04 décembre 2017

Les vraies différences entre la France et l'Allemagne (décembre 2017)

L'examen de nos handicaps et des atouts de notre voisin nous permettra d'engager rapidement et énergiquement les réformes dont la France a besoin.

Les différences les plus spectaculaires entre la France et l'Allemagne, à l'avantage de l'Allemagne, sont le niveau du chômage structurel et du taux d'emploi, ainsi que les parts de marché à l'exportation et la taille de l'industrie. Les autres différences (balance commerciale, finances publiques...) peuvent être considérées comme des conséquences de ces deux premières différences centrales. Quels sont les facteurs qui peuvent expliquer ces deux écarts fondamentaux entre la France et l'Allemagne ?

Ces deux différences centrales et spectaculaires entre l'Allemagne et la France concernent d'abord le niveau du taux de chômage structurel (probablement 4 % en Allemagne, 8 % en France) et du taux d'emploi (75 % contre 65 %), avec un taux d'emploi plus élevé de 10 points en Allemagne en 2016.

La seconde différence importante entre le France et l'Allemagne est l'évolution des parts de marché à l'exportation et de manière liée la taille de l'industrie manufacturière. L'Allemagne a une part de marché de 9,5 % dans le commerce mondial, de 3,5 % en France; les exportations de l'Allemagne ont augmenté en 20 ans 16 % plus que le commerce mondial, celles de la France 28 % moins. La valeur ajoutée industrielle représente 21 % du PIB en 2017 en Allemagne, 11 % en France.

Système éducatif et compétences de la population active

Les autres différences majeures entre l'Allemagne et la France (la situation du commerce extérieur, 8 % du PIB d'excédent extérieur en Allemagne, 3 % du PIB de déficit extérieur en France, la situation des dépenses publiques) sont des conséquences de ces deux différences centrales : les parts de marché à l'exportation plus élevées de l'Allemagne expliquent son excédent commercial, le taux d'emploi plus élevé explique en partie l'excédent budgétaire.

Comment fondamentalement expliquer les deux différences centrales entre l'Allemagne et la France ? Nous pensons que les deux différences centrales entre l'Allemagne et la France (chômage structurel et taux d'emploi, parts de marché à l'exportation et taille de l'industrie) peuvent probablement être expliquées par quatre facteurs de base.

Il s'agit d'abord du système éducatif et des compétences de la population active. Le système éducatif est de meilleure qualité en Allemagne qu'en France, comme le montre l'enquête PISA (17 % des 15-29 ans en France, 8,5 % en Allemagne), comme le montre la proportion de jeunes déscolarisés et sans emploi.

L'Allemagne forme davantage de scientifiques et tout ceci aboutit à des compétences nettement plus élevées de la population active qui expliquent en partie le chômage structurel plus faible, la taille plus élevée de l'industrie. L'enquête PIAAC de l'OCDE qui mesure les compétences de la population active classe la France parmi les derniers pays loin de l'Allemagne, des pays d'Europe centrale ou d'Europe du Nord, des pays d'Asie.

Effort de modernisation et politique fiscale

La seconde explication est le faible effort de modernisation du capital de l'industrie. Les entreprises industrielles allemandes ont modernisé beaucoup plus vite et profondément leur capital que les françaises, ce qui contribue à expliquer l'écart de performance à l'exportation. Il y a, en 2016, 2,5 robots pour 100 salariés de l'industrie en Allemagne, 1,2 % en France.

Le choix de politique fiscale joue aussi un rôle important. Les choix de politique budgétaire et fiscale faits en Allemagne conduisent à une pression fiscale sur les entreprises et en particulier à des cotisations sociales nettement plus faibles qu'en France (elles représentent 11,5 % du PIB en Allemagne et 5,5 % en France), ce qui contribue à expliquer l'écart entre les taux d'emploi et les taux de chômage structurel. La comparaison des pays de l'OCDE montre bien le lien fort entre le poids des cotisations sociales des entreprises, le taux de chômage et le taux d'emploi.

La formation des salaires

La quatrième explication enfin est la formation des salaires. La formation des salaires est telle en Allemagne que le partage des revenus se déforme en faveur des profits quand la compétitivité-coût et la profitabilité sont faibles (2000-2006), en faveur des salaires quand la compétitivité-coût et la profitabilité sont élevées (2008-2017). On ne voit rien de tel en France, ce qui explique aussi l'écart entre les taux de chômage structurel.

Si la performance meilleure de l'Allemagne, par rapport à la France, en ce qui concerne l'emploi, les exportations, l'industrie, s'explique par le système éducatif et les compétences de la population active, l'effort de modernisation de l'industrie, la pression fiscale sur les entreprises, la formation des salaires; alors les pistes de politique économique et de réforme en France sont assez claires : réforme du système éducatif et de formation professionnelle avec le développement des enseignements scientifiques et techniques, incitations fiscales à la robotisation, réforme fiscale réduisant les cotisations sociales et les impôts sur la production des entreprises, décentralisation de la négociation salariale dans les entreprises pour la rapprocher de la situation de compétitivité et de profitabilité.

