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LATIN - Hypokhâgne › Option

LATIN Option HK - Sq.2 Modèles de la uirtus romana

Modèles de la uirtus romana

Cycle de travail pour les 26 Novembre, 3 & 10 Décembre


Principe du travail 

Travailler par groupes sur les exempla de la uirtus romana. Constituez donc 4 groupes de 2 ou 3 personnes.

Il s'agit, de façon progressive, de réaliser :
- la traduction du passage extrait du De viris illustribus 
- le commentaire du texte de Tite-Live proposé en édition bilingue
- le commentaire de l'œuvre d'art associée 

-> au terme du travail, le tout sera noté.

 A lire le lundi 26-11

Introduction

Pour entrer dans le travail, je vous propose de nous pencher un petit moment sur la figure de Caton l'Ancien, personnage historique contemporain de Cicéron qui incarna en son temps le modèle de la uirtus romana à l'ancienne. 

Caton, le modèle de la uirtus romana

VI. L’éloquence de Caton augmentait chaque jour son crédit : on l'appelait le Démosthène romain ; mais c'était surtout son genre de vie qu'on estimait et qu'on louait davantage ; car le talent de la parole était dès ce temps-là un objet d'émulation pour les jeunes Romains, qui s'efforçaient à l'envi de se surpasser les uns les autres. Mais de voir un citoyen qui, conservant l’ancien usage de cultiver la terre de ses propres mains, se contentât d'un dîner préparé sans feu et d'un souper frugal ; qui ne portât qu'un habit simple, habitât la maison la plus commune, et aimât mieux n'avoir pas besoin de superflu que de se le donner, rien n'était alors plus rare. La vaste étendue de la république lui avait déjà fait perdre l'antique pureté de ses mœurs ; la multitude immense des affaires, et le grand nombre de peuples qu'elle embrassait dans son empire, avaient introduit à Rome une grande variété de mœurs ; et l'on y voyait les manières de vivre les plus opposées. Caton était donc avec justice l'objet de l'admiration publique, lorsqu'au milieu de tous les autres citoyens qu'on voyait, amollis par les voluptés, succomber aux moindres travaux, il se montrait seul invincible et à la peine et au plaisir, et cela, non seulement dans sa jeunesse et lorsqu'il briguait les honneurs, mais dans sa vieillesse même et sous les cheveux blancs, après son consulat et son triomphe : il était comme un courageux athlète qui, même après la victoire, continue ses exercices, et ne les cesse qu'à sa mort.

La Vie des Hommes illustres  Plutarque


Buste d'un patricien réalisé vers 80/70 av. J.-C.
supposé être celui de Caton l'Ancien
Image tombée dans le domaine publique


Caton l'Ancien
Caton l'Ancien. Sculpture en marbre. (Museo Gregoriano Profano, Cité du Vatican.)
Ph. Mario Gerardi © Archives Larbor
http://www.larousse.fr/encyclopedie/image/Larousse.fr_-_Article/1004755

Nous pouvons ainsi dégager les traits principaux de la uirtus romana à partir d'une étude de ce passage de Plutarque.

L’homme romain est un homme citoyen investi dans la vie publique pour lequel  la rhétorique, l’art de la parole, a été de tous temps une qualité fondamentale.

Aussi bien, si Caton présente ces qualités, Plutarque insiste de préférence sur d’autres qui font de lui le modèle de la vertu romain à l’antique.

 

1. Simplicité du mode de vie

- simplicité revendiquée du mode de vie

se contentât d'un dîner préparé sans feu et d'un souper frugal ; qui ne portât qu'un habit simple, habitât la maison la plus commune

N.B. structures restrictives, négation sans, l’hyperbole la plus commune

- qui se traduit par le refus des voluptés et des plaisirs => vus comme des facteurs d’amollissement :

lorsqu'au milieu de tous les autres citoyens qu'on voyait, amollis par les voluptés, succomber aux moindres travaux
- et qui est symbolisée par l’attachement au travail de la terre, l’attachement à la terre. Cf. conservant l’ancien usage de cultiver la terre de ses propres mains

2. Les vertus cardinales du romain

=> insistance sur la simplicité dans la vie quotidienne permet de mettre en valeur les vertus essentielles du romain

- courage : invincicible à la peinecourageux athlète

- pugnacité : lorsqu'au milieu de tous les autres citoyens … il se montrait seul invincible et à la peine et au plaisir

- ténacité : il était comme un courageux athlète qui, même après la victoire, continue ses exercices, et ne les cesse qu'à sa mort.// non seulement dans sa jeunesse et lorsqu'il briguait les honneurs, mais dans sa vieillesse même et sous les cheveux blancs,

- tempérance : et (invincicible) au plaisir

- finalement une forme de sagesse qui consiste à savoir se contenter de ce qu’on a // Ascétisme stoïcien

3. Qui font de Caton le modèle du citoyen romain

- le romain est ciuis = un devoir. Soit être investi dans la vie civique.

NB. Caton désigné en tant que tel, en tant que citoyen ciuis.

Investi dans la vie publique du début à la fin de sa vie : non seulement dans sa jeunesse et lorsqu'il briguait les honneurs, mais dans sa vieillesse même et sous les cheveux blancs, après son consulat et son triomphe

- incarnant l'antique pureté des mœurs romaines face à la grande variété de mœurs, des manières de vivre les plus opposées

- Ce qui fait de lui objet d’admiration : Caton était donc avec justice l'objet de l'admiration publique

Le modèle de l’austère antiqua uirtus romana dont rend compte le buste datant du 1er siècle av. JC.


Documents de travail 

Groupe 1

Lucrèce

tableau

Pierre-Paul Rubens Tarquin Lucrèce - 1609-1612
Collection particulière

De uiris illustribus

Postea Tarquinius superbus Ardeam urbem oppugnavit. Ibi Tarquinius Collatinus sorore regis natus forte cenabat apud Sextum Tarquinium cum aliis iuvenibus regiis. Incidit de uxoribus mentio: cum unusquisque suam laudaret, placuit experiri. Itaque equis Romam petunt. Regias nurus in convivio et luxu deprehendunt. Pergunt inde Collatiam. Lucretiam Collatini uxorem inter ancillas in lanificio inveniunt. Ea ergo caeteris praestare iudicatur. Paucis interiectis diebus, Sextus Collatiam rediit, et Lucretiae vim attulit. Illa postero die, advocatis patre et coniuge, rem exposuit, et se cultro, quem sub veste texerat, occidit. Conclamant vir paterque, et in exitium regum coniurant. Tarquinio Romam redeunti clausae sunt urbis portae, et exilium indictum.

