Présentation d’Ovide
Pour compléter et accéder aux oeuvres :
http://bcs.fltr.ucl.ac.be/OVID/Nisard.html

Ovide (Publius Ovidius Naso)  - 45 av. J.-C.
Ovide fut élevé à Rome et y fréquenta les écoles des maîtres les plus célèbres, avec son frère Lucius, plus âgé que lui d'une année, et qui mourut à vingt ans.
Ovide avait un penchant irrésistible vers la poésie mais il étudia d’abord pour le barreau, pour obéir à l'expresse volonté de son père.
Presque tous les biographes d'Ovide s'accordent à lui donner pour maîtres, dans l'art de l'éloquence Plotius Grippus, le plus habile grammairien de l'époque, au jugement de Quintilien, Arellius Fuscus, rhéteur à la diction élégante et fleurie, et Portius Latro, dont notre poète mit plus tard en vers la plupart des sentences.
Il alla ensuite se perfectionner à Athènes dans l'étude des belles-lettres et de la philosophie, et visita, avec le poète Macer, son parent, les principales villes de la Sicile, de la Grèce et de l'Asie-Mineure.

Ovide n’eut cesse de faire partie du petit nombre des poètes reconnus.  Il ne fit que croiser Virgile, et Horace n’assista qu’à ses débuts.
En revanche, il constitua une petite société littéraire avec Properce, Gallus et Tibulle. Les uns et les autres ne vécurent pas assez pour assister à sa gloire et à sa chute. 
Ses parents et ses amis, presque tous courtisans d'Auguste, le désignèrent bientôt à sa faveur, et le premier témoignage de distinction publique que le poète reçut du prince fut le don d'un beau cheval.

Les grandes œuvres d’Ovide

Métamorphoses et Fastes

Ovide, après des ouvrages plus légers consacrés à al thématique amoureuse, s’attaqua à des sujets plus relevés  Les Métamorphoses et les Fastes.

Les Fastes

Ovide, dans son exil, travailla au poème des Fastes, commencé avant sa disgrâce. Cet ouvrage, qui devait avoir douze livres, n'en a que six : l'auteur n'a-t-il jamais écrit les six derniers, ou bien sont-ils perdus ?

Les Fastes, sont les annales les plus pleines de l'antiquité, dont l'auteur nous fait connaître, dans sa poésie riche et brillante, les cérémonies religieuses, les institutions, les fêtes, les traditions sacrées, les croyances populaires. "Ovide, a-t-on dit, possède la science de l'aruspice et du grand prêtre, et c'est avec raison qu'un écrivain du moyen âge appelle les Fastes un martyrologe (martyrologium Ovidii de Fastis) ; c'est en effet comme le Livre des Saints de l'antiquité, et pour ainsi dire sa légende." Quelques modernes ont pensé que c'est le plus parfait des ouvrages d'Ovide.

Les Métamorphoses
Ovide lui-même leur promet une glorieuse immortalité.
Sa disgrâce subite ne lui avait pas permis d'y mettre la dernière main, et il le retoucha, ainsi que les Fastes, dans les longs loisirs de son exil.

C’est un recueil poétique de XV chants qui regroupe nombre des légendes qui ont traversé le monde antique. Ces légendes étaient connues de tous et plaisaient. Ovide en fait une compilation hétéroclite. Ovide a été cherché sa matière brute chez les poètes et mythographes grecs qui se sont intéressés à l’étiologie et aux métamorphoses. Le recueil regroupe près de 250 récits fabuleux qui viennent pour certains de Grèce - l'Arcadie, la Laconie, la Béotie, les îles -, pour d’autres de la Grande Grèce, pour d’autres encore de régions limitrophes comme la Thessalie, la Phrygie, la Syrie, et pour d’autres enfin de rivages étrangers, d’Egypte ou de Babylone.

Cela en fait un ouvrage à forme hybride
Ovide emprunte à l’épopée son vers, l’hexamètre dactylique. Mais le rapprochement s’arrête là : pas d’action unitaire, pas de récit fondateur.
Ainsi, Les Métamorphoses tiennent tout à la fois de la poésie didactique, du conte populaire, du récit merveilleux ; elles annoncent aussi le roman à venir notamment avec le Daphnis et Chloé de Longus(IIIème siècle après JC). Il revisite tour à tour le genre de la lettre utilisé par lui dans les Héroïdes, l’épigramme si prisé à la cour impériale, les controverses et panégyriques qui participent de l’éloquence d’apparat forme maîtresse de la rhétorique sous l’empire, l’épyllion qui peut se définir comme « la mise en forme poétique d’une aventure personnelle »1. 

Note 1 : Bruno BUREAUÉpique et romanesque : l’exemple de deux épopées tardives, l’Enlèvement de Proserpine de Claudien et la Tragédie d’Oreste de Dracontius. Article mis en ligne en 2003 : http://ars-scribendi.ens-lyon.fr/rubrique.php3?id_rubrique=8


Ovide emprunte avec brio à tous les registres : les accents bien connus de l’élégie, l’intensité tragique pour dire le destin de ses personnages Lui qui a toujours rêvé d’associer son nom à la reine de tous les genres, la tragédie, sait empreindre le destin de ses personnages d’une grande intensité tragique.

 

Thèmes dans Les Métamorphoses

 

Le thème de l’amour

Le thème de l’amour est omniprésent. Ovide nous montre le monde soumis aux passions humaines. Son inspiration prend un tour plus philosophique en conférant à l’amour une dimension cosmique ; il est une force qui explique la sortie du Chaos et l’histoire de l’Univers. 

