Préparation du bac français pour les ES de Villaroy

Ce blog concerne les deux classes de première ES du Lycée de Villaroy. Il a pour but de faciliter les échanges et d'aborder la préparation des EAF de façon solidaire. Le blog sera le lieu des retours sur les lectures analytiques, sur les lectures cursives ainsi que de façon générale sur les séquences pour une plus grande aisance le jour de l 'oral. Les élèves sont invités à partager leurs fiches de révisions, leurs réflexions et trouvailles diverses. Dans l'espoir que tous nous trouverons un plaisir et un bénéfice à l'utilisation de ce blog...

Méthode de l'écriture d'invention

Fil des billets

A vos souris !

8décembre

Mardi 8 décembre

Atelier d'écriture n°4

L'invention argumentative

L'écriture d'invention peut cacher un véritable sujet de dissertation. Ce qui distinguera les deux exercices sera non pas la valeur ou l'approfondissement des idées, mais leur mise en forme. Souvent l'argumentation devra être développée sous la forme d'un dialogue, d'un article, d'un court essai, etc.

Pour vous entraîner à cette éventualité (et pour ne rien vous cacher, la grande majorité des inventions exigent de l'argumentation), je vous propose de formuler sous forme de mini-dialogue de récit (environ 6 répliques) des idées pour répondre au sujet suivant :

Baudelaire et Chaplin se retrouvent au paradis. Chaplin reproche à Baudelaire d'avoir choisi les mots pour transmettre sa vision du monde, plutôt que l'image (film, peinture, dessin...). Imaginez les arguments de Baudelaire et les réponses de Chaplin.

Exemple :

Baudelaire trembla à l'écoute de la remarque de Chaplin. Après quelques instants de réflexion, il lui répondit en ces termes :
" Je conçois votre intérêt et votre préférence pour l'image, mais je crois que l'image guide plus le lecteur, laisse moins de part à son imagination.
- Cher ami, l'image, si elle guide l'imaginaire, permet au moins de conduire le spectateur plus rapidement à la justesse du message.
- Enfin Chaplin, croyez-vous qu'acéder à la justesse du message soit ce qui importe le plus au lecteur ou au spectateur? N'est-ce pas l'effort pour y accéder qui lui apporte le plus d'émotion?
- Je ne crois pas. D'après moi, le spectateur veut comprendre ma vision du monde pour la confronter à la sienne.
- Enfin la liberté d'interprétation que laissent les mots, leur magie font voyager le lecteur, sentir le monde autrement, et même s'il peine à traduire ce qu'il ressent, il a au moins connu une autre expérience !
- Vous oubliez Charles, que le cinéma permet la même évasion. Les spectateurs pénètrent un monde différent, partagent des sentiments avec les personnages, vivent autrement le temps que défile la pélicule devant leurs yeux..."

C'est à vous !

A vos souris !

1décembre

Mardi  1er décembre

 

Atelier d'écriture n°3

Le poème en prose


Le poème en prose apparaît au 19ème siècle, après des siècles de poésie versifiée. Revendication de liberté, cette forme se rattache par certains aspects à la poésie traditionnelle mais innove sur le plan du rythme, des sons et de la structure.
Alyosus Bertrand serait "l'inventeur" du poème en prose. On pourra lire à ce titre un extrait de son Gaspard de la nuit.

Les marques de la prose :

- Texte en prose, sans rimes ni vers
- Courts paragraphes séparés ou non par des blancs ou de manière continue, sans alinéa.

A la différence d'un extrait de prose, le poème en prose constitue une unité de thème et de sens, et ne fait pas partie d'un texte plus long. On ne le confondra donc pas avec une prose poétique. De plus, chaque poème est défini par un titre, comporte un début et une chute.

Les marques de la poésie :

- Disposition en paragraphes qui rappellent les strophes
- Rythme
- Musicalité, reprises sonores
- Images analogiques et symboliques



Jules Supervielle, Débarcadères, 1922.