 

Tite-Live I, 58

[58] Paucis interiectis diebus Sex. Tarquinius inscio Collatino cum comite uno Collatiam venit. Vbi exceptus benigne ab ignaris consilii cum post cenam in hospitale cubiculum deductus esset, amore ardens, postquam satis tuta circa sopitique omnes videbantur, stricto gladio ad dormientem Lucretiam venit sinistraque manu mulieris pectore oppresso "Tace, Lucretia" inquit; "Sex. Tarquinius sum; ferrum in manu est; moriere, si emiseris vocem." Cum pavida ex somno mulier nullam opem, prope mortem imminentem videret, tum Tarquinius fateri amorem, orare, miscere precibus minas, versare in omnes partes muliebrem animum. Vbi obstinatam videbat et ne mortis quidem metu inclinari, addit ad metum dedecus: cum mortua iugulatum seruum nudum positurum ait, ut in sordido adulterio necata dicatur. Quo terrore cum vicisset obstinatam pudicitiam velut vi victrix libido, profectusque inde Tarquinius ferox expugnato decore muliebri esset, Lucretia maesta tanto malo nuntium Romam eundem ad patrem Ardeamque ad virum mittit, ut cum singulis fidelibus amicis veniant; ita facto maturatoque opus esse; rem atrocem incidisse. Sp. Lucretius cum P. Valerio Volesi filio, Collatinus cum L. Iunio Bruto venit, cum quo forte Romam rediens ab nuntio uxoris erat conuentus. Lucretiam sedentem maestam in cubiculo inveniunt. Aduentu suorum lacrimae obortae, quaerentique viro "Satin salue?" "Minime" inquit; "quid enim salui est mulieri amissa pudicitia? Vestigia viri alieni, Collatine, in lecto sunt tuo; ceterum corpus est tantum violatum, animus insons; mors testis erit. Sed date dexteras fidemque haud impune adultero fore. Sex. est Tarquinius qui hostis pro hospite priore nocte vi armatus mihi sibique, si vos viri estis, pestiferum hinc abstulit gaudium." Dant ordine omnes fidem; consolantur aegram animi avertendo noxam ab coacta in auctorem delicti: mentem peccare, non corpus, et unde consilium afuerit culpam abesse. "Vos" inquit "uideritis quid illi debeatur: ego me etsi peccato absoluo, supplicio non libero; nec ulla deinde impudica Lucretiae exemplo uiuet." Cultrum, quem sub ueste abditum habebat, eum in corde defigit, prolapsaque in volnus moribunda cecidit. Conclamat vir paterque.

 (1) Peu de jours après, Sextus Tarquin, à l'insu de Collatin, revient à Collatie, accompagné d'un seul homme. (2) Comme nul ne soupçonnait ses desseins, il est accueilli avec bienveillance, et on le conduit, après souper, dans son appartement. Là, brûlant de désirs, et jugeant, au silence qui l'environne, que tout dort dans le palais, il tire son épée, marche au lit de Lucrèce déjà endormie, et, appuyant une main sur le sein de cette femme : "Silence, Lucrèce, dit-il, je suis Sextus Tarquin : je tiens une épée, vous êtes morte, s'il vous échappe une parole." (3) Tandis qu'éveillée en sursaut et muette d'épouvante, Lucrèce, sans défense, voit la mort suspendue sur sa tête, Tarquin lui déclare son amour; il la presse, il la menace et la conjure tour à tour, et n'oublie rien de ce qui peut agir sur le coeur d'une femme. (4) Mais, voyant qu'elle s'affermit dans sa résistance, que la crainte même de la mort ne peut la fléchir, il tente de l'effrayer sur sa réputation. Il affirme qu'après l'avoir tuée, il placera près de son corps le corps nu d'un esclave égorgé, afin de faire croire qu'elle aurait été poignardée dans la consommation d'un ignoble adultère. (5) Vaincue par cette crainte, l'inflexible chasteté de Lucrèce cède à la brutalité de Tarquin, et celui-ci part ensuite, tout fier de son triomphe sur l'honneur d'une femme. Lucrèce, succombant sous le poids de son malheur, envoie un messager à Rome et à Ardée, avertir son père et son mari qu'ils se hâtent de venir chacun avec un ami sûr; qu'un affreux événement exige leur présence.
(6) Spurius Lucrétius arrive avec Publius Valérius, fils de Volésus, et Collatin avec Lucius Iunius Brutus. Ces deux derniers retournaient à Rome de compagnie lorsqu'ils furent rencontrés par le messager de Lucrèce. (7) Ils la trouvent assise dans son appartement, plongée dans une morne douleur. À l'aspect des siens, elle pleure; et son mari, lui demandant si tout va bien : "Non, répond-elle; car, quel bien reste-t-il à une femme qui a perdu l'honneur ? Collatin, les traces d'un étranger sont encore dans ton lit. Cependant le corps seul a été souillé; le coeur est toujours pur, et ma mort le prouvera. Mais vous, jurez-moi que l'adultère ne sera pas impuni. (8) C'est Sextus Tarquin, c'est lui qui, cachant un ennemi sous les dehors d'un hôte, est venu la nuit dernière ravir, les armes à la main, un plaisir qui doit lui coûter aussi cher qu'à moi-même, si vous êtes des hommes." (9) Tous, à tour de rôle, lui donnent leur parole, et tâchent d'adoucir son désespoir, en rejetant toute la faute sur l'auteur de la violence; ils lui disent que le corps n'est pas coupable quand le coeur est innocent, et qu'il n'y a pas de faute là ou il n'y a pas d'intention. (10) -- C'est à vous, reprend-elle, à décider du sort de Sextus. Pour moi, si je m'absous du crime, je ne m'exempte pas de la peine. Désormais que nulle femme, survivant à sa honte, n'ose invoquer l'exemple de Lucrèce !" (11) À ces mots, elle s'enfonce dans le coeur un couteau qu'elle tenait sous sa robe, et, tombant sur le coup, elle expire. Son père et son mari poussent des cris. 

 



Groupe 2

Horatius Coclès

Le Brun Charles Horatius Coclès défendant le pont du Sublicius - 1643

Londres, Dulwich Picture Gallery

 

De illustribus uiris

 

507 ante J. C. - Porsenna rex Etruscorum ad restituendum Tarquinios cum infesto exercitu Romam venit. Primo impetu Ianiculum cepit. Non usquam alias ante tantus terror Romanos invasit: ex agris in urbem demigrant; urbem ipsam saepiunt praesidiis. Alia urbis pars muris, alia Tiberi obiecto, tuta videbatur. Pons Sublicius iter paene hostibus dedit, nisi unus vir fuisset Horatius Cocles, illo cognomine quod in alio proelio oculum amiserat. Is pro ponte stetit, et aciem hostium solus sustinuit, donec pons a tergo interrumperetur: ipsa audacia obstupefecit hostes; ponte rescisso, armatus in Tiberim desiluit, et incolumis ad suos transnavit. Grata erga tantam virtutem civitas fuit; ei tantum agri datum est, quantum una die circumarari potuisset. Statua quoque in comitio posita est.

