Cours de français en classes professionnelles

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01 avril 2018

Cahier de textes de français en classes professionnelles

1 cours de français de seconde, première et terminale professionnelles (mars 2018)

BENISTANT Simon, SEUZARET Florian, LEDUC Nathalie, HEWARK Stéphanie, SENDRE-HAIDAR Michèle, ZIANE-BRUNEEL Nadia, MORVAN Anais, ABJEAN Françoise, 2de, 1re, Tle, Français, Lectures croisées, Paris, Foucher, mars 2018.

 

1 cours de français de terminale professionnelle (juillet 2017)

BIENCOURT Luc, BOURGUIGNON Véronique, DESAINTGHISLAIN Christophe, WILLIAME Christine, Bac Pro Terminale, Français, Paris, Nathan, Réflexe, mars 2016-juillet 2017.

         

1 cours de français de terminale professionnelle (août 2017)

DESAINTGHISLAIN Christophe, Bac Pro Commerce, Toutes les matières, 2ème/1re/Terminale, Paris, Nathan, Réflèxe, août 2017.

     

1 cours de français de terminale professionnelle (août 2017)

SORIA Arnaud de, GARCIO Jérémie, VALENTIN Loïc, Objectif Bac Pro Tertiaire et Industriel, Français, Histoire-Géo, EMC, Tle, Paris, Hachette Éducation, août 2017.

     

1 cours de français de CAP (juin 2017)

GILLET Nathalie, PASCAL Martine, DURANDEAU Jean-Pierre, BERDUCOU Jean-Louis, PROST Alain, BOUTAINE Frédéric, LANDAT Jean-Claude, CORLIN Michel, RAYNAL Christian, Objectif CAP, Toutes les matières générales, Industriel Tertiaire, Paris, Hachette Éducation, juin 2017.

    

1 cours de français de seconde professionnelle (mai 2017)

LANDAT Jean-Claude, Objectif Bac Pro 2nde, Toutes les matières générales, 2nde, Paris, Hachette Éducation, mai 2017.

    

1 cours de français de première professionnelle (mai 2017)

LANDAT Jean-Claude, Objectif Bac Pro Commerce, Toutes les matières, 1re et Terminale, Paris, Hachette Éducation, mai 2017.

     

1 cours de français de terminale professionnelle (mai 2017)

LANDAT Jean-Claude, Objectif Bac Pro Commerce, Toutes les matières, 1re et Terminale, Paris, Hachette Éducation, mai 2017.

     

1 cours de français de première professionnelle (septembre 2016)

SENDRE-HAIDAR Michèle, LE BORGNE Caroline, SEUZARET Florian, Les nouveaux cahiers Français 1re Bac Pro, En cours, En accompagnement personnalisé, Préparation au CCF, Paris, Foucher, septembre 2016.

     

1 cours de français de terminale professionnelle (mai 2016)

SENDRE-HAIDAR Michèle, ABJEAN François, COUDERC Annie, GOULARD Emmanuelle, HAMMEL-LHUILLIER Émilie, SEUZARET Florian, Les nouveaux cahiers, Français, Tle Bac Pro, En cours, En accompagnement personnalisé, Préparation au Bac Pro, Paris, Foucher, mai 2016.

     

1 cours de français de CAP (juin 2016)

CHAUVEAU Jemma, IMBERT Aimeric, PrepaCAP, CAP tertiaires et industriels, Toutes les matières générales, Nouveau programme en EMC, Paris, Foucher, PrepaCAP, juin 2016.

      

1 cours de français de seconde professionnelle (juin 2016)

SAUNIER Véronique, Prepabac Bac Pro tertiaires et industriels, Toutes les matières générales, Paris, Foucher, juin 2016.

     

1 cours de français de première professionnelle (juin 2016)

MONTIGNON Julien, IMBERT Aimeric, Prepabac Pro, Bac Pro tertiaires et industriels, Toutes les matières générales, Nouveau programme en EMC, Paris, Foucher, Prepabac, juin 2016.

     

1 cours de français de terminale professionnelle (juin 2016)

MONTIGNON Julien, IMBERT Aimeric, Prepabac Pro, Bac Pro tertiaires et industriels, Toutes les matières générales, Nouveau programme en EMC, Paris, Foucher, Prepabac, juin 2016.

    

3 cours et la méthode de français des classes professionnelles (seconde, première, terminale professionnelles) (avril 2015-avril 2016)

SENDRE-HAIDAR Michèle (dir.), Les nouveaux cahiers, Français, Bac Pro 2de, 55 fiches détachables, Paris, Foucher, avril 2016.

SENDRE-HAIDAR Michèle, Les nouveaux cahiers, Bac Pro 1re, Français, En cours, En accompagnement personnalisé, Paris, Foucher, avril 2015.

SENDRE-HAIDAR Michèle, LE BORGNE Caroline, SEUZARET Florian, Français corrigé, Les nouveaux cahiers, Bac Pro 1re, Paris, Foucher, juillet 2015.

SENDRE-HAIDAR Michèle, Les nouveaux cahiers, Français, Bac Pro Tle, En cours, En accompagnement personnalisé, Préparation au CCF, Paris, Foucher, avril 2015.

BIENCOURT Luc, BOURGUIGNON Véronique, WILLIAME Christine, Français, Bac Pro Réflexe, Francais Histoire-Geographie Education civique, Top'fiches, Bac pro terminales, Paris, Nathan, Réflèxe, février 2016. 

     

1 cours de français de terminale professionnelle (septembre 2014)

LANDAT Jean-Claude et alii, Objectif Bac Pro, Industriels 1ère et Terminale, Toutes les matières, Paris, Hachette Éducation, septembre 2014.

     

1 cours de français de première professionnelle (2012)

BIROUSTE Caroline, SAUNIER Véronique, PrépaBac Toutes les matières générales, Première et Terminale Bac Pro 3 ans, Paris, Foucher, juin 2012.

      

1 cours de français de terminale professionnelle (2011)

GARCIO Jérémie, SORIA Arnaud de, VALENTIN Loïc, Français Histoire Géographie Éducation civique, Top’fiches, Bac Pro terminale, Paris, Hachette Éducation, 2011.

   

2 cours de français de Bac Pro 3 ans (2011)

BIROUSTE Caroline, BOULANGER Marc, SAUNIER Véronique, Français, Histoire-Géographie, Éducation civique, Certification intermédiaire BEP, Première Bac Pro, Paris, Foucher, février 2011.

BIROUSTE Caroline, BOULANGER Marc, SAUNIER Véronique, Français, Histoire-Géographie, Éducation civique, Bac Pro 3 ans, Paris, Foucher, août 2011.

1 cours de français de seconde, première et terminale professionnelles (mars 2018)

SECONDE PROFESSIONNELLE

     

DES GOÛTS ET DES COULEURS, DISCUTONS-EN

     

LE SONNET À LA RENAISSANCE

Un genre poétique à forme fixe codifié dès le XIVe siècle en Italie. Deux quatrains et deux tercets en décasyllabes (10 syllabes) ou alexandrins (12 syllabes) rimés. Des registres variés : registre lyrique pour exalter des sentiments en lien avec la nature, la fuite du temps, l’amour. Registre satirique pour se moquer des personnes connues. Des procédés d’écriture privilégiés : énonciation aux 1re et 2e personnes. Lexique des sentiments. Figures d’opposition, de répétition et de comparaison.

   

LA COMÉDIE CLASSIQUE DE MOLIÈRE

Buts : instruire et plaire. Structure : 3 ou 5 actes divisés en scènes. Personnages : bourgeois majoritairement. Intrigue : surtout des amours contrariées. Dénouement heureux. Procédés du comique. Le comique de situation, souvent un quiproquo (une personne est prise pour une autre…). Le comique de caractère sur les défauts d’un personnage (L’Avare). Le comique de gestes (mimiques) qui varie selon les comédiens. Le comique de mots fondé sur le langage.

   

L’ÉCRITURE POÉTIQUE DE L’ESPRIT NOUVEAU

Des thèmes renouvelés : le quotidien, la ville ; la technique, la vitesse. Un imaginaire poétique. Stimulé par les nouveaux médias (publicité, cinéma) et les arts populaires (cirque, music-hall…). Produisant des images audacieuses (métaphore, personnification…), un kaléidoscope d’éléments juxtaposés, simultanés. Des formes diverses. Prose ; vers libres, rimés. Mise en page et typographie inspirées de la publicité. Un nouveau langage. Jeux sur les sons et les rythmes : répétitions, allitérations, assonances. Vocabulaire familier. Syntaxe simplifiée. Des tons variés. Prosaïque. Lyrique, traduisant l’émerveillement. Humoristique… Des visées. Provoquer la surprise. Exprimer une rupture. Affirmer sa liberté. Vanter le monde moderne.

     

PARCOURS DE PERSONNAGES

     

LE ROMAN HISTORIQUE

Une œuvre d’imagination : des personnages imaginaires avec une psychologie et un destin. Un cadre réel (lieux, époque) : un environnement dans lequel les personnages évoluent et qui n’est pas un simple décor. Une distance : entre le temps de l’histoire et l’écriture du récit. Un contexte historique : restitué librement par l’auteur, et qui est intéressant pour le public contemporain auquel il s’adresse. Des héros positifs ou négatifs : les personnages apportent au lecteur une expérience singulière, une vision subjective, de l’émotion. Ils aident également le lecteur à prendre position, à se construire.

   

LE HÉROS ROMANTIQUE DU XIXe SIÈCLE

Ses caractéristiques. Exalté par ses passions, son idéal. Poussé par de grands sentiments : le désir de liberté, la souffrance… Tourmenté par des contradictions intimes, déchiré entre des valeurs opposées. Désireux de faits d’armes et d’héroïsme. Se révélant par ses actes, ses épreuves, ses engagements. Soumis à sa destinée qui l’entraîne vers la mort. Son créateur. Un auteur porteur de valeurs humanistes. Utilisant des procédés littéraires spécifiques : le symbole pour frapper ; l’amplification pour magnifier ; l’antithèse pour montrer le combat intérieur… Variant les tons : épique, lyrique, tragique…

   

LES NOUVELLES RÉALISTES ET LEURS HÉROS

Fictions courtes : actions concentrées dans le temps et l’espace avec peu de personnages. Une chute frappante conclut l’histoire. Variété des types de héros (ou héroïnes) : positifs s’ils incarnent des valeurs humanistes. Négatifs s’ils incarnent des contre-valeurs. Anti-héros s’ils agissent peu ou mal, sont stupides… Registre réaliste : les lieux et l’époque sont réels, les personnages et leur histoire, vraisemblables. Narration : à la 1re personne si le narrateur est un témoin ou un acteur de l’histoire. À la 3e personne si le narrateur est effacé. Tons ou tonalités : récits humoristiques, à suspense, effrayants, romantiques, etc.

  

LES PRINCIPAUX GENRES DES FICTIONS CINÉMATOGRAPHIQUES

Le film d’action : il cherche à divertir avec de nombreuses scènes spectaculaires (bagarres, courses-poursuites…). Le film d’aventures : il cherche à divertir avec des héros confrontés à des épreuves qu’ils doivent surmonter pour atteindre leur but. La comédie : elle cherche à faire rire, même si c’est souvent un prétexte pour amener le spectateur à réfléchir sur la société et ses travers. Le drame : il cherche à émouvoir avec des personnages confrontés à des situations réalistes (passion amoureuse, deuil…), poussant souvent le spectateur à s’identifier aux héros.

    

CONSTRUCTION DE L’INFORMATION

     

LE FAIT DIVERS

Ses visées. Ce genre journalistique codifié informe sur un fait ordinaire de la vie quotidienne qui devient extraordinaire. Il émeut ou amuse selon le sujet traité. Il fait réfléchir sur des aspects de notre société. Son contenu. Il exploite la règle des « 5W » : who (qui ?), what (quoi ?), when (quand ?), where (où ?), why (pourquoi ?). Son écriture. C’est un récit qui commence par la fin. Il est énoncé à la 3e personne mais le journaliste insère des citations pour valider ses propos. Des formules frappantes dans la « titraille » (opposition de termes, images poétiques, interpellations…) attisent la curiosité du lecteur.

    

LE REPORTAGE

Un reportage est un article écrit par un journaliste qui a enquêté sur le terrain. Le reportage relate avec précision et chronologiquement des faits importants. Il cite des commentaires d’acteurs ou de témoins. Il peut être illustré par des photographies – voire des vidéos – prises sur le vif. L’article est structuré et est écrit dans un style dynamique avec des phrases courtes, un vocabulaire imagé et souvent au présent de l’indicatif. Si le journaliste veille à rester neutre et effacé, sa vue subjective des événements permet aux lecteurs de les appréhender de façon plus concrète.

         

LE LEXIQUE EN LIEN AVEC LES MÉDIAS NUMÉRIQUES

Blog : site d’articles personnels, appelés « billets », édités chronologiquement, sur l’actualité d’un sujet. Fact-checking : en anglais « vérification des faits » assurée par des sites contrôlant l’exactitude des informations mises en ligne. Fake news : faux article qui se fait passer pour un article de presse et qui utilise délibérément des informations mensongères. Médias sociaux ou participatifs : moyens de communication fondés sur les réseaux sociaux ou les blogs. Ils diffusent une création collective de l’information et intègrent des commentaires interactifs. Pure players : médias qui développent leurs activités uniquement en ligne.

     

PREMIÈRE PROFESSIONNELLE

     

LES PHILOSOPHES DES LUMIÈRES ET LE COMBAT CONTRE L’INJUSTICE

     

LE CONTE PHILOSOPHIQUE ET L’ARGUMENTATION INDIRECTE

Le conte est un récit situé à une époque indéfinie, dans un lieu indéterminé et avec des personnages imaginaires. Son but est de distraire et d’instruire. Sa visée est philosophique quand il traite des valeurs qui fondent les sociétés et du sens donné à la vie. Ses registres sont variés : satirique pour se moquer ; ironique pour dénoncer en exprimant le contraire de ce qu’on pense ; pathétique pour susciter la compassion ; didactique pour délivrer un enseignement. L’argumentation indirecte : l’auteur se sert de l’histoire imaginaire pour défendre, de manière détournée, ses convictions sur le monde où il vit.

   

LES GENRES DE L’ARGUMENTATION DIRECTE

Visées : convaincre par la raison. Persuader par l’émotion. Genres. Le traité : à buts didactique et pédagogique. Le manifeste : exposé d’un programme. Le tract : feuille de propagande. Le pamphlet : écrit virulent, polémique ou satirique. Procédés rhétoriques de l’éloquence. Liens logiques, interpellations, figures de style (exagération, amplification, image…).

   

LE FILM HISTORIQUE ET LE BIOPIC

Un film de fiction historique raconte des faits du passé importants. Des personnes, des actions, des lieux sont donc réels. Mais les héros ou héroïnes sont des identités de fiction vivent des aventures inventées, même si elles sont vraisemblables. Un biopic historique raconte la vie d’une personnalité connue. Jouée par un(e) comédien(ne) – ce qui différencie le biopic du documentaire -, cette personnalité est le héros ou l’héroïne du film qui est souvent titré avec son nom. L’époque, les lieux, les faits sont reconstitués le plus fidèlement possible. Leurs points communs : si leur sujet est éloigné dans le temps, le public peut y trouver des échos avec le présent où il vit.

         

DU CÔTÉ DE L’IMAGINAIRE

      

LA NOUVELLE FANTASTIQUE ET SES HÉROS

Une fiction courte avec des actions concentrées dans le temps et dans l’espace, menant vers une chute frappante et ambiguë. Une fiction de l’étrange où surgissent des événements surnaturels, incompatibles avec la réalité, auxquels on adhère le temps de la lecture. L’intrusion d’actants irréels (personnages, animaux, etc.) dans un environnement réaliste ou non. Le narrateur est souvent le héros de l’histoire. Une dramatisation progressive des actions pour créer du suspense et inciter à poursuivre l’histoire. Une narration subjective avec les emplois fréquents de la 1re personne et des verbes de perception (voir, entendre, sentir…). Un lexique des émotions manifestant les sensations et sentiments des personnages et des images poétiques suggérant la peur et le mystère.

    

LES VISÉES DES RÉCITS FANTASTIQUES

Faire peur par l’irruption du surnaturel (créatures étranges, phénomènes inexpliqués) dans un cadre réaliste qui rend vraisemblable le récit et qui suscite le doute ; par l’énonciation fréquente à la 1re personne, par un narrateur témoin et/ou acteur avec lequel le lecteur s’identifie et partage les aventures ; par l’emploi du lexique des sensations, de la peur, de l’étrange… Faire rêver par un univers, des personnages et une écriture spécifiques (images poétiques : comparaison, métaphore, symbole, personnification). Dénoncer par le biais de l’allégorie, dans laquelle certains éléments de l’histoire incarnent des idées (valeurs, contre-valeurs) que l’auteur défend implicitement.

   

LA POÉSIE AU XXe SIÈCLE

Ses liens avec le monde réel. À chaque époque, la poésie tisse des liens explicites ou implicites avec la réalité : allusions aux contextes historique et culturel, à la vie personnelle et collective. Ses modes d’expression. Différentes formes coexistent : les poèmes à forme fixe, parfois revisités : ballade, ode, sonnet ; les poèmes en vers libres, parfois sans strophe, non rimés mais avec des effets sonores (assonances, anaphores, allitérations). Les images poétiques. Elles sont renouvelées grâce aux récits de rêves, à la pratique de l’écriture automatique et aux visions esthétiques des artistes qui ne cherchent plus à imiter le monde réel.

    

L’HOMME FACE AUX AVANCÉES SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES : ENTHOUSIASMES ET INTERROGATIONS

      

LES RÉCITS DE SCIENCE-FICTION

Origine : au XXe siècle, en lien avec les avancées scientifiques et techniques (robotisation, conquête de l’espace…). Cadre spatio-temporel : dans un univers technologique, sur Terre et/ou sur d’autres planètes et surtout dans le futur. Personnages : humains, robots, extraterrestres… Lexique : scientifique et technique pour rendre le récit plus crédible. Tons : humoristiques, dramatique, angoissant, etc. Visées : divertir, informer sur les avancées des sciences, interroger sur la société et ses évolutions. Utopie et contre-utopie : les récits de science-fiction présentent un monde utopique (vision positive du futur) ou contre-utopique (vision négative).

         

LA LITTÉRATURE DE TÉMOIGNAGE

Témoigner consiste à dire ou écrire ce qu’on a vu, vécu, dans le but de faire connaître la réalité. Il existe plusieurs façons de transmettre un témoignage. Le reportage, lié aux médias, rapporte un événement à ceux qui ne peuvent être présents. Le récit de vie est axé sur un moment particulier de l’existence de l’auteur. L’autobiographie est un récit introspectif qu’une personne fait de sa propre existence. Les mémoires racontent des événements historiques importants auxquels l’auteur a pris part en tant qu’acteur ou témoin. Dans ces témoignages, l’auteur, le narrateur et le héros sont la même personne. Énoncés à la 1re personne, ces récits mêlent les temps du passé pour raconter les faits et le présent pour les commenter.

