HISTOIRE – ÊTRE OUVRIER EN FRANCE (1830-1975)

      

QU’EST-CE QU’UN OUVRIER ?

Le terme d’ouvrier englobe un grand nombre de métiers différents exercés dans des lieux tout aussi différents (atelier, mine, usine…). Avant 1880, il est difficile de définir cette catégorie professionnelle. En effet, nombreux sont ceux qui travaillent à domicile ou qui n’exercent cette activité qu’en complément de l’activité agricole. À partir de la fin du XIXe siècle, avec l’apparition de la grande usine, les effectifs ouvriers s’accroissent fortement. Pendant les Trente Glorieuses (1946-1973), les ouvriers constituent la classe sociale la plus nombreuse de la population française (8.2 millions d’ouvriers en 1975, soit 37.2% de la population active).

Les ouvriers sont majoritairement des hommes, mais les femmes ont toujours été nombreuses (en 1840, elles représentent 75% des effectifs du secteur textile) et, dans une moindre mesure, les enfants (au début des années 1840, il y aurait eu plus de 140 000 enfants ouvriers en France). Les ouvriers immigrés sont nombreux à venir travailler en France : en 1927, un tiers des mineurs sont étrangers.

Les ouvriers développent et partagent une culture ouvrière commune. En effet, même si leur environnement professionnel peut être différent, ils partagent des modes de vie semblables : ils travaillent de leurs mains et vivent souvent dans des logements proches du lieu de travail, dans des villes industrielles en croissance ; après le travail, pendant leur temps de repos, ils partagent des loisirs (café, bal, sport).

    

SITUATION 1. ÊTRE OUVRIER À…

En fonction de la ville industrielle, l’histoire des ouvriers est spécifique (type d’activité, organisation socio-spatiale, conflits sociaux). Toutefois, de manière générale, on peut observer chez les ouvriers des modes de vie et des pratiques socioculturelles communes qui permettent l’émergence d’une conscience de classe et le développement d’une culture ouvrière.

     

LES OUVRIERS, UN GROUPE SOCIAL DANS LA RÉPUBLIQUE

Le sentiment de partager une même culture fait naître la conscience d’appartenir à une même classe chez les ouvriers. Cette conscience est favorisée par le développement du mutualisme (sociétés de secours mutuel, coopératives, mutuelles…), mais aussi à travers les syndicats et les partis où l’idéologie socialiste domine souvent.

Les ouvriers s’organisent, en syndicats et en partis, pour faire valoir leurs droits et usent en particulier du droit de grève. Ils revendiquent souvent des augmentations de salaire et une réduction du temps de travail. Les revendications prennent également une dimension politique (défense du suffrage universel).

Le socialisme trouve son assise politique chez les ouvriers. Il repose sur un rejet de la partition des sociétés en classes sociales dont certaines domineraient les autres, et prône une répartition équitable des richesses. C’est donc, ce qui justifie la lutte des classes organisée par les combats des ouvriers.

Les ouvriers vont finalement trouver leur place au sein de la République française. Leurs luttes sociales et politiques alimentent le débat politique. Cette intégration républicaine est d’autant plus aisée que les ouvriers partagent avec la République des valeurs (égalité des chances, justice sociale, solidarité) qui sont affirmées dans les moments difficiles (Front populaire, Résistance…).

     

SITUATION 2. 1892, LA GRÈVE DE CARMAUX ET JEAN JAURÈS

En 1892, les mineurs de Carmaux (Tarn) font grève parce que l’un des leurs, Jean-Baptiste Calvignac, a été licencié après avoir été élu maire. Pour défendre leurs droits politiques, ils font appel à Jean Jaurès. Grâce à son intervention, le gouvernement donne raison aux ouvriers. C’est pour eux une marque de reconnaissance de la République à leur encontre.

     

VOCABULAIRE

Ouvrier : travailleur qui exécute pour le compte d’un employeur, moyennant salaire, un travail manuel (dans un atelier, une mine, une manufacture, une usine, un chantier, une exploitation agricole…).

Classe sociale : groupe d’individus présentant des caractéristiques politiques, économiques et culturelles communes.

Culture ouvrière : mode de vie partagé par les ouvriers.

Syndicat : association de défense de certaines catégories socioprofessionnelles (ouvriers, puis salariés).

Parti : organisation rassemblant des personnes partageant des convictions politiques et qui vise à exercer le pouvoir pour mettre en œuvre son projet politique.

Grève : cessation collective, volontaire et concertée du travail par des salariés qui cherchent ainsi à contraindre leur employeur à satisfaire leurs revendications professionnelles.

     

HISTOIRE – LES FEMMES DANS LA SOCIÉTÉ FRANCAISE DE LA BELLE ÉPOQUE À NOS JOURS

    

AU DÉBUT DU XXe SIÈCLE : LA FEMME, UNE MINEURE DEVANT LA LOI

Les femmes sont soumises aux textes du Code civil de 1804, qui définit l’incapacité civile de la femme, en particulier de la femme mariée (la grande majorité à l’époque).

Celle-ci ne peut agir seule en justice, ni disposer seule de ses biens ; elle a besoin de l’autorisation de son mari pour exercer une profession, se présenter à un examen, s’inscrire à l’université, ouvrir un compte bancaire, faire établir un passeport. Seul chef de famille, le mari possède l’autorité parentale.

