La Foire aux Questions

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25 octobre 2010

Version maison n°3

Tacite Dialogue des orateurs 34. 1-2
Formation à l’art oratoire des jeunes hommes ayant endossé la toge virile 

A rendre le Lundi 8 Novembre

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[34] Ergo apud maiores nostros iuvenis ille, qui foro et eloquentiae parabatur, imbutus iam domestica disciplina, refertus honestis studiis deducebatur a patre vel a propinquis ad eum oratorem, qui principem in civitate locum obtinebat. Hunc sectari, hunc prosequi, huius omnibus dictionibus interesse sive in iudiciis sive in contionibus adsuescebat, ita ut altercationes quoque exciperet et iurgiis interesset utque sic dixerim, pugnare in proelio disceret. Magnus ex hoc usus, multum constantiae, plurimum iudicii iuvenibus statim contingebat, in media luce studentibus atque inter ipsa discrimina, ubi nemo inpune stulte aliquid aut contrarie dicit, quo minus et iudex respuat et adversarius exprobret, ipsi denique advocati aspernentur. Igitur vera statim et incorrupta eloquentia imbuebantur; et quamquam unum sequerentur, tamen omnis eiusdem aetatis patronos in plurimis et causis et iudiciis cognoscebant; habebantque ipsius populi diversissimarum aurium copiam, ex qua facile deprehenderent, quid in quoque vel probaretur vel displiceret.

Ita nec praeceptor deerat, optimus quidem et electissimus, qui faciem eloquentiae, non imaginem praestaret, nec adversarii et aemuli ferro, non rudibus dimicantes, nec auditorium semper plenum, semper novum, ex invidis et faventibus, ut nec bene [nec male] dicta dissimularentur.  

Ce n'était donc point un maître qui leur manquait : ils en avaient un excellent, un maître choisi, qui présentait à leurs regards l'éloquence elle-même et non sa vaine image ; ils voyaient des adversaires et des rivaux combattre avec le glaive, au lieu d'escrimer avec la baguette ; ils fréquentaient une école toujours pleine, toujours renouvelée, où l'envie prenait place comme la faveur, où les beautés n'étaient pas plus dissimulées que les fautes.

Scitis enim magnam illam et duraturam eloquentiae famam non minus in diversis subselliis parari quam suis; inde quin immo constantius surgere, ibi fidelius corroborari.

Atque hercule sub eius modi praeceptoribus iuvenis ille, de quo loquimur, oratorum discipulus, fori auditor, sectator iudiciorum, eruditus et adsuefactus alienis experimentis, cui cotidie audienti notae leges, non novi iudicum vultus, frequens in oculis consuetudo contionum, saepe cognitae populi aures, sive accusationem susceperat sive defensionem, solus statim et unus cuicumque causae par erat.

Sous l'influence de tels enseignements, le jeune homme dont nous parlons, disciple des orateurs, élève du Forum, auditeur des tribunaux, aguerri et formé par les épreuves d'autrui, connaissant les lois pour les entendre expliquer chaque jour, familiarisé d'avance avec la figure des juges, habitué au spectacle des assemblées populaires, ayant remarqué souvent ce que désirait l'oreille des Romains, pouvait hardiment accuser ou défendre : seul et sans secours, il suffisait d'abord à la cause la plus importante.

Nono decimo aetatis anno L. Crassus C. Carbonem, unoetvicesimo Caesar Dolabellam, altero et vicesimo Asinius Pollio C. Catonem, non multum aetate antecedens Calvus Vatinium iis orationibus insecuti sunt, quas hodieque cum admiratione legimus.  199 mots

04 octobre 2010

Corrigé de la version n°1

Celui qui doute en effet que les hommes ont reçu le langage de la nature elle-même dès leur naissance -- C'en est pour le moins le principe ! - l'usage qu'il pouvait en faire l’aurait-il poussé à l’apprentissage du langage et à son perfectionnement, la réflexion et l’exercice l’auraient-ils amené à la perfection ?

Et je ne vois pas pourquoi certains pensent que l'intérêt pour le discours est né de ce que ceux qui faisaient l'objet d'une accusation établirent l'habitude de parler avec grand soin pour leur défense.

En effet, pour être très noble cette cause n’est en tout cas pas la première puisqu'en tout premier lieu l’accusation précède la défense, à moins qu'on ne prétende aussi que le glaive a été forgé par celui qui préparait le fer pour sa protection, avant celui qui l’a fourbi pour la perte d’autrui.

C'est donc la nature qui a donné naissance au langage, et l'observation naissance à l'art.

En effet, comme, en médecine, les hommes élaborèrent leur art d'après leurs observations quand ils constatèrent que certaines choses étaient favorables à la santé, d’autres non, de même quand ils conçurent que pour parler certaines choses sont utiles, d’autres inutiles, les hommes notèrent ce qui était à imiter et à éviter et ils ajoutèrent également en personne certains éléments en se fondant sur la raison : ces choix furent confirmés par l’usage.

Assurément, Cicéron a attribué l'origine de l'éloquence aux fondateurs des villes et aux législateurs, chez qui l'efficacité de la parole était indispensable.

Pourquoi cependant Cicéron pense que c’est là l’origine de l’éloquence, je ne le comprends pas, puisqu'existent jusqu’à aujourd’hui des peuples qui n'ont ni habitat, ni ville, ni lois, et puisque, malgré tout, certains de ces indigènes s’acquittent d’ambassades, se font accusateurs et défendeurs et enfin sont convaincus que certains parlent mieux que d'autres.

20 septembre 2010

Version n°1 - pour le lundi 20 septembre

Quelle est l’origine de la rhétorique ?

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Nec diu nos moretur quaestio quae rhetorices origo sit. Nam cui dubium est quin sermonem ab ipsa rerum natura geniti protinus homines acceperint (quod certe principium est eius rei), huic studium et incrementum dederit utilitas, summam ratio et exercitatio? II. Nec video quare curam dicendi putent quidam inde coepisse, quod ii qui in discrimen aliquod vocabantur accuratius loqui defendendi sui gratia instituerint. Haec enim ut honestior causa, ita non utique prior est, cum praesertim accusatio praecedat defensionem, nisi quis dicet etiam gladium fabricatum ab eo prius qui ferrum in tutelam sui quam qui in perniciem alterius compararit. III. Initium ergo dicendi dedit natura, initium artis observatio. Homines enim sicut in medicina, cum viderent alia salubria, alia insalubria, ex observatione eorum effecerunt artem, ita cum in dicendo alia utilia, alia inutilia deprenderent, notarunt ea ad imitandum vitandumque, et quaedam secundum rationem eorum adiecerunt ipsi quoque: haec confirmata sunt usu. Tum quae sciebat quisque docuit. IV. Cicero quidem initium orandi conditoribus urbium ac legum latoribus dedit, in quibus fuisse vim dicendi necesse est: cur tamen hanc primam originem putet non video, cum sint adhuc quaedam vagae et sine urbibus ac sine legibus gentes, et tamen qui sunt in iis nati et legationibus fungantur et accusent aliqua atque defendant et denique alium alio melius loqui credant.