La mission sur le terrain est maintenant terminée pour cette année. L’étape suivante consiste à ranger le matériel et prendre soin des échantillons récoltés. A l’abri dans des cartons, la plupart seront rangés dans la salle renfermant toutes les réserves d’archéologie. Certains s’envoleront pour la France dans quelques jours.

Nous sommes le mercredi 7 octobre.

Une partie des locaux du National Museum of Namibia. Au fond on aperçoit le musée de l’indépendance.

Windhoek est une ville en pleine expansion. De nombreux immeubles sont actuellement en construction.

Nous déchargeons les véhicules.

Dans la cour intérieure du National Museum of Namibia.

Le matériel de de fouille et de camping est stocké dans un petit local, attendant la prochaine mission, tandis que les échantillons sont entreposés dans une salle du laboratoire de préhistoire.

J’ai la chance de faire la rencontre de Mathilda Awases. Elle nous fait visiter son laboratoire sur les serpents …

Mathilda à l’entrée de son laboratoire.

Il y a quelques serpents venimeux en Namibie …

Le bureau de Mathilda, avec au mur la peau d’un « anaconda » de Namibie (environ 4 m …)

Ca y est … nous avons vu un Black Mamba !!

Mathilda tenant un Black Mamba de 2 m environ capturé il y a quelques années. Il y a des dizaines et des dizaines de serpents conservés dans des bocaux sur les étagères.

Fiche de capture du Black Mamba
Mathilda nous explique comment elle capture un serpent. D’après la trace repérée dans la nature, elle a une idée de sa taille. Elle dispose sur le sol un petit tonneau avec au sommet un entonnoir en métal. Une fois entré, le serpent est pris au piège. Ensuite elle l’endort avec un produit chimique.

Marion discute avec Mathilda du serpent qu’elle a vu il y a deux jours à Leopard Cave … Nous sommes cernés par les spécimens !

Mathilda est aussi compétente qu’elle est souriante. Malheureusement, elle part à la retraite dans 4 mois et personne n’est là pour prendre la suite. Tant de savoirs qui ne seront pas transmis …

Nous retrouvons peu après Fousy Kambombo, la technicienne responsable des collections d’archéologie.

Fousy et David se connaissent depuis plusieurs années.

Le travail se fait toujours dans la bonne humeur.

La salle des où les collections sont archivées dans des cartons.

Dont cette collection-ci !!

Marion, Florent, Matthieu et David procèdent au tri de tout le matériel rapporté cette année de Leopard Cave. Je leur donne un coup de main. C’est une opération incontournable, et fastidieuse compte tenu de nombre d’échantillons récoltés. Il s’agit de séparer les charbons, les perles, les pigments, les pièces squelettiques du reste, c’est-à-dire du lithique.

Marion à côté de David, Florent et Matthieu au premier plan sont occupés à isoler les échantillons qu’ils souhaitent rapporter en France pour analyse.
Pendant ce temps, Lebo s’occupe des échantillons de sédiments qu’elle a récupérés à Leopard Cave. Elle effectue un tamisage des deux sacs correspondant à chaque prélèvement.

Lebo au tamisage.

Elle obtient deux fractions.
Elle cherche ensuite la présence éventuelle de graines dans le tamis, et le contenu du seau passera à la flottation.

Une graine se cache parmi le sédiment … Cherchez-la !! (Je ne l’ai pas vue du 1er coup moi non plus !) Vous aurez la bonne réponse dans un prochain billet.

Le résultat du tamisage est ensuite brassé dans de l’eau. L’objectif est de séparer les particules de sédiment des charbons et graines : cette étape s’appelle la flottation. Charbons et graines, moins denses que l’eau, tendent à remonter à la surface.

Lebo malaxe le mélange obtenu après tamisage pour bien séparer tous ses éléments les uns des autres. La couleur de l’eau correspond à la couleur de la poussière que nous avons respirée pendant plusieurs jours …
Le contenu du seau est ensuite filtré dans un linge :

Lebo suspend à un arbre dans la cour les sacs pour séchage.

Résidus de flottation suspendus à un arbre pour séchage. Lebo se sert du feuillage pour inscrire provisoirement les références des échantillons !

Pendant ce temps, Florent photographie les objets lithiques ayant pu servir à écraser du pigment.

On remarque l’échelle placée en bas de l’objet lithique.

David établit une liste du matériel qu’il souhaite emporter en France. Cette liste est recopiée par Fousy dans un registre. David récupère l’original de cette liste, qui va lui permettre de faire la demande du permis d’export temporaire. Ce matériel sera restitué à la Namibie après étude au Musée de l’Homme.

Liste du matériel établie par Fousy : 367 sacs d’échantillons dont « animal bones, pigments, beads, charcoal … et bones and teeth » !!
Les échantillons devant servir à la datation sont précisés (for dating), car ils seront en partie ou en totalité détruits à cause de la technique de datation.
Nous reviendrons demain au Museum.

Olivier Enderlin.