La prise en compte du temps modifie-t-elle la décision ?

Thème 5 

1ère question : la prise en compte du temps modifie-t-elle la décision ?

 

Exposé de Corinne Berho, IA‐IPR Créteil et Alain Henriet, IGEN, accompagnant la présentation du diaporama

http://eduscol.education.fr/ecogest/reseaux/interlocuteurs/telechargement/temps-et-decision-presentation-2401.pdf

Compte rendu de l'exposé oral accompagnant le diaporama sur ce thème.

 

Thème 5 

1ère question : la prise en compte du temps modifie-t-elle la décision ?

 

Exposé de Corinne Berho, IA‐IPR Créteil et Alain Henriet, IGEN, accompagnant la présentation du diaporama

 

Diapositive 2 :

§         Le temps est une notion difficile à saisir.

 

C’est un questionnement  universel, qui déborde bien largement la gestion puisque c’est un questionnement qu’on retrouve en philosophie, en histoire, en physique etc.

 

Au sein des sciences de gestion, c’est un concept universel qu’on retrouve quelque soit la taille de l’organisation, quelque soit le secteur d’activité, quelque soit la spécialité (l’aménagement du temps de travail, le cycle de vie du produit, le développement des boutiques éphémères, les délais de paiement etc.)

 

Il ne faut pas perdre trop de temps en envisageant toutes les différentes approches du temps en sciences de gestion.

 

§         Le programme privilégie 2 approches clés :

 

-          la dimension échéance (à une date donnée) et

-          la durée que l‘on peut distinguer en 2 sous-thèmes :

o        la notion de délai (temps qui va s’écouler entre le moment où l’on prend la décision et le moment où l’action va produire ses effets) et

o        la notion de période (durée entre 2 dates)

 

§         La question est orientée vers la décision

 

Remarques importantes :

-          il s’agit ici du temps de l’organisation et non pas du temps de l’individu

-          Formulation de la question : …modifie-t-elle la décision ou la prise de décision ?

La notion de décision est abordée en détail en management.

Ce n’est pas le lieu ici de voir les niveaux de décision.

Prendre la notion de décision dans son sens commun.

 

Diapositive 3 :

 

Quelle problématique pour répondre à ce questionnement ?

 

L’idée est d’identifier les temps caractéristiques d’une organisation donnée (contextualisée, ce qui est le principe de la démarche en science de gestion : observation des organisations), en se référant aux contraintes institutionnelles (durée légale du travail par exemple,  ou obligation de produire des comptes annuels  etc.) sectorielles (liées aux fluctuations saisonnières, à l’activité de l’organisation, au type d’organisation (entreprise industrielle avec des cycles de production longs ou courts, ou organisations de service[1] ), de marché.

Evidemment la notion de temps est différente selon les différentes caractéristiques.

On peut faire une relation également avec la notion de stocks, éléments d’ajustement dans l’industrie) ou de marché(le sous-traitant n’a pas la même notion de temps que le donneur d’ordre).

 

L’objectif, à partir de l’identification de ces différents temps caractéristiques pour une organisation donnée, est d’envisager les actions qui peuvent être entreprises pour limiter la dépendance par rapport aux contraintes de temps. On a des dates buttoirs qui sont fixées, mais l’entreprise peut avoir des marges de manœuvre pour respecter ses objectifs.

Par exemple, si elle doit produire en 90 jours, rien ne l’empêche d’avoir des marges de manœuvre pour produire en 60 jours ; si elle a un délai de paiement de 60 jours, elle peut payer plus rapidement.

 

Une autre dimension importante qui figure dans le programme, est le rôle clé de l’information pour prendre des décisions ; d’où l’idée de l’anticipation, l’idée de la veille informationnelle, mais aussi la possibilité d’obtenir des informations supplémentaires (pour limiter son incertitude) et le coût et le délai pour obtenir ces informations.

Arbitrer un supplément d’informations par rapport au coût de cette information.

 

Diapositive 4 :

 

On identifie les temps caractéristiques d’une organisation, pour dégager les marges de manœuvre, en s’appuyant sur les outils et les démarches de gestion, comme l’indique le programme, dans une dimension prospective.

