blog lca de la classe préparatoire littéraire d'enghien

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

GREC - Hypokhâgne › Option culture littéraire

GREC Option Séq.3 - Lucien Icaroménippe

Lucien   Icaroménippe

Bibliographie

Consulter le texte de l’Icaroménippe en ligne

- Le texte grec et sa traduction française sur remacle.org
http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Lucien/icaromenippe.htm

- Le texte de l’Icaroménippe en hypertexte sur Louvain
http://mercure.fltr.ucl.ac.be/Hodoi/concordances/lucien_icaromenippe/

Pour une biographie de Lucien

- Article de présentation rapide de l’Icaroménippe sur
http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=4&srid=4&ida=10934

- Présentation de Lucien et de son œuvre
http://bcs.fltr.ucl.ac.be/fe/08/Lucien.html

- Article :
Apport biographique, Lucien écrivain grec et syrien romanisé
http://www.clg-caillols.ac-aix-marseille.fr/spip/IMG/pdf/lune.pdf

- SCHWARTZ J.
Biographie de Lucien de Samosate
Bruxelles, 1965.

Pistes pour étudier l’Icaroménippe

- Mise en relation avec des thématiques de littérature moderne intéressante : http://agora.qc.ca/Documents/Univers--Les_potes_et_lunivers_par_Jean_Pierre_Luminet

- MUND Monique Cours de lecture de textes grecs – Université de Louvains
http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/itinera/enseignement/GLOR1140/default_new.htm


Monographies, mémoires et articles sur Lucien et ses œuvres

- Collectif
Compte-rendu du Colloque de Dijon – 25-26 Octobre 2001
Voyageurs et antiquité classique
http://stimulus.u-bourgogne.fr/C001/303.htm


- BILLAULT Alain
Lucien et Aristophane. A propos de l'"Icaroménippe"
Philologia. Mélanges offerts à Michel Casevitz  
2006,  p. 260-267

- BILLAULT Alain, BUISSON André
Centre d'études romaines et gallo-romaines. (Lyon). 
Lucien de Samosate - Actes du colloque international de Lyon organisé au Centre d'études romaines et gallo-romaines, les 30 septembre-1er octobre 1993
1994 

- BOMPAIRE (J.), Lucien écrivain: imitation et création,
Paris, 1958 ; rééd. Paris, 2000.

- BOMPAIRE (J.)
« Comment lire les Histoires vraies de Lucien? »
dans Hommage à Henri Le Bonniec. Res Sacrae,

éd. D. PORTE & J.-P. NERAUDAU, Bruxelles, 1988 (Collection Latomus), pp.31-39.

- BOUVIER David, CALAME Claude
Philosophes et historiens anciens face aux mythes
Lausanne . Université de Lausanne, 1998

- DESCLOS Marie-Laurence
Le Rire des Grecs : anthropologie du rire en Grèce ancienne
Grenoble, Editions J. Million, 2000  

- GUILLAUMONT François
« Lucien et la divination »
In. Caesarodunum (Caesarodunum / Institut d'études latines de la Faculté des lettres et sciences humaines d'Orléans-Tours, Centre de recherches A. Piganiol - Tours)  
1996, suppl. 65, pp. 13-25 

- JACOB (C.)
« Dédale Géographe. Regard et voyages aériens en Grèce »
In Lalies, 3 ; 1984 ; pp.147-164.

- JACOB (C.)
« Récit de voyage et description »
In Lalies, 1 (1980), pp.131-141. 

- JACOB (C.)
« De l'art de compiler à la fabrication du merveil­leux. Sur la paradoxographie grecque »
In Lalies, 2(1983), pp.121-140.

- JOUANNO Corinne
Mythe et allégorie dans l’œuvre de Lucien
Université de Caen
http://www.unicaen.fr/puc/ecrire/revues/kentron/kentron24/k2411jouanno.pdf 

- JOUIN Patrick
Lucien et les langues,
Thèse de doctorat préparée sous la direction de M. le Professeur René Hodot. Université de Nancy.
http://cyberdoc.univ-nancy2.fr/htdocs/docs_ouvert/doc221/2005NAN21033_2.pdf 

- KARAVAS Orestis
Lucien de Samosate et la poésie hellénistique
Quaderni Urbinati di Cultura classica, 2008,  Vol. 117, p. 109-117
Roma : Serra 

- LACROIX (L.)
« Pays légendaires et transferts miraculeux dans les traditions de la Grèce ancienne »
In Bulletin de la classe des Lettres de l'Académie Royale de Belgique, 69(1973), pp.72-106. 

- PALAZZO Alexandra
Les cyniques chez les Lucien
SI. 1997

- PETRISOR (CURSARU) Gabriela
Structures spatiales dans la pensée religieuse grecque de l’époque archaïque. La représentation de quelques espaces insondables: l’éther, l’air, l’abîme marin. Département d’Histoire, Faculté des arts et des sciences, Université de Montréal.
https://papyrus.bib.umontreal.ca/jspui/bitstream/1866/3275/2/Petrisor_Gabriela_2009_th%C3%A8se.pdf

- PICOT Jean–Claude (Longpont sur Orge, France)
Empédocle pouvait-il faire de la lune le séjour des bienheureux ?
ORGANON 37(40) ; 2008
http://www.ihnpan.waw.pl/redakcje/organon/37/1picot.pdf

- PRAZ Emmanuelle
La Parodie d’Homère dans l’Icaroménippe de Lucien
Université de Genève – Département des sciences de l’Antiquité, 1987, 86 p.

- PREAUX (C.)
La lune dans la pensée grecque,
Bruxelles, Palais des Académies, 1973, particulièrement pp.178-185. 

- REARDON (B.P.)
Courants littéraires grecs des IIe et IIIe s. ap. J.C.
Paris, 1971.

- REARDON (B.P.)
« Lucien et la fiction »
In Actes du Colloque Lucien de Samosate, Lyon, 1994 (1993), pp. 

- ROUSSEL Monique
Les voyages extra-terrestres chez Lucien.
in Compte-rendu du Colloque de Dijon – 25-26 Octobre 2001
Voyageurs et antiquité classique
http://stimulus.u-bourgogne.fr/C001/303.htm p.4 

- VAN MAL MAEDER (D.)
« Les détournements homériques dans l’Histoire vraie de Lucien : le rapatriement d’une tradition littéraire »
In Etudes de lettres, Lausanne, 1992, 2, pp.123-146.

 

Les Histoires extraordinaires de Lucien et son influence sur la littérature française et européenne

-Ciel et espace - Hors série 
La lune entre exploration et voyages imaginaires
http://www.clg-caillols.ac-aix-marseille.fr/spip/IMG/pdf/lune.pdf 

- BOZZETTO Roger  
De Verne à Heinlein
http://revel.unice.fr/symposia/scetfictions/index.html?id=274#tocto1n1 

- CORREARD Nicolas
La vérité au fond du puits :  les variations du genre ménippéen et lucianesque dans le Tiers Livre, Don Quichotte et Tristram Shandy
Université Paris 7  - C.L.A.M.
Influence de Lucien sur la littérature du XVIè et XVIIè
http://www.univ-paris-diderot.fr/DocumentsFCK/clam/File/Verite_fond_puits.pdf 

- DUCOS M.
« Un voyage dans la Lune au XVIIe siècle: "Le songe" de Kepler »
In BAGB, (mars 1985), pp.63-72.

