Travail pour le 17 Octobre : 

- Lire l'extrait en entier.
- Faire des recherches pour éclairer les références mythologiques et culturelles.
N.B. j'ai réparti le textes en 5 parties, de façon à équilibrer le travail de recherche. Chacune prend en charge une partie.
740
750-760
770-780
790-800
810-840

TEXTE 

 [740]  comprecor uulgus silentum uosque ferales deos

  et Chaos caecum atque opacam Ditis umbrosi domum,

  Tartari ripis ligatos squalidae Mortis specus.

  supplicis, animae, remissis currite ad thalamos nouos:

  rota resistat membra torquens, tangat Ixion humum,

  745 Tantalus securus undas hauriat Pirenidas,

  grauior uni poena sedeat coniugis socero mei :

  lubricus per saxa retro Sisyphum soluat lapis.

  uos quoque, urnis quas foratis inritus ludit labor,

  Danaides, coite : uestras hic dies quaerit manus. -

 

 [750]  nunc meis uocata sacris, noctium sidus, ueni

  pessimos induta uultus, fronte non una minax.

  tibi more gentis uinculo soluens comam

  secreta nudo nemora lustraui pede

  et euocaui nubibus siccis aquas

  755 egique ad imum maria, et Oceanus graues

  interius undas aestibus uictis dedit;

  pariterque mundus lege confusa aetheris

  et solem et astra uidit et uetitum mare

  tetigistis, ursae. temporum flexi uices:

 

 [760]  aestiua tellus horruit cantu meo,

  coacta messem uidit hibernam Ceres;

  uiolenta Phasis uertit in fontem uada

  et Hister, in tot ora diuisus, truces

  compressit undas omnibus ripis piger.

  765 sonuere fluctus, tumuit insanum mare

  tacente uento; nemoris antiqui domus

  amisit umbras uocis imperio meae.

  die reducto; Phoebus in medio stetit,

  Hyadesque nostris cantibus motae labant:

 

 [770]  adesse sacris tempus est, Phoebe, tuis.

  tibi haec cruenta serta texuntur manu,

  nouena quae serpens ligat,

  tibi haec Typhoeus membra quae discors tulit,

  qui regna concussit Iouis.

  775 uectoris istic perfidi sanguis inest,

  quem Nessus expirans dedit.

  Oetaeus isto cinere defecit rogus,

  qui uirus Herculeum bibit.

  piae sororis, impiae matris, facem

 

 [780]  ultricis Althaeae uides.

  reliquit istas inuio plumas specu

  Harpyia, dum Zeten fugit.

  his adice pinnas sauciae Stymphalidos

  Lernaea passae spicula.

  785 sonuistis, arae, tripodas agnosco meos

  fauente commotos dea.

  uideo Triuiae currus agiles,

  non quos pleno lucida uultu

  pernox agitat, sed quos facie

 

 [790]  lurida maesta, cum Thessalicis

  uexata minis caelum freno

  propiore legit. sic face tristem

  pallida lucem funde per auras,

  horrore nouo terre populos

  795 inque auxilium, Dictynna, tuum

  pretiosa sonent aera Corinthi.

  tibi sanguineo caespite sacrum

  sollemne damus, tibi de medio

  rapta sepulcro fax nocturnos

 

 [800]  sustulit ignes, tibi mota caput

  flexa uoces ceruice dedi,

  tibi funereo de more iacens

  passos cingit uitta capillos,

  tibi iactatur tristis Stygia

  805 ramus ab unda, tibi nudato

  pectore maenas sacro feriam

  bracchia cultro. manet noster

  sanguis ad aras: assuesce, manus,

  stringere ferrum carosque pati

 

 [810]  posse cruores - sacrum laticem

  percussa dedi.

  quodsi nimium saepe uocari

  quereris uotis, ignosce, precor:

  causa uocandi, Persei, tuos

  815 saepius arcus una atque eadem est semper, Iason.

  tu nunc uestes tinge Creusae,

  quas cum primum sumpserit, imas

  urat serpens flamma medullas.

 

 [820]  ignis fuluo clusus in auro

  latet obscurus, quem mihi caeli

  qui furta luit uiscere feto

  dedit et docuit condere uires

  arte, Prometheus; dedit et tenui

  825 sulphure tectos Mulciber ignes,

  et uiuacis fulgura flammae

  de cognato Phaethonte tuli.

  habeo mediae dona Chimaerae,

  habeo flammas usto tauri

 

 [830]  gutture raptas, quas permixto

  felle Medusae tacitum iussi

  seruare malum.

  adde uenenis stimulos, Hecate,

  donisque meis semina flammae

  835 condita serua: fallant uisus

  tactusque ferant, meet in pectus

  uenasque calor, stillent artus

  ossaque fument uincatque suas

  flagrante coma noua nupta faces.

 

 [840]  uota tenentur: ter latratus

  audax Hecate dedit et sacros

  edidit ignes face luctifera.

  peracta uis est omnis: huc natos uoca,

  pretiosa per quos dona nubenti feram.

  845 (Medea) ite, ite, nati, matris infaustae genus,

  placate uobis munere et multa prece

  dominam ac nouercam. uadite et celeres domum

  referte gressus, ultimo amplexu ut fruar.


[740] Je vous invoque, ombres silencieuses, divinités funèbres, aveugle Chaos, ténébreux palais du roi des enfers, cavernes de la mort défendues par les fleuves du Tartare ! Ames coupables, arrachez-vous un instant à vos supplices, et venez assister à ce nouvel hymen ! Que la roue qui déchire les membres d'Ixion s'arrête et le laisse toucher la terre ; que Tantale puisse enfin boire à son gré les eaux de Pyrène. Il me faut pour le beau-père de mon époux le plus affreux de vos tourments. Que le rocher roulant de Sisyphe cesse de fatiguer ses bras ; et vous, Danaïdes,  qui vous consumez en vain à remplir vos tonneaux, venez toutes l'oeuvre qui doit s'accomplir en ce jour est digne de vous !

