Figures politiques de la Grèce archaïque

TD de traduction

Aristote La Constitution d’Athènes - Dracon

Consignes
Ce travail est à rendre sur feuille pour le mardi 6 Mars
Il est fait pour vous aider à réviser, reprendre, conforter les bases déjà étudiées.
Vous pouvez utiliser les commentaires pour me poser des questions au fur et à mesure de votre travail. Travaillez progressivement pour que cela soit vraiment efficace.

Ch. III - Institutions politiques

Voici quelle était l'organisation de l'ancienne constitution qui était en vigueur avant Dracon.

Les magistrats étaient choisis dans les familles nobles et riches. Les charges furent d'abord conférées à vie, puis seulement pour dix ans.

Les plus importantes et les premières en date des magistratures furent celles du roi, du polémarque et de l'archonte : de celles-ci, la première fut celle du roi, qui existait à l'origine ; la polémarchie fut instituée en second lieu, parce que certains rois avaient montré de la faiblesse à la guerre : c'est ainsi que pressés par la nécessité, les Athéniens avaient fait appel à Ion. La dernière de ces magistratures fut l'archontat. Elle aurait été instituée, sous le règne de Médon, selon la plupart des auteurs; sous celui d'Acastos, selon quelques autres, et ces derniers ajoutent comme preuve, que les neuf archontes s'engagent dans leur serment à remplir leur charge comme au temps d'Acastos. Ce serait donc sous son règne que les Codrides auraient cédé à l'archonte quelques-uns de leurs privilèges... Quoi qu'il en soit de ces deux dates, il y a peu d'intervalle entre les deux époques, et nous avons la preuve que l'archontat fut institué en dernier lieu : l'archonte, en effet, à la différence du roi et du polémarque, n'a à veiller sur aucun des cultes établis par les ancêtres, mais seulement sur des cultes d'origine récente. Aussi cette magistrature n'est-elle devenue importante qu'assez tard, après s'être accrue de nouvelles attributions.

Les thesmothètes n'ont été institués que bien des années après, alors que déjà les magistratures n'étaient conférées que pour un an : on les chargea de rédiger par écrit les décisions ayant force de lois et de les garder pour servir à juger ceux qui les violeraient. De telles fonctions expliquent que, seuls les thesmothètes ne soient jamais restés plus d'une année en charge. Tel est l'ordre dans lequel se sont succédé ces magistrats.
A l'origine, les neuf archontes ne se tenaient pas tous dans le même édifice. Le roi occupait l'édifice qu'on appelle aujourd'hui Boukoléion, près du Prytanée : la preuve en est que, aujourd'hui encore, en cet endroit, est célébrée l'union de la femme du roi avec Dionysos. L'archonte se tenait au Prytanée, le polémarque à l'Épilykéion. Ce dernier édifice s'appelait primitivement Polémarchéion, mais après qu'Épilykos l'eut reconstruit et aménagé de nouveau, pendant qu'il était polémarque, on lui donna le nom d'Epilykéion. Les thesmothètes occupaient le Thesmothétéion. C'est là que, du temps de Solon, tous les archontes se réunirent.

Les archontes jouissaient du droit de juger souverainement dans les affaires qui leur étaient soumises : ils n'étaient pas, comme maintenant, simplement chargés de l'instruction. Voilà pour ce qui concerne les archontes.

Quant à l'Aréopage, il devait veiller à la conservation des lois. Il avait dans l'État les pouvoirs les plus étendus et l'autorité la plus haute, disposant du droit souverain d'infliger des châtiments ou des amendes aux auteurs de tout désordre. Les Aréopagites se recrutaient parmi les archontes, et ceux-ci avaient été pris dans les familles nobles et riches. Aussi cette charge est-elle la seule qui soit restée viagère : elle l'est encore.