- HOLTZ Grégoire, MAUS DE ROLLEY Thibaut
Voyager avec le diable – Voyages réels, voyages imaginaires et discours démonologiques (XVè-XVVè siècles)
PUPS,  2008

- LE FLOC'H Justine
« Lucien et l'histoire. Entre historia et fabula : réflexion sur la genèse des genres »
Lurens
Séminaire de Mireille Huchon « Poétique et rhétorique à la Renaissance » 2010-2011
[en ligne], mai 2011, www.lurens.ens.fr/travaux/de-l-antiquite-a-la-modernite/article/lucien-et-l-histoire

- LAUVERGNAT-GAGNIERE Christiane
Lucien de Samosate et le lucianisme : en France au XVIème siècle  
Librairie Droz, 1988

- LAUVERGNAT-GAGNIERE Christiane
"Rabelais lecteur de Lucien de Samosate"
In Cahiers de l'Association internationale des études francaises, 1978, N°30. pp. 71-86.
doi : 10.3406/caief.1978.1162
url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/caief_0571-5865_1978_num_30_1_1162

- LUMINET Jean-Pierre
Autour du « Songe » de Kepler
Laboratoire Univers et Théories
Observatoire de Paris-CNRS- Université Paris Diderot (France)
email : jean-pierre.luminet@obspm.fr
June, 15, 2011
http://arxiv.org/ftp/arxiv/papers/1106/1106.3639.pdf 

- MAGNARD Pierre
Marsile Ficin Les platonismes à la Renaissance
VRIN, Collection philologie et mercure.

- MARCH Florence
Farce, satire et science dans “The Emperor of the Moon” (1687) d'Aphra Behn
Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse
http://revue.etudes-episteme.org/IMG/pdf/ee_10_art_march.pdf 

- MENINI Romain
Le dernier mot du Pantagruel : Rabelais à Maupertuis
Résumé : L’article se donne pour but de relire à nouveaux frais les dernières lignes de l’ultime chapitre du Pantagruel, significativement amplifié dans l’édition François Juste de 1534.  Lamentation finale — et quelque peu sibylline — de « gens qui regardent par un partuys », dont le lecteur aurait à se méfier sur les conseils de « l’auteur », retient l’attention d’un développement qui sonde les occurrences du mot pertuis-partuis dans le premier volet de la chronique rabelaisienne. Plusieurs rapprochements intra- et intertextuels (le Roman de Renart, Lucien de Samosate) tentent d’éclairer ces ultima verba ayant défié la sagacité des éditeurs et commentateurs successifs du texte.
http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RHLF_093_0515

- RABAU Sophie
« Pourquoi dit-on que Lucien est un auteur de Science-Fiction »
http://www.mshs.univ-poitiers.fr/Forell/web/docannexe.php?id=297 

- VERGER Fernand
Géographie de voyages cosmiques imaginaires et imaginés
Ecole Normale Supérieure (ENS)
http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/14439/HERMES_2002_34_37.pdf;jsessionid=1BD49D8FFE2EAE24F80CDA288D37B024?sequence=1

- ZUBER (R.)
Les "Belles Infidèles" et la formation du goût classique. Perrot d'Ablancourt et Guez de Balzac
Paris, 1968.

 

Pistes pour constituer la bibliographie

- Lien pour une recherche bibliographique sur DAPHNE
http://www.daphne.cnrs.fr/daphne/searchResults.html?searchQuery.keywordQuery.allKeyword=%22lucien+de+samosate%22&searchQuery.fullText=true

- Bibliographie proposée par Monique MUND
Université de Louvain
http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/itinera/enseignement/GLOR1140/default_new.htm

 

 

 

GREC Option Séq.2 - Sophocle Antigone - Etude thématique "De la loi des hommes, de la loi des dieux"

Sophocle Antigone

De la loi des hommes et de la loi des dieux.

Je vous propose de faire une  étude de la manière dont Sophocle pose la question du droit et de la justice dans Antigone en vous appuyant sur une analyse lexicale des champs sémantiques du droit et du pouvoir d’une part, du religieux d’autre part.

Organisation du travail dans le temps
- étape intermédiaire :  les étapes 1,2 et 3 doivent être réalisées et rendues par le biais du mail  pour le 17 février.
Je ferai ainsi une évaluation intermédiaire et interviendrait éventuellement dans vos choix, dans la présentation du champ lexical, dans les critères retenus.
- étape finale : le travail doit être finalisé et rendu le lundi 12 Mars.

Pensez à revenir vers moi au fur et à mesure de votre analyse par le biais du mail de façon à ce que je puisse vous guider. C’est la condition d’un travail approfondi.

Première étape 
Constituer à l’aide des dictionnaire et dictionnaire de synonymes un champ lexical qui va servir de base de départ :

Yann
 : champ sémantique du droit et du pouvoir
loi, pouvoir, droit, justice, juste, devoir, obligation ; commander, diriger, ordonner ;  etc…
δίκαιος,α,ονjuste – τδίκαιον le droit, ce qui est juste - δίκη, ης la justice / δίκαν - δικάζω juger
ἄνηρhomme (opposé aux dieux) mais en même temps vous noterez que souvent c’est ἄνηρ qui est employé et non ἄνθρωπος ; à réfléchir ! - νόμος.


Adèle : champ sémantique du religieux
dieux, lois divines, devoirs, honneur, honorer, vénérer, deuil, funérailles, libations, rituel…

Deuxième étape 
- Se rendre à l’adresse 
http://remacle.org/bloodwolf/tragediens/sophocle/Antigone.htm (1ère partie)
http://remacle.org/bloodwolf/tragediens/sophocle/Antigone1.htm (2ème partie)
où est éditée en bilingue l’Antigone  de Sophocle.

- Se constituer le corpus d’occurrences et d’extraits sur lesquels vous allez pouvoir travailler
Vous aider pour la recherche de l’outil « recherche » soit ctrl F soit onglet en haut à droit « recherche » ou encore icône clef à molette.
Dans la fenêtre qui s’ouvre, entrer le terme recherché. N.B. faire la recherche en français dans le texte français et en grec dans le texte grec. Les résultats pourront être complémentaires. Et au final, c’est bien une étude du texte et du lexique grecs qui nous intéresse.


Troisième étape 
Etablir le corpus de termes sur lesquels vous travaillez. En partant des termes de base et en trouvant des citations et passages dans le texte, cela vous conduira à d’autres termes employés dans le texte qui viendront enrichir le champ lexical. Faites en une présentation organisée. A vous de choisir les critères les plus appropriés.

 

Quatrième étape 

Recenser tous les extraits qui présentent à la fois le lexique et les idées qui vont vous permettre d’analyser ce que Sophocle dit du pouvoir, de la loi humaine, des devoirs d’obéissance qui incombent aux hommes d’une part (Yann), et d’autre part (Adèle)  la manière dont est décrit le culte aux morts, dont s’exprime le devoir d’honorer les dieux, comment s’impose la loi des dieux, en quoi elle l’emporte sur celles de la cité.

Les étudier et analyser ce que cela apporte à la présentation du pouvoir et des lois dans la cité d’une part et d’autre part comment est présenté le culte aux dieux, le sentiment religieux, le rapport des hommes aux dieux.
 

Cinquième étape 

Elaborer le discours et rédiger votre travail. A publier dans un nouveau billet sur le blog :

Titre du billet 

Pour Yann : GREC Option Séq.2 - Sophocle Antigone -  Droit et pouvoir dans la cité
Pour Adèle : GREC Option Séq.2 - Sophocle Antigone -  Devoir religieux et lois divines
Dernier délai Dimanche 11 Mars.

