LUCRECE De Natura rerum IV

 Dans le De natura rerum (De la nature des choses), Lucrèce fait une louange de la nature et tente d’expliquer ses phénomènes ainsi que la nature du monde. Cet hymne, composé au Ier siècle av JC, est fondé sur l’épicurisme, pratique philosophique de recherche du bonheur et de la sagesse, supposant une conduite harmonieuse et modérée.

Ces cinq premiers vers constituent l’introduction de l’hymne. Le poète s’adresse ici à Vénus, déesse de la beauté, dont il loue les vertus nourricières et créatrices Il faudrait vous appuyer sur le texte; il l’encense afin de s’attirer ses faveurs. Nous pouvons le voir à l’usage du vocatif (‘’genetrix’’ v.1 ; ‘’alma’’ v.2) et à la multiplication de ses attributs (aeneadum genetrix "mère des Enéades"; hominum divomque voluptas "plaisir des hommes et des dieux" ; alma "bienfaisante") on pourrait aussi de s'appuyer sur le registre et sur les faits de structure afférants. Vénus est dépeinte par le poète comme étant une divinité créatrice, nourricière, fertile Vous vous répétez. C’est elle qui contribue à créer le monde (‘’per te quoniam genius omne animantum concipitur’’, par toi toute espèce des animaux est créée). Elle est, de plus, omniprésente : sur les mers, sur les terres fertiles, et chère aux hommes et aux dieux ; cette adresse à Vénus constitue un topos poétique de la poésie maladroit.

Effet produit par cette entrée en matière ? (Kiéran) 


               Le poète continue ici sur le même registre. Il marque une certaine emphase, témoin de l'enthousiasme du poète qui décrit les effets de la présence de la déesse sur la nature. On peut noter comme signes de cette emphase l'anaphore en début de proposition, d'abord du pronom « te » puis du « tibi », qui renvoient tous deux à Vénus. C'est également une façon de faire l'éloge de la déesse : sa présence en début de proposition signale qu'elle est l'objet premier du discours de l'auteur, qui en fait un sujet de poésie.

Notons également le champ lexical des éléments naturels : les termes  venti , nubila caelitellus,floresaequora ponti  et lumine  en font partie. Ce champ lexical exprime le fait que le poète décrit, dans ce mouvement, les effets positifs de la venue - aventum - de Vénus sur la terre. En effet, l'arrivée de la déesse provoque tout d'abord la fuite fugiunt  des éléments nocifs à la vie humaine : les vents venti et les nuages du ciel nubila caeli  sont personnifiés avec l'action de la fuite ; ils sont dotés d'une raison qui leur permet de se mettre en action spontanément, puisque l'arrivée de la déesse de l'amour leur ôte toute possibilité de rester, puisqu'ils sont vus comme indésirables. La mise en facteur commun du verbe « fugiunt » sur les deux premières propositions rejoint en effet l'idée que la première partie de la phrase aborde des éléments négatifs de la terre ; cette première partie va entrer en opposition avec le reste de la phrase.

La personnification des éléments naturels continue dans cette seconde partie de phrase. La terre - tellus - va faire croître ses fleurs - summittit flores - spontanément, les plaines de la mer aequora ponti  rientrident, et le ciel caelum va être apaisé placatum. Cette partie de la phrase montre que Vénus provoque des réactions à la fois merveilleuses - la croissance spontanée des fleurs ou le sourire des mers (que l'on peut considérer comme une métaphore poétique) - et qui produisent un bien-être sur la vie humaine ; les fleurs et le calme des eaux et des cieux expliquent l'enthousiasme du poète, qui évolue alors dans un environnement serein et agréable grâce à la présence de la déesse. On note donc ici la création d'un univers bucolique. La lumière diffuse diffuso lumine  témoigne de cette sérénité divine que Vénus a créée; la douceur des termes floressuavis et placatum  amplifient cette ambiance sereine, marquant l'harmonie de la nature avec la déesse et le poète. Cela rappelle intrinsèquement la période de l'âge d'or, où les hommes et les dieux vivaient unifiés et en paix, dans une nature agréable et sereine.