La constitution de Dracon

μὲν οὖν πρώτη πολιτεία ταύτην εἶχε τὴν ὑπογραφήν. μετὰ δὲ ταῦτα χρόνου τινὸς οὐ πολλοῦ διελθόντος, ἐπ´  Ἀρισταίχμου ἄρχοντος, Δράκων τοὺς θεσμοὺς ἔθηκεν·

ἡ δὲ τάξις αὐτοῦ τόνδε τὸν τρόπον εἶχε. ἀπεδέδοτο μὲν ἡ πολιτεία τοῖς ὅπλα παρεχομένοις· 

ᾑροῦντο δὲ τοὺς μὲν ἐννέα ἄρχοντας καὶ τοὺς ταμίας οὐσίαν κεκτημένους οὐκ ἐλάττω δέκα μνῶν ἐλευθέραν, τὰς δ´ ἄλλας ἀρχὰς  τὰς ἐλάττους ἐκ τῶν ὅπλα παρεχομένων, στρατηγοὺς δὲ καὶ ἱππάρχους οὐσίαν ἀποφαίνοντας οὐκ ἔλαττον ἢ ἑκατὸν μνῶν ἐλευθέραν, καὶ παῖδας ἐκ γαμετῆς γυναικὸς γνησίους ὑπὲρ δέκα ἔτη γεγονότας. 



τούτους δ´ ἔδει διεγγυᾶν τοὺς πρυτάνεις καὶ τοὺς στρατηγοὺς καὶ τοὺς ἱππάρχους τοὺς ἕνους μέχρι εὐθυνῶν,
ἐγγυητὰς δʹ ἐκ τοῦ αὐτοῦ τέλους δεχομένους, οὗπερ οἱ στρατηγοὶ καὶ οἱ ἵππαρχοι.

βουλεύειν δὲ τετρακοσίους καὶ ἕνα τοὺς λαχόντας ἐκ τῆς πολιτείας. κληροῦσθαι δὲ καὶ ταύτην καὶ τὰς ἄλλας ἀρχὰς τοὺς ὑπὲρ τριάκοντ´ ἔτη γεγονότας, καὶ δὶς τὸν αὐτὸν μὴ ἄρχειν πρὸ τοῦ πάντας ἐξελθεῖν· τότε δὲ πάλιν ἐξ ὑπαρχῆς κληροῦν.




εἰ δέ τις τῶν βουλευτῶν, ὅταν ἕδρα βουλῆς ἢ ἐκκλησίας ᾖ, ἐκλείποι τὴν σύνοδον, ἀπέτινον ὁ μὲν πεντακοσιομέδιμνος τρεῖς δραχμάς, ὁ δὲ ἱππεὺς δύο, ζευγίτης δὲ μίαν.

ἡ δὲ βουλὴ ἡ ἐξ Ἀρείου πάγου φύλαξ ἦν τῶν νόμων καὶ διετήρει τὰς ἀρχάς, ὅπως κατὰ τοὺς νόμους ἄρχωσιν. ἐξῆν δὲ τῷ ἀδικουμένῳ πρὸς τὴν τῶν Ἀρεοπαγιτῶν βουλὴν εἰσαγγέλλειν, ἀποφαίνοντι παρ´ ὃν ἀδικεῖται νόμον.

 

 

 

 

Ceux-ci élisaient les neuf archontes et les trésoriers parmi les citoyens possédant une fortune d'au moins dix (?) mines, libre de toute charge ; les magistrats inférieurs, parmi les citoyens qui étaient en état de s'armer ; les stratèges et les hipparques, parmi ceux qui prouvaient une fortune d'au moins cent mines, exempte de toute charge, et qui déclaraient des enfants légitimes, nés d'un mariage légitime et âgés d'au moins dix ans.

 

Les contrôleurs des comptes étaient de la même classe que les stratèges et les hipparques.
Le Conseil était formé de quatre cent un membres, désignés par le sort parmi les citoyens. Pour se présenter au tirage au sort de cette charge et des autres magistratures, il fallait être âgé de plus de trente ans, et nul ne pouvait en exercer une deux fois avant que tous les candidats fussent tombés au sort : le tirage recommençait alors avec tous les noms.

