LITTERATURE ET SOCIETE › Le médecin dans la littérature et le cinéma

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08 avril 2019

Analyse de la médecine dans la littérature: Axel, Marie, Louis, Lea

Le médecin malgré lui ACTE II, SCÈNE 2
VALÈRE, SGANARELLE, GÉRONTE, LUCAS, JACQUELINE. 
VALÈRE.— Monsieur préparez-vous, voici notre médecin qui entre. 
GÉRONTE.— Monsieur, je suis ravi de vous voir chez moi: et nous avons grand besoin de vous. 
SGANARELLE, en robe de médecin, avec un chapeau des plus pointus.— Hippocrate dit... que nous nous couvrions tous deux. 
GÉRONTE.— Hippocrate dit cela? 
SGANARELLE.— Oui.
GÉRONTE.— Dans quel chapitre, s'il vous plaît? 
SGANARELLE.— Dans son chapitre des chapeaux. 
GÉRONTE.— Puisque Hippocrate le dit, il le faut faire. 
SGANARELLE.— Monsieur le médecin, ayant appris les merveilleuses choses... 
GÉRONTE.— À qui parlez-vous, de grâce? 
SGANARELLE.— À vous. 
GÉRONTE.— Je ne suis pas médecin. 
SGANARELLE.— Vous n'êtes pas médecin? 
GÉRONTE.— Non vraiment. 
SGANARELLE. Il prend ici un bâton, et le bat, comme on l'a battu.— Tout de bon? 
GÉRONTE.— Tout de bon. Ah! ah! ah! 
SGANARELLE.— Vous êtes médecin, maintenant, je n'ai jamais eu d'autres licences. 
(…)
GÉRONTE.— Ne parlons plus de cela. Monsieur, j'ai une fille qui est tombée dans une étrange maladie. 
SGANARELLE.— Je suis ravi, Monsieur, que votre fille ait besoin de moi: et je souhaiterais de tout mon cœur, que vous en eussiez besoin, aussi, vous et toute votre famille, pour vous témoigner l'envie que j'ai de vous servir. 

 

Le malade imaginaire acte III scene X
TOINETTE
Oui. Que sentez-vous ? 

ARGAN
Je sens de temps en temps des douleurs de tête. 

TOINETTE
Justement, le poumon. 

ARGAN
Il me semble parfois que j'ai un voile devant les yeux. 

TOINETTE
Le poumon. 

ARGAN
J'ai quelquefois des maux de cœur. 

TOINETTE
Le poumon. 

ARGAN
Je sens parfois des lassitudes par tous les membres. 

TOINETTE
Le poumon. 

ARGAN
Et quelquefois il me prend des douleurs dans le ventre, comme si c'étaient des coliques. 

TOINETTE
Le poumon. Vous avez appétit à ce que vous mangez ? 

ARGAN
Oui, monsieur. 

TOINETTE
Le poumon. Vous aimez à boire un peu de vin. 

ARGAN
Oui, monsieur. 

TOINETTE
Le poumon. Il vous prend un petit sommeil après le repas, et vous êtes bien aise de dormir ? 

ARGAN
Oui, monsieur. 

TOINETTE
Le poumon, le poumon, vous dis-je. Que vous ordonne votre médecin pour votre nourriture ? 

ARGAN
Il m'ordonne du potage. 

TOINETTE
Ignorant ! 

ARGAN
De la volaille. 

TOINETTE
Ignorant ! 

ARGAN
Du veau. 

TOINETTE
Ignorant ! 

ARGAN
Des bouillons. 

TOINETTE
Ignorant ! 
{{personn age|Argan}} 
Des œufs frais. 

TOINETTE
Ignorant ! 

ARGAN
Et, le soir, de petits pruneaux pour lâcher le ventre. 

TOINETTE
Ignorant ! 

ARGAN
Et surtout de boire mon vin fort trempé. 

TOINETTE
Ignorantus, ignoranta, Ignorantum. Il faut boire votre vin pur, et, pour épaissir votre sang, qui est trop subtil, il faut manger de bon gros bœuf, de bon gros porc, de bon fromage de Hollande ; du gruau et du riz, et des marrons et des oublies, pour coller et conglutiner. Votre médecin est une bête. Je veux vous en envoyer un de ma main ; et je viendrai vous voir de temps en temps, tandis que je serai en cette ville. 

