Le nom Zeus (nominatif : Ζεύς / Zeús ; vocatif : Ζεῦ / Zeû ; accusatif : Δία / Día ; génitif :  Διός / Diós ;  datif :  Διί / Dií) repose sur le thème *dy-ēu-, issu de la racine indo-européenne  *dei- qui signifie « briller ». Elle est également à l'origine du sanskrit   diēs, signifiant « jour » . En grec ancien, on la retrouve dans les mots ἔνδιος / éndios et εὐδία/ eudía qui désignent respectivement le midi (l'apogée de la journée) et le beau temps.

Les attributs :
Zeus règne sur le Ciel et a pour symboles l'aigle, le foudre, le chêne, l'égide.

2.1. Le dieu du Ciel et… de la Terre

A l’occasion du partage de l’Univers qui fait suite à la victoire des Olympiens contre les Titans, Hadès s’est vu octroyé le royaume souterrain, Poséïdon les Océans et Zeus le Ciel, la sphère céleste.

"Le monde a été partagé en trois ; chacun a eu son apanage. J’ai obtenu pour moi, après tirage au sort, d’habiter la blanche mer à jamais ; Hadès a eu pour lot l’ombre brumeuse, Zeus le vaste ciel, en plein éther, en pleins nuages. " 

Zeus
Marbre - copie romaine
Musée du Capitole, Rome, Italie

Le symbole de l’aigle

L’aigle est roi des oiseaux. Il est ainsi considéré dans les mythologies indo-européennes, mais aussi en amérindiennes, asiatiques - au Japon ou en Chine -, et africaines comme l’incarnation, le substitut ou le messager de la plus haute divinité ouranienne et du feu céleste, que lui seul ose fixer sans se brûler les yeux.

 Zeus, le maître du destin 

Du haut du ciel, Zeus observe les actions des hommes, peut intervenir et les corriger. 

Hésiode écrivait : "L'oeil de Zeus voit tout, connaît tout".


Elargissement culturel : attribut de Zeus, l'aigle est aussi attribut  du Christ, emblème impérial de César et de Napoléon.


 Zeus fait la pluie et le beau temps, au sens propre 

Maître d’en haut, ce dieu commande à toute la machinerie atmosphérique. Il est le maître du temps météorologique : orages, tonnerres, pluies, neige, grêles, foudre, bourrasques, trombes, nébulosités… mais aussi les canicules et les sécheresses.


Il est :

Cf. les épiclèses homériques 

  • l’assembleur de nuées νεφεληγερέτα / nephelêgeréta 
  • celui « qui accumule les nuages » Zeus Néphélégèrétès, à la nuée noire (κελαινεφής / kelainephếs
  • celui « qui aime manier la foudre » Zeus Terpichéraunos, et « qui souffle la tempête » Zeus Maïmaktès … 

Cf. épiclèses latines qui déclinent les attributions et fonctions de Zeus

  • Jupiter Caelestis "céleste"
  • Jupiter Fulgurator "de la foudre"  Symbole la foudre
  • Jupiter Lucetius "de la lumière"                      
  • Jupiter Pluvius "qui envoie la pluie" 
  • Jupiter Summanus "qui envoie le tonnerre de la nuit"
Zeus brandissant le foudre Amphore à figure rouge – époque archaïque, 
470 - 460 av. J.C.  Musée du Louvre, Paris, France  - 


  ... et au sens figuré.

Le dieu peut se montrer dans « son mauvais jour ». Le bien-être de l’humanité dépend de ses volontés, de ses caprices ou de ses colères.



 Les fonctions chtoniennes de Zeus

 Cf. épiclèse : Ἴδηθεν μεδέων / Ídêthen medéôn -  Zeus est aussi Maître de l'Ida

Les Montagnes, siège terrestre des dieux


Mont Ida, Mont Olympe, le  Parnasse ...
Les montagnes  sont le truchement sacré et privilégié entre Zeus et les hommes : c’est de ces hauteurs terrestres qu’il descend parfois vers les Hommes.
Iris dont l’arc coloré joint la terre aux cieux est sa messagère.
Zeus est Dieu ouranien par excellence.



