Lysias Pour l'Invalide 

Présentation de Lysias

Fils d’un Grec de la colonie sicilienne de Syracuse qui s’était établi à Athènes, Lysias avait étudié la rhétorique en Italie, mais il revint à Athènes en T 412. Il est possible qu’il y ait alors enseigné la rhétorique. En T 404, Lysias fut arrêté, mais il se réfugia à Mégare d’où il défendit la cause des démocrates athéniens exilés. Lorsque la démocratie fut rétablie à Athènes en T 403, Lysias y reçut le titre de citoyen et y résida désormais, écrivant des discours à l’intention des plaideurs.

L’un des plus célèbres logographes grecs (ils composaient des discours professionnels, principalement à l’intention des avocats), remarqué notamment parce qu’il adaptait son style au caractère de l’orateur.

Il a contribué à renouveler l’éloquence par son style simple et sans prétention qui a été le signal d’une réaction contre l’éloquence fleurie des tribunaux.  La prose de Lysias, renommée pour son charme et pour sa limpidité, devint le modèle de la prose attique.

Outre le Contre Ératosthène, les plus célèbres de ses discours sont: Sur l’olivier et Pour l’invalide (défense d’un indigent à qui on voulait retirer sa petite pension), qui sont des plaidoyers civils.

Vous trouverez sur l'encyclopédie l'Agora des extraits commentés de la biographie de Solon par Plutarque. L'article fait le point sur les différents édits de Lysias. 

[ Φησὶ(1)  γὰρ  ὁ  κατήγορος] [ οὐ δικαίως  με  λαμβάνειν (τὸ (παρὰ τῆς πόλεως) (2)    ἀργύριον)·]

L’accusateur affirme en effet que c’est à tort que je perçois l’argent de la cité.

- Repérer à quelle construction de l’infinitif on a affaire ici.
Proposition infinitive :

- verbe introducteur d’énonciation.
-
με  pronom personnel - 1ère pers sing – Acc. sujet de la proposition infinitive
-
λαμβάνειν  infinitif, verbe de la proposition infinitive.

- Attention à la place de παρὰ  τῆς   πόλεως.

Exemple placé entre τὸ et ἀργύριον ; le complément vient compléter ἀργύριον.

 [καὶ γὰρ (τῷ σώματι) δύνασθαι(3) ]  
καὶ [οὐκ  εἶναι(4)   (τῶν  ἀδυνάτων)],
καὶ  [ (τέχνην  ἐπίστασθαι  τοιαύτην)]
            [
ὡστε  καὶ (ἄνευ  τοῦ  διδομένου  τούτου) ζῆν](5) .

- τῷ  σώματι : quelle peut être la valeur du datif ?
Se met au datif l’élément qui est destinataire , qui est concerné par le processus verbal.

Voilà ce qu’il ajoute :  j’ai des capacités physiques et je ne fais pas partie des invalides ;  j’ai un savoir faire qui me permet de vivre même sans cette allocation.


[ Καὶ  (τεκμηρίοις)  χρῆται(6)   (τῆς  μὲν  (τοῦ   σώματος)  ῥώμης) ], 
            
[ ὅτι(7)   (ἐπι  τοὺς  ἵππους) ἀναβαίνω], 
                                                   
[ (τῆς  δ  (ἐν  τῇ  τέχνῃ)  εὐπορίας)], 
            
[ ὅτι  δύναμαι   συνεῖναι   (δυναμένοις(8)   ἀνθρώποις)   ἀναλίσκειν. ]


Et il en veut pour preuve de ma vigueur physique que je monte à cheval et de mon habileté technique le fait que je puisse dépenser en compagnie d’hommes valides.

-  Bien repérer le parallélisme de construction soutenu par  μὲνδε...
- Toute préposition introduit un groupe nominal : bien repérer l’ensemble du groupe prépositionnel.
-  Respecter les structures « en poupée russe » ; le complément à l’intérieur du groupe nominal complète ce groupe nominal.

            [ (Τὴν  μὲν  οὖν  (ἐκ   τῆς   τέχνης) εὐπορίαν)  καὶ   (τὸν  ἄλλον  τὸν  ἐμὸν  βίον),

                        [οἶος  τυγχάνει  (9) , ]

            πάντας  ὑμᾶς……….γιγνώσκειν·]

[ οἴομαι]

Mon habileté technique et tout le reste de ma vie, telle qu’elle est, vous le connaissez, je pense.
- Quelle construction doit-on attendre derrière un verbe de déclaration, de pensée, de volonté ?
Une proposition infinitive : 
πάντας  ὑμᾶς  accusatif sujet de la proposition infinitive,  γιγνώσκειν  infinitif commandant la proposition infinitive.

 

[ὅμως  δὲ  κἀγὼ(10)    (διὰ  βραξέων) ἐρῶ(11)  .]
Cependant, en ce qui me concerne, je vais le rappeler en quelques mots.

 

[  (Ἐμοὶ)  γὰρ  ὁ  μὲν  πατὴρ  κατέλιπεν  (οὐδέν) ],
[ (τὴν  δὲ  μητέρα  τελευτήσασαν(12)  πέπαυμαι  τρέφων  (τρίτον  ἔτος  τουτί)(13)]
[παῖδες  δέ  (μοι) οὔπω  εἰσὶν]

            [ οἵ(14)  (με) θεραπεύσουσι(15)  .]

Mon père ne m’a laissé aucun avoir, et je n’ai cessé d’entretenir ma mère qu’à sa mort, il y a trois ans ; pour ma part, je n’ai pas encore d’enfants qui pourront s’occuper de moi.