Ils ont 15 ans, la vie devant eux.

Un samedi soir, ils organisent une petite fête dans l'appartement de Caroline. Musique, boissons, chips, jeux et rigolades.

 

Jusqu'à ce balcon.

Et le corps de Caroline qui, sous leurs yeux, bascule en arrière, puis s’écrase au bas de l’immeuble, disloqué.

Ses amis seront à jamais traumatisés par cette soirée. 

Ils formaient une petite bande de copains et ils étaient six.

Ils vont se perdre de vue, tenter de faire le deuil et d’accepter, chacun de son coté.

 

Plus jamais l'un ou l'autre n'a reparlé de Caroline et de ce samedi soir tragique.

Car au fond d'eux, chacun s'en veut et porte une douleur irréparable.

 

Il y a Alex dont la vie est rongée par les remords et la culpabilité car il a refusé un baiser à Caroline ce fameux soir, et qui depuis tente de vivre l’instant présent au maximum.

"Qu'on ne vienne pas me dire qu'on a le temps, qu'on ne me dise pas ça, moi j'ai des preuves, je sais qu'on meurt demain ou ce soir, que demain c'est déjà trop tard, que demain je suis vieux, je sais parfaitement ça, j'ai vu Caroline tomber du balcon, je l'ai vue mourir et vraiment quand on voit ça, à mon avis, on a pas envie de passer des années entières de sa vie à regarder Navarro ou l'Instit".

 

 

Titou, qui "déraille" après avoir perdu son amie d’enfance, lui et Caroline se connaissaient et s’adoraient tellement ...

"Je me suis dit ça, qu'on mourrait chaque fois un peu, quand les autres mourraient, quand ceux qu'on aimait mourraient, comme si au final nous n'étions constitués que de ça. Des gens que l'on aime. Juste ça et un noyau au milieu. Un noyau dur et sec. Et c'est nous le noyau. C'est pas grand chose au final. On est peu de chose, au final".

 

Marilou, qui a déménagé dans le Nord, et a refait sa vie, dans le but d’oublier.

"Je me souviens de cette rose. Comme elle est tombée sur le tas de roses. Au fond de la fosse. Sur le bois vernis. Puis nous avons fait la queue, pour présenter nos condoléances aux parents de Caroline. Je tenais Sophie. Vraiment je la tenais, j'étais sûr que si je la lâchais, elle s'écroulerait. Et moi-même je n'en menais pas large."

 

Nico, qui ne cherche qu’à  perdre la raison, pour ne plus se souvenir, hanté par le vide laissé par Caroline.

"Caroline n'existe plus que dans nos têtes, dans nos souvenirs et dans nos larmes. Caroline est morte. Il y a un an déjà. Elle avait quinze ans quand sa vie a basculé. Ça s'est passé lors d'une fête entre copains. Elle était là, bien vivante. Et la seconde d'après, elle n'était plus qu'un corps désarticulé sur le béton." 

 

Et surtout Sophie, la meilleure amie, déchirée, qui refuse la fatalité.

« De Caroline, il restait des photos, des souvenirs de rien. Mais ce qui restait gravé, c’était le sentiment, l’os du sentiment que chacun éprouvait pour elle. Une chose indéfinissable et abstraite. Une sensation où s’emmêlent la douceur, un rire, quelques mots indéchiffrables, la sensation de sa main sur la joue ou au creux de la nôtre, la caresse de ses yeux qui se posaient sur nous. Ce qui reste gravé, c’est le lien. Une chose physique. »

 

 

Tous vivent  tant bien que mal avec ce souvenir violent .  

Jusqu’à l’annonce d’une messe anniversaire, un an jour pour jour après cet instant où leur vie à tous a basculé.

 

Dans les cinq chapitres du livre, ils vont évoquer leur amitié et leurs remords, la fameuse soirée, son avant et son après, ces sentiments indélébiles, l'impression de trahison, et cette culpabilité qui ne sert à rien. Et la vie qui continue, malgré tout.

 

Non personne n'y peut rien, Caroline est morte, elle avait quinze ans et cela fait un an déjà. 


                 

Cassandre