Ces réformes sont bien celles que le gouvernement va aujourd'hui normalement mettre en place.

     

ARTUS Patrick, « Les vraies différences entre la France et l’Allemagne », Le Point, mardi 28 novembre 2017, n°201711.

11 novembre 2017

Réforme de la zone euro : le rêve allemand (novembre 2017)

La puissante Bundesbank s'oppose notamment à l'idée d'un budget commun, sauf s'il se limite à financer des investissements transfrontaliers.

« Tous les Allemands ne croient pas en Dieu, mais tous croient en la Bundesbank. » La petite phrase prêtée à Jacques Delors, pendant la phase de préparation de l'euro, en dit long sur l'influence de la banque centrale outre-Rhin. Et on ne peut pas dire que son président, Jens Weidmann, soit très allant à propos de la réforme de la zone euro réclamée par Emmanuel Macron.

Dans un discours prononcé à l'ambassade d'Allemagne, vendredi 27 octobre, à Paris, le faucon francophile - il a fait une partie de ses études d'économie en France - s'est appuyé sur l'exemple typique d'un État fédéral, les États-Unis, pour mieux démonter le plaidoyer français en faveur de la création d'un budget de la zone euro. Une position largement partagée de l'autre côté du Rhin...

    

L'exemple des États-Unis

Les Allemands redoutent par-dessous tout une « union de transfert », c'est-à-dire un budget commun qui financerait de façon récurrente des pays parce qu'ils seraient moins performants. « Des transferts directs s'inscrivant dans la durée ne sont pas nécessaires au bon fonctionnement d'une zone monétaire, c'est ce que montre l'exemple des États-Unis. Au contraire, une division en émetteurs de transfert et récepteurs de transfert risque de miner l'acceptabilité de l'union monétaire dans les différents États membres », rappelle celui qui dirige l'institution basée à Francfort depuis 2011. En clair, les Allemands ne veulent pas payer pour les Grecs, les Italiens ou même les Français.

Jens Weidmann rappelle qu'outre-Atlantique l'absorption des chocs économiques passe davantage par un système de partage des risques privés que par le budget fédéral à la discrétion de Washington. Autrement dit, en cas de crise économique dans le Massachusetts, les pertes des entreprises sont réparties entre leurs actionnaires présents sur tout le territoire américain. Environ 40 % d'un choc économique serait absorbé de cette manière, estime Jens Weidmann, qui s'appuie sur plusieurs études économiques reconnues. 25 % de risques supplémentaires seraient amortis grâce à l'implantation dans d'autres États des banques qui ont prêté aux entreprises et aux ménages en difficulté. En Europe au contraire, ce sont souvent les banques nationales qui accordent des crédits aux entreprises et aux ménages.

    

Refus d'un fonds de stabilisation

Bien sûr, le budget fédéral américain joue un rôle. Mais il n'interviendrait que pour 15 % dans l'amortissement d'une crise économique, via le maintien des transferts sociaux ou la baisse automatique de l'impôt sur les sociétés avec la diminution des profits réalisés par les entreprises. Surtout, souligne Weidmann, les États fédérés sont autonomes financièrement : « Ni le gouvernement fédéral ni d'autres États fédérés n'ont aidé l'État de Californie lorsqu'il se trouvait en difficulté de paiement à la suite de la crise financière. »

Le dirigeant de la Bundesbank affiche également son scepticisme à propos d'un budget de la zone euro, même limité à un rôle de stabilisation face aux chocs économiques, ce qu'Emmanuel Macron aimerait pourtant lui faire jouer.

Les États américains contribuent bien à un fonds pour « les mauvais jours (rainy day fund) » en y transférant leurs excédents budgétaires quand tout va bien, mais c'est uniquement parce qu'ils sont nombreux à ne pas pouvoir s'endetter, surtout quand les choses vont mal, souligne Jens Weidmann. Au contraire, les États membres de l'Union économique et monétaire ont le droit de s'endetter et peuvent mener une politique budgétaire moins rigoureuse en cas de crise. Conclusion : « Les avantages d'un rainy day fund sont bien moins pertinents » en Europe.

    

Restructuration automatique des dettes publiques

La Bundesbank préfère promouvoir une restructuration automatique des dettes publiques des États confrontés à une perte de confiance sur les marchés financiers et qui en appelleraient au fonds de secours de la zone euro existant, le Mécanisme européen de stabilité (MES). Concrètement, le remboursement de tous les nouveaux titres de dette publique serait automatiquement reporté de trois ans lorsqu'un État est contraint de faire appel à la solidarité de ses partenaires. Mais une telle réforme ne va pas sans risque, car elle pourrait renforcer la méfiance des investisseurs envers la dette des États d'Europe du Sud...

