Mot-clé - expérimentation

Fil des billets

28 juin 2011

Où en sont les manuels numériques ? (juin 2011)


Réunions du groupe académique manuels numériques

10, 21 et 24 juin 2011 – Auditorium du Cddp92

 

Ordre du jour :

1. Bilan de l’année 2010-2011

2. Le point sur les usages élèves

3. Présentation des nouveautés par les éditeurs

 

Nouveauté : réunions diffusées en streaming à partir du site du Cddp92.

Fil Twitter : #mn92

________________________________________________

 

 

Problématique/enjeu :

Positionner un contenu de référence dans les environnements numériques de travail pour les apprentissages scolaires.

Recenser les conditions matérielles et pédagogiques du développement des usages élèves des manuels numériques.

 

 

1. Bilan de l’année 2010-2011

 

a) Bilan du groupe Cddp92/CRDP

- Accompagnement de l’expérimentation « manuels numériques et ENT ».

- Blog « Guide des manuels numériques » http://blog.crdp-versailles.fr/mncddp92/

- Réunions du groupe de travail.

- Salon Intertice des manuels scolaires numériques le 260111, qui a attiré plus d’une centaine de visiteurs

http://www.intertice.fr/interTICE-Manuels-numeriques  

http://blog.crdp-versailles.fr/mncddp92/index.php/tag/intertice

- Nouvelles vidéos sur le manuel numérique sur la webtv du CRDP

http://blog.crdp-versailles.fr/mncddp92/index.php/post/08/06/2011/Nouvelles-vid%C3%A9os-sur-les-manuels-num%C3%A9riques-%28juin-2011%29

 

Pour alimenter notre réflexion :

Notamment sur les fondements du manuel numérique, pour information, signalons la parution de l’ouvrage de Michèle Drechsler, Manuels scolaires et albums augmentés, Numerikmedias, 2011

http://numerikmedias.com/librairie/?wpsc-product=manuels-scolaires-et-albums-augmentes    

 

 

 

b) Bilan des usages

 

Aspects généraux

Impression contradictoire des enseignants : attachement au manuel mais en même temps attachement à certains usages, plus souples que ceux permis actuellement par les mn.

 

Le développement des tablettes change la donne

- La lecture du livre numérique dispose ainsi d’un nouveau cadre, d’un nouveau confort d’usage.

- Dans ce nouveau cadre, la production du livre numérique, accessible à tous, prend une nouvelle dimension.

- Effort du Cddp92 : tester et accompagner les usages sur toutes les tablettes, pas seulement l’iPad.

- Autre dimension à intégrer : le problème du stockage et de la conservation des ressources scolaires.

- Le cloud computing génère de nouvelles habitudes dissociant le support et le contenu.

On s’habitue à retrouver ses ressources, quel que soit l’outil utilisé.

 

Aspects fonctionnels : l’attente d’une véritable garantie de service

- Problème de l’intégration à l’ENT, qui n’est pas encore totalement opérationnelle.

- En cas de dysfonctionnement : problème de l’identification des interlocuteurs par les établissements et par les personnes chargées de l’accompagnement.

- La garantie de service n’étant pas là dès la rentrée, les usages s’effondrent.

- Problème également des établissements qui changent d’ENT, ex. dans le 92 : Scolastance vers Atos/Itop.

- Levier : la culture du changement qui s’instaure dans les établissements qui prennent le tournant du numérique.

- Reste le problème de la liaison entre  numérique et insécurité dans l’accès aux ressources.

- Choisir, acquérir, réceptionner les manuels numériques restent encore un « parcours du combattant ».

- Les établissements ont encore une impression de confusion face à l’offre commerciale en ressources numériques, au-delà des seuls manuels.

- Un gros travail reste donc à faire pour se mettre d’accord sur une terminologie commune et fixer un process d’achat pour les collectivités et les établissements, les collectivités et les écoles dans le premier degré.

- Reste donc à améliorer la chaîne technique et logistique des différents interlocuteurs.

- En suspens enfin la question du rôle du professeur documentaliste ; le Cddp92 parie sur leur implication documentaire et pédagogique pour accompagner ces changements, plus que sur leur implication exclusivement technique et/ou matérielle, comme c’est le cas avec le papier.

- Ce problème est aussi celui de l’équipement en ressources numériques des CDI puis de leur utilisation.

