04 juin 2013

De la Klausur à l’Abitur

Tandis que les lycéens français doivent encore patienter quelques semaines avant de se confronter aux épreuves tant attendues et redoutées du baccalauréat, leurs homologues allemands sont déjà libérés de toutes leurs épreuves ! Retraçons leurs parcours.

A l’issue de ses cinq premières années de Gymnasium, un élève allemand entre dans la gymnasiale Oberstufe, qui équivaut à nos années de lycée. Bien qu’il demeure dans le même établissement, avec les mêmes professeurs, la rupture n’en est pas moins nette entre les deux phases du Gymnasium. Ainsi les élèves allemands entrent-ils dans la dernière phase qui doit les mener à l’Abitur, le baccalauréat allemand.

Traditionnellement en Allemagne cette préparation se déroulait en quatre ans (le Gymnasium durait alors neuf ans, commençant un an plus tôt et finissant un an plus tard qu’en France). Mais depuis quelques années, la plupart des Länder, qui disposent d’une grande autonomie dans le domaine éducatif, ont décidé de la raccourcir à trois ans, tant pour des raisons d’économie que dans un souci d’harmonisation européenne. Néanmoins cette réforme rencontre une certaine résistance, notamment chez les parents d’élèves. Les arguments avancés en faveur d’une scolarité secondaire plus longue ont du poids : une plus grande maturité pour les élèves entrant à l’université, des journées moins chargées qui permettent de poursuivre des activités sportives ou musicales, d’avantage de possibilités de partir un semestre voire une année à l’étranger.

Le Nordrhein-Westphalen a mis en place l’Abitur en trois ans. La grande autonomie des Länder et des établissements rend la chose assez complexe, certains établissements proposant encore une préparation en quatre ans, les deux coexistant parfois dans un même établissement ! Au Hardtberg Gymnasium, c’est une année de transition car les deux systèmes coexistaient cette année, il y avait donc deux niveaux différents passant l’Abitur !

Désormais, la gymnasiale Oberstufe commence par la Einführungsphase (ou EF, l’équivalent de la classe de Seconde), lors de laquelle le système se modifie dans l’optique de l’Abitur. Les élèves ne sont plus répartis en classes fixes avec un programme commun, mais choisissent un certain nombre de matières, en plus des matières obligatoires (allemand, LV1 et maths). Par ailleurs, les élèves choisissent s’ils souhaitent être notés à l’écrit et à l’oral ou uniquement à l’oral. Les élèves qui choisissent l’écrit doivent alors composer des Klausuren (soit des devoirs sur table), qui se déroulent dans un cadre très formel. En effet, les professeurs ne choisissent pas la date de leurs devoirs qui est fixée selon un planning très précis, organisé par un professeur référent. La Klausur a lieu dans une grande salle de devoirs et les élèves signent une feuille de présence. Quant aux absents, ils doivent présenter un certificat pour justifier leur absence, sous peine de ne pas se voir proposer un Naschreibetermin, une session de rattrapage ! A charge pour le professeur concerné de composer un nouveau sujet.

Le contenu de la Klausur elle-même est conçu sur le modèle de l’Abitur. En histoire, par exemple, il s’agit d’un commentaire de texte ou parfois d’une image (affiche, caricature). Les questions, au nombre de trois, suivent toujours la même démarche : le document est d’abord présenté et expliqué en détail, puis il est replacé dans une perspective plus générale, à l’aide d’une question de connaissances, et enfin il fait l’objet d’un jugement dans lequel l’élève doit évaluer le point de vue et la portée historique du document.

Une fois passée la EF, les élèves débutent les deux années (Q1 et Q2), qui vont les mener à l’Abitur. Ils sont vite plongés dans cette préparation car, en Nordrhein-Westphalen, la note de l’Abitur est composée pour les deux tiers du contrôle continu et pour un tiers seulement des quatre épreuves du contrôle terminal (trois écrits et un oral). Autre particularité du système allemand, il n’existe pas de classes différenciées selon les filières, mais les élèves choisissent leurs matières à la carte. Trois restent néanmoins obligatoires, à savoir les mathématiques, l’allemand et une langue vivante. Les quatre à cinq autres matières sont choisies librement. C’est là que ça se complique… Parmi ces sept à huit matières, il faut choisir deux Leistungskurse (qu’on pourrait traduire par « cours renforcé » ou « spécialité ») pour lesquelles l’horaire est de cinq heures par semaine (des heures allemandes de 45 minutes naturellement !). Les autres matières sont des Grundkurse (des matières de base), dotée chacune de trois heures par semaine.

Ce choix est déterminant, car l’élève présentera obligatoirement ses deux Leistungskurse aux épreuves écrites un et deux de l’Abitur. Il doit ensuite choisir parmi ses Grundkurse lequel il présentera au troisième écrit et lequel à l’oral ! Le contrôle continu concerne bien sûr ces quatre matières et les matières restantes… L’élève choisit ses Leistungskurse à la fin de l’année d’EF, en fonction de ses goûts et de ses notes. Ayant en charge deux classes des quatre classes d’EF en histoire, l’enjeu était important pour moi. Et apparemment, le nombre d’élève ayant choisi l’histoire en Leistungskurs étant assez élevé, l’honneur semble sauf ! On l’aura compris, l’effectif des classes est donc grandement fonction des choix des élèves, certains cours de Q1 et Q2 ne comptent donc qu’une dizaine d’élèves tandis que d’autres atteignent la trentaine.

Après tous ces choix cornéliens, vient le temps décisif des épreuves finales. La part du contrôle continu étant très importante, elle joue un rôle de barrière : l’élève qui n’a pas atteint un seuil minimum de points n’est pas autorisé à se présenter aux quatre épreuves terminales et doit d’emblée se préparer à redoubler son année ! Pas de reconquête du mois de juin en Allemagne, les trois écrits se déroulent très tôt, dès le mois d’avril, et l’épreuve orale début mai.

Mais l’Abitur présente une grande différence avec le baccalauréat français : il n’est pas anonyme ! Les élèves sont corrigés tant à l’écrit qu’à l’oral par leurs propres professeurs… Les sujets d’écrits sont communs au Land tout entier. Le professeur corrige donc ses élèves, puis une double correction est effectuée. Si les deux professeurs sont d’un avis divergent, ils doivent bien entendu se réunir afin de s’accorder sur une note définitive.

J’ai pu observer de près le déroulement des épreuves orales car j’ai été sollicité pour faire partie du jury d’histoire en français (il ne s’agit pas bien sûr de l’Abibac mais de la section bilingue de l’établissement). Pendant trois jours, tout le lycée est mobilisé, à la grande satisfaction des autres élèves qui se retrouvent libérés des cours. Chaque jury interroge neuf à douze élèves par jour, répartis par blocs de trois élèves qui planchent tous sur le même sujet. Chaque jury est composé de trois membres : le président, le professeur référent, qui a eu les élèves en cours et qui prépare les sujets et pose seul les questions, et enfin le professeur greffier qui doit noter consciencieusement tous les propos de l’élève ainsi que les questions du professeur en cas de contestation de la note (c’est le rôle qu’on m’avait attribué). Le professeur référent prépare donc seul ses sujets, mais les trois se réunissent peu avant les épreuves pour en prendre connaissance et y apporter d’éventuels compléments. L’épreuve se déroule deux temps, après un temps de préparation, l’élève commente d’abord un texte ou une image à partir de trois questions (sur le même modèle qu’une Klausur), puis il répond aux questions du professeur référent portant sur d’autres thèmes du programme. A la fin de chaque bloc de trois élèves, il faut se concerter pour déterminer les notes, dont les élèves prendront connaissance le jour même.