ARGAN
Vous m'obligerez beaucoup. 

TOINETTE
Que diantre faites-vous de ce bras-là ? 

ARGAN
Comment ? 

TOINETTE
Voilà un bras que je me ferais couper tout à l'heure, si j'étais que de vous. 

ARGAN
Et pourquoi ? 

TOINETTE
Ne voyez-vous pas qu'il tire à soi toute la nourriture, et qu'il empêche ce côté-là de profiter ? 

ARGAN
Oui ; mais j'ai besoin de mon bras. 

TOINETTE
Vous avez là aussi un œil droit que je me ferais crever, si j'étais à votre place. 

ARGAN
Crever un œil ? 
{{personnage| Toinette}} 
Ne voyez-vous pas qu'il incommode l'autre, et lui dérobe sa nourriture ? Croyez-moi, faites-vous-le crever au plus tôt : vous en verrez plus clair de l'œil gauche. 

ARGAN
Cela n'est pas pressé. 

TOINETTE
Adieu. Je suis fâché de vous quitter si tôt ; mais il faut que je me trouve à une grande consultation qui doit se faire pour un homme qui mourut hier. 

ARGAN
Pour un homme qui mourut hier ? 

TOINETTE
Oui : pour aviser et voir ce qu'il aurait fallu lui faire pour le guérir. Jusqu'au revoir. 

ARGAN
Vous savez que les malades ne reconduisent point. 

BERALDE
Voilà un médecin, vraiment, qui paraît fort habile ! 

ARGAN
Oui ; mais il va un peu bien vite. 

 

Mont-oriol deuxième partie scene 1
Le docteur Latonne, l’année précédente, médisait les lavages d’estomac préconisés et pratiqués par le docteur Bonnefille dans l’établissement dont il était inspecteur. Mais les temps avaient modifié son opinion, et la sonde Baraduc était devenue le grand instrument de torture du nouvel inspecteur qui la plongeait dans tous les oesophages avec une joie enfantine. 
Il demanda à Paul Brétigny : 
— Avez-vous jamais vu faire cette petite opération-là ? 
L’autre répondit : 
— Non, jamais. 
— Venez donc, mon cher, c’est très curieux. 
Ils entrèrent dans la salle des douches où M. Riquier, l’homme au teint de brique, qui essayait, cette année-là, les sources récemment découvertes, comme il avait essayé, chaque été, de toutes les stations naissantes, attendait sur un fauteuil de bois. 
Pareil à quelque supplicié des temps anciens il était serré, étranglé dans une sorte de camisole de force en toile cirée qui devait préserver ses vêtements des souillures et des éclaboussures ; et il avait l’air misérable, inquiet et douloureux des patients qu’un chirurgien vient opérer. 
Dès que le docteur apparut, le garçon saisit un long tube qui se divisait en trois vers le milieu et qui avait l’air d’un serpent mince à double queue. Puis l’homme fixa un des bouts à l’extrémité d’un petit robinet communiquant avec la source. On laissa tomber le second dans un récipient de verre où s’écouleraient tout à l’heure les liquides rejetés par l’estomac du malade ; et M. l’inspecteur prenant d’une main tranquille le troisième bras de ce conduit, l’approcha, avec un air aimable, de la mâchoire de M. Riquier, le lui passa dans la bouche et, le dirigeant adroitement, le fit glisser dans la gorge, l’enfonçant de plus en plus avec le pouce et l’index, d’une façon gracieuse et bienveillante, en répétant : « Très bien, très bien, très bien ! Ça va, ça va, ça va, ça va parfaitement. » 
M. Riquier, les yeux hagards, les joues violettes, l’écume aux lèvres, haletait, suffoquait, poussait des hoquets d’angoisse ; et, cramponné aux bras du fauteuil, faisait des efforts terribles pour rejeter cette bête de caoutchouc qui lui pénétrait dans le corps. 
Lorsqu’il en eut avalé un demi-mètre environ, le docteur dit : 
— Nous sommes au fond. Ouvrez. 
Le garçon alors ouvrit le robinet ; et bientôt le ventre du malade se gonfla visiblement, rempli peu à peu par l’eau tiède de la source. 
— Toussez, disait le médecin, toussez, pour amorcer la descente. 
Au lieu de tousser il râlait, le pauvre, et secoué de convulsions paraissait prêt surtout à perdre ses yeux qui lui sortaient de la tête. Puis soudain un léger glouglou se fit entendre par terre, à côté de son fauteuil. Le siphon du tube à double conduit venait enfin de s’amorcer ; et l’estomac se vidait maintenant dans ce récipient de verre où le médecin recherchait avec intérêt les indices du catarrhe et les traces reconnaissables des digestions incomplètes. 
— Vous ne mangerez plus jamais de petits pois, Lisait-il, ni de salade ! Oh ! pas de salade ! Vous ne la digérez nullement. Pas de fraises, non plus ! Je vous l’ai déjà répété dix fois, pas de fraises ! 