D’où la notion « d’enquête »(en associant aux notions qui figurent dans le programme, quelques mots clés tels que « cible » « échantillon » « mode d’administration » et « dépouillement » de l’enquête). Cette notion sera bien sûr approfondie en terminale mercatique ;

La notion de  « budget », avec 3 éléments clés à faire saisir par les élèves : la distinction recette/dépense (les notions de charge et produit ne figure pas dans le programme) et surtout l’idée d’établir un équilibre entre les recettes et les dépenses.

 La notion de« seuil de rentabilité » avec comme mot clé la notion de fluctuation d’activité, couverture des dépenses par des recettes (sans rentrer en classe de première dans les notions de charge fixe, charge variable), qui sera développé en terminale, et la notion de résultat économique sans rentrer dans les détails du résultat comptable.

 

Première dimension : la notion de couverture et faire le lien entre les recettes qui peuvent être générées par un niveau d’activité et les dépenses correspondantes ; et le fait d’avoir un niveau d’activité qui permette de couvrir les dépenses.

Deuxième dimension, la dimension d’agrégation et d’homogénéisation par l’actualisation.

 

Pour pouvoir faire des prévisions et prendre en compte l’ensemble des ressources (pas seulement monétaires financières, mais aussi matérielles et humaines), on est obligé de passer par la monétarisation, par la valorisation des biens. Bien entendu, la notion de valeur a déjà été abordée.

 

Derrière la notion d’actualisation, deux idées :

L’ensemble des ressources est traduite en valeur monétaire et la valeur monétaire d’un élément n’a pas la même valeur au moment où on prend la décision et dans 3 ou 5 ans. D’où l’idée de rendre équivalent 200 euros dans 10 ans avec 200 euros maintenant, sans rentrer dans les considérations techniques de méthode. L’important est de faire comprendre le sens, la notion de valeur équivalente, avec le problème de l’inflation et le problème de la rémunération de l’attente (taux d’intérêt).

La dimension d’organisation des activités. Qui dit temps dit ordre de priorité, modalité d’organisation des opérations dans le temps. Derrière cela, le planning (organisation des actions), l’ordonnancement (en se limitant à l’outil de diagramme de Gantt).

 

Ce questionnement a un lien avec la question suivante du même thème sur le risque, sur l’idée que l’incomplétude de l’information (quand on prend une décision on anticipe dans le temps mais ça ne se réalise pas forcément comme prévu). Quand on décide on prend des risques. Il y a aussi un lien étroit avec la notion de performance, qui pose la question de contrôle des activités (est-ce qu’on respecte le plan ?, le budget ?).

La difficulté pour l’enseignant va être de gérer le fait que certaines notions fondamentales se retrouvent de manière transversale dans plusieurs thèmes.

Sur une notion donnée, il y a plusieurs angles d’attaques.

Toutes les notions seront reprises en terminale et même au-delà.

 

 

 

 

 

Présentation de 2 cas

(dont l’un couvre l’ensemble du questionnement.)

 

Diapositive 5 :                                                                 Premier contexte

 

Une association dont l’objet est de promouvoir les valeurs de l’olympisme.

 

Activités de l’association : organisation de manifestations, de rencontres, de colloques ponctuels qui s’organisent autour de calendriers qui sont déterminés parfois en fonction d’évènements sportifs suivant un calendrier qu’elle ne maîtrise pas forcément.

 

Modalités particulières de financement : ses adhérents versent des cotisations, elle a une revue et reçoit des abonnements, elle dépendante de subventions publiques (collectivités territoriales mais également ministère de la jeunesse et des sports)

 

L’objectif de cette mise en situation est de permettre aux élèves d’identifier les temps caractéristiques de l’association, qui correspond à la 2ème capacité citée dans le contexte et finalité et également montrer en quoi le temps est source d’incertitude.

Diapositive 6 : Les ressources

 

Mise en situation : on donne aux élèves des ressources, qui sont tout d’abord les statuts de l’association, son règlement intérieur ; ses modalités de financement et un certains nombre de renseignements d’ordre financier correspondant à l’organisation d’une manifestation, en l’occurrence un colloque.