Mais, Zeus est tout autant le dieu Chthonios - Chtonien, c’est-à-dire le dieu souterrain, car du ventre de la terre sortent les cultures.
Hadès est essentiellement rattaché aux forces obscures du monde des morts ; il est craint et ne sera jamais populaire.
Dieu chtonien légitime, il est supplanté par Zeus pour les fonctions positives liées à la terre. La richesse et la fertilité de la terre sont au pouvoir de Zeus. Cet événement était fêté pendant les Pélôria (Zeus Pélôrios, tout-puissant) devenue une grande fête de la moisson. 
Pour les moissons : à Athènes, c’est Zeus qu’on célébrait pendant les Bouphonia (sacrifices de bœufs) et les Pandia (fête des plantations) pour s’attirer la faveur de Zeus Épikarpios (dieu qui donne des fruits) et, en automne, on fêtait régulièrement le Zeus Géôrgos (dieu cultivateur). 

Zeus fut sans doute l’amalgame des multiples divinités de la terre.

2.2. Zeus pater

Sûr de sa force et de son bon droit, une fois Cronos évincé, Zeus est désormais « le père des dieux et des hommes ».  Cf. Zeus Père (Ζεὺς πατήρ / Zeùs patếr), Zeus Pátêr te theôn te (πατήρ άνδρῶν τε θεῶν τε)

Le symbole de l’aigle est aussi le symbole primitif et collectif du père et de toutes les figures de la paternité. Zeus incarne ainsi le dieu-père d’inspiration indo-européenne. Il fait figure de patriarche: 

  • avec ses frères et sœurs nés de Cronos et Rhéa : Héra, Déméter, Hestia, Hadès, Poséidon
  • avec sa nombreuse progéniture, divine ou mortelle

Quelques exemples :

  • Europe de qui naissent Minos, Rhadamanthe, Sarpédon. Elevés par Astérion, roi de Crète. Minos succède à ce dernier en évinçant ses frères. Rhadamante s'exile alors à OEchalie, en Béotie, où il épouse Alcmène, veuve d'Amphitryon. Il en a deux fils : Erythros et Gortys. Après sa mort, il est établi juge des Enfers, avec Minos et Éaque. Chez Homère, il coule des jours paisibles dans les Îles des Bienheureux. Selon des versions plus tardives, il règne seul sur les Champs Élysées, ou encore, d'après Virgile, il gouvernerait le Tartare. Sarpédon, lui, rejoint son oncle Cilix et s'installe sur les terres qui porteront le nom de Cilicie. Il reçoit de Zeus le don de vivre trois générations.
  • Danaé
    Acrisios à qui on avait prédit qu’il serait tué par son petit-fils, avait donc enfermé sa fille dans une tour pour l’empêcher d’engendrer. Mais Zeus déjoua toutes ses précautions en se faufilant auprès de Danaé sous l’apparence d’une pluie d’or. Naquit ainsi Persée,  petit fils par suite du Roi d’Argos.

Iconographie :
1. Europe chevauchant la génisse
Cratère à figure rouge
340 av. J.-C.
Malibu, Californie, USA
2. Danaé et la pluie d'or
Cratère à figure rouge
450-425 av. J.-C.
Musée du Louvre, Paris, France



  • On peut encore évoquer : Athéna engendrée avec Métis. Mais Zeus, prévenu que son fils le tuerait, avale Métis. Quelque temps après, 
    • 2.3. Dieu justicier et protecteur

        •  


      Zeus, par les actes qui inaugurent son règne (neutraliser ses encombrants ancêtres préolympiens,  libérer les innocents suppliciés), rétablit  la fratrie légitime et  replace les lois dans l’équité. De fait, Zeus est par excellence Dieu protecteur et interpellé en cette qualité dans de nombreuses situations de la vie quotidienne et sociale.


