19 décembre 2013

Le prix de la Critique

La classe de 2nde7 a obtenu collectivement le Prix de la Critique dans le cadre du Prix littéraire Ile-de-France. Grâce à ce prix, un chèque a été remis au CDI et voici la liste des ouvrages ayant été achetés (une présentation plus détaillée de chacun des ouvrages est également disponible sur le portail du CDI à cette adresse : http://0783549j.esidoc.fr/search.php?action=Basket&method=panier&alias=selectionapresprixlitteraire&type=html) :

-Olivier Adam, Les lisières (J'ai Lu)

-David Bosc, La claire fontaine (Verdier)

-Grégoire Delacourt, La liste de mes envies (Le livre de poche)

-Jérôme Ferrari, Le sermon sur la chute de Rome (Actes Sud)

-Philippe Forrest, Le chat de Schrödinger (Gallimard)

-Eric Fottorino, Suite à un accident grave de voyageur (Gallimard)

-Hélène Frappat, Lady Hunt (Actes Sud)

-Brigitte Giraud, Avoir un corps (Fayard)

-Valentine Goby, Kinderzimmer (Actes Sud)

-Hélène Grémillon, Le confident (Gallimard)

-Nancy Huston, Danse noire (Actes Sud)

-Yasmina Khadra, Les anges meurent de nos blessures (Julliard)

-Mathias Malzieu, La mécanique du cœur (J'ai Lu)

-Leonora Miano, La saison de l'ombre (Grasset)

-Tanguy Viel, La disparition de Jim Sullivan (Minuit)

13 avril 2013

Rencontre-débat littéraire à la Bibliothèque multimédia de Saint-Germain-en-Laye



La rencontre-débat organisée à la bibliothèque multimédia de Saint-Germain-en-Laye a clôturé brillamment le Prix littéraire Ile-de-France auquel les élèves de 2nde7 ont participé.

01 avril 2013

Sarajevo omnibus de Velibor Colic, par Maria José V. A.

Velibor Čolić: le nouveau Tarantino de la littérature? Dans son roman ''imagé et conçu comme un omnibus cinématographique''(p.7) le lecteur est transporté dans un monde où le ''western'' et les balles dominent mais où l’Histoire et l’histoire règnent car ce court et foisonnant texte est un concentré de culture et de cultures; C’est-à-dire un mélange de faits et de personnages réels et fictifs.

Le récit commence avec les bâtisseurs de ponts, il se poursuit par le fameux meurtre déclencheur de la Première Guerre mondiale et de la chute des empires ottoman, austro-hongrois et russe ; puis il est question d'une bibliothèque et d'un précieux manuscrit et pour finir du grand-père de l'auteur, présent, comme tous les autres personnages de ce roman lors de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand et de sa femme, Sophie. L’événement principal et central est donc cet attentat du 28 juin 1914 qui va être la base à travers laquelle l'auteur fournit des éléments biographiques réels ou fictifs concernant différents personnages, bâtisseurs, donateurs, architectes...
Sans que l’on sache totalement dénouer la fiction de la réalité, le lecteur visualise parfaitement l'attentat. Cependant, on pourrait facilement décrocher de l'histoire à cause des nombreux noms des personnages et des flashbacks qui semblent désordonnés mais qui finalement font bien partie d'une suite logique qui rentre en ordre grâce à un fil conducteur. Ce fil nous transporte à travers plusieurs histoires qui sont les unes plus intéressantes que les autres et qui finissent par se rattacher à Nikola Barbarić: grand-père de l'auteur. Il est présenté presque sous forme de légende car l'histoire de cet homme est de caractère fantastique : il a eu quatre épouses et plusieurs vies.

Velibor Čolić qualifie son ouvre de rubik's cube car, elle relie la grande histoire à la petite histoire. Ici se mélangent de nombreuses langues, religions et cultures. Mais selon lui ''Ce n'est qu'une fiction. J'ai voulu l'imposer comme une histoire vraie, parce que, par essence, chaque roman est vrai.'' (p.8)

Son livre a donc pour but d'immortaliser l'histoire de Sarajevo car "Il y a deux morts : la mort physique et la mort de l'oubli" et il veut que les nouvelles générations ''sauvegardent'' cette tragique histoire ici racontée par des flashs successifs où le sang a le dernier mot en raison de l'enchaînement de circonstances horribles et comiques qui constitue l'histoire des hommes.