 

 

 

 

 Mais, comme on l'a dit, les pauvres étaient soumis à la contrainte par corps pour dettes, et la terre était toujours entre les mains d'un petit nombre d'hommes.

 

 

Travail sur les déclinaisons

Pour les mots ou groupes de mots suivants (soulignés en gras dans le texte), indiquez le cas utilisé ; selon le cas, explicitez ce qui justifie l’emploi du cas ou/et  déduisez en la fonction présumée du terme dans la proposition.

-
πρώτη πολιτεία
- τὴν ὑπογραφήν
- μετὰ
δὲ ταῦτα
-
ἀπεδέδοτο μὲν ἡ πολιτεία τοῖς ὅπλα παρεχομένοις
- ἐκ τῆς πολιτείας
- κατὰ τοὺς νόμους
- τις τῶν βουλευτῶν
- ἐξῆν δὲ τῷ ἀδικουμένῳ
- πρὸς τὴν τῶν Ἀρεοπαγιτῶν βουλὴν
- οἱ στρατηγοὶ καὶ οἱ ἵππαρχοι.


Observez les groupes suivants ; en déduire le cas du mot souligné.

ἐπ´  Ἀρισταίχμου ἄρχοντος
ᾑροῦντο δὲ τοὺς μὲν ἐννέα ἄρχοντας

La syntaxe de l’infinitif

Pour chaque proposition :

- repérer l’infinitif ; de quel verbe vient-il ?
- y a-t-il un verbe principal conjugué à un mode personnel ? Soulignez le en rouge.
- repérez-vous d’autres indices ?
- quel est donc l’emploi de l’infinitif ?

 

τούτους δ´ ἔδει διεγγυᾶν τοὺς πρυτάνεις καὶ τοὺς στρατηγοὺς καὶ τοὺς ἱππάρχους

πρὸ τοῦ πάντας ἐξελθεῖν

ἐξῆν δὲ τῷ ἀδικουμένῳ πρὸς τὴν τῶν Ἀρεοπαγιτῶν βουλὴν εἰσαγγέλλειν

βουλεύειν δὲ τετρακοσίους καὶ ἕνα τοὺς λαχόντας ἐκ τῆς πολιτείας.

δὶς τὸν αὐτὸν μὴ ἄρχειν πρὸ τοῦ πάντας ἐξελθεῖν·


Conjugaison

Indiquez le verbe d’où vient la forme ; précisez pour chaque forme, personne, temps, mode, voie.
εἶχε  -  ἔδει  -  ἦν  -  διετήρει - ἀπέτινον

Conjuguer au présent et à l’imparfait

ξειμι  -   εἰσαγγέλλω   -   ἀδικέω-   -   ἐξέρχομαι   -   κληρόω-   -   παρέχω   -   διεγγυάω-


Travail de traduction

- Faire la construction du texte en vous appuyant sur le codage couleur.
- Proposer une traduction.

N.B. : je vous ai demandé en Décembre de vous procurer un dictionnaire. Je considère que c’est chose faite. Sinon, dépêchez-vous.
Vous pouvez aussi vous aider de l’abrégé du Bailly accessible en ligne :
http://home.scarlet.be/tabularium/bailly/


Ἡ μὲν οὖν πρώτη πολιτεία ταύτην εἶχε τὴν ὑπογραφήν.

μετὰ δὲ ταῦτα(1) χρόνου τινὸς οὐ πολλοῦ διελθόντος (2), ἐπ´  Ἀρισταίχμου ἄρχοντος (3), Δράκων τοὺς θεσμοὺς ἔθηκεν (4)·

(1) Expression toute faite : «  après cela »
(2) « alors que peu de temps avait passé »
(3) sous l'archontat d'Aristaechmos
(4) ἔθηκεν « établit », passé-simple/

ἡ δὲ τάξις(1) αὐτοῦ τόνδε τὸν τρόπον εἶχε.
(1) nom de la 3ème déclinaison, ici au nominatif.