Notons également que les éléments de la nature, normalement mis en mouvement par les dieux de ces éléments, Neptune pour les mers par exemple, sont ici dotés de la possibilité d'agir par eux-mêmes. Cela peut témoigner d'un éloge de Vénus, à qui le poète donne tellement de beauté et de pouvoir qu'elle peut empiéter (en quelque sorte) sur le pouvoir des autres dieux. (Eléonor) On assiste ici à la venue de Venus attention à la cohérence du discours // à ce qui précède qu'on associe au printemps, car l’éveil de la nature survient en même temps que la naissance de Venus, au même place rend l'expression incorrecte moment de son initum. Celle-ci a un pouvoir direct sur tous les êtres et ici sur les oiseaux perculsae, bouleversés par sa puissance. Le nam préciser la nature du terme peut montrer le désir du poète à développer, à étaler la puissance de la déesse qui réveille progressivement la nature sur qui elle a un pouvoir qui apparaît comme infinisuccession des relatives lourde. Le chant des oiseaux et l'apparition du paysage printanier peuvent être assimilés au renouveau de l'inspiration poétique. Ainsi ce serait comme une sorte d’éloge du poète à sa Muse à lui maladroit. C'est-à-dire que le poète aussi est touché par l’arrivée de Venus qui, en plus d'exercer son pouvoir sur la nature entière, permet au poète de retrouver son inspiration voire de l'amplifier parallèle exprimé de façon maladroite. L'adjectif genitabiliss'appliquerait alors également à l'inspiration du poète  et donc ?. L'adverbe primum annonce une énumération qui continue et s’étale impropre sur le reste du texte pour montrer jusqu’où va la puissance de Venus. De plus, en disant d'une part te, diva et d'autre part tuum initum, le poète fait de la déesse un être multiple démonstration pas très probante. La nature, loin de craindre la déesse, s’épanouit à son contact. Venus est présentée comme une force suprême qui donne la vie. (Isseu)  

Suivant la logique du passage précédent de L'hymne à Vénus , nous pouvons dire Lucrèce nous montre un réveil de la nature avec la présence du champ lexical de la flore 'pabula', de la faune 'pecudes' et de l'eau 'amnis'. un champ lexical comprend plus d'un terme ? 
En effet, nous parlons de réveil car nous voyons une dynamique de la nature avec la présence de verbes d'action qui montre plutot un déplacement,un mouvement expression lourde à corriger ; l'idée est bonne, mettez-la en valeur ! :'persultant','tranant','sequitur','inducere'.Toutefois,nous notons qu'il y a ? (oubli de votre part) + trouver autre chose ex. la nature fait preuve d'une certaine passivité... une passivité de cette nature en face de la déesse car les bêtes sauvages 'pecudes' sont objectivées au vers 5 "te" et "quo" contrairement au vers 1 où c'étaient elles qui faisaient l'action. Donc,on voit  lourd et assez oral une nature qui se soumet totalement à la déesse Vénus.

 Vénus est, elle, pour sa part  glorifiée par le poète tout au long du texte. En effet, nous observons que le poète met en valeur le pouvoir de la déesse, sa puissance aux vers 5 et 6 " quo quamque..pergis". Ici,c'est la deesse qui fait l'action à exprimer autrement et les animaux suivent.On peut y projetter l'image d'une déesse qui  verbe ?? en avant et qui est suivie par une nature en mouvement.

Ce mouvement de la nature est décrit en détails  comme le montre le complément circonstanciel de maniére"cupide" qui montrent une totale soumission de meme que le participe passé employé comme adjectif qualificatif 'capta'. Pas très probant ; explicitez mieux votre propos.