Tite-Live II, 10

 

Vadit inde in primum aditum pontis, insignisque inter conspecta cedentium pugna terga obuersis comminus ad ineundum proelium armis, ipso miraculo audaciae obstupefecit hostes. Duos tamen cum eo pudor tenuit, Sp. Larcium ac T. Herminium, ambos claros genere factisque. Cum his primam periculi procellam et quod tumultuosissimum pugnae erat parumper sustinuit; deinde eos quoque ipsos exigua parte pontis relicta reuocantibus qui rescindebant cedere in tutum coegit. Circumferens inde truces minaciter oculos ad proceres Etruscorum nunc singulos prouocare, nunc increpare omnes: seruitia regum superborum, suae libertatis immemores alienam oppugnatum uenire. Cunctati aliquamdiu sunt, dum alius alium, ut proelium incipiant, circumspectant; pudor deinde commouit aciem, et clamore sublato undique in unum hostem tela coniciunt. Quae cum in obiecto cuncta scuto haesissent, neque ille minus obstinatus ingenti pontem obtineret gradu, iam impetu conabantur detrudere uirum, cum simul fragor rupti pontis, simul clamor Romanorum, alacritate perfecti operis sublatus, pauore subito impetum sustinuit. Tum Cocles "Tiberine pater" inquit, "te sancte precor, haec arma et hunc militem propitio flumine accipias." Ita sic armatus in Tiberim desiluit multisque superincidentibus telis incolumis ad suos tranauit, rem ausus plus famae habituram ad posteros quam fidei. Grata erga tantam uirtutem ciuitas fuit; statua in comitio posita; agri quantum uno die circumarauit, datum. Priuata quoque inter publicos honores studia eminebant; nam in magna inopia pro domesticis copiis unusquisque ei aliquid, fraudans se ipse uictu suo, contulit.

 

(5) Il s'élance aussitôt à la tête du pont, et d'autant plus remarquable qu'on le voyait, au milieu des siens qui tournaient le dos et abandonnaient le combat, se présenter, les armes en avant, pour résister aux Étrusques, il frappe les ennemis de stupeur par ce prodige d'audace. (6) Cependant l'honneur avait retenu près de lui Spurius Larcius et Titus Herminius, tous deux distingués par leur naissance et par leur courage. (7) Il soutint d'abord avec eux le premier choc et la première fureur des assaillants; mais bientôt ceux qui rompaient le pont les ayant rappelés, il force ses deux compagnons de se retirer par un étroit passage qu'on avait conservé à dessein. (8) Ensuite, jetant sur les chefs des Étrusques des regards menaçants et terribles, tantôt il les provoque l'un après l'autre, tantôt il les accuse tous ensemble de lâcheté, leur reprochant "d'être les esclaves d'orgueilleux tyrans, et d'oublier le soin de leur propre liberté pour venir attaquer la liberté d'autrui."

(9) Ils hésitent quelque temps, se regardant les uns les autres, comme pour voir qui commencerait le combat; mais enfin la honte s'empare de la troupe entière; ils poussent un grand cri et font pleuvoir sur un seul homme une nuée de javelots : tous les traits demeurent attachés au bouclier dont il se couvre. (10) Quand ils voient qu'inébranlable dans ses résolutions et ferme dans sa résistance, il demeure maître du pont qu'il parcourt à grands pas, les ennemis cherchent, en se jetant sur lui, à le précipiter dans le fleuve; mais tout à coup le fracas du pont qui se brise, et les cris que poussent les Romains, joyeux du succès de leurs efforts, les glacent d'épouvante, et arrêtent leur impétuosité. (11) Alors Coclès : "Dieu du Tibre, s'écrie-t-il, père de Rome, je t'implore. Reçois avec bonté dans tes flots ces armes et ce soldat." Il dit, se précipite tout armé dans le fleuve, et, le traversant à la nage, au milieu d'une grêle de flèches qu'on lui lance de l'autre rive sans pouvoir l'atteindre, il rejoint ses concitoyens, après avoir osé un exploit qui trouvera dans la postérité plus d'admiration que de croyance. (12) Rome se montra reconnaissante d'une aussi haute valeur. Elle lui fit ériger une statue sur le Comitium, et on lui donna autant de terres que put en renfermer un cercle tracé par une charrue dans l'espace d'un jour. (13) À ces honneurs publics les particuliers voulurent ajouter un témoignage de leur gratitude, et, dans la disette générale, chacun retrancha sur sa propre nourriture, pour contribuer, en proportion de ses ressources, à la subsistance de ce héros. 

 

Groupe 3

Mucius Scaevola


Pierre-Paul Rubens Mucius Scævola devant Porsenna - 1628
Budapest


De Viris illustribus

 

507 ante J. C. - Cum Porsenna Romam obsideret, Mucius vir Romanae constantiae senatum adiit, et veniam transfugiendi petiit, necem regis repromittens. Accepta potestate, in castra Porsennae venit. Ibi in confertissima turba prope regium tribunal constitit. Stipendium tunc forte militibus dabatur: et scriba cum rege pari fere ornatu sedebat. Mucius illum pro rege deceptus occidit. Apprehensus et ad regem pertractus, dextram accenso ad sacrificium foculo iniecit; hoc supplicii a rea exigens, quod in caede peccasset. Attonitus miraculo rex iuvenem amoveri ab altaribus iussit. Tum Mucius, quasi beneficium remunerans, ait trecentos, sui similes, adversus eum coniurasse. Qua re ille territus bellum, acceptis obsidibus, deposuit.

 

Tite Live I, 12

 

Vadentem inde qua per trepidam turbam cruento mucrone sibi ipse fecerat uiam, cum concursu ad clamorem facto comprehensum regii satellites retraxissent, ante tribunal regis destitutus, tum quoque inter tantas fortunae minas metuendus magis quam metuens, "Romanus sum" inquit, "ciuis; C. Mucium uocant. Hostis hostem occidere uolui, nec ad mortem minus animi est, quam fuit ad caedem; et facere et pati fortia Romanum est. Nec unus in te ego hos animos gessi; longus post me ordo est idem petentium decus. Proinde in hoc discrimen, si iuuat, accingere, ut in singulas horas capite dimices tuo, ferrum hostemque in uestibulo habeas regiae. Hoc tibi iuuentus Romana indicimus bellum. Nullam aciem, nullum proelium timueris; uni tibi et cum singulis res erit."

Cum rex simul ira infensus periculoque conterritus circumdari ignes minitabundus iuberet nisi expromeret propere quas insidiarum sibi minas per ambages iaceret, "en tibi" inquit, "ut sentias quam uile corpus sit iis qui magnam gloriam uident"; dextramque accenso ad sacrificium foculo inicit. Quam cum uelut alienato ab sensu torreret animo, prope attonitus miraculo rex cum ab sede sua prosiluisset amouerique ab altaribus iuuenem iussisset, "tu uero abi" inquit, "in te magis quam in me hostilia ausus. Iuberem macte uirtute esse, si pro mea patria ista uirtus staret; nunc iure belli liberum te, intactum inuiolatumque hinc dimitto." Tunc Mucius, quasi remunerans meritum, "quando quidem" inquit, "est apud te uirtuti honos, ut beneficio tuleris a me quod minis nequisti, trecenti coniurauimus principes iuuentutis Romanae ut in te hac uia grassaremur. Mea prima sors fuit; ceteri ut cuiusque ceciderit primi quoad te opportunum fortuna dederit, suo quisque tempore aderunt."