 

GREC Option Séq.2 - Sophocle Antigone Extrait 3

Quatrième épisode - Choryphée, Antigone

Consignes 

Pour le 13 Février

Mettre votre travail en ligne sur le blog, dans ce même billet.


 Adèle 
- Vous pouvez vous aider de la traduction pour entrer dans le texte grec.

- Faire la construction du texte grec.

- Reprendre au fur et à mesure la traduction proposée de façon à mieux rendre compte de la structure du texte

Yann
- Proposer un plan détaillé pour l’analyse thématique du passage.


Ἀντιγόνη

ὁρᾶτ᾽ἔμ᾽γᾶςπατρίαςπολῖταιτὰννεάτανὁδὸν
στείχουσαννέατονδὲφέγγοςλεύσσουσανἀελίου,
κοὔποτ᾽αὖθιςἀλλάμ᾽παγκοίταςἍιδαςζῶσανἄγει810
τὰνἈχέροντος
ἀκτάνοὔθ᾽ὑμεναίωνἔγκληρονοὔτ᾽ἐπινύμφειός
πώμέτιςὕμνοςὕμνησενἀλλ᾽Ἀχέροντινυμφεύσω.815



Χορός
οὐκοῦνκλεινὴκαὶἔπαινονἔχουσ᾽
ἐςτόδ᾽ἀπέρχεικεῦθοςνεκύων,
οὔτεφθινάσινπληγεῖσανόσοις
οὔτεξιφέωνἐπίχειραλαχοῦσ᾽,820
ἀλλ᾽αὐτόνομοςζῶσαμόνηδὴ
θνητῶνἍιδηνκαταβήσει.


Ἀντιγόνη
ἤκουσαδὴλυγρότατονὀλέσθαιτὰνΦρυγίανξέναν
ΤαντάλουΣιπύλῳπρὸςἄκρῳτὰνκισσὸςὡςἀτενὴς825
πετραίαβλάσταδάμασενκαίνινὄμβροιτακομέναν,
ὡςφάτιςἀνδρῶν,
χιώντ᾽οὐδαμὰλείπειτέγγειδ᾽ὑπ᾽ὀφρύσιπαγκλαύτοις830
δειράδας·   μεδαίμωνὁμοιοτάτανκατευνάζει.





Χορός
ἀλλὰθεόςτοικαὶθεογεννής,
ἡμεῖςδὲβροτοὶκαὶθνητογενεῖς.835
καίτοιφθιμένῃμέγακἀκοῦσαι
τοῖςἰσοθέοιςσύγκληραλαχεῖν.
ζῶσανκαὶἔπειταθανοῦσαν.


Ἀντιγόνη
οἴμοιγελῶμαιτίμεπρὸςθεῶνπατρῴων.
οὐκοἰχομένανὑβρίζειςἀλλ᾽ἐπίφαντον;840
πόλιςπόλεωςπολυκτήμονεςἄνδρες·
ἰὼΔιρκαῖαικρῆναι
Θήβαςτ᾽εὐαρμάτουἄλσος,ἔμπαςξυμμάρτυραςὔμμ᾽ἐπικτῶμαι,845
οἵαφίλωνἄκλαυτοςοἵοιςνόμοις
πρὸςἕργματυμβόχωστονἔρχομαιτάφουποταινίου·
ἰὼδύστανοςβροτοῖςοὔτενεκροῖςκυροῦσα850
μέτοικοςοὐζῶσινοὐθανοῦσιν.

ANTIGONE.
Strophe II.

Voyez-moi, ô citoyens de la terre de ma patrie, faisant mon dernier chemin et regardant le dernier éclat du jour pour ne plus jamais le regarder ! Hadès, qui ensevelit tout, m'emmène vivante vers l'Achéron, sans que j'aie connu les noces, sans que l'hymne nuptial m'ait chantée, car j'épouserai l'Achéron.

LE CORYPHÉE.

- Ainsi, illustre et louée, tu vas dans les retraites des Morts, non consumée par les flétrissures des maladies, non livrée comme un butin de guerre ; mais, seule entre les mortels, libre et vivante, tu descends chez Hadès.

ANTIGONE.
Antistrophe II.

Certes, j'ai entendu dire que la Phrygienne étrangère, fille de Tantale, est morte très-malheureuse au sommet du Sipyle où l'accroissement de la pierre l'enveloppa, l'ayant étreinte rigidement comme un lierre. Ni les pluies, ni jamais les neiges ne l'abandonnent tandis qu'elle se fond, et toujours elle trempe son cou des larmes de ses yeux. Un Démon va m'endormir comme elle.

LE CORYPHÉE.

- Mais celle-ci était Déesse et issue d'une race divine, et nous sommes mortels et issus d'une race mortelle ; mais il est glorieux, pour qui va mourir, de subir une destinée semblable à celle des Dieux.

ANTIGONE.
Strophe II.

Hélas ! on se rit de moi. Par les Dieux de la patrie ! pourquoi m'accabler d'outrages, n'étant point morte encore et sous vos yeux ? Ô Ville, ô très-riches citoyens de la Ville, ô sources de Dircé, ô bois sacrés de Thèbe aux beaux chars, je vous atteste tous à la fois. Telle, non pleurée par mes amis, frappée par une loi inique, je vais vers cette prison sépulcrale qui sera mon tombeau. Hélas ! malheureuse ! je n'habiterai ni parmi les vivants, ni parmi les morts !

GREC Option Séq.1 - Homère Iliade XV - Synthèse rédigée

La représentation du pouvoir et des dieux
dans le chapitre XV de l'Iliade

 Travail collaboratif d'Adèle (Khâgne) et de Yann (Hypokhâgne).

I. Le monde des dieux dans l'Iliade : un monde hiérarchisé


1. Chaque dieu semble avoir au monde des dieux et dans le combat qui oppose Troyens et Achéens son rôle, sa fonction.

rôles et fonctions des dieux tels que représentés dans le texte : en quoi cela prédispose-t-il de la place des dieux dans la hiérarchie ?

- attributs

Développer la présentation des dieux en faisant un recensement plus général à travers le chant XV des attributs des dieux.
 

2. Etude de la représentation de Zeus et la manière dont se manifeste sa place au haut de la hiérarchie divine.

               Le monde des dieux est un monde où Zeus tient la première place.  Il  incarne la force et la toute puissance et se situe par suite au sommet de la hiérarchie divine. On peut tout d'abord observer que les épiclèses attribuées à Zeus par Homère confirment cette idée. En effet, il est, au vers 131, "Le Maître De l'Olympe" et est donc, par ses attributs, d'emblée considéré comme le chef suprême. 