Donc changez la place, nous sommes en face d'une description des actions faites par les éléments  de la nature faite par le biais de de participe présent comme"persultant lourd ? en quoi cela fait-il progresser votre commentaire ? " Ainsi, le temps de narration qui est le présent joue un rôle important dans ce passage car vivant la description ???? .La faune, la flore et la rivière sont toutes derrière la déesse et sont en mouvement de façon joyeuse "laeta".(Mame) 

               Nous sommes désormais au cœur de l'ode que le poète fait à Vénus. La première observation que nous pouvons faire ici est le pouvoir que ce poète confère à la déesse. En effet, elle est présentée comme celle qui fait se renouveler le cycle de la nature : efficis ut generatim saecla propagent. Vénus assure le renouvellement des générations. C'est donc logiquement que l'on retrouve un champ sémantique relié à cette idée de nature avec les termes de maria, montis, fluvios, frondiferas domos, et campos. Ce champ sémantique sert d'une part à montrer le rôle de Vénus comme nous l'avons dit mais, de plus, il souligne l'importance du rôle de la Déesse qui agit à la fois sur mer maria, sur terre, avec notamment frondiferas domos, campos, et sur les hauteurs de la montagne montis. Non seulement Vénus agit partout, mais elle agit également pour tous, omnibus. Le poète nous présente une nature florissante et qui s'éveille. Et effectivement, les champs sont verts camposque virentis. De nombreuses occurrences de la nature nous laisse entendre qu'il s'agit d'un univers où les éléments poussent en abondance ; en effet, les maisons des oiseaux, c'est-à-dire les arbres, sont touffus comme au début du printemps lorsque poussent les feuilles. Nous pouvons défendre cette idée dans la mesure où nous avons parlé d'un renouvellement du cycle de la nature. De ce point de vue, nous serions ici au printemps, au début d'un nouveau cycle. La nature est aussi désignée par une sorte de fougue, les fleuves emportent tout, fluviosque rapacis. Nous retrouvons cette fougue dans l'écriture même du poète. Celui-ci utilise des accumulations que nous remarquons grâce au -que qu'il utilise à de nombreuses reprises (à l’effet de polysyndète engendré par l’utilisation répétée de –que). Vénus, déesse de la nature donc, mais aussi déesse de la vie.

               On retrouve néanmoins le thème que l'on associe la plupart du temps à la Déesse : l'amour. Le poète parle de désir, cupide, et de cœur, pectora. Cette idée selon laquelle Vénus intervient au cœur même des éléments naturels est renforcée par l’utilisation de per et de l’accusatif qui appuie ce mouvement de Vénus au cœur des choses. Enfin, l’utilisation du participe incutiens donne à voir une action perpétuelle et continuelle de la part de la déesse comme pour signifier que Vénus n'arrête jamais d'agir pour la nature. Ces quatre vers s'insèrent dans un ensemble où sont développés les mêmes thèmes, l'ode à la déesse, l’idée d’une nature florissante, le printemps. Ils reprennent également les thèmes communs que l’on associe à Vénus : l’amour et la nature. Le poète a voulu ici célébrer Vénus et ceci se retranscrit au coeur même de son écriture qui mime le renouvellement du cycle. (Allison)

