Souvenirs du soldat Pique

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14 mars 2015

Le repas de fête de Pique pendant sa permission pour oublier la famine dans les tranchées : les cerises de Montmorency

      Après de nombreux jours passés au front,  je reviens enfin chez moi en permission. On m’a seulement laissé deux jours. Ma famille m’attendait et ma femme, pour l’occasion avait réussi à acheter de la viande même si elle est très onéreuse de nos jours.

J’ai fait le trajet en vélo vers Sceaux et la première chose que j’ai vu en arrivant c’est le cerisier. Il m’a rappelé cette bonne époque où il n’y avait pas encore la guerre. Quand j’étais petit et naïf, je ramassais des cerises semblables à celles-ci dans mon jardin.


A cette époque je mangeais à ma faim, il y avait de la nourriture à volonté, de grands potagers et mes grands-parents nous ramenaient des fruits. Aujourd’hui, avec la guerre, on se bat pour une miette de pain.

A mon arrivée, je n’osais pas parler du malheur qui nous frappait au front et je réconfortais ma fille en lui promettant à tort de venir la voir plus souvent. Pendant le repas, je décidai de parler sérieusement de ce qu’il se passait à ma femme quand ma fille fut partie :

            - Nous ne mangeons quasiment rien et le peu que nous mangeons est infecte .Le ravitaillement est devenu difficile. Je suis si heureux de vous retrouver, vous m’avez beaucoup manqué ! Tout ce sang dans les tranchées m’a fait prendre conscience que vous étiez très importantes à mes yeux.

 -Toi aussi tu nous a manqué ! Le boulanger, ton ami m’a raconté toutes les horreurs qui se passent là-bas ! J’ai peur qu’il ne t’arrive quelque chose ! Beaucoup d’hommes du village ont déjà péri au front. Ici nous craignons que les boches nous envahissent ! Les boucheries n’ont pratiquement plus de viande mais aujourd’hui, pour fêter ton retour j’ai réussi à en dénicher un morceau et quelques légumes. Et pour le dessert je t’ai concocté une surprise. »

     En effet ma femme m’avait préparé le meilleur repas que je n’ai jamais mangé.

Cette bonne viande n’avait redonné le sourire et je la dévorai en un rien de temps. Et le dessert me toucha profondément au cœur car il n’était pour ne pas dire la cerise sur le gâteau !  Elle m’avait réservé un clafoutis aux cerises de Montmorency : mon dessert préféré.  

     Après le repas, je lus un conte de Noël bien joyeux mais je n’étais malheureusement pas du tout dans cet état d’esprit. Mon retour au front me hantait. Avant la guerre, on nous avait promis que nous allions passer Noël avec nos familles mais désormais je n’y crois plus du tout car les Allemands continuent d’avancer. Chaque jour, je me dis que c’est peut-être le dernier et donc peut-être la dernière histoire que je raconte à ma fille.

- par Capucine et Manon     
           
     

Le Hartmannswillerkopf, souvenirs cruels du soldat Pique par Hugo et Luc

 

            Je venais de quitter la première ligne. La troisième ligne du front était plus calme, plus loin des combats. On avait le temps de prendre une douche et de se reposer un petit peu. A la fin de la semaine, la veille de mon retour au combat, des gradés vinrent parler à moi et à mes camarades. Nous apprîmes que nous devions partir pour une autre partie du front, pour un assaut vers le Hartmannswillerkopf. Je ne savais pas grand-chose sur cette montagne, seulement qu’elle était située dans le Haut-Rhin et qu’elle avait une valeur stratégique importante, c’est pour cela qu’on avait besoin d’hommes pour la reprendre aux Allemands.

Lorsque nous sommes arrivés, on nous laissa trois jours pour nous préparer et nous expliquer la stratégie de l'assaut. Chaque heure, je voyais arriver des blessés par centaines venant du front. J’ai pu parler à certains d’entre eux, ils parlaient de cette montagne comme d’une boucherie, ils l’appelaient la « montagne de la mort » ou « la mangeuse d’hommes ». Ils disaient que la hauteur du sommet laissait l’artillerie allemande massacrer tout ce qui bouge. Lorsque nous sommes partis pour la première ligne, j’ai cru que j’allais mourir de peur. Plus on avançait, et plus les bombardements s’intensifiaient. Dès que nous arrivâmes, l’assaut débuta.

            Tout le monde commença à sortir de la tranchée, certains furent paralysés de peur et furent rapidement fauchés par des obus. Au début, je levais la tête pour voir où allaient tomber les obus pour pouvoir les éviter car les arbres étaient tous arrachés et laissaient une vue claire vers le ciel. Mais lorsque les tirs des soldats allemands arrivaient de face, je dus tout miser sur la chance. Pendant cet assaut, j’ai failli mourir deux fois.