La France y est donc opposée. Dans un discours prononcé à Bruxelles jeudi à l'invitation de l'IFO, un institut économique allemand réputé, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a au contraire demandé que le MES intervienne dans des conditions beaucoup plus souples en cas de choc économique dans un pays, par exemple en cas de défiance soudaine des marchés financiers envers un État ou en cas de catastrophe naturelle, c'est-à-dire quand la politique économique de l'État concerné n'est pas en cause. Actuellement, l'État en question doit se soumettre à un programme de réformes drastiques avant de pouvoir être aidé par le MES.

    

Un budget limité au financement d'investissements communs

Mais la France et l'Allemagne peuvent se retrouver sur d'autres points. Jens Weidmann se montre en effet plus ouvert à l'instauration d'un budget qui servirait uniquement à financer des investissements transfrontaliers parce qu'il profiterait à tous les États, y compris aux plus riches. Ces investissements pourraient se porter sur le développement de réseaux communs de communication, d'énergie ou encore de transport.

Le patron de la Buba, comme les Allemands surnomment leur banque centrale, suggère qu'ils puissent être financés par un prélèvement qui s'adapte aux cycles économiques. C'est le cas de l'impôt sur les sociétés (IS) assis sur les profits des entreprises, eux-mêmes très dépendants de la conjoncture. Cela aurait l'avantage d'atténuer la participation des États frappés par une crise. Une telle proposition est compatible avec la volonté d'Emmanuel Macron de financer des investissements au niveau européen. Dans son discours de la Sorbonne, le président de la République avait notamment proposé d'y consacrer « l'impôt sur les sociétés une fois son harmonisation réalisée ». Mais si aucune nouvelle ressource fiscale n'est créée (taxe environnementale, etc.), l'effet se limitera à des économies d'échelle liées au transfert d'investissements nationaux vers la zone euro. L'échelle pertinente pour un budget d'investissements n'est d'ailleurs pas encore tranchée. Ne serait-il pas plus cohérent qu'il fonctionne à l'échelle de l'Union européenne tout entière ?

    

Vers une « union de financements pour l'investissement et l'innovation » ?

Le renforcement du « partage privé des risques », selon la terminologie allemande, semble plus consensuel. En clair, il s'agit d'augmenter les financements transfrontaliers afin de répartir les coûts des défaillances d'entreprises sur plusieurs États en cas de crise économique dans l'un d'entre eux. Le gouverneur de la Banque de France parle d'une « union de financement pour l'investissement et l'innovation ».

L'idée est simple : mobiliser les 350 milliards d'excédents d'épargne privée existants à l'échelle de la zone euro pour financer les entreprises. Mais elle est plus facile à énoncer qu'à traduire dans la réalité. Cela contribuerait à transformer le financement des entreprises européennes, lequel se fait trop par endettement (via les banques ou les marchés obligataires) et pas assez par augmentation des fonds propres. Il s'agit de s'inspirer de l'exemple américain où les entreprises lèvent de l'argent beaucoup plus facilement, que ce soit grâce à la Bourse (actions) ou via des fonds d'investissement.

Pour Jens Weidmann et François Villeroy de Galhau, une telle transformation requiert une harmonisation du cadre des faillites des entreprises, variable d'un État à l'autre, ainsi que le développement de produits d'épargne européens qui incitent les épargnants à investir dans les entreprises, ce qui suppose de bloquer leur argent plus longtemps.

     

Décourager la détention de dette publique nationale par les banques

Un tel projet passe également par une consolidation du secteur bancaire afin de constituer des banques véritablement transeuropéennes. Pour l'heure, celles-ci restent encore essentiellement d'essence nationale.

Pour éviter qu'une crise économique ou financière ne débouche sur un tarissement du crédit aux entreprises et aux ménages, une garantie européenne des dépôts des banques est jugée indispensable. Le chantier est en cours au travers de la construction de l'Union bancaire. Mais, là encore, l'Allemagne se montre très réticente. Pour le président de la Bundesbank, une telle garantie n'est pas envisageable tant que les banques seront gavées de dette publique de leurs États respectifs. Il faut donc exiger des institutions financières qu'elles mettent de l'argent en réserve (du capital) à chaque fois qu'elles détiennent un titre de dette publique. Actuellement, ces titres sont considérés comme sans risque et ne requièrent donc pas d'argent mis en réserve. La crise grecque a révélé quelle erreur cela avait été. Reste à savoir comment y parvenir sans provoquer de désaffection pour la dette des États et une explosion des taux d'intérêt sur les dettes publiques. Pour l'économiste française Agnès Bénassy-Quéré, se référer aux notes des agences de notation pour déterminer les réserves en capital nécessaires serait très dangereux. La dégradation soudaine de la note attribuée aux États a précipité la crise de la zone euro fin 2010-début 2011.

Vendredi, Jens Weidmann a conclu son discours par une référence à la mythologie romaine. Pour le gouverneur de la Buba, la réforme de la zone euro, pourtant indispensable, s'apparente aux 12 travaux d'Hercule. Le héros avait mis 12 ans pour les achever. Emmanuel Macron et Angela Merkel prendront-ils autant de temps ?