Politiquement, la femme est aussi une mineure car elle n’a pas le droit de voter.

Dans le domaine de l’éducation, elle n’a pas accès (jusqu’en 1924) au même enseignement secondaire que les hommes.

Enfin, les lois du Code pénal de 1920 répriment et interdisent tout accès à la contraception et à l’avortement. Du début du XXe siècle jusqu’en 1939, des associations féministes agissent pour réclamer l’égalité civique et faire évoluer la condition féminine. C’est le cas de Louise Weiss.

Les femmes votent pour la première fois en 1945.

      

SITUATION 1. LOUISE WEISS ET LE VOTE DES FEMMES DANS L’ENTRE-DEUX-GUERRES

Avec son mouvement « La Femme nouvelle », Louise Weiss multiplie les actions spectaculaires entre 1934 et 1939 pour faire pression sur les hommes politiques. Mais le Sénat refuse à six reprises de donner le droit de vote aux femmes françaises.

C’est l’ordonnance du 21 avril 1944, signée par le général de Gaulle, qui leur confère les mêmes droits politiques que les hommes. Les femmes acquièrent ainsi le droit d’élire et d’être élues.

      

DES ANNÉES 1960 À NOS JOURS : DES DROITS CONQUIS MAIS DES INÉGALITÉS QUI PERSISTENT

 À partir des années 1960, les Françaises conquièrent de nouveaux droits. Sur le plan des droits civils, la loi de 1965 supprime l’autorisation du mari pour l’exercice d’une profession ou l’ouverture d’un compte bancaire. Sur le plan de l’éducation, la mixité des établissements scolaires (écoles primaires, collèges, lycées) favorise et ouvre théoriquement aux filles les mêmes possibilités d’orientation professionnelle qu’aux garçons. Sur le plan du droit à disposer librement de son corps, la femme française accède à la maîtrise de sa fécondité : les lois Neuwirth et Veil autorisent respectivement la contraception (1967) et l’avortement (loi promulguée le 17 janvier 1975).

Aujourd’hui, si les textes de loi affirment l’égalité des sexes, il subsiste néanmoins des inégalités de fait. Inégalités dans le domaine politique : les femmes restent moins nombreuses que les hommes dans les diverses assemblées représentatives, même si, depuis 2000, les lois sur la parité ont infléchi progressivement cette tendance. Inégalités dans le domaine éducatif et professionnel : les filles sont encore peu présentes dans les filières scientifiques et techniques. Les femmes subissent davantage le chômage, les emplois précaires et sont souvent moins bien payées et moins nombreuses que les hommes aux postes de décision. Pour infléchir cette tendance, depuis 1972, l’État légifère (ex. : loi de 2011 sur l’égalité professionnelle), mais les résultats sont encore timides.

       

SITUATION 2. 1974, SIMONE VEIL ET LE DÉBAT SUR L’IVG

La loi Veil (promulguée en janvier 1975) légalise (sous certaines conditions) l’interruption volontaire de grossesse. Les mouvements féministes ont combattu pour l’obtention de ces nouvelles lois et pour leur application (ex. : loi sur l’entrave à l’interruption de grossesse en 1993) ; leur vote a aussi été favorisé par l’évolution globale de la société française.

      

VOCABULAIRE

Condition féminine : situation occupée par les femmes dans la société, à un moment donné, dans un contexte donné.

Droits politiques : les droits politiques ou droits civiques concernent le droit de vote et d’éligibilité.

Droits civils : ensemble de lois réglementant la vie civile des Français, notamment la famille, le mariage, le divorce.

Maîtrise de la fécondité : droit pour la femme à disposer de son corps, grâce à l’accès libre à la contraception et à l’IVG.

     

HISTOIRE – LA RÉPUBLIQUE ET LE FAIT RELIGIEUX DEPUIS 1880

     

DE 1880 AU DÉBUT DU XXe SIÈCLE, LE TEMPS DES LOIS ET DES COMBATS

Une série de lois est mise en place à la fin du XIXe siècle, sous la IIIe République, pour laïciser les institutions du pays et limiter l’influence de l’Église catholique.

Dans les années 1880, l’école est au cœur de la question laïque. Les lois scolaires de Jules Ferry, en charge de l’instruction publique, mettent en place une école primaire gratuite, laïque et obligatoire. Elles réaffirment la liberté de conscience et reconnaissent l’existence d’une école privée. Cependant, elles sont mal reçues par l’Église catholique qui perd ainsi sont droit de contrôle dans les écoles publiques et marquent le début de la « guerre scolaire ». Dans les années suivantes, la laïcisation de la société progresse dans les domaines de la santé, de la vie politique et des institutions (rétablissement du divorce dans le Code civil en 1884).

En 1904, c’est la rupture des relations diplomatiques entre la République et le pape. Les deux camps s’opposent parfois violemment. La séparation des Églises et de l’État est devenue inévitable. Engagée dans un esprit de combat, elle se conclut, en 1905, sous l’impulsion d’Aristide Briand, dans une volonté d’apaisement. Les religions minoritaires acceptent le texte, alors que l’Église catholique oppose des résistances, notamment à l’occasion des inventaires des biens des églises avant leur attribution à des associations cultuelles en 1906. Les relations diplomatiques avec la papauté ne sont rétablies qu’en 1924.