Cependant, pour certains, l’année n’est pas encore terminée ! En effet, si une des notes de contrôle terminal présente un écart de points trop élevé, dans un sens ou dans l’autre, en comparaison avec sa note de contrôle continu, l’élève doit passer une épreuve orale de rattrapage au mois de juin.

Comme toutes les longues histoires se terminent bien, un Abiball viendra conclure joyeusement le mois de juillet !

25 mars 2013

L'école à la fête - les fêtes à l'école!

Un élément de surprise dans mon enseignement ici fut de voir à quel point les fêtes entrent dans la vie de l’école. Cela a commencé par Halloween, occasion pour laquelle a été organisée une « soirée » danse en déguisement à l’école pour les élèves (en dehors du temps de cours). Puis pendant Noël, les parents d’élèves offrent traditionnellement des chocolats ou des petits cadeaux aux enseignants. La St Valentin ici ne célèbre pas seulement le couple mais toutes sortes d’amour, d’amitiés, de sentiments affectueux… et cela se traduit à l’école par une journée de chocolats/petits cadeaux que les élèves se font les uns aux autres, ainsi qu’aux enseignants.

Mis à part les fêtes traditionnelles, je trouve aussi mon établissement très ouvert sur toutes les célébrations et évènements ponctuels : la journée de l’innovation s’est traduite par la venue dans l’établissement d’une entreprise allemande qui a expliqué aux élèves leur processus de recherche, le mois de la musique s’est traduit par une scène ouverte à tous les élèves qui souhaitaient effectuer une performance pendant la pause déjeuner, et par un concert offert par un groupe local pour apprendre aux élèves comment les différents types de musique ont évolués au fil des ans et les inviter à jouer, chanter avec eux sur scène. La journée de l’eau a aussi été l’occasion d’organiser une marche pour l’ensemble des élèves et de récolter de l’argent pour qu’une école d'Inde ait accès à l’eau courante.

Les évènements locaux tels que nettoyage de plage, volontariat pour différentes causes, tutorat... sont également encouragés et obligatoires dans une certaine mesure (10 heures minimum à compléter sur l'ensemble de l'année)

Bref, l’école laisse largement rentrer et encourage les évènements de la vie extérieure à faire partie de l’enseignement. Je trouve cela très intéressant et surtout, cela permet aux élèves de sortir d’une certaine routine des cours, de ne pas penser l’école comme un monde clos, séparé du reste de leur vie. Je pense que c’est là un des facteurs qui crée le sentiment d'appartenance à une école/communauté, qui est très différent entre la France et ici.  

01 février 2013

A la réunion !

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En Allemagne, les réunions tiennent une place importante dans la vie de l’établissement. Leur fonctionnement et leurs dénominations locales m’ont conduit à ce petit exposé, par ailleurs assez instructif sur le fonctionnement des Gymnasien allemands. Par-delà les nombreux points communs, ces conseils allemands se distinguent, comme on va le voir, par leur fonctionnement très démocratique.

Ces réunions étant assez longues, entre deux et trois heures en général, elles ont lieu généralement l’après-midi qui est banalisée. Au mois de novembre, le rythme était intense avec pas moins de sept réunions en cinq semaines !

 

« Lehrerkonferenz » (« assemblée des professeurs »). C’est la réunion la plus importante, elle rassemble quatre fois par an en assemblée générale tous les professeurs (plus de soixante-dix au HBG). Son fonctionnement en assemblée est complètement démocratique, sous la présidence de la Schulleiterin (chef d’établissement).

A noter que le chef d’établissement ainsi que son adjoint conservent des heures d’enseignement, généralement deux classes, en plus de leurs fonctions administratives. Ils sont donc aidés par plusieurs professeurs chargés de différentes tâches. On trouve entre autre un responsable des emplois du temps, un responsable de l’organisation des Klausuren (devoirs surveillés au lycée), un coordonnateur pour chaque niveau, de la classe 5 jusqu’au bac, etc. Fermons la parenthèse.

La Lehrerkonferenz a pour fonction principale de décider des politiques et des projets qui dépendent de l’établissement. Comme dans une assemblée classique, les différents projets sont exposés et défendus par un ou plusieurs professeurs, qui en sont les rapporteurs. Une fois le projet présenté, les autres professeurs peuvent exprimer autant qu’ils le souhaitent des arguments pour ou contre, émettre des objections, demander des précisions ou faire des suggestions aux rapporteurs. Le projet est ensuite soumis à un vote à main levée et à la majorité simple de l’ensemble des professeurs présents.

Voici quelques exemples. Les voyages et excursions sont soumis au vote de l’assemblée, et sont généralement acceptés, sauf s’ils apparaissent déraisonnables ! En novembre, les professeurs ont voté l’organisation d’un « Crash Kurs » (un cours de sécurité routière) proposé par le Land de Rhénanie du Nord à l’intention des lycéens. Certaines questions font l’objet de vifs débats, comme le cas du projet « Europa Schule ». Plusieurs professeurs ont proposé que le HBG constitue un dossier pour l’obtention de ce label. Un nombre important de collègues ayant émis des réserves sur les avantages de ce projet, il a été décidé que chaque équipe enseignante en discuterait de manière approfondie et se prononcerait pour ou contre.

Ces Lehrerkonferenzen sont donc très importantes pour la vie de l’établissement et chacun est tenu d’y participer. Ayant le droit de vote dans cette assemblée, j’ai parfois dû trancher sur des sujets tous nouveaux, en espérant avoir compris les enjeux du débat (en allemand bien sûr) : un choix pas toujours facile !

 

« Elternsprechtag » (rencontre parents-enseignants). On est ici en terrain connu. Comme en France, deux fois par an, les parents prennent rendez-vous toutes les dix minutes pour voir les professeurs de leur choix. Seule différence, la langue de Goethe !

 

« Fachkonferenzen » (conseils d’enseignement). Une fois par an (en novembre), les professeurs se réunissent en fonction de leur matière. Chaque professeur enseignant deux matières (parfois trois !), les conseils regroupent souvent une dizaine de professeurs, auxquels s’ajoutent deux représentants des parents et un des élèves de Sekundarstuffe II (le lycée), sous la présidence d’un Fachschaftsvorsitzender (coordonnateur). Là aussi le vote démocratique est de rigueur.

Pour ma part j’ai participé à trois Fachkonferenzen : histoire, géographie et français. Les questions débattues sont assez variées. Elles vont de l’achat de matériel (livres, atlas, vidéoprojecteurs, etc.) sur le budget alloué à chaque discipline à l’attribution des classes pour les stagiaires arrivés en cours d’année, sans oublier les projets propres aux disciplines, comme les différentes actions prévues pour la Frankreichsjahr 2013 (Année de la France).

 

« Beratungskonferenzen » (équivaut à un conseil de mi-trimestre). L’année scolaire allemande est divisée en deux Semester (semestre), eux-mêmes divisés en deux Quartal (trimestre). A l’issue du premier Quartal, soit mi-novembre, les équipes enseignantes des classes de niveau 7, 8 et 9 (de la 5e à la 3e) se réunissent pour faire rapidement le point sur la classe et évoquer les éventuels élèves en difficulté.