Problématique : En quoi ces auteurs utilisent la satire pour décrire, critiquer la médecine ? Et pourquoi ?

 

 Nous avons constitué un corpus de trois textes. Chaque texte abordant la médecine de manière différente.

 

Dans cet extrait du Médecin Malgré Lui, acte 2 scène II, Molière nous offre une satire des médecins de son temps.

Tout d’abord, le respect qu’inspire les médecins est essentiellement lié à leur image et non à leur compétence : pour être considéré comme tel, il faut porter l’habit – puisqu’Hypocrate l’a dit ainsi dans l’antiquité !

Par ailleurs, Molière critique la légitimité du diplôme de médecine, puisqu’ici quelques coups de bâtons suffisent à devenir médecin

Enfin, il critique l’état d’esprit des médecins, qui cherchent à se valoriser eux-mêmes, plus qu’à soigner les patients : Sganarelle se réjouit que la fille de Géronte soit malade, et souhaiterait qu’il en soit de même pour toute la famille afin de pouvoir se rendre utile et donc s’enrichir. Cela montre le paradoxe avec la citation: dans le serment d’Hypocrate, les médecins promettent de se soucier et de préserver la santé de leurs patients, non pas de souhaiter qu’ils soient malades.

 

Dans l’extrait de « Mont-Oriol », on observe une critique envers les médecins.

L’opération est décrite comme une supplice pour le patient, M. Riquier car le médecin utilise des ustensiles non adaptés ( « le garcon saisit un long tube qui se divisait en trois  vers le milieu... »). De plus le patient semble souffrir alors que le médecin prend un malin plaisir à expérimenter sur lui ses méthodes. La scène du lavement nous illustre les médecins comme des escrocs car ils utilisent la source pour s’enrichir.

Enfin, Maupassant développe le vocabulaire de la torture (« étranglé », »suffoquait »...) et multiplie les exagérations pour donner un aspect réaliste de la chose en l’occurrence la caricature des médecins.

 

 

 

Dans « Le malade imaginaire », Molière dénonce et critique la médecine du 17e siècle ainsi que les bourgeois prétentieux. Dans ce texte il met en scène Argant un medecin malade et Toinette une femme. Ce qui est critiqué ici c'est le fait qu'Argan ne puisse pas se soigner lui-même ce qui montre qu'il est incompétent dans son domaine et que Toinette revendique les prescriptions que lui donne le médecin.

 

Cependant, il y a certains points communs que l’on peut noter :

Ces trois textes parlent de la médecine.

Les auteurs cherchent a accentué la vérité pour la rendre comique (satire)

 

En conclusion, dans la littérature, les médecins sont représentés comme des escrocs incompétants ne cherchant qu’à s’enrichir.

Problématique : En quoi ces auteurs utilisent la satire pour décrire, critiquer la médecine ? Et pourquoi ?

 

 

Nous avons constitué un corpus de trois textes. Chaque texte abordant la médecine de manière différente.

 

Dans cet extrait du Médecin Malgré Lui, acte 2 scène II, Molière nous offre une satire des médecins de son temps.

Tout d’abord, le respect qu’inspire les médecins est essentiellement lié à leur image et non à leur compétence : pour être considéré comme tel, il faut porter l’habit – puisqu’Hypocrate l’a dit ainsi dans l’antiquité !

Par ailleurs, Molière critique la légitimité du diplôme de médecine, puisqu’ici quelques coups de bâtons suffisent à devenir médecin

Enfin, il critique l’état d’esprit des médecins, qui cherchent à se valoriser eux-mêmes, plus qu’à soigner les patients : Sganarelle se réjouit que la fille de Géronte soit malade, et souhaiterait qu’il en soit de même pour toute la famille afin de pouvoir se rendre utile et donc s’enrichir. Cela montre le paradoxe avec la citation: dans le serment d’Hypocrate, les médecins promettent de se soucier et de préserver la santé de leurs patients, non pas de souhaiter qu’ils soient malades.

