Un seul indicateur : l'inflation (janvier 2018)

C'est une année intéressante qui commence. Passionnante même. Après une année 2017 spectaculairement bonne pour les marchés financiers, l'ambiance est à l'optimisme pour 2018. Comme c'est souvent le cas après une année de hausse. Il faut dire que les perspectives économiques mondiales sont au beau fixe partout, même en France; que les facteurs d'inquiétude du début de l'an dernier, comme le Brexit et l'arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis, ne font plus peur aux investisseurs, et que l'argent des banques centrales continue de couler à flots. Dès lors, les prévisions boursières frisent l'euphorie. Le consensus est tel qu'il est difficile d'émettre quelques réserves. Aussi difficile que de critiquer Emmanuel Macron dans un dîner en ville. Je ne vais donc pas jouer les rabat-joie. Mais, à titre personnel, je vais suivre de près cette année un indicateur et un seul : l'inflation. En particulier aux Etats-Unis. L'inflation, cette Arlésienne qu'on annonce depuis des années sans jamais la voir. Si elle continue à rester basse, défiant encore toutes les lois de l'économie, les Bourses mondiales continueront probablement sur leur lancée. Si elle dépasse, durablement, le seuil symbolique des 2%, les banques centrales, et notamment la Réserve fédérale américaine, pourraient être prises à contre-pied et devront augmenter leur taux d'intérêt plus rapidement, ce qui pourrait tempérer l'euphorie boursière. Mais ce n'est pas le sujet du consensus en ce début d'année, même si c'est le mien.?

       

FIORENTINO Marc, « L’indicateur à suivre cette année », Challenges, jeudi 11 janvier 2018, p. 72.