 

« Erprobungsstufenkonferenzen » (intraduisible ! sorte de conseil d’évaluation du niveau). Une des particularités du système scolaire allemand réside dans l’orientation précoce (nous y reviendrons). Elle commence dès la sortie de l’Ecole élémentaire, à la fin du niveau 4 (soit l’âge des CM1). Mais pour les élèves entrés au Gymnasium (établissement général), l’orientation ne s’arrête pas là, car lors des deux premières années (5et 6, soit CM2 et 6e), ils peuvent être encore réorientés en fin d’année dans une Realschule (établissement technique). Les Erprobungsstufenkonferenzen tiennent donc lieu de conseil de classe pour ces deux niveaux et ont pour rôle d’évaluer à la fin de chaque Quartal la situation des élèves avant la décision d’orientation en fin d’année. Alors que les élèves de niveau 6 sont une trentaine, ils passent généralement à vingt-cinq ou vingt-six au niveau 7. Ce sont donc des conseils à fort enjeu ! Le fonctionnement est, là aussi, très démocratique et les professeurs votent à la majorité les propositions d’orientation ou les commentaires sur le travail de l’élève.

 

« Zeugniskonferenzen » (un conseil de classe, un vrai !). Je termine par le conseil de classe, un élément plus familier pour les professeurs français. Si vous avez bien suivis, les Zeugniskonferenzen ne s’appliquent qu’à partir du niveau 7 (la 5e)…

Pour les classes de niveau collège, le déroulement en est assez traditionnel. L’équipe enseignante se réunit sous la direction du Klassenlehrer (professeur principal) ; deux points surprenants, cependant : l’absence de représentants des parents, des délégués d’élèves et la présence en nombre des professeurs pouvant aller jusqu’à vingt pour une classe de 4e (les matières étant très morcelées, par exemple physique et chimie ou histoire et géographie sont enseignées par des professeurs différents, la plupart des professeurs ne voient les élèves que pour deux Stunden, soit 1h 30 par semaine).

Plus inhabituelles sont les Zeugniskonferenzen pour les élèves de niveau lycée. Il n’existe en effet pas de classe fixe ! Les élèves pouvant choisir entre les différentes matières, les groupes varient selon les choix… Le professeur coordonnateur de chaque niveau égrène donc les noms de chaque élève : lorsque ce dernier a 4 ou plus (soit 3 à 1) dans toutes les matières, il dit « glatt » (c’est bon), mais signale lorsque l’élève a un 5 ou un 6 (les plus mauvaises notes) dans une matière. Le professeur concerné doit alors rédiger pour l’élève en question une lettre de recommandations pour le semestre à venir.

Le dernier jour du semestre, se déroule la Zeugnisaugabe, la remise des bulletins, par le professeur coordonnateur du niveau ou le professeur principal. Une journée très attendue et parfois redoutée !

 

27 janvier 2013

Le „Hardtberg-Gymnasium Bonn, mit deutsch-französischem Zug“

Après une ouverture par la Grande histoire, revenons à la Petite histoire pour présenter plus en détail les lieux qui m’accueillent en cette année Jules Verne.

Le Hardtberg Gymnasium (que tout le monde abrège ici en HBG, nous suivrons donc la coutume locale) se trouve comme son nom l’indique dans le district de Hardtberg, situé au sud de Bonn. Le district fait partie de l’agglomération de Bonn mais il est doté de son propre Rathaus (mairie) et de son propre conseil municipal. Les bâtiments sont situés au cœur d’une zone résidentielle, et forment un ensemble intitulé le « Hardtberg Schulzentrum » qui comprend outre le Hardtberg Gymnasium, la August-Macke Schule et un grand gymnase.

Le HBG possède trois corps de bâtiment. D’allure très moderne et tout repeint, la réfection est, de l’aveu de mes collègues, assez récente. Il y a deux grandes cours aux entrées dépourvues de portail et entourées de petites grilles ; comme souvent dans les établissements allemands, on peut entrer et sortir très librement. L’arrivée des élèves le matin et les récréations sont simplement surveillées par des professeurs qui se relaient selon un planning. Mais les cours l’après-midi étant assez rares pour les collégiens, il n’y a par exemple pas de surveillance de la cour de récréation à l’heure du déjeuner. Là encore, rien d’original, il n’y a en effet dans les Gymnasien allemands pas de « vie scolaire », ce qui implique ni CPE, ni surveillants, ni salle de permanence, ni heure de colle ! Les professeurs se chargent donc de certaines tâches comme la surveillance des récrés, et les secrétariats et la direction de toutes les tâches administratives. Quant à la discipline, elle est entièrement à la charge de chaque équipe enseignante. Les élèves allemands sont finalement beaucoup moins surveillés et on leur laisse une plus grande marge d’autonomie. Cela étant, plusieurs collègues allemands qui ont fait des échanges avec la France  nous envient aussi la « vie scolaire » qui aide les professeurs dans beaucoup de tâches administratives.

 

Comme tout Gymnasium, le HBG accueille dans le même bâtiment des élèves de la classe 5 à la classe 13. Pour l’instant  je décris brièvement les niveaux présents au HBG et je reviendrai prochainement plus en détail sur le système scolaire allemand, qui possède quelques différences sensibles avec la France.

Les élèves de classe 5 ont l’âge de CM2 et les élèves de classe 13 l’âge de nos terminales. La Mittelstuffe (classe 5 à 9) correspond aux années de collège et l’Oberstuffe aux années de lycée (classe 11 à 13). Il y a peu, l’Oberstuffe durait encore quatre ans, mais pour s’aligner sur ses voisins européens, le système a été raccourci d’un an : la classe 10 a été supprimée et les classes 11, 12 et 13 rebaptisées en Einführungsfase (« EF » qui correspond à notre classe de seconde) et Qualifikazionsfase 1, 2, 3, 4 qui correspondent aux quatre semestres de première et de terminale… A l’issue de la classe 13 ou plutôt Q4, les élèves passent l’Abitur, le baccalauréat allemand.

Si le HBG est légèrement excentré de l’agglomération, cela n’empêche pas les élèves de venir d’assez loin, parfois du nord de la ville pour y étudier et profiter de son « deutsch-französischer Zug ». La particularité du HBG réside en effet dans son cursus franco-allemand qui permet dès la classe 5 de suivre un enseignement de français renforcé et à partir de la classe 7 (soit notre 5e) une puis plusieurs matières en français. Ce petit tableau permettra d’y voir plus clair :

 

Anglais

Français

Géographie en français

Histoire en français

Politique et économie en français

Classe 5

2 heures

6 heures

 

 

Classe 6

3

6

 

 

 

Classe 7

4

4

3

 

 

Classe 8

3

3

2

3

2

Classe 9

3

3

2

2

2

 

Au sein de ce cursus bilingue, la géographie en classe 7 et en classe 8 ainsi que l’histoire en classe 8 m’ont été confiées. J’ai également la chance d’enseigner l’histoire en allemand, dans une classe 6 et dans deux classes d’EF (des secondes, si vous avez bien suivi). Juste de l’histoire, et donc pas de géographie ! En Allemagne en effet ces deux matières ont des horaires séparés. De fait, chaque professeur enseigne deux disciplines au choix (parfois trois). Un collègue de géographie enseigne aussi l’éducation physique, un autre les mathématiques. Une collègue d’histoire enseigne l’allemand, trois autres le français, et ainsi de suite, car toutes les combinaisons sont possibles ! Je m’intègre donc dans pas moins de trois équipes disciplinaires : histoire, géographie mais aussi français, puisque je prépare un après-midi par semaine un petit groupe d’élèves volontaires et motivées (que des filles !) au DELF scolaire (diplôme d’études en langue française), niveau B1. Si les élèves n’ont cours qu’un ou deux après-midi par semaine, ils n’en ont pas moins la possibilité de s’occuper grâce à un grand choix d’AGs (Arbeitsgemeinschatf), des ateliers sur la base du volontariat : sport, théâtre, informatique, langues ou musique, sans oublier poterie et jardinage…

Sept classes au total, ce qui fait donc un emploi du temps bien rempli !

