Devoir sur  table du samedi 1er Octobre

Partie culture de l’antiquité

 

1. En vous appuyant sur vos connaissances, commentez cette gravure illustrant un épisode de la naissance du monde.

Pour consulter l'image : http://mythologica.fr/grec/geant.htm

          La gravure met en scène le triomphe des Olympiens contre les Géants dans l’épisode mythique de la gigantomachie.

               On y voit en effet Zeus que l’on reconnaît essentiellement au foudre qu’il brandit dans sa main droite et l’aigle qui l’accompagne. Il constitue avec le personnage de droite un tableau principal. Le second personnage est remarquable par sa taille ; à genoux comme son voisin, il le dépasse des ses épaules et de la tête. Un être qui se distingue par son gigantisme donc.  Cette scène première illustre donc le combat des Olympiens qu’incarne Zeus contre les géants. La pierre que le monstre tient dans la main droite peut rappeler comment les géants attaquèrent les Olympiens à coups de roches et d’arbres en feu. L’un et l’autre ont le buste penché en arrière, dans des postures antithétiques. Ces postures antithétiques en miroir symbolisent la violence de la confrontation.

               Personnages et détails complémentaires reprennent les phases essentielles de l’épisode de la gigantomachie, en ordre chronologique si l’on se réfère à l’ordre traditionnel de lecture dans les œuvres plastiques.
Assis à gauche, on peut identifier Prométhée grâce au tison enflammé qui rappelle comment il s’empara du feu pour en dévoiler le secret aux hommes. [
Il fut enchaîné nu à un rocher dans les montagnes du Caucase, où un aigle venait lui dévorer le foie chaque jour. Sa souffrance était infinie, car chaque nuit son foie repoussait.  Héraclès le délivra au cours de ses douze travaux mais pour ne pas déroger au serment de Zeus qui avait juré que le Titan resterait à jamais enchaîné au Caucase, Prométhée dut porter durant toute sa vie une bague de fer provenant de ses chaînes, accolée à un morceau de pierre du Caucase.] Sa présence, lui qui est un des Titans,  rappelle que les Olympiens furent d’abord confrontés aux Titans ; mais Prométhée, contrairement à Atlas, prit le parti des Olympiens en présumant de l’issue du combat. Il participa ainsi aux combats aux côtés des Olympiens.
Au centre, le jeune homme agenouillé, ne semble avoir, en soi, aucun attribut. On peut cependant reconnaître au-dessus de sa tête une peau de bête qui rappelle la dépouille du Lion de Cithéron. C’est l’attribut majeur d’Héraklès  [ il est Fils de Zeus et d’Alcmène. L
orsqu'il eut atteint sa dix-huitième année, Héraclès quitta la ferme et les vaches et entreprit de tuer le lion de Cithéron qui ravageait les troupeaux d'Amphitryon et de son voisin, le roi Thespios.] En effet, Les Olympiens avaient appris qu'ils n'auraient la victoire que si un mortel prenait part à la bataille à leurs côtés : Zeus chargea alors Athéna de faire venir sur l'Olympe son fils Héraklès.
Le géant, enfin, dressé sur des serpents qui lui servent de jambes peut être identifié à Typhon, monstre que Gaia engendra avec Tartare. Il était en effet gigantesque. « Sa tête touchait les étoiles et, lorsqu’il étendait les bras, l’une de ses mains atteignait l’Orient et l’autre l’Occident. » dit Hésiode. Est ainsi mis en exergue l’affrontement décisif qui va décider de la victoire des Olympiens : la lutte de Zeus et de sa fille contre Typhon, dernière tentative de Gaia pour triompher.

               La représentation, enfin,  célèbre  la suprématie des Olympiens et tout particulièrement de Zeus. Lui seul est représenté en effet et il incarne à lui seul tous les Olympiens.
Sa suprématie est d’abord soulignée par sa stature qui n’a rien à envier au Typhon. Sa musculature et la largeur de ses épaules imagent sa toute puissance.
Il domine de plus toute la scène ; seul à se dresser debout, il domine les autres personnages de toute sa taille. Les bras étendus, le torse défléchi en arrière, représenté de face, il occupe les deux tiers de l’œuvre. Les bras étendus lui font couvrir et Prométhée et Héraklès. Tout-puissant, il règne sur les générations passées -Titans ralliés-, sur les générations futures – son fils Héraklès - , sur les dieux mais aussi les demi-dieux. Soumettant Prométhée, il garde sous sa soumission la race des hommes.
Symbole de sa toute-puissance, le foudre tout d’abord ;  Zeus est maître du feu, maître de la foudre et il tient ainsi l’univers dans son pouvoir. Deuxième symbole, l’aigle qui tout à la fois se tient à la verticale au-dessus de Typhon comme pour assurer de la victoire de Zeus sur le monstre et qui en même temps, et en symétrie avec Zeus // typhon, affronte le serpent. Le serpent le menace de sa langue, mais l’aigle le fixe des yeux et le menace en le surplombant.