     

VIGNAUD Marc, « Réforme de la zone euro : le rêve allemand », Le Point, vendredi 10 novembre 2017, n°201711.

07 novembre 2017

Zone euro : comment éviter les crises dans le futur ? (novembre 2017)

Dans la zone euro, les attaques spéculatives portent sur les dettes publiques des pays, puisqu'elles ne peuvent plus porter sur les devises des pays. Comment éviter dans le futur le retour d'attaques spéculatives dans la zone euro ?

Le Quantitative Easing avec les achats massifs de la BCE était une arme efficace contre la spéculation, mais il va disparaître en 2018 ;

la mutualisation des dettes publiques anciennes, qui serait aussi efficace, est rejetée par beaucoup de pays ;

il ne reste alors que la solution suivante :

une solvabilité budgétaire forte de chacun des pays qui évite les crises de solvabilité et qui évite la hausse des primes de risque qui viendrait de l'anticipation d'une restructuration des dettes ;

les crises des dettes publiques étant alors des crises de liquidité (sans la solvabilite budgétaire forte, il serait difficile de distinguer entre frise de solvabilité et crise de liquidité), une capacité de réaction de la zone euro aux crises de liquidité sur les dettes publiques (transformation de l'ESM en FMI de la zone euro).

    

SYNTHÈSE : LA SOLVABILITE BUDGÉTAIRE DES PAYS DE LA ZONE EST NÉCESSAIRE.

Il faut éviter qu'une crise spéculative redémarre dans la zone euro. Si :

la BCE va arrêter le Quantitative Easing,

la mutualisation des dettes publiques est rejetée,

une crise de liquidité peut être corrigée par les interventions d'un " FMI de la zone euro ",

alors il faut éviter les crises de solvabilité budgétaire, donc assurer strictement la solvabilité budgétaire de chaque pays.

     

ARTUS Patrick, mardi 7 novembre 2017.

27 octobre 2017

Où va la zone euro ? (octobre 2017)

La zone euro prend une direction nouvelle, plus protectrice, interventionniste et sociale-démocrate. Ce qui n'est pas sans risque, selon l'économiste.

Il paraît évident que le modèle économique de la zone euro évolue dans un sens différent de celui du modèle traditionnel du libéralisme, que nous appelons le « consensus ancien de Washington », sans doute en réponse aux demandes des opinions et à la progression des partis populistes et eurosceptiques. La zone euro est en train de faire évoluer - ou du moins y réfléchit-elle - son modèle économique dans une direction nouvelle, que nous appelons « protectrice-interventionniste-sociale-démocrate ». Elle souhaite avancer vers la coordination fiscale et sociale; elle veut un supplément d'interventionnisme des États et a mis la politique monétaire au service de la croissance. Certaines évolutions sont clairement favorables; il faudrait se demander si d'autres ne peuvent pas nuire au dynamisme économique de la zone euro.

Quels sont les composants visibles aujourd'hui de ce futur modèle économique de la zone euro ? Il y a d'abord le choix de la protection. Elle prend la forme de restrictions aux importations depuis les pays qui pratiquent le « dumping social et environnemental », ce qui concerne essentiellement les pays émergents et la Chine, où les coûts salariaux sont faibles, la protection sociale peu développée, les émissions de CO2 en croissance rapide.

Elle prend aussi la forme d'une surveillance des acquisitions d'entreprises européennes par des entreprises ou des fonds étrangers, particulièrement chinois lorsque ces entreprises européennes sont stratégiques. Il s'agit enfin de limiter la capacité des multinationales de l'Internet (les Gafa) à utiliser l'optimisation fiscale entre les pays de la zone euro (où les taux d'imposition des profits sont très différents, allant de 12 à 34 %), en passant d'un système de taxation des profits déclarés dans chaque pays à un système basé sur le chiffre d'affaires réalisé dans chaque pays.

    

Plan Juncker

La seconde composante de ce nouveau modèle économique de la zone euro est la perspective de progrès vers la coordination fiscale et sociale des pays. Dans un premier temps, il s'agit d'harmoniser les bases de l'impôt sur les profits des sociétés et de réduire le recours aux travailleurs détachés; plus tard, il s'agira de rapprocher les différents taux d'imposition, les règles du marché du travail. Le travail est considérable : le taux de cotisations sociales des entreprises est deux fois plus élevé en France qu'en Allemagne; le salaire minimal et de 435 euros par mois en Slovaquie de 1 480 euros par mois en France.

Enfin, ce nouveau modèle économique de la zone euro comprend un supplément d'interventionnisme des États. Le plan Juncker a déjà fortement accru les investissements publics et les participations publiques dans les petites entreprises innovantes. Le projet de création d'un budget de la zone euro impliquera probablement des investissements publics réalisés en commun dans de nouveaux domaines (équipements militaires, énergies renouvelables, éducation et formation...). L'exemple français est ici intéressant : création d'un grand fond d'investissement public, interventions publiques dans la formation des prix agricoles, dans les décisions d'emplois des multinationales.