Il se retirait au milieu de la foule effrayée, s'ouvrant un chemin avec son fer ensanglanté, lorsque, au cri qui s'éleva au moment du meurtre, les gardes du roi accoururent, le saisirent, et le menèrent devant le tribunal. Là, sans défense et au milieu des plus terribles menaces du destin, bien loin d'être intimidé, il était encore un objet de terreur. (9) "Je suis un citoyen romain, dit-il; on m'appelle Gaius Mucius. Ennemi, j'ai voulu tuer un ennemi, et je ne suis pas moins prêt à recevoir la mort que je ne l'étais à la donner. Agir et souffrir en homme de coeur est le propre d'un Romain. (10) Et je ne suis pas le seul que ces sentiments animent. Beaucoup d'autres, après moi, aspirent au même honneur. Apprête-toi donc, si tu crois devoir le faire, à combattre pour ta vie à chaque heure du jour. Tu rencontreras un poignard et un ennemi jusque sous le vestibule de ton palais. (11) Cette guerre, c'est la jeunesse de Rome, c'est nous qui te la déclarons. Tu n'as à craindre aucun combat, aucune bataille. Tout se passera de toi à chacun de nous."

(12) Alors le roi, tout à la fois enflammé de colère et épouvanté du danger qu'il court, ordonne que Mucius soit environné de flammes, et le menace de l'y faire périr s'il ne se hâte de lui découvrir le complot mystérieux dont il cherche à l'effrayer. (13) "Vois, lui répliqua Mucius, vois combien le corps est peu de chose pour ceux qui n'ont en vue que la gloire." Et en même temps il pose sa main sur un brasier allumé pour le sacrifice, et la laisse brûler comme s'il eût été insensible à la douleur. Étonné de ce prodige de courage, le roi s'élance de son trône, et, ordonnant qu'on éloigne Mucius de l'autel : (14) "Pars, lui dit-il, toi qui ne crains pas de te montrer encore plus ton ennemi que le mien. J'applaudirais à ton courage s'il était destiné à servir ma patrie. Va, je n'userai point des droits que me donne la guerre : je te renvoie libre, ta personne est désormais inviolable." (15) Alors Mucius, comme pour reconnaître tant de générosité : "Puisque tu sais, dit-il, honorer le courage, tu obtiendras de moi, par tes bienfaits, ce que tu n'as pu obtenir par tes menaces. Nous sommes trois cents, l'élite de la jeunesse romaine, qui avons juré ta mort. (16) Le sort m'a désigné le premier; les autres viendront à leur tour, et tu les verras tous successivement, jusqu'à ce que l'un d'eux ait trouvé l'occasion favorable." 

 

 
Groupe 4

Clélie

tableau

Pierre-Paul Rubens Clélie passant le Tibre - 1630-40

Musée du Louvre

 

De Viris illustribus

 

507 ante J. C. - Porsenna Claeliam virginem nobilem inter obsides accepit. Cum eius castra haud procul ripa Tiberis locata essent, Claelia deceptis custodibus noctu egressa, equum, quem sors dederat, arripuit, et Tiberim traiecit. Quod ubi regi nunciatum est, primo ille incensus ira Romam legatos misit ad Claeliam obsidem reposcendam. Romani eam ex foedere restituerunt. Tum rex virginis virtutem admiratus, eam laudavit, ac parte obsidum donare se dixit, permisitque ut ipsa quos vellet, legeret. Productis obsidibus, Claelia virgines puerosque elegit quorum aetatem iniuriae obnoxiam sciebat, et cum iis in patriam rediit. Romani novam in femina virtutem novo genere honoris, statua equestri, donavere. In summa via sacra, fuit posita virgo insidens equo.

 

 

Tite-Live I, 13

 

[13] Mucium dimissum, cui postea Scaeuolae a clade dextrae manus cognomen inditum, legati a Porsinna Romam secuti sunt; adeo mouerat eum et primi periculi casus, a quo nihil se praeter errorem insidiatoris texisset, et subeunda dimicatio totiens quot coniurati superessent, ut pacis condiciones ultro ferret Romanis. Iactatum in condicionibus nequiquam de Tarquiniis in regnum restituendis, magis quia id negare ipse nequiuerat Tarquiniis quam quod negatum iri sibi ab Romanis ignoraret. De agro Veientibus restituendo impetratum, expressaque necessitas obsides dandi Romanis, si Ianiculo praesidium deduci uellent. His condicionibus composita pace, exercitum ab Ianiculo deduxit Porsinna et agro Romano excessit. Patres C. Mucio uirtutis causa trans Tiberim agrum dono dedere, quae postea sunt Mucia prata appellata. Ergo ita honorata uirtute, feminae quoque ad publica decora excitatae, et Cloelia uirgo una ex obsidibus, cum castra Etruscorum forte haud procul ripa Tiberis locata essent, frustrata custodes, dux agminis uirginum inter tela hostium Tiberim tranauit, sospitesque omnes Romam ad propinquos restituit. Quod ubi regi nuntiatum est, primo incensus ira oratores Romam misit ad Cloeliam obsidem deposcendam: alias haud magni facere. Deinde in admirationem uersus, supra Coclites Muciosque dicere id facinus esse, et prae se ferre quemadmodum si non dedatur obses, pro rupto foedus se habiturum, sic deditam intactam inuiolatamque ad suos remissurum. Utrimque constitit fides; et Romani pignus pacis ex foedere restituerunt, et apud regem Etruscum non tuta solum sed honorata etiam uirtus fuit, laudatamque uirginem parte obsidum se donare dixit; ipsa quos uellet legeret. Productis omnibus elegisse impubes dicitur; quod et uirginitati decorum et consensu obsidum ipsorum probabile erat eam aetatem potissimum liberari ab hoste quae maxime opportuna iniuriae esset. Pace redintegrata Romani nouam in femina uirtutem nouo genere honoris, statua equestri, donauere; in summa Sacra uia fuit posita uirgo insidens equo.