20 janvier 2013

Briefing, meeting, training

Les réunions et les formations font partie du quotidien des enseignants de la Green School. Tous les mardis matins de 8h à 8h30 l’ensemble du personnel enseignant et les membres de l’administration se réunissent pour faire le point sur les évènements de la semaine. Le lundi soir de 15h30 à 16h30 ont lieu des réunions d’équipe pédagogique ou des réunions pour les profs principaux de chaque niveau. Quant au jeudi soir ce sont les formations interdisciplinaires qui sont à l’honneur (débats, échanges de point de vue, création d’activité pédagogique à proposer à la classe). L’amélioration de l’enseignement des mathématiques étant une priorité cette année j’ai aussi la chance de participer à des réunions tous les mercredis soirs jusqu’aux vacances de Février. Toutes ces réunions ainsi que le lourd travail administratif imposé aux professeurs anglais me laissent parfois perplexe et je m’interroge souvent sur la place de « l’enseignement réel » dans l’éducation anglaise.

J’enseigne à 7 classes de 4 niveaux différents de la Year 7 à la year 10 (sixième à troisième). J’ai en responsabilité partagée trois classes (j’assure trois heures de cours sur quatre, un collègue se charge de la quatrième heure de cours par semaine), ce qui implique un travail d’équipe assez intéressant. Les classes étant constituées par niveaux, j’ai en charge cinq classes d’élèves les plus faibles et deux classes de très bonnes élèves. Des tests ont lieu tous les trois mois environ donc la progression au sein du collège est commune et très détaillée (ce qui laisse parfois peu de liberté pédagogique).

Mon adaptation à l’enseignement anglais s’est très bien passée. Le rythme des journées est assez soutenu et le travail est conséquent mais l’enseignement à la Green School reste une expérience très intéressante et enrichissante.

18 décembre 2012

A la découverte de Bonn… (1) Le Marché de Noël.

Le mois de décembre voit un peu partout en Allemagne s’installer les Weihnachtsmarkt, marchés de Noël. Cette tradition remonte, semble-t-il, au XIVe siècle, lorsque les marchés de la Saint-Nicolas (le 6 décembre) prenaient place dans les villes du Saint-Empire et d’Alsace pour vendre les derniers produits frais avant la venue de l’hiver. Avec l’époque de la Réforme, ces marchés furent souvent rebaptisés « marchés de l’enfant Jésus », comme le très célèbre Christkindelmärik, marché de Strasbourg, l’un des plus anciens, qui se tient depuis 1570. Ces marchés ont connu un regain de popularité au XXe siècle et ont lieu de nos jours dans toutes les grandes villes d’Allemagne, et même dans les villages.

Bonn ne déroge donc pas à la règle et le marché de Noël s’y est installé sur les plus grandes places de la ville, où s’alignent les nombreuses cabanes en bois, dont certaines sont de véritables chalets, dotés de plusieurs salles et même d’un étage ! Sur la Münsterplatz, la statue de Beethoven s’est vue coiffée d’une petite « grande roue » du plus bel effet.


Si les stands d’artisanat varié (jouets & objets en bois, décorations de Noel, vêtements, etc.) y rencontrent un succès mitigé, les Allemands regrettant parfois leur manque d’authenticité, les stands de nourriture et de boisson, quant à eux, ne désemplissent pas. En semaine, ils offrent une pause-déjeuner bienvenue à beaucoup d’étudiants et de travailleurs du quartier. Aussi bien dans les établissements scolaires que dans les bureaux, la culture de la pause-déjeuner est différente de la France, et bien des Allemands négligent de s’asseoir à midi pour faire un vrai repas et préfèrent grignoter sur le pouce. A la différence culturelle s’ajoute une raison plus pratique : une pause-déjeuner plus courte permet aussi de sortir plus tôt du travail !

Aux côtés des traditionnelles riese Bratwurst (saucisse grillée) et autre currywurst (saucisse en tranche nappée d’une sauce au curry), on trouve aussi les barquettes de champignons à la poêle, les poissons panés dans un brötchen (en sandwich) ou les hausgemachte Kartoffelpfannkuchen mit Apfelkompot (galettes de pommes de terre frites avec de la compote de pomme), et bien d’autres choses encore ! Les desserts ne sont pas en reste, gaufres et crêpes bien connues, mais aussi des Dampfnudel (grosses boulettes de pâte nappées d’une sauce à la vanille et de fruits rouges) ainsi que les poffertjes, de petits blinis sucrés saupoudrés de sucre ou recouverts de cerises au kirch, de nutella, et bien sûr, d’une bonne portion de Sahne (crème).

Toute nourriture qu’il conviendra d’arroser d’un bon Glühwein (vin chaud, ou plutôt bouillant !), de chocolats aromatisés ou encore d’Eierpunsch (punch aux œufs)… avec modération bien sûr.

S’il vous reste de la place, ou que le petit creux de quatre heures se fait sentir, il est encore possible de grignoter un cornet de marrons chauds, de pralines ou une brochette de fruits enrobés de chocolat…

Le week-end, le marché de Noël amène une grande animation en centre-ville. Non loin des rues piétonnes se garent de longues files de cars dont les occupants se dispersent gaiement entre les stands. La proximité de la très touristique Cologne, dont la Cathédrale est le monument le plus visité d’Allemagne, n’est sans doute pas étrangère à cette affluence et les visiteurs peuvent trouver sur le marché de Bonn une atmosphère plus paisible que chez sa grande voisine.


Et lorsque la neige s’en mêle, le succès s’en ressent à peine, ajoutant même à l’ambiance de Noël un je-ne-sais-quoi que l’on ne peut s’empêcher de trouver féerique…

 

29 novembre 2012

„Es lebe die deutsch-französische Freundschaft!“

„Es lebe die deutsch-französische Freundschaft!“ C’est par cette phrase restée célèbre que le Général de Gaulle concluait le discours qu’il prononça au balcon de l’Hôtel de ville (Rathaus) de Bonn le 5 septembre 1962, il y a tout juste cinquante ans, et c’est donc par cette citation qu’il paraît le plus approprié de commencer la présentation de cette année Jules Verne passée dans l’éphémère capitale de l’Allemagne.

Cinquante ans plus tard, l’amitié franco-allemande paraît encore, par-delà les désaccords, fermement établie, mais il était loin d’en aller de même à l’époque où de Gaulle entame son voyage de visite en Allemagne. Le Vieux continent vient à peine de poser les bases d’une toute jeune construction européenne et panse encore les plaies de la guerre.

