09 mars 2015

La Trêve de Noël, vue par un Tirailleur, Luc, Ruben, Théo, et Jean-Paul.


 

Cela faisait longtemps qu’un calme pareil avait quitté mes rêves. Les tirs s'étaient arrêtés, ce qui donnait une impression de vide exceptionnelle. Les soldats allemands ont dressé des sapins de noël tout le long de leur tranchée. Ils ont commencé à sortir et à s’avancer jusqu’au milieu du « no man’s land ». Ce fut à notre tour, les Français et les Britanniques de faire de même.

 

C’était la première fois que je fêtais Noël sous la neige, chez nous il n’y a que des arbres comme des palmiers ou des cocotiers.

 

         Et soudain tout le monde, ennemis comme alliés, ont commencé à se serrer la main et se saluer. Je serrais la main d’un Allemand, les Allemands ressemblent beaucoup plus aux français que ce que je pensais, je les croyais avec une grosse moustache.

 

         Certains s'échangeaient même des cigarettes, du tabac ou du chocolat. Sans que je ne m’en rende compte, un Allemand s’approcha et me tendit une plaque de chocolat en me disant : « Bon Banania ». J’ai ri, je n’étais nullement offusqué. Je crois que j’étais heureux. Tout le monde profitait de ces instants de détente où les sourires, les partages et les échanges procuraient de la chaleur dans le froid de l'hiver et au beau milieu d'une période difficile. La guerre, les morts, la famille éloignée, les peines, les souffrances, tout cela était oublié de tous, comme si ce n'était qu'un mauvais cauchemar. De la guerre, il ne restait que le paysage. Cela faisait un peu de chaleur humaine comme au pays.

 

         Et on a joué au football dans la neige, entre les tranchées sans gagnant, ni perdant. Je marquais des buts et tous me saluaient. Je suis un excellent joueur dans mon pays, je jouais pieds nus, comme à mon habitude. Cela ressemblait beaucoup aux matchs que j’organisais avec mes amis, chez moi. Je ne faisais plus la différence entre mes amis, les Français ou les Allemands, je ne pensais qu’à une seule chose : oublier.

        

         Mais j’ai su que ce qui nous arrivait était exceptionnel,dans d’autres endroits du front, une telletrêve n’était faite que lorsque des Britanniques étaient présents, avec ou sans français à leurs côtés. En effet, lorsque seuls des Français ou des Belges étaient présents, ils ne firent pas la trêve à cause des massacres commis par les soldats allemands en territoire conquis.

        

         Suite à cette trêve décidée uniquement par les soldats, l’Etat-major de chaque camp fit tirer l’artillerie les jours suivants pour disperser les groupes de fraternisant. Les soldats « contaminés » par les Allemands furent envoyés vers les zones du front les plus dures par punition. J’appris que, sur le front russe, la trêve eu également lieu mais dégénéra en mutinerie des soldats russes et en fraternisation avec les ouvriers. 

 

         En y réfléchissant, cette trêve de Noël prouva que la Première Guerre Mondiale n’avait peut-être pas fait perdre toute humanité aux soldats des tranchées.

 - par Luc, Ruben, Théo, et Jean-Paul

07 mars 2015

"La chambre des officiers" de Marc DUGAIN

J'ai adoré ce roman. Je l'ai lu en deux jours. Ce n'était pas une contrainte mais un réel plaisir. Il est difficile pour moi de citer un passage plus qu'un autre. Certains sont drôles, d'autres émouvants, d'autres cruels... tout est merveilleusement écrit.  

J'ai apprécié la répartie d'Adrien lorsqu'il rencontre Clémence, j'ai souffert avec lui lors de son transfert vers le Val-de-Grâce, j'ai partagé ses moments complices avec ses trois nouveaux amis, j'ai ri de ses plaisanteries avec les infirmières ou des inconnus et j 'ai admiré son courage dans l'adversité. 

La souffrance et la vie des gueules cassées à l'hôpital est une partie de la 1ère guerre mondiale que j'ai découvert à travers le livre de Marc Dugain. J'ai été très émue par l'histoire de ces jeunes hommes dont la vie a basculé du jour au lendemain, émotion plus forte en voyant de vraies photographies d'hommes défigurés.

La greffe à l'italienne

 Une greffe à l'italienne est une des méthodes employée pour tenter de rendre aux mutilés une apparence moins repoussante. Au XVIeme siècle, cette greffe a été décrite par le chirurgien italien Tagliacozzi mais a été reprise en modifiant plus ou moins sa technique et ses indications. En effet, cette greffe était très souvent un échec. C'est pourquoi, elle faisait l'objet de critiques et la mémoire de Tagliacozzi fut déshonorée. 