Une fois lorsque le souffle d’une explosion me fit tomber, me faisant éviter de justesse un éclat d’obus bien parti pour me couper en deux. L’autre fois lorsqu’un allié devant fut touché par une mine, me mettant en sécurité malgré lui. L’attaque fut un succès, mais seulement pour l’état-major, il y avait trop de morts pour appeler cela une victoire. Les combats firent rage jusqu’à la fin de l’année 1915.

Une balle dans l’épaule me fit partir du front la veille d’une attaque allemande, me sauvant probablement la vie. A partir de 1916, la situation stagnait, les Allemands étaient à 22 mètres de nous. Les gradés nous obligeaient de rester silencieux pour ne pas révéler nos plans aux Allemands qui étaient de l’autre côté du sommet. Je revins chez moi au début de l’année 1917 car ma blessure à l’épaule fut aggravée par une autre blessure. La guerre fut finie pour moi. Après l’Armistice, je repensais à tous ceux qui sont morts au Hartmannswillerkopf, rebaptisé Vieil-Armand après la victoire.

Toutes les commémorations et les monuments en l’honneur des morts du Vieil-Armand me prouvèrent que les gens avaient compris l’importance du Vieil-Armand.

13 mars 2015

Attaques au gaz, témoignages. Deux points de vue face à l'horreur !

Otto Dix, "Assaut sous les gaz"

    Le nuage avança lentement vers la tranchée et finit par atteindre les défenses qu’il traversa, tel un fantôme lugubre, sans aucune difficulté. Il pénétra dans nos poumons, au rythme de notre respiration, et les déchira de l’intérieur. Pendant que nous tentions de fuir la tranchée, le gaz s’infiltra dans nos maigres réserves d’eau, occupant ainsi sans répit l’espace, si bien que la frénétique d’une bouffée d’air pur était désespérément vaine. Nous étions devenus ces vieillards de vingt ans dont le témoignage aidera à remonter le chemin de l’horreur. Et quand, enfin la nappe a été dépassée, les vieilles recettes de la guerre, par un bombardement intensif, faucha nos amis rescapés.

 

Nous sommes à l’abri des fusillades et des bombes. Beaucoup  de nos camarades sont morts. Les premiers filets de gaz sont lâchés sur nous et sur le front. Nous essayons d’éviter les flaques nauséabondes mais les éclaboussements nous laissent d’horrible taches verdâtres sur nos vêtements.

Il nous est difficile de traverser ces grouillements de vers humains. Unes bouffée d’air purnous remonte le morale. Quelle dommage de gâcher cette uniforme et magnifique boule bleue par la violence de la guerre. Nous continuons à marcher malgré la propagation de l’immense nappe bouillonnante méthodique et inexorable.

Enfin nous pouvons respirer la fraiche transparence de l’air sans difficulté.

- par Luc, Hugo et Alyssia

12 mars 2015

Mobilisation du soldat Pique emmené au front par un taxi. Ils seront appelés plus tard Taxis de la Marne.

En 1914, un homme frappa à ma porte, j'ouvris : " Monsieur, vous êtes appelés à protéger votre patrie à la Marne".

Le gars m'avait donné l'ordre de me rendre le lendemain à la tombée de la nuit devant le garage Renault.

Le garage Renault était abandonné depuis 14 car M. Jacob, le concessionnaire, avait été mobilisé cette année là et sa femme ne pouvait tenir la concession seule.

Comme prévu, je me rendis au rendez-vous, c'était un soir de Septembre, il faisait froid et brumeux, on ne voyait pas grand chose mais je devinais 15 gars, ils cassaient la croute et parlait de la guerre et du front où ils se rendaient. Une heure plus tard, 10 taxis arrivaient dont 7 était déjà remplis de soldats.

Je montais à bord de l'un deux avec 3 soldats et c'était parti pour 3 h de route. Serrés comme des sardines, c'était le bon terme pour décrire la situation. C'est vrai il faut le dire, ce voyage était un cauchemar. Le taxi tremblait de partout et nous tombâmes 3 fois en panne, ce qui rallongea le trajet de 3 autres heures. La première panne était le pneu qui avait crevé, la deuxième fut le pot d'échappement qui était comblé de boue ce qui nous fit arrêté car on l'on commençait à sentir une odeur d'essence dans l'habitacle du taxi, et la dernière fut une panne d'essence. Nous refîmes le plein dans un petit village surnommé Tremblay.

Nous arrivâmes en pleine nuit, mais même à cette heure les soldats échangeaient toujours des balles. Nous transportâmes mon matériel médicale à environ 1 km du combat permanent pour éviter tout risques de se prendre une balle. Le chauffeur n'était pas très rassuré mais en même temps il était très content car il venait de gagner une assez grosse somme pour les plus de 6 heures de trajet affiché au compteur.

- par Lazlo, Nathan et Arthur

06 mars 2015

Rencontre sur le front avec Guillaume Appolinaire

Mardi 16 juin 1917


Je t’écris une dernière fois ma très chère Lou, ma bien-aimée.