C’est que le chancelier Konrad Adenauer, ancien maire de Cologne, la métropole voisine de Bonn, et qui préside aux destinées de la RFA depuis 1949, ne voit pas d’un très bon œil l’arrivée au pouvoir, en 1958, de ce Général qui combattit par deux fois l’Allemagne et fut un partisan fervent de la démilitarisation et du désarmement allemand. Quand à de Gaulle il ne fait guère confiance à une RFA et à son chancelier qu’il juge par trop inféodés aux Etats-Unis et à l’OTAN.

Mais après des débuts difficiles, les relations entre les deux chefs d’Etat s’améliorent et un respect mutuel s’installe entre les deux hommes : « Personne, déclare Charles de Gaulle, ne peut mieux que lui saisir ma main. Mais personne ne peut mieux que moi la lui tendre ». En juillet 1962, Adenauer est reçu en France avec tous les honneurs et fait Grand-Croix de la Légion d’honneur. Alors que l’accueil de la population française est cependant plus froid, il n’entame pas la détermination des deux hommes à poursuivre le processus de rapprochement entre les deux pays. Et ce d’autant que le voyage effectué peu après en Allemagne par le Président français, du 4 au 9 septembre 1962, est un immense succès. Partout, la population réserve à de Gaulle un accueil particulièrement chaleureux :

Le 5 septembre, sur la Marktplatz, la place du marché de Bonn, une foule immense se masse pour entendre le discours que le Général prononce, en allemand, au balcon de l’Hôtel de Ville :

« C'est pour moi une joie et un honneur d'être reçu dans votre pays. D'abord, ayant la charge de servir de guide à la France, je me félicite de prendre directement contact, ici même, avec les hommes qui dirigent l'Allemagne, car, dans le monde et au temps d'aujourd'hui, nos deux peuples ont à faire ensemble beaucoup et de grandes choses.

 

Mais rien ne peut m'y encourager mieux que l'accueil magnifique que tous vous voulez bien me faire. Vous voyant aujourd'hui réunis autour de moi, vous entendant m'exprimer votre témoignage, je me sens, plus encore qu'hier, rempli d'estime et de confiance pour le grand peuple que vous êtes, oui ! pour le grand peuple allemand.

 

Soyez sûrs que, dans toute la France, où l'on regarde et où l'on écoute ce qui se passe à Bonn aujourd'hui, c'est la vague de l'amitié qui se lève et qui déferle dans les esprits et dans les cœurs.

 

Vive Bonn ! Vive l'Allemagne ! »

 

Ce discours sera suivi d’une série d’autres, la plupart du temps en allemand, parmi lesquels le non moins célèbre discours à la jeunesse allemande prononcé le 9 septembre à Ludwigsburg. A l’issue de ce voyage on peut dire que le principe d’un traité d’amitié entre les deux pays est acquis. Le Traité de l’Elysée sera ainsi signé le 22 janvier 1963.

 

En ce début d’année 2012, la ville de Bonn et en particulier le Hardtberg Gymnasium (en sa qualité d’établissement doté d’un deutsch-französische Zug, un cursus franco-allemand, j’y reviendrai) qui m’accueille pour l’année, n’ont donc pas manqué de fêter ce fameux jour qui inaugure, pour ainsi dire, les festivités prévues pour les cinquante ans du Traité de l’Elysée et qui vont donner lieu en 2013 à une Frankreichs Jahr, une année de la France.

Toute une série d’actions sont ainsi prévues par la municipalité, par les différents instituts culturels français et bien sûr par les établissements scolaires, et tout particulièrement les écoles qui proposent un enseignement renforcé du français. Les célébrations du 5 septembre se sont concentrées sur les mêmes lieux où de Gaulle et Adenauer étaient passés.

Sur la Marktplatz qui s’étend aux pieds du Rathaus de Bonn s’étaient donc installés divers stands qui présentaient les activités et les partenariats franco-allemands. Le Hardtberg Gymnasium y tenait bien sûr place. Aux côtés des professeurs de français, les élèves de la filière bilingue sont ainsi souvent sollicités pour présenter au public leurs activités au sein du Gymnasium ainsi que leurs voyages en France dans leurs établissements partenaires.

Au Rathaus, le ministre des Affaires étrangères allemand Guido Westerwelle a reçu son homologue français Laurent Fabius afin de participer aux cérémonies. Les deux ministres ont notamment dévoilé une plaque commémorative et quelques élèves choisis ont été invités à l’Hôtel de ville et ont pu s’entretenir avec les ministres. Déjà au cœur du Traité de l’Elysée, la jeunesse demeure l’aspect le plus important de la construction de l’amitié franco-allemande.

Au Hardtberg Gymnasium, l’une de mes collègues, professeurs de français, accueillait Erroc le scénariste de la Bande dessinée Les Profs, qu’elle a rencontré au salon du livre à Paris. Erroc a animé pendant deux jours un atelier d’écriture et de dessin avec les élèves de 08 A (l’équivalent de la 4e). Le mardi 4 septembre, les élèves ont pu travailler avec lui à l’élaboration d’une page de bande dessinée, depuis le scénario jusqu’au dessin. Le mercredi, il a présenté lors d’une conférence en français son métier aux élèves de la filière bilingue et les participants à l’atelier B.D. ont pu exposer leurs travaux à leurs camarades et aux enseignants.

L’accueil d’Erroc a été également l’occasion faire davantage connaissance avec une partie des professeurs de français lors d’un dîner et d’une visite de musée. Cette Frankreichs Jahr devrait offrir la possibilité de participer à plusieurs actions pédagogiques et culturelles avec les élèves de la filière bilingue. Et, en ma qualité de professeur d’Histoire, j’espère avoir l’occasion de sensibiliser mes élèves à l’importance de ces célébrations et à la responsabilité qui nous revient de continuer l’œuvre entreprise par Adenauer et de Gaulle afin de pouvoir affirmer encore pour de nombreuses années „Es lebe die deutsch-französische Freundschaft!“.

 

Quelques liens :

Un extrait du discours du Général de Gaulle à Bonn le 5 septembre 1962 :

http://www.youtube.com/watch?v=dqQdyKbyRXY

La venue de Laurent Fabius à Bonn le 5 septembre 2012 :

http://www.charles-de-gaulle.org/pages/posts/50eme-anniversaire-de-la-visite-du-general-de-gaulle-a-bonn502.php?g=46

26 novembre 2012

Mon travail, concrètement!

Bonjour tout le monde ! Voilà trois mois que je vis cette expérience, j’ai un millier de choses à raconter J. Commençons par vous donner une idée de ce qu’est mon travail ici, professeur d’EPS en Californie !

Nous sommes trois enseignants d’EPS, ce qui n’est pas de trop vu que nous avons 6 classes de 60 élèves ! Nous alternons entre plusieurs organisations : nous diviser les classes, prendre chacun un atelier avec rotations des élèves, ou encore des « master-class » (l’un de nous prend en charge l’enseignement  global et les deux autres font de l’aide individualisée…) Le choix se fait selon les équipements disponibles, le sujet d’enseignement, les spécialités de chacun… Du coup la coopération est très forte entre nous, point extrêmement positif pour moi car j’apprends d’autant plus !

