouvriers destinés à fidéliser les ouvriers.

     

SITUATION 4. PROGRÈS TECHNIQUES ET TRANSFORMATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL DANS UN SECTEUR DE PRODUCTION. Une mécanisation progressive. Au milieu du XIXe siècle, 60% des ouvriers travaillent dans le textile à partir de fibres naturelles. La machine à vapeur, puis le moteur électrique remplacent la force physique, améliorent les conditions de travail ; l’ouvrier paysan disparaît peu à peu pour former la classe ouvrière. Des machines de plus en plus performantes. Métiers Jacquard puis métiers électroniques remplacent l’homme, créent chômage et fermetures d’usines. Pour sauver les métiers du textile. Recherche et développement dans les métiers du textile permettent des innovations inédites face aux pays ateliers qui les fabriquent.

     

De la naissance au déclin de la classe ouvrière. Au début du XIXe siècle, la machine à vapeur déclenche une révolution industrielle en transformant les modes de travail. Le besoin de main-d’œuvre sur les machines provoque l’exode rural. Apparaît un nouveau groupe social : la classe ouvrière. Au début du XXe siècle, le travail à la chaîne permet à l’ouvrier spécialisé (l’OS) de produire plus ou moins de temps. De nouvelles énergies, l’électricité puis le pétrole favorisent le développement industriel, la classe ouvrière s’accroît et forme le tiers de la population active dans les années 1970. Mais, à la fin du XXe siècle, la robotisation supprime les emplois ouvriers, la machine remplace l’homme et le monde ouvrier disparaît peu à peu.

     

Une conscience de classe qui s’affirme et revendique. Mal payés, sans défense, soumis aux cadences des machines, les ouvriers s’engagent dans des grèves, violemment réprimées. Prenant conscience de leur nombre et de leur force, ils se regroupent dans des syndicats pour défendre leur condition de travail. Ils participent aussi au mouvement socialiste qui dénonce les excès de l’exploitation du capitalisme. Avec l’arrivée de la République en 1870, ils obtiennent, par le droit de vote et de nombreux combats, des lois en leur faveur.

     

Une culture ouvrière qui s’affiche. Les ouvriers développent une culture ouvrière originale, unis autour de symboles et de valeurs fortes : le drapeau rouge, la République, la solidarité, etc. L’accès à la société de consommation, s’accompagne de nouvelles formes de loisirs, modestes, (camping, vélo…) propre aux ouvriers. Le cinéma, la chanson populaire mettent aussi en valeur cette sociabilité nouvelle.

     

HISTOIRE – LA RÉPUBLIQUE EN FRANCE

      

La République est une forme constitutionnelle de gouverner un État dans laquelle les détenteurs du pouvoir sont élus par les citoyens, qui ont des droits et des devoirs civiques. Dans une démocratie, le peuple a le pouvoir, les citoyens représentent la majorité de la population adulte, sans distinction de niveau social ou de fortune. Comment évolue l’expérience républicaine au fil des cinq républiques démocratiques qui se succèdent en France depuis 1792 ?

     

SITUATION 1. LE DROIT DE VOTE EN FRANCE, ÉVOLUTION ET DÉBATS. Le vote, une lente conquête républicaine. Pendant la Révolution, les Français expérimentent le droit de voter et d’être élus. Le suffrage, d’abord censitaire (vote réservé à ceux qui payaient un impôt, le « cens »), devient progressivement universel, pour les hommes (1848) et les femmes (1944). Le suffrage universel en débat. Les partis politiques s’opposent longuement pour obtenir que le vote ne soit plus lié à la fortune. Les Républicains réclament l’éducation massive des citoyens, pour qu’ils puissent être libres et responsables dans leur vote. Le vote des femmes, une conquête majeure. Les femmes mettent plus d’un siècle à obtenir le droit de voter. Elles réussissent à s’imposer dans la société malgré des discriminations.