On peut aussi penser que ce nouveau modèle économique de la zone euro inclut le passage à une politique monétaire dont un objectif central devient le soutien de la croissance et de l'emploi.

     

Recul de la concurrence ?

Quel jugement alors porter sur ce nouveau modèle économique de la zone euro ? Certaines évolutions sont clairement favorables. Personne ne peut s'opposer à la coordination des politiques fiscales et sociales, en raison des risques liés à l'équilibre non coopératif (baisse sans fin de la taxation des facteurs mobiles de production-capital, travail qualifié, de la générosité de la protection sociale); personne ne peut normalement s'opposer à ce que l'Europe surveille la prise de contrôle d'entreprises stratégiques par les non-résidents.

Mais il faut cependant se demander si certaines des évolutions du modèle économique de la zone euro ne peuvent pas nuire à son dynamisme économique. La protection (commerciale ou concernant les acquisitions) peut facilement se transformer en recul de la concurrence, en protection des rentes.

La hausse des investissements publics peut, si on n'y prend pas garde, générer des investissements inefficaces, et la hausse de la pression fiscale, déjà très élevée dans la zone euro (41 % du Produit intérieur brut contre 27 % aux États-Unis). Comment éviter que la création d'un budget de la zone euro et la mise en place de nouveaux investissements publics conduisent à une pression fiscale plus élevée, et non à des transferts d'impôts depuis les pays membres ?

L'intervention des États dans la formation des prix peut créer des distorsions par rapport au fonctionnement normal des marchés; celle dans les décisions d'entreprises (intervention pour éviter les licenciements...) peut décourager les investissements.

      

ARTUS Patrick, « Où va la zone euro ? », Le Point, vendredi 27 octobre 2017, n°201710.

02 octobre 2017

Comment sauver le momentum européen ? (octobre 2017)

Le grand désarroi des démocraties fait de chaque élection un enjeu à haut risque. L'Allemagne, en dépit de sa culture de la stabilité, ne fait pas exception. Angela Merkel accomplira un quatrième mandat. Mais les élections du 24 septembre, que l'on annonçait jouées par avance, sont pour elle une victoire à la Pyrrhus. Son maintien à la Chancellerie n'est acquis qu'au prix d'un recul historique de la CDU-CSU, de la formation d'une coalition fragile et hétéroclite qui devrait rassembler les chrétiens-démocrates avec les libéraux et les Verts, enfin et surtout d'un choc populiste sans précédent depuis les années 1930. L'AfD, qui a réuni 5,8 millions de suffrages, entre en force au Bundestag avec 94 députés. Cette nouvelle donne politique est lourde de conséquences non seulement pour l'Allemagne mais pour l'Europe.

L'Allemagne, contrairement à la France, est en excellente santé économique. Mais cela ne compense pas la hantise du déclassement, la colère devant les inégalités, les doutes identitaires et plus encore la peur de l'immigration et de l'insécurité dans un pays qui a accueilli 1,3 million de réfugiés venant du Moyen-Orient et d'Afrique. Cela ne suffit pas à enrayer la décomposition des partis et de la classe politiques traditionnels qui ne se renouvellent pas assez vite. Ces enseignements méritent d'être entendus dans la perspective des élections italiennes de février 2018.

Même si elle excelle dans la conduite des coalitions qui, contrairement au Royaume-Uni, sont au coeur des institutions et de la culture politiques allemandes, Merkel voit son autorité profondément affaiblie en Allemagne comme en Europe, car ce sont les valeurs et la méthode dont elle se réclame qui ont été sanctionnés.

Macron compte également parmi les grands perdants. L'Allemagne de Merkel, avec laquelle il avait négocié un accord sur la refondation de l'Union, était le pivot de sa stratégie politique. La relance de l'Europe fut l'étendard de la campagne présidentielle. La réforme du modèle économique et social français a été présentée non pas comme l'outil du redressement national mais comme le moyen de convaincre l'Allemagne de transformer l'Europe. D'où une cascade de propositions, développées dans les discours de la Pnyx puis de la Sorbonne, tendant à accélérer l'intégration européenne pour instaurer un véritable fédéralisme : transformation de la zone euro en une union de transfert avec un budget commun ouvrant la voie à la mutualisation des dettes ; convergence sociale et fiscale avec les taxes sur le carbone et les transactions financières ; investissement dans le numérique ; politique de l'environnement ; contrôle des frontières et des migrations ; création d'une défense autonome et d'une force d'intervention commune.

Cette stratégie est largement mise en échec par l'élection allemande. Merkel n'a plus la légitimité pour imposer à la future coalition une refondation de l'Europe dont le coeur était la conversion de la zone euro en une union de transfert. Le socle d'un nouveau projet européen se déplace vers la sécurité, qui pourrait fédérer le nord et le sud, l'est et l'ouest du continent. Mais un important passif a été accumulé dans ce domaine avec les choix budgétaires de 2017 et 2018 qui compromettent la remontée en puissance de nos armées et interdisent à la France de respecter l'objectif de consacrer 2 % de son PIB à la défense en 2025.