Vers la ville

Vers la ville
c'est la descente de la montagne
et de la forêt avec ses tanguantes frondaisons.
Puis la grave rencontre de la verdure et de la cité,
les conciliabules dans les faubourgs, où s'échangent arbres et maisons,
les demeures des hommes se font de plus en plus denses,
ne laissant pénétrer les arbres que sur deux rangs vers les places
où ils forment les faisceaux,
pour reprendre ensuite leur marche jusqu'à la mer qui de ses lames frémissantes coupe la côte,
mais n'empêche pas les îles, ces rappels couverts de palmes naufragées,
ni ces écueils devinés qui tachent d'un violet de ténèbres
le fond
des transparences marines.


A la manière de Supervielle, composez un poème qui exprime un déplacement et l'entrée dans un paysage inattendu. Pensez à utiliser les caractéristiques du poème en prose indiquées plus haut.

A vos souris !

24novembre
Le mardi 24 novembre 2009

Atelier d'écriture n°2

La parodie

Le mot parodie vient du grec parodia, qui signifie "imitation bouffonne d'un chant poétique". La parodie est une forme de pastiche (imitation d'une oeuvre) mais elle est moins un exercice de style qu'un jeu burlesque ou satirique. Les procédés les plus courants sont ceux de l'exagération. Une définition plus stricte nous est donnée par Gérard Genette : la parodie transforme le sujet tout en conservant le style "noble" du texte parodié.

Quelques exemples :

Rabelais a parodié les romans de chevalerie dans ses oeuvres Pantagruel et Gargantua : voyez le burlesque présent dans le chapitre 25 de Gargantua...

Apollinaire a parodié des poèmes de Verlaine. "Il pleure dans mon coeur / Comme il pleut sur la ville ; / Quelle est cette langueur / Qui pénètre mon coeur ?" devient sous la plume d'Apollinaire : "Il flotte dans mes bottes / Comme il pleut sur la ville / Au Diable cette flotte / Qui pénètre mes bottes !"

Vous trouvez aussi des parodies au cinéma : Sacré Graal des Monty Pythons, Shrek de Disney, Qui a tué Paméla Rose de Kad et Olivier... Avez-vous d'autres exemples ? (ma culture cinéma laisse à désirer !)

Voici le texte que je vous propose de parodier :

DON DIEGUE:

Ô rage! ô désespoir! ô vieillesse ennemie !
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?
Mon bras qu'avec respect toute l'Espagne admire,
Mon bras qui tant de fois  a sauvé cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
Ô cruel souvenir de ma gloire passée !
Oeuvre de tant de jours en un jour effacée !
Nouvelle dignité fatale à mon bonheur !
Précipice élevé d'où tombe mon honneur !
Faut-il de votre éclat voir triompher le comte,
Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte ?
Comte, sois de mon prince à présent gouverneur;
Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur :
Et ton jaloux orgueil par cet affront insigne
Malgré le choix du roi, m'en a su rendre indigne.
Et toi, de mes exploits glorieux instrument,
Mais d'un corps tout de glace inutile ornement,
Fer, jadis tant à craindre, et qui, dans cette offense,
M'as servi de parade et non pas de défense,
Va, quitte désormais le dernier des humains,
Passe, pour me venger, en de meilleures mains.

Pierre Corneille, Le Cid, acte I, scène 4.

A vos souris !

17novembre

Vous aurez chaque mardi une proposition d'atelier d'écriture qui a pour but de vous aider à progresser en écriture d'invention. N'écrivez pas un texte trop long, privilégiez la qualité ! Envoyez vos chefs d'oeuvre via les commentaires !