     

SITUATION 2. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE SOUS LA Ve RÉPUBLIQUE. Le Président, chef de l’État, tient son pouvoir des citoyens. Le général de Gaulle établit en 1958 un pouvoir présidentiel fort, capable d’équilibrer celui du parlement. Par le référendum, le Président peut s’adresser directement au peuple qui l’élit. Des pouvoirs étendus… Le chef de l’État protège les valeurs, les principes et les symboles de la République. Chef des armées et de la diplomatie, il garantit l’indépendance de la France et le respect des traités internationaux. … Mais limités par la Constitution. Le Président organise l’application des lois avec le gouvernement tandis que le parlement les vote. Il prend des décisions militaires ou diplomatiques en accord avec le parlement et le gouvernement. En démocratie, les pouvoirs doivent être séparés, répartis entre plusieurs individus ; c’est pourquoi le Président partage avec d’autres institutions la plupart de ses fonctions.

     

SITUATION 3. RÉPUBLIQUE ET LAÏCITÉ, LA LOI DE 1905. La laïcisation progressive de la République. La laïcité est le fruit d’une longue histoire de conflits entre l’État et les Églises. La Révolution proclame la liberté d’opinion religieuse, mais celle-ci est fréquemment remise en question. Sous la IIIe République, les républicains multiplient les lois destinées à affirmer l’égalité et la liberté de croyance pour tous. La loi de séparation des Églises et de l’État. Après de longs débats, la loi de 1905 fait de la France un État laïque, qui protège et respecte toutes les croyances. Une loi qui s’impose malgré l’opposition. La loi de 1905 est marquée par des débats violents. Le respect de la liberté religieuse de chaque citoyen s’installe progressivement et finit par l’emporter sur les conflits.

    

La République s’installe progressivement. Les Français, déçus de la monarchie, proclament la Ire République en 1792. Elle s’appuie sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789) et repose sur trois valeurs : égalité, liberté, fraternité. Elle est définie dans un texte fondamental, la Constitution. Un régime qui survit aux crises politiques, économiques et sociales. La République est fréquemment contestée et renversée de 1792 à 1870 par des régimes autoritaires (Terreur, régime napoléonien, restaurations monarchiques), au fil des crises. La IIIe République, établie en 1870, survit à la Première Guerre mondiale, mais s’effondre en 1940, vaincue par le régime nazi lors de la Seconde Guerre mondiale. La IVe République renaît en 1946 mais s’effondre dans les guerres de décolonisation. La Ve République s’installe durablement à partir de 1958.

    

Des valeurs et des principes républicains. La République française est un régime démocratique dans lequel les citoyens ont le pouvoir. Ils élisent des représentants, qui votent des lois pour favoriser le bien-être de la population. Les citoyens obtiennent des droits civiques qui les attachent au régime. La IIe République installe le suffrage universel masculin et abolit l’esclavage en 1848. Il faut attendre 1944 pour que les femmes votent. La IIIe République soutient les libertés d’expression et d’association. Elle rend l’État laïc par la loi de 1905 (tolérance envers toutes les croyances) ; les lois Jules Ferry (1881-1882) créent une école publique, gratuite, obligatoire et laïque, qui forme les futurs citoyens et citoyennes. La IVe République, démocratique et laïque, s’affirme également sociale (aides pour tous les citoyens) et indivisible (lois identiques pour tous). Depuis 1958, la Ve République équilibre les pouvoirs du Président et du parlement pour mieux résister aux crises. Des symboles rassemblent les citoyens autour des mêmes valeurs et principes de la République : le drapeau, la devise, La Marseillaise, Marianne, fêtes nationales (14 juillet).

      

HISTOIRE – GUERRES ET CONFLITS EN EUROPE AU XXe SIÈCLE

       

Au XXe siècle, de nombreux conflits ont ravagé le continent européen. Les deux guerres mondiales ont été les pires conflits de toute l’histoire de l’humanité. Pourquoi le continent européen a-t-il été marqué par les guerres et conflits du XXe siècle ?

     

SITUATION 1. VERDUN ET LA MÉMOIRE DE LA BATAILLE : UNE PRISE DE CONSCIENCE EUROPÉENNE ?

Gigantesque affrontement d’artillerie lourde, Verdun (1916) a été une des batailles les plus sanglantes de la Première Guerre mondiale. Longue de dix mois, sans percée ni recul significatif du front pour les armées allemande et française, elle est le symbole de toutes les horreurs de la guerre. « L’enfer de Verdun » a amené des artistes à envisager une représentation particulière de la violence extrême des combats. Verdun est aujourd’hui un des lieux les plus importants pour commémorer la Première Guerre mondiale. Les cérémonies célèbrent la réconciliation et la paix entre Européens.