           

LE LEXIQUE AUTOUR DU VIRTUEL

Virtuel : caractère de ce qui est fictif, imaginaire, inexistant. Dans le domaine du numérique, le virtuel désigne la réalité simulée par informatique. Réseaux sociaux : sites Internet reliant à distance des personnes qui échangent informations, photos et vidéos. Réalité virtuelle : technologie simulant des univers imaginaires en 3D dans lesquels l’utilisateur muni d’un casque peut se déplacer et interagir. Réalité augmentée : technologie dans laquelle l’utilisateur voit sur un écran le monde réel où s’ajoutent des éléments virtuels avec lesquels il peut interagir.

      

TERMINALE PROFESSIONNELLE

     

IDENTITÉ ET DIVERSITÉ

     

LES ÉCRITS AUTOBIOGRAPHIQUES

Une autobiographie désigne un genre littéraire où l’auteur raconte ce qu’il a vécu. Auteur, narrateur et personnage ont donc la même identité. Il existe plusieurs types d’écrits autobiographiques. Le journal intime est un compte rendu régulier, proche des événements rapportés. Les mémoires évoquent la vie entière de l’auteur en tant que témoin de l’histoire. Le récit autobiographique est un texte rétrospectif qui rapporte des faits passés. Le roman autobiographique est un texte fictif largement inspiré par le vécu de l’auteur. Les écrits autobiographiques impliquent le plus souvent le « je ». Ils soulèvent la question de la véracité des faits puisqu’ils sont la reconstruction d’un passé.

  

LE THÈME DE LA FILIATION

Le thème de la filiation est généralement traité dans les autobiographies, les autofictions ou romans autobiographiques, les biographies et certaines fictions littéraires ou cinématographiques. Ce thème évoque le lien d’un individu avec ses ascendants ou descendants et plus largement avec ses origines familiales, géographiques ou culturelles. Il relate une expérience toujours singulière. Mais il soulève souvent également des problématiques collectives propres à un groupe d’individus et des questions universelles concernant l’ensemble de l’humanité.

   

LES VALEURS DU « JE » DANS LES ÉCRITS AUTOBIOGRAPHIQUES

Dans un énoncé, le pronom « je » peut illustrer plusieurs valeurs. Un « je » individuel qui raconte une histoire personnelle : on le trouve souvent dans les récits de filiation ou de voyage. Un « je » collectif qui exprime implicitement un « nous » pour revendiquer l’appartenance à une collectivité et/ou inciter à une action collective : on le trouve souvent dans les écrits engagés. Un « je » singulier qui exprime ses particularités – souvent culturelles – pour caractériser sa différence avec les autres.

           

AU XXe SIÈCLE, L’HOMME ET SON RAPPORT AU MONDE À TRAVERS LA LITTÉRATURE ET LES AUTRES ARTS

      

LA BIOGRAPHIE

C’est un récit. Vrai : il raconte la vie réelle d’une personnalité ; chronologiquement linéaire : de la naissance jusqu’à la mort, avec des indicateurs temporels précis qui servent de repères ; très documenté : l’auteur cite dans le récit ou en notes ses sources pour prouver la véracité de ses propos ; rétrospectif : la biographie est généralement rédigée après le décès de la personne. Le récit est aussi prospectif car il se réfère parfois à son avenir ; avec des effets de réels : pour donner l’illusion d’une proximité entre le biographe et son sujet.

   

LES SCIENCES HUMAINES ET LA LITTÉRATURE

La sociologie étudie quantitativement et qualitativement les êtres humains dans leurs comportements sociaux individuels et collectifs en lien avec le contexte culturel, économique, géographique où ils vivent. La psychanalyse analyse les réactions inconscientes d’un individu qui peuvent s’exprimer par des pulsions incontrôlées et des souffrances psychiques. Elles sont en lien avec son histoire personnelle et son environnement. Les fictions littéraires, réalistes ou non, s’appuient explicitement ou implicitement sur ces sciences pour créer leurs personnages et le milieu où ils évoluent.

   

L’APOLOGUE

Ses visées. C’est un court récit allégorique qui, par le détour de la fiction, délivre implicitement une leçon morale, sociale, politique, philosophique, religieuse. Ses formes. La fable : héritée de l’Antiquité (avec Ésope) et popularisée par La Fontaine au XVIIe siècle. Le conte philosophique : prisé par les philosophes des Lumières pour lutter contre les injustices (Voltaire). La parabole : dans les textes sacrés, récit qui délivre un message spirituel ou religieux. L’utopie : récit imaginaire sur un monde idéal (Swift). La contre-utopie : récit imaginaire sur un monde dangereux (Clarke).

     

LES MYTHES DANS LA LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Le mythe. C’est un récit qui met en scène des êtres incarnant sous une forme symbolique des forces de la nature, des aspects de la condition humaine. Une portée universelle. On retrouve la réécriture des mythes dans différentes régions du monde et à des époques variées. Mais le message qu’ils délivrent dépasse le contexte historique et géographique où ils sont nés. Des réactualisations. Les mythes sont alors réécrits sous la forme de romans, scènes théâtrales, poèmes, tableaux… Une fonction éducative. Ils peuvent avoir, selon les époques, une fonction éducative à portée sociale, psychologique, économique.

     

LA PAROLE EN SPECTACLE

       

LA FARCE BURLESQUE

La farce. Comédie souvent courte. Personnages ridicules et caricaturaux. Fréquents jeux de scène corporels. Langage plutôt familier. But : faire rire avec un comique grossier (jeux de mots, injures, coups…). Le registre burlesque. Décalage entre la gravité du sujet traité et la façon légère, comique dont il est abordé. Détournements parodiques d’un genre théâtral (la tragédie), de héros prestigieux comme les chevaliers du Moyen-Âge. Juxtaposition de niveaux de langue opposés : vulgaire et soutenu.

          

LE DISCOURS ORATOIRE

C’est un écrit nécessairement contextualisé qui s’ancre dans une situation de communication déterminée. C’est aussi un écrit oralisé destiné à être lu ou dit par un orateur face à un public. L’orateur utilise donc différents procédés rhétoriques : des types de textes différents : récits, descriptions, argumentations selon ses intentions ; des effets de soulignement ou d’effacement si l’orateur s’engage personnellement ou parle au nom d’une communauté ; des procédés d’interpellation, comme les exclamations, les interrogations pour faire partager ses convictions ; des figures de style (anaphores, images poétiques, etc.) pour maintenir l’attention du public. L’orateur agit comme un comédien : par sa voix et ses gestes, il doit convaincre et persuader.

     

L’ÉLOQUENCE JUDICIAIRE

Les visées : convaincre et persuader les jurés afin qu’ils innocentent ou condamnent l’accusé selon la peine demandée par l’avocat général. Les procédés rhétoriques. La fausse question oratoire : elle énonce une affirmation sous la forme d’une question. L’exclamation ou l’interrogation : elle interpelle. Les parallélismes de construction : ils confrontent des faits, des idées. L’anaphore : elle insiste par la répétition d’un mot. Les images poétiques (métaphore, comparaison, personnification) : elles s’adressent à l’émotion. L’hyperbole : elle exagère pour marquer les esprits.

      

CLASSES PROFESSIONNELLES

        

LES PRINCIPAUX COURANTS LITTÉRAIRES

       

Définition. Un courant littéraire est représenté par un ensemble d’œuvres unies par les mêmes principes esthétiques et valeurs défendus par une communauté d’artistes. Il témoigne des évolutions dans les goûts et des transformations économiques, politiques, culturelles d’une époque.

XVe et XVIe siècles. L’humanisme et la Pléiade. Refus des références culturelles uniquement chrétiennes : admiration pour les littératures gréco-latine, italienne et désir d’une poésie nationale : Du Bellay. Partage des valeurs humanistes : Érasme.

XVIIe siècle. Le classicisme. Goût pour les formes littéraires antiques. Fables : La Fontaine. Comédies : Molière. Tragédies : Corneille, Racine. Idéal d’un honnête homme cultivé qui sait converser dans les salons aristocratiques. Désir d’une expression claire et mesurée.

XVIIIe siècle. La philosophie des Lumières. Rejet de la monarchie absolue de droit divin ; combats contre les injustices, la torture, le fanatisme religieux, l’obscurantisme : Voltaire, Rousseau. Défense du droit à l’éducation, diffusion des idéaux révolutionnaires par des contes, des traités…

XIXe siècle. Le romantisme. Rejet des canons esthétiques équilibrés du classicisme et du rationalisme des Lumières. Le « mal du siècle » après les défaites de la Révolution française et du 1er Empire : Chateaubriand. Goût pour l’introspection, le Moyen Âge et recherche d’une liberté dans l’expression : Hugo.

XIXe siècle. Le réalisme et le naturalisme. Désir de créer avec les mots une illusion de la réalité. Tout est racontable, y compris la misère du peuple : Maupassant. Le naturalisme entend, par la science, expliquer dans les romans l’hérédité qui pèse sur les destinées : Zola.

Fin XIXe siècle/début XXe siècle. Le symbolisme. Rejet du romantisme social de Hugo, du réalisme de Flaubert et du naturalisme de Zola. Recherche par des drogues et l’écriture poétique des correspondances entre le réel et les symboles d’un autre monde : Baudelaire.

XXe siècle. L’Esprit nouveau et le surréalisme. Refus des contraintes d’une versification codifiée par des formes fixes. Expérimentations poétiques (écriture automatique sous hypnose, récits de rêves, cadavres exquis) influencées par la publicité et la psychanalyse : Breton.

XXe et XXIe siècle. La littérature engagée. Marquée par les horreurs nazies et la décolonisation. Influencée par les idéologies communistes et tiers-mondistes. Cherchant à toucher un public populaire par des formes littéraires simples et familières. Désir de transformer le monde : Aragon.

            

LES FICTIONS ROMANESQUES

        

Définition. Les fictions romanesques sont des œuvres littéraires nées de l’imagination de leurs auteur(e)s. Elles donnent parfois l’illusion de la réalité, mais les histoires qu’elles racontent ne sont pas vraies.

Les romans. Une forme romanesque longue. Une ou des histoires décomposées en séquences et/ou chapitres. Des situations inventées, plus ou moins liées au monde réel. Des personnages nombreux avec différents statuts : héros ou anti-héros, personnages secondaires « figurants ». Une narration linéaire des faits ou non. Un narrateur témoin, acteur ou extérieur à l’histoire racontée. Des sous-genres variés : roman historique, d’apprentissage, d’aventures, policier, fantastique, de science-fiction, etc.

Les nouvelles. Une forme romanesque courte. Une seule histoire avec une action principale et des péripéties. Une chute frappante. Peu de personnages : un héros (ou héroïne) en lien avec quelques personnages secondaires. Même procédés narratifs que dans le roman (ordre linéaire des faits ou non, énonciation aux 1re ou 3e personnes).

Les contes philosophiques. Des récits courts se situant à une époque indéterminée et souvent dans un lieu imaginaire idéal (utopie) ou exécrable (contre-utopie). Un ou des personnages réalistes et des créatures imaginaires stéréotypées, sans profondeur psychologique. Une intrigue permettant à l’auteur d’argumenter indirectement sur ses engagements philosophiques, politiques, sociaux, religieux. Genre privilégié au XVIIIe siècle par les philosophes des Lumières pour détourner la censure.

Points communs. Les fictions romanesques sont appréciées du public car leurs intrigues, par le suspense qu’elles créent, attisent la curiosité et suscitent des attentes. Elles permettent de nous identifier aux personnages et de réfléchir ainsi sur nous-mêmes. Elles nous aident, par l’histoire racontée, à cerner les aspirations historiques, politiques, idéologiques, esthétiques d’une époque et de son auteur(e), tout en les confrontant aux nôtres.

    

LES FICTIONS THÉÂTRALES

         

Définition. Les fictions théâtrales longues (pièces) ou brèves (saynètes) sont des textes écrits en prose ou en vers destinés à être mis en scène et joués par des comédiens. Leurs intrigues sont imaginaires, même si elles se réfèrent à des situations vraies ou vraisemblables.

Le théâtre classique du XVIIe siècle. Règle des 3 unités : de temps (un seul jour), de lieu (un même espace), d’action (une seule histoire). Respect de la bienséance : pas d’action violente sur scène. Personnages et intrigues souvent stéréotypés. Deux sous-genres dramatiques : la tragédie : intrigues politiques, milieu noble, dilemme et fatalité divine, dénouement malheureux. But : se libérer de ses passions. La comédie : intrigues privées, milieu surtout bourgeois, dénouement heureux. Buts : plaire et instruire.

Le drame romantique du XIXe siècle. Refus de la règle des 3 unités et du respect de la bienséance. Le grotesque se mêle au sublime. Personnages moins stéréotypés psychologiquement et socialement. Possibilité de transgressions (une reine peut aimer un laquais : cf. Hugo, Ruy Blas). Intrigues mêlant l’intime, la politique et l’histoire. Dénouement malheureux. Buts : faire rire et pleurer.

Le théâtre contemporain. Liberté et diversité dans la forme, les sources d’inspiration et les sujets traités. Mélodrames, tragicomédies, parodies burlesques, théâtre de l’absurde, théâtre engagé. Ces œuvres montrent le monde (passé ou actuel) dans ses contradictions, ses engagements, ses rêves ou ses désillusions.

Points communs. Le texte théâtral. L’intrigue est souvent structurée en 4 étapes : exposition, nœud, péripéties, dénouement. Elle est divisée, selon les époques, en actes et scènes ou tableaux. L’auteur s’adresse à ses lecteurs et au metteur en scène dans les didascalies. Les personnages dialoguent entre eux (répliques et tirades), s’adressent au public (apartés) ou se parlent à eux-mêmes (monologues, soliloques). Le public lit ou entend ces paroles, à la différence des personnages. Le spectacle théâtral. Des comédiens incarnent sur scène les personnages dans un jeu plus ou moins fidèle au texte. Les lieux, l’époque sont suggérés par des décors et des accessoires plus ou moins réalistes. D’autres effets peuvent être produits par une bande-son, des images projetées, du mime…

     

LA POÉSIE

       

Définition. Les œuvres poétiques se caractérisent par une disposition singulière des mots ainsi qu’une utilisation d’images, de sonorités et de procédés rythmiques particuliers pour faire rêver, se moquer, dénoncer…

La poésie de la Renaissance. Aux XVe et XVIe siècles : renouveau artistique économique et culturel. Influence des littératures de l’Antiquité et de l’Italie (Pétrarque au XIVe siècle). Poèmes à forme fixe : le sonnet : 2 quatrains, 2 tercets rimés en décasyllabes ou alexandrins ; l’ode : retour de 3 strophes avec une même structure pour les 2 premières. Registres selon les thèmes : lyrique quand le poète s’exprime sur l’amour, les plaisirs de la vie, la fuite du temps, la mort, la nature ; satirique quand il se moque d’une personne, d’une situation… ; épique quand il vante des exploits héroïques.

La poésie de l’Esprit nouveau et la poésie surréaliste. Début du XXe siècle : mutations technologiques, psychanalyse, Première Guerre mondiale. Influence de la publicité. Poèmes en vers libres, non ponctués, non rimés, avec des effets typographiques. Maintien des thèmes et registres classiques (sur l’amour, la fuite du temps…) et apparition de nouveaux sujets poétiques : pour les poètes de l’Esprit nouveau : la vitesse, les objets quotidiens, le travail, la modernité des villes, le cirque, le cinéma ; pour les poètes surréalistes : le rêve, l’inconscient, l’amour fou… Nouvelles formes : calligrammes, poèmes-affiches.

La poésie engagée. Au XXe siècle, durant la Seconde Guerre mondiale et la décolonisation. Coexistence de formes anciennes (ballades, sonnets, odes) et de poèmes en vers libres. Influence d’images, de rythmes venus d’ailleurs : la poésie de la négritude. Pour dénoncer les horreurs de la guerre (la poésie de la Résistance), des injustices, défendre des causes humanistes et susciter l’adhésion du lecteur.

Points communs. Une musique qui naît d’un mètre régulier ou irrégulier, de rimes, de répétitions de sons voyelles (assonances) ou de sons consonnes (allitérations), de mots en début de vers (anaphores). Des images poétiques (comparaisons, métaphores, personnifications) plus ou moins surprenantes qui, par les connotations qu’elles créent, nous ouvrent sur un monde imaginaire idéal, étrange ou inquiétant, en correspondance avec nos propres rêves ou peurs et nos fantasmes.

      

LES RÉCITS DE VIE

         

Définition. Les récits de vie sont des histoires qui racontent chronologiquement (ou non) et dans un souci de vérité la vie d’une personne intéressante pour les lecteurs et les lectrices.

Les récits autobiographiques. Un(e) auteur(e), généralement connu(e) et reconnu(e), raconte et commente rétrospectivement des moments importants de sa vie pour lui/elle et le public. Auteur(e), narrateur ou narratrice et personnage se confondent. Texte énoncé à la 1re personne avec des repères de temps et de lieu fréquents pour guider le lecteur. Temps du passé se mêlant au présent lorsque l’auteur(e) commente, au moment de l’écriture, ce qu’il (elle) a vécu.

Les récits biographiques. Un(e) auteur(e) raconte et commente rétrospectivement des moments importants de la vie d’une personnalité. L’auteur(e), le narrateur ou la narratrice et la personnalité présentée ne se confondent pas. Texte énoncé plutôt à la 3e personne, mais le (la) biographie peut choisir aussi de s’exprimer aux 1re et 2e personnes pour créer un effet de proximité. Temps du passé se mêlant au présent lorsqu’il/elle commente ce qu’a vécu cette personnalité.

Les autofictions ou romans autobiographiques. Un(e) auteur(e) transforme des événements marquants de sa vie en une fiction romanesque. Le récit est souvent raconté à la 1re personne, mais l’identité du narrateur ou de la narratrice est différente de celle de l’auteur(e), tout comme les noms de ses personnages. Cependant, en comparant la biographie de l’auteur(e) à celle du narrateur ou de la narratrice, les lecteurs établissent des liens entre les faits racontés, les lieux décrits et l’époque présentée.

Points communs. L’auteur(e) réfléchit sur sa propre vie ou celle de son personnage. On découvre une époque, des lieux, des événements qui sollicitent à la fois notre imaginaire et notre curiosité intellectuelle. On compare notre vie à celle qu’on nous raconte et on fait le point sur notre propre parcours. Ces lectures peuvent influencer en partie nos choix d’actions et d’engagement. 

        

L’ARGUMENTATION DIRECTE

         

Définition. À la différence des argumentations indirectes, ces écrits, oralisés ou non, démontrent, réfutent ou mettent en délibération des thèses explicites qui font débat avant d’exprimer une prise de position.

Les discours oratoires. Textes écrits pour être dits. L’orateur comme un comédien, travaille sa voix et ses gestes. Il interpelle son public et argumente pour justifier son opinion. Leurs formes : le plaidoyer pour soutenir une thèse ou une plaidoirie pour défendre un accusé (procès) ; le réquisitoire pour s’opposer à une thèse ou proposer une condamnation (procès) ; l’éloge pour célébrer un ou des individus, le blâme pour le ou les dénoncer.