La dimension politique

Si la leçon à tirer n’est pas claire, il reste cependant évident que l’œuvre a une dimension politique.
D’une part, on peut voir dans la réécriture de l’Enéide notamment, une volonté de critiquer la manière dont Auguste fait mainmise sur la mythologie au service de sa propagande.

Néanmoins, le moindre rôle des passions à la fin du texte et la prééminence de Jupiter, interprète des Destins, sont symboliques. Vénus ne peut plus empêcher la mort de César, mais ce sera pour devenir un dieu. Ainsi, l’ultime métamorphose est celle qui arrête l’histoire, au-delà de laquelle plus de métamorphose possible. Auguste, fils de César divinisé, a en effet su réaliser l’unité vers laquelle tendait l’univers et lui donner cette stabilité tant recherchée. Mais faut-il prendre cela au pied de la lettre ou y voir une intention parodique ?

 

Œuvre philosophique? Pas fondamentalement. Politique ? Peut-être. L’œuvre divertissante, pleine de charme, séduisante et envoutante d’un poète mondain et spirituel ; sans nul doute.

Pour découvrir les Métamorphoses

Découvrez des extraits présentés par thèmes et en version bilingue : http://remacle.org/bloodwolf/auteurs/Ovide.htm

Des mythes en texte en image :
http://www.ac-creteil.fr/lettres/tice/ovide/index.htm

 

Dans la première partie de son activité artistique et après son départ pour l’exil, Ovide a exploré le champ de l’élégie.

Œuvres d’exil : Les Tristes - les Pontiques

Telle était, la terre d'exil du poète qui venait de quitter le palais des Césars et les délices de Rome. Les muses furent sa seule consolation.

Le premier livre des Tristes, composé pendant son voyage,
et, à peine arrivé dans le Pont, il écrivit, pour Auguste le second livre, où il demande un lieu d'exil plus rapproché et, dans un climat plus doux.
+ des élégies adressées à ces amis les plus proches.

Œuvres élégiaques qui l’occupent pendant toute la 1ère partie de  sa carrière.

Les Amours

Ses exploits amoureux faisaient grand bruit dans Rome. Il chanta ses amours dans son recueil.
Le recueil de ses élégies fut d'abord publié en cinq livres, qu'il réduisit ensuite à trois, "ayant, corrigé, dit-il, en les brûlant," celles qu'il jugea indignes des regards de la postérité. A l'exemple de Gallus, de Properce et de Tibulle qui avaient chanté leurs belles sous les noms empruntés de Lycoris, de Cynthie et de Némésis Ovide célébra sous celui de Corinne la maîtresse qu'il aima le plus.
Médée
A commis aussi une tragédie, genre dans lequel il rêvait de briller ; mais elle est perdue et on ne peut donc juger de sa qualité.

"Médée, dit Quintilien, me paraît montrer de quoi Ovide eût été capable, s'il eut maîtrisé son génie au lieu de s'y abandonner ; " et l'auteur, inconnu mais fameux, du Dialogue sur les orateurs, met cette pièce au-dessus de celles de Messala et de Pollion, qu'on a surnommé le Sophocle romain, et à côté du Thyeste de Varius, le chef-d'oeuvre de la scène latine.

L'art d'aimer

Ovide, après avoir chanté l’amour, voulut en donner des leçons. On l'a souvent accusé d'avoir, par cet ouvrage, ajouté à la dépravation des moeurs romaines ; mais rien n'y approche de la licence obscène de plusieurs pièces de Catulle et de quelques odes d'Horace.

Le véritable tort d'Ovide est d'avoir enseigné non pas l'amour, mais à s'en faire un jeu, à en placer le plaisir dans l'inconstance et la gloire dans l'art de tromper sans cesse.

L'Art d'aimer obtint un grand succès à Rome ; on ne se contenta pas de le lire, on le mit en ballet, et il fut pendant longtemps le sujet de représentations mimiques, où l’on en déclamait des passages toujours applaudis. Ovide continua de jouir de la faveur d'Auguste, bien qu'il se bornât à le flatter dans ses vers et fréquentât peu le palais des Césars

Remède d'amour

Après avoir donné des leçons de l'art d'aimer, Ovide, comme pour en expier le tort, et se faire pardonner un ouvrage "écrit dans la fougue des passions," voulut enseigner l'art contraire, celui de ne plus aimer, et il composa le Remède d'amour, "ouvrage de sa raison, "dit-il ; mais il oublia parfois son nouveau rôle, et le lecteur étonné retrouve dans ce poème les inspirations de la muse licencieuse qui avait souillé l'autre ; d'où l'on n'a pas manqué de dire que le remède était pire que le mal.

Les fards

Plaire était toute une science aux yeux d'Ovide ; il a voulu l'épuiser et en donner comme un traité complet.

Les Héroïdes Elégies prêtées à des héros qui pleurent un amour malheureux.

Ovide emprunte au genre de la lettre. Les Héroïdes sont ainsi un recueil de lettres imaginaires que le poète prête aux héros de l’Antiquité. Il trouve ainsi dans le non-dit des récits mythiques l’occasion de développer tel ou tel aspect.

Vous pouvez lire certaines lettres des Héroïdes : 
http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/Ovide_heroides/lecture/default.htm