Cette puissance inspire la crainte chez les autres dieux. Ainsi, lorsque certains d'entre eux décident d'aller à l'encontre de ses décisions, le souvenir de ses châtiments leur est rapidement rappelé. C'est le cas par exemple aux vers 135-136-137, lorsque Athéna, afin de dissuader Arès de venger son fils, lui dit ces mots "Car aussitôt Jupiter abandonnera les magnanimes Troyens et les Achéens, et viendra dans l'Olympe jeter le trouble au milieu de nous ; il nous saisira tour à tour, les coupables comme les innocents." Et alors, Arès dépose aussitôt ses armes. On remarque ici, à travers cet exemple, que n'étant pas présent physiquement au moment de l'action, Zeus inspire tout de la crainte. En effet, par peur de représailles, on voit ici que le dieu de la guerre décide sagement de ne pas aller à l'encontre des décisions du "maître de l'Olympe". Ceci montre bien la crainte qu'inspire Zeus et de plus ici, dans cet exemple, il n'est pas présent matériellement et pourtant le dieu de la guerre se ressaisit tout de même sous les paroles d'Athéna. A améliorer

  Zeus peut tout aussi bien, lorsque qu'il est en colère, rappeler lui-même le souvenir de ses châtiments passés ; ceci afin de confirmer personnellement son pouvoir. On peut le voir par exemple au début du chant XV et plus précisément au vers 20. Il rappelle en effet à sa femme, Héra - qui a profité du fait qu'il dormait pour affaiblir Hector et donner l'avantage aux Achéens - le châtiment qu'il lui avait infligé : "Ne te souvient-il plus du jour où je te suspendis du haut des airs, avec deux enclumes à tes pieds, et où j'attachai tes mains avec des liens d'or indestructibles ?" Il lui rappelle donc ce qui est, pour elle, un mauvais souvenir. C'est un moyen pour Zeus d'être craint et, par conséquent d'être respecté, par Héra ; en effet, elle en garde un si mauvais souvenir qu'elle ne voudrait pas revivre ce moment. Ainsi, elle se montre docile sous la menace de Zeus. C'est clairement une menace, et l'on peut le voir au vers 30 : "Je te rappelle ces circonstances afin que tu renonces à tes artifices".  On peut comprendre que "le maître de l'Olympe" sous-entend le fait qu'il n'hésiterait pas à lui infliger de nouveau ce châtiment terrible, si elle continuait à agir à l'encontre de sa volonté. 

  Et une centaine de vers plus loin, au vers 104, Héra a tiré une leçon de son échec précédent : "insensés que nous sommes, d'aller follement nous irriter contre Jupiter." Si l'on considère le participe "insensés" et l'adverbe "follement" qui se rapportent tout deux au champ lexical de la folie, on comprend que selon Héra, il faut être totalement fou - c'est à dire perdre la notion de réalité - pour se mesurer à Zeus.

 

               Zeus, par la démonstration de sa force se maintient au sommet de la hiérarchie divine et le souvenir de ces colères reste dans les mémoires, dissuadant par conséquent les autres dieux de toute tentative pour le contredire. Et parallèlement, ses excès de colère font apparaître Zeus comme terriblement humain. 

 

  

3. Zeus : son portrait ; comment se manifeste son pouvoir // sentiments violence colère.... Comme justification de sa toute puissance

 
               Par ses colères, sa puissance, sa force et la crainte qu'il inspire chez les autres dieux, Zeus apparaît comme un régent autoritaire, capricieux et sans pitié. 
 
                  En effet, en reprenant l'exemple précédent lorsque Athénas aux vers 135, 136, 137 dit en parlant de lui "il nous saisira tour à tour, les coupables comme les innocents", on s'aperçoit en observant la comparaison qui rassemble deux termes antagonistes que sont "coupables" et "innocents" que lorsque Zeus et contrarié et pris de colère il ne fait plus de distinction entre les individus et n'hésite pas à tous les châtier. Il est sans pitié mais surtout incontrôlable. Comme si, sous l'effet de la colère, il devenait fou ; fou de rage. On peut alors déceler chez lui, ainsi que chez les autres dieux, un aspect anthropomorphique, terriblement humain. 
                 Ces excès de colères irraisonnés montre des dieux d'abord soumis aux passions, à l'image des hommes. Par exemple, au vers 43, Héra dit de Poséidon, qu' "il n'a cédé qu'à l'impulsion de son coeur: car il fut touché de voir les Achéens périr auprès de leur vaisseaux." Le dieu des océans, et c'est aussi valable chez les autres dieux, et un être doué de sensibilité, d’empathie. Mais ce qui les rapproche les plus des hommes est le fait qu'ils "cèdent", pour reprendre le terme de la précèdente citation, à leur passions. Ici Poséidon ne raisonne plus car en étant touché par les Achéens et en leur apportant son aide, il oublie qu'en faisant ainsi il va à l'encontre de la volonté du dieu tout puissant. 
                 De plus, et ce qui accentue leur représentation anthropomorphique dans L'illiade, ces dieux, en plus d'être dotés de sensibilité, ont également des comportements tout à fait humains. Ainsi, au début du chant XV, on voit Zeus, symbole de la toute puissance divine, se reposer. "Jupiter, qui reposait dans les bras de Junon au trône d'or, s'éveille sur le sommet de l'Ida" (vers5, 6, 7). Ces divinités grecques ont donc elles aussi besoin de sommeil. Elles sont soumises à la fatigue. 
   
                 Par un caractère qui semble se rapprocher des hommes, les dieux, tout comme dans une société humaine, sont sujets à des querelles entre eux. Il se créent alors des rivalités et des rapports de force au sein de la société divine qui se répercutent sur le monde des hommes. 



II. Rivalités et rapports de force

1. Le pouvoir de Zeus contesté

                              Cette suprématie de Zeus soulève quelques protestations parmi les dieux. Certains récriminent il faudrait préciser de qui il s’agit et donner un ou deux exemples, mais ne se lancent dans aucune action qui puisse être contraire à la volonté du souverain, alors que d'autres affrontent Zeus et revendiquent par là-même d'être à égalité avec le dieu des dieux. Il y a principalement deux opposants : Héra et Poséidon – Arès tentant de contester sous le coup de la douleur mais se rangeant face à la raison incarnée par Athéna.
               On retrouve l'opposition d'Héra dès le début du chant XV. Celle-ci a profité du sommeil de Zeus pour intervenir dans la bataille en faveur des Achéens. Cependant, lorsque Zeus se met en colère (vers 14), Héra ne conteste pas et se soumet sans discuter à la volonté de son mari. On remarque tout de même qu'elle cherche à se dédouaner et qu'elle n'assume pas pleinement la volonté qu'elle a de se rebeller contre Zeus. Appuyez-vous au moins sur une citation du texte. Expliquez en quoi elle cherche à se débarrasser de toute responsabilité en la matière. Comparez son discours à ce que l’on apprend de sa ruse et de ses desseins dans la fin du chant XIV.
              
L'autre figure du rebelle à l'autorité suprême dans le chapitre XV est Poséidon, l’« Ébranleur des terres ». Leur rivalité tient au fait que Poséidon est jaloux de son frère aîné. Il n'accepte pas de se soumettre à son frère, car le pouvoir absolu de ce dernier lui semble illégitime. Ils sont trois frères – avec Hadès qui n'apparaît pas ici – et selon lui, la justice voudrait qu’ils partagent ce pouvoir, qui, somme toute, est héréditaire.