     

SITUATION 2. LE GÉNOCIDE JUIF : UN CRIME CONTRE L’HUMANITÉ

Au pouvoir à partir de 1933, le régime nazi légalise l’antisémitisme, doctrine raciste contre les Juifs. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Juifs des territoires occupés par les nazis sont exclus de la société et sont enfermés dans des ghettos. À partir de 1941, l’élimination méthodique des Juifs commence : des unités mobiles nazies d’extermination sont chargées de tueries systématiques sur le front de l’Est. En 1942, la « solution finale » est décidée : la déportation de millions de Juifs vers les centres de mise à mort, tous situés dans la Pologne occupée. Environ 5.1 millions de Juifs ont été assassinés. L’énormité du crime est telle qu’à la fin de la guerre le mot « génocide » est créé. Un nouvel acte d’accusation apparaît : le crime contre l’humanité qui est imprescriptible quelle que soit la date à laquelle il a été commis.

     

SITUATION 3. UN CONFLIT LOCALISÉ RÉCENT : LA GUERRE EN BOSNIE-HERZÉGOVINE (1992-1995)

État européen situé dans les Balkans, la Yougoslavie regroupe de nombreux peuples par sa diversité linguistique et religieuse. Ce pays comprend six républiques. La montée des nationalismes conduit quatre d’entre elles, dont la Bosnie-Herzégovine, à proclamer leur indépendance en 1991-1992. La Serbie est hostile à l’éclatement de la Yougoslavie. Les forces serbes entrent en 1992 en Bosnie-Herzégovine et déclenchent une guerre civile. Secondées par les Serbes déjà présents dans cette république, elles dirigent le siège de Sarajevo. Des massacres ont lieu. L’expulsion massive des non-Serbes, pratique de purification ethnique, est organisée. La guerre de Bosnie-Herzégovine prend fin en 1995. Les pertes humaines sont estimées à près de 100 000. Cette guerre a révélé les tensions nationalistes et la fragilité de la paix en Europe.

      

L’Europe, théâtre de guerres et tensions multiples. L’Europe, théâtre de guerres et tensions multiples. Au XXe siècle, l’Europe est confrontée à de nombreuses guerres : deux guerres mondiales qui commencent en Europe, des guerres civiles, la Guerre froide. L’Europe anéantie. C’est en Europe que les deux guerres mondiales causent le plus grand nombre de victimes et de destructions. L’ampleur des pertes civiles s’explique par les crimes commis en temps de guerre et les bombardements aériens massifs. L’Europe guerrière. Lors des deux guerres mondiales, l’Europe mobilise tous les moyens (en hommes, en argent, en matériel) pour vaincre l’adversaire, y compris les civils : la guerre devient totale. Au cours du XXe siècle, la science et la technologie mises en service de la destruction aboutissent à une puissance de feu inédite. Jusqu’alors terrestre et maritime, la guerre devient aussi aérienne.

       

GÉOGRAPHIE – LE DÉVELOPPEMENT INÉGAL

       

Le développement se traduit par l’amélioration des conditions de vie d’une population, et il varie d’une société humaine à une autre : les inégalités se situent à l’échelle de la planète, à l’intérieur des États et sur le plan local. Comment ces inégalités se manifestent-elles ?

      

SITUATION 1. LES INÉGALITÉS FACE À LA SANTÉ DANS LE MONDE

Des indicateurs de santé universels. L’état de santé d’une population se mesure par l’espérance de vie, le taux de mortalité infantile, le pourcentage d’individus vaccinés. Il est lié à l’accès aux soins et à une bonne hygiène. Des inégalités à toutes les échelles. Les inégalités persistent entre les États et à l’intérieur même des États, malgré une amélioration de la santé de la population mondiale. De nombreux démunis n’ont pas accès aux soins, souvent trop coûteux. Les inégalités restent fortes entre villes et campagnes et entre régions. Elles ne concernent pas seulement les pays en développement. Trouver des solutions pour limiter les inégalités est une nécessité pour le développement. L’aide humanitaire joue un rôle décisif dans la lutte contre les épidémies, comme dans l’information des populations.