La greffe à l'italienne s'appliquait surtout aux pertes de substances tégumentaires peu étendues au niveau du nez et du menton. La contrainte était la position extrêmement pénible et  gênante imposée au blessé  qui lui provoquait des douleurs musculaires et des fourmis dans le bras qui était immobilisé contre le visage mutilé par un appareil métallique. Le blessé devait rester dans cette position deux ou trois semaines pour permettre au lambeau d'assurer la vascularisation de la greffe.

                                                                                                                           <-- avant                                        après-->

Le passage qui peut illustrer un tableau d'Otto Dix

" Ce soir là, nous avons rejoint le tabouret de jeu sans la moindre gaieté. Penanster quitta la partie plus vite qu'à l'accoutumée, Weil partit se coucher sans dire un mot, ce qui ne lui ressemblait pas " (p.86)

" C'est peut-être notre isolement et le confort de nos parties de cartes en sirotant des suzes qui nous a rendus aveugles aux prémices de la guerre " (p.163)

Le tableau d'Otto Dix " Les joueurs de Skat " représente trois amis gueules cassées jouant aux cartes autour d'une table. Ces trois gueules cassées nous font penser à Weil, Penanster et Adrien qui eux aussi, lorsqu'ils étaient à l'hôpital, jouaient la plupart du temps aux cartes.

"La chambre des officiers"

"Une détonation part de tout près. Un sifflement d'un quart de seconde. J'ai le temps de voir une tête qui se détache d'un corps qui plie sur ses genoux, un cheval qui s'effondre. L'autre sous-lieutenant, qui était resté en selle, s'écroule de mon coté, l'épaule arrachée, l'os qui sort comme d'un jambon. Je sens comme une hache qui vient s'enfoncer sous la base de mon nez. Puis on coupe la lumière" (p.29)

Ce passage montre l'horreur et la souffrance de la guerre que les soldats subissent : "une tête qui se détache d'un corps", "l'os qui sort comme d'un jambon". C'est pour cette raison que nous avons choisi ce passage qui nous paraît le plus proche de ce que nous imaginons de la grande guerre.

06 mars 2015

Rencontre sur le front avec Guillaume Appolinaire

Mardi 16 juin 1917


Je t’écris une dernière fois ma très chère Lou, ma bien-aimée.

Comme tu le sais, dans seulement trois jours je serai fusillé.

Trahison, comme ils savent si bien le dire…

Avant de mourir j’ai eu la chance de rencontrer le poète Guillaume Apollinaire. C’est un homme vraiment extraordinaire. Entre deux obus nous avons eu le temps de discuter, d’apprendre à nous connaître.

Je lui ai demandé s’il voulait bien écrire un poème pour toi, mon amour, pour que tu puisses garder un bon souvenir de moi.

Il se mit immédiatement à l’œuvre et au bout d’une dizaine de minutes il me tendit le papier si précieux à mes yeux.

Ce poème t’est destiné. Je t’aime ne l’oubliE jamais.

Je pense à toi mon Lou ton cœur est ma caserne

Mes sens sont tes chevaux ton souvenir est ma luzerne

Le ciel est plein ce soir de sabres d’éperons

Les canonniers s’en vont dans l’ombre lourds et prompts.

Mais près de moi je vois sans cesse ton image

Ta bouche est la blessure ardente du courage

Nos fanfares éclatent dans la nuit comme ta voix

Quand je suis à cheval tu trottes près de moi

Nos 75 sont gracieux comme ton corps

Et tes cheveux sont fauves comme le feu d’un obus qui éclate au nord.

Guillaume Apollinaire

Je t’aime, prends soin de notre enfant. Conserve cette lettre preuve de mon amour et montre la à notre fille quand elle sera plus grande. Ton Amour.