        • -> à l’échelle de l’individu

      + Il est le grand protecteur des liens du mariage :
      Zeus Téléïos « dieu qui accomplit » gamelios  « du mariage »/  feretrius est l'un des épithètes du dieu romain Jupiter.
      cf.  temple de Jupiter Férétrien (Iuppiter Feretrius) était un temple de Rome.
      Jupiter Férétrien était invoqué dans cette capacité pour être témoin de la signature de contrats et de mariages. Un serment était prononcé appelant Jupiter à frapper à terre toute personne prêtant faussement serment.

      Jupiter Férétrien avait un temple sur le mont Capitolin, où l'on portait les dépouilles opimes (dépouilles opimes, spolia opima (le nom donné aux dépouilles qu'un général en chef du peuple romain a enlevées de sa main à un général en chef des ennemis).

      + Zeus est Zeus Ktêsios, dieu domestique
      protecteur de la maison (herkios), de la propriété familiale - Zeus Herkéios, « dieu de la clôture », gardien des propriétés kleisos, de la famille ou droit du sang - Zeus Sunaïmos « dieu de la race », protecteur des hôtes et garants des règles de l'hospitalité - xenios

      -> à l’échelle de la cité

      + Zeus PROTECTEUR de la cité
      Zeus Polioûkos  « dieu qui protège la ville », garant de la sécurité de la cité. Zeus se substitue à l’ancien culte d’Athéna poliade, protectrice de la ville d’Athènes.
      Ei si l’on passe de Grèce à Rome et de Zeus à Jupiter :
      il est à la fois Jupiter Latarius "Dieu du Latium", celui qui protège le territoire ancestrale et Jupiter Capitolin, adoré sur le Capitole dans le temple de Jupiter Capitolin qui protège la cité tout entière.

      + Zeus PROTECTEUR du pouvoir, de l’organe politique :
       il est le dieu bienveillant vis-à-vis des rois — ils sont souvent issus de héros ; le dieu de toutes les royautés car elles émanent du pouvoir divin : sur terre, les souverains sont l’équivalent des dieux cf. Homère ne craint pas de les qualifier de dioguénès « né de Zeus » et de  diotréphès « nourri par Zeus ».
      De façon plus large, Il est encore le garant des libertés civiques Zeus Éleuthérios « dieu libérateur » ; des pactes et des serments Zeus Orkios « dieu des serments », etc.

        • + Et plus tard à Rome, Jupiter protecteur de la cité est aussi Jupiter Terminus ou Jupiter Terminalus celui qui défend les frontières ; Jupiter Victor  celui "qui dirige les armées romaines".

       
      2.4. Un dieu bienfaiteur

      -> Zeus Sôtêr  Zeus sauveur (σωτήρ / sôtếr)
      Il n’y a pas d’autres dieux qui soient autant invoqués par les Grecs pour le secours et la sauvegarde.

      + Zeus Alexikakos « qui écarte les maux ». pas de décisions importantes, pas d’entreprise sans le consulter : qu’il s’agisse d’un voyage individuel ou d’une expédition de la cité.  

      + De nombreux ports ont un temple dédié à Zeus Sôtêr « dieu salvateur ». Les Athéniens célèbrent, le dernier jour de l’année, la fête des Disotéria.

      + On l’invoque pour se faire pardonner en offrant des sacrifices à Zeus Meïlikios et donc pour se le concilier.

      -> Zeus purificateur

      + Cela donne lieu à des fêtes importantes à Athènes : les Diasia (fêtes de Zeus, « dios »).

      + En automne, une période de sacrifices d’ovins à Zeus Phratrios durait de 3 à 4 jours, à Athènes et dans les grandes cités : c’étaient les Apaturies (Apatouria) ou fêtes des phratries. Les sacrifices sont en effet un moyen d’atteindre le dieu et d’obtenir la purification et la réconciliation.