      

SITUATION 2. LES INÉGALITÉS DANS L’ACCÈS À L’EAU

Prés d’un milliard de personnes dans le monde n’ont pas un accès facile à l’eau potable. De fortes inégalités existent. Les États développés sont bien pourvus, les États en développement n’ont pas un accès sûr. Dans les pays pauvres, les habitants des quartiers riches bénéficient de systèmes d’assainissement, ceux des bidonvilles n’ont pas l’eau courante. À la ville et à la campagne, la « corvée d’eau » incombe aux femmes et aux enfants. L’eau non potable est à l’origine de décès, de maladies. Les écarts de consommation et des prix de l’eau sont très importants entre les pays riches et les pays pauvres, les zones urbaines et rurales, les quartiers des villes. Des progrès sont nécessaires en matière d’accès à l’eau (fontaines, puits protégés), d’assainissement (traitement et évacuation des eaux usées, installation de sanitaires). L’aide humanitaire internationale œuvre dans ce sens. Les pays riches doivent éviter le gaspillage de ce bien, menacé par la pollution.

      

SITUATION 3. LES INÉGALITÉS SOCIO-SPATIALES AU CAP

Des inégalités héritées de la colonisation et de l’apartheid. La ville reste marquée par l’ordre colonial fondé sur la séparation entre « Européens » et « Africains », et celui de l’apartheid, la ségrégation entre les communautés raciales. Inégalités spatiales. On distingue au centre, le CBD (Central Business District) et ses buildings. Autour, se trouvent les quartiers résidentiels. Au-delà, s’étalent les banlieues des classes moyennes, et les banlieues pauvres des anciens townships, des bidonvilles. Inégalités raciales. L’apartheid a réparti, selon les groupes raciaux, les habitants dans des quartiers séparés : au centre, bien desservi et équipé, les « Blancs » descendants des colons européens. Dans la banlieue, dans des quartiers modestes sous-équipés, ou des townships, vivent les Sud-Africains de couleur, les immigrés des États voisins. Inégalités sociales. Métis et Africains, majoritaires, sont fréquemment pauvres, au chômage. Les Blancs, minoritaires sont souvent aisés ou riches.

      

À l’échelle mondiale, des pays riches et pauvres. Le développement signifie l’amélioration des conditions de vie. On le mesure par différents indicateurs : l’indice de développement humain (IDH) ; le produit intérieur brut par habitant pour la richesse ; l’indice de fécondité ; le taux d’urbanisation ; le secteur d’activité dominant. Les pays riches sont les pays développés. Ils sont minoritaires. Ils se situent en Amérique du Nord, en Asie de l’Est et dans l’Union européenne. Les habitants, citadins pour la plupart, ont un niveau de vie élevé, ils ont peu d’enfants, travaillent dans le tertiaire, sont instruits, bien nourris et soignés. Les pays pauvres sont les pays en développement. Ils sont majoritaires, présents dans toute l’Amérique du Sud, l’Afrique, le sud de l’Asie. Ils ont un développement inégal. Les États émergents ont une croissance rapide. Ils se rapprochent des pays développés. Les pays les moins avancés (ex. : Burkina Faso) ont de faibles revenus. Leur population jeune, souvent analphabète, vit à la campagne, souffre de maladies, du manque d’accès à l’eau potable.

      

À l’échelle régionale ou locale, de fortes inégalités. À l’échelle régionale, les inégalités grandissent entre villes et campagnes, entre les régions de l’intérieur et les côtes. À l’échelle locale, la richesse peut côtoyer l’extrême pauvreté : les bidonvilles sont proches des quartiers aisés.

      

GÉOGRAPHIE – NOURRIR LES HOMMES

                 

L’augmentation de la population mondiale – dix milliards vers 2050 – pose la question de l’accès à la nourriture à la fois en quantité et en qualité. Nourrir les hommes implique trois défis : vaincre la faim, mieux se nourrir et produire plus. Comment nourrir correctement tous les hommes ?