- L’ENT peut être une chance, dans le sens où il peut mettre à disposition de la communauté éducative une prolongation virtuelle du CDI à travers la « brique » qui lui est consacrée.

 

 

Importance de l’engagement global lié aux usages numériques : vers une « école des ressources » ?

- La bascule vers le numérique nécessite un engagement de toute l’équipe pédagogique et éducative.

- Pour asseoir cet engagement du côté de l’usage des ressources pédagogiques, la perspective est de monter de véritables « ENT du savoir », centrés sur les échanges (cf intervention de P.Mathias au séminaire ENT du CRDP de Versailles)

http://www.crdp.ac-versailles.fr/Ressources-numeriques/Podcasts-audios/Seminaire-academique-L-ENT/

- Les manuels numériques auraient ainsi toute leur place au sein de « campus numériques » agrégeant des ressources de tous types, du simple livre numérisé aux ressources e-learning et multimédias.

 

c) Contenu et forme des manuels numériques

- Peu ou prou, le mn garde encore l’empreinte du papier : sous forme « bi-média », ou comme « livre augmenté ».

- Il nous semble que dans l’animation collective de la classe, la forme du livre n’est plus justifiée.

 - L’attente se situerait sur un accès granulaire à une banque de ressources, non contradictoire avec l’apport éditorial sur une suggestion de progression pédagogique.

- Dans beaucoup de manuels actuels actuellement en développement, on note ainsi la pertinence d’outils de « re-séquençage » des ressources dans un espace personnel.

- Reste à gérer l’articulation entre l’animation de classe et l’impulsion de véritables usages individuels.

- A prendre en compte de plus en plus : la question de l’articulation entre petit écran et grand écran, entre visualisation individuelle et visualisation collective.

- En conclusion, nous nous dirigerions vers un manuel multi-face, polymorphe, dont la forme s’adapterait à l’utilisateur et au cadre d’utilisation, éventuellement au support utilisé, tout en restant une « balise » pour le travail de l’enseignant et des élèves.

 

Une problématique outils/ressources ?

- Ex. le TNI peut permettre des usages que la ressource – ici le manuel - ne permet pas forcément (confusion réalisée fréquemment au début de l’expérimentation).

- Cependant, la tendance que nous percevons est aux solutions légères et modulaires.

- Pour stabiliser les usages, n’est-il pas dangereux de trop dépendre des outils et des évolutions technologiques ?

- Pour autant, cette stabilité viendra-t-elle des ressources ou des outils ?

- Au-delà de ces questions, c’est le guide de référence scolaire qui est à réinventer, à la fois comme offre éditoriale et comme prestation de service.

- Ex. la notion de « bibliothèque numérique », donc en perspective celle d’une « bibliothèque scolaire numérique », semble prendre ancrage malgré la diversité des tablettes qui émergent sous nos yeux.

 

 

2. Pistes de réflexion pour le développement des usages élèves

 

a) De quoi dépendent les usages élèves ?

- Les usages élèves ne dépendent pas seulement des manuels eux-mêmes, ni des ENT, mais aussi de nouvelles habitudes pédagogiques qui s’instaurent en intégrant l’usage des ressources numériques.

- Ces habitudes supposent un préalable en équipement, non suffisant mais indispensable.

- En prenant compte les différences d’équipement et d’usages dans les familles, si ce préalable n’est pas posé, est-il possible d’être aussi exigeant – du point de vue l’enseignant - avec une ressource numérique qu’avec une ressource papier ?

- Du côté des éditeurs, la piste proposée est d’ouvrir des « sites élèves » en complément des manuels pour accéder à des exercices en ligne. Mais l’usage de ces sites dépend aussi des consignes données par leurs enseignants.

- Enfin, à côté de l’offre éditoriale, émerge fortement la question de la prise en compte de l’explosion des réseaux sociaux, de l’apparition des réseaux sociaux scolaires et de la place des ressources scolaires au sein de ces réseaux.

 

b) Question de l’équipement individuel de l’élève

- Dans plusieurs départements ou académies, se poursuivent ou débutent des expérimentations tablettes (sous IOS ou Android).

- Suite à l’expérimentation iPad92 dans les CDI des collèges, accompagnée par le Cddp92, se profile l’usage de nouvelles classes nomades constituées de « flottes » de tablettes.