Maria José Vela Almario – 2.7 – Lycée international de Saint-Germain-en-Laye

Sarajevo Omnibus de Velibor Colic, par Andréa D. S.

Qu’est-ce qu’un omnibus littéraire ? C’est un itinéraire où l’auteur nous transporte vers une nouvelle histoire à chaque arrêt. Ainsi, Sarajevo Omnibus  reconstruit son histoire démantelée par les guerres.

On pourrait comparer le roman à un rubix-cube. En effet, les histoires semblent déconstruites mais, grâce à un fil conducteur, l’omnibus, on découvre la suite logique de l’histoire de cette ville. Seulement confronté à de petites histoires sans voir l’entre deux, le lecteur peut facilement se perdre comme au fond, ne peut-on se perdre dans une ville qui nous est inconnue ? Ce n’est qu’à la fin du trajet qu’il retrouve l’intégralité du livre.

Rater une station, cela peut-il modifier la compréhension de l’histoire du livre et donc de Sarajevo? Telle est la question que le lecteur peut se poser. Réponse : après lecture de ce roman !

Velibor Colic nous transporte dans son omnibus afin de nous faire explorer toute l’histoire de la ville de Sarajevo, souvent connue pour l’événement déclencheur de la première  guerre mondiale : l’assassinat de François Ferdinand. Le lecteur se trouve en quelque sorte comme un touriste qui découvre non pas la ville mais l’histoire de celle-ci. Le « touriste » en apprend d’ailleurs plus sur les histoires de grandes personnalités, tel que le pont Latin qui sont plus détaillées, que les histoires personnelles de l’auteur qui paraissent plus comme des légendes. Finalement ce roman est un peu comme un guide touristique.

A travers ce livre, l’auteur « sauvegarde » l’histoire de Sarajevo. Il disait d’ailleurs « on meurt deux fois : une fois physiquement et une fois avec l’oubli ». Ce livre permet donc de ne pas oublier tout ce dont cette ville a souffert. 


Andréa da Silva – 2.7 – Lycée international de Saint-Germain-en-Laye

31 mars 2013

Formose, de Li-Chin Lin, par Ann T.

«Certains croient qu’ils ont le droit d’interdire les autres de penser », dit Li-Chin Lin dans son roman autobiographique, Formose. Ces mots nous sont seulement révélés quelque pages avant la fin, et pourtant ils définissent toute l’existence de cette femme. En effet, après une évolution flagrante, l’auteure de cette oeuvre graphique conclut qu’elle a passé son enfance enfermée par les idées de son entourage. Ainsi que dans un monde de jugements.

Par conséquent, elle se tourne vers le roman graphique, une façon d’exprimer ses idées librement et à sa manière. Grâce à son goût pour l’exagération, la caricature…, le lecteur se laisse guider, et pénètre facilement dans la vie de Li-Chin Lin. Cette grande réussite littéraire nous présente dans un premier temps l’auteure en sa plus jeune enfance. La petite fille taïwanaise va alors chercher le monde auquel elle appartient. Par cela, elle cherchera à savoir qui elle est vraiment en passant par la langue, les origines, le dessin et même les mangas. Malheureusement, des obstacles qui viennent parfois de son entourage même lui sont une gêne dans sa quête de compréhension du monde. Effectivement, la jeune fille va se retrouver réduite entre deux mondes: celui de sa famille et celui de ses professeurs, un choix difficile à faire pour une enfant inexpérimentée. On suit au cours de son voyage une histoire, certes facile à lire, mais qui reste néanmoins difficile à vivre. Cette histoire est finement rendue touchante par la petite fille naïve qui va ensuite grandir et apprendre du monde réel.

En lisant cette autobiographie, on apprend non seulement sur la vie de Li-Chin Lin, mais aussi sur l'histoire de Taiwan et de la Chine. La singulière perspective d'une fille asiatique qui évolue nous est présentée au centre d'événements historiques, voire politiques. Les hommes d'Etat de son pays nous paraissent distants, froids et mystérieux, toujours représentés en gris. Certains dominent par leur taille - ce qui les caractérise parfaitement. Li-Chin Lin a un talent exceptionnel pour cela. Elle sait décrire des personnages sans précision apparente, par la simple expression graphique. Une technique remarquable qui ne distrait en aucun cas le lecteur de l'histoire et de ses enjeux.