     

SITUATION 1. L’INDE : PLUS D’UN MILLIARD D’HOMMES À NOURRIR

L’Inde mène une révolution agricole à partir des années 1960. Il s’agit de produire plus pour nourrir une population en augmentation. Cette révolution est dite « verte ». L’agriculture indienne utilise différents moyens pour mettre en œuvre cette révolution : techniques agricoles modernes valorisées (comme la mécanisation), semences sélectionnées (blé, riz, maïs, soja), recours aux engrais et aux pesticides, aménagements hydrauliques pour développer l’irrigation. La révolution verte a contribué à éliminer les grandes famines. Mais elle a aussi ses limites ; les rendements stagnent désormais, voire diminuent, en raison de l’épuisement des sols, de la pollution à l’ozone, des sécheresses et des investissements trop coûteux. Aussi, la malnutrition persiste.

      

SITUATION 2. L’AGRO-BUSINESS AUX ÉTATS-UNIS

Aux États-Unis, de grandes entreprises contrôlent la production agricole : cultures pour les hommes et le bétail, élevage, transformations des produits agricoles et commercialisation. L’agro-business américain est un secteur dominant à l’origine des performances agricoles des États-Unis. La recherche agro-alimentaire met au point des produits performants : semences et races d’élevage sélectionnées, pesticides et engrais chimiques. Des outils de haute technicité sont utilisés : tracteurs puissants, systèmes d’irrigation modernes. L’élevage industriel est répandu. Mais ce modèle agricole a des limites, notamment environnementales : épuisement des ressources en eau, sols pollués. Le recours aux OGM fait débat.

      

SITUATION 3. LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE SUB-SAHARIENNE

La faim frappe une personne sur quatre. Vaste sous-continent aux milieux naturels variés, l’Afrique subsaharienne rassemble un milliard d’habitants sur près de 50 pays. La sécurité alimentaire n’est pas assurée et l’espérance de vie est la plus faible au monde. L’insécurité alimentaire prend deux aspects : une malnutrition persistante liée à la pauvreté et au sous-développement ; la multiplication des famines, notamment liées aux guerres, civiles ou non, et aux troubles sociaux fréquents. Cette insécurité peut avoir des causes politiques et naturelles. La lutte contre l’insécurité alimentaire passe par un accès à la nourriture : en réduisant la pauvreté, pour permettre aux défavorisés de se nourrir à la fois suffisamment et correctement ; en acheminant des vivres aux personnes démunies.

      

Nourrir 7.5 milliards d’hommes aujourd’hui, 10 milliards vers 2050. Chaque année, la Terre compte 70 millions d’hommes supplémentaires. L’augmentation des productions agricoles est donc une nécessité, surtout dans les pays en développement en forte croissance démographique. Cependant, l’accès à la nourriture dans le monde est inégal ; dans certains pays pauvres, comme en Afrique confrontée aux famines, se nourrir est un défi.

     

L’insécurité alimentaire. La sécurité alimentaire désigne le fait qu’une personne a accès à tout moment à une nourriture suffisante et équilibrée. Elle n’est pas assurée dans le plupart des pays en développement. En 2016, près de 800 millions de personnes sont en sous-nutrition, surtout en Afrique. Dans les pays développés, comme aux Etats-Unis et en Europe, mais aussi dans certains pays en développement, des régimes alimentaires parfois trop riches et peu équilibrés aboutissent à une malnutrition, source de problèmes de santé liés au surpoids.

      

Produire plus et mieux. Face aux besoins alimentaires croissants, tous les pays doivent produire plus. Engrais et pesticides sont utilisés, graines et semences performantes sont sélectionnées et techniques d’élevage de plus en plus efficaces sont mises au point. Dans les pays en développement, la déforestation et l’irrigation permettent d’accroître les surfaces cultivées. Les pays développés privilégient une agriculture moderne. Dans les pays développés comme dans les pays en développement, ces méthodes soulèvent des questions environnementales (pollution des eaux, érosion des sols) et sanitaires. Une agriculture durable, c’est-à-dire respectueuse de la nature, tend à se développer pour produire mieux, mais elle reste marginale.

     

GÉOGRAPHIE – LES SOCIÉTÉS FACE AUX RISQUES

       

Depuis toujours, les hommes sont confrontés aux violences de la nature. Aujourd’hui, ils doivent prendre en compte les risques engendrés par le développement technologique. À quels risques les sociétés peuvent-elles être confrontées ? Est-il possible de les maîtriser ?