- Comme mentionné plus haut, avec les tablettes se renforce la nécessité de réfléchir à une bibliothèque de référence pour accompagner et offrir un cadre solide au travail de l’élève.

- Le premier pas à tester pourrait être la mise à disposition d’une bibliothèque scolaire de référence pour assurer le suivi des leçons, y compris dans un premier temps à partir d’un livre numérisé,

- Reste la question technique de la mise à disposition de ces ressources en ligne (avec les débats actuels sur la wifi) et/ou en local (avec des outils de synchronisation et de mise à jour).

 

c) Se placer dans une chaîne d’usages

Enfin, la réflexion sur les usages élèves doit s’effectuer dans une « chaîne d’usages »

cf. intervention de Michel Hagnerelle lors des journées de l’innovation à l’UNESCO en juin 2011

http://media.education.gouv.fr/file/Agenda/57/1/journee_inovations_programme_180571.pdf  

En fonction du lieu :

- en classe ;

- en réponse à une consigne du professeur ;

- au CDI ;

- au domicile ;

- éventuellement dans les espaces publics numériques, etc.

Cette chaîne d’usages peut aussi être celle du traitement des ressources : accès, lecture, traitement, échange, etc. le numérique permettant un enrichissement considérable de ce traitement.

En fonction des usagers, essentiellement :

- professeur ;

- élève ;

- parent.

- La prise en compte du rôle des parents, y compris en intégrant le problème des représentations attachées à l’usage du numérique par les jeunes (un parent est moins « rassuré » si son enfant est face à un ordinateur ou un ordiphone qu’il ne le serait en l’observant face à un livre papier…), est en effet essentielle dans la conduite du changement.

 

3. Présentation des nouveautés éditoriales (sélection)

 

A la rentrée 2011 sera proposée, comme en 2010, une présentation détaillée de l’offre éditoriale.

Se référer aussi à la brochure du salon Intertice des manuels scolaires numériques :

http://blog.crdp-versailles.fr/mncddp92/index.php/post/13/01/2011/Brochure-en-ligne-du-salon-Intertice-des-manuels-scolaires-num%C3%A9riques-du-Cddp92-%2813-janvier-2011%29

 

Quelques tendances éditoriales :

- la diffusion et le stockage sur clé USB ;

- les espaces personnels permettant de réorganiser les ressources du manuel ;

- la facilitation du zoom par la granularité des unités documentaires ;

- l’enrichissement des compléments en ligne ;

- des outils spécifiques pour le travail et l’évaluation des compétences du socle commun ;

- des outils spécifiques aux langues de type « labo de langue » avec module d’enregistrement et ressources en podcast.

 

Nathan

http://www.nathan.fr/manuels-videoprojetables/

 

Bordas

http://www.editions-bordas.fr/manuels-numeriques

 

Hatier

http://www.numerique-hatier.com/

 

lelivrescolaire.fr

http://lelivrescolaire.fr/

 

Didier

http://www.editionsdidier.com/news/view/les-manuels-numeriques/

 

Canal numérique des savoirs

http://www.cns-edu.net/

 

 

Magnard/Delagrave

http://www.magnard.fr/spip.php?article5264

 

Belin

http://www.libtheque.fr/

 

Hachette

http://www.enseignants.hachette-education.com/pages/manuel-num/choix-niveau.php

 

 

 

 

24 janvier 2011

Les manuels numériques : Des usages collectifs aux usages individuels des élèves dans les disciplines scientifiques (janvier 2011)

Des usages collectifs aux usages individuels des élèves des manuels scolaires numériques dans les disciplines scientifiques (janvier 2011)

 

Utilisation du manuel numérique par/pour qui ? Il y a souvent amalgame élève professeur lorsque l’on échange sur le manuel numérique. S’il est vrai qu’il est difficile de dissocier l’un de l’autre, l’objectif final reste l’élève que l’usage du manuel soit collectif ou individuel.

Il y a des utilisations du livre numérique : par le professeur pour préparer son cours, par le professeur en classe avec ou sans tableau numérique interactif (TNI), par l’élève en classe, par l’élève chez lui avec ou non accès à un espace numérique de travail (ENT).

Depuis quelques années nous avons vus des compléments numériques (sous forme de CD par exemple) qui accompagnaient les manuels papier mais on ne parlait pas de manuels numériques. Le manuel numérique en tant que tel est entré depuis peu de temps dans les offres des éditeurs. De ce fait, pas un enseignant, le plus jeune soit-il, n’a utilisé de manuel numérique dans son cursus initial de formation. Tout est donc à faire et à apprendre : c’est ce qui se fait actuellement et c’est d’ailleurs passionnant.