               Cet ensemble évoque ainsi l’épisode de la gigantomachie qui a vu la victoire des Olympiens  mais il se présente tout à la fois comme une œuvre à la gloire de la tout puissance de Zeus, dieu des dieux, maître de l’univers.

2. Hésiode La Théogonie
A qui Hésiode s’adresse-t-il dans son prélude ? Pourquoi ? Quelle fonction symbolique cela peut-il avoir ?

Dans son prélude, Hésiode s’adresse aux Muses. Commençons par invoquer les Muses de l'Hélicon les Muses qui, habitant cette grande et céleste montagne, dansent d'un pas léger autour de la noire fontaine et de l'autel du puissant fils de Saturne, et baignant leurs membres délicats dans les ondes du Permesse, de l'Hippocrène et du divin Olmius, forment sur la plus haute cime de l'Hélicon des choeurs admirables et gracieux.
Hésiode dit leur devoir son art : Jadis elles enseignèrent à Hésiode d'harmonieux accords, tandis qu'il faisait paître ses agneaux au pied du céleste Hélicon. Il a reçu d’elles comme une mission ; chanter pour dévoiler la vérité. Il est investi d’une fonction d’herméneute. Ces Muses de l'Olympe, ces filles de Jupiter, maître de l'égide, m'adressèrent ce langage pour la première fois :

"Vils pasteurs, opprobre des campagnes, vous qui ne vivez que pour l'intempérance, nous savons inventer beaucoup de mensonges semblables à la vérité ; mais nous savons aussi dire ce qui est vrai, quand tel est notre désir."
Hésiode se place ainsi sous leur autorité et se dit investi d’une mission. Ainsi parlèrent les éloquentes filles du grand Jupiter, et elles me remirent pour sceptre un rameau de vert laurier superbe à cueillir ; puis, m'inspirant un divin langage pour me faire chanter le passé et l'avenir, elles m'ordonnèrent de célébrer l'origine des bienheureux Immortels et de les choisir toujours elles-mêmes pour objet de mes premiers et de mes derniers chants. Il dit s’être mis à leur écoute, à l’écoute de leurs chants et avoir reçu d’elle ces enseignements dont il ne se fait que le passeur.

Salut, filles de Jupiter, donnez-moi votre voix ravissante. Chantez la race sacrée des Immortels nés de la Terre et d'Uranus couronné d'étoiles, conçus par la Nuit ténébreuse ou nourris par l’amer Pontus. Dites comment naquirent les dieux, et la terre, et les fleuves, et l'immense Pontus aux flots bouillonnants, et les astres étincelants, et le vaste ciel qui les domine ; apprenez-moi quelles divinités, auteurs de tous les biens, leur durent l'existence ; comment cette céleste race, se partageant les richesses, se distribuant les honneurs, s'établit pour la première fois dans l’Olympe aux nombreux sommets. Muses habitantes de l'Olympe, révélez-moi l'origine du monde et remontez jusqu'au premier de tous les êtres.

En vous appuyant sur le cours et votre lecture de La Théogonie, rendez-compte des grandes étapes de la création du monde selon la mythologie grecque.

Naissance du monde : Au commencement exista le Chaos, puis la Terre à la large poitrine » nous dit Hésiode.
Chaos a engendré Erèbe et Nyx. En s'unissant à Gaia, il engendra Ouranos ;
               2ème génération :  Gaia elle-même s'unit ensuite à Ouranos : de cette union naissent les Titans – Océan Japet, Coeos, Créios, Hypérion, Cronos.
Première ère donc après la naissance de l’univers, Ouranos est alors le premier maître de l’univers. Titans enfermés dans les profondeurs de la terre.
Vengeance de Gaia : Gaia demanda l'aide des Titans. Seul Cronos voulut bien exécuter le plan de sa mère. A l'heure où Ouranos vient s'unir à Gaia, Cronos armé d'une serpe surgit et émascule son père, puis il jeta les organes génitaux.
               3ème génération : Des gouttes de sang tombées à terre naquirent les Géants - les Cyclopes : Stéropès, Brontès et Argès (sorte de géant à un oeil au milieu du front et les Hécatonchires (cent-mains) : Cottos, Gygès, Briairée (géants dotés de cent bras et cinquante têtes) nés donc du sang d’Ouranos.
Des organes génitaux tombés dans la mer naquit Aphrodite, fille d’Ouranos.
2ème ère : Cronos devint ainsi maître de l'Univers,
libération de ses frères les Titans
emprisonna les Cyclopes et les Hécatonchires. Nés de Gaia fécondée par le sang d’Ouranos.
Il s'unit à Rhéa : dévoration des enfants à leur naissance.
Zeus sauvé du massacre.