      

SITUATION 1. UN RISQUE NATUREL DANS UN DOM-ROM

Un cyclone entraîne des phénomènes extrêmes : des vents pouvant aller jusqu’à 350 km/h, d’énormes nuages et des pluies diluviennes qui engendrent des crues, des vagues géantes destructrices. Les zones côtières sont dévastées. Les infrastructures d’électricité et d’eau potable, les bâtiments sont endommagés, une personne est morte, une est portée disparue. La prévention est essentielle. La haute technologie anticipe le trajet des cyclones. Les consignes données aux habitants préviennent le risque. Cette attitude, développée aux Antilles, a permis de réduire le nombre de victimes.

      

SITUATION 2. LE COULOIR DE LA CHIMIE AU SUD DE LYON

Entre le Rhône et l’autoroute A7, les usines se suivent dans le couloir de la chimie près des zones urbanisées. Des sites sont classés Seveso, des matières dangereuses arrivent par bateau, camion train, ce qui renforce les risques. Des sites industriels peuvent mettre en jeu la vie et la santé des riverains, comme la catastrophe de Feyzin. La sécurité est un enjeu majeur face à des industries qui peuvent être dangereuses. L’État, les collectivités s’organisent pour y faire face. La chimie verte est un choix d’avenir pour réconcilier l’industrie et les zones urbanisées.

      

SITUATION 3. LES INONDATIONS AU BANGLADESH

Le Bangladesh est confronté : à des contraintes naturelles : la faible altitude du pays, les grands fleuves qui se rejoignent dans un delta, la mousson d’été, les cyclones, la montée du niveau de la mer ; à une population de plus de 1000 habitants au km2. Les habitants ont l’habitude des inondations, phénomène qui revient chaque année. La préparation aux inondations et aux catastrophes est enseignée à l’école. Construire des digues, des abris, a un coût élevé pour ce pays pauvre, ce qui nécessite des aides.

      

De nombreux risques naturels répartis sur la planète. Ils sont liés aux risques climatiques (les cyclones, les inondations), aux mouvements de la Terre (les séismes, les éruptions volcaniques). Ce sont des événements imprévisibles mais probables qui pèsent sur les sociétés. Ils deviennent des risques majeurs si les dégâts qu’ils peuvent occasionner sont importants.

     

Des risques technologiques et de possibles catastrophes. Les usines installées dans des zones peuplées, le stockage de produits dangereux, les transports de pétrole, les centrales nucléaires exposent les populations à des catastrophes spectaculaires (explosions, incendies) ou à de la pollution à long terme.

      

Des sociétés inégalement vulnérables. Toutes les sociétés sont concernées et les différents types de risques peuvent se combiner et s’amplifier (séisme et accident dans une centrale nucléaire). Les pays pauvres disposent de moyens limités pour affronter les catastrophes qui aggravent leurs difficultés. Ils sont vulnérables face aux risques. Dans les pays riches, des politiques de prévention et de gestion des risques sont mises en place.

     

GÉOGRAPHIE – MONDIALISATION ET DIVERSITÉ CULTURELLE

     

Avec la mondialisation, certaines pratiques culturelles se généralisent. Mais, si la mondialisation rencontre des résistances, elle est aussi à l’origine de métissages culturels. Quels sont les effets de la mondialisation sur la diversité culturelle ?

      

SITUATION 1. LE CINÉMA AMÉRICAIN

Les héros des films américains sont connus dans le monde entier. Ils font partie de la culture mondiale. Les films américains sont des produits conçus pour être exportés. Ils réalisent la majorité de leurs recettes à l’international. Le cinéma américain domine mais rencontre des résistances. Dans le monde, les spectateurs sont attachés aux productions nationales. Bien qu’elles s’inspirent parfois des films américains, elles les adaptent et restent fidèles à la culture du pays.

     

SITUATION 2. LES GOÛTS ALIMENTAIRES

Certains plats sont des références partagées dans le monde entier. Les firmes transnationales diffusent des produits alimentaires industriels. La mondialisation des goûts alimentaires favorise les métissages. Les produits alimentaires du monde entier se mélangent. Malgré la mondialisation, les traditions gastronomiques locales continuent d’exister. Des actions sont menées pour les protéger.