 

Aujourd'hui, mardi 17 novembre :

 

ATELIER D'ECRITURE N°1 - l'acrostiche

Du grec akros, "extrême" et stikhos, "vers", l'acrostiche est un jeu littéraire qui consiste à inscrire verticalement, dans les initiales de chaque vers d'un poème, le nom de l'auteur ou du dédicataire (l'être aimé), ou celui du thème choisi. Présent dans la Bible, les oeuvres latines de Plaute, l'acrostiche est pratique au Moyen Âge par les Grands Rhétoriqueurs, François Villon dans ses balades, au XVIe siècle par les poètes de la cour ainsi que dans la poésie amoureuse moderne. Cette manière détournée de dire a même été utilisée par les résistants pour faire passer leurs messages secrets.

Exemple : "Ombre d'un amour" d'Appolinaire

O mon unique amour et ma grande folie

 

La nuit descend

On y pressent

Un long un long destin de sang.

 

Canular ou non ? Lisez bien cette douce correspondance entre Alfred de Musset et George Sand. Qu'y lisez-vous ?

 

"Quand je mets à vos pieds un éternel hommage

Voulez-vous qu'un instant je change de visage?

Vous avez capturé les sentiments d'un coeur

Que pour vous adorer forma le Créateur.

Je vous chéris, amour, et ma plume en délire

Couche sur le papier ce que je n'ose dire.

Avec soin, de mes vers lisez les premiers mots

Vous saurez que lremède apporter à mes maux."

Réponse de George Sand:

"Cette insigne faveur que votre coeur réclame

Nuit peut-être à l'honneur mais répond à ma flamme."

 

'Source: L'Atelier d'écriture de Franck Evrard, Ellipses

A votre tour !

Présentation de l'épreuve

26octobre

L'écriture d'invention est évaluée sur 16 points.

Il ne s'agit pas d'un pur exercice d'imagination : on évaluera la maîtrise de vos connaissances et compétences. Ainsi, s'il faut s'appuyer sur l'un des textes du corpus, on vérifiera que vous l'avez bien compris et pris en compte. On observera aussi votre aisance à l'écrit, votre capacité à construire un texte agréable à lire et riche en procédés.
 

Quelques questions à vous poser à la lecture du sujet:

*** A quel genre appartiendra mon texte ? Quelles sont donc les caractéristiques génériques que je devrai intégrer ?

*** A quelle personne dois-je rédiger mon texte ? A quel(s) temps ? A qui dois-je l'adresser ?

*** Mon texte comprendra-t-il de la narration, de la description, de l'explication et / ou de l'argumentation ?

*** Quel(s) registre(s) puis-je mettre en place ?

*** De quel(s) texte(s) du corpus dois / puis -je m'inspirer ?

Rappelez-vous que vous serez évalués sur trois critères essentiels:
  1. La langue : orthographe, grammaire, syntaxe, vocabulaire, ponctuation
  2. Le respect du cadre : pas de hors-sujet, prise en compte efficace de la consigne
  3. L'inventivité : la qualité de la réflexion, le nombre d'arguments, l'organisation globale, l'utilisation de registre(s), l'appui visible sur des connaissances, l'originalité, le style

 

"Comme elle doit se prêter à une évaluation objective des correcteurs, l’écriture d’invention doit se fonder sur des consignes claires et explicites. Elle s’inscrit dans le programme défini par les objets d’étude de la classe de première.
Elle peut prendre des formes variées. Elle peut s’exercer dans un cadre argumentatif :
- article (éditorial, article polémique, article critique, droit de réponse...) ;
- lettre (correspondance avec un destinataire défini dans le libellé du sujet, lettre destinée au courrier des lecteurs, lettre ouverte, lettre fictive d’un des personnages présents dans un des textes du corpus, etc.) ;
- monologue délibératif ; dialogue (y compris théâtral) ; discours devant une assemblée ;
- récit à visée argumentative (fable, apologue...).
Mais, lorsqu’elle concerne le genre narratif, elle peut s’appuyer sur des consignes impliquant les transformations suivantes :
- des transpositions : changements de genre, de registre, ou de point de vue ;
- ou des amplifications : insertion d’une description ou d’un dialogue dans un récit, poursuite d’un texte, développement d’une ellipse narrative..."

Source : http://www.lettres.ac-versailles.fr/spip.php?article791