Prélude à l’ère Olympienne
Opposition de Zeus à Cronos => libération de ses frères et soeurs : de l'estomac de Cronos, Zeus sortirent Déméter, Hestia, Héra, Hadès, Poséidon.

+ 1er épisode : titanomachie. La lutte dura dix ans. Gaia prédit alors à Zeus qu'il aurait la victoire s'il libérait et s'alliait les Cyclopes et les Hécatonchires.
Les Cyclopes donnèrent en effet :
à Zeus le tonnerre, l'éclair et la foudre
à Poséidon son trident
à Hadès un casque magique en peau de chien qui rendait invisible quiconque le portait
. L'intervention des Hécatonchires munis de leurs trois cents bras fut décisive. Ils envoyèrent 300 rochers qui écrasèrent les Titans. Ces derniers ligotés, furent jetés dans le Tartare.

+ 2ème épisode: la gigantomachie. Rancœur de Gaia parce que Zeus a précipité les Titans dans les profondeurs du Tartare.
Incitation des Géants
à se soulever pour détrôner Zeus et délivrer les Titans du Tartare. Commence ainsi la gigantomachie. L'univers fut alors un enfer.
attaque surprise des géants : une pluie continue de rochers et d'arbres enflammés.
défense acharnée des Olympiens.
Les Olympiens apprirent qu'ils n'auraient la victoire que si un mortel prenait part à la bataille à leurs côtés : Zeus chargea alors Athéna de faire venir sur l'Olympe son fils Héraklès.
La plupart des Géants furent exterminés par la foudre de Zeus et les flèches meurtrières d'Héraklès.

 

 

Vengeance de Gaia pour le massacre des Géants D’une union avec Tartare, elle enfanta Typhon, mi-homme, mi-dragon, le plus effroyable des monstres.
Peur et fuite des dieux olympiens.
Résistance de Zeus et sa fille Athéna.

Zeus fut d’abord mis en difficulté ; perd ses tendons retrouvés et remis en place par les dieux Pan et Hermès.
Typhon attaqué par surprise.  Vaincu,  Typhon rejoignit les Titans au fond du Tartare d’où il souffle depuis sa rage en ouragans dévastateurs.

3. Analyser et discuter.
Il s’agit bien sûr de repérer la partie du mythe illustrée ici. Mais la représentation n’est pas conforme à la tradition que je vous ai racontée. A vous de mettre en place un commentaire en deux temps qui tienne compte de ces deux aspects.

Peinture à l’huile. 1630-1635 Jupiter enfant nourri par la chèvre amalthée. Jordaens. Peinture flamande, écoles du Nord.
Pour consulter le tableau sur insecula.com

1.           Jordaens reprend dans ce tableau le mythe de Zeus/Jupiter nourrip ar la chèvre Amalthée. Zeus avait en effet été enlevé à la dévoration paternelle puisque Rhéa avait substitué à l’enfant une pierre emmaillotée. Gaia, auprès de laquelle Rhéa avait pris conseil, s'en empara et le cacha en Crète sur le mont Ida. Les personnages sont de fait installés dans un paysage naturel : sol, arbres, collines à l’horizon.  

La jeune femme assise aux côtés de Zeus peut rappeler que l’enfant fut élevé par les nymphes. La chèvre évoque la chèvre Amalthée grâce à laquelle l’enfant fut nourri. Sa fonction nourricière est mise en valeur par la position de la chèvre et le jeu de lumière. Seul est dans la lumière le dos de la chèvre et paraissent au premier plan les mamelles. La position des bras de la naïade qui encerclent l’arrière-train de la chèvre, la main droite traitée en notes plus claires, souligne les mamelles.

