Attaques au gaz, témoignages. Deux points de vue face à l'horreur !

Otto Dix, "Assaut sous les gaz"

    Le nuage avança lentement vers la tranchée et finit par atteindre les défenses qu’il traversa, tel un fantôme lugubre, sans aucune difficulté. Il pénétra dans nos poumons, au rythme de notre respiration, et les déchira de l’intérieur. Pendant que nous tentions de fuir la tranchée, le gaz s’infiltra dans nos maigres réserves d’eau, occupant ainsi sans répit l’espace, si bien que la frénétique d’une bouffée d’air pur était désespérément vaine. Nous étions devenus ces vieillards de vingt ans dont le témoignage aidera à remonter le chemin de l’horreur. Et quand, enfin la nappe a été dépassée, les vieilles recettes de la guerre, par un bombardement intensif, faucha nos amis rescapés.

 

Nous sommes à l’abri des fusillades et des bombes. Beaucoup  de nos camarades sont morts. Les premiers filets de gaz sont lâchés sur nous et sur le front. Nous essayons d’éviter les flaques nauséabondes mais les éclaboussements nous laissent d’horrible taches verdâtres sur nos vêtements.

Il nous est difficile de traverser ces grouillements de vers humains. Unes bouffée d’air purnous remonte le morale. Quelle dommage de gâcher cette uniforme et magnifique boule bleue par la violence de la guerre. Nous continuons à marcher malgré la propagation de l’immense nappe bouillonnante méthodique et inexorable.

Enfin nous pouvons respirer la fraiche transparence de l’air sans difficulté.

- par Luc, Hugo et Alyssia