     

SITUATION 1. LES LOIS LAÏQUES DES ANNÉES 1880

Elles concernent essentiellement l’école primaire. La loi de 1881 établit la gratuité de l’école publique, celle de 1882 l’instruction obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans révolus et la laïcisation des programmes et des locaux de l’école publique. À l’enseignement religieux se substitue une éducation civique et morale. En 1886, l’enseignement dans les écoles publiques est assuré exclusivement par des enseignants laïcs.

      

DU MILIEU DU XXe SIÈCLE À NOS JOURS, LE TEMPS DE L’APAISEMENT ?

La querelle scolaire se ravive autour de la question des aides publiques à l’école privée, en 1945, après la politique de Vichy, favorable à l’enseignement privé confessionnel.

La loi Debré de 1959 institutionnalise l’aide de l’État aux établissements privés dans le cadre de contrats. On reconnaît aux établissements privés leur participation au service public d’enseignement. À ce titre, ils doivent appliquer les programmes de l’Éducation nationale et respecter la liberté de conscience tout en conservant leur « caractère propre ». En contrepartie, l’État prend à sa charge la rémunération des enseignants et une partie des frais de fonctionnement. Aujourd’hui, cette double composante de « l’école privée » et de « l’école publique » est inscrite dans le paysage scolaire français. Néanmoins, chaque fois que l’équilibre semble compromis, les tensions et mobilisations ressurgissent.

La République laïque doit faire face à de nouveaux enjeux. La France est aujourd’hui un pays de pluralisme religieux. Aux religions reconnues par le Concordat du début du XIXe siècle (catholique, protestante, juive), s’ajoutent la religion musulmane (2e de France avec 5 millions de fidèles) et la religion bouddhiste (400 000 fidèles). Un des enjeux de ce pluralisme religieux est la construction de lieux de culte, dans le respect de la loi de 1905. La laïcité, inscrite dans la Constitution, apparaît comme garante des valeurs communes. Ainsi, en 2004, l’État a légiféré sur le port des signes religieux ostentatoires à l’école publique. Ce principe de neutralité s’applique à tous les services publics.

      

SITUATION 2. BRIAND ET LA LOI DE SÉPARATION DE 1905

La loi de séparation des Églises et de l’État est votée en 1905 après la mise en place, en 1903, d’une commission parlementaire dont le rapporteur est Aristide Briand. Elle affirme la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes. L’État laïc ne subventionne plus les Églises concordataires de 1801. Aujourd’hui, la loi s’applique sur tout le territoire français, sauf exceptions (ex. : l’Alsace et la Moselle).

      

VOCABULAIRE

Lois scolaires de Jules Ferry : lois votées en 1881 et 1882 instaurant une école primaire publique gratuite et laïque ainsi que l’instruction obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans.

Laïcité : principe de séparation de la religion et de la société civile, qui se traduit en France par la séparation des Églises et de l’État en 1905.

Concordat : accord diplomatique entre la papauté et la République française, signé au début du XIXe siècle, dans le but de fixer les droits respectifs de l’État et de l’Église catholique, puis des autres cultes reconnus.

Loi de 1905 : loi de séparation des Églises et de l’État.

     

HISTOIRE – DE L’ÉTAT FRANÇAIS À LA IVe RÉPUBLIQUE (1940-1946)

      

L’ÉTAT FRANÇAIS, UN RÉGIME AUTORITAIRE QUI COLLABORE AVEC L’OCCUPANT

À l’issue de l’offensive éclair de l’armée allemande en mai 1940, l’armée française est battue en cinq semaines : le traumatisme de la population est énorme. C’est le maréchal Pétain, le vainqueur de Verdun, qui demande et obtient les pleins pouvoirs de l’Assemblée nationale. Il met en place un régime autoritaire en s’appuyant sur des valeurs traditionnelles. C’est le projet de la « Révolution nationale », construite sur le rejet du Front populaire et de la IIIe République. Le nouveau régime s’installe à Vichy et dirige la zone libre située au sud du pays. La zone occupée, au nord, est contrôlée par les Allemands.

Le nouveau régime de Vichy décide de lancer dans la collaboration avec l’Allemagne. Le 24 octobre 1940, à Montoire, Pétain et Laval, le vice-président du Conseil, rencontrent Hitler. Tous deux pensent que l’Allemagne sera victorieuse. En collaborant, ils espèrent obtenir une place privilégiée pour la France dans le nouvel ordre européen. C’est sur la question des Juifs que la collaboration ira le plus loin. L’État français devance et va au-delà des demandes de l’occupant nazi. En octobre 1940 et en juin 1941, les lois sur le statut des Juifs promulguées par l’État français excluent ceux-ci de la société. Le régime de Vichy organise la mise à l’écart des Juifs, puis leur arrestation et leur déportation.

