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Le mouvement des Lumières. Synthèse rédigée à partir de vos travaux

Les Lumières sont un mouvement intellectuel qui prend forme en Europe au XVIII° siècle. Ce mouvement est porté par des écrivains, des philosophes et des savants animés par un désir commun de faire évoluer la société en accroissant la somme de connaissances dont elle dispose.

Les Lumières défendent un projet philosophique dont nous sommes, aujourd'hui encore et à plusieurs égards, les héritiers.

1- Quels sont les grands principes qui structurent le projet philosophique des Lumières ?

Il est difficile de définir en quelques mots le vaste programme de ce mouvement. On peut néanmoins y repérer quelques lignes directrices. Retenons-en quatre.

a) Les Lumières oeuvrent pour la tolérance, notamment dans le domaine religieux. Ils condamnent le fanatisme et la violence inhérente à ce dernier. Ils défendent l'idée d'un monde où la religion aurait une place mesurée. « Il suffit que les hommes s'en tiennent à l'amour chrétien, écrit Lessing ; peu importe ce qui arrive à la religion chrétienne ».

b) Les Lumières défendent une certaine idée du progrès. Selon eux, la connaissance permet à la société dans son ensemble de « progresser » et devenir plus juste. A cette époque les inventions se font nombreuses : la montgolfière, la machine à vapeur, le paratonnerre font leur apparition. Les académies scientifiques apparaissent également en France. Pour que la science contribue au progrès humain, il faut éduquer le peuple. L'éducation est donc, pour les hommes des Lumières, une préoccupation fondamentale.

c) Les Lumières s'intéressent à la place de l'individu dans la société. Pour les penseurs de ce mouvement, l'homme n'est pas assujetti à Dieu. Il est maître de son existence. Les Lumières revendiquent l'autonomie de l'individu et la liberté de pensée. Ils veulent oeuvrer à une société plus juste où chaque individu aurait sa place. Ils condamnent notamment l'esclavage, comme Voltaire dans le chapitre 18 de Candide.

En relation avec cette nouvelle conception de l'individu, les romans réalistes et les autobiographies font leur apparition ; ils représentent l'homme sous un jour vrai, en tenant compte éventuellement des mécanismes sociaux qui le font agir (comme le fait Diderot en retraçant le parcours de Suzanne Simonin dans La Religieuse). Cf ce que nous avons dit sur le roman-mémoires au XVIII° siècle.

d) Les Lumières développent une conception universaliste de l'Homme. Les auteurs réfléchissent à la place de ce dernier dans le « tout » que constitue le monde. Ils comparent les États, les peuples, les coutumes, les systèmes politiques. Ainsi Montesquieu, dans les Lettres Persanes (1721), porte un regard critique sur les Persans et sur le fonctionnement politique des États despotiques situés en Orient. Mais il imagine également que les Persans puissent critiquer la France en observateurs distants. Dans la perspective des Lumières, le monde est un et pluriel à la fois, c'est-à-dire que les hommes, par-delà leurs différences, ont des aspirations communes et une certaine manière d'être au monde qui font d'eux des sujets politiques universels.

2- Qui sont les grandes « figures » des Lumières ?

En France, on peut distinguer Montesquieu, Diderot et Voltaire (nous dirons également un mot de Rousseau).

a) Montesquieu publie anonymement les Lettres Persanes en 1721. Dans ce roman épistolaire, qui prend la forme d'une correspondance fictive entre deux voyageurs persans, il propose une satire de la société française. Il se présente, dans la préface de ce livre, comme le simple « traducteur » des lettres afin d'éviter la censure. Il est également connu pour sa réflexion politique. Dans L'Esprit des Lois (1748), ouvrage publié à Genève, il défend l'idée d'une séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire). Ses idées ont permis de définir les grands principes de nos démocraties occidentales. On le considère aussi comme le fondateur de la science politique moderne.

b) Diderot réfléchit notamment au problème de la liberté et du déterminisme dans Jacques le fataliste (1765). Il critique dans La Religieuse (1760) l'institution conventuelle et la persécution menée par les soeurs contre Suzanne, héroïne que ses parents ont contrainte à devenir religieuse sans qu'elle en ait la vocation.

c) Voltaire est considéré comme le « chef de file » du parti philosophique. Son nom reste attaché au combat qu'il a mené contre le fanatisme (qu'il appelle « L'Infâme »). En combattant l'intolérance religieuse, Voltaire défend le droit des hommes au bonheur. « Si vous avez deux religions chez vous, écrit-il, elles se couperont la gorge ; si vous en avez trente, elles vivront en paix » . Il s'est illustré dans des affaires célèbres : affaire Calas, affaire du chevalier de La Barre. C'est pour la réhabilitation de Jean Calas qu'il a écrit le Traité sur la tolérance (1763).

On peut également mentionner Rousseau, même si ce dernier occupe une place à part dans le mouvement. Comme ses contemporains, Rousseau défend la liberté de pensée et réfléchit à une société plus juste. Mais contrairement aux autres penseurs des Lumières, il n'est pas convaincu que le progrès des sciences entraîne nécessairement chez l'homme une meilleure conduite, ni que le « progrès moral » existe (Discours sur les sciences et les arts, 1749).

Source : exposition en ligne "Lumières ! Un héritage pour demain", proposée par la BNF. 

L'humanisme, un mouvement européen

A télécharger :

La fiche de Julien sur l'humanisme (envisagé comme mouvement européen). La liste des auteurs est à compléter.

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