Au final, le message qu'a voulu faire passer Li-Chin Lin : certains croient qu’ils ont le droit d’interdire aux autres de penser, n'est pas passé inaperçu aux yeux du lecteur. Au contraire, celui-ci est plutôt immergé dans l'histoire, il a ouvert les yeux sur la vie à Taïwan, sur Taïwan même. Une lecture touchante à ne pas laisser tomber.


Ann Tscheltzoff – 2.7 – Lycée international

Formose, par Laetitia B.-R.

« Y avait-il dans l’art une réalité plus profonde où notre personnalité véritable trouve une expression que ne lui donnent pas les actions de la vie ? » Li-Chin Lin illustre parfaitement dans son livre Formose les paroles de Marcel Proust, ses dessins reflètent la personnalité de l’auteure. Grâce à eux elle arrive à nous transporter plus facilement dans son univers et nous aident à la comprendre.

Ses dessins sont très personnels : les traits ressemblent de temps en temps à des esquisses en noir et blanc comme si elle n’avait pas eu le temps de les finir. Ils reflètent donc les émotions et les impressions de l’auteure lors de leur création et donnent l’impression de rentrer dans le journal intime de l’auteure. Elle se représente parfois de manière caricaturée ou en animal, parfois ridiculisée - ce qui montre le courage que bien des auteurs n’ont pas eu ! Elle n’a également pas honte de se montrer telle qu’elle est et ne nie pas son passé. Li-Chin Lin arrive à exprimer par ses dessins la haine qu’elle éprouve envers les dirigeants du pays de manière subtile et parfois enfantine lorsqu’elle gribouille les hommes au pouvoir, comme un enfant qui n’aime pas quelque chose ! Son désir de liberté se remarque dans la mise en page qui ne contient pas de cases, même si parfois elle représente son sentiment d’être enfermée, un sentiment d’oppression, par l’apparition de ces cases. Son dessin exprime aussi les différentes étapes de sa vie, lorsqu’elle broie des idées noires, la page est entièrement sombre, ce qui pousse le lecteur à ressentir les mêmes sentiments qu’elle.

Tout comme les hommes, les créations artistiques possèdent leur propre personnalité héritée de leur auteur. Ces créations sont comme un enfant dont les parents essaient de forger la personnalité, certains parents y arrivent mieux que d’autres. Li-Chin Lin est de ceux-là.


Laetitia Boyer-Rodriguez – 2.7 – Lycée international

Formose de Li-Chin Lin, par Juliana M.

Formose, le guide personnel d’un pays inconnu. Très ouverte, Li Chin-Lin amène son lecteur à un voyage dans son passé difficile, de façon légère et divertissante, pris avec distance. Ce livre est une sorte de journal intime, un témoignage personnel mais qui s’applique à un grand nombre de Taïwanais, qui raconte l’histoire compliquée d’un pays qui est presque invisible. Ce roman graphique prend le lecteur par la main à travers un sujet qui est obscur et ignoré. Li Chin-Lin se libère de l’environnement strict et autoritaire et donne au lecteur s’imagination et le droit dont elle a été privée.

L’auteur est capable de parler de choses difficiles avec une certaine élégance, ce qui est rare dans de nombreuses œuvres. En effet, le statut de roman graphique fait penser à des bandes dessinées orientales, qui ont principalement comme but de divertir. Li Chin-Lin arrive à faire d’une histoire horrible d’un pays qui refuse le droit d’expression à ses habitants, un roman facile à lire malgré tout avec une touche d’humour.

Celle-ci se libère du régime structuré dans lequel elle a vécu pendant une grande partie de sa vie et évite l’usage de machines ou d’ordinateurs dans son livre. Tous les traits, les dessins et le texte sont faits à la main, qui font que cet ouvrage n’est pas seulement un roman, mais aussi une œuvre d’art. Les traits fins démontrent la légèreté. Ces dessins sont très personnels et racontent eux mêmes des histoires, comme un véritable tableau dans un musée.

Ce livre offre un parcours pour le lecteur dans le passé de ce pays, qui se laisse guider par Li Chin-Lin. Elle surmonte les limites de la liberté d’expression de ce pays. Auparavant, la jeune femme n’a pas eu droit de s’exprimer ou de penser comme elle le souhaitait, mais devait suivre la seule et unique façon de penser forcée sur eux par le gouvernement. La courageuse Lin Chin-Lin dénonce ce régime à travers son livre, grâce à la liberté qu’elle a obtenu, qui est illustré dans son livre par un escargot qui grimpe une pente. Elle présente l’obtention de la liberté comme un effort difficile et lent.

