02 juin 2015

Exposition des oeuvres de Rémy Tassou, un artiste contemporain inventeur du Cybertrash

Jusqu'à fin juin, nous avons le privilège d'exposer à l'école Paul Bert quelques œuvres de M. Rémy Tassou. Nous pouvons observer au sein de l'école six magnifiques sculptures murales et totems réalisés par cet artiste nantais contemporain, inventeur du Cybertrash, qui agence les déchets des objets électroniques pour leur donner une nouvelle vie artistique. Nous nous inspirons de sa démarche et de ses œuvres pour réaliser nous-même quelques créations.

Le site de l'artiste: http://tassou.com/

Plus d'informations sur les œuvres: http://tassou.deviantart.com/gallery/

Voici quelques photos des œuvres exposées et les commentaires que M.Tassou nous a envoyés pour l'exposition.


Espio

Cette sculpture est abstraite.Il s’agit d’un totem. Le mot statue ne convient pas. C’est une sculpture.

Il y a trois types de sculptures. La sculpture par enlèvement (bois marbre), la sculpture  par modelage (céramique) et la sculpture par assemblage. Espio est un assemblage. Mon style s’appelle le Cybertrash. Littéralement le rebut de la cybernétique.

La photographie fait partie de mon univers. Le nom de cette pièce trouve son origine sur l’un des appareils qui la constitue… A chacun de le repérer.

Il s’agit d’un assemblage d’appareils photo vintage couleur Inox. Il y a de nombreuses couleurs d’appareil photo la plus courante étant le noir. Vintage parce que la plupart d’entre eux sont des appareils argentiques qui nécessitent une pellicule et un développement.

Cette sculpture reflète un moment précis de l’histoire de la photographie. Le passage au numérique. Une date probablement aussi importante que l’arrivée de la couleur. Sans ce changement technologique, la plupart des appareils qui constituent Espio continueraient à faire de belles photos… Car ils étaient pour la plupart en état de marche quand je les ai trouvés.

Cet objet garde la mémoire d’une brutale rupture technologique.

Le Cloud

Cette sculpture est figurative.Il s’agit d’une sculpture murale. Un peu comme un tableau, une toile qui s’accroche au mur. Elle représente un nuage  fait de CD Rom, une méthode de stockage en voie de disparition. C’est  le rôle du Cybertrash de participer au nécessaire travail de mémoire de l’électronique et de ses composants. Sur ce nuage il y a… un deuxième nuage mais cette fois ci de papillons ou plus exactement de Cyberfly. Les ailes des Cyberfly sont faites avec les films souples qui sont sous le clavier d’ordinateur Azerty traditionnel… Sous vos doigts. Ce film relie les lettres et les signes entre eux. Le nom Le Cloud fait depuis très peu de temps partie du vocabulaire Français. Ici le cloud est a la fois un nuage et une nuée. Sur les CD Rom apparaissent des irisations. La lumière se décompose et laisse apparaître un spectre qui bouge avec vous. Ceci met en difficulté le peintre et le photographe dans une recherche de reproduction. A certains endroits il y a des plateaux, autre nom  des disques durs qui contiennent le système d’exploitation des ordinateurs.


Sunny


Cette pièce est abstraite. C’est du design.

C’est l’idée de la lumière numérique projetée dans des faisceaux …

Les faisceaux sont faits avec des cartes mère que l’on trouve dans les ordinateurs traditionnels avec une tour. La couleur jaune est due au vernis isolant posé sur la surface du circuit. Ce vernis est utilisé exclusivement par Compaq China. Il y a au monde sept couleurs de vernis. Le fond est en verre noir. Il s’agit de vitrage traditionnel que je peins en noir avant l’assemblage par collage.




Great Ball of Fire

Cette sculpture est figurative. Elle représente une guitare qui décolle dans un nuage de feu.

D’ailleurs à l’accrochage veillez à ce que la guitare tire bien vers le ciel…

Cette pièce est graphique. Pour simuler la vitesse, j’utilise deux trainés de condensateurs aluminium comme le fait le dessinateur dans la bande dessinée. Les boules de feu sont faites à base de déviateurs de tube cathodique de téléviseur. Ce composant n’est plus fabriqué car les écrans plats ont remplacé les écrans a tube. Le nom de cette pièce vient du titre d’un disque de Rock and Roll et la guitare électrique est le symbole cette musique. (Même si l’interprète de la chanson “Great balls of fire”, Jerry Lee Lewis, était pianiste…)

   Motorola

Cette pièce est abstraite. C’est une accumulation.

Motorola est le nom d’une multinationale américaine de l’électronique qui fabrique entre autre des téléphones. Les téléphones tous différents sont reliés entre eux par des résistances multicolores.

Cette pièce témoigne du design et de la technologie de notre temps.Outil de mémoire c’est une antiquité du futur.Cette pièce est aussi un hommage à César et Arman deux sculpteurs très importants pour moi.






Winbond

Cette sculpture est abstraite. L’entourage noir est fait de Chips. Ce sont des circuits amovibles qui permettent une fonction ou une mémorisation. Ces composants viennent de différents pays et leur origine est marquée dessus. On peut ainsi relever le nom des pays qui apparaissent. Portugal, Taiwan, China, Mexico…. Au centre il y a un dégradé de résistances vintage et de diodes de couleur.

Les résistances étaient de couleurs différentes à cause du code couleur qui donnait les indications sur les caractéristiques de celles-ci. L’impédance, la tolérance, la puissance… Toutes ces informations étaient données par des anneaux de couleur différente autour de la résistance. Leur organisation crée une dominante de couleur qui permet le dégradé. Ces codes couleurs sont aujourd’hui abandonnés. Prévus pour une reconnaissance facile par l’œil humain lors de la fabrication ou de la réparation, ils sont maintenant remplacés par les micro-codes barre noirs et blancs qu’utilisent les robots. C’est la fin de l’électronique multicolore…

Les diodes électroluminescentes sont les petites lumières verte jaune et rouge qui apparaissent sur la plupart des appareils. Tout le monde connaît ce composant car il est le seul à ne pas être masqué par un capot ou une protection puisqu’il est destiné à être vu. En règle générale, les industriels s’évertuent à cacher l’électronique et ses composants. L’artiste est dans son rôle lorsqu’il donne à voir ces composants dissimulés. Concernant l’architecture intérieure du dégradé, les résistances sont posées sur une margelle en verre et un miroir en biais reflète le contenu de celle-ci.

Le nom de cette pièce vient du nom d’un des chips… A chacun de le repérer.