      

SITUATION 1. LA RAFLE DU VEL’ D’HIV’

Le gouvernement de Vichy, sous la responsabilité de Pétain et de Laval, chef du gouvernement de l’État français de 1942 à 1944, répond favorablement à la demande d’arrestation des Juifs étrangers formulée par l’occupant nazi. Il organise une série d’arrestations sous la forme de rafle systématique, comme celle réalisée les 16 et 17 juillet 1942 durant laquelle les Juifs, y compris les enfants, sont arrêtés, enfermés dans des conditions inhumaines au Vélodrome d’Hiver, puis déportés vers les camps de concentration et d’extermination. Par ces actions, le gouvernement de Vichy a participé au génocide des Juifs d’Europe.

     

UN AUTRE CHOIX : LA RÉSISTANCE

Mais la voie de la collaboration n’est pas choisie par tous. Certains décident de résister. Au lendemain de l’armistice demandé par le maréchal Pétain à l’Allemagne, le général de Gaulle lance, le 18 juin 1940, un appel depuis Londres à tous ceux qui souhaitent résister, sur le territoire de la métropole, dans les colonies ou avec les pays alliés. Il veut rassembler toutes les forces de Résistance intérieure et extérieure et offrir une autre voie que celle proposée par le maréchal Pétain. Le Conseil national de la Résistance (CNR) voit le jour le 27 mai 1943 à Paris, de l’unification de huit mouvements, de six partis politiques (gauche et droite) et de deux syndicats.

En juin 1944, la Résistance lance l’offensive, à la suite du débarquement des Alliés en Normandie. Le CNR coordonne les actions contre l’occupant allemand sous le commandement de celui qui est le chef de la France libre, le général de Gaulle. Se sentant légitime pour parler au nom des Français, le CNR a rédigé un programme ambitieux à appliquer dès la fin de la guerre, basé sur le rejet du régime de Vichy et sur des propositions à vocation égalitaire ou sociale (droit de vote pour les femmes, création de la Sécurité sociale…). Ces propositions seront reprises dans la Constitution de la IVe République ou mises en œuvre dans ses premières réformes.

      

SITUATION 2. JEAN MOULIN ET L’UNIFICATION DE LA RÉSISTANCE

Le général de Gaulle confie à Jean Moulin, un ancien préfet qui l’a rejoint à Londres, la mission d’unifier les foyers de résistance. Ces derniers sont disséminés sur le territoire français, en zone libre comme en zone occupée. Ils représentent divers courants politiques ou syndicaux et s’opposent parfois dans les objectifs et les méthodes. Dans la clandestinité, Jean Moulin multiplie les contacts et parvient à unifier les mouvements de Résistance par la création du CNR (Conseil national de la Résistance). Il est dénoncé, arrêté et torturé par la Gestapo. Il meurt de ses blessures et devient un symbole national de la Résistance.

     

VOCABULAIRE

Collaboration : politique menée par le régime de Vichy sous l’impulsion de son chef, le maréchal Pétain, visant à soutenir l’occupant allemand économiquement, militairement et idéologiquement.

Régime de Vichy : nom du régime qui se met en place en zone libre suite à l’occupation allemande d’une partie du territoire français. C’est un régime autoritaire et antisémite dirigé depuis la ville de Vichy par le maréchal Pétain.

Résistance : ensemble des forces qui ont lutté contre l’occupant allemand et le régime collaborationniste de Vichy.

IVe République : régime politique mis en place après la chute du régime de Vichy. Il réaffirme les idéaux de la République et, sur la base du programme du CNR, mène une politique de progrès sociaux et économiques pour la population.

   

GÉOGRAPHIE – ACTEURS, FLUX ET RÉSEAUX DE LA MONDIALISATION

      

VERS DES ÉCHANGES PLANÉTAIRES MULTIPLES ET INÉGAUX

La mondialisation se caractérise d’abord par l’accroissement des échanges à l’échelle de la planète. Des territoires éloignés géographiquement apparaissent de plus en plus connectés par d’intenses flux commerciaux, financiers et humains. Les échanges de marchandises, les transferts de capitaux, les connexions à Internet ou encore les migrations internationales matérialisent cette mise en réseau des territoires.

Ce système mondial reste dominé par l’Amérique du Nord, l’Europe occidentale et l’Asie du Sud-Est. Bien que concurrencées par de nouveaux pôles dans les pays émergents, ces trois régions sont encore à l’origine de la majorité des échanges internationaux. Elles concentrent les capitaux, les infrastructures de transport nécessaires aux échanges planétaires (hubs aéroportuaires, ports à conteneurs) et contrôlent la plupart des flux d’informations (satellites, serveurs Internet, presse internationale). La mondialisation se caractérise aussi par l’interdépendance des économies. C’est ainsi que le ralentissement de l’activité dans un pays important comme la Chine ou les Etats-Unis impacte l’ensemble du commerce mondial.

       

SITUATION 1. LES MIGRATIONS INTERNATIONALES

La mondialisation intensifie les flux migratoires internationaux. Aux côtés des flux traditionnels Sud-Nord, les flux Sud-Sud se renforcent en raison de crises politiques au Proche et au Moyen-Orient, ou de nouvelles dynamiques économiques propres à l’Afrique et à l’Asie. Les migrants environnementaux, politiques ou économiques amplifient en retour les flux financiers, scientifiques et culturels vers leur pays d’origine.