Les essais et les traités. Ouvrages courts ou longs. Thèmes divers : sciences, politique, éducation. Énoncés surtout à la 3e personne mêlant des arguments d’autorité incontestables et d’opinion. Insertion de citations pour justifier les explications et les prises de position. Pour être crédibles, utilisation d’un lexique plutôt abstrait et mesuré.

Les manifestes, les tracts et les pamphlets. Écrits plus ou moins courts qui réfutent et/ou défendent explicitement des pratiques et des idées. Recherchent l’adhésion des lecteurs. Argumentaires qui s’appuient souvent sur des exemples concrets et des arguments d’opinion susceptibles de faire réagir les destinataires. Dans les tracts, une mise en page, voire des images permettent une lecture rapide. Registre souvent polémique et lexique surtout d’opinion s’adressant plutôt aux émotions.

Points communs. Les argumentations directes, à la différence des textes informatifs et explicatifs, visent à faire évoluer, voire à modifier l’opinion des destinataires. Les argumentaires – fondés sur des concepts, des convictions, des anecdotes – veulent nous convaincre en s’adressant à notre raison et nous persuader en s’appuyant sur nos émotions. Quel que soit le genre argumentatif, son auteur(e) utilise des procédés rhétoriques hérités de l’Antiquité qui varient selon ses visées : marques d’interpellation, d’insistance et de généralisation, exagérations et euphémismes, enchaînements logiques.

     

LE CINÉMA

       

Définition. Né à la fin du XIXe siècle, d’abord muet puis parlant, en noir et blanc puis en couleurs, se détachant progressivement du théâtre filmé, le cinéma est aujourd’hui un média incontournable pour se distraire, s’informer, voire s’engager.

Les fictions cinématographiques. Histoires vraisemblables ou imaginaires. Narration linéaire ou avec des retours en arrière, voire des effets d’anticipation. Les spectateurs suivent l’intrigue par le regard des personnages (caméra subjective) ou de manière extérieure (caméra objective). Ses genres : des films d’auteur : comédies sentimentales ou burlesques, drames, biopics, films historiques, policiers, fantastiques, de science-fiction, etc. ; des blockbusters : film d’action à grand spectacle et gros budget publicitaire ; des séries subdivisées en saisons.

Les films d’animation. Quelques techniques : le dessin animé : papier, pellicule… ; la manipulation d’objets en 2D : sable, pâte à modeler, peinture… ; l’animation en volume (objets 3D : marionnettes, figurines…), la pixilation (avec des acteurs réels ou des objets) ; les images de synthèse numériques. Des fictions sur des sujets imaginaires ou vraisemblables pour un public d’enfants et d’adultes.

Les reportages et les documentaires. Les reportages télévisuels et numériques, relativement courts, traitent de sujets d’information précis. En lien avec l’actualité immédiate, réalisés rapidement sur le terrain par un journaliste et un caméraman. Les documentaires approfondissent des sujets historiques, sociologiques, politiques, etc. Le documentariste s’appuie sur des recherches préalables associant souvent  des enquêtes de terrain à des interviews. Les docufictions intègrent dans le documentaire de très courtes scènes de fiction jouées par des comédiens pour attirer le public et mieux faire comprendre le sujet traité.

Points communs. Tout film est une création collective. Le réalisateur travaille avec un scénariste, un directeur de la photographie, des musiciens, un ingénieur du son, des comédiens et un producteur qui finance le film. Dans les rushes du tournage (images et sons), le réalisateur sélectionne avec le monteur ce qui correspond à ses choix de mise en scène.

            

LES MÉDIAS D’INFORMATION

       

Définition. Du latin médium (média au pluriel), les médias d’information représentent les différents moyens par lesquels le public s’informe sur l’actualité passée ou présente.

La presse écrite papier. Présente dès le XVe siècle, en plein essor au XIXe siècle. Contenus définis par la périodicité de parution. Les quotidiens (chaque jour) et hebdomadaires (chaque semaine) sont plutôt généralistes. Ils traitent de l’ensemble de l’actualité selon les orientations de la rédaction du journal. Les mensuels et bimensuels sont plutôt des revues spécialisées : sport, tourisme, éducation, etc. Principaux genres journalistiques : articles d’opinion : éditorial, chronique, billet d’humeur ; articles d’information : brève, fait divers, reportage.

La presse audiovisuel. La radio : née au XIXe siècle ; rôle important durant la Seconde Guerre mondiale (Radio Londres) ; informe, commente, fait participer les auditeurs sur l’actualité quotidienne ou dans des émissions plus approfondies et spécialisées. La télévision : 4 janvier 1937 : premières émissions de 20h à 20h30 ; une centaine de postes chez les particuliers ; comme la radio mais avec le choc des images en plus, elle informe, commente l’actualité et fait participer les téléspectateurs.

La presse numérique. La plupart des journaux et magazines possèdent aujourd’hui leur site où ils diffusent leur édition papier gratuitement ou moyennant une participation du public. Cette presse numérique offre en outre des liens hypertextes si le lecteur veut approfondir le sujet qu’il découvre. D’autres réseaux dits participatifs (Facebook, Twitter…) incitent le lecteur à réagir pour diffuser, partager, analyser, commenter des informations.

Points communs. Les informations, avant d’être diffusées et partagées, doivent être vérifiées et croisées. Une charte professionnelle définit la déontologie du métier de journaliste et la loi punit les contrevenants. Avec le développement des informations via le numérique, il est important de se former pour s’informer afin de ne pas être les victimes de fake news (fausses nouvelles) et se laisser manipuler par leurs auteurs mal intentionnés.

     

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE

      

BENISTANT Simon, SEUZARET Florian, LEDUC Nathalie, HEWARK Stéphanie, SENDRE-HAIDAR Michèle, ZIANE-BRUNEEL Nadia, MORVAN Anais, ABJEAN Françoise, 2de, 1re, Tle, Français, Lectures croisées, Paris, Foucher, mars 2018.

    

www.foucherconnect.fr

13 janvier 2018

1 cours de francais de terminale professionnelle (juillet 2017)

LES BONS RÉFLEXES

    

ANALYSER UN EXTRAIT DE ROMAN

      

Le roman est un genre qui associe la narration, la description et le dialogue. Pour que le lecteur suive l’intrigue, le narrateur organise son récit et choisit son mode de narration.

L’organisation du récit. Le choix du point de vue : la focalisation. Si le lecteur découvre seulement ce qu’un témoin extérieur peut savoir de l’action et des personnages, il s’agit de la focalisation externe. S’il connaît les sentiments, les pensées intérieures, les motivations des personnages, il s’agit de la focalisation interne. S’il sait tout des personnages et des événements, même si ceux-ci se déroulent en même temps et à des endroits différents, il s’agit de la focalisation zéro. La narration et la description. La narration raconte les événements en les situant dans le temps et dans l’espace. La description permet au lecteur de se représenter les lieux, les portraits des personnages, les milieux sociaux.

Les modes de narration. L’auteur. C’est celui qui écrit à une époque et en des lieux donnés. Il appartient ou non à un courant littéraire. Le personnage. C’est un être de fiction pour qui l’auteur construit une identité (physique, caractère, origine sociale, famille, activité…) et à qui il invente un destin. Le narrateur. Le narrateur-personnage raconte l’histoire à la première personne. Il peut être personnage secondaire ou simple témoin. Le narrateur qui raconte à la troisième personne n’est pas un personnage, mais il peut intervenir ponctuellement dans le cours du récit, par exemple pour apporter des explications au lecteur. Le narrateur invisible est totalement extérieur à l’histoire racontée et la première personne n’apparaît jamais dans le récit. Le narrateur-auteur forme une seule et même personne dans le récit autobiographique.

      

ANALYSER UNE SCÈNE DE THÉÂTRE

       

Le texte de théâtre est écrit pour être joué. Les personnages se parlent et s’adressent aussi au public de manière indirecte : c’est ce que l’on appelle la « double énonciation ».

Les types de paroles. Le dialogue. C’est un échange verbal entre deux ou plusieurs personnages à l’aide de répliques (échanges brefs) ou de tirades (longues répliques sans interruption). Le monologue. C’est le discours prononcé par un personnage seul en scène. L’aparté. C’est une réflexion prononcée par un personnage à l’insu d’un autre, soit pour lui-même, soit à l’intention du public.

Les autres indications du texte de théâtre. L’acte. C’est l’unité la plus longue de la pièce. Entre deux actes, il peut y avoir changement de décor. La scène, le tableau. La scène est l’unité la plus courte de la pièce. Le changement de scène correspond aux entrées ou aux sorties des personnages. La scène d’exposition présente la situation initiale de la pièce, le caractère des principaux personnages absents ou présents, ainsi que l’objet du conflit. Le théâtre contemporain laisse place à des « tableaux » ou à une absence de délimitation formelle. Les didascalies. Ce sont les indications de mise en scène écrites par l’auteur et jouées par les comédiens. Elles portent sur le lieu, l’époque, les noms des personnages, leur apparence, leurs gestes, leurs déplacements, leurs mimiques, leur intonation, leurs sentiments, ainsi que sur les bruitages, les éclairages et la musique.

     

ANALYSER UN POÈME

      

La poésie naît d’une utilisation particulière du langage. Le poète s’intéresse aux multiples significations des mots, à leurs sonorités, au rythme et aux rimes.

Le vers et la strophe. Le vers. C’est l’ensemble des mots écrits sur une seule ligne. Il ne se confond pas avec la phrase. La strophe. C’est un ensemble de vers. Elle a une unité de sens. Si elle regroupe deux vers, c’est un distique. Pour trois vers, c’est un tercet. Pour quatre vers, c’est un quatrain. Pour cinq vers, c’est un quintil.

Les types de vers. On appelle « mètre » la longueur d’un vers. L’octosyllabe est un vers de huit syllabes. Le décasyllabe est un vers de dix syllabes. L’alexandrin est un vers de douze syllabes.

Le rythme. L’accent et la coupe. L’accent est une intonation suivie d’une coupe, c’est-à-dire une pause. Placées à intervalles réguliers dans un vers, les coupes créent une harmonie. Placées de façon irrégulière, elles mettent en valeur un pot ou une idée. L’enjambement et le rejet. Dans le cas d’un enjambement, la pause en fin de vers est supprimée, la phrase se prolonge au vers suivant. Dans le cas du rejet, le dernier mot de la phrase est placé au début du vers suivant.

La rime. Le genre de la rime. La rime est féminine si le dernier mot du vers se termine par un « e » muet. Elle est masculine dans les autres cas. La richesse de la rime. La rime est pauvre si les deux vers se terminent par un son commun (bleu/yeux). Elle est suffisante s’il y a deux sons communs (dune/lune). Elle est riche s’il y a au moins trois sons communs (anxieuse/silencieuse). La disposition des rimes. AABB : rimes plates ou suivies. ABBA : rimes embrassées. ABAB : rimes croisées.

     

ANALYSER UN TEXTE ARGUMENTATIF

     

Le texte d’argumentation vise à démontrer la justesse d’une opinion. Organisé dans le but de convaincre, il emploie des arguments et des procédés de persuasion en faisant appel au raisonnement et aux émotions.

La situation d’argumentation. La situation d’argumentation est une situation de communication particulière. L’émetteur (l’argumentateur) et le récepteur (le destinataire de l’argumentation) ont l’intention de défendre ou de combattre un point de vue.

La stratégie de l’argumentation. Le raisonnement logique. Celui qui argumente enchaîne les idées selon un ordre logique. Il utilise des mots de liaison pour organiser son raisonnement. L’appel aux émotions. Celui qui argumente s’adresse aux sentiments du récepteur, à sa sensibilité.

L’organisation du texte argumentatif. Le texte argumentatif s’organise toujours autour d’une idée (défendue ou attaquée) : la thèse et les preuves que l’on apporte pour convaincre (les arguments). Par exemple, celui qui argumente peut partir d’une idée couramment admise qu’il attaque (la thèse rejetée). Puis il démontre le bien-fondé de la thèse qu’il propose en remplacement (la thèse défendue).

Les indices du texte argumentatif. Les premières personnes (je, nous) et les deuxièmes personnes (tu, vous) sont fréquemment utilisées. Souvent, celui qui argumente s’engage fortement et implique le destinataire. Des termes valorisants (mélioratifs) ou dévalorisants (péjoratifs) traduisent l’opinion de l’argumentateur. Des mots de liaison (connecteurs) marquent les liens logiques entre les arguments. Des figures de style comme l’anaphore, l’antithèse ou la question oratoire mettent en valeur les arguments.

     

ANALYSER UNE IMAGE

     

Par la construction de l’image, par le choix du thème, l’auteur témoigne, séduit, informe ou interpelle le lecteur.

La construction de l’image. Lignes de fuite : droits imaginaires créant la perspective et la profondeur. Lignes de force et points forts : ils orientent le regard en créant des effets de contraste. Une image se décompose en plusieurs parties qui se répondent de part et d’autre d’axes verticaux, horizontaux ou obliques. Ainsi se créent des effets de symétrie ou d’opposition. Dans l’image ci-dessus, on peut, par exemple, opposer la partie gauche (les hommes) à la partie droite (l’obstacle à franchir, la montagne).

L’interprétation de l’image. L’image est polysémique car elle autorise des interprétations différentes selon les lecteurs. En effet, pour lire une image, le lecteur fait appel à sa sensibilité, à son expérience, à ses références culturelles propres.

Les intentions de l’image. Informer, transmettre un message. L’image peut représenter, reproduire le réel, comme dans le cas d’une photographie de reportage. Elle peut aussi, comme l’affiche politique, servir à transmettre une idée ou une conviction. Interpeller. L’image peut agir sur le destinataire, transformer son opinion, l’inciter à agir, à réagir. C’est le cas de l’image publicitaire. Séduire, plaire. L’image peut produire une émotion esthétique, séduire par l’effet de surprise, la force émotionnelle ou la beauté du graphisme.

     

RÉPONDRE À LA QUESTION DE PRÉSENTATION DU CORPUS

     

La première question de chaque sujet porte sur l’ensemble des textes et documents. Elle permet de mettre en avant l’unité du corpus. Pour y répondre correctement, il faut suivre trois étapes.

La lecture active de l’ensemble des textes et documents. Le thème du corpus. Tous les documents qui sont proposés lors de l’épreuve se rapportent à l’un des trois objets d’étude de la classe de terminale : « Identité et diversité », « Au XXe siècle, l’Homme et son rapport au monde à travers la littérature et les autres arts », « La parole en spectacle ». La relation entre les documents. Les documents peuvent se compléter ou s’opposer. Ils se complètent s’ils abordent des aspects différents du thème, ils s’opposent s’ils exposent des points de vue différents.

Le sens de la question. L’objectif de la question. La question peut demander d’exposer le thème commun des divers documents, leurs points communs ou leur différence d’opinion. Les éléments de réponse. La lecture des différents documents permet de relever les éléments qui sont nécessaires à la réponse et à la justification.

La rédaction de la réponse. L’introduction. La première phrase apporte une réponse claire à la question posée. La justification. Il faut expliquer et justifier à l’aide du relevé effectué lors de la lecture. Les citations se font entre guillemets. Le bilan. La dernière phase résume l’idée principale de la réponse.

    

RÉPONDRE AUX QUESTIONS D’ANALYSE ET D’INTERPRÉTATION

     

Une à deux questions, de chaque sujet, portent sur la capacité du candidat à analyser et interpréter des textes et des documents. Pour y répondre efficacement, il faut suivre trois étapes.

L’étude de la question posée. L’identification des documents concernés par la question. La question peut porter sur l’étude d’un document ou sur la confrontation de plusieurs documents. La compréhension de la question. Il faut déterminer le lien qui existe entre le document, le thème de la question et l’objet d’étude.

La préparation de la réponse. L’identification d’un réseau lexical. L’auteur, pour donner de l’unité à son texte, pour exprimer son point de vue, utilise un réseau lexical qu’il faut relever et expliquer. L’analyse de la syntaxe. L’auteur, à travers la construction des phrases, donne un sens particulier au texte. Il faut les identifier et les justifier. L’interprétation d’une figure de style. L’auteur, pour exprimer une impression, un sentiment, une opinion, utilise des figures de style. Il s’agit de les identifier et d’en expliquer l’emploi.

La rédaction de la réponse. L’introduction. La première phrase reprend la question posée et y répond de manière claire et précise. La justification. Le paragraphe, introduit par des connecteurs logiques, explique la réponse et l’illustre par des exemples tirés des documents. Le bilan. La phrase de conclusion reprend l’idée principale et résume l’interprétation.

    

INTRODUIRE ET CONCLURE LE TRAVAIL D’ÉCRITURE

     

Le rôle de l’introduction est d’éveiller l’intérêt du lecteur. Mais le lecteur doit aussi garder une impression finale favorable, grâce à la conclusion. Introduction et conclusion doivent donc être particulièrement soignées.

L’introduction. Elle comporte trois étapes. L’accroche. On doit attirer l’attention du lecteur, lui donner envie de lire la suite du devoir. On peut utiliser une énumération se rapportant au thème du devoir, une formule percutante, une phrase exprimant une opinion forte ou opposant deux idées, une anecdote, c’est-à-dire la relation d’un événement en rapport avec le sujet. Ce peut être aussi une citation se rapportant au sujet. La présentation du sujet. On fait comme si le lecteur ignorait tout du sujet. On peut écrire une phrase posant le problème sous forme d’une question ou formulant l’opinion contenue dans le sujet. L’annonce du plan. On présente successivement l’idée essentielle de chacune des parties du plan. On utilise des termes comme : d’abord, ensuite, enfin, dans un premier temps, après, finalement…

La conclusion. La conclusion comporte deux étapes. La récapitulation. On résume l’idée essentielle de chaque partie du plan. C’est aussi l’occasion de faire le bilan de ce que le développement du devoir permet de penser. On peut utiliser certains termes qui marquent cette étape comme : donc, finalement, en conclusion… L’élargissement. On donne une piste pour une recherche ultérieure en posant une question qui prolonge la réflexion au-delà du sujet.

     

RÉDIGER UNE ARGUMENTATION

     

Un paragraphe argumentatif a pour but d’exposer et de développer une idée défendue par celui qui écrit. Il forme une unité construite. L’ensemble des paragraphes constitue l’argumentation.

L’idée directrice. C’est par la formulation de l’idée directrice que commence le paragraphe : celui qui écrit avance une opinion. Tout changement d’idée directrice implique un changement de paragraphe avec passage à la ligne et retrait d’alinéa.

Les arguments. Après avoir formulé l’idée directrice, il s’agit d’en prouver la justesse en apportant des arguments. Les arguments appuient l’idée directrice, l’expliquent et la justifient. Si l’idée directrice n’était suivie d’aucun argument, elle resterait une affirmation gratuite qui ne convaincrait personne.