               Mais des nymphes peuplant l’Ida il ne reste qu’une jeune femme unique. C’est elle qui traie la chèvre pour donner le lait à l’enfant. Le mythe veut que Zeus, enfant, ait été nourri par le nectar et l'ambroisie qui coulaient des cornes de cette chèvre, propriété d'une Nymphe, sur le mont Dicté ou Ida, en Crète. L'une des cornes se cassa. Des nymphes la remplirent ensuite de fruits destinés à l'enfant Zeus, d’où l’origine de la corne d’abondance remplie de fruits. Jordaens opte pour la tradition plus agricole de la chèvre donnant son lait et accentue encore l’effet en faisant traire la chèvre. La représentation se teinte ainsi d’une dimension bucolique.
Les curètes ont disparu et ont laissé la place à un satyre. Petite ambigüité dans la tradition mythique : originellement représenté avec un corps d’homme (à la différence des centaures qui ont toute la moitié du corps en cheval et seulement le buste humain) et une queue et des oreilles de cheval. Mais à partir de l’âge classique les oreilles se raccourcissent et l’on représente ensuite plus souvent les satyres comme mi-boucs, mi-hommes. Les satyres sont petit à petit associés au culte de Dionysos.

               Nous avons en fait affaire ici à la plus ancienne version du thème inspiré d'Ovide peint par Jordaens.

OVIDE, Fastes, V, Mai, 1er mai : Lever de la Chèvre ; (5, 111-128) "Que le nom de Jupiter inaugure ces chants ! La première nuit va nous montrer l'étoile de la nymphe qui veilla sur le berceau de Jupiter. Voici l'astre pluvieux de la chèvre olénienne, qui se lève ; elle est placée au ciel pour prix de son lait. La naïade Amalthée, noble fille de l'Ida crétois, cacha, dit-on, Jupiter au fond des forêts. Elle possédait une chèvre, mère de deux chevreaux, et remarquée pour sa beauté entre tous les troupeaux de la Crète ; une chèvre dont les cornes élevées se recourbaient sur son dos, et dont la mamelle était digne de nourrir le grand Jupiter. Elle en donnait le lait au dieu ; mais un jour une des cornes de la chèvre se brisa contre un arbre, et lui fit perdre ainsi la moitié de sa parure. Amalthée ramassa cette corne brisée, l'entoura d'herbes fraîches, la remplit de fruits, et la présenta ainsi aux lèvres de Jupiter. Quand le dieu régna dans les cieux, assis sur le trône de son père, quand Jupiter, par sa victoire, eut tout mis à ses pieds, il plaça au rang des astres et la nourrice et la corne féconde. Elle porte encore aujourd'hui le nom de la Pléiade qui l'avait autrefois possédée."
Aussi la jeune femme aux côtés de Zeus est-elle la
naïade Amalthée, noble fille de l'Ida crétois ; Jordaens la peint offrant au jeune dieu – l’objet qu’il tient dans sa main droite – le lait que donne la chèvre.

2.  Jordaens revisite le mythe à la lumière des codes esthétiques de son temps.
               Le traitement du paysage tout d’abord est conforme à la technique des écoles du nord : un ciel sombre, traité en camaïeu ; le travail de la lumière. Luminosité au fond à gauche qui donne au tableau toute sa profondeur.
Lumière de source extérieure éclaire le groupe constitué par la naïade et l’enfant dans la partie gauche du tableau. Est ainsi ménagé un contraste entre la partie gauche, où règne déjà Zeus enfant, dieu de la lumière et du soleil, et la partie droite, plus sombre où se distingue le satyre.
               Le tableau présente des traits de l’esthétique baroque chez ce maître de la peinture des Flandres qui jamais ne put aller en Italie mais fréquenta Rubens sans pour autant être son élève et profita largement de sa collection. Le traitement du tapis dans cette couleur rouge cramoisi qui contraste avec le reste des teintes dans les bruns, verts et gris. La structuration du tableau qui permet de mettre en valeur le groupe. Les formes graciles, grandement appréciées de Jordaens, se retrouvent ici. Zeus a les traits des amours et angelots qui peuplent la peinture baroque.
               C’est une scène charmante, fraîche et bucolique, que peint Jordaens où le mythe devient prétexte. Aussi peut-on comprendre la présence du satyre. Les satyres sont compagnons de Dionysos, dieu du vin, de l’ivresse ; dieu volage qui connut beaucoup d’aventures. Les satyres sont les génies des bois et des montagnes. Ils occupent leur temps à poursuivre de leurs assiduités les jolies nymphes ; ils ont une sensualité débridée. Ainsi, le satyre, par sa présence même, confère à la scène des connotations sensuelles et galantes. Peut nous interpeler le jeu de regards entre Zeus et le satyre ; on voit alors en cet enfant rieur qui plaisante avec le satyre l’infatigable amant qui fera enrager son épouse Héra et contribuera à peupler l’Olympe.

4. En quoi Zeus-Jupiter est-il par excellence l’incarnation du pouvoir ?

Cf. le cours.