Les élèves ont deux cours d’EPS par semaine. Nous offrons quatre unités d’enseignement, les élèves expérimentent un cours de chaque à la suite, toute l’année :

- Livestrong. Il s’agit d’utiliser les ressources (nombreuses !) de la salle de fitness, ainsi que les ateliers d’extérieurs. A l’intérieur : machines de musculation, vélos elliptiques, ordinateurs pour calculer poids/taille/force maximale/fréquence cardiaque/souplesse… et déterminer si l’élève est dans la «healthy zone.» Il y a aussi une wii et une xbox et les élèves jouent à des jeux sportifs… L’outil informatique est utilisé à son maximum et les élèves adhèrent assez. Personnellement, je reste mitigée sur ces leçons très cadrées « salles de sport », mais si le but est de préparer les élèves à leur vie physique future… il est vrai qu’aux Etats-Unis les memberships des salles de fitness explosent ! Donc s’adapter à cette culture et les préparer à être autonome dans une situation sportive qu’ils ont de grandes chances d’adopter plus tard est forcément intéressant. Transposé en France, j’aimerai surtout garder l’implication que l’on demande à l’élève d’avoir dans l’entrée, l’utilisation, le jugement de données personnelles pour déterminer de sa santé ! A l’extérieur, nous avons des ateliers classiques d’abdos et autres exercices musculaires, de souplesse, de cardio-respiratoire (paliers de course), de « résistance wall », soit des élastiques pour faire travailler les bras et la posture, et le « patch », sorte de parcours. L’aboutissement de ce cycle est la création d’un plan de séance par l’élève, pour lui-même, selon des objectifs personnels qu’il s’est fixés en fonction des résultats/difficultés obtenus pendant l’année.

- Lifetime Sports. Il s’agit de présenter aux élèves les sports collectifs les plus pratiqués aux Etats-Unis et surtout le caractère transversal de ceux-ci. Selon les niveaux, l’enseignement change mais pour résumer, les 6e apprennent beaucoup les techniques et leur transmission dans les différents sports, les 5e se spécialisent dans un sport, les 4e étudient les tactiques collectives. L’aboutissement du cycle est la création d’un jeu par les élèves, réutilisant les notions apprises pendant l’année.

- Adventure Academy. Il s’agit de faire participer les élèves à différents jeux dans lesquels la coopération est toujours mise en valeur. Très différent de l’enseignement de l’EPS en France, où les jeux ne sont utilisés que comme échauffement  ou étape dans l’apprentissage d’un sport. Pour cette unité, il n’y a aucun « sport connu » rattaché, les élèves sont confrontés à des situations différentes à chaque fois, pour lesquelles ils doivent collaborer pour réussir. Des exemples : une course à réaliser reliés par équipe,  jalonnée d’exercices musculaires à se diviser dans l’équipe (ex : 60 abdos pour 3, à se répartir au choix). Une traversée sur le mur d’escalade en relais reliés par un cerceau d’un bras à l’autre. Des jeux de chats et de conquête de terrain par équipes… L’aboutissement de ce cycle est une course pour une œuvre de charité.

- Feel the Rythm. C’est un cycle de danse… mes collègues (hommes) ont été très contents de voir arriver une prof d’Eps spécialiste danse ! Du coup après une courte phase d’observation du cycle danse en place, j’ai eu le droit d’intervenir, de modifier et finalement de transformer complètement celui-ci, pour notre plus grand bonheur à tous J ! C’est très intéressant d’offrir un nouveau point de vue, et de confronter cet enseignement de spécialité à des élèves qui n’ont jamais vécu un cycle de danse comme je le conduis habituellement. Après 5 séances, ils apprécient maintenant vraiment les cours, oui oui, même les footballeurs J et j’ai eu carte blanche pour me diriger vers la construction d’un examen final sous forme de présentation de chorégraphies lors d’une après-midi scénique ouverte aux professeurs, parents et élèves de l’école élémentaire… Je suis très heureuse d’être libre de créer les cours et les projets ainsi au cœur de cet établissement, mes collègues sont également contents d’expérimenter une nouvelle façon d’aborder la danse, les élèves réagissent positivement… une réussite pour l’instant, pourvu que ça continue !

D’une manière générale, l’outil informatique est largement utilisé pendant les cours.  Nous filmons beaucoup les élèves avec nos IPAD (fournis par l’établissement) de manière à pouvoir leur donner des feedbacks instantanés (très utile en danse, en techniques de sports…). Les élèves s’observent eux-mêmes et sont capables de comprendre bien plus vite ce qui va/ce qui est à améliorer.

 

Le mercredi, les cours sont différents. Nous enseignons une unité appelée « Youth Trainers », qui concerne un groupe-classe mélangeant des 6e/5e/4e. C’est très intéressant, et une autre idée que je compte réinvestir en rentrant en France. Le principe : nos élèves deviennent « coachs » d’une équipe d’élèves de l’élémentaire, qu’ils verront tous les mercredis pendant un semestre et à qui ils sont chargés de  faire pratiquer une activité physique. Pendant le premier mois, nous prenons uniquement en charge les collégiens qui, par groupes de trois, doivent  rechercher, débattre, comprendre… l’intérêt de l’activité physique pour les enfants, puis créer des jeux à proposer aux petits selon  des objectifs précis (améliorer les capacités cardio-respiratoires, la souplesse, la coopération…). Une fois les jeux compilés, nous en choisissons 5 chaque mercredi et les collégiens sont en totale autonomie sur la prise en charge du groupe, la présentation des activités, la pédagogie utilisée… pour leur équipe de primaire. Nous indiquons les rotations d’exercices et sommes là si besoin est d’intervenir sur un accident/un problème disciplinaire…

J’aime beaucoup ce concept, qui responsabilise les élèves et surtout leur permet d’appréhender le principe de santé, de bienfait de l’activité physique, le problème de l’obésité infantile aux Etats-Unis… d’une nouvelle manière. Ils découvrent tout d’abord par leurs recherches l’importance de ces sujets, puis s’investissent pour lutter contre. Enfin, lorsqu’ils sont devant leur groupe d’élève, ils expérimentent le fait d’enseigner ou simplement de s’adresser à un groupe, les techniques pour capter l’attention, les présentations de leurs créations ou parfois des créations d’autres groupes avec lesquels ils n’étaient pas forcément d’accord mais qu’il faut soutenir… cela me paraît tellement riche pour tout ce qui leur sera demandé dans le futur ! Et bien sûr, les primaires étant surexcités, c’est fait dans une ambiance sportive et assez joyeuse !

Voilà pour l’EPS obligatoire globalement !

A part ça, nous offrons aussi :

-une lunch league. Les élèves inscrivent leur équipe à un tournoi, le sport proposé évoluant selon les saisons sportives des Etats-Unis (football américain, puis basketball, puis soccer)

- une after-schoo league. Entrainements et compétitions contre les autres collèges du district, dans différents sports collectifs. Cela ressemble à nos AS.

- un running-club, dont moi et une parent d’élève sommes en charge cette année. Il est ouvert le matin avant les cours, les élèves courent sur un parcours autour de l’école, les miles réalisés sont comptabilisés et récompensés dans une certaine mesure. En poursuivant le travail réalisé l’année précédente, j’ai obtenu une bourse de 1000 dollars pour le club et une « press release » pour l’établissement J ! J’essaye actuellement de proposer une évolution en entraînement cross-country une fois par semaine avec participation à des compétitions… Mon objectif est de mettre cela en place pour qu’il tourne bien après les vacances de Noël.

… Et voilà donc l’ensemble de l’offre sportive de mon établissement ! Organisationellement, pédagogiquement… j’apprends beaucoup, je prends des idées à réinvestir plus tard, j’assimile de nouvelles méthodes et j’aime beaucoup le contexte d’échange qui s’est créé entre mes collègues et moi !