Les exemples. Ils ont pour rôle d’illustrer les arguments. Pour être efficace, un exemple doit être précis et concret. Contrairement à l’argument qui transmet une opinion, l’exemple s’appuie sur des faits ; il est vérifiable et donc incontestable. Les exemples peuvent également être tirés du corpus de textes étudiés. Ils sont alors cités entre guillemets. Les exemples font comprendre les arguments – car ils sont tirés de la réalité, de la vie quotidienne, de l’environnement immédiat. Lorsque les exemples sont bien choisis, les arguments sont plus facilement admis.

La phrase bilan. La phrase finale du paragraphe met fin au raisonnement. Elle rappelle l’idée directrice et tire un bilan. Elle peut élargir la réflexion en annonçant le paragraphe à venir ou en ajoutant une remarque complémentaire. La phrase bilan établit un rapprochement, une relation intéressante, inattendue.

     

DÉVELOPPER UNE OPINION PERSONNELLE

     

Une opinion est une conviction personnelle. Elle peut avoir été forgée à partir d’un raisonnement ou venir d’un sentiment, d’une intuition. Elle doit toujours être justifiée par celui qui argumente.

La recherche des idées. Pour trouver des idées, plusieurs techniques peuvent être utilisées. Exemple de sujet : On dit souvent que « les voyages enrichissent la vie ». La technique du tour d’horizon : on envisage l’enrichissement grâce aux voyages sur différents plans : affectif (rencontres, liens par la correspondance…) ; intellectuel (connaissance de la langue, des lieux, de l’histoire…). La technique du changement de point de vue. On cherche ce qu’apportent les voyages à un enfant, à un adolescent, à un retraité… La technique de l’inversion. On se demande ce que représente une vie sans voyages (univers limité – pas de point de comparaison…).

Le plan du texte à rédiger. L’introduction et la conclusion. L’introduction précède le développement, la conclusion le suit. Le développement. Il se compose au moins de deux paragraphes. Le premier paragraphe. Il expose le thème, la situation ou le problème dont il est question de façon neutre, c’est-à-dire sans prendre parti. Le second paragraphe. Il donne l’occasion d’exprimer un avis personnel. Le rédacteur peut s’impliquer en ayant recours à un vocabulaire appréciatif ou dépréciatif, à des procédés de valorisation ou de dévalorisation.

     

RÉFUTER UN POINT DE VUE

     

Réfuter un point de vue, c’est exprimer son désaccord. Il s’agit de contredire une thèse ou une opinion et de justifier son opposition avec des arguments.

L’analyse de l’opinion à réfuter. L’opinion et son contexte. Le sujet propose une opinion présentée dans l’un des documents du corpus. Dans le document, on repère cette opinion et les arguments qui la justifient. Le travail. Il s’agit de justifier son désaccord en l’argumentant et en s’appuyant sur des exemples.

La préparation de la contre-argumentation. La contestation de la thèse. Le but est de montrer que la thèse repose sur une fausse vérité ou que le locuteur défend des valeurs contestables. Exemples : le confort personnel, la fortune. La mise au point des contre-arguments et des contre-exemples. L’objectif est de formuler des arguments contraires à ceux exposés par le locuteur et des exemples qui contredisent ceux du locuteur.

Le plan du texte à rédiger. Le premier paragraphe. Il expose l’argumentation (thèse – arguments – exemples) du locuteur en montrant ses faiblesses, ses limites. Le second paragraphe. Il avance une nouvelle thèse. Il apporte des contre-arguments et des contre-exemples pour détruire la thèse du locuteur.

    

DISCUTER UNE THÈSE

     

Délibérer, c’est discuter un point de vue, remettre en cause un avis pour exprimer, pour émettre sa propre opinion. C’est aussi l’expression des points d’accord et des points de désaccord.

L’étude du sujet. Le sujet cite un point de vue, un avis présenté dans l’un des documents du corpus. Dans le document, on repère ce point de vue et les arguments qui le justifient. Il s’agit de montrer que l’on a bien compris ce point de vue en l’expliquant, puis de le critiquer avec des contre-arguments et, enfin, d’exposer et d’argumenter son opinion personnelle.

Le plan de la délibération. L’explication du point de vue. Dans le premier paragraphe, on présente le point de vue dont on va délibérer en utilisant des expressions comme : selon, d’après… On reformule l’opinion en employant des expressions comme : en d’autres termes, autrement dit… On explique soigneusement le point de vue de l’auteur. La critique du point de vue. Dans le deuxième paragraphe, on critique le point de vue, c’est-à-dire que l’on montre en quoi il est erroné. On peut introduire le paragraphe par des expressions comme : Cette opinion est inexacte, Cet avis est exagéré… On expose ensuite son appréciation critique en s’appuyant sur des exemples précis tirés du texte.  L’expression du point de vue personnel. Dans le troisième paragraphe, on exprimer sa propre opinion avec des termes comme : pour ma part, selon moi… On justifie son point de vue personnel dans un développement argumenté, illustré par des exemples précis. Il est nécessaire d’affirmer ce que l’on pense, de choisir une thèse à défendre. Trop de copies se terminent par une phrase du style : « Toutes les opinions sont dans la nature ». Soyez vous-même lorsque vous argumentez.

    

PRÉPAPER L’ORAL DE CONTRÔLE

     

À l’oral de contrôle, le candidat est invité à présenter une œuvre ou un groupement de textes étudiés en classe, puis à répondre aux questions du jury.

La préparation de l’exposé. L’œuvre à présenter. On note de façon claire les références de l’œuvre (titre, auteur, année) et les grandes lignes du résumé. On ne rédige pas : on utilise des phrases nominales. L’appréciation sur l’œuvre. On note le jugement que l’on porte sur l’œuvre et les arguments le justifiant.

L’exposé. La présentation de l’œuvre. L’exposé est construit en trois grandes parties : on présente d’abord les références de l’œuvre en donnant des précisions sur l’auteur ou le contexte historique, par exemple ; on résume ensuite le récit sans entrer dans les détails, en suivant le schéma narratif, en indiquant les relations entre les personnages et en présentant les intentions de l’auteur ; on expose enfin son appréciation en la justifiant avec des arguments. L’utilisation des notes. On consulte de temps en temps ses notes pour suivre le plan que l’on s’est fixé ou pour se remémorer certains points. On coche au fur et à mesure chaque point évoqué.

L’entretien avec le jury. Les questions concernant l’œuvre. Le jury peut demander des précisions sur l’auteur, le récit, les personnages… On répond en s’appuyant sur ses connaissances. Les questions concernant le jugement ou l’impression du candidat. Le jury peut demander d’expliquer certains arguments ou de fournir des justifications supplémentaires pour que l’on mette en valeur son travail personnel.

La préparation de l’entretien. Pour préparer son entretien, on peut construire un tableau avec : Les références de l’œuvre (titre, auteur, date, contexte historique), le genre du texte (roman ? Théâtre ? Poésie ? Argumentation ?), les personnages (principaux personnages et relations entre eux), le schéma narratif (situation de départ, déclencheur, péripéties, équilibre, situation finale), les intentions de l’auteur (dénoncer, convaincre, émouvoir… ?), son appréciation personnelle (formulation et arguments).

      

LA LANGUE ET LE STYLE

     

LE MOT

     

Un mot se caractérise par son sens ; il peut posséder une ou plusieurs significations. Il se caractérise aussi par sa nature : c’est un nom, un verbe… Enfin, tous les mots ont une histoire, une origine.

Le mot monosémique. Un mot est monosémique lorsqu’il n’a qu’un sens. Les mots logiciel, tournevis, chaudière, kilogramme, délai… sont monosémiques. Dans le dictionnaire, ils n’ont qu’un seul sens.

Le mot polysémique. Un mot est polysémique lorsqu’il peut avoir plusieurs significations. Dans le dictionnaire, il a plusieurs sens.

La construction du mot. De nombreux mots sont composés d’un radical, d’un préfixe et d’un suffixe : le radical est le noyau que l’on ne peut modifier ; le préfixe est placé avant le radical et apporte une nuance de sens ; le suffixe est placé après le radical et indique la nature du mot ainsi qu’une nuance de sens. Exemple : impensable est formé du préfixe im- qui marque la négation et du suffixe –able qui crée un adjectif et marque la possibilité. Le préfixe et le suffixe encadrent le radical pens. Impensable : qu’il est impossible d’envisager, de penser.

La famille de mots. Les mots formés à partir du même radical constituent une famille de mots. Exemple : penser, penseur, pensée, pensif, impensable.

    

LA PHRASE

     

La phrase peut se construire de multiples façons. Elle possède un rythme, c’est-à-dire une certaine rapidité ou lenteur, ce qui aide à l’expression des idées et des sentiments.

La construction de la phrase simple. Elle s’organise autour d’une information. La phrase verbale suit la structure groupe sujet + groupe verbal (+ complément). La phrase nominale ne contient pas de verbe conjugué. Elle peut se réduire à un mot ou deux placés entre deux points. On l’appelle alors « mot-phrase ». Exemple : Effroyable vision ! (Goethe).

La construction de la phrase complexe. Elle s’organise autour d’une information principale et d’informations complémentaires. Elle contient plusieurs verbes conjugués et donc plusieurs propositions qui peuvent être coordonnées, juxtaposées ou subordonnées.

Le rythme de la phrase. La phrase courte. Elle fournit une information unique dont le lecteur connaît immédiatement le contenu. Une suite de phrases courtes produit un rythme rapide et enlevé. La phrase longue. Elle multiplie les informations au lecteur. Elle peut commencer par des compléments ou des subordonnées et, par un effet de retardement, mettre en évidence l’information principale : un nom, un lieu, une action, un sentiment.

      

LA DÉNOTATION ET LA CONNOTATION

     

Chaque mot possède un sens explicite, un sens dénoté que reconnaît chaque lecteur. Mais ce mot peut aussi évoquer d’autres réalités qui dépassent le sens du mot.

La dénotation d’un mot. Tout mot a un sens compris de la même façon par tous les utilisateurs de la langue. Cette signification est donnée par le dictionnaire. Par exemple, le mot rouge désigne une couleur, le mot oasis désigne un point d’eau. On l’appelle la « dénotation du mot ».

La connotation d’un mot. Un mot peut être associé à d’autres significations. On les appelle les « connotations ». Les connotations peuvent être culturelles, c’est-à-dire partagées par un groupe. Par exemple, blanc pour un Européen signifie la couleur de la pureté et pour les Japonais, la couleur du deuil. Les connotations peuvent être personnelles. Elles dépendent de ce que chacun vit.

Le contexte et le sens des mots. Les connotations d’un mot peuvent varier : cela dépend du contexte de la phrase, c’est-à-dire des autres mots qui l’entourent.

      

LE CHAMP LEXICAL

     

Le champ lexical est constitué par l’ensemble des mots qui désignent des réalités ou des idées appartenant au même thème.

Les caractéristiques d’un champ lexical. Le champ lexical regroupe tous les mots d’un même domaine, quelle que soit la nature des mots. Ainsi, un champ lexical contient des verbes, des noms, des adjectifs… Pour trouver les thèmes d’un texte, on recherche les champs lexicaux dominants.

Les principaux champs lexicaux. Les quatre éléments (l’eau, le feu, la terre, l’air). De nombreux textes contiennent un champ lexical lié à l’eau, au feu, à la terre ou à l’air. Les cinq sens (la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat, le goût). Il est fréquent que, dans une description, un des sens prenne plus d’importance que les autres. Son champ lexical est alors celui qui domine. L’appréciation (le positif ou le négatif). Un champ lexical peut indiquer un manque, un défaut ou, au contraire, un avantage.

Le rapprochement des champs lexicaux. L’opposition. Des champs lexicaux peuvent s’opposer dans un texte. La présence de deux champs lexicaux contraires renforce une opposition, marque une rupture. La complémentarité. Plusieurs champs lexicaux peuvent être développés dans un texte pour en former le thème principal, pour créer une impression, pour installer une atmosphère. Par exemple, le champ lexical du rêve complète le champ lexical du bonheur.

     

LES FIGURES DE STYLE

     

Les figures de style sont des procédés d’écriture qui donnent au langage davantage d’expressivité et de richesse. Elles multiplient les significations, les effets et les interprétations possibles.

Les figures d’insistance. La répétition. Elle utilise les mêmes mots plusieurs fois dans une phrase ou un texte. L’anaphore. Le mot repris est en tête de vers, de phrase, de paragraphe. L’hyperbole. Elle emploie des termes forts, exagérés pour décrire une situation. L’accumulation. Elle énumère des mots ou des groupes de mots séparés par une virgule. La gradation. Elle place les mots énumérés selon un ordre d’intensité.

Les figures d’opposition. L’antithèse. Elle utilise des mots de sens contraire dans la même phrase ou dans des phrases voisines. L’oxymore. Il rapproche côte à côte deux mots de sens opposé.

Les figures d’analogie. La comparaison, la métaphore et la métaphore filée.

     

LA COMPARAISON

     

Cette figure de style est un procédé d’écriture qui permet d’attirer l’attention du lecteur sur une ressemblance entre deux univers différents.

Le procédé de la comparaison. Pour mettre en relation deux réalités, quatre éléments sont nécessaires : le comparé (ce dont on parle), le comparant (ce à quoi on le compare), le ou les points communs et l’outil de comparaison.

La fonction de comparaison. La fonction évaluative. La comparaison sert à faire naître des jugements valorisants ou dévalorisants en provoquant chez le lecteur l’admiration, le rejet ou l’amusement. La fonction poétique. La comparaison crée une surprise grâce à un mot inattendu. Le lecteur imagine alors un autre univers, souvent merveilleux ou fantastique. La fonction explicative. La comparaison sert à faire comprendre une réalité, un fonctionnement. Elle rend concrète une idée, un concept, un sentiment.

     

LA MÉTAPHORE ET LA MÉTAPHORE FILÉE

    

La métaphore est une figure de style qui suggère une analogie, c’est-à-dire une ressemblance, entre deux univers éloignés. Elle sollicite l’imagination.

Le procédé de la métaphore. La métaphore associe deux réalités. Le lecteur perçoit une ressemblance grâce à un effort d’interprétation personnelle.

Le procédé de la métaphore filée. La métaphore filée commence par une image initiale. Celle-ci est développée dans les phrases qui suivent à la manière d’un fil qui se déroule. D’autres métaphores, des comparaisons, des mots isolés renvoient au thème initial construisent une métaphore filée.

La fonction de la métaphore. La fonction explicative. Par le choix d’un mot imagé, la métaphore sert à faire comprendre un événement, une situation, un phénomène. La fonction poétique. Par le choix d’un inattendu, la métaphore enrichit la réalité décrite d’une multitude de sens surprenants. La fonction évaluative. Lorsqu’elle contient un mot de sens négatif ou un mot de sens positif, la métaphore ajoute un jugement de valeur.

    

LES CONNECTEURS SPATIAUX ET TEMPORELS

    

Les connecteurs sont des mots, propositions, adverbes, etc., qui relient les actions et les idées d’un texte. Les connecteurs spatiaux et temporels permettent au lecteur de suivre l’évolution du personnage dans le temps et l’espace.

Les connecteurs spatiaux. Les connecteurs spatiaux situent dans l’espace. Ils peuvent indiquer : la profondeur : du premier plan, derrière, au loin, aux alentours… ; la position : à gauche, à droite, ici, là, devant, plus haut, plus bas, au nord, au sud… ; le déplacement : vers, dans, en direction de… « Dans », «  à quelques distances », « autour de » indiquent la situation des détails du lieu par rapport au narrateur.

Les connecteurs temporels. Les connecteurs temporels situent les événements les uns par rapport aux autres. Ils peuvent indiquer : la chronologie des actions : d’abord, au commencement, lorsque, ensuite, après que, enfin, finalement, la veille, le lendemain… ; la simultanéité de deux événements : durant, pendant ce temps, au même moment, au moment où… ; la fréquence d’un événement : quelquefois, jamais, toujours, chaque jour, tous les ans, le plus souvent… ; la durée courte ou longue d’une action : longtemps, soudain, tout à coup, subitement…

    

LES CONNECTEURS LOGIQUES

    

Les connecteurs logiques, ou termes d’articulation, sont des mots de liaison qui mettent en relation deux faits ou deux idées.

L’addition. Elle ajoute une idée à une autre, les rapproche en les mettant sur le même plan. Mots de liaison : premièrement, d’abord, en premier lieu, en outre, de plus, par ailleurs, ensuite, enfin, en dernier lieu…

L’opposition. Elle souligne une contradiction entre deux idées, ou deux faits, les oppose. Mots de liaison : or, mais, en revanche, alors que, tandis que, au contraire, par contre…

La cause. Elle marque l’origine d’un fait, son point de départ. Mots de liaison : car, parce que, puisque, grâce à, en raison de, du fait que, sous prétexte que, étant donné que…

La conséquence. Elle expose l’aboutissement d’un fait ou d’un raisonnement. Mots de liaison : ainsi, c’est pourquoi, en conséquence, si bien que, de sorte que, donc, d’où, de ce fait…

La concession. Elle constate l’existence de faits ou d’idées contraires et les inclut dans le raisonnement. Mots de liaison : malgré, en dépit de, quoique, bien que, quel que soit, même si, ce n’est pas que… mais, certes… mais…

Le but. Il exprime une intention, un objectif que l’on cherche à atteindre, ou encore le fait que l’on veuille éviter quelque chose. Mots de liaison : pour, afin de, afin que, pour que, de peur que, en vue de…

    

LES TERMES PÉJORATIFS ET MÉLIORATIFS

    

Certains mots valorisent ou dévalorisent la réalité qu’ils évoquent. Ils permettent de construire un jugement favorable ou défavorable sur une chose, une personne ou un fait.

Les termes mélioratifs. On qualifie de « mélioratifs » les termes qui donnent une image valorisante, positive de la réalité qu’ils désignent. Les termes mélioratifs révèlent un jugement de valeur de la part de celui qui les emploie. On peut distinguer : des mots mélioratifs par leur sens dénoté : superbe, excellent, beauté… ; des termes mélioratifs par le sens qu’ils prennent en fonction du contexte de leur emploi.

Les termes péjoratifs. On qualifie de « péjoratifs » les termes qui donnent une image dévalorisante, négative de la réalité qu’ils désignent. On peut distinguer : des termes péjoratifs par leur sens dénoté : abominable, épouvantable… ; des termes péjoratifs par le sens qu’ils prennent dans le contexte de leur emploi.

    

LES MARQUES DE L’ÉNONCIATION

     

L’énonciation est l’action qui consiste à produire un message écrit ou oral entre un émetteur et un destinataire. Dans un énoncé, des indices permettent d’identifier celui qui s’exprime ainsi que le moment et l’endroit où il parle ou écrit.

Les indices désignant l’émetteur et le destinataire. Certains mots soulignent, dans un contexte écrit ou oral, la présence de celui qui s’exprime. Ces indices sont des pronoms personnels, des adjectifs et des pronoms possessifs (je, nous, mon, mien, le nôtre…). D’autres mots soulignent la présence de celui qui reçoit le message. Ces indices sont des pronoms personnels et des adjectifs et pronoms possessifs (tu, vous, le vôtre, ton, tien…).