L’utilisation première du manuel numérique par les enseignants qui se sont engagés dans l’expérimentation nationale, est la mise en place d’une autre manière d’enseigner intégrant TNI (et ENT) afin d’élaborer une pédagogie attractive et interactive donnant goût aux matières enseignées, les sciences dans le cas présent. Les retombées sont bien sûr dirigées vers les élèves.

De quel manuel numérique parle-t-on ?

L’expression Manuel numérique couvre une pluralité d’objets numériques d’une grande diversité alors que le Manuel papier est unique. Mettre les deux en regard me semble être un exercice difficile et pas nécessairement pertinent suivant le type de manuel numérique utilisé.

Le Manuel numérique qui ressemble le plus au manuel scolaire est le manuel numérisé. A première vue, il n’est pas d’un apport pédagogique majeur et génère des déceptions. Cependant associé aux outils du TNI et de l’ENT il peut présenter un certain intérêt (voir ci-après). Il peut aussi rassurer les enseignants qui débutent dans le numérique et qui ont besoin de se référer à des habitudes de travail prises avec un manuel papier. C’est peut être un passage obligé pour les professeurs ayant pris des habitudes de travail avec le manuel papier (habitudes qui peuvent d’ailleurs très bien fonctionner) avant de se lancer dans le numérique interactif qui est plébiscité par les enseignants utilisant fréquemment l’outil informatique. Les éditeurs ont actuellement tendance à proposer deux versions une numérisée et l’autre interactive. Les enseignants les plus jeunes et ceux déjà armés sur le plan informatique sont très critiques envers la version numérisée. Pour les élèves son utilisation à la maison n’est guère différente de celle du manuel papier (seul le support est autre) sauf si l’élève à accès de chez lui à l’ENT de l’établissement (s’il existe) et que le professeur a bien intégré dans sa pratique pédagogique les outils du TNI et de l’ENT.

Les offres des éditeurs évoluent de manière significative et les versions interactives deviennent des « objets » numériques qui associés à des ressources numériques sont d’une grande richesse. J’emploie le mot « objet » car je ne sais pas quel terme utiliser, le mot « manuel » me semblant être trop connoté livre alors qu’apparaissent des offres qui s’en éloignent.

Quels usages du manuel scolaire papier, le manuel numérique préserve-t-il, transforme-t-il, supprime-t-il ?

Le manuel numérisé seul.

Il peut alors être utilisé de manière très proche de celle du manuel papier avec l’avantage de ne pas avoir à transporter un livre mais avec une contrainte d’obligation d’accès à un ordinateur. Son utilisation en classe de manière vidéoprojetée peut conduire à des difficultés de lisibilité pour les élèves sauf à disposer de tablettes numériques ou d’ordinateurs portables (classes nomades par exemple mais qui vieillissent très mal).

Pour les sciences mais pas seulement, l’apport du manuel numérisé seul n’apporte guère plus que le manuel papier

Le manuel numérisé associé à un TNI et à un ENT.

L’association à un TNI modifie alors son utilisation en classe surtout si le professeur maîtrise bien les outils du TNI. En intégrant cet ensemble dans un ENT alors un premier travail novateur peut être mené au plus grand bénéfice de l’élève.

Pour les sciences expérimentales les verbes OBSERVER, COMPRENDRE et AGIR constituent les grandes phases successives de la démarche scientifique.

Si le professeur a comme objectif un travail sur la compétence OBSERBER, l’association manuel numérisé/TNI/ENT peut être d’une grande efficacité pédagogique. Un exemple : le professeur ou l’élève réalise une expérience proposée dans le livre. Cette expérience est filmée et la vidéo est accessible via l’ENT. Vous imaginez tout le travail qui peut alors être mené sur cette compétence OBSERVER. Je pense notamment à l’élève qui chez lui peut mettre en regard l’expérience et le contenu du livre associé à cette expérience qu’il peut « refaire » à volonté (sans risque !) afin de mieux s’approprier les attentes de cette compétence.