       

LES ACTEURS DES TERRITOIRES MONDIALISÉS

L’essor des échanges est d’abord le fait des firmes transnationales (FTN), organisées pour agir à l’échelle planétaire. Elles confient leurs activités de production à des filiales délocalisées ou des sous-traitants dans les pays à faible coût de main-d’œuvre, principalement en Asie. Mais leurs sièges sociaux et activités de recherche-développement demeurent dans les pays développés ou dans les pays émergents.

Dans ce monde ouvert, les États font face à de nouveaux défis, tels que le déclin de l’emploi industriel, la lutte contre les divers trafics (stupéfiants, contrefaçons) ou encore le contrôle des flux migratoires. Ils forment de vastes marchés en se regroupant au sein de structures supranationales (Union européenne, ALENA, ASEAN) et adhèrent à des organisations intergouvernementales (OMC, G20, FMI) dans le but de faciliter les échanges et de réguler l’économie mondiale.

La mondialisation permet aussi le rapprochement des citoyens mondialisés. À travers les flux touristiques, les réseaux sociaux ou par la médiatisation de grandes causes humanitaires, des acteurs de la société civile, des ONG construisent également le système planétaire.

      

SITUATION 2. LE CIRCUIT MONDIAL D’UN PRODUIT : LE MAILLOT DE FOOTBALL NIKE

Représentative de la division internationale du travail, la production de maillots de foot souligne les avantages des firmes transnationales telles que Nike dans l’économie mondialisée. La stratégie des dirigeants conduit à la spécialisation des territoires et révèle les rapports inégaux entre donneurs d’ordres et sous-traitants. Elle rappelle aussi le rôle déterminant des réseaux de communication pour relier les zones de production et de consommation.

      

VOCABULAIRE

Mondialisation : mise en réseau de différents territoires de l’espace mondial par l’accroissement des échanges commerciaux, financiers, culturels. Elle se développe par l’extension de l’économie de marché à l’ensemble de la planète.

Flux : courant d’échanges de marchandises, de capitaux, d’informations ou d’hommes.

Réseau : ensemble de flux qui définissent une organisation de l’espace, un territoire.

Pays émergent : pays en développement rapide dont le niveau de vie se rapproche de celui des pays les plus avancés (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Taïwan…).

Firme transnationale (FTN) : entreprise qui contrôle des activités de production dans au moins un État différent de celui de son siège social.

Délocalisation : transfert d’activités, de capitaux et d’emplois dans un pays proposant des coûts de production plus avantageux.

OMC : Organisation mondiale du commerce. Elle fixe les règles du commerce international.

G20 : groupe de 19 pays et de l’Union européenne représentant 85% du commerce et 90% du PIB mondial, qui se concerte régulièrement pour favoriser la stabilité économique et financière à l’échelle planétaire.

FMI : Fonds monétaire international. Il veille par exemple à la stabilité du système de change international.

     

GÉOGRAPHIE – MONDIALISATION ET DIVERSITÉ CULTURELLE

     

L’ESSOR D’UNE CULTURE MONDIALE

Depuis la fin du XXe siècle, une culture mondiale a pris un vrai essor. Des pratiques et des goûts identiques sont adoptés sur tous les continents, mais surtout par les habitants des pays développés ou les classes aisées des pays pauvres. Ce phénomène concerne tous les domaines du quotidien : l’alimentation (ex. : hamburger), la mode (ex. : baskets), la musique (ex. : rap), le cinéma… Cette culture, qui tend à devenir universelle, se manifeste notamment lors d’événements planétaires : aux jeux olympiques, des milliers d’athlètes représentant la quasi-totalité des pays du globe participent à des compétitions sportives qui sont suivies par des milliards de téléspectateurs.

Cette culture mondiale est massivement diffusée par les médias, comme la télévision ou Internet, et relayée par l’anglais qui s’impose comme langue véhiculaire à l’échelle de la planète.

Ce sont les Etats-Unis, et plus généralement les pays occidentaux, qui dominent cette culture mondiale, car ils disposent des moyens pour diffuser massivement leur modèle. Toutefois, d’autres cultures conquérantes, comme la culture asiatique actuellement, contribuent de plus en plus à diversifier la culture mondiale.

      

SITUATION 1. LE CINÉMA EN ASIE

Le cinéma est un loisir très apprécié en Asie, comme en témoigne la vitalité des productions asiatiques, très nombreuses et variées. Les productions américaines, qui sont largement diffusées sur tout le continent asiatique, s’imposent dans de nombreux pays et influencent les cinémas locaux, renforçant l’essor d’une culture mondialisée du cinéma. Toutefois, des pays comme l’Inde parviennent à préserver leur propre identité cinématographique, en valorisant leur culture (grâce à l’emploi des langues locales) ou en défendant (par l’utilisation de la censure ou des quotas).

      

LA VITALITÉ DES MÉTISSAGES ET DES REVENDICATIONS IDENTITAIRES

L’accélération de la mondialisation a entraîné l’intensification des brassages culturels. En effet, les migrations des hommes et la circulation des produits favorisent les métissages culturels, particulièrement au sein des grandes métropoles et des bassins touristiques. Sur les mêmes territoires, des cultures très différentes cohabitent ou se mélangent, donnant ainsi naissance à des formes culturelles croisées (ex. : « mexicanisation » des Etats-Unis).