Les indices renvoyant au temps et au lieu de l’énonciation. Les indices de temps. Certains indicateurs de temps renvoient à la situation de celui qui parle ou écrit : aujourd’hui, demain, hier, depuis peu de jours… Les indices de lieu. Certains indicateurs de lieu prennent pour repère l’endroit où est situé celui qui parle ou écrit.

Les indices révélant le sentiment et le jugement de l’émetteur. Dans un énoncé, certains mots évoquent les sentiments, les émotions et les goûts de celui qui parle ou écrit. Ces indices révèlent aussi l’attitude de l’émetteur à l’égard de ce qu’il dit.

    

L’INTERPELLATION DU LECTEUR

     

L’interpellation est une démarche qui a pour but de faire réagir et de convaincre le lecteur ou l’auditeur. Elle dynamise le texte et engage à la réflexion.

Les formules orales. Les formules orales sont des expressions que l’on emploie dans une conversation, pour apostropher l’auditeur. Elles relancent l’attention et visent à rendre le texte plus vivant, par le recours à un ton qui imite l’oralité d’un discours.

La ponctuation expressive. Certains signes de ponctuation ajoutent un nouveau sens à la phrase. Le point d’exclamation (!) renforce l’intensité d’un énoncé. Le point d’interrogation (?) engage à la réflexion. Les points de suspension (…) créent une attente. La mise entre guillemets (« ») d’un mot ou d’une expression signale une mise à distance.

Les pronoms et les adjectifs possessifs. Les pronoms « nous » et « on » et les adjectifs possessifs correspondants incluent le lecteur dans l’argumentation. Les pronoms de la deuxième personne interpellent directement le lecteur et l’associent à la réflexion. Ils créent également une complicité entre l’argumentateur et celui à qui il s’adresse.

Les fausses questions. Une fausse question est une question qui n’appelle aucune réponse de la part de ceux à qui elle semble s’adresser. Elle permet au contraire à l’argumentateur d’apporter la sienne.

     

LES PROCÉDÉS DE L’ÉLOQUENCE

     

Pour persuader un destinataire, la parole fait d’appel aux sentiments et aux émotions. Pour cela, l’auteur utilise toutes les ressources de l’éloquence.

L’implication dans le discours. L’émetteur s’implique dans l’énoncé et il implique son interlocuteur par l’apostrophe. Il s’adresse à son interlocuteur, présent ou absent, réel ou imaginaire, pour qu’il se sente concerné.

La valorisation et la dévalorisation. Le degré de conviction de l’émetteur apparaît à travers le choix des adverbes (évidemment, certainement…), des locutions (sans aucun doute…) ou des verbes (sembler…). L’émetteur utilise un lexique évaluatif qui exprime un jugement (bien/mal…) et un lexique affectif qui traduit ses sentiments (aimer/haïr…). L’utilisation des figures de style rend le destinataire plus sensible à l’idée défendue. La comparaison. La métaphore. L’accumulation. L’hyperbole. L’emploi de termes très forts, exagérés, permet soit de ridiculiser, de diminuer, la valeur de quelqu’un ou de quelque chose, soit au contraire de magnifier, d’idéaliser ce qui est décrit.

      

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE :

       

BIENCOURT Luc, BOURGUIGNON Véronique, DESAINTGHISLAIN Christophe, WILLIAME Christine, Bac Pro Terminale, Français, Paris, Nathan, Réflexe, mars 2016-juillet 2017.

16 novembre 2017

1 cours de francais de terminale professionnelle (août 2017)

IDENTITÉ ET DIVERSITÉ

     

EN QUOI L’AUTRE EST-IL SEMBLABLE ET DIFFÉRENT ?

Les individus et leur identité. Chaque individu a le sentiment d’appartenir à un groupe auquel il s’identifie : sa famille, ses amis, sa région, son pays sont constitués d’autres individus qui lui ressemblent car ils partagent avec lui des habitudes et des valeurs communes.

La littérature et la découverte de l’autre. La diversité culturelle se caractérise par des différences de goûts, de croyances, d’opinions, de traditions entre les groupes humains. L’art, et notamment la littérature, nous invite à porter notre regard sur les autres. Les reportages, les récits de voyage, les œuvres autobiographiques nous permettent de réfléchir sur d’autres modes de vie et d’autres manières d’envisager le monde.

L’individu face à la diversité. Le monde contemporain se caractérise par le brassage incessant des cultures. L’identité de chaque individu ne peut ignorer la diversité de ceux qui l’entourent. La lecture d’œuvres littéraires permet de mieux comprendre les autres et le regard qu’ils portent sur nous.

     

COMMENT TRANSMETTRE SON HISTOIRE, SON PASSÉ, SA CULTURE ?

De nombreux écrivains s’interrogent sur leurs origines, leurs racines, leur famille pour comprendre quelle est leur véritable identité. À travers les écrits autobiographiques, ils s’interrogent sur leur génération en le comparant à celles qui l’ont précédée. Le cinéma, la peinture ou la chanson constituent d’autres moyens de transmettre son histoire personnelle, son passé ou sa culture aux générations suivantes.

     

DOIT-ON RENONCER AUX SPÉCIFICITÉS DE SA CULTURE POUR S’INTÉGRER DANS LA SOCIÉTÉ ?

L’exil et le déracinement. Le déchirement entre deux cultures, provoqué par l’exil et la découverte d’un univers nouveau, est un thème très présent de la littérature contemporaine. Celle-ci explore les tensions qui animent l’individu confronté à une culture qui n’est pas la sienne.

Le partage des valeurs et des cultures. En définitive, l’individu, confronté aux autres, voit ses valeurs individuelles, celles qui fondent son identité, remises en cause par d’autres valeurs dans lesquelles il ne se reconnaît pas forcément. C’est le partage de ces valeurs différentes qui crée la richesse d’une existence.

      

LA LITTÉRATURE ET LE DIVERSITÉ

La littérature de la colonisation et de la décolonisation. Le développement de l’Empire colonial français, au XIXe siècle, a imposé l’usage du français dans les pays colonisés. À la littérature glorifiant la colonisation ont succédé des œuvres de révolte écrites par les colonisés. Ceux-ci revendiquent la richesse de leurs propres cultures, qu’ils soient originaires du Maghreb, de l’Afrique noire ou des Antilles. Les écrivains participent ainsi aux combats qui ont conduit à l’indépendance de leurs pays.

Les récits de voyage. L’auteur fait découvrir, au fil de son itinéraire, les lieux qu’il a visités, les personnes qu’il a rencontrées, les péripéties qu’il a vécues. Le récit de voyage propose ainsi un regard original et informé sur les lieux exotiques, de même qu’une réflexion personnelle sur des manières de vivre différentes. L’auteur, mais aussi le lecteur, sont donc amenés à réfléchir sur leurs propres habitudes et leurs modes de penser.

La littérature en rapport avec les récits de filiation. Le récit de filiation est le récit qu’un écrivain fait de son enfance en insistant particulièrement sur la vie et la personnalité de ses parents. L’écrivain, qui prend en charge le récit à la première personne comme dans une autobiographie, n’est pas le « héros » de son livre. Il s’efface au contraire pour mettre en valeur la figure de ses parents ou de ses grands-parents car leur rôle a été déterminant dans sa formation personnelle.

       

L’HOMME ET SON RAPPORT AU MONDE À TRAVERS LA LITTÉRATURE ET LES AUTRES ARTS

        

EN QUOI LE XXe SIÈCLE A-T-IL MODELÉ L’HOMME MODERNE ?

Les bouleversements de l’Histoire. Le XXe siècle est celui des grands conflits idéologiques. À deux reprises (lors de la Première Guerre mondiale : 1914-1918, et de la Seconde Guerre mondiale : 1939-1945), démocraties et dictatures s’affrontent lors de guerres qui concernent l’humanité tout entière. Les écrivains s’engagent dans ces conflits pour protester ou lutter.

La marche du progrès. Parallèlement, les sociétés modernes passent d’un mode de vie rural adapté au rythme des saisons à un mode de vie industriel et citadin, dans lequel tout s’accélère. Les progrès technologiques et scientifiques qui accompagnent ces bouleversements modèlent un homme nouveau, qui s’interroge sur sa propre condition à travers ses artistes et ses écrivains.

          

LES MYTHES APPARTIENNENT-ILS SEULEMENT AU PASSÉ ?

Qu’est-ce qu’un mythe ? Le mot mythe vient d’un mot grec qui signifie « récit ». Il est une histoire qui a pour objectif d’expliquer les mystères de la création du monde, les origines de l’homme et ses rapports avec les dieux. Le mythe a donc une signification profonde qui nous renseigne sur l’image que l’homme a de lui-même à une époque ou une autre.

Les mythes aujourd’hui. Les mythes sont un besoin fondamental des êtres humains qui s’identifient à leurs héros. Un sportif exceptionnel peut ainsi être qualifié de « mythique ». La société de consommation se crée de nouveaux mythes qui mettent en évidence les valeurs contemporaines : mythe de l’éternelle jeunesse, de l’amour romantique, de la puissance virile d’une automobile…

       

COMMENT LA LECTURE D’ŒUVRES LITTÉRAIRES PERMET-ELLE DE S’INTERROGER SUR LE RAPPORT DE L’HOMME AU MONDE ?

Les œuvres littéraires offrent au lecteur un nombre infini de regards sur le monde, le passé, le présent. Le roman, mais aussi la poésie ou le théâtre stimulent l’imagination du lecteur en lui faisant vivre des existences qui ne sont pas la sienne : les personnages de fiction représentent des questions humaines universelles. Les œuvres littéraires mettent également en place des mythes et des symboles qui répondent aux questions que se pose l’homme sur son rapport au monde.

          

LA LITTÉRATURE ET LE QUESTIONNEMENT DE L’HOMME

Mythes et figures mythiques. Les mythes sont des récits fabuleux et le plus souvent anonymes. Leur sens symbolique fonde une culture commune à tous les membres d’une même société, parfois à tous les hommes. Les mythes éclairent ainsi la fondation de l’univers, des hommes, des cités. Ils ont une origine religieuse et expliquent ainsi les rapports de l’homme avec les dieux.

L’expression du doute et de la révolte face au monde moderne. La littérature du XXe siècle, mais aussi l’ensemble des autres arts, revisitent les mythes anciens pour exprimer leurs doutes et leur révolte devant le monde moderne, pour mieux comprendre les grands problèmes posés à la condition de l’homme. Des écrivains comme Jean Giraudoux, Jean Anouilh ou Jean-Paul Sartre reprennent les figures mythiques de l’Antiquité dans leurs œuvres.

L’influence des nouvelles sciences humaines sur les arts. L’apparition de nouvelles sciences humaines apporte un regard neuf sur la condition humaine, mais aussi sur les habitudes culturelles et les productions artistiques. En transforment notre compréhension du monde, la psychanalyse, l’ethnologie et la sociologie exercent une influence considérable sur toutes les formes d’art.

       

LA PAROLE EN SPECTACLE

       

DANS LE DIALOGUE, UTILISONS-NOUS SEULEMENT DES MOTS ?

Les contextes de la parole. Dès lors qu’elle s’adresse à un public (amis, spectateurs, téléspectateurs…), la parole est mise en scène. Celui qui parle adopte les codes de communication attendus par ses interlocuteurs : on ne s’exprime pas de la même manière sur une scène de théâtre, un plateau de télévision ou une tribune politique. Ce n’est pas seulement la parole qui s’exprime chez l’orateur : il se donne en spectacle au regard de l’autre, dans un décor soigneusement choisi.

Le corps en spectacle. Le corps accompagne la parole pour lui donner du sens. Les gestes, les mimiques, les déplacements sont aussi importants que les mots. Le langage corporel appuie ainsi les termes clés du discours et traduit les émotions que veut faire partager l’orateur.

      

COMMENT LA MISE EN SPECTACLE DE LA PAROLE FAIT-ELLE NAÎTRE DES ÉMOTIONS ? (JUSQU’À LA MANIPULATION)

Une arme de séduction. Le discours est d’abord fait pour intéresser celui auquel il s’adresse, le séduire, emporter son adhésion. La mise en spectacle de la parole vise à rendre le discours plus efficace : il ne s’adresse pas seulement à la raison, il s’adresse aussi au cœur. Celui qui parle doit être éloquent s’il veut agir sur l’autre.

Une arme de manipulation. La parole peut aussi servir à manipuler ceux auxquels elle s’adresse. Si la démocratie met le dialogue et la liberté d’expression au centre de la vie sociale, la parole peut devenir une arme utilisée pour manipuler et devenir propagande. Cette parole mise en scène pour manipuler existe depuis l’Antiquité. Elle est facilitée aujourd’hui par la multiplication des médias qui la véhiculent rapidement, comme Internet.

          

QU’APPORTE LA DIMENSION COLLECTIVE DE LA MISE EN SPECTACLE DE LA PAROLE ?

Les lieux où la parole est mise en scène sont multiples et existent depuis l’Antiquité (l’agora, le forum, la place publique). Ils sont conçus pour pouvoir réunir des groupes d’individus qui se trouvent dès lors liés par une même émotion. La parole peut alors avoir un effet cathartique, c’est-à-dire qu’elle permet au groupe qu’elle réunit de se « purger » des passions qui l’animent par le rire, les larmes, la colère et les tristesse communes.

         

LA LITTÉRATURE ET LA PAROLE

Le texte de théâtre et sa représentation. Le texte théâtral est d’abord destiné à être représenté sur scène. À travers le jeu de la double énonciation, les personnages ne s’adressent pas seulement aux autres personnages, ils s’adressent aussi au public. Le décor, le jeu des acteurs, l’éclairage, les accessoires participent également à la mise en scène de la parole théâtrale.

La télévision et la mise en scène de la parole. La télévision, lorsqu’elle informe, est un lieu privilégié de la parole et du débat. Le terme « talk-show » désigne aujourd’hui l’ensemble des émissions basées sur des échanges verbaux codifiés. L’animateur est au centre de ce dispositif, dans lequel il intervient pour donner ou reprendre la parole aux intervenants, la dramatiser, prendre parti pour l’un ou l’autre… Il occupe de cette manière, le rôle du téléspectateur en le faisant participer lui aussi à l’échange verbal, comme s’il était son représentant.

Le spectacle de la parole politique. La parole politique est spectaculaire car elle met face à face un orateur et un public acquis à sa cause. Elle repose dès lors sur l’éloquence du tribun (celui qui monte à la tribune) : l’argumentation est accompagnée de procédés verbaux ou non verbaux qui permettent de susciter l’enthousiasme.

        

LES GENRES LITTÉRAIRES

            

La poésie. Le poème joue avec le langage (sonorités, syntaxe, images, typographie, connotations) pour créer de nouvelles façons de dire et de voir l’univers. À travers ce genre d’écrits, le poète cherche à émerveiller, exalter ou émouvoir le lecteur.

Le théâtre. Le texte théâtral donne à voir des personnages qui effectuent un échange de paroles en public. La force du texte théâtral repose donc sur son écriture, sa mise en scène et le jeu des acteurs qui l’incarnent. Le dramaturge peut avoir pour objectif de divertir le public, d’engager avec lui une réflexion politique ou une critique sociale.

Le roman. Le roman montre un dynamisme exceptionnel, en présentant des formes, des thèmes et des personnages d’une extraordinaire variété. Le genre romanesque se renouvelle constamment avec l’évolution de la société et les changements de sensibilité des lecteurs. Le romancier, à travers son récit et le parcours de ses personnages, explore les rapports de l’homme avec la société.

L’essai et les genres argumentatifs. L’essai est un texte qui permet de prendre position sur un sujet, afin de créer le débat. Il est l’occasion pour l’auteur de faire preuve d’humour ou d’ironie, de séduire le lecteur ou de le provoquer, en exprimant une opinion originale. On retrouve les règles de l’essai (défendre une thèse, apporter des arguments), dans tous les genres argumentatifs : l’article de presse, le discours politique, le tract, le plaidoyer…

          

LES PRINCIPALES FIGURES DE STYLE

         

LES FIGURES D’INSISTANCE

Le parallélisme. Reprise d’une construction syntaxique ou rythmique pour accentuer une similitude, une opposition ou une gradation.

L’anaphore. Reprise en tête de phrase ou de vers d’un même mot ou d’une même expression pour créer un effet incantatoire, mélodique ou persuasif.

L’accumulation. Succession de termes de même nature ou de même fonction pour produire un effet de foisonnement ou des variations d’intensité. Lorsque cette intensité est croissante ou décroissante, on parle de gradation.

       

LES FIGURES D’AMPLIFICATION ET D’ATTÉNUATION

L’hyperbole. Procédé d’exagération qui met en relief une perception vécue ou un sentiment éprouvé, en les grossissant à l’extrême.

La litote. Procédé d’atténuation qui consiste à en dire moins pour signifier plus. C’est une atténuation qui sert à amplifier.

L’euphémisme. Procédé d’atténuation qui consiste à utiliser un mot ou une expression plus faible pour signifier une réalité plus dure afin de l’adoucir.

               

LES FIGURES D’OPPOSITION

L’antithèse. Elle rapproche deux éléments opposés, disposés de manière symétrique à l’intérieur d’une phrase ou d’un paragraphe, pour signifier une conflit ou un contraste.

L’oxymore. Il juxtapose deux mots contradictoires au sein d’un même groupe grammatical, pour faire surgir une réalité nouvelle et inattendue.

      

LES FIGURES DE SUBSTITUTION

La comparaison. Elle rapproche deux réalités au moyen d’un outil de comparaison.

La métaphore. Elle met sur le même plan deux réalités, sans outil de comparaison.

La personnification. Elle consiste à prêter des sentiments et des comportements humains à un objet, à un être inanimé ou à un animal.

L’allégorie. Elle rend concrète une idée abstraite en lui donnant la forme d’un être vivant qui la représente par son apparence, ses comportements, ses gestes.

La périphrase. Elle désigne un objet par une expression qui le caractérise, en précise ou en développe le sens et permet souvent d’éviter une répétition.

L’antiphrase. Elle dit le contraire de ce qu’on veut faire entendre, en ne laissant aucun doute sur l’intention de sens. L’ironie est la figure de l’antiphrase par excellence.

            

LES DISCOURS RAPPORTÉS

       

LE DISCOURS DIRECT

Définition. Le discours direct reproduit les paroles citées de la manière la plus fidèle possible (pronoms, temps des verbes, tonalité). Il donne ainsi un caractère d’authenticité au récit. Il permet de caractériser la personne qui parle à travers ses propos.

Construction. Le discours direct est signalé par des guillemets et un verbe introducteur qui précise la nature de la prise de parole. Celui-ci est placé avant les paroles citées (Il s’écria : « Zut ! »), en incise (« J’en ai assez, dit-il, de tout cela ! »), ou après (« Allez au diable ! », s’exclama-t-il).

       

LE DISCOURS INDIRECT

Définition. Le discours indirect rapporte les propos en les introduisant par un verbe de parole suivi d’une subordonnée : Il dit que…, il affirma que…, elle ajouta que…, elle demande si… Les guillemets disparaissent et le narrateur intègre à son propre discours les paroles qu’il cite. Il peut ainsi résumer, reformuler ou commenter le propos cité.