Quand celle-ci arrive en université, elle découvre l’éducation et les faits concernant son pays qui lui ont été cachés auparavant. L’auteur arrive ainsi à développer son point de vue sur son pays, et décide de partager l’histoire terrible et ignorée de son pays. Elle en met en valeur l’importance et donne la possibilité à la liberté par cette éducation, dont elle a été dépourvue quand elle était jeune.

Ce livre offre une escapade dans le passé sombre de Taïwan, mais rappelle aussi que l’éducation peut être synonyme de liberté.


Juliana Mee – 2.7 – Lycée international de Saint-Germain-en-Laye

Formose de Li-Chin Lin, par Maeva B.

On ne se rend compte de la valeur de la liberté que lorsqu'on ne la possède plus ou lorsqu'on est confronté à quelqu'un qui en a été privé. C'est ce qui advient au lecteur lorsqu'il plonge dans la vie de la jeune Li-Chin Lin qui rassemble ses idées dans son roman graphique intitulé Formose. Pour la plupart des lecteurs, surtout européens, la liberté est un principe évident. Beaucoup d'entre eux ne se rendent pas compte de la chance qu'ils disposent d'être libres que ce soit dans le domaine de l'expression d'opinion, dans le dessin ou dans la littérature. La liberté a une valeur marquante pour ceux qui ont été confrontés à une vie  compliquée et tiraillés entre la culture de leur famille, leurs goûts et opinions, et le parti unique de leur pays, la dictature, ce que nous témoigne l'auteur de Formose

Le dessin est pour Li Chin Lin un moyen de communiquer ses idées et d'exprimer ses émotions. Petite, elle explique au lecteur que la dictature lui imposait des règles de dessin strictes et précises auxquelles elle devait obéir. Elle se révolte contre cette restriction du dessin, car son dessin est assez libre : un même personnage n'est pas toujours dessiné  de manière identique à chaque fois. De plus, ses idées sont désorganisées, ce qui se reflète dans son dessin et nous montre qu'elle essaie de mettre les choses au clair. Les "cases" rectangulaires et répétitives auxquelles les lecteurs sont habitués dans les bandes dessinées, ne sont pas vraiment comparables à celles de son roman. Là, les cases, parfois mêmes absentes, ne sont pas présentées de manière très précise et géométrique. Cela peut-être interprété comme la volonté de l'auteur de se libérer des barreaux de la dictature qui l'a enfermée moralement et physiquement lorsqu'elle était jeune. 

Pour Li-Chin Lin, ce livre est donc réellement une façon de dénoncer le régime politique de son pays et de partager l'histoire de Taïwan, que peu de personnes connaissent, ainsi que sa propre histoire. L'idée et la façon de penser de Victor Hugo se retrouvent dans le roman : " Ton libérateur c'est le livre" – ce qui est vrai pour Hugo l’est aussi pour Lin. Cette phrase résume le principal objectif de l'écrivaine taïwanaise : pouvoir enfin se libérer et aussi - prendre de la distance par rapport à son enfance où ses opinions étaient dispersées entre les influences variées de son entourage. Mais ce livre est finalement aussi un très bon moyen pour nous le lecteur, de nous rendre compte de notre propre liberté et de nous interroger sur celle-ci. Nous pouvons en déduire que Formose est un roman très enrichissant et émouvant qui offre au lecteur divertissement, apprentissage et dont l'originalité d'avoir comme moyen d'expression le dessin ne peut qu'être un atout.

Maeva Barthelet – 2.7 – Lycée international de Saint-Germain-en-Laye

Formose de Li-Chin Lin, par Emilie C.

Li-Chin Lin ne raconte pas l’histoire d’un dragon mais plutôt celle d’un serpent ; d’une grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf et de mouches piétinées. 

L’histoire de Taiwan nous est peu familière mais le peu que nous savons est lié à l’économie de ce petit pays ; en effet, Taiwan est un des ‘Dragons’ asiatiques. L’auteur de Formose a, au contraire, voulu nous raconter une autre histoire, bien plus inconnue, son histoire, l’histoire d’une mouche piétinée et écrasée par une politique népotique et « venimeuse » tel un serpent mais qui, peu à peu, s’envole vers la liberté. Elle nous parle aussi de son minuscule pays, Taiwan, une petite grenouille qui, malgré tout, veut et prétend devenir aussi grosse que le bœuf chinois.

