Quand on regarde le niveau de l’investissement en Nouvelles Technologies, la robotisation de l’industrie, l’absence dans la zone euro de grandes entreprises de l’Internet, l’effort d’innovation, on voit que la zone euro n’est pas montée en gamme. Ceci résulte probablement :

de la faiblesse des compétences de la population active,

d’un modèle économique dominé par l’industrie traditionnelle,

de l’absence en réalité d’un marché unifié pour les biens et services.

Ceci conduit à une position de faiblesse pour la zone euro, en particulier parce qu’elle ne dispose pas de productions et d’entreprises substituables aux productions et aux entreprises américaines dans l’electronique, les services Internet.

Il aurait fallu une stratégie de développement de ces industries et entreprises, au lieu de la stratégie d’ouverture du marché européen aux produits et services des entreprises américaines. La Chine a bien compris cette erreur de stratégie de l’Europe, et veut obtenir son autonomie, en particulier vis-à-vis des Etats-Unis, pour toutes les industries stratégiques.

    

SYNTHÈSE : LA ZONE EURO EST ALORS EN POSITION DE FAIBLESSE, SITUATION QUE LA CHINE VEUT ÉVITER

L’Europe ne dispose donc pas d’entreprises produisant des biens et services substituables aux productions américaines dans les domaines de l’electronique, des services Internet. Ceci met l’Europe en position de faiblesse vis-à-vis des Etats-Unis dans les négociations commerciales : l’Europe ne peut pas pénaliser les entreprises américaines qui lui sont nécessaires puisqu’il n’y a pas d’entreprises européennes produisant les mêmes biens et services.

L’Europe a ouvert ses marchés aux entreprises américaines des Nouvelles Technologies et de l’Internet, au lieu de protéger les entreprises européennes de ces secteurs pour les amener à la taille critique. 

La Chine ne commettra pas la même erreur : le plan « Made in China 2025 » prévoit que la Chine doit devenir autonome pour les machines-outils à commande numérique, les robots, les technologies de l’information, les équipements aéronautiques, les équipements ferroviaires, les véhicules aux énergies nouvelles, la biomedecine, le nucléaire, les nouveaux matériaux, etc...

    

ARTUS Patrick, 24 juillet 2018.