                              La généalogie des dieux apporte des renseignements précieux quant à ce qui concerne les relations entre eux. lourd.
               En effet, une partie des affinités particulières de Zeus s'explique par le fait que la personne qu'il investi d'une mission spécifique ou qu'il protège est l'un de ses enfants. La communication de Zeus avec les autres dieux ne se fait quasi que par dieux interposés. Zeus utilise des messagers pour transmettre ses ordres.
Ainsi, Iris, qui est la fille de Zeus, tient le rôle de messagère de dieux. C'est elle qui est chargée de transmettre à Poséidon l'ordre de se retirer de la bataille sous peine de représailles. On note d'ailleurs, comme le dit Poséidon lui même, qu'Iris est un sage messager (αγγελος αισιμα). Elle sait que la réponse pleine de colère que le dieu des mers fait dans un premier temps au message de Zeus pourrait avoir de fâcheuses conséquences. Aussi demande-t-elle avec bon sens si c'est vraiment là ce qu'elle doit rapporter à Zeus, de manière à ramener Poséidon à la raison. Vous appuyer mieux sur le texte.
Apollon, fils de Zeus également, est investi, pour sa part, de missions très spécifiques. Il reçoit en quelque sorte le titre de chef de guerre. Alors que Zeus ordonne à tous les dieux de se retirer du conflit entre Achéens et Troyens, Apollon est envoyé dans la bataille pour permettre aux Troyens en déroute de reprendre le dessus. Zeus va même jusqu'à lui confier l'égide et lui ordonner de se battre aux côtés d'Hector. C'est d'ailleurs auprès de celui-ci qu'il envoie d'abord Apollon. Ce dernier doit jouer le rôle de consolateur et rendre ses forces au héros abattu.
               Par contre pas très heureux : en revanche, les rapports entre frères et sœurs provoquent souvent des jalousies. Le cas qui nous intéresse ici est celui de Zeus et deses deux frères, Poséidon et Hadès. Un partage du monde a été effectué entre les trois dieux ; Zeus reçoit l'éther, Poséidon les océans et Hadès les souterrains, c'est-à-dire les royaumes infernaux. Zeus étant l'aîné, c'est lui qui garde le pouvoir sur les dieux.
Cependant ce partage ne laisse pas Poséidon satisfait. Cette jalousie de Poséidon s'exprime tout d'abord par le fait que celui ci désobéit délibérément à son frère en allant combattre aux côtés des Achéens. Une citation ?

2. Le logos, lieu des rivalités

                              La guerre source que mènent les dieux les uns contre les autres transparaît tout particulièrement dans le logos.
               Ainsi, l’opposition de Poséidon à son frère, Zeus, transparaît également dans le logos.Il est ainsi intéressant d'examiner la réponse que Poséidon fait à Iris qui vient lui porter le message de Zeus. On observe deux temps dans son discours. D'abord, il se met en colère et laisse éclater toute sa rancune contre Zeus qu'il qualifie d'arrogant, d'orgueilleux (υπεροπλον). Il reconnaît ensuite que son frère possède la force (il est κρατερος), mais que ce n'est pas une raison suffisante pour imposer arbitrairement et despotiquement sa volonté à tous. Ce pouvoir arbitraire, on l'a dit plus haut, Poséidon le considère comme illégitime. Il justifie sa pensée en rappelant ses liens de parenté avec le dieu des dieux. Zeus, Poséidon et Hadès pouvant, à égalité, revendiquer un pouvoir sur le monde, ils l'ont partagé entre eux par tirage au sort. Chacun a reçu son royaume et ce qu'il reste, c'est-à-dire la terre, appartient à tous les trois. Poséidon devrait donc avoir sur terre la liberté d'agir comme il l'entend. C'est en cela que l'injonction de Zeus de quitter le combat sur le sol lui paraît particulièrement injuste, et c'est pour cette raison qu'il se révolte. La fin de son discours, juste avant l'intervention d'Iris, peut sembler dans une certaine mesure puérile. En effet, il n'accepte pas de recevoir d'ordre de son frère et lui conseille plutôt de s'occuper de ses enfants. Cette dernière phrase rappelle les disputes entre frères et sœurs en bas âge.  Une bonne synthèse mais qui gagnerait à être illustrée par des citations du texte grec.
              
Puis, Iris intervient et le met en garde contre les Érinyes, déesses vengeresses mais également chargées de veiller au respect du droit d'aînesse. Poséidon prend alors la mesure de ce qu'il risque à s'opposer ainsi à son frère. Il reconnaît donc que la messagère, fille de Zeus, a raison. Il tient pourtant à l'idée qu'il est traité injustement, alors qu'il est, il le dit lui-même, l'égal de Zeus grec. Il s'incline donc devant la volonté du porteur de l'égide, non sans une dernière menace. Il sait qu'il a des dieux influents dans son camp – il cite Athéna, Héra, Hermès et Héphaïstos – et que Zeus est obligé d'en tenir compte. Si malgré cela, Zeus décidait d'une victoire des Troyens, Poséidon dit que ce serait entre eux « une inguérissable rancune » (ανηκεστος χολος). Étant donné que Poséidon garde déjà un ressentiment assez profond contre Zeus, on peut voir là plutôt une menace de déclaration de guerre ouverte. Oui, qu’en conclure pour le pouvoir de Zeus ?

                              D'autre part, le logos exprime également assez bien la rivalité qu'il y a entre Zeus et Héra.     Dans la querelle entre les deux époux qui ouvre le chapitre XV, Zeus commence par insulter Héra ; il l'appelle μαλα κακοτεχνος, αμηχανε Ηρη (''voilà tes ruses méchantes, intraitable Héra'' trad Mazon). Puis, son discours prend un tour particulièrement violent avec la menace de la rouer de coups pour la punir. Il prouve qu'il en est capable en rappelant ce qu'il lui a déjà fait lors de la guerre des dieux. Voulant une fois de plus trahir son mari, Héra s'était retrouvée suspendue au milieu du ciel avec des enclumes aux pieds. Zeus montre là toute la violence dont il est capable, non seulement envers sa femme mais aussi envers quiconque tenterait de contourner ses ordres.
               Le dieu des dieux montre de plus qu'il n'est pas dupe et qu'il a tout à fait conscience qu'Héra use fréquemment de la ruse pour le tromper. Il va même jusqu'à l'accuser de l'avoir épousé pour le tromper. Face à ce discours menaçant, Héra courbe l'échine et jure par le Styx – elle fait donc le serment sacré – que ce n'est pas sa faute si les Troyens sont en déroute. Ces quelques paroles apaisent Zeus qui donne encore une fois à voir son autorité en lui ordonnant de lui envoyer Iris et Apollon. On remarque donc qu'il a le dernier mot et qu'Héra pourtant si rusée ne peut pas se mesurer de front avec son mari ; c'est pour cela qu'elle emploie des moyens détournés.

 3. Sentiments et expression de la rivalité

                              L'étude de la manifestation des sentiments dans le chapitre XV est également révélatrice des rapports de force qui se jouent entre les dieux. On voit surtout apparaître la colère, la pitié, la crainte et la douleur.

                              Dans l'ordre du texte, on observe d'abord la pitié de Zeus pour les Troyens terrassés. C'est cette pitié qui va entraîner sa colère contre Héra qui, de toute évidence, n'a pas obéi à ses ordres et a profité de son statut de femme du roi des dieux pour le berner. On remarque d'ailleurs que personne ou presque ne résiste à la colère de Zeus. Celui-ci est tellement puissant et a déjà tellement de fois montré quelles punitions il pouvait inventer, que tous se rangent devant sa colère une autre expression serait peut-être meilleureet ne combattent pas face à face avec lui.
               La colère d'Héra contre son mari n'éclate que lorsque ce dernier n'est plus là. C'est au moment où elle rejoint les autres dieux de l'Olympe qui, à l'évidence, partagent son avis sur l'autorité abusive de Zeus, qu'elle peut s'exprimer et récriminer contre le dieu des dieux. Elle souligne son manque de scrupule, son orgueil et son manque évident d'intérêt pour l'avis des autres dieux. Cependant, il est le plus fort, alors tous ne peuvent qu'obéir et se taire. Appuyez-vous sur les termes utilisés, les champs lexicaux et structures qui permettent l’expression des sentiments.
              