Cet exemple sur l’expérience me conduit à mettre en avant une dérive contre laquelle il faudra lutter : celle qui consiste à ne retenir que des expériences filmées associées aux manuels numérisés (ou autres d’ailleurs) proposées par les auteurs de livres. Ces expériences filmées sont souvent de grande qualité et la solution de facilité serait de ne retenir que cette manière de faire. Il ne faut pas nier leur apport essentiel pour un élève absent, handicapé, … mais il reste nécessaire de faire manipuler les élèves. Les expériences faites par le professeur et celles faites par les élèves sont des actes pédagogiques fondamentaux d’apprentissage pour le champ des sciences.

Le manuel interactif associé à un TNI et à un ENT.

C’est une situation « quasi-idéale » en sachant que bon nombre d’éditeurs proposent à la fois le manuel numérisé et le manuel interactif. « Quasi-idéal » seulement car se pose le problème de l’accès aux ressources. La volonté d’ouvrir davantage le champ de la culture scientifique et technologique dans les apprentissages fondamentaux, le nécessaire décloisonnement disciplinaire, les entrées thématiques des programmes (la santé, l’image, …) nous éloignent du manuel traditionnel qui une fois écrit reste un document figé donc non évolutif si ce n’est qu’à écrire un autre livre.

L’enseignement par compétences et l’évaluation qui doit l’accompagner (qu’elle soit menée disciplinairement ou transversalement) nécessite des outils interactifs divers. L’auto évaluation faite par les élèves y trouve toute sa place.

En résumé et afin de répondre plus directement à la question posée :

-  Le manuel numérique sous sa forme numérisée peut être d’une utilisation semblable au celle d’un manuel papier.

- Associé à d’autres outils comme le TNI et l’ENT, et sous sa forme interactive, il devient un formidable outil didactique que ce soit :

- pour le professeur dans le cas de la mise en œuvre d’un enseignement et d’une évaluation par compétences ;

- pour l’élève qui reçoit un enseignement dans lequel il est un véritable acteur, parfois il devient formateur de ses propres camarades par des actions d’aide. Il peut s’auto évaluer et participer à sa propre remédiation que ce soit sur le plan expérimental en pouvant retravailler une expérience filmée et sur le plan « théorique » par des tests interactifs.

Outil moderne de la communication que les élèves apprécient, il participe au développement de l’appétence pour les sciences (c’est aussi vrai pour les disciplines non scientifiques).

Remarque : Ce qui est également intéressant de relever, c’est que certains rechignent à lire un ouvrage papier alors que le même texte à l’écran d’un ordinateur suscite moins de réticences.

Quel impact du manuel numérique pour le professeur, pour les professeurs (avant, pendant, après la classe) ?

Pour le professeur impliqué dans l’utilisation du manuel numérique les retombées sont de tous ordres. Il n’est plus contraint par l’organisation du manuel papier et il a entière liberté pour réorganiser les ressources du manuel.

Avant le cours pour sa préparation des cours : les professeurs demandent à avoir accès à d’autres manuels numériques à l’image de l’utilisation traditionnelle qu’ils font avec des manuels papiers. Si les manuels ne sont que numérisés alors l’association de copiés-collés est fréquent. Si les manuels sont interactifs et disposent de ressources variées comme des vidéos d’expériences « infaisables » en classe (car elles sont longues ou dangereuses ou par absence de matériels) les résultats obtenus sont souvent de qualité et d’une richesse culturelle donnant du sens aux sciences enseignées.  

 

Ils demandent l’accès à un tableau numérique interactif durant les séances de cours afin de pouvoir mémoriser tout ce qui a été fait en classe avec les élèves, de rendre accessible aux élèves les documents qui en découlent que ce soit dans ou hors de l’établissement à travers un espace numérique de travail.

Quel impact pour les auteurs, pour les éditeurs ?

Ils auront à faire évoluer leurs outils numériques afin de répondre à de nouvelles demandes qui viendront des enseignants découvrant des possibilités initialement insoupçonnées au fur et à mesure de l’appropriation de cet environnement numérique.

Quel impact pour les inspecteurs ?

Le manuel numérique interactif est un formidable outil de promotion du socle à travers les disciplines qu’il faut décloisonner : le cerveau d’un élève n’est pas cloisonné malgré ses deux hémisphères ! Soyons cohérents : lorsque par exemple en physique et en SVT on parle de classer, il n’y a pas la même définition derrière ce même mot ! Travailler à partir de quelques ressources identiques faciliterait cette cohérence par un nécessaire travail d’équipe.