 

Dans l’extrait de « Mont-Oriol », on observe une critique envers les médecins.

L’opération est décrite comme une supplice pour le patient, M. Riquier car le médecin utilise des ustensiles non adaptés ( « le garcon saisit un long tube qui se divisait en trois  vers le milieu... »). De plus le patient semble souffrir alors que le médecin prend un malin plaisir à expérimenter sur lui ses méthodes. La scène du lavement nous illustre les médecins comme des escrocs car ils utilisent la source pour s’enrichir.

Enfin, Maupassant développe le vocabulaire de la torture (« étranglé », »suffoquait »...) et multiplie les exagérations pour donner un aspect réaliste de la chose en l’occurrence la caricature des médecins.

 

 

 

Dans « Le malade imaginaire », Molière dénonce et critique la médecine du 17e siècle ainsi que les bourgeois prétentieux. Dans ce texte il met en scène Argant un medecin malade et Toinette une femme. Ce qui est critiqué ici c'est le fait qu'Argan ne puisse pas se soigner lui-même ce qui montre qu'il est incompétent dans son domaine et que Toinette revendique les prescriptions que lui donne le médecin.

 

Cependant, il y a certains points communs que l’on peut noter :

Ces trois textes parlent de la médecine.

Les auteurs cherchent a accentué la vérité pour la rendre comique (satire)

 

En conclusion, dans la littérature, les médecins sont représentés comme des escrocs incompétants ne cherchant qu’à s’enrichir.

01 avril 2019

La satire des médecins dans les œuvres littéraires- Lucie G, Noa, Lisa et Paul

Nous avons décidé de constituer un corpus composé des trois textes suivants issus des œuvres Mont-Oriol, de Guy de Maupassant, Le Malade Imaginaire de Molière et une œuvre littéraire allemande, Les Physiciens de Friedrich Dürrenmatt.

Nous avons réuni ces textes, car ils nous semblent posséder de nombreux points communs et d’après nous, nous évoquent les médecins d’une manière semblable.

                    Le lien ci-dessous vous dirigera vers le recueil des extraits de notre corpus:

https://docs.google.com/document/d/1pBwKrkER6Pzd_IMasH5aoOW4paM-D4Pvij2nVfvj6nE/edit#

 

Premièrement, dans l’œuvre Mont-Oriol, qui est un roman de Guy de Maupassant, nous avons choisi un extrait dans lequel le docteur Bonnefille prescrit une ordonnance, sous l’œil attentif de Madame Andermatt. Cet extrait se situe dans le premier chapitre de l’œuvre.

Concernant notre deuxième œuvre nous avons choisi Le Malade Imaginaire par Molière, qui est une pièce de théâtre dramatique. Plus précisément un extrait se situant à la scène VI, de l'acte II dans lequel le médecin Mr. Diafoirus effectue une consultation avec son fils Thomas, futur médecin.

Pour compléter et clôturer notre sélection, nous avons retenu une œuvre étrangère, un classique littéraire Allemand, Les Physiciens de Friedrich Dürrenmatt, qui est aussi une pièce de théâtre. Dans cet extrait, l’auteur nous fait part de sa vision des physiciens et des médecins.

 

Nous allons, dans un premier temps, analyser les différents extraits pour relever leurs points communs. Puis, nous verrons que ces textes comportent, tout de même, des différences.

Premièrement, deux des trois œuvres sont toutes deux des comédies. En effet, l’œuvre de Friedrich Dürrenmatt ainsi que celle de Molière sont, toutes deux, des pièces de théâtre.