ἀπεδέδοτο(1) μὲν ἡ πολιτεία(2) τοῖς ὅπλα παρεχομένοις (3)·

(…) τούτους(4) δ´ ἔδει(5) διεγγυᾶν(6) τοὺς πρυτάνεις (7) καὶ τοὺς στρατηγοὺς καὶ τοὺς ἱππάρχους τοὺς ἕνους μέχρι εὐθυνῶν, (…)

(1) ἀπεδέδοτο « se trouvait attribué »
(2) Réfléchissez bien au sens à donner au terme en contexte.
(3) παρ
έχομαι :  fournir par ses propres moyens ; παρεχομένοις : participe, ici décliné au datif pluriel « fournissant par leurs propres moyens », « qui fournissent par leurs propres moyens ». ATTENTION ! pour bien traduire, posez-vous la question de la valeur, du rôle de l’article τοῖς.
(4) = les magistrats (dont il a été question)
(5) Quelle construction attendre après ἔδει ?
(6) Analysez la forme. Nature ? D’où peut-elle venir ?
(7) τοὺς πρυτάνεις : accusatif pluriel

εἰ δέ τις(1) τῶν βουλευτῶν, ὅταν(2) ἕδρα βουλῆς ἢ ἐκκλησίας ᾖ (3), ἐκλείποι τὴν σύνοδον, ἀπέτινον ὁ μὲν πεντακοσιομέδιμνος τρεῖς δραχμάς, ὁ δὲ ἱππεὺς (5)  δύο, ζευγίτης (6)  δὲ μίαν.

(1) Indéfini : quelqu’un, l’un
(2) subordonnant : « à chaque fois que »
(3) Verbe être, 3ème pers du singulier ; mode subjonctif en grec s’explique par ὅταν.
(4) ἐκλείποι <
ἐκλίπω : optatif, 3ème pers. du sing. - εἰ… ἐκλείποι : permet d’exprimer le potentiel -> si X manquait…
(5) nominatif 3ème déclinaison.
(6) nominatif 3ème déclinaison
(7) μίαν : accusatif féminin singulier ; forme déclinée de l’adjectif numéral « un ».

ἡ δὲ βουλὴ ἡ ἐξ Ἀρείου πάγου φύλαξ (1)  ἦν τῶν νόμων καὶ διετήρει τὰς ἀρχάς, ὅπως (2)  κατὰ τοὺς νόμους ἄρχωσιν (3).

(1)  φύλαξ : nominatif singulier, 3ème délinaison
(2) δι
ατήρω  ὅπως + subj. : veiller à ce que
(3) 3ème personne du pluriel du subjonctif. Mode subjonctif demandé en grec par ὅπως ; traduire le verbe par le temps et le mode attendus en français par la structure « veiller à ce que ».

 ἐξῆν (1)δὲ τῷ ἀδικουμένῳ πρὸς τὴν τῶν Ἀρεοπαγιτῶν βουλὴν εἰσαγγέλλειν, ἀποφαίνοντι παρ´ ὃν ἀδικεῖται νόμον.

(1) ξεστι : il est permis
(2) ἀδικουμένῳ : forme de participe traduisible par « victime d'une injustice ».
(3) ἀποφαίνοντι : participe accordé au datif (3ème déclinaison), mis en apposition. Tout participe mis en apposition a une valeur circonstancielle et peut être rendu par une proposition subordonnée à valeur circonstancielle : cause, temps, hypothèse.
(4) ἀδικεῖται : regardez la désinence : quelle est la voie ?  A l’actif = être coupable, se rendre coupable d’injustice. En déduire le sens ici.
(5) παρ´ ὃν : relatif introduisant une proposition subordonnée relative – par rapport à la quelle / vis-à-vis de laquelle