Face à ces nouvelles influences massives, des cultures défendent leur identité. Ainsi, certaines communautés à la forte appartenance identitaire (ex. : cultures régionales), qui se sentent menacées par l’homogénéisation culturelle, valorisent et protègent leur patrimoine (ex. : labels pour des produits alimentaires). Ces résistances peuvent aussi être le fait des États quand ceux-ci défendent leur culture nationale (ex. : comité de censure des films en Inde).

À l’échelle mondiale, l’Unesco mène une politique de sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel de l’humanité, afin de sauvegarder la diversité culturelle du monde.

      

SITUATION 2. GÉOGRAPHIE DES GOÛTS ALIMENTAIRES

Sous l’effet de la mondialisation, la circulation des goûts alimentaires s’est accélérée sur la planète, favorisant les métissages culinaires et l’apparition d’une culture mondiale du goût, représentée par des produits (ex. : pizza) et des modèles de cuisine). Cette mondialisation n’empêche pas la vitalité des goûts locaux dans certains pays, comme la France, qui sont très soucieux de protéger leur patrimoine culinaire (ex. : labels alimentaires). Enfin, pour d’autres consommateurs, ce sont la pauvreté, la culture ou la religion qui constituent des remparts à cette mondialisation du goût.

     

VOCABULAIRE

Culture mondiale : ensemble des façons de penser et d’agir partagées par une grande partie de l’humanité.

Universel : qui concerne l’ensemble des hommes.

Langue véhiculaire : langue qui permet à des communautés aux langues différentes de communiquer entre elles (ex. : anglais, espagnol).

Métissage culturel : mélange né de la rencontre de cultures différentes.

Appartenance identitaire : sentiment d’appartenir à une communauté (région, pays, religion).

Homogénéisation : tendance à devenir semblable.

Unesco : Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.

     

GÉOGRAPHIE – PÔLES ET AIRES DE PUISSANCE

       

LES DIFFÉRENTS ESPACES DE LA PUISSANCE

Les aires de puissance dessinent un anneau autour de la Terre. Elles représentent 20% de la population mondiale, 75% de la production industrielle, 75% des exportations, 80% des investissements à l’étranger, 85% des dépenses consacrées à la recherche. Les Etats-Unis sont la seule aire de puissance complète (politique, économique, diplomatique, militaire et culturelle), ce qui leur permet de jouer un rôle planétaire dans tous les domaines. L’Union européenne est une aire de puissance incomplète et morcelée, sans unité politique. Quant au Japon, il n’a pas de réelle influence politique ou militaire.

Seules certaines régions de ces aires de puissance ont un poids mondial : aux Etats-Unis, le Nord-Est et la Californie ; en Europe, la dorsale européenne ; en Asie, la façade pacifique du Japon et la Chine littorale.

Les pôles de puissance correspondent aux métropoles et aux quatre « villes-monde » (New-York, Tokyo, Londres, Paris) qui impulsent de vastes mégalopoles. Mais c’est dans les CBD (Centres des affaires) que se concentrent les activités stratégiques.

Les pôles et aires de puissance sont souvent situés sur des interfaces (littoraux, par exemple). Ils se dotent d’équipements (ports, aéroports…) qui leur permettent d’établir des liaisons avec les autres aires de puissance, de constituer des réseaux et de participer à la mondialisation.

      

SITUATION 1. LA CHINE LITTORALE

La Chine littorale, qui regroupe 630 millions d’habitants, est devenue depuis le début des années 1980 « l’usine du monde ». Mais ses immenses métropoles (Shanghaï et ses 24.3 millions d’habitants, Beijing, Guangzhou et Hong Kong) abritent de plus en plus d’activités stratégiques. Aujourd’hui, la Chine littorale doit à la fois impulser le développement de l’intérieur du pays et affirmer ses positions dans le monde.

      

LES ASPECTS DE LA PUISSANCE

Les aires et les pôles de puissance sont remarquables par leurs activités stratégiques. Ils concentrent les acteurs de la gouvernance économique (sièges sociaux des grandes transnationales), financière (Banque mondiale et FMI à Washington, Bourses), diplomatique (ONU à New York) et militaire. Ils innovent en assurant l’essentiel de la recherche scientifique et de la création intellectuelle et artistique. Ils informent grâce à leurs médias (presse, radio, TV, Internet). Ils fabriquent des produits de pointe (aéronautique, espace, armement, informatique). Ils échangent marchandises et capitaux grâce, en particulier, à leur maîtrise logistique.

Les aires et les pôles de puissance concentrent la richesse et le développement. Ils impulsent leur périphérie par leurs investissements, leurs transferts de main-d’œuvre qualifiée et par la délocalisation de certaines de leurs entreprises (division internationale du travail).

Ils se trouvent néanmoins aujourd’hui confrontée à certaines difficultés : vieillissement de leur population, coûts de production très élevés, nouvelle pauvreté, si bien que de nouveaux pôles de puissance apparaissent, en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud. Actuellement, les États qui comptent dans le monde ne constituent plus seulement le G7 ou le G8, mais le G20.