Construction. Le passage du discours direct au discours indirect implique de respecter la concordance des temps entre le verbe introducteur et celui du discours rapporté : Il a dit : « Je bois de l’eau. » = Il a dit qu’il buvait de l’eau. Les guillemets ont disparu, le verbe introducteur est suivi d’une subordonnée, et le pronom « je » du discours direct devient « il » dans le discours indirect.

      

LE DISCOURS INDIRECT LIBRE

Le discours indirect libre combine le discours direct et le discours indirect. Il garde du discours direct la vérité des propos tenus, mais sans les marques des guillemets et de la personne. Il conserve du discours indirect le système énonciatif et la transposition des temps. Il peut se manifester dans le flux du discours du narrateur.

       

LES CONNECTEURS LOGIQUES

          

Lorsqu’on veut expliquer ou argumenter, on peut souligner les relations logiques qui relient les idées aux moyens de termes appelés connecteurs. Ces connecteurs indiquent, la cause, la conséquence, l’addition, etc.

L’addition. Elle ajoute une idée à une autre idée, qu’elle met sur le même plan ou classe selon un ordre logique.

L’opposition. Elle souligne une contradiction plus ou moins forte entre deux idées ou deux faits.

La cause. Elle indique l’origine d’un fait, son point de départ.

La conséquence. Elle expose l’aboutissement d’un fait ou le résultat d’un raisonnement.

La concession. Elle souligne une contradiction apparente. Elle peut aussi reconnaître en partie la validité d’arguments adverses avant de la réfuter.

L’explication. Elle apporte des informations supplémentaires ou des exemples.

               

COMPRENDRE LE SUJET D’EXAMEN

      

Afin de réussir l’épreuve, il est nécessaire de lire et d’analyser soigneusement les textes du « corpus », de manière à préparer les réponses aux questions posées.

    

LA PHASE D’OBSERVATION

L’identification de l’objet d’étude. Le corpus proposé à l’examen comprend un ou plusieurs textes accompagnés d’un document iconographique (image, schéma, photographie, peinture, etc.). Il s’agit d’abord pour le candidat de comprendre ce qui fonde l’unité du corpus, à travers l’objet d’étude qu’il illustre.

Le repérage du paratexte. Avant même de lire les textes, il est nécessaire d’identifier le contexte de leur écriture afin de mieux les comprendre. Pour cela, il est important de repérer les références (noms d’auteur, dates de publication), les introductions, notes ou légendes éventuelles qui présentent les textes ou documents.

     

LA LECTURE DES TEXTES

La lecture cursive. Une première lecture attentive des textes du corpus doit permettre d’en saisir le sens global et de souligner les mots ou expressions qui posent des problèmes de compréhension.

La lecture analytique. Une deuxième lecture des textes du corpus doit permettre d’en analyser les différentes facettes et de mettre des notes dans les marges des textes.

          

RÉPONDRE AUX QUESTIONS DE LECTURE

       

Notées sur dix points, trois questions évaluent les compétences de lecture du candidat. Leurs réponses doivent être entièrement rédigées, sous la forme de paragraphes citant ou évoquant les textes et documents étudiés.

     

LA QUESTION DE PRÉSENTATION DU CORPUS

La présentation des textes et documents. Il faut commencer par présenter en deux ou trois phrases les textes et documents du corpus en s’aidant des éléments repérés préalablement dans le paratexte : nom de l’auteur, date de publication, genre, nature et titre des textes ou documents.

L’explication des relations entretenues. Il faut ensuite expliquer en une ou deux phrases ce qui justifie le regroupement des textes et documents du corpus. En effet, le corpus, est construit autour d’un thème issu des objets d’étude de terminale. Il illustre l’objet d’étude et pose une problématique.

    

LES QUESTIONS D’ANALYSE ET D’INTERPRÉTATION

La lecture de la question. Le libellé de la question invite à rechercher dans le texte un procédé qui permet à l’écrivain d’exprimer sa pensée de manière originale : construction d’une description, recours à un lexique particulier, rythme ou syntaxe de la phrase, figure de style, etc. Après avoir souligné dans la question l’effet d’écriture à analyser, il est nécessaire de repérer ensuite cet effet d’écriture dans le texte ou le document concerné.

L’analyse et l’interprétation de l’effet d’écriture. Il s’agit de présenter les éléments de réponse de manière rédigée à l’aide de citations extraites des textes (entre guillemets) et d’expliquer quels sont les effets d’écriture utilisés par l’auteur. On ne peut se contenter de dire qu’un auteur a utilisé tel ou tel champ lexical. Il faut aussi expliquer quel est l’objectif qu’il vise en le faisant.

      

LA MISE EN RELATION DES TEXTES ET DES DOCUMENTS

Une fois que le corpus a été lu et analysé, il est nécessaire de se demander en quoi les textes et documents se complètent ou s’opposent. Ils illustrent en effet une problématique qui a été étudiée au cours de l’année et sur laquelle ils apportent un éclairage nouveau.

      

RÉPONDRE À LA QUESTION D’ÉCRITURE : LA RECHERCHE DES IDÉES

            

L’ANALYSE DU SUJET

L’analyse de la question posée doit permettre de mettre en évidence le problème qu’elle pose et qu’il faut résoudre. Il faut en souligner ou en surligner les mots et expressions les plus importants, en fonction de leur nature.

           

LA COLLECTE DES PREMIERS ARGUMENTS

Les arguments provenant du corpus. Comme indiqué par le sujet, le corpus de textes et de documents contient des arguments qui peuvent être réutilisés pour répondre à la problématique. Ils ont été étudiés à l’occasion des réponses aux questions de lecture.

Les arguments liés à la connaissance de l’objet d’étude. L’essentiel des arguments à apporter provient des connaissances acquises durant l’année sur l’objet d’étude. Il s’agit dès lors de mobiliser les connaissances engrangées durant l’année scolaire en les séparant en deux colonnes.

       

LA RECHERCHE DE NOUVELLES IDÉES

L’association d’idées. Pour trouver des idées nouvelles, on peut procéder par associations d’idées à partir des mots-clés du sujet. Il faut pour cela noter les associations de mots qui surgissent et permettent d’élargir la recherche autour des mots-clés, sans s’éloigner du sujet.

Les exemples tirés de la culture personnelle. Pour enrichir son argumentation, il faut enfin puiser dans ses lectures de l’année et ses connaissances personnelles (cinéma, chanson, théâtre, actualité, etc.) en rapport avec la question posée.

         

RÉPONDRE À LA QUESTION D’ÉCRITURE : LA CONSTRUCTION DU DÉVELOPPEMENT

          

LE PREMIER PARAGRAPHE : LA THÈSE

L’objectif du paragraphe. La première partie du développement a pour objectif de mettre en valeur l’un des points de vue proposés par le sujet. Il ne s’agit pas de défendre sa propre opinion, mais de montrer qu’on est capable d’accepter l’opinion d’autrui.

Le plan du paragraphe. Le paragraphe doit mettre en évidence la validité du point de vue exprimé au moyen d’arguments et d’exemples précis. On lui donne un titre (l’idée défendue) et on numérote les deux ou trois arguments qu’il développe.

       

LE DEUXIÈME PARAGRAPHE : L’ANTITHÈSE

L’objectif du paragraphe. Le deuxième paragraphe a pour objectif de nuancer le point de vue du premier en montrant qu’il n’est pas forcément le seul à envisager. Le sujet propose là aussi une piste de réflexion qui aide à la construction du plan.

Le plan du paragraphe. Le plan du deuxième paragraphe doit étayer le point de vue exprimé par le sujet au moyen de deux ou trois arguments illustrés d’exemples concrets, issus des lectures de l’année ou de la culture personnelle.

Le troisième paragraphe : le point de vue personnel. Il s’agit dans le dernier paragraphe de montrer un point de vue plus personnel sur la problématique du sujet. On peut donner une préférence pour l’un ou l’autre des points de vue discutés ou en donner un troisième, qui complète les deux autres.

           

RÉPONDRE À LA QUESTION D’ÉCRITURE : LA RÉDACTION DE LA RÉPONSE

          

L’introduction et la conclusion sont brèves mais particulièrement soignées. La mise en pages des paragraphes du développement participe aussi à l’effort de lisibilité de la compréhension écrite.

     

L’INTRODUCTION

La mise en place du thème du sujet. L’introduction permet d’abord de mettre en place le thème du sujet en présentant celui-ci au lecteur. Elle explique en deux ou trois phrases quels sont les grands enjeux de l’objet d’étude dans lequel s’inscrit la problématique.

L’annonce du sujet. L’introduction se termine par une question : celle-ci a pour fonction d’annoncer le sujet. Pour cela, il est nécessaire de reprendre les termes utilisés dans le sujet en les adaptant au devoir. La mise en place du thème et la question qui annonce le sujet sont reliées au moyen d’un terme d’articulation.

       

LE DÉVELOPPEMENT

La rédaction des paragraphes. Chaque paragraphe développe une idée générale, en l’expliquant et en apportant des arguments qui viennent en souligner la validité. L’idée est illustrée par un ou plusieurs exemples qui la rendent plus concrète.

Les termes d’articulation. Des termes d’articulations logiques, les connecteurs, viennent souligner la progression du raisonnement : l’opposition « cependant », la cause « en effet », etc.

      

LA CONCLUSION

Le bilan de la réflexion. La conclusion rappelle dans un premier temps les réponses apportées à la problématique du sujet dans chacun des trois paragraphes. Chaque paragraphe est résumé au moyen d’une phrase.

L’expression d’un choix personnel. La dernière phrase de la conclusion exprime un choix personnel du candidat, qui exprime de manière explicite son propre point de vue sur le thème du sujet.

        

L’ÉPREUVE ORALE DE CONTRÔLE

        

L’épreuve orale de contrôle concerne les candidats ayant obtenu une moyenne comprise entre 8 et 10 sur 20 aux épreuves écrites du baccalauréat professionnel. Elle est constituée de deux interrogations de 15 minutes chacune, l’une en maths-sciences, l’autre en français-histoire-géographie. Les sujets sont tirés au sort par les candidats, qui disposent de 15 minutes de préparation.

            

LES MODALITÉS DE L’ÉPREUVE

Le sujet. Le candidat n’a aucun document à apporter pour passer l’épreuve. Il tire au sort un sujet de français ou un sujet d’histoire-géographie dans une enveloppe contenant un nombre équilibré de sujets relevant de chaque manière. En français, le sujet invite le candidat à présenter une lecture d’œuvre intégrale (littéraire ou cinématographique) ou un groupement de textes étudiés durant l’année de Terminale. L’exposé du candidat est suivi d’un dialogue avec l’examinateur.

Les critères d’évaluation. Trois critères d’évaluation guident l’appréciation de l’examinateur : pendant l’exposé, l’examinateur écoute la présentation de l’œuvre ou du groupement de textes produite par le candidat. Il évalue la qualité de précision et d’organisation de la présentation faite par le candidat (sur 4 points). Durant l’entretien, l’examinateur évalue la qualité d’écoute et de participation à l’échange (sur 3 points). Pendant l’épreuve, enfin, l’examinateur évalue globalement la correction de l’expression orale (sur 3 points). La note globale ainsi retenue est fixée sur 10 points.

        

L’EXPOSÉ DU CANDIDAT

La préparation de l’exposé. Le candidat dispose de quinze minutes pour préparer son exposé. C’est à lui de choisir le groupement de textes ou l’œuvre intégrale qu’il va présenter à l’examinateur. Il est donc nécessaire de se préparer durant l’année en établissant des fiches sur telle ou telle œuvre étudiée en classe, de manière à pouvoir présenter : le nom de l’auteur, l’époque concernée, le titre de l’œuvre, ainsi que son contenu.

La présentation de l’exposé. Le candidat doit s’exprimer de façon autonome, c’est-à-dire qu’il doit montrer qu’il est capable de présenter une œuvre ou un groupement de textes sur un thème précis. Pour atteindre cet objectif, l’exposé peut se dérouler en trois temps : l’introduction présente rapidement l’auteur, l’œuvre et le contexte de son écriture. Elle explique à quel objet d’étude la lecture de l’œuvre est liée (« Identité et diversité », « Au XXe siècle, l’homme et son rapport au monde à travers la littérature et les autres arts », « La parole en spectacle »). Le corps de l’exposé présente l’intrigue du roman ou de la pièce de théâtre, les grandes lignes de l’essai. Il rappelle quels sont les personnages principaux, les rapports qu’ils entretiennent. La conclusion donne un avis personnel sur l’œuvre, en propose une interprétation en montrant à l’examinateur, ce que sa lecture a pu apporter : une leçon de vie, une mise en garde, une vision originale du monde, une réflexion sur l’homme, les arts ou la société…

     

LE DIALOGUE AVEC L’EXAMINATEUR

La qualité d’écoute et de participation à l’échange. C’est l’examinateur qui mène l’entretien. Les questions qu’il pose sont destinées à aider le candidat à exprimer son point de vue sur l’œuvre et l’objet d’étude concerné, et non à le piéger. Il est donc indispensable de bien écouter les questions posées et d’y répondre calmement et clairement. Lorsqu’une question n’est pas comprise, le candidat ne doit pas hésiter à demander qu’elle soit reformulée.

La correction de l’expression orale. Plus que le fond (la lecture et la compréhension de l’œuvre présentée par le candidat), l’épreuve orale de contrôle vérifie la capacité du candidat à s’exprimer oralement dans un français correct.

        

LEXIQUE

       

Anaphore : répétition du même mot ou de la même expression au début de plusieurs vers, phrases ou paragraphes.

Antihéros : dans une œuvre littéraire ou cinématographique, l’antihéros est un personnage qui ne possède aucune des qualités remarquables du héros traditionnel. Il est au contraire falot, sans envergure. Les personnages de Flaubert sont souvent des antihéros.

Aparté : au théâtre, réplique entendue par le public mais non par l’interlocuteur pourtant en scène.

Autobiographie : comme le montre l’étymologie, c’est le récit qu’une personne fait de sa propre existence.

Caricature : portrait qui grossit les défauts de la personne, dans le but de faire rire.

Champ lexical : l’ensemble des mots qui, dans un texte, appartiennent à un même domaine, à un même thème.

Connotations : l’ensemble des associations d’idées et d’impressions qui peuvent s’ajouter au sens strict d’un mot, par influence du contexte, ou des références culturelles, sociales ou personnelles.

Conte : récit bref qui fait entrer le lecteur dans un monde différent du monde réel (contre merveilleux ou fantastique). Il peut inviter à la réflexion (conte philosophique).

Coup de théâtre : événement imprévu qui modifie le cours de l’action.

Dénouement : moment où, à la fin d’un pièce de théâtre, se résoud le conflit.

Diversité : le mot « diversité », du latin diversus, signifie contradictoire, différent. La diversité des individus repose sur leurs croyances, leurs traditions, leur âge, leur sexe, leurs origines sociales et géographiques…

Éloquence : c’est une manière de s’exprimer avec aisance par le discours pour toucher et persuader. L’éloquence s’appuie souvent sur la rhétorique, l’ensemble des techniques de l’art de bien parler.

Énumération : accumulation de termes qui décrivent une situation.

Essai : l’essai permet à l’écrivain de traiter d’un sujet, d’un auteur, avec une certaine liberté dans le ton, dans la forme de son ouvrage. L’auteur veut exprimer un point de vue personnel, renouveler la façon d’aborder une question de littérature, d’art, d’histoire ou de société.

Exposition : terme désignant, au théâtre, la ou les scènes dont la fonction principale est de fournir sur la situation et les personnages les renseignements nécessaires pour que le lecteur ou le spectateur comprennent l’action et ses enjeux.

Filiation : la filiation désigne le lien de parenté unissant l’enfant à son père ou à sa mère. Plus largement, le récit de filiation évoque la culture transmise d’une génération à une autre.

Focalisation (ou point de vue) : choix d’un mode de narration qui consiste à faire savoir au lecteur tout ou partie de l’histoire racontée : ou il sait tout (focalisation zéro), ou il ne sait que ce qu’il verrait de l’extérieur (focalisation externe), ou il ne sait que ce que voit, pense et ressent un personnage (focalisation interne).

Hyperbole : figure de style consistant à employer des termes trop forts, exagérés.

Identité : l’identité recouvre toutes les caractéristiques qui fondent l’originalité d’une personne et qui permettent de la différencier des autres. Par ailleurs, elle correspond aussi à tout ce qui rapproche et qui affirme l’appartenance à un groupe.

Incipit : première phrase d’une œuvre, qui introduit le lecteur dans cette œuvre.

Ironie : moquerie qui consiste à faire entendre le contraire de ce qu’on dit, ou à donner aux mots un sens détourné.

Lyrisme : on qualifie ainsi l’expression de sentiments personnels intimes.

Métaphore : figure de style qui consiste à utiliser, pour désigner une réalité, un terme ou des termes (métaphore filée) qui sont habituellement employés pour désigner une autre réalité qui entretient avec la première un rapport de ressemblance.

Mise en scène : art de porter à la scène un texte en utilisant les ressources de l’espace scénique (déplacement des acteurs, décor, lumière).

Monologue : au théâtre, il s’agit de propos que tient un personnage qui se trouve (ou se croit) seul.

Mythe : le mythe est un récit fabuleux anonyme, auquel on peut trouver un sens symbolique, et qui fait partie des traditions d’une communauté humaine ; c’est aussi la représentation de faits ou de personnages de façon déformée parce que cela exprime les désirs de la communauté qui véhicule ce mythe.

Narrateur : celui par lequel est racontée une histoire. Le narrateur peut être l’un des personnages ; et même lorsqu’il n’est pas un personnage il est celui qui prend en charge le récit sans vraiment représenter l’auteur, sauf dans le cas de l’autobiographie.

Objection : argument qui sert à réfuter une thèse.

Onirique : on caractérise ainsi un texte où abondent les visions de rêve ou de délire.

Paratexte : le terme désigne l’ensemble des informations données sur un texte : introduction, notes, renseignements biographiques sur l’auteur…

Parodie : imitation comique et souvent moqueuse d’une œuvre ou d’une célébrité.

Pathétique : caractère d’un texte qui provoque une grande émotion, qui éveille par exemple des sentiments de pitié.

Péripétie : dans une pièce de théâtre ou un récit, c’est un changement brusque de la situation.

Plaidoyer : le plaidoyer est l’exposé de la défense d’une personne accusée. Il sert aussi à réfuter des idées et à prendre la défense d’une cause.

Réquisitoire : le réquisitoire appartient au genre judiciaire : c’est la développement de l’accusation présentant devant un tribunal tous les délits attribués à l’accusé.

Satire : la satire désigne d’abord, au XVIIe siècle, un discours en vers qui se moque de quelqu’un, de quelque chose. Le genre a évolué vers un écrit ou un discours qui constitue une attaque mêlée de moquerie.

Sciences humaines : ce sont des disciplines scientifiques qui étudient les comportements individuels et collectifs de l’être humain. La sociologie étudie le rôle social. La psychologie étudie le comportement individuel. La psychanalyse étudie l’inconscient. L’ethnologie étudie les mœurs et les coutumes d’une population.