      

SITUATION 3. LES LANGUES DANS LE MONDE

L’anglais s’est imposé avec la mondialisation comme la langue dominante. Il permet aux hommes de tous les continents de communiquer. Les pays réagissent différemment à cette domination de l’anglais. On constate parfois un repli de la langue nationale ou régionale au profit de l’anglais. Dans d’autres cas, cela favorise des métissages. Enfin, il arrive également que cela engendre un sursaut des langues locales et provoque des résistances.

     

L’essor de la culture mondiale. La culture c’est l’ensemble des traits distinctifs, matériels, intellectuels et religieux qui caractérisent une société ou un groupe social. Dans le monde les pratiques culturelles se ressemblent de plus en plus. Les individus mangent les mêmes plats, achètent les mêmes produits, ont les mêmes loisirs. Cette culture mondiale vient de tous les continents : l’Asie (mangas, Bollywood…), l’Afrique (Afro pop), l’Amérique du Sud (samba…), l’Europe (langue anglaise, cuisine française…). Mais elle est largement dominée par les États-Unis (films, alimentation…).

      

Les acteurs de la mondialisation culturelle. Des acteurs favorisent la mondialisation culturelle : les firmes transnationales diffusent des produits et des goûts dans le monde entier (McDonald’s…) ; le tourisme international réduit les distances et met en relation les cultures du monde, Internet, la radio, la télévision, la presse diffusent une culture planétaire.

      

La permanence des traditions. Malgré la mondialisation culturelle, il demeure entre les pays une forte diversité des modes de vie et des représentations. Les populations restent attachées à leurs traditions et à leur langue. De plus, nombre d’entre elles s’adaptent : elles évoluent en mélangeant leurs cultures (métissage). L’UNESCO défend la richesse culturelle en protégeant monuments ou traditions dans le monde entier.

            

EMC – EXERCER SA CITOYENNETÉ DANS LA RÉPUBLIQUE FRANCAISE ET DANS L’UE

           

L’IDÉE DE CITOYENNETÉ EUROPÉENNE

      

La citoyenneté de l’Union européenne

Le traité de Maastricht l’instaure en 1992. Toute personne ayant la nationalité d’un État membre est citoyen européen. Des droits nouveaux complètent ceux du pays : circuler dans l’UE ; travailler, étudier dans d’autres pays ; voter et être candidat aux élections européennes et municipales du pays de résidence ; participer à une initiative citoyenne.

       

Exercer sa citoyenneté

La moitié des citoyens ne vont pas voter aux élections européennes, ils n’exercent pas leur droit de citoyen. Les jeunes sont encouragés à séjourner dans l’UE, grâce aux programmes Erasmus. La citoyenneté européenne devient alors une réalité.

     

LE VOTE ET MOI

      

Le vote, un droit obtenu grâce à un combat historique

Dans le régime démocratique de la République française, le droit de vote permet à chaque citoyen(ne) de choisir ses représentants (maire, président de la République, député, etc.) en fonction de ses choix politiques. De plus, le droit de vote est le fruit d’un combat historique, notamment pour les femmes qui l’ont obtenu, en France, presque cent ans après les hommes.

      

Face à l’abstention : le vote obligatoire ?

L’abstention s’explique, soit par un désintérêt des citoyens, soit parce qu’aucun candidat ne correspond à leurs attentes. Certains pays ont instauré le vote obligatoire pour lutter contre l’abstention, ce qui est l’objet de débats en France.

      

L’ENGAGEMENT CITOYEN OU L’ENGAGEMENT ET MOI

      

Les différentes formes d’engagement

Il y a différents types d’engagement : individuel (trier des déchets, aider un sans-abri, signer des pétitions, etc.) ; bénévole dans une association (humanitaire, environnement, club sportif, etc.) ; militant (parti politique, syndicat, etc.).

       

Les raisons de l’engagement

L’engagement peut se faire pour les générations futures, au nom de valeurs (justice, solidarité, etc.) ou pour avoir le sentiment d’être utile aux autres et à la société.

      

ORGANISATION ET ENJEUX DE LA DÉFENSE NATIONALE

      

L’organisation de la Défense nationale

Elle est dirigée par le pouvoir politique. Le président de la République est le chef des armées. Le gouvernement dispose de la force armée. Le Parlement vote le budget de l’armée. Les forces françaises sont présentes sur le territoire national et dans le monde, les DOM-ROM, dans les États qui ont conclu des accords, sur des lieux de conflit.