… A bientôt !

20 novembre 2012

I was caught, in the middle of a railroad track...?

Salut les croquants, c’est encore moi, tempérez votre enthousiasme svp.

 

By the way j’ai vu ce weekend que vous étiez déjà plusieurs centaines à nous suivre quotidiennement, un grand merci à vous  ! :)

 

Aujourd’hui, je recentre le débat puisque je vous parlerai du système des houses.

 

Comme je l’ai déjà dit, c’est comme dans Harry Potter.

À l’arrivée dans l’établissement (en maternelle pour la plupart des garçons), on attribue à chacun une house particulière, aléatoirement et en veillant à respecter un certain équilibre “démographique”, afin qu’en gros il y ait autant de boys de chaque année dans les différentes maisons.

 

Sauf si un grand frère est déjà passé par là (école de garçons ÇA FAIT QUINZE FOIS QUE JE LE DIS), auquel cas on attribue à tout le reste de la fraterie les mêmes couleurs.

 

Dans Harry Croteur, il n’y a que quatre houses:  Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle, Serpentard (en VO: Gryffindor, HufflePuff, Ravenclaw, Slytherin).

Plus d’infos: http://fr.wikipedia.org/wiki/Poudlard#Les_quatre_maisons et en VO: http://en.wikipedia.org/wiki/Hogwarts#Houses

 

Au Dulwich College, il y en a le DOUBLE (et ouais) soit huit: Drake, Grenville, Howard, Jonson, Marlowe, Raleigh, Sidney, Spenser (en VO: Drake, Grenville, Howard, Jonson, Marlowe, Raleigh, Sidney, Spenser).

Les infos: http://en.wikipedia.org/wiki/Dulwich_College#Boarding_Houses et sur le site officiel: http://www.dulwich.org.uk/college/college-life/houses

 

Par contre, pas de cérémonie d’attribution des maisons avec un chapeau magique et tout le bordel, ça a l’air beaucoup plus procédurier et moins fun ici.

 

Mais alors, “à quoi ça sert ?” me demandez sûrement vous (me demandez-vous sûrement), fébriles, derrière vos moniteurs.

 

Contrairement à ce que pensaient les collégiens versaillais que j’ai contribué à encadrer lors de leur visite ici pour trois semaines (ils ont vraiment le cul bordé de nouilles, immersion totale et tout… ils se rendent pas compte), je pense que ça a surtout des avantages, et que ça ne sert pas à diviser les garçons ou à les monter les uns contre les autres.

 

Chaque gamin a une tenue de sport aux couleurs de sa maison, qu’il revêt chaque fois qu’il fait un autre sport que le rugby pour lequel elles sont similaires.

 

De même qu’il y a un “délégué” par classe, il y a un capitaine de maison par établissement (élémentaire, collège, lycée, traductions libres), élu par les autres, et choisi parmi les plus grands (les cm2 (year 6) dans la Junior School donc), ainsi qu’un vice captain.

 

Même chose pour les profs, un prof par établissement est nommé responsable d’une maison, sur la base du volontariat puisque ça lui rajoute du boulot (ainsi bien entendu que de significatifs émoluments).

 

 Chaque nom de maison est inspiré d’une personnalité anglaise qui a marqué l’histoire; vous connaissez Sir Francis Drake, les autres sont plus obscures mais tout aussi reconnues visiblement. Pour en savoir plus sur les noms originaux, encore un lien, parce que ça mange pas de pain: http://www.dulwich.org.uk/college/college-life/houses/a-short-history

 

Toute l’année, des compétitions sont organisées, et pas seulement en sport. J’ai assisté au traditionnel cross (et oui ici aussi) (sauf qu’ici c’est tellement grand qu’ils sortent même pas de l’enceinte de l’établissement pour courir) des 200 garçons de la Junior School; pour expliquer un peu le système des points, en gros le premier garçon sur les 200 doit apporter à sa maison logiquement 200 points (j’en sais rien, j’imagine, mais je pense que c’était quand même moins) et le dernier… 1 point, MAIS il a contribué quand même au total final de sa maison !

 

Même si ce que j’ai vu jusque là est essentiellement sportif, d’autres compétitions sont organisées, dans les différents domaines dans lesquels ils baignent. Anglais / Mathématiques évidemment, mais aussi eco committee (club d’écologie), échecs, sciences, etc.

 

… et toute l’année le total des points de touuus les boys de touuut Dulwich s’effectue !

 

Pour aboutir à un classement annuel final, sur l’ensemble du Dulwich College (des petits aux très grands, donc) mais aussi par établissement, et le nom de la maison victorieuse sera gravé en lettres d’or sur d’énormes panneaux de bois un peu partout, ainsi que les noms des capitaines par établissement, des achievements spéciaux (accomplissements), etc.

 

Il est à noter également que les élèves peuvent obtenir des house points en classe, s’ils se distinguent d’une façon ou d’une autre, par un travail ou une attitude exemplaire, y compris dans la cour de récréation par exemple.

Ainsi en octobre un ptit blond est venu vers moi alors que je surveillais nonchalamment et m’a tendu fièrement avec un sourire édenté un monceau de merdes de déchets qu’il avait ramassé dans toute la cour, juste pour gratter un house point.

 

Bon à l’époque je savais pas comment ça marchait alors il a rien eu et je pense qu’il a renoncé à trier les déchets depuis, mais voilà

 

Je sais pas vous, mais moi j’aime beaucoup cette idée de houses. Développer une solidarité et une appartenance au groupe à travers le prisme sain de la compétition… sans les inconvénients de l’humiliation, puisque chacun peut contribuer à sa petite échelle à la victoire finale de sa maison sur toutes les autres de l’établissement.

 

D’une manière générale, les anglais valorisent énormément les gamins, pour chaque réussite, même infime, c’en est presque ridicule parfois mais au moins ils ne peuvent pas dire qu’ils ne sont pas soutenus; je sais qu’il y a aussi des diplômes et des tas de machins comme ça; des badges existent à piner (lol) sur leurs vestes de costume (sont en uniforme PUTAIN JE VAIS PAS TOUT RÉPÉTER DIX FOIS) (c'est un peu vulgaire là) pour les délégués, les captains et vice captains de maisons, les membres du comité écologique, les aide-libraires (ils aident la bibliothécaire… je crois), et ceux qui sont particulièrement méritants; ils sont toujours très fiers de les arborer et de les recevoir devant tous les autres boys de l’école sous des tonnerres (pour de vrai) d’applaudissements.

 

Je sais que quand j’ai été élu délégué de ma classe de cm2 en 1995/1996 (… déjà…) j’aurais ADORÉ arborer fièrement un badge “DÉLÉGUÉ CM2”, qui telle l’étoile du shérif, aurait mis tout le monde d’accord quant à mon statut prestigieux et surtout unique, et j’aurais sans doute pu avancer de quelques années mes premières soupes de langues.

 

Avec Laura, on voudrait mettre en place ce système de houses en France; bien sûr elle n’est QUE prof d’eps, mais ça pourrait tout de même être intéressant; évidemment, il faudrait un grand établissement, soit qui couvrirait toute la scolarité de la maternelle au bac comme ici, soit pour moi un énorme groupe scolaire maternelle/élémentaire avec directeur entièrement déchargé (plus communément appelé “usine”).

Évidemment également, avoir huit maisons différentes, ça n'aurait pas de sens. Trois semble être un minimum, deux, c’est débile.