Arès, qui vient de perdre son fils dans la bataille, montre pour sa part plus de douleur que de colère prouvez-le par le texte, même si on peut quand même retrouver ce sentiment dans la volonté de se jeter à tête baisser incorrect : tête baisséedans le combat dans l'espoir de se venger citation ?. Pourtant, cette douleur aveugle qui le pousserait jusqu'à désobéir à un ordre de Zeus ne résiste pas à la raison incarnée par Athéna. On comprend donc que la crainte de Zeus arrête même ici les sentiments les plus incontrôlables et impulsifs.
              
Poséidon montre, de la même manière qu'Héra, de la colère contre ce qu'il perçoit comme les abus de pouvoir de Zeus. Cette colère est teintée de jalousie, et si l'Ébranleur des terres finit par se rétracter et se plier à la volonté de Zeus, sa colère ne le quitte pas. Appuyez-vous sur le texte !

                              On peut donc dire que si chez Zeus, la colère est un signe de puissance et un moyen de se faire obéir, elle est, chez Héra et Poséidon, un signe de révolte impuissante.

 

III. Fonctions et symbolique des rivalités des dieux

 1. L’impact des dieux sur le monde des hommes

                              On remarque que la guerre de Troie trouve son origine dans les rivalités entre les dieux. En effet, le conflit part de l'histoire de la pomme d'or adressée à la plus belle des déesses. Dans le chapitre XV, on note que l'action des dieux a des conséquences directes sur la tournure que prend la bataille entre Troyens et Achéens.

                              Les affrontements entre les hommes suivent la logique des affrontements entre les dieux de l'Olympe. On n’est d'ailleurs pas ou peu surpris de voir ceux-ci intervenir dans la guerre étant donné qu'ils vivent et agissent comme des hommes.
Cet anthropomorphisme se retrouve entre autres dans le fait que les dieux ont des enfants dans la bataille. Les uns sont donc liés au sort des autres et c'est le même sentiment qui pousse une mère ou un père humain à protéger ses enfants qui va pousser les dieux à agir sur le cours des événements. Ainsi, si Aphrodite se range dans le camp des Troyens, c'est parce que son fils Énée est Troyen  un passage rappelant la filiation, des épiclèses, un portrait d’Enée. La colère d'Arès qui tente de se lancer dans la bataille mais qui est arrêtée par Athéna est également provoquée par un sentiment très humain : il s'agit de la douleur d'avoir perdu son fils nom ? une citation.
L'intervention des dieux dans la guerre entre les hommes peut aussi trouver sa motivation dans la vengeance ou le désir de nuire à un autre dieu ou encore dans la jalousie. L'exemple d'Héra est significatif : si elle a agi en faveur des Achéens – on en voit le résultat au début du chant XV quand Zeus se réveille et contemple le champ de bataille –, c'est parce qu'elle cherche la moindre occasion pour contrarier Zeus et ses projets. De plus, dans sa colère, le père des hommes et des dieux rappelle un épisode où Héra était intervenue dans le monde des hommes sous le coup de la jalousie. Par jalousie, elle avait comploté avec les vents contre Héraklès, fils illégitime de Zeus et par conséquent poursuivi par la colère de l'épouse de ce dernier. Les conflits entre Zeus et Héra, pour quel sujet que ce soit, prennent alors rapidement des airs de scène de ménage.
Les oppositions fraternelles de jalousie ou plus particulièrement la jalousie de Poséidon vis-à-vis de Zeus explique aussi l'intervention de l'Ébranleur des terres dans la bataille, en faveur des Achéens. En effet, celui-ci n'accepte pas la suprématie de son frère sur les dieux. Il manifeste donc son mécontentement en lui tenant tête, donc en allant se battre lui-même aux côtés des Achéens.
On peut alors presque dire que les dieux jouent leur vie d'homme, que ce soit dans leurs relations avec leur conjoint, leurs enfants, leurs frères et sœurs et … ajouter l’impact que cela a donc sur les hommes

2. Incidence des humeurs divines sur l’économie narrative du récit                            

De plus, si la guerre dure, c'est parce que les dieux de l'Olympe ne sont pas d'accord sur l'issue que doit avoir le conflit. On retrouve Héra, Poséidon, Athéna et Hermès du côté des Achéens et Apollon, Arès, Artémis et Aphrodite dans le camp des Troyens. Zeus, dans ce chapitre, œuvre en faveur des Troyens. Cependant, il ne choisit pas encore vraiment son camp, étant donné qu'il a des intérêts à voir gagner les Achéens aussi bien que les Troyens.

C’est par suite le règlement des dissensions successives entre les dieux qui fait l’organisation narrative du récit.

               La situation initiale du chant XV repose sur la prise de conscience de Zeus. Tout juste réveillé après ses ébats avec Héra, Zeus se rend compte de la situation des Troyens v.4-11. L’effet de focalisation permet aux lecteurs-auditeurs de découvrir le champ de bataille à travers le regard de Zeus :  ἴδε δὲ Τρῶας καὶ Άχαιούς v.5 « il voit Troyens et Achéens »  - Ἕκτορα δ’ἐν πεδίῳ ἴδε κείμενον v.9 « Dans la plaine, il voit Hector étendu ; »  τὸν δὲ ἰδών v.12 « A le voir… ».
C’est cette prise de conscience qui entraîne d’une part le discours de menace que Zeus adresse à Héra v.14-33, la conversation qui s’en suit, le retour d’Héra au milieu des dieux qui se conclut par le départ de Poséidon de la bataille. En atteste l’ordre donné par Zeus à Iris :
Βάσκ’ ἴθι, Ἶριταχεῖα, Ποσειδάωνιἄνακτι
Πάντατάδ’ ἀγγεῖλαι, μηδὲψευδάγγελοςεἶναι·
Παυσάμενόνμινἄνωχθιμάχηςἠδὲπτολέμοιο
ἔρχεσθαιμετὰφῦλαθεῶνἢεἰςἅλαδῖαν.
 « Pars, Iris rapide et à sire Poséidon, en fidèle messagère, rapporte bien tout ceci. Enjoins-lui de cesser la lutte et la bataille et de s’en aller chez les dieux, ou bien dans la mer divine. »
S’ensuivent la soumission de Poséidon qui « quitte l’armée achéenne et s’en va plonger dans la mer. » v.218-219 et le retournement de situation : Hector, grâce à Apollon, reprend des forces et recouvre une énergie belliqueuse - v.262 : Ὣς εἰπὼν  ἔμπνευσεμένος  μέγαποιμένιλαῶν. «Il dit et au pasteur d’hommes il insuffle une grande fougue ».   
Les Troyens retrouvent le chemin du combat v.306 Τρῶες  δὲ  προὔτυψαν  ἀολλέες  «Les Troyens chargent en masse ; » et le chemin de la victoire. Lorsqu’Apollon se met à agiter l’égide en effet, les Achéens sont pris de terreur. C’est alors la débandade. On notera les verbes suggérant l’effondrement des troupes : κεασθείσης  ὑσμίνης- « la  bataille alors se disperse » v.328, ἔνθα  καὶ  ἔνθα  φέβοντο  « fuyant en tous sens » v.345. En témoignent également les effets d’accumulation v.328-342 : l’énumération des héros athéniens qui tombent sous la coupe des héros Troyens -Ἕκτωρ  μὲν Στιχίον τε καὶ Ἀρκεσίλαον ἔπεφνε «Hector tue Stichios et Arcésilas. » v.320 ;  Αἰνείας  δὲ  Μέδοντα  καὶ  Ἴασον  ἐξενάριξεν· «Enée abat Médon et Iase ».