       

SITUATION 2. LA CALIFORNIE

 La Californie est l’État le plus puissant des Etats-Unis. L’espace utilisable se partage entre activités de recherche et de conception, activités industrielles innovantes, agriculture de très haut niveau et extension urbaine (San Francisco, Los Angeles, San Diego). Le mirage californien, qui n’est d’ailleurs pas sans faille, contribue à l’attraction exercée par ces État qui est un pont entre l’Amérique, l’Asie et l’Europe.

     

VOCABULAIRE

Aire de puissance : espace géographique composé d’États ou de régions où se concentrent des pouvoirs de décision, des activités stratégiques, des réseaux d’échange, et qui joue un rôle majeur dans l’organisation du monde.

Pôle de puissance : centre exerçant à différentes échelles une attraction sur un espace donné et autour duquel s’organisent les activités, les échanges et les flux.

Métropole : ville dans laquelle sont regroupées des fonctions importantes qui lui donnent un pouvoir de commandement.

Ville-monde : grande-ville ayant des activités de haut niveau, dirigeant des réseaux relationnels entre les personnes et les entreprises de rang mondial.

Mégalopole : région urbaine étendue englobant plusieurs grandes agglomérations.

CBD : Central Business District ou centre des affaires.

Interface : contact entre des espaces différents marqué par de multiples relations.

G20 : groupe des 20 États les plus puissants.

     

GÉOGRAPHIE – LES DYNAMIQUES DES PÉRIPHÉRIES

     

LA DIVERSITÉ DES PÉRIPHÉRIES

Les périphéries qui constituent les Suds se différencient par leur démographie, le poids de leurs activités économiques et leur développement social ainsi que nous le montre l’IDH (le Brésil avec 0.754 se place au 83e rang mondial, l’Éthiopie avec 0.448 au 180e rang).

On peut distinguer deux grands groupes : les périphéries dynamiques ou pays émergents dont certains, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), ont un énorme potentiel de développement du fait de leur population (ex. : 1.4 milliard de Chinois) et de leurs ressources. Il faut ajouter les NPI asiatiques (ex. : Indonésie, Vietnam), les Jaguars d’Amérique latine (ex. : Mexique) ou les États pétroliers (ex. : Arabie Saoudite) ; d’autres périphéries sont en difficultés : ce sont les 47 pays les moins avancés (PMA). Ils sont principalement situés en Afrique.

Toutes ces périphéries ont accompli dans les trente dernières années des progrès considérables. La croissance de leur PIB est importante, bien supérieure au début des années 2010 à celle des États du Nord. Celle de leur PIB/habitant est moindre du fait de leur croissance démographique (ex. : + 19 millions d’Indiens par an). Mais des difficultés demeurent dans leur développement, et l’économie parallèle, la corruption, la criminalité sont parfois de vrais fléaux.

Ces périphéries s’intègrent inégalement dans le monde. Les États émergents développent leurs relations avec les États du Nord et du Sud, alors que les PMA restent davantage à l’écart.

      

SITUATION 1. UN PMA : LE SÉNÉGAL

Le Sénégal reste un PMA. Sa croissance économique est insuffisante pour absorber le gain de population, et le retard de développement est flagrant (manque d’équipement, pauvreté…). Les activités demeurent traditionnelles (agriculture vivrière) et les ruraux continuent d’affluer vers les villes. Mais le pays a des atouts et montre des signes de dynamisme (efforts pour développer Dakar, tourisme…). Cependant, il reste un pays dépendant, qui bénéficie d’aides internationales.

      

DES DYNAMIQUES INÉGALES

Les pays émergents ont une économie diversifiée. À partir d’avantages locaux (main-d’œuvre, ressources, implication des gouvernements), d’investissements étrangers, du dynamisme de leurs diasporas, ils améliorent leurs infrastructures et s’orientent vers des activités nouvelles (industries de pointe, services…). Ils s’intègrent au monde et aspirent à peser de plus en plus dans les relations internationales.

Ces périphéries émergentes connaissent cependant de très grandes inégalités, spatiales et sociales. Certes, le niveau de vie augmente et la classe moyenne se développe, mais le nombre de grandes fortunes se multiplie, tandis qu’une part importante de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Les PMA sont confrontés à des difficultés économiques et sociales. Les activités, parmi lesquelles l’agriculture occupe une place importante, sont peu productives et entravées par l’insuffisance des infrastructures (transports). Les secteurs les plus rentables (extraction minière, agriculture de plantation, agroalimentaire) appartiennent souvent à des entreprises étrangères. Ces PMA s’intègrent modestement au monde. Ils participent peu aux circuits commerciaux mondiaux et ont besoin de l’aide internationale (ex. : ONG, ONU). La pauvreté persiste d’autant que la croissance démographique reste élevée. La faim, les maladies frappent ces pays. L’instabilité politique et les conflits sont fréquents.

Toutefois, sous l’effet d’initiatives souvent locales, certains PMA se transforment. Des activités nouvelles ou plus intensives se développent tirant profit des ressources et des potentialités locales (ex. : tourisme, industries).

      

SITUATION 2. UN PAYS ÉMERGENT : L’INDE

Sa forte croissance économique depuis les années 2000 fait de l’Inde un État émergent, qui participe de plus en plus aux échanges mondiaux (commerciaux, culturels…). Ce pays s’oriente vers des activités innovantes (comme l’informatique) et se spécialise dans les services. Une classe moyenne se développe ; cependant, les progrès sociaux restent lents, la pauvreté et l’exclusion d’une grande partie de la population demeurent : bidonvilles et campagnes sont à l’écart du développement.