       

Les enjeux de la Défense nationale

Former les citoyens à la défense lors de la journée défense et citoyenne ; protéger le territoire et les habitants (risques majeurs, attentats) ; participer à des missions extérieures au service de la paix dans des actions collectives, avec l’ONU, dans le cadre de l’UE.

           

LE NUMÉRIQUE ET MOI

     

L’évolution du numérique

Avec le Web 2.0, le numérique devient de plus en plus interactif, c’est-à-dire fondé sur des échanges, grâce aux réseaux sociaux et aux applications téléchargeables sur Smartphone.

      

Le numérique et la liberté du citoyen

Cette évolution a des avantages (échanges, ouverture au monde) et des inconvénients (exposition de la vie privée, propos nuisibles). Le numérique questionne la possibilité de garantir la protection de la vie privée et des libertés, et demande des précautions et un esprit critique.

       

EMC – LA PERSONNE ET L’ÉTAT DE DROIT

       

LA MAISON DES LYCÉENS : DROITS ET SOLIDARITÉ

       

Les lycéens bénéficient des droits de réunion, de publication, d’association et d’affichage

Tous les lycéens peuvent adhérer à une association de l’établissement. La maison des lycéens (MDL) est organisée, animée et gérée par les élèves, avec l’aide bienveillante du « référent vie lycéenne » de l’établissement. Il s’agit d’une personne nommé par le chef d’établissement : le conseiller principal d’éducation ou un professeur. La MDL développe des projets sportifs, culturels, citoyens ou solidaires : tournoi, collecte, journée de l’engagement, action de soutien…

        

INÉGALITÉ ET DISCRIMINATION DANS L’EMPLOI ET LA VIE PUBLIQUE

       

L’égalité est un principe républicain fondateur

Il est inscrit dans la Constitution de la Ve République, dans le code du travail.

     

La discrimination est illégale et punie par la loi

Une discrimination est un traitement inégal et défavorable : fondé sur des critères interdits par la loi : origine, sexe, handicap, apparence, orientation sexuelle… ; qui intervient dans un domaine visé par la loi : emploi, logement, éducation, loisirs, sport… Des sanctions sont prononcées contre leurs auteurs : amendes, voire emprisonnement.

      

La lutte contre les inégalités est l’affaire de tous

Tout citoyen peut aider à les combattre en luttant au côté des moins favorisés : engagement dans des associations, lutte contre le mal-logement, action syndicale, organisation d’activités sportives…

       

EMC – PLURALISME DES CROYANCES ET LAÏCITÉ

          

LA NOTION DE LAÏCITÉ

      

La laïcité est fondée sur la séparation de l’Église et de l’État (loi de 1905), en particulier en matière d’enseignement (loi Ferry de 1882, loi de 2004, Charte de 2013). Les Églises sont exclues de tout pouvoir politique ; l’État n’intervient pas dans le domaine religieux.

      

La laïcité est une valeur fondatrice de la République (Constitution en 1958).

Héritée de la Révolution, elle repose sur : la liberté de conscience et de culte : droit de croire ou de ne pas croire ; l’égalité entre les croyances ou entre croyances et non-croyances ; la neutralité de l’État en matière religieuse : l’État ne reconnaît aucune croyance, mais il les respecte toutes ; il garantit la liberté des cultes.

      

La laïcité est la condition du vivre ensemble.

Elle est indissociable des valeurs de liberté, d’égalité de droits et de devoirs, de fraternité.

         

LA CONSTRUCTION DE NOUVEAUX LIEUX DE CULTE

      

Les lieux de culte permettent aux fidèles de pratiquer leur religion. L’État neutre face aux religions doit garantir la liberté de conscience et des cultes (loi de 1905).

       

La propriété des édifices varie.

Ceux construits avant 1905 appartiennent à l’État, et sont entretenus par les communes. Ceux édifiés après 1905 sont propriété des associations cultuelles, la République ne pouvant financer un lieu de culte.

      

Le financement de nouveaux lieux est privé (quêtes, dons). Les maires peuvent aider les associations. Des villes (Évry) ou des quartiers multicultuels (Bussy) ont pu voir le jour.

     

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE :

     

COUDERC Annie (dir.), CAP, Histoire-Géographie-Enseignement moral et civique, Paris, Foucher, mars 2017.

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