En l'absence de reconfiguration de la zone euro qui devait accélérer sa reprise, la France devra se réformer seule et ne pourra compter que sur ses efforts pour dynamiser la croissance et l'emploi. L'amélioration de la conjoncture ne suffira pas à répondre aux problèmes structurels de la perte de compétitivité, du chômage de masse et de la dérive des finances publiques ; seules des réformes profondes peuvent impulser un rattrapage durable. Or si les ordonnances sur le travail ouvrent la voie à un nouveau contrat social dans le secteur privé, le projet de loi de finances pour 2018, tout en desserrant le carcan fiscal sur ménages et entreprises, sanctuarise l'État dans ses dépenses (425 milliards d'euros), ses effectifs, son déficit (83 milliards) et sa dette (émission record de 195 milliards).

Il est très positif que la France, après une longue éclipse, s'exprime en Europe et sur l'Europe. Mais les mots, comme l'a montré Barack Obama, ne sont rien sans les moyens de la puissance et la capacité à agir. Merkel n'a plus les moyens politiques de ses intentions. Macron ne dispose pas des moyens économiques de ses ambitions. La première ne pourra faire preuve d'audace sur l'Europe que si le second se montre radical dans la transformation de notre modèle économique et social qui relève plus que jamais d'un Agenda 2010 à la française.

     

BAVEREZ Nicolas, « Comment sauver le momentum européen ? », Le Figaro, lundi 2 octobre 2017, n°22750, p. 21.

15 septembre 2017

L'Europe au pied de la Pnyx (septembre 2017)

Au lendemain des élections allemandes, l'Union devra choisir entre refondation et décomposition.

En 1959, André Malraux avait salué l'illumination de l'Acropole en rappelant que la Grèce de Périclès avait créé un type d'homme qui n'avait jamais existé, « dressé pour la première fois, en face de ses dieux (...) et du même coup dressé en face du despote ». Près de soixante ans plus tard, Emmanuel Macron, depuis cette même colline de la Pnyx, a appelé à une refondation de l'Europe autour de la reconquête de sa souveraineté, de la revitalisation de la démocratie, du rétablissement de la confiance entre les Etats-membres et les citoyens. Au-delà des symboles et des images, le choix d'Athènes pour exposer les principes d'une refondation de l'Europe est légitime. La Grèce est en effet en première ligne face aux chocs qui s'abattent sur l'Union depuis la fin des années 2000 en même temps qu'elle a cristallisé ses échecs.

La Grèce fut l'épicentre de la crise de l'euro. Or, en dépit du plus vaste plan de restructuration de l'Histoire, qui a monopolisé l'agenda européen et mobilisé 250 milliards d'euros d'aides et plus de 120 milliards d'euros de concours de la BCE, le pays a perdu 27 % de sa richesse nationale; le niveau de vie est revenu vingt ans en arrière; la dette publique, qui s'élève à 180 % du PIB, reste insoutenable; le secteur bancaire reste plombé par 106 milliards d'euros de créances douteuses. Simultanément, la Grèce fut la principale porte d'entrée en Europe pour les migrants, avant la fermeture de la route des Balkans, et accueille aujourd'hui plus de 60 000 réfugiés bloqués sur son territoire. Elle est la cheville ouvrière de l'accord passé en 2016 entre l'Union et la Turquie, dont elle subit le basculement en démocrature islamique.

Aujourd'hui, la Grèce participe de la nouvelle donne qui point en Europe. Elle est sortie de récession et renoue avec une croissance de 1,8 %. Le taux de chômage a été ramené à 21 %. Elle a effectué, le 25 juillet, son retour sur les marchés financiers en levant 3 milliards d'euros. L'accord avec l'Eurogroupe et le soutien du FMI ouvrent la voie à une restructuration de la dette. Dans le même temps, la zone euro affiche une croissance de 2,2 %, un taux de chômage ramené à 9,1 %, une baisse du déficit et de la dette publics à 1,4 % et 89,5 % du PIB. La nette reprise de l'Europe méridionale et orientale réduit les divergences en son sein.

Ce moment européen ne doit pas être perdu. L'amélioration de la conjoncture ne saurait masquer les défis que doit relever l'Union au-delà même du Brexit : la pérennité de la zone euro; le vieillissement de la population et l'intégration des jeunes; le flot des migrants et la maîtrise des frontières; la lutte contre le terrorisme; la pression des démocratures russe et turque; la dérive de la Pologne et de la Hongrie hors de l'Etat de droit; la remise en question par les Etats-Unis de leur garantie de sécurité.

L'Europe doit choisir entre sa refondation et sa décomposition. Cette orientation décisive interviendra au lendemain des élections législatives allemandes du 24 septembre. Les priorités pour la relance de l'Europe sont désormais connues. Le renforcement de la zone euro, d'abord, à travers la mise en place d'un budget propre et d'un ministre des Finances, l'achèvement de l'union bancaire, la convergence fiscale et sociale. L'affirmation de la souveraineté face aux Etats-Unis et aux géants émergents, ensuite, dans les domaines clés du commerce, du numérique et de l'environnement. La sécurité, enfin, avec pour axes la lutte contre le terrorisme, la protection des infrastructures vitales et le contrôle des frontières extérieures du continent.