               Le texte nous donne à voir l'invocation que le poète fait à Vénus avant de commencer son œuvre, ce qui justifie le fait que l'on a affaire à un registre déprécatif qui se maintient tout au long du passage.
Vénus apparaît dans les trois premiers vers comme une déesse qui préside en souveraine gubernas, qui a les pleins pouvoirs sur tout ce qui est de l'ordre de la nature. D'autre part, c'est également elle qui est à l'origine de l'agréable - laetum, amabile. Elle est clairement associée à la lumière avec l'utilisation de luminis. Le fait qu'elle ait un rapport avec la nature pousse le poète à lui demander de l'aide ou plutôt l'inspiration pour la création de son ouvrage - scribendis versibus - qui concerne, comme l'indique le titre, les choses de la nature.
Le destinataire de l'œuvre, Memmius, est ensuite évoqué comme le souligne l’usage du datif de destination dans la formule formule Memmiadae nostro. Dans le possessif nostro, on peut de plus entendre le poète et la déesse ; cela montre que le poète cherche à établir une proximité, un lien affectif avec la déesse en parlant d'une personne qui leur serait chère à tous les deux. Le poète parle en effet du fait que Vénus a également un lien direct avec ce Memmius. Il est favorisé par la déesse elle-même. Elle ne le favorise pas seulement, elle le fait exceller - excellere - et en toutes choses.  C'est une façon de faire à la fois l'éloge de Vénus et de Memmius. Il faut ici se souvenir du but de Lucrèce qui écrit pour Memmius. Ce dernier est un avocat, un homme brillant qui fait carrière. Lucrèce, qui est son ami intime, veut l'instruire, achever son apprentissage et surtout le préserver de toute sottise, comme la superstition.
Vénus est également, en tant que déesse de l'amour, associée à la grâce. C'est pour cela que le poète lui demande une aeternum leporem pour son œuvre.
On a ensuite une opposition entre la paix suscitée par l'amour et la guerre. La déesse, par ses attributs, est à même d'inspirer la paix aux hommes. Cela tient aussi au fait que le dieu qui inspire la guerre, c'est-à-dire Mars, est sous le charme de Vénus. Le texte nous présente même Mars en adoration devant la déesse : il est donc en position d'infériorité ; il en devient presque l'esclave. On voit cela avec l'emploi de devictus qui vient de devinco, is, ere, qui signifie « vaincre complètement, soumettre ». On a là une véritable contemplation de la déesse par un autre dieu : Mars est suspiciens, c'est-à-dire qu'il la regarde d'en-bas. C'est donc qu'il est en situation d'infériorité par rapport à elle. Vénus apparaît à la fois comme sensuelle et comme maternelle : on voit sa sensualité à travers le fait que Mars soit inhians, qu'il convoite Vénus. Son côté maternel passe par l'utilisation du mot gremium, le sein maternel. Mars se pose donc comme amant et comme enfant de Vénus. (Adèle) 

La dernière partie du poème est la conclusion de l'éloge fait à Vénus par le poète. Celui-ci fait sa requête à la déesse, comme le marque l'emploi de l'impératif "funde": il demande l'aide de la déesse pour rétablir la paix chez les Romains. Pour ce faire, il continue à s'adresser à Vénus de façon élogieuse, en s'adressant à elle avec "diva" en apostrophe et en apposition, ou en employant le terme "sancto": il la glorifie. L'impératif est résonne ici plus comme une supplication que comme un ordre : "funde petens placidam Romanis, incluta, pacem". En effet Lucrèce en appelle au pouvoir de Vénus sur le dieu Mars, dieu de la guerre, pour que les Romains retrouvent la paix. Il rappelle par là la relation entre Mars et Vénus, ici clairement déterminée comme un amour physique, sexuel, de même nature que l'amour humain, de par les expressions imagées : "recubantem tuo corpore sancto" et "circum fusa super". Il en appelle à son pouvoir de séduction afin qu'il ? vienne en aide au peuple Romain en arrêtant la guerre : Vénus sert ici d'intermédiaire entre le poète et le Dieu qu'elle doit rallier à sa cause.

Cet amour pourrait écarter la guerre, qui s'avère être catastrophique pour les Romains, comme on le comprend avec les termes "patriai tempore iniquo". Par là, Lucrèce évoque certainement l'époque de troubles pendant laquelle il écrit ce poème. En effet, Lucrèce a connu la "guerre sociale" (90-88): révolte violente des alliés italiens contre Rome; les luttes de Marius et de Sylla; la révolte de Spartacus (73-71); la conjuration de Catilina (63) et le premier triumvirat (60) où César, Crassus et Pompée se partagent le pouvoir. Il fait dans les derniers vers l'éloge de la paix, qui est favorable au travail, et apporte le bonheur, ce qui est développé dans les vers 40 et 41: "funde petens placidam Romanis, incluta, pacem / nam neque nos agere hoc patriai tempore iniquo". La guerre est dénoncée par l'emploi de termes dépréciatifs et hyperboliques tels que "iniquo" et "talibus rebus". D'autre part, il utilise l'hyperbole "animo nec Memmi clara" pour montrer que la situation force "l'illuste lignée de Memmius" à poursuivre la guerre pour le salut du peuple romain. Le poète apparait pessimiste: la déesse semble être son ultime recours. Il cherche donc à l'appitoyer afin de la persuader de lui venir en aide.(Alexandra)