Joyeux Noël, un film sur la Trêve de Noël

Joyeux Noël est un film français réalisé par Christian Carion, sorti en 2005. Ce film a pour sujet la Trêve de Noël de 1914 lors de la Première Guerre mondiale.
Joyeux Noël raconte l'histoire de soldats Français et Allemands qui font la Trêve pendant la guerre. Ils font à un moment un match de foot cela s'est vraiment passé et donc ce film est basé sur une histoire vraie. Le match a été refait après la guerre, cela a été un match Angleterre - Allemagne.
https://www.youtube.com/watch?v=F-f92mXlf_M

Ce film prouve que pendant la guerre les soldats exécutaient seulement les ordres demandés par les supérieurs ils ne voulaient pas forcément se tuer, mais étaient seulement entrainés dans l'engrenage de ce conflit entre les deux pays. Ces soldats commencent à comprendre ce que nous venons d'expliquer. Mais leur cauchemar les rattrape vite lorsque leurs supérieurs reviennent.
Ce film est très riche il montre que les soldats de n'importe quels pays sont seulement des hommes qui ne voulaient pas vraiment se combattre. La pointe d'humour de Dany Boon renforce ce que nous venons de dire.
Emouvant , ce film intense méritait un début plus brutal, moins théâtral, afin que l'horreur contraste davantage avec le silence des armes. Guillaume Canet, Gary Lewis et Daniel Brühl font honneur à cette histoire exemplaire, tandis que Dany Boon, excellent, hisse son second rôle en première ligne. Il représente aussi le contexte social des personnes pendant la guerre et les soldats se trouvent tous des points commun (personnes sensibles, drôles, timides... ).
Ce film émouvant représente vraiment les sentiments pendant la grande Guerre des hommes avec un casting presque parfait.

03 mars 2015

Lettre d'un poilu à sa femme: Les conditions de vie dans les tranchées

Ma chérie,

Je suis actuellement à Verdun, au front. Les conditions de vie sont exécrables. Laisse-moi te raconter tout cela :

La vie dans les tranchées est très dure à cause des rats, des maladies comme la tuberculose, du froid et du bruit.

Nous ne pouvons ni nous laver, ni nous raser en première ligne. Les tranchées sont petites et remplies de boue et de cadavres. Les autres soldats ont pour la plupart des poux, et des rats viennent voler la nourriture et manger les cadavres.

Nous sommes tous mal nourris, car il n’y a pas assez de nourriture, ou les officiers veulent punir les soldats téméraires qui ont fait grève.

Dans les tranchées ce n'est pas une boue liquide. C'est une boue de glaise épaisse et collante dont il est presque impossible de se débarrasser, nous nous brossons donc avec des étrilles. Par temps de pluie, la terre des tranchées, bouleversée par les obus, s'écroule un peu partout, et met au jour des cadavres qui dégagent une odeur nauséabonde.

Je suppose que tu vas bien car tu es assez loin du front.

Veille bien sur toi.

Guillaume


-  par Alexis et Hugo

02 mars 2015

Marie Curie et la médecine naissante en pleine guerre

Marie Curie créa en 1914 la radiologie mobile. Elle équipa la première infirmerie mobile dans un taxi que l'on nommera plus tard "Les petites Curies" le 20 novembre 1914.

Elle permit de soigner une grande parties des blessés directement sur le front. Elle équipa 18 voitures et forma elle-même une centaine d'infirmières radiologiques pour permettre une efficacité maximum et donc d'être le plus utile possible pour la guerre. Au tout début il n'y avait que 2 voitures hôpital (petites curies) et au fur et à mesure du temps elles augmentèrent en nombre jusqu'à finir à 18 en 1918. Elles se dépliaient et s'ouvraient pour laisser apparaître une sorte de table pour l'examen des nombreux blessés.

Le premier à tester cette magnifique invention fut un jeune homme, blessé par balles. Il se nommait Germain, je me souviens de son nom à cause de son visage apeuré par cette machine. Après l'opération dans cette petite voiture, je vis à nouveau son sourire. Les balles avaient été extraites, il était hors de danger. Il fut donc ravi d'avoir été la personne choisie pour tester cette invention qui révolutionnera le futur.

 - par Arthur, Lazlo et Nathan

28 février 2015

Bombardement

Nous sommes à l’abri des fusillades et des bombes. Beaucoup  de nos camarades sont morts. Les premiers filets de gaz sont lâchés sur nous et sur le front. Nous essayons d’éviter les flaques nauséabondes mais les éclaboussements nous laissent d’horribles taches verdâtres sur nos vêtements.

Il nous est difficile de traverser ces grouillements de vers humains. Une bouffée d’air pur  nous remonte le moral. Quel dommage de gâcher cet uniforme et magnifique boule bleue par la violence de la guerre ! Nous continuons à marcher malgré la propagation de l’immense nappe bouillonnante méthodique et inexorable.

Enfin nous pouvons respirer la fraîche transparence de l’air sans difficulté.

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