               De plus, aux alentours du vers 60, Zeus anticipe la chute d'Ilion et explique comment va se terminer la guerre de Troie. L'intérêt pour le lecteur ou l'auditeur n'est plus alors de savoir quelle va être la fin de l'histoire – d'autant plus qu'aujourd'hui il s'agit d'un mythe particulièrement célèbre –  mais de savoir comment et pourquoi cela va se terminer ainsi. Ce sont alors les péripéties et l'économie narrative du récit qui comptent et non pas le suspens lié au dénouement.

3. Le destin des hommes              

                              Les hommes apparaissent en définitive comme des marionnettes dans la main des dieux dans la mesure où, quoi qu'ils fassent, il y a toujours une volonté divine derrière leur action. Leur liberté d'action est donc assez restreinte. On peut y voir une sorte de fatalisme : leur destin est déjà écrit. On retrouve cette idée au moment où Zeus annonce l'issue de la guerre de Troie comme si rien ne pouvait plus être changé. On comprend là que les agissements des hommes ne vont pas sans une explication divine mal dit. C'est d'ailleurs dans cette mesure que l'on peut comparer les hommes à des marionnettes. En effet, un homme n'agit pas sans qu'il y ait comme une ficelle divine derrière lui ; il n'est donc pas maître de lui-même et apparaît comme une poupée qui a besoin d'une force supérieure pour se mouvoir. De plus, la comparaison avec une marionnette tient également dans la mesure où les dieux se servent des hommes pour servir leur intérêt personnel. Le monde des hommes serait alors comme une immense partie d'échec où les dieux, tour à tour, avancent leur pion pour triompher du joueur adverse. Cela détermine notamment le camp que chaque dieu soutient dans la guerre de Troie. Zeus soutenant plutôt les Troyens, même s'il ne prend pas de véritable décision concernant les vainqueurs ; on se doute alors qu'Héra choisira le camp des Achéens ne serait-ce que pour pouvoir tenir tête à son mari. OUI, mais il faudrait étayer le paragraphe en s’appuyant sur des analyses précises du texte.

 

 

 

GREC Option Séq.2 - Sophocle Antigone Extrait 1


SOPHOCLE Antigone

Prologue

 

ANTIGONE.

- Ô chère tête fraternelle d'Ismène, sais-tu quels sont les maux venus d'oedipe que Zeus ne nous inflige pas, à nous qui vivons encore ? En effet, il n'est rien de cruel, d'amer, de honteux et d'ignominieux que je n'aie vu parmi tes maux et les miens. Et, maintenant, quel est cet édit récent que le maître de la Ville a imposé à tous les citoyens ? Le connais-tu ? L'as-tu entendu ? Ou les maux te sont-ils cachés qu'on médite contre nos amis et qu'on a coutume de souffrir de la part d'un ennemi ?

ISMÈNE.

- Aucune nouvelle de nos amis, Antigone, n'est venue à moi, joyeuse ou triste, depuis que nous avons été privées de nos deux frères, morts en un seul jour, l'un par l'autre. L'armée des Argiens s'en étant allée cette nuit, je ne sais rien de plus qui puisse me rendre plus heureuse ou plus malheureuse.

ANTIGONE.

- Je le sais bien ; mais je t'ai demandé de sortir de la demeure, afin que tu m'entendisses seule.

ISMÈNE.

- Qu'est-ce ? Il est manifeste que tu roules quelque chose dans ton esprit.

ANTIGONE.

- Créon n'a-t-il pas décrété les honneurs de la sépulture pour l'un de nos frères, en les refusant indignement à l'autre ? On dit qu'il a enfermé Etéocle dans la terre, pour qu'il fût honoré des morts ; mais il a défendu aux citoyens de mettre au tombeau le misérable cadavre de Polynice mort et de le pleurer. Et on doit le livrer, non enseveli, non pleuré, en proie aux oiseaux carnassiers à qui cette pâture est agréable. On dit que le bon Créon a décrété cela pour toi et pour moi, certes, pour moi, et qu'il va venir ici afin de l'annoncer hautement à ceux qui l'ignorent. Et il ne pense point que ce soit une chose vaine. Celui qui agira contre ce décret devra être écrasé de pierres par le peuple, dans la Ville. Voilà ce qui te menace, et tu montreras avant peu si tu es bien née ou si tu es la fille lâche de pères irréprochables.

ISMÈNE.

- Ô malheureuse ! si la chose est telle, à quoi me résoudre ?

ANTIGONE.

- Vois si tu veux agir avec moi et m'aider !

ISMÈNE.

- Que médites-tu ? Quelle est ta pensée ?

ANTIGONE.

- Veux-tu enlever le cadavre avec moi ?

ISMÈNE.

- Penses-tu à l'ensevelir, quand cela est défendu aux citoyens ?

ANTIGONE.

- Certes, j'ensevelirai mon frère qui est le tien, si tu ne le veux pas. Jamais on ne m'accusera de trahison.

ISMÈNE.

- Ô malheureuse ! Puisque Créon l'a défendu ?

ANTIGONE.

- Il n'a nul droit de me repousser loin des miens.

 

Ἰσμήνη

οἴμοι. φρόνησον, κασιγνήτη, πατὴρ 
ὡςνῷνἀπεχθὴςδυσκλεήςτ᾽ἀπώλετο,          50 
πρὸςαὐτοφώρωνἀμπλακημάτωνδιπλᾶς 
ὄψειςἀράξαςαὐτὸςαὐτουργῷχερί
ἔπειταμήτηρκαὶγυνή, διπλοῦνἔπος
πλεκταῖσινἀρτάναισιλωβᾶταιβίον· 
τρίτονδ᾽ἀδελφὼδύομίανκαθ᾽ἡμέραν        55 
αὐτοκτονοῦντετὼταλαιπώρωμόρον 
κοινὸνκατειργάσαντ᾽ἐπαλλήλοινχεροῖν
νῦνδ᾽αὖμόναδὴνὼλελειμμένασκόπει 
ὅσῳκάκιστ᾽ὀλούμεθ᾽, εἰνόμουβίᾳ 
ψῆφοντυράννωνκράτηπαρέξιμεν.            60 
ἀλλ᾽ἐννοεῖνχρὴτοῦτομὲνγυναῖχ᾽ὅτι 
ἔφυμεν, ὡςπρὸςἄνδραςοὐμαχουμένα
ἔπειταδ᾽οὕνεκ᾽ἀρχόμεσθ᾽ἐκκρεισσόνων
καὶταῦτ᾽ἀκούεινκἄτιτῶνδ᾽ἀλγίονα]
[ 
ἐγὼμὲνοὖναἰτοῦσατοὺςὑπὸχθονὸς            65 
ξύγγνοιανἴσχειν, ὡςβιάζομαιτάδε
τοῖςἐντέλειβεβῶσιπείσομαι· τὸγὰρ 
περισσὰπράσσεινοὐκἔχεινοῦνοὐδένα.