      -> Zeus miséricordieux

      + Il est Zeus Hikésios « dieu des suppliants ». Zeus se montre ainsi attentif aux suppliques et, selon Hésiode, le recours suprême des opprimés.

      Envers Sarpédon – l’histoire est emblématique de la miséricorde dont peut faire preuve Zeus :
      Dans sa jeunesse, il se querelle avec ses frères pour l'amour d'un garçon, Milétos (ou Atymnios). Milétos préféra Sarpédon. Vaincu par Minos, il doit s'exiler et rejoint alors son oncle Cilix, établi dans une contrée à laquelle il donne son nom : la Cilicie. Avec ce dernier, il combat les Lyciens et fait de la région du Xanthe son royaume. Zeus lui accorde alors le privilège de vivre pendant trois générations d'hommes.
      Quand éclate la guerre de Troie, il vient au secours de Priam à la tête des troupes lyciennes. Pendant la dixième année de la guerre, il est blessé à la cuisse dans son affrontement avec l'Héraclide Tlépolème. Zeus intervient alors pour le sauver.
      Par la suite, il rencontre Patrocle revêtu de l'armure divine d'Achille. Patrocle abat d'abord son cocher, Thrasydème, ainsi que l'un de ses chevaux. Dès le début du combat, Zeus, qui observe la scène, sait que son fils est voué à périr sous les coups de Patrocle. Pris de pitié, il veut le sauver mais est arrêté par les remontrances d'Héra, qui lui rappelle que chacun des Immortels a un descendant dans la bataille. Cédant à Héra, Zeus décide d'abandonner son fils à son destin. Il fait néanmoins pleuvoir une averse de sang pour lui rendre hommage.
      Sarpédon est abattu d'un coup de pique en plein cœur. Avant de mourir, il demande à Glaucos, son compagnon d'armes, de ne pas laisser sa dépouille aux mains des Achéens. Lui-même blessé, Glaucos ne peut qu'exhorter les Troyens à défendre le corps, mais Patrocle repousse finalement Hector et les Lyciens. Sarpédon est alors dépouillé de ses armes. Aussitôt, Apollon, sur l'ordre de Zeus, vient emporter le corps. Il le lave dans les eaux du Scamandre, l'oint d'ambroisie, le revêt d'habits immortels, et le remet entre les mains des dieux jumeaux Hypnos (le Sommeil) et de Thanatos (la Mort) qui le portent en Lycie, au milieu de son peuple.
                    
      Envers Prométhée : après la victoire des nouveaux dieux dirigés par Zeus sur les Titans, Prométhée se rendit sur le char du soleil avec une torche, dissimula un tison dans une tige creuse de fenouil et donna le feu à la race humaine. Il lui enseigna aussi la métallurgie et d'autres arts, eux-mêmes enseignés à Prométhée par Athéna qui était complice puisqu’elle l’aida à entrer secrètement dans l’Olympe. Il entra de ce fait en conflit avec Zeus qui lui infligea un supplice :Héphaïstos l'enchaîna nu à un rocher dans les montagnes du Caucase, où un aigle venait lui dévorer le foie chaque jour. Sa souffrance était infinie, car chaque nuit son foie repoussait.
      Héraclès le délivra au cours de ses douze travaux mais pour ne pas déroger au serment de Zeus qui avait juré que le Titan resterait à jamais enchaîné au Caucase, Prométhée dut porter durant toute sa vie une bague de fer provenant de ses chaînes, accolée à un morceau de pierre du Caucase.

      -> Zeus et ses présages
       Et donc pour guider les hommes, Zeus fait des présages ; il communique ses intentions par des moyens variés : ornithomancie (vol des oiseaux), oniromancie (analyse des rêves), bruits (les klèdonès), extase, tirage au sort (les Klèroï ; latin : sortes), et nombre de manifestations atmosphériques.
      Trois principaux sanctuaires lui furent consacrés pour entendre ses oracles.