(1) En renvoyant Mucius, à qui la perte de sa main droite fit donner, dans la suite, le nom de Scaevola, Porsenna ordonne à des ambassadeurs de le suivre à Rome. (2) Le danger qu'il venait de courir, et dont la méprise de son meurtrier l'avait seule préservé, et plus encore ce combat qu'il aurait à soutenir tant qu'il resterait un seul des conjurés, l'avaient tellement ému qu'il fit, de son propre mouvement, des propositions de paix aux Romains. (3) Il chercha vainement à mettre au nombre des conditions le rétablissement de la famille royale, et, s'il le fit, ce fut plutôt parce qu'il ne pouvait refuser cette démarche aux Tarquins, que dans la conviction qu'il n'éprouverait point un refus. (4) La restitution du territoire de Véies fut consentie, et les Romains se virent obligés de livrer des otages pour obtenir l'évacuation du Janicule. La paix conclue à ces conditions, Porsenna retira ses troupes de ce poste, et sortit du territoire de Rome.
(5) Le sénat, pour récompenser l'héroïsme de Gaius Mucius, lui donna, au-delà du Tibre, des terres qui, depuis, ont été appelées de son nom, Prés de Mucius. (6) Cet honneur, accordé au courage, excita les femmes à mériter aussi les distinctions publiques. Comme le camp des Étrusques n'était pas très éloigné des bords du Tibre, Clélie, l'une des jeunes Romaines livrées en otage, trompe les sentinelles, et, se mettant à la tête de ses compagnes, traverse le fleuve au milieu des traits ennemis, et, sans qu'aucune d'elles eût été blessée, elle les ramène à Rome, et les rend à leurs familles. (7) À la nouvelle de cette évasion, le roi, indigné, envoie à Rome pour réclamer Clélie, sans paraître tenir beaucoup aux autres; (8) mais bientôt, passant de la colère à l'admiration, et mettant ce trait d'audace au-dessus des actions des Coclès et des Mucius, il déclare que si on ne lui rend pas son otage, il regardera le traité comme rompu; mais que si on la remet en son pouvoir, il la renverra à ses concitoyens sans lui faire essuyer aucun mauvais traitement. (9) On tint parole de part et d'autre : les Romains, conformément au traité, rendirent à Porsenna les gages de la paix; et de son côté, le roi des Étrusques voulut que non seulement la vertu fût en sûreté auprès de lui, mais qu'elle y fût même honorée. Après avoir donné des éloges à Clélie, il lui fit présent d'une partie des otages, et lui en abandonna le choix. (10) Lorsqu'on les eut tous amenés en sa présence, elle choisit, dit-on, les plus jeunes, croyant, par respect pour la pudeur, (et elle obtint, à cet égard, l'entier consentement des otages eux-mêmes) devoir soustraire avant tout aux ennemis celles que leur âge exposait le plus aux outrages. (11) La paix rétablie, les Romains récompensèrent, par un genre d'honneur extraordinaire, un courage aussi extraordinaire dans une femme; on lui décerna une statue équestre; et l'on plaça au haut de la voie sacrée l'image de Clélie à cheval. 

 

Consignes

1ère phase : Séance du 26 Novembre

Elaborez en groupe la construction et traduction de l'extrait du De uiris illustribus. Travaillez 2 heures - l'équivalent de la séance du lundi. Réunissez-vous de préférence au CDI ou chez l'un ou l'autre avec un ordinateur et une connexion internet.
Vous ferez la construction et la proposition de traduction sur le document googledocs - je vous envoie les liens par mail.
N.B. : vous pouvez-aussi sur le document me poser des questions sur les difficultés que vous rencontrez.

Au plus tard le travail doit être fait en ligne pour le 30 Novembre.

A la fin de la séance de travail, vous nommez chacun responsable d'une partie du texte. Je ferai des corrections et vous devrez apporter les corrections sur la partie de texte dont vous êtes responsables.

2ème phase : Séance du 3 Décembre

-> réalisation du commentaire de tableau en groupe en suivant la méthode déjà publiée. Essayez d'approfondir le plus possible. 

Le travail doit être en ligne le 3 au soir, de façon à ce que je puisse vous corriger avant le DS de culture de l'antiquité du 8 décembre.


3ème phase : 
Séance du 10 Décembre

-> travail individuel : lire le texte de Tite-Live et réfléchir à la problématisation ainsi qu'aux pistes de commentaire.
-> travail en groupe :
- mettre en commun les pistes auxquelles vous avez pensé.
- procédez au commentaire littéraire du texte de Tite-Live. Rédigez au fur et à mesure sur le document googledocs de votre groupe. Si vous avez des difficultés dans l'analyse du texte latin de façon à vous appuyer sur des analyses grammaticales et stylistiques de détail, vous pouvez là aussi me poser des questions. 
L'idée est justement que vous appreniez à vous appuyer sur le texte latin, à vous repérer, à vous appuyer sur des faits de langue précis, alors même que vous ne maîtrisez pas complètement le texte ni sa construction. Je suis donc à votre disposition pour vous aider.
-> Même principe ensuite :
- vous nommez chacun responsable d'une partie du texte. Je ferai des corrections et chacun devra améliorer sa partie de texte.

Le travail doit être en ligne au plus tard le 14 Décembre.

Merci pour votre participation

LATIN Option HK - Sq.1 Quand les poètes content... - Ovide texte appareillé

Ovide Les Fastes IV, 807-862
21 Avril : anniversaire de la fondation de Rome 

[(ipse (locum) casus (vati)) facit ]: [ (Urbis) origo
     
venit ]; [ades (factis, /magne Quirine/, tuis).]
[iam luerat (poenas) frater (Numitoris)], et [ (omne
     pastorum (gemino sub duce) 
volgus) erat;]               810
[ (contrahere (agrestes)) et  ((moenia) ponere) (utrique)
     
convenit] : [ambigitur] [ (moenia) ponat uter. ]
['(nil) opus est' /dixit '(certamine' Romulus/ 'ullo);]
     [(magna) (fides (avium)) est ]: [experiamur (aves).]'
[res placet]: [alter init (nemorosi (saxa) Palati);]               815
     
[alter (Aventinum mane cacumen) init.]
[(sex) Remus,] [hic (volucres bis sex) videt (ordine)]; [ (pacto)
     statur ], et  [(arbitrium Romulus (urbis)) habet.]
[ (apta dies) legitur ] [qua (moenia) signet (aratro):]
     [ (sacra (Palis)) suberant ]; [inde movetur opus             820
[ fossa fit (ad solidum) ], [ fruges iaciuntur (in ima)
     
et (de vicino (terra (petita)) solo) ];
[fossa repletur (humo)], [(plenae)que imponitur ara ],
    
 [ et (novus (accenso fungitur igne) focus).]
[inde (premens (stivam) ) designat (moenia) (sulco);   ]            825
    
(alba (iugum) (niveo cum bove) vacca) tulit.]
[ (vox fuit haec (regis)) ]: ['(condenti, /Iuppiter/,(urbem)),
     
et  /(genitor) Mavors/ /Vestaque (mater)/, ades,]
[ (quosque pium est adhibere deos),] [advertite /cuncti/:]
     
[ (auspicibus vobis) hoc (mihi) surgat opus             830
 
[ (longa) sit (huic) aetas] [(dominaeque potentia terrae),]
     [ sitque (sub hac) (oriens occiduusque) dies.']
[ ille precabatur ], [(tonitru dedit (omina) laevo)
     
Iuppiter ], [ et laevo fulmina missa polo.]
[ ( (augurio) laeti) iaciunt (fundamina) cives, ]              835
     [ et (novus (exiguo tempore) murus) erat.]
[
 (hoc Celer urget opus)], [quem (Romulus ipse) vocarat,]
    
[  'sint' / que, '/Celer/, (curae' dixerat / 'ista tuae),]
[ neve quis aut (muros) aut (factam (vomere) fossam)
     
transeat ] ; [ (audentem (talia)) dede neci.'       ]        840
[ ((quod) Remus ignorans) (humiles contemnere muros)
     
coepit ], [ et '(his) populus' dicere '(tutus) erit?']
[nec mora, transiluit ]: [ (rutro) Celer occupat (ausum)] ;
     
[ ille premit (duram (sanguinulentus) humum).]
[ (haec) ubi rex didicit ], [ (lacrimas introrsus obortas)               845
     
devorat ] et  [ ((clausum (pectore) )) (volnus) habet.]
[ flere palam (non volt) ] [ (exemplaque fortia) servat,]
    
[  'sic' que '(meos muros) transeat hostis'] [ ait.]
[ dat tamen (exsequias) ]; [ nec iam (suspendere (fletum))
     
sustinet ], [ et pietas (dissimulata) patet;  ]             850
[ (osculaque adplicuit (posito suprema) feretro),]
     
[ atque ait ] [ 'invito /frater adempte /], [ vale',]
[ (arsurosque artus) unxit ]: [ fecere, [ quod ille,]
     
Faustulus et (maestas Acca (soluta) comas.) ]
[ tum (iuvenem) (nondum facti flevere Quirites);              855
    [ (ultima) ((plorato) subdita) flamma (rogo) est. ]
[ urbs oritur - [quis tunc (hoc) ulli credere posset?)] -
     
 (victorem (terris) impositura pedem)  ) ]
[ (cuncta) regas] [ et sis (magno sub Caesare) semper,]
     [ saepe etiam (plures (nominis huius)) habe;              860
[ et, quotiens steteris (domito (sublimis) in orbe),]
   
 [ (omnia sint (umeris inferiora) tuis).]