Cet agenda européen chemine. Angela Merkel a forcé sa nature et ses principes pour évoquer la mise en place d'un budget et d'un ministre des Finances de la zone euro. Elle réinvestit 2 milliards d'euros par an dans la défense afin de se conformer à l'objectif de lui consacrer 2 % du PIB en 2025. Mais le rapprochement autour de certaines mesures masque des divergences fondamentales qu'il faudra surmonter pour réinventer l'Europe.

Divergence des visions : la France cherche à accélérer la transformation de la zone euro en une union politique de transferts que récuse l'Allemagne, qui, fidèle à l'ordolibéralisme, défend une coopération entre Etats responsables respectant des normes définies en commun et entend ériger le Fonds monétaire européen en gardien de la discipline financière. Divergence des méthodes : la transformation de l'Union passe, pour Angela Merkel, par des traités quand Emmanuel Macron veut mettre l'Europe en marche grâce à des « conventions démocratiques ». Divergence des approches, Paris misant tout sur le couple franco-allemand sans craindre de s'aliéner l'Italie avec la nationalisation de STX ou l'Europe centrale et orientale à propos des travailleurs détachés, tandis que l'Allemagne conserve la préoccupation permanente de la coordination entre la zone euro et l'Union des 27.

Après les élections allemandes, les images et les mots ne suffiront plus; ils devront être traduits en actes. Ni l'Allemagne ni la France n'ont vraiment le choix. Après le Brexit et l'élection de Trump, face aux migrants, au terrorisme, à la pression de la Russie et de la Turquie, Angela Merkel n'a d'autre stratégie que l'Europe et d'autre partenaire que la France. Engagé dans la conversion de l'insoutenable modèle français, Emmanuel Macron ne peut dégager des marges de manoeuvre que par un accord avec l'Allemagne sur le pilotage de la zone euro. Pour tous, le redressement économique et social de la France reste la condition de la renaissance de l'Europe.

BAVEREZ Nicolas, « L’Europe au pied de la Pnyx », Le Point, jeudi 14 septembre 2017, n°2349, p. 16,17.

04 septembre 2017

La croissance de l'économie allemande va-t-elle aussi bien ? (septembre 2017)

La croissance de l'économie allemande est assez forte, l'Allemagne gagne des parts de marché à l'exportation et est au plein emploi avec un taux d'emploi très élevé, a des excédents extérieurs et budgétaires, a des salaires élevés, une activité forte dans la construction, une industrie de grande taille, un endettement en baisse...

Mais on peut cependant s'inquiéter d'un certain nombre d'évolutions en Allemagne :

le taux d'investissement des entreprises est assez faible et la capacité de production de l'industrie stagne depuis la crise ;

les gains de productivité sont très faibles, dans l'ensemble de l'économie et aussi dans l'industrie manufacturière ;

il y a excès d'épargne a la fois des ménages et des entreprises (les profits dépassent nettement ce qui est nécessaire pour financer les investissements).

On peut donc craindre un affaiblissement durable de la croissance potentielle, qui ne résiste aujourd'hui que grâce à un niveau extrêmement élevé d'immigration.

    

SYNTHÈSE : UN RISQUE DE CROISSANCE POTENTIELLE FAIBLE DANS LE FUTUR EN ALLEMAGNE ?

     

S'il y a :

faiblesse de l'investissement des entreprises ;

faiblesse des gains de productivité ;

excès d'épargne du secteur privé affaiblissant de demande puis le besoin d'investissement,

on peut craindre un affaiblissement de la croissance potentielle.

Il ne s'observe pas aujourd'hui malgré la faiblesse des gains de productivité, mais la croissance potentielle est soutenue seulement par l'importance de l'immigration qui fait progresser rapidement la population active, ce qui n'est pas soutenable à long terme.

      

ARTUS Patrick, lundi 4 septembre 2017.

06 août 2017

L'accord CETA de libre-échange avec le Canada appliqué provisoirement au 21 septembre (juillet 2017)

Cet accord est censé, selon Bruxelles, supprimer 99 % des droits de douane entre l’Union européenne et le Canada.

L’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Canada (CETA) va être appliqué « provisoirement » à partir du 21 septembre, ont annoncé les deux parties samedi 8 juillet dans un communiqué commun.

  

Le président de la Commission Jean-Claude Juncker et le premier ministre canadien Justin Trudeau, qui assistaient tous les deux au G20 à Hambourg (Allemagne), se sont mis d’accord sur cette date, soit un peu moins d’un an après sa signature.

Cette application « provisoire » de l’Accord économique et commercial global (AECG, ou CETA pour son acronyme anglais) se fait en attendant une pleine entrée en vigueur du texte une fois que tous les parlements des pays membres de l’UE l’auront voté. Bien que le traité ait déjà été approuvé par les chambres canadienne et européenne, le passage par les parlements nationaux et locaux pourrait prendre plusieurs années.