 

 Ismène

 "Hélas ! Pense, ô sœur, que[MAB1] notre père se perdit[MAB2] , odieux et déshonoré, ayant découvert sa propre faute, se frappant lui-même, il s'arracha les deux yeux.[MAB3] Ensuite, sa mère et femmes – elle avait les deux noms – mutila la vie [MAB4] en accrochant à son couune tresse [MAB5] ; en troisième lieu, nos deux frères, en un jour[MAB6] ,leur destin misérablement funeste les enfermant, [MAB7] ils s'entr'égorgèrent de leurs mains fraternelles. Alors maintenant on nous a laissé seules toutes les deux,[MAB8] pense que nous périrons de manière pire encore si nous transgressons la décision des souverains absolus ou du pouvoircontre la force de la loi[MAB9] . Il fautsonger[MAB10]  que nous sommes nées femmes et que nous ne combattons pas contre les hommes.[MAB11]  Ensuite, puisqu'ils commandent[MAB12] , étant les plus forts[MAB13] , et nous les écoutons même pour les choses les plus douloureuses. Moi donc, j'ai demandé la permission [MAB14] aux déesses infernales de m'empêcher d'avoir la force de ceux-ci[MAB15] , je me laisserai persuader par ceux qui marchent dans la juridiction souveraine [MAB16] ; en effet, je n'ai pas l'orgueil d'accomplir aucun projet."[MAB17] 


 [MAB1] Faire la différence entre  ὡς et ὅτι  -1/2

 [MAB2] Ce verbe signifie assez traditionnellement « mourir »  -1/2

 [MAB3] Vous cassez la structure logique de la phrase grecque et modifiez donc l’enchaînement logique. -2

 [MAB4] -1/2 pas très heureux

 [MAB5] Curieux en français. A transcrire mieux -1/2.

 [MAB6] μίαν a une valeur d’insistance – “en un seul jour”. -1/2

 [MAB7] Construction ? -2

 [MAB8] Attention à la valeur du participe ; il a une valeur circonstancielle. Le rendre par une indépendante juxtaposée ne fonctionne que si le participe permet d’exprimer la coïncidence de deux actions. -2

 [MAB9] Mal placé et modifie donc légèrement le sens du complément. -1/2

 [MAB10] Oui, globalement. Mais il faut aussi essayer de travailler le sens du mot de façon précise. Ici, je proposerais « avoir à l’esprit » - ἐννοεῖν

 [MAB11] Non. Traduction fautive parce que vous traduisez  ὅτι comme ὡς et mettez les deux propositions sur le même plan, complément de ἐννοεῖνχρὴ. -2

 [MAB12] NON  οὕνεκ᾽ a une valeur adverbiale ;  ἀρχόμεσθ᾽ est au passif et vous le traduisez comme une forme active -3

 [MAB13] ἐκ + génitif ? Ne peut être rendu ainsi ! -1

 [MAB14] toujours la difficulté de rendre les participes -2

 [MAB15] Mal construit. Vous avez amalgamé deux structures.-3

 [MAB16] Pas très heureux -1

 [MAB17] ? Vous devez mal construire. -3

 

Ἀντιγόνη

οὔτ᾽ ἂν κελεύσαιμ᾽ οὔτ᾽ ἄν, εἰ θέλοις ἔτι                                                       
πράσσειν, ἐμοῦ γ᾽ ἂν ἡδέως δρῴης μέτα. 70
ἀλλ᾽ ἴσθ᾽ ὁποῖά σοι δοκεῖ, κεῖνον δ᾽ ἐγὼ
θάψω· καλόν μοι τοῦτο ποιούσῃ θανεῖν.
φίλη μετ᾽ αὐτοῦ κείσομαι, φίλου μέτα,
ὅσια πανουργήσασ᾽. ἐπεὶ πλείων χρόνος
ὃν δεῖ μ᾽ ἀρέσκειν τοῖς κάτω τῶν ἐνθάδε. 75
ἐκεῖ γὰρ αἰεὶ κείσομαι· σοὶ δ᾽, εἰ δοκεῖ,
τὰ τῶν θεῶν ἔντιμ᾽ ἀτιμάσασ᾽ ἔχε.

Ἰσμήνη

ἐγὼ μὲν οὐκ ἄτιμα ποιοῦμαι, τὸ δὲ
βίᾳ πολιτῶν δρᾶν ἔφυν ἀμήχανος.

Ἀντιγόνη

σὺ μὲν τάδ᾽ ἂν προὔχοι᾽· ἐγὼ δὲ δὴ τάφον 80
χώσουσ᾽ ἀδελφῷ φιλτάτῳ πορεύσομαι.
 ]

ISMÈNE
.

- Hélas ! combien je crains pour toi, malheureuse !

ANTIGONE.

- Ne crains rien pour moi ; ne t'inquiète que de ce qui te regarde.

ISMÈNE.

- Ne confie au moins ton dessein à personne. Agis secrètement. Je me tairai aussi

ANTIGONE.

- Hélas ! parle hautement. Tu me seras plus odieuse si tu te tais que si tu révèles ceci à tous.

ISMÈNE.

- Tu as un cœur chaud pour ce qui exige le sang-froid.

ANTIGONE.

- Je plais ainsi, je le sais, à ceux auxquels il convient que je plaise.

ISMÈNE.

 

- Si tu le peux, pourtant ; mais tu tentes au delà de tes forces.

ANTIGONE.

- Je m'arrêterai donc quand je ne pourrai faire plus.

ISMÈNE.

- Quand les choses sont au-dessus de nos forces, il convient de ne pas les tenter

ANTIGONE.

- Si tu parles ainsi, je te prendrai en haine et tu seras justement odieuse à celui qui est mort. Mais laisse-moi braver ce que j'ose, car, certes, quelque destinée cruelle que je subisse, je mourrai glorieusement.

ISMÈNE.

- Si cela te semble ainsi, va ! Sache que tu es insensée, mais que tu aimes sincèrement tes amis.

 

Lexique

Lexique - Sophocle Antigone Prologue texte 1

Débutants

  ἀρτάνηης : lacet pour se pendre
ἡ  ψῆφοςου : petit caillou ; vote

Πλεκτόςήόν : tressé, entrelacé
ταλαιπώροςοςον : malheureux, misérable

Φρονέω : penser
ἀράσσω / ἀράττω : heurter, frapper 
σκοπέω : observer, regarder, examiner, considérer, réfléchir…

παρέξειμι : passer le long de ou au-delà de παρέξιμεν : présent 1ère personne du pluriel

οὕνεκα : adverbe avec cette accentuation - pour cette raison

ὡς : avec l’intention de, dans le dessein de + participe

Confirmés

τὸ κράτοςους : force – vigueur ; domination, puissance

ἀπεχθὴς, ές : odieux
δυσκλεήςές : sans gloire, déshonoré

ἀπόλλυμι 
(impft. 
ἀπώλλυν fut. ἀπόλεσω  ἀπολῶ Aor. ἀπόλεσα Pft. ἀπολώλεκα) : transitif – perdre, faire périr
Moyen : ἀπόλλυμαι (fut. ἀπολοῦμαι Aor. ἀπωλόμην) : périr, être perdu 

λωβάομαι : outrager

κατεργάζομαι : effectuer, accomplir ; + μόρον : donner la mort 

Aide grammaticale

Proposition de commentaire

- page 1 de 2