Spectacle : dans le sens de l’objet d’étude, le spectacle désigne l’ensemble des choses ou des faits qui s’offrent au regard dans une expression orale.

Talk-show : le terme talk-show signifie en anglais « parole en spectacle ». Il est employé pour désigner les émissions télévisées, soigneusement conçues, basées sur des échanges verbaux.

Utopie : le mot signifie à l’origine le pays de nulle part (utopia : le non-lieu). C’est le titre que l’écrivain anglais Thomas Moore a donné à son œuvre dans laquelle il imagine une société idéale. Ce fut le point de départ d’un genre littéraire qui consiste à imaginer une communauté parfaitement organisée.

Valeurs : les valeurs sont des idéaux collectifs qui définissent les critères de ce qu’une communauté tient pour désirable ou de ce qu’elle rejette. Le bien et le mal, le beau et le laid, le juste et l’injuste… forment ce que l’on appelle le système de valeur d’une société donnée.

            

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE :

DESAINTGHISLAIN Christophe, Bac Pro Commerce, Toutes les matières, 2ème/1re/Terminale, Paris, Nathan, Réflexe, août 2017.

1 cours de francais de terminale professionnelle (août 2017)

...

SORIA Arnaud de, GARCIO Jérémie, VALENTIN Loïc, Objectif Bac Pro Tertiaire et Industriel, Francais, Histoire-Geo, EMC, Tle, Paris, Hachette Education, août 2017.

1 cours de francais de CAP (juin 2017)

RÉDIGER UN TEXTE FONCTIONNEL

         

LE CV (curriculum vitae)

Définition. Le CV reprend l’ensemble des informations concernant l’état civil, les parcours scolaires et professionnels d’un candidat à l’emploi. Il est adressé avec une lettre de motivation aux employeurs. Il est dactylographié (saisi à l’ordinateur) sur une feuille blanche non quadrillée de format A4 (21x29.7 cm) et seulement côté recto. Il n’est jamais signé.

Les rubriques du CV. État civil : prénom, nom, âge, adresse, situation de famille (célibataire, marié(e), divorcé(e), nombre d’enfants…), date de disponibilité, téléphone(s), adresse électronique, permis de conduire… Parcours scolaire : collège, lycée professionnel, calendrier des diplômes acquis, niveau d’études atteint… Parcours professionnel : stages, emplois saisonniers, CDD, CDI… en mentionnant noms, adresses des entreprises et natures des postes occupés. La présentation des parcours scolaire et professionnel doit suivre une chronologie inversée : de la date la plus récente à la plus éloignée dans le temps. Maîtrise de langues étrangères et de l’outil informatique. Activités extraprofessionnelles : sport, loisirs, passe-temps favori, activités associatives…

Les enjeux du CV. Associé à la lettre de motivation, il permet d’obtenir un entretien d’embauche. Il doit donc retenir l’attention par : une présentation claire et attrayante ; la mise en valeur d’éléments positifs, des points forts du candidat à l’emploi ; la présence éventuelle d’une photo (format photo d’identité placée en haut et à droite) ; l’élimination de tout ce qui n’a pas d’intérêt pour quelqu’un qui cherche à embaucher ; la mention du niveau d’études atteint en cas d’échec à un dernier examen.

     

LA LETTRE DE MOTIVATION

La lettre de motivation (accompagnée d’un CV dactylographié) peut être manuscrite ou dactylographiée. Elle doit être précise, concise et clairement signée. Elle est constituée de l’en-tête, du corps, de la formule de politesse et de la signature. L’en-tête comprend : le nom et l’adresse de l’expéditeur ; le lieu et la date de l’émission de la lettre ; le nom et l’adresse du destinataire ; les références du dossier ; l’objet de la lettre : la raison pour laquelle la lettre est décrite. Le corps de la lettre comprend : la formule d’appellation, la formule d’attaque, la conclusion et la formule de politesse

        

RÉDIGER UN TEXTE NARRATIF

      

RÉDIGER UN RÉCIT

Le roman et la nouvelle. Le roman désigne « une œuvre d’imagination en prose, assez longue, qui fait vivre dans un milieu des personnages donnés comme réels, et qui nous fait connaître leur psychologie, leur destin, leurs aventures ». (Petit Robert) Il existe plusieurs types de romans : roman historique, roman d’amour, roman d’aventures, roman policier… La nouvelle désigne un récit généralement bref, de construction dramatique et présentant peu de personnages.

Auteur/narrateur. Il ne faut pas confondre l’auteur et le narrateur. L’auteur est un être réel, de sang et de chair, qui invente une histoire et rédige une œuvre. Le narrateur est un être fictif, d’encre et de papier. Il raconte la fiction vécue par des personnages imaginaires ou inspirés de la réalité. Il n’a pas d’existence en dehors du texte. Il peut être présent dans la fiction (comme témoin ou personnage) ou absent. On l’identifie en répondant à la question : qui raconte l’histoire ?

Les personnages. S’identifier à un personnage est souvent ce qui rend captivante la lecture d’un roman. Mais le personnage n’est pas une personne. Le personnage est un être fictif né de l’imagination d’un écrivain à la différence de la personne qui est un individu vivant dans la réalité. Pour étudier un personnage, on peut, selon les cas, rechercher dans le roman : son identité : nom, prénom, pseudonyme, âge… ; ses traits physiques : taille, allure, aspects particuliers… ; ses traits moraux : caractères, comportements, sentiments, idées… ; son statut social : profession, niveau de vie… ; sa façon de s’exprimer : langage soutenu, familier, courant, scientifique, technique… ; son évolution au cours du récit : a-t-il progressé ? Quels changements a-t-il subis ? ; son importance : est-il un personnage principal ? secondaire ? ; la façon dont il est présenté aux lecteurs : positive ou négative ? ; ses rapports avec les autres personnages : ils se définissent dans des relations où le sujet essaie d’atteindre un objectif ; l’objet représente l’objectif à atteindre pour le sujet ; l’adjuvant aide le sujet ; l’opposant fait obstacle à la volonté du sujet ; le destinateur est à l’origine de l’action du sujet qu’il pousse à agir ; le destinataire est celui qui bénéficie de l’action. Un personnage peut devenir l’incarnation d’un type humain.

      

LE RÉCIT RÉALISTE

Indices du réalisme. Le récit réaliste met en scène un monde connu. Il s’efforce de reproduire la réalité dans une fiction. Les personnages appartiennent à un milieu social bien précis : le milieu paysan, commerçant, ouvrier… Ils peuvent être confrontés à des situations ordinaires ou hors du commun. Le lecteur vit l’histoire à partir du regard du personnage principal. Le cadre spatio-temporel se définit par les limites du temps et de l’espace. Les dialogues et les descriptions créent un effet de réel, « ça a l’air vrai ». L’élément perturbateur du début du récit est souvent un événement banal qui met un terme à l’équilibre de la situation initiale. On peut partager un récit en plusieurs séquences narratives en distinguant : la situation initiale : situation d’équilibre avant le début des événements de l’histoire ; l’élément déclencheur : qui va apporter un changement à la situation initiale pour commencer l’action ; les péripéties : événements qui vont faire évoluer l’action ; l’élément rééquilibrant : qui va orienter l’histoire vers une fin heureuse ou tragique par exemple ; la situation finale : nouvelle situation d’équilibre, résultat de tout ce qui s’est passé. Les éléments réalistes apparaissent dans les lieux, les prénoms des personnages, les détails relatifs au voyage…

Précision grammaticale. L’imparfait exprime une action non bornée d’arrière-plan. Le passé simple exprime une action bornée de premier plan.

     

RÉDIGER UN DIALOGUE

      

LE DIALOGUE

Le dialogue dans un récit, reproduit les paroles telles qu’elles ont été prononcées ou censées avoir été prononcées. Elles sont intégrées au récit et son rapportées au style direct ou indirect.

Les marques du style direct. Le style direct rapporte les paroles d’un personnage telles qu’elles ont été formulées. Elles sont introduites par un verbe déclaratif : dire, répondre, s’exclamer, affirmer… Elles sont signalées par des tirets qui marquent le changement d’interlocuteur ou des guillemets qui encadrent les paroles.

Les marques du style indirect. Le style indirect s’insère dans un récit. Les verbes déclaratifs sont suivis par des propositions complétives introduites par « que ». Les pronoms et les temps des verbes changent. Les tirets et les guillemets disparaissent.

    

LE DIALOGUE THÉÂTRAL

Le dialogue a une place fondamentale dans les textes de théâtre. Le texte de théâtre se compose de répliques et de didascalies.

Les répliques. Ce sont les paroles prononcées par les personnages. Les personnages se parlent entre eux. Mais le public les entend. Il y a donc deux destinataires. C’est la double énonciation.

Les didascalies. Elles représentent ce que l’auteur a écrit en dehors des répliques des personnages.

Analyse des didascalies.  Les didascalies, indications données par l’auteur en dehors des répliques de personnages, ont des fonctions différentes. Elles peuvent concerner : les titres, les indications de genre (comédie, tragédie, drame…) et les découpages (acte, tableau, scène…) : acte I, scène 3 ; la liste des personnages, leur mention en tête de chaque réplique : Le monsieur, Boubouroche ; les indications de lieu, de décor… : La table, la chaise ; des précisions sur la manière dont parlent les personnages : avec une extrême politesse, surpris, vaguement inquiet… ; des indications sur les vêtements, les gestes, les déplacements des personnages, les entrées et sorties… s’est levé sans bruit de sa place, sursautant ; éventuellement des indications techniques données sur l’éclairage par exemple ou des conseils de portée générale.

     

AUTRES PAROLES AU THÉÂTRE

Le monologue. L’acteur est seul en scène et se parle à lui-même, invoque les Dieux ou s’adresse au public.

La tirade. La tirade est une longue période durant laquelle un seul acteur parle, même s’ils sont plusieurs en scène.

L’Aparté. L’aparté est une convention théâtrale, il s’agit des paroles d’un personnage que seul le public entend et non les autres personnages sur scène.

       

RÉDIGER UN TEXTE DESCRIPTIF

       

LE TEXTE DESCRIPTIF

La description est une interruption dans le récit. Elle permet de se représenter les personnages et les lieux dans lesquels ils évoluent. Le temps employé est le plus souvent l’imparfait et plus rarement le présent de l’indicatif. L’objet décrit est le thème de la description. Les aspects de l’objet décrit pris en compte sous les sous-thèmes. Thèmes et sous-thèmes sont caractérisés par des adjectifs qualificatifs, des compléments de nom, des propositions subordonnées, des figures d’analogies… L’adjectif qualificatif donne des précisions sur un nom auquel il est rattaché (on appelle ce nom : le substantif). Il s’accorde en genre et en nombre avec le mot auquel il se rapporte. Le complément de nom est souvent introduit par une préposition : de, pour, à… Les propositions subordonnées sont des propositions qui dépendent d’une proposition principale qu’elles complètent. Elles sont principalement relatives, complétives, circonstantielles et infinitives. Les figures d’analogie les plus courantes sont : la comparaison, la métaphore, la métonymie et l’allégorie.

     

TOUTE DESCRIPTION EST ORGANISÉE

Pour analyser une description, il sera utile de se poser les questions suivantes : que décrit-on ? Qui voit ce qui est décrit ? De quel endroit l’élément décrit est-il vu ? Quels sont les sous-thèmes ? Comment ces sous-thèmes sont-ils caractérisés ? Comment la description est-elle organisée ? Par quels mots ? À quoi sert la description dans le récit ?

Qui voit ? Si l’élément décrit est vu à partir d’un angle extérieur, que le narrateur est un témoin, il s’agit d’une focalisation externe. S’il est vu par le regard, les sentiments, les idées d’un personnage, il s’agit d’une focalisation interne. Si le narrateur est omniscient, c’est-à-dire s’il sait tout sur tout, il s’agit de la focalisation zéro ou omnisciente.

Progression de l’information dans une description. 

Une description en mouvement.

      

RÉDIGER UN TEXTE ARGUMENTATIF

     

QU’EST-CE QU’ARGUMENTER ?

Argumenter, c’est être capable de mettre en confrontation des avis différents, de convaincre par des arguments pertinents pour obtenir l’accord d’autrui. Pour cela, il faut tenir compte des convictions adverses.

La situation d’argumentation. Elle répond aux questions suivantes : Qui argumente ? À qui s’adresse-t-on ? Dans quel cadre ? Où ? Quand ? À propos de quoi ? Dans quel but ? Avec quels moyens ?

Les éléments constitutifs du texte argumentatif. Le thème : ce dont on parle. La thèse : l’idée défendue par un argumentateur. Les arguments : les faits ou idées orientés vers une conclusion. Les exemples : les faits ou idées qui soutiennent les arguments. Les connecteurs logiques : ils mettent en relation d’une part les arguments entre eux et d’autre part les exemples aux arguments. Ils donnent à l’ensemble du texte argumentatif une cohérence : d’abord annonce le premier argument, ensuite et par ailleurs ajoutent des arguments, enfin introduit le dernier argument, surtout exprime l’importance de l’argument, donc annonce la conclusion. Exprimer un jugement valorisant ou dévalorisant. Les expressions valorisantes : superbe, émouvant, extraordinaire, magnifique, etc. Les expressions dévalorisantes : triste, monotone, terne, décevant, laid, etc. Selon les cas, argumenter, c’est réfuter, contredire, justifier, concéder, négocier, justifier, prouver, critiquer, raisonner, démontrer, donner son opinion, nuancer ses convictions, etc. Exprimer la concession : concéder, c’est prendre en compte deux affirmations qui diffèrent. Un accord partiel est suivi d’un élément de désapprobation. Ces deux mouvements sont encadrés par des mots de liaison spécifiques. Exprimer un avis personnel. Exprimer l’insistance. Contre-argumenter.

     

RÉDIGER DES PARAGRAPHES ARGUMENTATIFS

Le thème : la violence urbaine. La thèse combattue : « La violence est un phénomène propre au XXe siècle ». La thèse défendue : « La violence a diminué ». Les arguments et les exemples soutiennent chacune des thèses. Les connecteurs logiques : « en additionnant », « mais », « également », « donc ». Il conviendra lors d’une argumentation orale ou écrite de : prendre en compte, de façon empathique, la thèse de son contradicteur ; s’adapter à ce contradicteur ; le réfuter ; s’impliquer dans sa propre argumentation pour être le plus convaincant possible.

      

LIRE UNE IMAGE

      

LA COMPOSITION D’UNE IMAGE

Les lignes de force. Les lignes horizontales laissent une impression de stabilité. Les lignes verticales évoquent la domination. Les diagonales dirigent le regard et déterminent un sens de lecture. Les lignes obliques donnent l’impression de dynamisme, de mouvement, d’instabilité.

Les lignes de fuite. Ce sont des lignes imaginaires qui se rejoignent vers un point appelé point de fuite. Elles produisent un effet de perspective.

L’échelle des plans. Plusieurs plans divisent l’espace représenté par l’image : premier plan, deuxième plan, arrière-plan… L’échelle des plans donne une impression de profondeur.

Les angles de vue : d’où voit-on ? Visée horizontale : le lecteur est au même niveau que ce qui est représenté dans l’image. En plongée : le lecteur voit « d’en haut », ce qui donne une impression d’écrasement. En contre-plongée : le lecteur voit « d’en-bas », ce qui crée une impression de domination. Les vues de dos, de face, de trois quarts, de profil… sont utilisées selon l’effet recherché.

Le cadrage de l’image. Le plan général montre l’ensemble de la scène. Le plan d’ensemble (ou plan large) montre un assez grand espace. Le plan moyen présente un personnage de la tête aux pieds. Le plan américain coupe le personnage aux genoux. Le plan rapproché coupe le personnage à la poitrine. Le gros plan, quand il ne concerne que le visage, traduit les émotions du personnage. Le très gros plan (ou insert) représente un petit détail : un œil, une partie d’un objet…

Les couleurs. Les couleurs chaudes sont proches de la couleur rouge et suggèrent le dynamisme, l’excitation et l’agressivité. Les couleurs froides regroupent les bleu-vert et évoquent la tranquillité, l’apaisement, l’immobilité. L’éclairage : l’orientation de la lumière dans une image peut être directe, diffuse, de face, de côté, à contre-jour.

      

LA PUBLICITÉ

L’image et le texte. Souvent l’image et le texte sont associés pour se compléter. Le slogan est une formule brève et percutante.

L’organisation de l’image publicitaire. Pour attirer, la publicité utilise quelques procédés parmi lesquels : l’accroche destinée à retenir l’attention ; le visuel qui met en valeur le produit ou le service ; la base line qui est la phrase lue en dernier ; la signature : nom ou logo de la marque.

Les enjeux de la publicité. L’image publicitaire cherche selon les cas à attirer l’attention, informer sur le produit ou le service proposé, plaire, séduire en faisant appel à l’imaginaire, exprimer une opinion pour la faire partager.

Modifier une opinion. La publicité, par la séduction, s’efforce de convaincre le consommateur. Elle attend de lui qu’il achète le produit, le service ou adhère à une idée. Son influence est importante et elle peut être à l’origine de frustrations à l’égard de ceux qu’elle fait rêver sans pouvoir les satisfaire. Bien lire une image publicitaire, c’est savoir distinguer de ce qui relève du rêve et de la réalité, de l’information et de la séduction.

Lire une image publicitaire. Dénoter une image, c’est rendre compte de ce que l’on voit. Connoter une image, c’est l’interpréter, c’est-à-dire lui donner du sens. Une même image peut renvoyer à plusieurs sens. On dit alors que l’image est polysémique.

Méthodologie. Voici, énumérés brièvement, les éléments à partir desquels il est possible de rédiger un texte destiné à présenter et à interpréter une image. Dénotation. Texte de l’image : format des caractères, couleurs, occupation de l’espace… ; les personnages, les objets, les éléments représentés : disposition sur l’image, physique, attitude, regard, gestes… ; composition : l’échelle des plans, le cadrage, les lignes, l’arrière-plan… Connotation. Réactions, sentiments face au tableau. Valeurs symboliques des personnages, des couleurs, des gestes… Enjeux de l’image : que veut dire le concepteur de l’image ? Quelle est son intention ? Ce que je pense de la qualité esthétique de l’image (est-elle belle ?), du message adressé (suis-je d’accord ou pas ? Pourquoi ?).

        

RENDRE COMPTE D’UN ÉVÉNEMENT DE L’ACTUALITÉ

      

LA UNE D’UN JOURNAL

Elle est la vitrine d’un journal. Elle présente les informations principales et s’efforce d’être attrayante. L’importance accordée aux événements est proportionnelle à la surface occupée et à l’importance des titres qui sont à la « une ». On dit que l’information est hiérarchisée. La une doit susciter le désir de lire et de s’informer.

      

LES GENRES JOURNALISTIQUES

Les articles de journaux se classent par genres. Cette classification repose sur le rôle que joue chacun de ces articles.