Il me semble fondamental que des ressources communes se retrouvent associées à des manuels de disciplines différentes. Le regard des enseignants serait sans doute différent d’une discipline à l’autre mais surtout complémentaire et ils auraient à travailler en commun sur une même ressource (une vidéo par exemple). Les équipes impliquées dans l’EIST témoignent de la valeur d’une telle approche. Il faut reconnaître que la formation universitaire des enseignants ne favorise pas le décloisonnement souhaité. Il y a une reproduction de l’enseignement reçu qui fait que c’est à l’élève que l’on demande d’associer les strates disciplinaires pour qu’il en fasse une synthèse assurant la cohérence entre ce qu’il entend en SVT, en SPC et en technologie : la mission est bien évidemment impossible. Le pôle sciences expérimentales pourrait être moteur dans ce domaine.

Nous faisons la promotion d’une autre manière d’apprendre dans laquelle le statut de l’erreur est majeur : il faut libérer l’apprentissage de la peur de se tromper.

Je pense sincèrement que si nous arrivons à mettre en place au collège une évaluation constructive positive, qui pourrait être une auto évaluation de l’élève associée au manuel numérique et en faisant abstraction des notes, un grand pas serait fait. Il est déjà franchi dans quelques collèges RAR particulièrement.

Quelles spécificités didactiques et pédagogiques des disciplines, le manuel numérique sert-il en mathématiques, en physique-chimie, en SVT, en technologie ?

La réponse à cet ensemble de questions peut avoir effectivement une déclinaison disciplinaire. J’en ferai une plus globale en rappelant l’objectif principal de l’enseignement scientifique au collège.

Pour cela il suffit de se référer à l’introduction commune aux programmes de sciences du collège.

Je m’appuierai sur quelques extraits :

Objectif : Participer à l’acquisition d’une culture scientifique et technologique

 

À l’issue de ses études au collège, l’élève doit s’être construit une première représentation globale et cohérente du monde dans lequel il vit. Il doit pouvoir apporter des éléments de réponse simples mais cohérents aux questions : « Comment est constitué le monde dans lequel je vis ? », « Quelle y est ma place ? », « Quelles sont les responsabilités individuelles et collectives ? ».

 

Toutes les disciplines concourent à l’élaboration de cette représentation, tant par les contenus d’enseignement que par les méthodes mises en œuvre. Les sciences expérimentales et la technologie permettent de mieux comprendre la nature et le monde construit par et pour l’Homme. Les mathématiques fournissent des outils puissants pour modéliser des phénomènes et anticiper des résultats, en particulier dans le domaine des sciences expérimentales et de la technologie, en permettant l’expression et le développement de nombreux éléments de connaissance. Elles se nourrissent des problèmes posés par la recherche d’une meilleure compréhension du monde ; leur développement est également, pour une très large part, lié à la capacité de l’être humain à explorer des concepts théoriques.

1. Unité et diversité du monde

2. Percevoir le monde

3. Se représenter le monde

4. Penser mathématiquement

Oui mais comment ?

1-  En s’appuyant :

-    sur le socle commun de connaissances et de compétences ;

-    sur les programmes disciplinaires.

Pour connaître et comprendre le monde de la nature et des phénomènes, il s’agit d’observer, avec curiosité et esprit critique, le jeu des effets et des causes, en imaginer puis construire des explications par raisonnement, percevoir la résistance du réel en manipulant et expérimentant, savoir la contourner tout en s’y pliant.

Socle et programmes doivent donner aux élèves des réponses en se plaçant à différents niveaux : l’Univers, la Terre, l’Homme et les réalisations techniques.

2-  Par une approche pédagogique privilégiée : la démarche d’investigation qui n’est ni unique ni exclusive

Un canevas courant que l’on rencontre mais qui n’est pas une méthode :

-     Le choix d'une situation – problème.

-     L’appropriation du problème par les élèves.

-     La formulation de conjectures, d’hypothèses explicatives, de protocoles possibles.

-     L’investigation ou la résolution du problème conduite par les élèves.

-     L’échange argumenté autour des propositions élaborées.

-     L’acquisition et la structuration des connaissances.

-     La mobilisation des connaissances.