Comme tu le sais, dans seulement trois jours je serai fusillé.

Trahison, comme ils savent si bien le dire…

Avant de mourir j’ai eu la chance de rencontrer le poète Guillaume Apollinaire. C’est un homme vraiment extraordinaire. Entre deux obus nous avons eu le temps de discuter, d’apprendre à nous connaître.

Je lui ai demandé s’il voulait bien écrire un poème pour toi, mon amour, pour que tu puisses garder un bon souvenir de moi.

Il se mit immédiatement à l’œuvre et au bout d’une dizaine de minutes il me tendit le papier si précieux à mes yeux.

Ce poème t’est destiné. Je t’aime ne l’oubliE jamais.

Je pense à toi mon Lou ton cœur est ma caserne

Mes sens sont tes chevaux ton souvenir est ma luzerne

Le ciel est plein ce soir de sabres d’éperons

Les canonniers s’en vont dans l’ombre lourds et prompts.

Mais près de moi je vois sans cesse ton image

Ta bouche est la blessure ardente du courage

Nos fanfares éclatent dans la nuit comme ta voix

Quand je suis à cheval tu trottes près de moi

Nos 75 sont gracieux comme ton corps

Et tes cheveux sont fauves comme le feu d’un obus qui éclate au nord.

Guillaume Apollinaire

Je t’aime, prends soin de notre enfant. Conserve cette lettre preuve de mon amour et montre la à notre fille quand elle sera plus grande. Ton Amour.

03 mars 2015

Lettre d'un poilu à sa femme: Les conditions de vie dans les tranchées

Ma chérie,

Je suis actuellement à Verdun, au front. Les conditions de vie sont exécrables. Laisse-moi te raconter tout cela :

La vie dans les tranchées est très dure à cause des rats, des maladies comme la tuberculose, du froid et du bruit.

Nous ne pouvons ni nous laver, ni nous raser en première ligne. Les tranchées sont petites et remplies de boue et de cadavres. Les autres soldats ont pour la plupart des poux, et des rats viennent voler la nourriture et manger les cadavres.

Nous sommes tous mal nourris, car il n’y a pas assez de nourriture, ou les officiers veulent punir les soldats téméraires qui ont fait grève.

Dans les tranchées ce n'est pas une boue liquide. C'est une boue de glaise épaisse et collante dont il est presque impossible de se débarrasser, nous nous brossons donc avec des étrilles. Par temps de pluie, la terre des tranchées, bouleversée par les obus, s'écroule un peu partout, et met au jour des cadavres qui dégagent une odeur nauséabonde.

Je suppose que tu vas bien car tu es assez loin du front.

Veille bien sur toi.

Guillaume


-  par Alexis et Hugo

02 mars 2015

Marie Curie et la médecine naissante en pleine guerre

Marie Curie créa en 1914 la radiologie mobile. Elle équipa la première infirmerie mobile dans un taxi que l'on nommera plus tard "Les petites Curies" le 20 novembre 1914.

Elle permit de soigner une grande parties des blessés directement sur le front. Elle équipa 18 voitures et forma elle-même une centaine d'infirmières radiologiques pour permettre une efficacité maximum et donc d'être le plus utile possible pour la guerre. Au tout début il n'y avait que 2 voitures hôpital (petites curies) et au fur et à mesure du temps elles augmentèrent en nombre jusqu'à finir à 18 en 1918. Elles se dépliaient et s'ouvraient pour laisser apparaître une sorte de table pour l'examen des nombreux blessés.

Le premier à tester cette magnifique invention fut un jeune homme, blessé par balles. Il se nommait Germain, je me souviens de son nom à cause de son visage apeuré par cette machine. Après l'opération dans cette petite voiture, je vis à nouveau son sourire. Les balles avaient été extraites, il était hors de danger. Il fut donc ravi d'avoir été la personne choisie pour tester cette invention qui révolutionnera le futur.

 - par Arthur, Lazlo et Nathan

28 février 2015

Bombardement

Nous sommes à l’abri des fusillades et des bombes. Beaucoup  de nos camarades sont morts. Les premiers filets de gaz sont lâchés sur nous et sur le front. Nous essayons d’éviter les flaques nauséabondes mais les éclaboussements nous laissent d’horribles taches verdâtres sur nos vêtements.

Il nous est difficile de traverser ces grouillements de vers humains. Une bouffée d’air pur  nous remonte le moral. Quel dommage de gâcher cet uniforme et magnifique boule bleue par la violence de la guerre ! Nous continuons à marcher malgré la propagation de l’immense nappe bouillonnante méthodique et inexorable.

Enfin nous pouvons respirer la fraîche transparence de l’air sans difficulté.

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12 février 2015

Vision d'un Poilu

Un Poilu au front, version Manga

- par Hae Sung