LATIN Option HK - Sq.1 Quand les poètes content... - Ennius texte appareillé et proposition de commentaire

Ennius Annales Livre I - fragments

[(Curantes (magna cum cura)), (tum cupientes                  
(Regni)), dant (operam) simul (auspicio augurioque).] (…)
[ [Hinc]Remus(auspicio)(se)devovetatque(secundam
(Solus) avem)servat]. [at(Romulus pulcher) (in alto
Quaerit Aventino), servat(genus (altivolantum)).]                85
[Certabant][(urbem)(Romam Remoramne)vocarent.] 
[ (Omnibus cura viris) ] [uteresset(induperator).]
[ Expectant vel[uti, [consulcummittere(signum)
Volt], omnes (avidi)spectant (ad (carceris) oras)],
[Quam mox emittat (pictis e faucibus) currus:]            90
[Sicexpectabatpopulus ]atque [(ora)tenebat
(Rebus),
][utri(magni victoriasitdata regni).]
[Interea(sol albus)recessit (in infera (noctis)).]
[Exin(candida)(se) [(radiis) dediticta foras] lux.]
[Et simul (ex alto) (longe pulcherruma praepes)           95
(Laeva volavitavis) ].[simul(aureus exoritursol),]
[ Cedunt (de caelo) (ter quattor corpora (sancta)
(Avium)
)], [(praepetibus (sese) pulchrisque locis) dant.]
[Conspicitinde[(sibi)dataRomulusesse(priora
(Auspicio) (regni) stabilita
scamna)(locumque).]

[(Pectora)diutenetdesiderium], [simul (inter               117
Sese) sic
memorant,][' /o Romule/, (Romule die),
[(Qualem(te)(patriae) custodem)digenuerunt!]
[ /O pater/ /o genitor/ /o sanguen (dis) oriundum/,
(Tu)produxisti(nos) (intra (luminis) oras).]
[Romulus (in caelo) (cum dis genitalibus) (aevum)       116
Degit.]

Commentaire d’Ennius



Ennius (239-169 av. J.-C.) a revisité comme tant d’autres et avant tant d’autres le mythe de la fondation de Rome. Le poème suit le déroulement chronologique du récit mythique tel que Tite-Live nous l’a ultérieurement transmis depuis la décision de fonder une ville nouvelle jusqu’au choix de Romulus comme roi. Mais dans le passage qui nous est donné, Ennius centre essentiellement sur l’épisode de la prise des augures par Rémus et Romulus.

Considéré comme le père de la littérature latine, Ennius en est le premier poète. Nous nous attacherons ainsi à comprendre ce qui fait la spécificité de sa voix en analysant comment il a poétisé le matériau mythique.


I. Reprise du matériau mythique de la fondation de Rome


1. Evocation de la fondation


Champ lexical relevé initialement par Julie : “auspicio augurioque”, “regni”, “induperator”, “magni victoria sit data regni”, “victoria”, “auspicio regni”, “patriae” “O pater o genitor o sanguen dis oriundum”, “Tu produxisti nos intra luminis oras

⇔ comment travailler un champ lexical


- Ennius centre son évocation sur la quête du pouvoir.
Il insiste sur l’idée de la prise en main du pouvoir.

cf. répétition du terme regni  // à rapprocher de rego : régler, gérer = course à celui qui aura l’initiative du pouvoir / regno = régner - cupientes (Regni) / utri(magni victoriasitdataregni).] /(regni) stabilita scamna)(locumque).]
cf. “
magni victoria sit data regni” :

hyperbole magni  iinsiste sur l’importance du pouvoir qui va échoir au victorieux.


- Le poète s’attache à suggérer que ce moment de la fondation est l’instant où s’est décidé la grandeur à venir de Rome.

cf. Effet de disjonction  magni …. regni => - magni épithète de regni adopte des connotations complémentaires :  laisse entrevoir le devenir de Rome / de l’empire

cf. o sanguen dis oriundum” - oriundum => naissance / croissance

cf. “Tu produxisti nos intra luminis oras” => impression que Rome appelée à émerger des ténèbres, du néant.

métaphore de la lumière = grandeur à venir de Rome


- Une fondation enfin qui revêt une dimension religieuse et sacrée.

cf. champ lexical du sacré, du religieux  : rituel / ritualisation de la fondation “auspicio augurioque”, cf. prise des augures / acte de fondation se fait sous l’autorité des dieux.

cf. double prise des augures dant operam simul : opposition entre Remus / Romulus soulignée par le parallélisme de structure S + V Remus se devovet // Romulus servat … quaerit...

renforcé par opposition des lieux : Aventino Romulus  // Remus / Palatin

cf. at  /

cf. disjonction + enjambement et rejet alto aventino => zoom sur Romulus

=> mis comme au premier plan / effet de perspective : Romulus au 1er plan / Remus en arrière-plan


2. qui se fait selon la chronologie

Le récit d’Ennius, dans son déroulement, reprend les péripéties constitutives du mythe.

étude de la structure du récit // chronologie des faits :  cf. notations temporelles

- situation initiale : la décision de prendre les augures pour décider de celui qui devra avoir le pouvoir -

[(Curantes (magna cum cura)), (tumcupientes                  

(Regni)), dant (operam) simul (auspicio augurioque).] (…)


- [Hinc] mise en place des deux frères Remus / Romulus cf. parallélisme des deux proposistions


- certabant /  expectant / sic expectabat : mise en valeur des verbes rejetés en début de proposition - absence de coordination

= juxtaposition -> Ennius dépeint la situation à grands traits ; sorte de succession d’arrêts sur image.parallèle : attente expectant des deux frères N.B. en plus le choix du rpésent de narration.  // exspectabat populus


- Interea

- Exin

=> accumulation des notations temporelles / valeur logique qui se superpose N.B. : à chaque fois, la proposition se limite à un seul vers => accélération de la narration / souligne le temps qui passe : venue de la nuit / retour du jour

- Et  : ajout d’une péripétie / marque ne même temps sorte de conclusion - d’aboutissement de cette longue attente.

simul

simul

mise en parallèle des deux présages / permet d’opposer avis // ter quattor corpora


-Inde: certitude de Romulus cf.verbe de constat conspicit = cela va de soi pour lui.