Deuxièmement, les trois textes nous offrent une vision péjorative des médecins où la satire est utilisée pour les décrédibiliser. Effectivement, dans Mont-Oriol, Mr. Bonnefille prescrit des substances insensées ayant des effets secondaires inimaginables et tous plus fantasques les uns que les autres : “De l’iodure de potassium [...] le laissera, en peu de temps, aussi impuissant qu’imbécile. [...] Du chloral qui rend fou, de la belladone qui attaque les yeux". Ici, le médecin est donc présenté comme une personne saugrenue, qui n’a aucune réelle compétence et qui prescrit n’importe quoi. D’autre part, dans Le Malade Imaginaire le médecin Mr. Diafoirus est également ridiculisé, présenté de la même façon que Mr. Bonne-Fille. Lors de leur consultation, ils utilisent des grands mots pour mettre en avant leurs compétences de médecins, qui sont en réalité plus que contestables, comme le révèlent ces citations : “Eh oui, qui dit parenchyme, dit l’un et l’autre, à cause de l’étroite sympathie qu’ils ont ensemble, par le moyen du vas brève du pylore, et souvent des méats cholidoques. Il vous ordonne sans doute de manger force rôti ? [...] Eh oui, rôti, bouilli, même chose. Il vous ordonne fort prudemment, et vous ne pouvez être en de meilleures mains.” Ces deux phrases sont prononcées par Mr. Diafoirus.

Sans oublier, Les Physiciens qui présente les médecins travaillant dans des établissements psychiatriques comme équivalents, aussi délirants que leurs patients, sans conscience : “fous inoffensifs, dociles”. Autrement dit, ils les décrivent mentalement aussi instables que les patients dont ils s’occupent. On peut relever ces citations montrant que Friedrich Dürrenmatt a souhaité montrer au lecteur jusqu'où ils peuvent aller à cause de leur inconstance mentale : ”quelque chose d’inquiétant”, ou “l’un deux a étranglé une infirmière”. Ainsi, l’auteur, comme pour les deux textes précédents met en exergue le fait que les médecins peuvent être poussés à commettre des actes improbables pour des médecins. De ce fait, Maupassant, Dürrenmatt, et Molière présentent dans leurs trois oeuvres les médecins comme des charlatans, des imposteurs, qui se vantent de pouvoir guérir diverses maladies alors qu’en réalité, ils profitent seulement de la crédulité des patients, en utilisant de belles paroles sans avoir de réelles compétences pour les soigner, et en pratiquant des consultations non-valables.

Nous avons pu trouver un autre point commun entre Mont-Oriol et Le Malade Imaginaire : en effet, il nous a semblé que les deux extraits étaient construits de manière assez similaire : ils sont écrits d'une certaine façon que l'on pourrait croire que la consultation et ensuite la prescription de médicaments feraient partie d'un même extrait : en effet les deux extraits sont extrêmement ridicules, aussi la date de publication du Malade Imaginaire est 1673, et celle de Mont-Oriol est 1887, comme ci Molière avait écrit le début de l'extrait satirique et plus de deux cents ans après, Maupassant avait repris l'écriture de l'extrait et fait la prescription suite à la consultation. Les deux extraits s'emboîtent comme s'ils faisaient partie d'une seule et même oeuvre. Nous avançons cet argument car nous trouvons que leur manière d'écrire chacun les extraits que nous avons choisi se complètent, correspondent, il y a comme une sorte d'harmonie entre ces deux passages, ce qui nous paraît particulièrement intéressant dans la mesure où l'époque des auteurs et par conséquent de rédaction des deux œuvres sont complètement différentes.

Ainsi, nous avons pu, en comparant ces trois textes, voir comment nos trois auteurs dénoncent la pratique des médecins de leur époque.

 

Cependant, ces trois textes ne sont pas en tous points similaires. C'est pourquoi nous avons pu relever quelques différences.

Premièrement, nous pouvons remarquer que ces trois œuvres sont chacunes, écrite à une époque différente ainsi que par un auteur différent. En effet, Le Malade Imaginaire a été écrit par Molière en 1673, soit dans la seconde partie des Temps Modernes. Mont-Oriol, quant à lui, a été écrit par Maupassant dans L'Époque Contemporaine plus précisément en 1887. Enfin, Les Physiciens est un livre écrit par un auteur allemand et paru, comme Mont-Oriol dans l'Époque Contemporaine. Cependant, il a été écrit plus de 80 ans plus tard en 1962. De plus, ces livres ne sont pas tous des romans naturalistes à l'image de Mont-Oriol. Ce livre est même le seul roman de la sélection puisque Le Malade Imaginaire ainsi que Les Physiciens sont, tous deux, des pièces de théâtre. Ainsi, nous pouvons voir que la critique des médecins est universelle : les médecins sont critiqués à toutes les époques et dans tous les pays.