 [750] Et toi, qu'appellent mes enchantements, astre des nuits, descends sur la terre sous la forme la plus sinistre, et avec toutes les terreurs qu'inspirent tes trois visages.

C'est pour toi que, suivant l'usage de mon pays, dénouant ma chevelure, j'ai erré pieds nus dans les forêts solitaires, fait tomber la pluie par un ciel sans nuages, abaissé les mers, et contraint l'Océan de refouler ses vagues impuissantes jusqu'au fond de ses abîmes. J'ai, par ma puissance, troublé l'ordre de la nature en montrant à la fois le flambeau du jour et les astres de la nuit, et en forçant l'Ourse à se plonger dans les flots qui lui sont interdits.  J'ai interverti les saisons :

 [760] j'ai fait éclore des fleurs sous les feux de l'été, et mûrir des moissons sous les glaces de l'hiver. J'ai forcé les flots impétueux du Phase à remonter vers leur source ; j'ai arrêté le cours du Danube et enchaîné ses ondes menaçantes qui s'écoulent par tant de canaux. J'ai fait gronder les flots, j'ai soulevé les mers sans le secours des vents. A ma voix, une antique forêt a perdu son ombrage, et le soleil, au milieu de sa carrière, a cessé d'éclairer le ciel. Mes accents font trembler les Hyades.

 [770] Il est temps, Hécate, que tu assistes à tes sacrifices. C'est pour toi que, d'une main sanglante, j'ai formé cette couronne qu'entoure neuf fois le serpent qui fut un des membres de Typhée dont la révolte ébranla le trône de Jupiter. C'est ici le sang d'un perfide ravisseur que Nessus donna en mourant à Déjanire ; c'est ici la cendre du bûcher de l'Oeta : elle est imprégnée du poison qui consuma le corps d'Hercule.

 [780] Tu vois ici le tison d'Althée, soeur tendre autant que mère cruelle dans sa vengeance. Voici les plumes que les Harpies laissèrent dans un antre

inaccessible en fuyant la poursuite de Zétès. En voici d'autres arrachées aux oiseaux du Stymphale qui tombèrent sous les flèches trempées dans le sang de l'hydre de Lerne. Mais l'autel retentit : je reconnais mes trépieds qu'agite une déesse favorable. Je vois le char rapide d'Hécate, non celui

qu'elle guide à travers les nuits, quand son disque d'argent resplendit de lumière;

 [790] mais celui qu'elle monte quand, vaincue par les enchantements des magiciennes de Thessalie, elle prend une figure lugubre, et resserre la courbe

qu'elle doit décrire dans le ciel. Ô déesse, j'aime cette lumière pâle et blafarde que tu répands dans les airs. Frappe les nations d'une terreur inconnue. Appelle à ton secours les cymbales corinthiennes. Je t'offre un sacrifice solennel sur un gazon sanglant, et j'en allume le feu nocturne avec cette torche retirée du milieu des tombeaux.

 [800] C'est pour toi qu'en tournant la tête, je prononce les paroles sacrées; c'est pour toi que mes cheveux épars sont à peine retenus par une bandelette flottante, comme dans la cérémonie des funérailles; c'est pour toi que je secoue ce rameau de cyprès trempé dans les eaux du Styx; c'est pour toi que, découvrant mon sein jusqu'à la ceinture, comme une bacchante, je vais me percer les bras avec ce couteau sacré, et répandre mon sang sur l'autel. Accoutume-toi, ma main, à tirer le glaive,

 [810]  et à faire couler un sang qui m'est cher. Je me suis frappée et la liqueur sacrée a jailli.

Si tu trouves que je t'invoque trop souvent, pardonne à mes prières importunes. Aujourd'hui, comme toujours, c'est Jason qui me force d'implorer ton assistance. Pénètre d'un venin puissant cette robe que je destine à Créuse; et qu'aussitôt qu'elle l'aura revêtue, une flamme subtile dévore jusqu'à la moelle de ses os.

[820]  J'ai renfermé dans ce collier d'or un feu invisible que j'ai reçu de Prométhée, si cruellement puni pour le larcin qu'il fit au ciel, et qui m'a enseigné l'art de m'en servir. Vulcain aussi m'a donné un autre feu caché sous une mince enveloppe de soufre. J'ai de plus des feux actifs de la foudre tirés du corps de Phaëton, enfant du Soleil ainsi que moi. J'ai des flammes de la Chimère. J'en ai d'autres qui viennent de la poitrine embrasée du taureau de Colchide.

 [830]  Je les ai mêlées avec le fiel de Méduse pour leur conserver toute leur vertu. Augmente l'énergie de ces poisons, divine Hécate, et nourris les semences de feu que recèlent ces présents. Fais qu'elles échappent à la vue et résistent au toucher; que la chaleur pénètre dans le sein et dans les veines de ma rivale; que ses membres se décomposent, que ses os se dissipent en fumée, et que la chevelure embrasée de cette nouvelle épouse jette plus de flammes que les torches de son hymen!

 [840]  Mes vœux sont exaucés. L'intrépide Hécate a fait entendre un triple aboiement, et les feux de sa torche funèbre ont donné le signal. Le charme est accompli. Je vais appeler mes enfants qui porteront de ma part ces dons précieux à ma rivale. Allez, allez, enfants d'une mère infortunée.

Par ces présents et par vos prières, gagnez le coeur d'une maîtresse et d'une marâtre.  Allez, et revenez vite afin que je puisse encore jouir de vos embrassements.