3. Avec des choix spécifiques de la part d’Ennius

N.B. en fait, au contenu, peut être inséré ici et servir de transition avec ce qui suit.


  • Ici chacun “se devovet ; quaerit” -> “laeva volavit avis” = “ter quattor corpora sancta” du côté de Romulus = directement choisi, aucune querelle, aucune mort (du moins pour l’instant). A contrario, il y a de la joie (peuple), aucun regret (les sentiments de Rémus ne sont pas montrés) -> “Pectora diu tenet desiderium..” [= effet moins tragique mais le style est plus littéraire, moins historique, plus dans la beauté du choix divin (“sol ; foras lux”)] A garder pour 3ème partie

  • Différent de Tite-Live -> “utrumque regem sua multitudo consalutauerat” (6 oiseaux pour Rémus, 12 pour Romulus) -> combat, Rémus meurt = Romulus fondateur. Effet plus historique qui ressort.


II. Mais Ennius

1. fait le choix de mettre en scène l’opposition des deux frères sous la forme d’un véritable combat.

- Sont unis :

+ dans leur désir de pouvoir et de supprématie : [(Curantes (magna cum cura)), (tumcupientes                  

(Regni)),

+ dans l’accomplissement des mêmes rituels := dant (operam) simul (auspicio augurioque).]

+ dans leur attente Expectant

- Mais c’est cela même qui fait la violence de  leur confrontation :  combat  des deux frères  : [Certabant]

+ cf. at souligne l’esprit de compétition entre les deux frères / N.B. chiasme Remus … auem seruat // Romulus … seruat genus altiuolantum. qui concrétise la rivalité. / opposition anticipatrice entre le singulier auem et le pluriel altiuolantum. ⇔ en écho plus loin : auis // ter quattor corpora multiplication accentue la pluralité.


2. Ennius met en scène la supériorité de Romulus


- Romulus mis en avant en position de supériorité

- solus Remus peut être entendu de manière symbolique // Romulus accompagné, soutenu / a le peuple et les dieux de son côté

- campé comme le futur vainqueur, le maître à venir de Rome


3. approche tragique

dramatisation du récit

- effet de mise en attente / jeu sur les temps, sur les rythmes de la narration

- tension au milieu du texte = tension dramatique

-  cf. image de la course du char

suspend concrètement le récit = mime  comment tous sont comme en suspens dans l’attente de la réponse des dieux.

expression hyperbolique  de l’attente => dramatisation

- temps qui s’écoule cf ciel qui se couche accentuation du tragique



III. Concourt à une poétisation de l’épisode (Jérémie)
Dans ces vers , Ennius aborde l'épisode de la prise des auspices par Remus et Romulus afin qu'ils décident duquel des deux dirigera la ville .

Le texte étant un poème , c'est poétiquement qu'il traite ce sujet . Il s'affiche , de prime abord , déjà comme un écrit relevant du mythe plus que de l'histoire, le but d'Ennius n'étant pas de narrer fidèlement une partie de l'histoire de Rome . Néanmoins , on peut considérer un poème comme objet plus empli de vérité qu'un autre texte , du fait qu'il ne l'expose pas mais la révèle . Mais pas d'objectivité ici , l'évènement des augures est relaté par un chant plutôt emphatique , avec une tension dramatique aisément repérable . cf course’

 Genre  mythe / apologétique => récit modifié remanié // leçon // impératifs de véracité telles que peut se les donner un Tite-Live

- mélioratif  figure Romulus /

- traité comme un dieu // apothéose

- débouche sur une prière à Romulus : dépracative

=> fonction d’éloge  :

éloge de Romulus

/ éloge de Rome  = cité toute puissante

L'on remarque que c'est par un prisme mélioratif envers Romulus qu'Ennius rappelle l'évènement , jusqu'à faire de cet extrait un véritable apologue . En effet , du fait de son essence poétique et de son non-impératif d'exactitude c'est du genre de l'apologue , ou de la fable , que l'on peut rapprocher ce texte . Cela est particulièrement remarquable dans la deuxième strophe où Remus est totalement écarté au profit de son frère . Par l'emploi du vocatif , forme privilégiée de l'invocation divine et de l'hymne sacré , Ennius sacralise donc ce Romulus fondateur . Les images employées renforcent également l'aspect sacré donné à ce moment de fondation . Guère étonnant , quand on se remémore les rites urbains de la Rome antique où , pour fonder correctement une ville , on devait tracer au sol le Pomerium ( l'enceinte sacrée ) justement selon le présage aviaire, cela prenant la forme d'un temple . Le texte s'entoure donc de l'aura sacrée nécessaire à la fondation de l'Urbs et identifie Romulus comme le traceur du Pomerium primitif , qui influera sur la fondation de toutes les futures villes romaines .

Sacrée , mais aussi surnaturelle , cette fondation est assez impressionnante , et pour illustrer cela on peut prendre l'exemple de l'hypotypose oxymorique du coucher et du lever du Soleil . Ennius écrit d'abord que le Soleil rejoint les "abîmes de la nuit" et pourtant au moment où les oiseaux apparaissent à Romulus il reparaît éblouissant sans qu'aucune rupture temporelle ou précision atmosphérique supplémentaire soit donnée . C'est une lumière sacrée , voire prophétique , et même quelque chose de l'ordre de l'apocalypse . ( Rappelons qu'en grec ἀποκάλυψις / apokálupsis signifie "lever le voile" ou "révéler" ) .


 Et Romulus , et son acte de fondation sont fêtés par Ennius , qui ici ne relate pas la violente mort de Remus , et par le simple fait que ceux-là soient poétisés , cela les sacralise . En effet , l'un des sens de sacrum en latin est "poésie" .


Proposition de pistes

1. tonalité lyrique

-> apostrophes /

-> structures exclamatives

2. l’importance de l’image / langage imagé / visuel  sens de la vue

-> adjectifs => présentation visuelle pulcher Romulus

-> présentation par eux-mêmes des éléments = spacialisation des éléments => témoin oculaire // public / peuple romain

-> lumière : soleil / llumière présage éclairant l’avenir / lumière de la puissance


3. sonorités/ scansion

LATIN Option HK - Sq.1 Quand les poètes content... - Des liens pour faire les recherches

Vous trouverez ci-dessous des pistes pour vous aider dans le commentaire des poèmes d'Ennius et d'Ovide.