Enfin, nous pouvons remarquer que si l'humour satirique est mis en évidence dans Le Malade Imaginaire ainsi que dans Mont-Oriol, ce n'est pas le cas des Physiciens. Effectivement, le style d'écriture de l'auteur laisse moins transparaître le côté humoristique de l'extrait. Il est vrai que les médecins ne se retrouvent pas à faire des consultations et des prescriptions ridicules faisant rire les lecteurs. Cependant, l'humour satirique reste présent dans ce livre. En effet, nous pouvons relever certains passages tels que "ils feraient de malades modèles" ou encore "fous inoffensifs". Au travers de ces deux citations, nous pouvons relever des traces d'humour, en effet un médecin comparé à un malade ou à un fou est ridicule. Ainsi, l'auteur utilise, tel que Maupassant et Molière, l'humour pour critiquer sauf que celui-ci est plus caché, moins transparent.

 

En conclusion, nous pouvons dire que bien que ces trois textes possèdent quelques différences, ils ont de nombreux points communs qui nous permet de les rassembler dans un seul et même corpus. En effet comme nous l'avons vu plus tôt, bien que les auteurs ont écrit leurs livres à des époques différentes, leur vision péjorative des médecins reste la même. Cependant, nous pouvons nuancer leur vision puisque aujourd'hui, les médecins sont des personnes compétentes faisant avancer la science grâce à leurs facultés plus que remarquables. Sans oublier que chaque jour, ils sauvent des vies.

 

 

 

 

Voici les biographies des trois auteurs dont les œuvres sélectionnées pour rédiger ce corpus :

542px-Friedrich_duerrenmatt_19890427.jpg

Friedrich Dürrenmatt,

Source : Wikipédia

 

Friedrich Dürrenmatt est un écrivain, auteur de romans policiers, dramaturge et peintre suisse de langue allemande. Il est né le 5 janvier 1921 et est mort le 14 décembre 1990 en Suisse. Son grand-père était un célèbre satiriste.

Ses livres les plus connus sont La Panne, Les Physiciens, La Promesse, ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

469px-Molière_-_Nicolas_Mignard_(1658).jpg

Molière, Source : Wikipédia

 

 

Molière ou Jean-Baptiste Poquelin est un comédien et dramaturge français. Il est né 1622 et est mort à l'âge de 51 ans le 17 janvier 1673. L'Étourdi, Le Bourgeois gentilhomme, Les Amants magnifiques, Psyché, La Comtesse d'Escarbagnas, Les Fourberies de Scapin, Les Femmes savantes, Le Malade imaginaire sont ses principales œuvres.

 

 

 

 

 

437px-Guy_de_Maupassant_fotograferad_av_Félix_Nadar_1888.jpg

Guy de Maupassant,

Source : Wikipédia

Guy de Maupassant est un écrivain et journaliste littéraire français. Il est né le 5 août 1850 et est mort le 6 juillet 1893.

Ses principales œuvres sont : Bel-Ami, le Horla.

 

 

corpus: l'image du médecin dans la littérature

corpus médecins litterature et société 2.odt

Analyse :

Dans ce corpus, tous ces extraits d’œuvres littéraires ont le même sujet, critiquer les médecins sur leur profession. Les scènes se ressemblent entre le patient et le médecin, en effet dans tous ces passages le docteur se moque de son patient et ne prend pas au sérieux, comme dans Knock lors de la scène avec le Tambour, « Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous grattouille ? ». Selon les auteurs, pour les médecins tout est prétexte de maladie afin gagner plus d'argent, les méthodes de guérison les plus extrêmes sont utilisées, dans le malade imaginaire, Toinette recommande à Argan de se faire crever un œil et couper un bras car selon lui, cela lui permettra de réduire sa consommation de nourriture. Les médecins ne soucient pas de la santé de leurs patients mais les arnaquent. Les patients dépensent sans compter pour se faire soigner car ils ont confiance en leurs médecins alors qu'ils n'ont pour but que de s'enrichir.

En conclusion, dans la littérature les médecins sont tous représentés comme des arnaqueurs qui veulent seulement gagner de l'argent et qui vont en l'encontre de leur profession qui est de soigner leurs patients. En effet, dans ces extraits les docteurs jouent de leur influence, se moquent de leurs patients.

Marie L ; Capucine.