    

Des chapitres de l’accord exclus

L’accord, un épais document de 1 600 pages négocié pendant sept ans, doit selon Bruxelles supprimer plus de 99 % des droits de douane avec Ottawa, et faire progresser de 25 % le commerce de l’Union avec le Canada, son 12e partenaire commercial. L’entrée en vigueur provisoire concerne essentiellement les dispositions relevant de la compétence exclusive de l’UE.

Parmi les chapitres provisoirement exclus, se trouve notamment l’un des points les plus sensibles de la négociation : la possiblité donnée à une multinationale investissant à l’étranger de porter plainte contre un Etat qui adopterait une politique publique contraire à ses intérêts, afin de demander réparation, auprès d’un tribunal d’arbitrage.

« Il est important que nos entreprises et citoyens, les vrais gagnants de cet accord, commencent à récolter les bénéfices sans plus attendre », ont commenté Jean-Claude Juncker et Justin Trudeau.

     

« L’accord CETA de libre-échange avec le Canada appliqué « provisoirement » au 21 septembre », Le Monde, 08 juillet 2017.

CETA : le Conseil constitutionnel valide le traité commercial UE-Canada (juillet 2017)

Saisi en février dernier par une soixantaine de députés, le Conseil des sages a estimé le traité commercial UE-Canada conforme à la Constitution française. Le CETA doit entrer provisoirement en vigueur dès septembre, en attendant la ratification par tous les pays européens.

    

Le Conseil constitutionnel a validé ce lundi l’accord économique et commercial entre l’Union européenne et le Canada (CETA), l’estimant compatible avec la Constitution française, à la suite d’une saisine par plus de 60 députés. Les Sages ont jugé que l’accord de libre-échange, approuvé le 15 février par le Parlement européen, ne nécessitait «pas de révision de la Constitution», dans leur décision datant du 31 juillet.

Le Conseil constitutionnel avait été saisi en février par «plus de soixante députés» sur la question de savoir si cet accord, consistant à créer un marché élargi pour les marchandises et les services, comportait une clause contraire à la Constitution. La saisine portait sur quatre motifs: les «conditions essentielles d’exercice de la souveraineté nationale», le «principe d’indépendance et d’impartialité des juges», le «principe d’égalité devant la loi» et «le non-respect du principe de précaution».

Une entrée en vigueur dès septembre

L’accord de 1.600 pages négocié pendant sept ans doit, selon Bruxelles, supprimer plus de 99% des droits de douane avec Ottawa, et faire progresser de 25% le commerce de l’UE avec le Canada, son 12e partenaire commercial. Le texte va être appliqué «provisoirement» à partir du 21 septembre en attendant une pleine entrée en vigueur une fois que tous les Parlements des pays membres de l’UE l’auront voté. L’entrée en vigueur provisoire concerne essentiellement les dispositions relevant de la compétence exclusive de l’UE.

En France, le gouvernement a nommé début juillet un groupe d’experts chargé de remettre début septembre un rapport destiné à évaluer l’impact du traité de libre-échange sur l’environnement et la santé. Le CETA a été signé en octobre 2016 par le Premier ministre canadien Justin Trudeau et le président du Conseil européen Donald Tusk.

A l’annonce du Conseil Constitutionnel, certains députés qui avaient signé la saisine de Conseil constitutionnel ont affiché leur déception, comme Delphine Batho (PS).

     

« CETA : le Conseil constitutionnel valide le traité commercial UE-Canada », AFP/Le Figaro, 31 juillet 2017.

CETA Accord économique et commercial global (août 2017)

L’accord économique et commercial global (AECG) ou Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA), est le traité établi entre le Canada d’une part, et l’Union européenne — et ses 28 États membres dont le Royaume-Uni — d’autre part, dont les négociations sont conclues le 18 octobre 20134 et qui est signé le 30 octobre 2016 par le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, et le président du Conseil européen Donald Tusk.

Avant sa mise en œuvre, « le texte de l’entente doit être ratifié par les parlements canadiens et ceux des vingt-huit États de l’Union européenne ». Toutefois, une clause prévoit que même en cas de rejet par l’un de ces parlements, l’accord s’applique provisoirement durant trois années.

Un certain nombre de ses dispositions sur le droit d’auteur sont identiques au controversé accord commercial anti-contrefaçon, qui fut rejeté par le Parlement européen, ce qui a soulevé des préoccupations au sein des promoteurs de la liberté sur Internet et des libertés civiles.

Pour Jean Charest, le fondateur de cet accord, cet accord est la « grande porte d’entrée pour les Amériques », ainsi qu’une « voie de passage pour les entreprises qui veulent investir au Canada tout en ayant un accès à l’Europe ».

L’accord de libre-échange chercherait à augmenter de 25 % les échanges commerciaux des biens et services entre les deux parties.

    

WIKIPEDIA, août 2017.

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