Fondation de Rome

Informations sur le blog

- Aux sources des origines de Rome
http://blog.crdp-versailles.fr/prepadenghienlslca/index.php/post/11/01/2012/CA-4%C3%A8me-partie-Aux-origines-de-Rome

- Fondation des institutions romaines au temps de la Rome royale
http://blog.crdp-versailles.fr/prepadenghienlslca/index.php/post/16/02/2012/CA-C4-Fondation-des-institutions-romaines-au-temps-de-la-Rome-royale

Article d'un professeur de lettres classiques pour vous aider à faire le point

- La fondation de Rome

http://in-medias-res.over-blog.com/article-la-fondation-de-rome-le-21-avril-753-72315674.html

Deux articles universitaires 

- "Rome comme ville étrusque" Dominique BRIQUEL 

http://www.unicaen.fr/puc/ecrire/ouvrages/roma_illustrata/04roma_illustrata.pdf

- "Structuration morphologique de la Rome antique, du centre organisateur à la configuration du seuil" Gaëtan DESMARAIS
http://www.cairn.info/revue-espaces-et-societes-2005-4-page-49.htm

Ovide

- Notices sur Les Fastes 
http://bcs.fltr.ucl.ac.be/fastam/Notices.html

- Edition commentée en ligne qui vous fournira quelques informations
http://bcs.fltr.ucl.ac.be/FASTAM/F4-721-862.html

LATIN Option Hypokhâgne - Seq.2 Amphitryon Plaute - Maître et esclave

Acte I, scène 1 – Maître et esclave

Consignes :

Traduction à préparer pour le lundi 5 Mars.
N.B. Selon votre niveau vous avez chacune un passage en charge. Voir ci-dessous.

MERC. Rex Creo vigiles nocturnos singulos semper locat. 
SOS.
 Bene facit: quia nos eramus peregre, tutatust domi; 
at nunc abi sane, advenisse familiares dicito.
 
MERC.
 Nescio quam tu familiaris sis: nisi actutum hinc abis, 
familiaris accipiere faxo haud familiariter. 355
 
S.
 Hic inquam habito ego atque horunc servos sum. 

                                                   M. At scin quo modo? 
faciam ego hodie te superbum, nisi hinc abis.
 

                                                 SOS. Quonam modo? 
MERC.
 Auferere, non abibis, si ego fustem sumpsero. 
SOS. Quin me esse huius familiai familiarem praedico. 
MERC.
 Vide sis quam mox vapulare vis, nisi actutum hinc abis.    
SOS.
 Tun domo prohibere peregre me advenientem postulas? 
M.
 Haecine tua domust? 

                                          S. Ita inquam. 

MERC.   Le roi Créon met ici chaque nuit une sentinelle.   SOS.   Il fait bien. Nous étions au loin, il a protégé notre logis : mais   
tu peux t'en aller à présent; dis-lui que les gens de la maison sont de retour.   MERC.  Je ne sais à quel titre tu peux en être; mais si tu ne t'éloignes au plus vite, notre ami, tu ne seras pas reçu en ami de la maison. SOS. Mais je demeure ici, te dis-je, et je suis serviteur dans ce logis.  MERC.   Sais-tu bien...? Je ferai de toi un personnage à part, si tu ne t'en vas.  SOS. Comment cela?  MERC.   Oui, on t'emportera : tu ne t'en iras pas, si je prends un bâton.   SOS. Tu as beau dire, je soutiens que je suis un des serviteurs de cette maison.   
MERC. Prends garde, tu vas être battu; dépêche-toi de partir.   SOS. Comment! tu voudrais, quand j'arrive, m'interdire l'entrée de chez nous?   
MERC. C'est ici ta demeure?   SOS. Je te dis que oui.   

 


M. Quis erus est igitur tibi? 
SOS. Amphitruo, qui nunc praefectust Thebanis legionibus, 
quicum nupta est Alcumena. MERC. Quid ais? quid nomen tibi est? 
SOS. Sosiam vocant Thebani, Davo prognatum patre.       365 
MERC. Ne tu istic hodie malo tuo compositis mendaciis 
advenisti, audaciai columen, consutis dolis. 
SOS. Immo equidem tunicis consutis huc advenio, non dolis. 
MERC. At mentiris etiam: certo pedibus, non tunicis venis.
SOS. Ita profecto. MERC. Nunc profecto vapula ob mendacium.    370 
SOS. Non edepol volo profecto. MERC. At pol profecto ingratiis. 
hoc quidem profecto certum est, non est arbitrarium. 
Traduction à 2 voix / Inès = Sosie -  Noémie = Mercure  
SOS. Tuam fidem obsecro. MERC. Tun te audes Sosiam esse dicere, 
qui ego sum? S. Perii. M. Parum etiam, praeut futurum est, praedicas. 
quoius nunc es? 
SOS. Tuos, nam pugnis usu fecisti tuom.       375 
pro fidem, Thebani cives. 
MERC. Etiam clamas, carnifex? 
loquere, quid venisti? SOS. Vt esset quem tu pugnis caederes. 
M. Cuius es? S. Amphitruonis, inquam, Sosia. M. Ergo istoc magis, 
quia vaniloquo's, vapulabis: ego sum, non tu, Sosia. 
SOS. Ita di faciant, ut tu potius sis atque ego te ut verberem.       380 
Adèle à préparer en 1 heure

M. Etiam muttis? S. Iam tacebo. M. Quis tibi erust? S. Quem tu voles. 
MERC. Quid igitur? qui nunc vocare? SOS. Nemo nisi quem iusseris. 
MERC.
 Amphitruonis te esse aiebas Sosiam. SOS. Peccaveram, 

nam Amphitruonis ~socium ne me esse volui dicere. 
MERC. Scibam equidem nullum esse nobis nisi me servom Sosiam.   385 
fugit te ratio. SOS. Vtinam istuc pugni fecissent tui. 
MERC. Ego sum Sosia ille quem tu dudum esse aiebas mihi. 
SOS. Obsecro ut per pacem liceat te alloqui, ut ne vapulem. 
MERC. Immo indutiae parumper fiant, si quid vis loqui. 
SOS. Non loquar nisi pace facta, quando pugnis plus vales.        390 
MERC. Dic si quid vis, non nocebo. SOS. Tuae fide credo? MERC. Meae. 
SOS. Quid si falles? MERC. Tum Mercurius Sosiae iratus siet. 
SOS. Animum advorte. nunc licet mihi libere quidvis loqui. 
Amphitruonis ego sum servos Sosia. MERC. Etiam denuo? 
SOS. Pacem feci, foedus feci. vera dico. MERC. Vapula.        395 

SOS. Vt libet quid tibi libet fac, quoniam pugnis plus vales; 
verum, utut es facturus, hoc quidem hercle haud reticebo tamen. 158 mots
Pauline à préparer en une heure. 
MERC. Tu me vivos hodie numquam facies quin sim Sosia. 
SOS. Certe edepol tu me alienabis numquam quin noster siem; 
nec nobis praeter med alius quisquam est servos Sosia.            400 
[qui cum Amphitruone hinc una ieram in exercitum.] 
M. Hic homo sanus non est. S. Quod mihi praedicas vitium, id tibi est. 
quid, malum, non sum ego servos Amphitruonis Sosia? 
nonne hac noctu nostra navis <huc> ex portu Persico 
venit, quae me advexit? nonne me huc erus misit meus?    405 
nonne ego nunc sto ante aedes nostras? non mi est lanterna in manu? 
non loquor, non vigilo? nonne hic homo modo me pugnis contudit? 
fecit hercle, nam etiam misero nunc <mihi> malae dolent. 
quid igitur ego dubito, aut cur non intro eo in nostram domum?  110 mots

M. Quid, domum vostram? S. Ita enim vero. 

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