Dans son roman graphique, Li Chin Lin raconte sa vie, de sa plus tendre enfance à l’âge adulte. Nous pouvons constater qu’elle a eu le même parcours que Candide de Voltaire. En effet, elle s’est, comme lui, métamorphosée en passant d’une jeune fille naïve, manipulée et ‘prisonnière’ du pouvoir en place à une femme libre, responsable et qui a pris conscience des atrocités qui avaient été faites par le parti de Tchang Kaï-Chek. Formose a donc pour but principal d’avoir eu un effet cathartique sur elle. Ce livre lui a permis de se libérer, de dire tout ce qu’elle avait dû cacher dans son enfance et nous fait part de ses goûts, peu conformes aux opinions du parti. Paradoxalement, son livre est loin d’être pessimiste. Elle écrit et dessine toujours de manière humoristique : les dessins sont très métaphoriques et déformés et elle dessine avec un trait toujours léger. Son style confirme qu’elle a pris de la distance et qu’elle a repris la maitrise de son enfance. Nous pouvons, malgré tout, constater que Li Chin Lin ne ‘s’enferme’ jamais dans des cases (ce qui peut être désorientant pour nous, lecteurs européens, qui sommes habitués à ce que les dessins de BD soient clairs). Ceci est, bien entendu, lié au fait que Li Chin Lin n’a désormais qu’une envie : être libre. 

Formose a un second but: celui de dénoncer les atrocités commises par le parti nationaliste de Tchang Kaï-Chek. En effet, les livres engagés permettent parfois la prise de conscience des lecteurs et permettent, par conséquent, que l’histoire ne refasse pas des pas en arrière. Dans son roman graphique, Li Chin Lin illustre parfaitement le climat de propagande et de corruption à Taiwan. D’ailleurs, en regardant ne serait-ce que la couverture nous comprenons immédiatement de quoi traitera le livre. Le croquis sur cette dernière représente l’auteur elle même, de face, qui essaye de quitter l’île pour s’envoler vers la liberté. Nous voyons derrière elle trois profils d’hommes politiques, crayonnés et grisés (le gris étant la couleur du pouvoir dans une dictature et la couleur de l’uniformisation). Ces trois profils tentent de bâillonner la petite fille pour qu’elle ne parle pas. Mais la petite fille a déjà un pied hors de son île ! Ce dessin de première de couverture est une métaphore très réussie de l’histoire de l’île, où tous ceux qui veulent parler sont pourchassés. Tout au long de son roman graphique, Li Chin Lin dénonce la dictature, le climat de violence et l’uniformisation des pensées. 

En conclusion, Formose est un roman graphique peu habituel mais qui vaut la peine d’être lu, c’est une réflexion très profonde sur l’importance de la liberté pour chaque individu, qui est un droit sacré qui ne peut être remis en cause par aucun parti, quel qu’il soit. Elle dit en effet « certains croient qu’ils ont le droit d’interdire les autres de penser » et dénonce donc l’uniformisation de la pensée.  Formose est en quelque sorte le Persépolis taïwanais.


Emilie CIFFROY -2nde7 – lycée international

Formose de Li-Chin Lin, par Eva R.

Taïwan, pays réel ou hallucination onirique ?

Li-Chin Lin répond à cette question avec son roman graphique Formose. Une œuvre politique qui raconte son enfance à Taïwan. Li-Chin a six ans, elle vient de gagner le premier prix du concours de dessin anticommuniste. Ce prix peut nous paraître étrange, mais la Chine communiste est juste en face et représente un danger pour la petite île isolée. Elle grandit avec d'un côté les idées patriotiques de Taïwan et de l'autre la culture japonaise. Une vie dure que la jeune fille a dû surmonter. Cette écrivaine triomphe en illustrant ces événements très durs qu’elle a vécus pendant sa jeunesse d’une façon amusante. Ainsi elle critique la politique dans les années 80 et pour cela elle utilise son talent, la bande dessinée. Dans son dessin elle exprime avec élégance la liberté par l’absence de cases, et aussi par un trait léger et de petites touches de crayon.
Une autobiographie qui fascine les lecteurs grâce à ces magnifiques atouts.


Eva Ribeiro – 2.7 – Lycée international de Saint-Germain-en-Laye

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