 

Il faudrait leur donner des noms de personnalités qui ont marqué l’histoire de notre pays; je pensais à Michel Leeb, Nadine Morano et Kenza du loft.

 

Ouate doux iou sinneque eubate date ? Les maisons, ça vous dirait / vous aurait dit ?

 

D’autres idées de noms ?

 

C’est cool c’est participatif là et tout

 

Je vous embrasse tendrement

 

Sylvain Smith

16 novembre 2012

They call me Cuban Pete, I'm the king of the rumba beat.

“Ma rue est bourrée de vices, à chacun ses délices, à chacun sa 8.6…” je comprenais pas la dernière référence à 12 ans et c’était pas plus mal.
 
Et en plus c’est pas vrai, ma rue n’est pas vraiment bourrée de vices: pas possible avec les caméras.
 
J’habite à Streatham Hill, un peu comme Jason Statham si on rajoutait un ‘r’ et un ‘e’ après le premier ‘t’, si on changeait son prénom pour ‘Hill’ au lieu de ‘Jason’ (ce qui serait autrement plus classe, du reste) et qu’on le mettait après son nom, à la chinoise.
 
 Streatham Hill, c’est au sud de Brixton (google map les copains), le quartier Jamaïcain. Pendant les JO, c’était un bordel monstre à chaque victoire du dieu Bolt apparement; c’est amusant de voir des vrais dreadeux à tous les coins de rue, des ongles peints aux couleurs du drapeau, des pétards grooooooos comme ca, et des fois, un ou deux excentriques (pour le coin, je veux dire) en queue-de-pie /  haut-de-forme montés sur des grand-bi sortis tout droit du XIXème; j’imagine qu’on n’a pas besoin d’habiter Paris pour être un hipster.
 
Les prêcheurs de rue à la sortie de la Brixton Station sont moins cools, surtout à cause des mégaphones qu’ils utilisent, et qui une fois la dernière tirade achevée, finissent dans les mains du traducteur espagnol (?) qui reprend de plus belle.
 
C’est presque à regretter le roumain de service qui joue (mal) la bamba avec son accordéon à grosses touches sur le quai du B à Châtelet.
 
Sinon, Il y a le Brixton Market aussi, marché couvert, où on peut VRAIMENT acheter de la MORUE SÉCHÉE et autres machins exotiques dont les sacs éventrés sont jetés à même le sol chaque matin; nos ancêtres colonialistes seraient sur les dents.
 
Chaque matin, parce que le Brixton Market ferme la nuit, lui.
 
Contrairement au McDo de Brixton, ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, comme beaucoup d’épiciers  et autres centres commerciaux d’ailleurs, c’est bien pratique quand on rentre à cinq heures du mat’ et qu’on a une petite fringale; faut juste faire attention d’esquiver les deux tiers des rayons remplis exclusivement de junk food à base de farine animale plongée dans les eaux boueuses des étangs de Saclay, qui malgré une réserve ornithologique remarquable, servent quand même à refroidir les réacteurs nucléaires de la centrale du coin.

Et paf.


Ici, l’arabe du coin, il compte vraiment pas ses heures.

À propos l’autre jour mon pote ougandais Ludwig (en fait il est allemand lol) (et prof de français/anglais/allemand à ses heures) me montrait qu’il connaissait l’expression “arabe du coin”, tout en rajoutant qu’il ne comprenait pas pourquoi on disait arabe puisque c’en etait pas toujours, hé; j’ai donc du lui expliquer que c’était un terme générique, que le mot “arabe” ne voulait pas FORCÉMENT évoquer les gens qui venaient des Émirats, mais que c’était plutôt une façon pour nous, français moyens et pétris de suffisance colonialiste (deuxième fois) de les qualifier, parce que bon, c’est quand même bien pratique hein Martine.

Après j’ai enchainé sur une série de blagues entendues aux grosses têtes dont celle du champ de melons ou encore celle de la pollution/solution mais il a pas ri.

C’est sans doute à cause de mon anglais approximatif.
 
La junk food, c’est un peu la religion. Il y a des échoppes entières (une dizaine de mètres carrés chacune) entièrement consacrées à la vente de pop corn chimique, mars toxiques, barbe-à-papa (en pot) transgénique,  snickers anticryptogamiques… (ça fait peur les adjectifs en –ique hein).
 
Et généralement juste en face ya une boutique un peu louche de téléphones.
Ils en vendent, ils en rachetent, ils vendent des coques… ça fait bouge clandestin, mais ils sont efficaces; quand je suis arrivé il me fallait faire marcher une puce T-Mobile pour arrêter de me faire arnaquer pour au moins six mois par ces enfoirés de chez Orange (vous noterez comme je ne barre pas le gros mot dans ce cas précis); je leur ai confié mon téléphone hors de prix, l’un des pakistanais (car c’en était) sorti de sous le comptoir s’en est emparé, a disparu derrière une porte dans la rue d’à côté et n’en est ressorti qu’une heure après, et tout fonctionnait à merveille; je me demande pourquoi ça lui a pris autant de temps par contre, il devait sûrement en profiter pour ramasser l’argent que ses gagneuses avaient amassé la veille ou battre au sang un des chinois clandestins de son laboratoire de méthamphétamine.
 
Mais en fait, j’habite pas à Brixton moi hein, plutôt à Streatham Hill; vous vous souvenez, Jason, tout ça.
 
Remarquez que c’est pas très loin, on sent encore bien l’influence Jamaïcaine/africaine, notamment dans les commerces; basically, le même pattern se repète indéfiniment sur toute la rue; ça donne à peu près ca:
 
Coiffeur pour noirs/ Frippier pour noirs / Kebab (de poulet, ou assimilé).
Et encore une fois: Coiffeur pour noirs, frippier pour noirs, Kebab, etc.
 
Et ça tout du long !
 
Quand j’ai commencé à plus ressembler à rien capilairement parlant à la mi-octobre (c’est-à-dire qu’en intérieur ça va encore, mais dès qu’il y a du vent bon), j’ai vachement hésité à  pousser la porte d’un de ces coiffeurs, parce que je n’éxagère pas, ya vraiment QUE des africains/jamaïcains dedans, clients, professionnels et posters sur les murs.
Ou comment rejouer la scène d’OSS 117 au milieu des aigles de Khéops.
 
Ah j’ai oublié le dry cleaner (lavage à sec bande de nazes) dans mon pattern de boutiques, mais yen a quand même un peu moins.
 
Et le Tesco ou le Sainsbury’s. Tesco c’est l’équivalent de Lidl, Sainsbury’s celui de Daily Monop’, autrement plus classe (deuxième fois bis), d’autant qu’ici on y trouve également les clopes et les médicaments.
 
Et le yaourt par seau et des pleines barquettes de POULET TIKKA, donc tout va bien.

Ah et je suis près du Brixton Garage, un terminus vachement fréquenté de bus (rouges à deux étages oui) qui vont partout, c’est donc très convenient.

Si l’on excepte le fait que toutes les maisons sont strictement identiques, qu’elles n’ont ni rideaux ni volets, de biens étranges robinets (UN robinet d’eau froide et UN robinet d’eau chaude, soit tu te les pèles soit tu t’ébouillantes) et que celle d’en face a perdu son dernier étage à cause d’un incendie le mois dernier, c’est plutôt chouette.

Des photos, des photos, des photos !

Ouais, faudrait.

Votre aimé

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