     

VOCABULAIRE

NPI : nouveau pays industriel. État d’Asie qui a connu un important décollage industriel depuis les années 1960.

Diaspora : ensemble des ressortissants d’un État, dispersés à l’étranger.

     

ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE

     

EXERCER SA CITOYENNETÉ DANS LA RÉPUBLIQUE FRANCAISE ET L’UNION EUROPÉENNE

La démocratie représentative repose sur le vote des citoyens qui expriment leur volonté en usant de ce droit. L’égalité et la liberté de tous les citoyens sont les valeurs qui fondent ce suffrage universel.

Pour exercer son droit de vote, on doit être français (ou européen dans certains cas), avoir 18 ans révolus, être inscrit sur les listes électorales et ne pas avoir été déchu de ses droits civiques.

Les élections se font à différentes échelles : nationale (président de la République, députés), régionale, départementale, locale et européenne.

En France, le droit de vote est un devoir, mais il n’est pas obligatoire. Face à l’abstention, les modalités du droit de vote sont en débat (vote obligatoire, prise en compte des votes blancs ?).

Il existe d’autres formes d’exercice de la citoyenneté : dans les domaines associatif, syndical, politique…, comme en témoigne l’engagement d’artistes exprimant à travers leurs œuvres leur volonté d’infléchir des situations, de défendre des causes et/ou de dénoncer des injustices.

La Défense nationale est garante de l’indépendance du pays ; elle concerne l’ensemble des citoyens. Ses objectifs sont de sécuriser le territoire et la population de la France, de participer à la sécurité internationale, par des interventions dans le cadre de la politique de défense européenne et d’accords supranationaux (OTAN, ONU).

À la citoyenneté nationale s’ajoute la citoyenneté européenne. Elle est élective (élection des députés européens, élections municipales dans l’État membre où résident les citoyens de l’UE) et directe : droit de pétition, droit d’initiative européenne (ICE)… Dans cet espace, les citoyens des États membres peuvent librement circuler, séjourner, étudier, travailler.

Démocratie représentative (encore nommée élective ou délégative) : régime politique dans lequel les citoyens élisent des représentants à qui ils délèguent leur pouvoir.

Suffrage universel : vote ouvert à tous les citoyens sans distinction de sexe, de race, de fortune ou de religion.

Citoyenneté européenne : est citoyen de l’Union toute personne ayant la nationalité d’un État membre. La citoyenneté de l’Union complète, mais ne remplace pas, la citoyenneté nationale.

      

LES ENJEUX MORAUX ET CIVIQUES DE LA SOCIÉTÉ DE L’INFORMATION

Aujourd’hui, nous produisons, transformons, échangeons, diffusons de l’information grâce aux réseaux sociaux et à toutes les possibilités d’expression offertes par le numérique. Cette facilité d’accès aux services numériques permet la multiplication des usages et des pratiques médiatiques et place les usagers en position de responsabilité face à l’information.

Notre identité numérique est l’ensemble des informations que l’on trouve sur Internet nous concernant. Volontairement ou non, nous participons donc à la construction de notre identité numérique et il nous faut la maîtriser grâce à une utilisation consciente des outils à notre disposition. Le numérique renforce la liberté d’expression, ce droit précieux qu’il faut défendre mais qui ne peut s’exercer que dans le respect des autres et des lois, que ce soit dans un usage individuel ou collectif. La CNIL, veille sur la liberté et la vie privée des internautes.

Une lecture critique des médias est nécessaire. Les médias de formes variées que nous lisons, regardons, écoutons sont nombreux et de plus en plus interactifs. Chacun, s’il le souhaite, peut s’y exprimer, donner son avis, diffuser une information.

Une information répond à des règles de production. Pour être pertinente, elle doit provenir d’une source fiable. Elle est vérifiée et recoupée avant d’être diffusée ou partagée. Les journalistes ont signé la Charte d’éthique des journalistes qui les engage à respecter des règles très précises. Les journalistes et les sites d’information sont soumis à une rude concurrence pour produire une information toujours plus instantanée. Cette rapidité se fait parfois au détriment de la vérification de l’information et de sa pertinence. Demandons-nous plus souvent « À quoi sert cette information ? » pour en décrypter le sens, mais aussi les travers…

Information : tout événement, fait ou jugement porté à la connaissance d’un public plus ou moins large, sous forme d’images, de textes, de discours, de sons.

Identité numérique : ensemble des informations que l’on trouve sur Internet nous concernant.

Liberté d’expression : droit pour chacun de dire ou d’écrire ce qu’il pense, dans la limite du respect d’autrui.

Média : tout moyen de diffusion permettant la communication.

    

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE :

       

SEUZARET Florian, PHILIPPI Sophie, MOUILLET Jenny, LAHIRE Rémi, KERMAREC Jacqueline, BERTRAND Alain, ESCARTIN Christophe, APOLLON Olivier, Les nouveaux cahiers, Histoire-Géographie-Enseignement moral et civique, 1re Bac Pro, Paris, Foucher, avril 2018.