 

Diapositives 7 et 8 : Activité 1ère Séquence

 

Pour balayer ces deux capacités, on va d’abord demander aux élèves d’identifier à partir du règlement intérieur et des statuts, les délais à prendre en compte pour respecter les contraintes juridiques. Les statuts et le règlement intérieur définit les échéances dans la vie de l’association. Ce sont des obligations d’ordre juridique qui ont des conséquences administratives. L’élève devra trouver les décisions qui sont à prendre en termes d’organisation ou de vie de l’association, qui sont contraintes par ce temps juridique. Pour cela, ils sont amenés à identifier les outils permettant de visualiser ces moments et mettre en évidence le calendrier de déclenchement de l’action et mettre en œuvre un diagramme de Gantt pour l’ensemble de ces activités. Ceci permet d’illustrer le temps comme une durée, comme contrainte (institutionnelle), qui nécessite la mise en place d’outil de gestion du temps. On va mobiliser la notion d’horizon.

 

Diapositives 9 : Activité 2ème séquence

 

On va s’intéresser à une des activités de l’association, à savoir la préparation de sa manifestation annuelle. On va s’interroger sur les modalités de financement de cette association.

On montre que l’association a plusieurs temps : le temps de son activité, son temps interne (les contraintes  institutionnelles) et le temps de son financement. Il y a une incertitude liée à des temps différents, le temps de décision du financeur, le temps de l’action de l’association et que tout ça contraint l’association et induit une prise de décision qui est aussi une prise de risque. En effet l’association doit engager des substantielles sans même savoir si les subventions qu’elle a pu demandées vont lui être octroyées, connaître les montants qu’elle est susceptible de percevoir.

 

Une décision, une prise de risque correspondant au décalage dans le temps. Doit-elle organiser sa manifestation en prenant le risque de ne pas percevoir les subventions ? Doit-elle abandonner son projet ? Mais alors elle va perdre de la crédibilité vis-à-vis de ses partenaires.

 

Le cas va permettre de mettre en œuvre la démarche budgétaire pour repérer l’incidence de l’évolution de l’activité (encaissement, décaissements, problème de trésorerie).

 

 

Diapositives 11  :                                                           Deuxième contexte

 

Une PME industrielle fabrique des serres en plastique et en verre, elle a processus de production long (4 à 6 mois) + temps de négociation commerciale.

 

Diapositive 12 : Activités

 

On va mettre en évidence, à partir de la présentation détaillée de l’entreprise, des temps qui correspondent à un cycle de production, à un cycle commercial.

On va montrer les contraintes temporelles qui pèsent sur le processus de fabrication, avec des horizons différents : le temps de la recherche et développement (LT), le temps de production (MT), le temps de la négociation, de la prospection, le temps de la commercialisation (CT) et le temps du marché (le client fait aussi une demande en terme de délai de livraison).

 

Quelles sont les marges de manœuvre dont l’entreprise dispose pour faire face aux contraintes ?

 

Grâce aux ressources présentées, les élèves vont pouvoir identifier les marges de manœuvre qui constituent autant de décisions.

Marge de manœuvre interne. Est-ce qu’on investit pour rendre l’outil de production plus flexible ? Au niveau humain : faut-il former le personnel pour plus de polyvalence? Au va peut-être donner de la flexibilité au niveau des horaires ? Pour faire face à une demande du client.

Et puis une marge de manœuvre externe : appel à la sous-traitance ? Fabrication à l’étranger ?

La prise en compte du temps modifie la décision, mais le temps est lui-même objet de décision.

Dans la présentation du contexte, on voit aussi que cette entreprise a également anticipé sur le développement des préoccupations environnementales, et elle a installé sur ses serres le photovoltaïque, un système de récupération des eaux etc.

 

Diapositives 13 et 14 :

 

On peut faire s’interroger les élèves sur la question d’anticipation : comment l’entreprise a-t-elle pu anticiper le développement de ces préoccupations environnementales ?

Comment a-t-elle pu prendre une décision d’investissement dans un outil de production dans un univers incertain ?

Ce qui permet d’introduire toute la démarche de veille informationnelle.

En lien avec le thème sur l’intelligence collective.



[1] Il est important de puiser également les exemples dans les activités de service.