3-  Par l’utilisation des technologies de l’information et de la communication. Elles sont présentes dans tous les aspects de la vie quotidienne : une maîtrise suffisante des techniques usuelles est nécessaire à l’insertion sociale et professionnelle.

4-  Par une mise en avant de thèmes transversaux communs aux disciplines mais avec des regards croisés et complémentaires, les thèmes de convergence :

-    Importance du mode de pensée statistique dans le regard scientifique sur le monde.

-     Développement durable.

-     Energie.

-     Météorologie et climatologie.

-     Santé.

-     Sécurité.  

Cette présentation montre que le manuel numérique, dans sa version interactive avec la mise à disposition de ressources faciles d’accès, a toute sa place dans l’enseignement des sciences. Il me semble particulièrement souhaitable que dans l’approche disciplinaire et « transversale » des savoirs, tous les enseignants des disciplines scientifiques d’une même classe utilisent un manuel numérique. Je pense notamment pour la mutualisation des ressources mais encore faudrait-il que les ressources d’éditeurs différents soient exploitables quels que soient les éditeurs des manuels retenus par l’établissement.

Quels besoins en informations et en compétences, les usages du manuel numérique génèrent-ils (et comment peuvent-ils être pris en compte) ?

Le manuel numérique en lui-même ne nécessite pas d’apprentissage technique important. Ce sont les compétences liées à l’environnement du manuel qui génèrent des besoins de formation. Le TNI et l’ENT par exemple viennent immédiatement à l’esprit mais pas seulement. Le professeur va être lui-même producteur de ressources. Pour les sciences expérimentales je pense à la production de vidéo d’expériences qu’il aura réalisés ou que les élèves auront réalisés afin de pouvoir les réutiliser en classe entière ou être un élément d’aide personnalisée à un élève absent ou qui n’aura pas nécessairement bien compris l’expérience au moment où elle a été faite.

Par contre le manuel numérique en tant qu’outil pédagogique nécessite des besoins de formation.

Le professeur qui débute avec le manuel numérique se pose toujours une question du type « Que vais-je pouvoir bien faire avec ? ». Cette question, il se la pose pour lui mais aussi et surtout pour les élèves.

Si on force un peu le professeur à s’y mettre, il va sans doute choisir dans un premier temps le manuel qui se rapprochera le plus du manuel papier : le manuel numérisé. Ce qui génère souvent chez lui une déception, avec ce type d’interrogation : « C’est çà ? cela ne change rien par rapport au papier ». S’il utilise par ailleurs un TNI pour d’autres activités pédagogiques, il se rendra compte qu’il y de nouveaux actes pédagogiques qui peuvent être mis en place. A ce moment il aura mis le doigt dans l’engrenage du numérique et ce sera gagné si l’environnement suit : comme les tablettes élèves, les débits pour des accès rapides aux ressources diverses, et des accès aux manuels d’endroits différents de l’établissement scolaire et également du domicile des élèves.

Il faut quand même dire que des professeurs fortement impliqués dans l’expérimentation se sentent frustrés par un suivi parfois défaillant de la technique.

Toutes les rencontres avec les enseignants expérimentateurs témoignent de ces difficultés et occultent l’important travail pédagogique à mener tant sur le plan disciplinaire que plus généralement sur le socle.

 

Quelques thématiques possibles : 

-    Quels usages inédits, le manuel numérique permet-il d'aborder pour les professeurs (avant, pendant, après la classe) ? pour l'élève et pour les élèves (pendant, après la classe) ?...

-     Le manuel numérique et l’enseignement par compétences.

-    Le manuel numérique et l’évaluation par compétences : sujet majeur mais encore faudrait-il déjà le régler de manière institutionnelle.

-     Le manuel numérique outil de remédiation.

 

Robert Le Goff, IA-IPR de sciences physiques et chimiques

 

 

15 novembre 2010

Premières séquences filmées au collège en 6e (novembre 2010)

Vous trouverez sur le site Educnet les premières séquences filmées sur l'utilisation des manuels numériques en 6e.

Ces vidéos illustrent deux types de situations pédagogiques :

- le cours avec le manuel numérique uniquement vidéoprojeté ;

- le cours avec le manuel numérique vidéoprojeté et visualisé par les élèves sur des postes individuels.

Au programme : Anglais, Français, Histoire, Géographie, SVT.

http://www.educnet.education.fr/contenus/dispositifs/manuel-numerique/videos-manuel-numerique

- page 1 de 4