Informer. La brève est une petite information de 10 à 15 lignes, sans titre. Les premiers mots de la première phrase sont parfois imprimés en italique ou en caractère gras. Le filet est un petit article, titré, de 15 à 25 lignes. La revue de presse est un résumé des principales informations relevées dans plusieurs journaux.

Raconter. Le reportage fait vivre un événement ou décrit une situation. Le compte rendu s’appuie sur plusieurs sortes de manifestation : congrès, conférences de presse, audience de tribunal, manifestation de rue… Le fait divers regroupe toute une série d’informations : accidents, vols, hold-up, noyades, incendies, meurtres, attentats, catastrophes aériennes, ferroviaires ou naturelles (séismes, inondations…) affaires judiciaires…

Expliquer. L’analyse détaille un événement, clarifie un sujet et l’explique. L’enquête donne le maximum d’informations sur un événement pour découvrir « la vérité ».

Restituer la parole d’autrui. L’interview : le journaliste donne la parole par les questions qu’il pose. Le communiqué est une annonce, une déclaration d’institutions ou de personnalités. La libre opinion (ou tribune libre, ou point de vue) est un texte signé où une personne extérieure au journal exprime ses opinions. Le courrier des lecteurs : les lecteurs écrivent au journal pour donner leur opinion et le journal publie leurs lettres.

Exprimer une opinion. L’éditorial est un commentaire sur l’actualité. La chronique est une rubrique régulière d’un journaliste connu et écouté. La critique est un point de vue personnel d’un journaliste sur un livre, un spectacle, un concert, une émission de télévision… Le fait divers doit répondre aux six questions traditionnelles : Qui ? Quoi ? Quand ? Où ? Pourquoi ? Comment ? Les verbes sont souvent à la voix passive et au passé composé qui exprime des actions révolues. Le passé composé exprime une action passée ou achevée : « le train a percuté une voiture ». La forme passive se reconnaît à l’emploi de l’auxiliaire être suivi d’un participe passé et d’un complément d’agent introduit le plus souvent par « par » : « les passagers ont été pris en charge par la SNCF ». Quand le complément d’agent n’apparaît pas, on dit qu’il s’agit d’un passif incomplet : « Leur billet leur sera remboursé ». L’article est souvent polyphonique : la parole est donnée aux témoins, acteurs de l’événement… Ces paroles rapportées se distinguent dans le texte parce qu’elles sont mises en valeur : en italique par exemple, encadrées par des guillemets, introduites par des verbes de communication : « raconte », « estime que », « dénoncent », « affirme », « a annoncé »… « Selon le porte-parole de la SNCF »…, « des passagers évoquent »…

          

LIRE UN TEXTE POÉTIQUE

       

LA VERSIFICATION

Le vers. Le vers correspond à la ligne d’un poème. Il commence en principe par une majuscule. Le mètre du vers diffère selon le nombre de syllabes : les hexasyllabes (6), les octosyllabes (8), les ennéasyllabes (9), les décasyllabes (10) ; les alexandrins (12) : pour compter le nombre de syllabes, il faut tenir compte du « e » muet qui s’efface devant une voyelle ou à la fin du vers. Cependant, il se prononce devant un mot commençant par une consonne. C’est alors un « e » sonore. Il faut aussi tenir compte de la diérèse si deux voyelles se succèdent et son prononcées séparément ou de la synérèse si elles sont prononcées ensemble. Le vers libre échappe à ces contraintes métriques. Son rythme trouve son harmonie avec la syntaxe, la reprise de groupes de mots, la disposition typographique… La strophe est un ensemble de vers regroupés. Chaque ensemble est séparé des autres ensembles par un espace blanc. Le tercet : trois vers. Le quatrain : quatre vers.

Les sonorités. On appelle « allitération » le retour d’une sonorité de consonne à intervalles rapprochés.

Assonance. Une assonance est le retour d’une sonorité de voyelle à intervalles rapprochés.

Rime. On appelle « rime » les sonorités qui se répètent à la fin des vers. Les rimes féminines sont en « e » muet. Les autres sont dites masculines. La richesse de la rime : la rime est plus ou moins riche selon le nombre de phonèmes qui se font écho : les rimes pauvres : un phonème mardi/rit ; les rimes suffisantes : deux phonèmes las/là ; les rimes riches : trois phonèmes ou plus porte/forte. Les dispositions des rimes fréquentes sont : les rimes plates : AABB ; les rimes croisées : ABAB ; les rimes embrassées : ABBA.

      

LE RYTHME

Traditionnellement, la fin du vers coïncide avec un arrêt ou une pause. Si ce n’est pas le cas, on a alors un enjambement. Le rejet et le contre-rejet son deux cas d’enjambement.

Le rejet. Le rejet est le prolongement d’un vers dans le vers suivant par un ou deux mots.

Le contre-rejet. Un mot placé à la fin d’un vers annonce un groupe de mots au début du vers suivant. L’inversion produit souvent un effet poétique.

      

COMMENT DÉFINIR LA POÉSIE ?

La poésie est un art du langage visant à exprimer ou à suggérer quelque chose par le rythme, l’harmonie ou l’image. Mais la poésie n’échappe-t-elle pas à toute définition ? N’est-elle pas indéfinissable, c’est-à-dire ouverte à une infinité de définitions ?

Le calligramme. Le calligramme est un poème figuratif, qui établit des correspondances entre le sens du texte et la forme du dessin dont il faut parfois trouver le sens de la lecture.

Le sonnet. Le sonnet est un poème à forme fixe. Il est composé de deux quatrains et de deux tercets. Il se prête généralement très bien à l’antithèse : opposition des quatrains par rapport aux tercets sur le plan du sens, des rimes, des structures…

Le poème en prose. Si le retour à la ligne disparaît, le poème en vers devient un poème en prose : le blanc typographique qui va de la fin du vers au bout de la ligne disparaît. Le poème en prose se différencie de la prose poétique par sa brièveté : il se limite le plus souvent à une page. Le poème en prose se différencie de la prose poétique par sa brièveté : il se limite le plus souvent à une page. Exemple : Le parti pris des choses de Francis Porge. 

       

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE :

GILLET Nathalie, PASCAL Martine, DURANDEAU Jean-Pierre, BERDUCOU Jean-Louis, PROST Alain, BOUTAINE Frédéric, LANDAT Jean-Claude, CORLIN Michel, RAYNAL Christian, Objectif CAP, Toutes les matières, Industriel Tertiaire, Paris, Hachette Education, mai 2017.

1 cours de francais de seconde professionnelle (mai 2017)

SECONDE PROFESSIONNELLE – FRANCAIS

     

CONSTRUCTION DE L’INFORMATION

     

IMMÉDIAT CONTEMPORAIN ET DÉVELOPPEMENT DES NOUVEAUX MÉDIAS

Construction de l’information. La presse quotidienne nationale française comprend 17 titres payants parmi lesquels Le Monde, Le Figaro, Aujourd’hui en France, Libération, La Croix, etc. Des journaux gratuits comme 20 Minutes et Métro sont également distribués. La presse quotidienne régionale est diffusée sur un ou plusieurs départements et propose à la fois des informations nationales et locales. Elle compte 61 titres, 450 éditions, 19 000 salariés, dont 5843 journalistes, 25 000 correspondants, 16 000 porteurs, 50 000 à 55 000 points de vente et près de 18.8 millions de lecteurs par jour pour près de 5 millions d’exemplaires diffusés. Par ailleurs, des millions de lecteurs visitent leurs sites Internet. Il existe également une presse hebdomadaire nationale et régionale avec Le Nouvel Observateur, L’Express, Le Point, Marianne, VSD, L’Abeille, L’Auxois libre… Le lectorat d’un quotidien est le nombre de lecteurs supposés le lire. Ceci explique le fait que le nombre de lecteurs d’un journal est supérieur au nombre d’exemplaires vendus. Son estimation est faite par sondages et enquêtes auprès des lecteurs. On dit de la presse qu’elle est le quatrième pouvoir. Il s’ajoute aux trois pouvoirs en place : les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, dont la Constitution impose la séparation. Il s’agit du pouvoir d’informer, de donner son opinion, de critiquer… pouvoir qui est un des principaux fondements de la démocratie. Concurrencée par les nouveaux supports de médias : Internet (blogs, messageries), téléphones mobiles, la presse écrite connaît des problèmes de diffusion et de survie. Chaque journal possède maintenant sa version numérique et le lecteur peut choisir entre la lecture sur papier ou la lecture sur écran, les deux lectures pouvant être complémentaires.

Les nouveaux médias. Du consommateur passif… L’utilisation d’Internet a changé le rapport de l’homme à l’information. Les « anciens médias » fonctionnent sur le mode de l’éditeur-acteur face à des clients passifs. Le « consommateur » achète son journal, écoute la radio, regarde la télévision pour prendre connaissance d’une information préparée, formatée, standardisée. Ceci est aussi possible sur Internet. … au consommateur actif. Néanmoins, le changement profond est la transformation du consommateur passif en consommateur créateur. Aujourd’hui, la tendance progresse de plus en plus vers la participation que ce soit sur un blog ou au travers du concept de Web 2.0 (partage d’images, de vidéos, de savoirs…). Ainsi, chacun peut se retrouver dans la peau du consommateur ou du créateur qui écrit, publie, commente. La source devient alors diffuse et peut se faire sur le mode de la conversation, de la relation entre les gens, de la participation. Fiabilité de l’information. Se pose alors le problème de la fiabilité de l’information. Dans la presse traditionnelle, le contenu est créé par des journalistes qui vérifient leurs informations qui sont ensuite filtrées par des éditeurs et enfin fournies aux consommateurs. Filtrage « naturel ». Aujourd’hui, le contenu est produit par tout un chacun, que ce soit sur des sites personnels, des blogs ou sur des supports mobiles. En fait, le filtrage se fait par les utilisateurs eux-mêmes en choisissant ceux qui leur paraissent être les sites les plus fiables. L’audience peut donc être un indice. Les meilleurs sites sont sollicités et les moins bons délaissés. La mobilité est également un facteur nouveau dans les dispositifs et les canaux de distribution de l’information. « Tout, tout de suite, et n’importe où » est le nouveau credo. Les médias sont partout par écran interposé. Tout, tout de suite. Le nouveau comportement des utilisateurs de médias évolue. Ils passent rapidement d’un média à l’autre. Ils veulent choisir ce qu’ils veulent voir, lire, écouter, à n’importe quel moment et sur le support qu’ils désirent. Ils attendent des informations courtes, condensées pour pallier le manque de temps. Ils disposent d’un univers fait de millions de distributeurs de contenu. Ils sont submergés d’informations de bonne et de moins bonne qualité et devront savoir trier dans la masse de production.

Quelques définitions. Les blogs. Contraction de « Web Log », ce sont des sites Internet, très souvent faits par et pour des particuliers, sur lesquels des personnes s’expriment librement. Le nouveau Web ou le Web 2.0. Il  recouvre les services de seconde génération accessibles sur le Web et qui permettent aux personnes de collaborer et de partager de l’information. Twitter est un « micro-blogging » instantané qui fonctionne sur Internet et sur téléphone portable. On peut y publier gratuitement de courts textes de 140 caractères maximum pour se raconter, témoigner, donner son avis sur n’importe quoi. Ces textes sont lus en temps réel par ceux qui sont en ligne. C’est ainsi que cet espace d’échange commence à s’imposer comme un nouveau média d’information. Tous ceux qui assistent à un événement (crime, manifestation, accident, incendie…) diffusent sur Twitter leur témoignage à chaud. Le rythme et le contenu de l’information ont changé. Sur ce principe, les journaux traditionnels envoient des alertes à leurs abonnés afin de les inciter à se connecter sur leur site. Les Wikis. Wikipédia est une encyclopédie universelle et multilingue écrite de manière collaborative sur Internet avec la technologie wiki : tous les internautes peuvent écrire dans l’encyclopédie ou réutiliser son contenu, librement distribuable et gratuit par le biais d’un navigateur Web. Le contenu est fait par les utilisateurs, pour les utilisateurs.

     

LEXIQUE DE L’INFORMATION ET DES MÉDIAS

Dans la presse écrite, un quotidien est présenté par une « une ». Le journal est organisé en rubriques. Ces rubriques sont composées d’articles qui appartiennent à des genres journalistiques.

La « une ». La « une » c’est la première page du quotidien, sa « vitrine » qui doit attirer la curiosité du lecteur et susciter l’achat. Elle est composée dans sa conception classique de 8 éléments qui sont : la manchette (titre du journal, prix, date, numéro, « état civil »…) ; le bandeau (gros titre au-dessus de la manchette) ; les oreilles (à droite et à gauche de la manchette) ; la tribune (le ou les gros titres) ; les sous-tribunes (emplacements sous la tribune et à côté) ; le ventre (le milieu de page) ; le rez-de-chaussée (le « pied » de la page) ; le cheval (en bas, dans le rez-de-chaussée, à droite).

Les rubriques. Les rubriques sont différentes selon les quotidiens et prennent une place plus ou moins importante selon l’actualité. Elles permettent de classer les informations et de rendre ainsi plus aisée la lecture. Le nom de chaque rubrique est affiché en haut de chaque page. Chaque lecteur a ses rubriques préférées. La « une » et la dernière page ne comprennent pas de nom de rubrique.

Les genres journalistiques. Chaque article appartient à un genre journalistique qui obéit à des règles d’écriture spécifiques selon qu’il informe, raconte, donne la parole, explique, commente… Les articles qui informent. La brève : petite information de 10 à 15 lignes, sans titre. Les premiers mots de la première phrase sont parfois imprimés en italique ou en caractère gras. Elle répond aux questions : Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Pourquoi ? Le filet : petit article, titré, de 15 à 25 lignes. Les articles qui racontent. Le reportage : il fait vivre un événement ou décrit une situation. Le compte rendu : il s’appuie sur plusieurs sortes de manifestation : congrès, conférences de presse, audience de tribunal, manifestation de rue… Le fait divers : il regroupe toute une série d’informations : accidents, vols, noyades, incendies, meurtres, attentats, catastrophes aériennes, ferroviaires ou naturelles (séismes, inondations…), affaires judiciaires. Les articles qui expliquent. L’analyse : elle détaille un événement, clarifie un sujet et l’explique. L’enquête : elle donne des informations sur un événement pour découvrir « la vérité ». Les articles qui donnent la parole. L’interview : le journaliste donne la parole par les questions qu’il pose. Le communiqué : c’est une annonce, une déclaration d’institutions ou de personnalités. La libre opinion (ou tribune libre, ou point de vue) : est un texte signé par une personne extérieure. Le courrier des lecteurs : les lecteurs écrivent au journal pour donner leur opinion et le journal publie leurs lettres. Les articles où les journalistes donnent leur opinion. L’éditorial : c’est un commentaire sur l’actualité. La chronique : c’est la rubrique régulière d’un journaliste connu et écouté. La critique : il s’agit du point de vue personnel d’un journaliste sur un livre, un spectacle, un concert, une émission de télévision…

Les articles. La « mise en scène » d’un article est importante. Elle doit permettre de donner envie de le lire et de permettre une lecture aisée et à plusieurs niveaux. Dans une version complète, l’article comporterait : un titre, un sous-titre, un sur-titre, des intertitres (il s’agit de la titraille) ; un chapeau, résumé de l’essentiel de l’information contenue dans l’article ; une image et sa légende : une légende précise les éléments de la photo et lui donne un sens, elle est un élément supplémentaire des informations données dans l’article. Ainsi, le lecteur peut-il se contenter de lire les titres, parcourir l’image et sa légende et faire ainsi une lecture rapide ; ou lire l’intégralité de l’article si le sujet l’intéresse en prenant davantage de temps. Un article présente une diversité typographique destinée à attirer le regard.

Les titres. Le titre d’un article doit susciter l’envie de le lire. Il doit être court et concis. Il doit aussi être le plus fidèle possible au contenu de l’article : « Grippe A : tous les Français pourront être vaccinés », L’Est éclair – 29/09/2009. Un titre peut être informatif ou incitatif. Les titres informatifs : ils contiennent l’essentiel de l’information et doivent être précis en répondant le plus possible aux questions : qui a fait quoi, quand et comment ? Les titres incitatifs : ils révèlent l’esprit de l’article plus que sa matière et s’appuient souvent sur des jeux de mots inspirés de titres de films ou de livres, de slogans publicitaires… La lecture de l’ensemble de « la titraille » donne une idée du sujet traité et permet une lecture à plusieurs vitesses : rapide si l’on se contente de lire les titres, plus longue si on lit l’ensemble de l’article.

La presse numérique. La « lecture numérique » d’un journal est différente de celle d’un journal papier. Le lecteur « navigue » sur les sujets qui l’intéressent en cliquant sur les liens hypertextes qui lui permettent de « surfer », c’est-à-dire de passer d’une page à une autre selon ses besoins. Les liens hypertextes permettent de naviguer de document en document à l’intérieur des sites Web. Un clic sur un lien hypertexte permet d’accéder à la ressource choisie. 

      

FAIT DIVERS ET BRÈVE

Le fait divers. Définition. Le fait divers est une rubrique de presse comportant des informations qui appartiennent à la vie quotidienne. Il est le plus souvent à caractère dramatique : accident, naufrage, inondation, incendie, suicide, crime, enlèvement, hold-up… On parle de la rubrique « des chiens écrasés ». Règles d’écriture. Le fait divers donne les circonstances, les causes, le passé, les conséquences… de l’événement et répond aux six questions : qui ? quoi ? où ? quand ? et quelquefois : comment ? pourquoi ? Il est un texte narratif rapporté sous forme de brèves, de filets ou d’articles. Il s’apparente à la nouvelle et au conte. Beaucoup d’écrivains, dont Guy de Maupassant, se sont inspirés de faits divers pour écrire leurs œuvres. L’enjeu du fait divers. Les journaux accordent une importance différente aux faits divers selon leur lectorat. L’intérêt du lecteur pour ce type d’article sera d’autant plus important qu’il se sera produit plus ou moins loin de chez lui, s’il concerne sa famille, son travail, sa commune… L’importance d’un fait divers est également liée à son retentissement : l’accident de voiture qui occasionne la morte de la princesse Lady Di, l’assassinat en 1914 à Sarajevo de l’archiduc d’Autriche François-Ferdinand de Habsbourg, qui déclenche une guerre mondiale… Questions sur l’exemple. Quoi ? Mort de mineurs. Qui ? Onze mineurs chinois. Où ? Dans une mine de charbon de la ville de Jinzhong, dans une province chinoise du Shanxi, au nord de la Chine. Quand ? Lundi 24 août 2009. Comment ? Par un coup de grisou. Pourquoi ? Une enquête est ouverte pour le savoir.

La brève. Définition. La brève est un texte court (environ dix lignes). Elle donne en trois ou quatre phrases une information très concise, sans titre, avec les premiers mots en caractère gras. Règles d’écriture. La brève répond aux questions : qui, quoi, quand, où, et parfois comment et pourquoi à propos d’un fait d’actualité qui concerne une palette d’informations qui peuvent aller du fait divers aux événements internationaux. Elle va à l’essentiel de l’information. Une brève est souvent présentée avec d’autres brèves dans une colonne appelée « rivière ». Lorsqu’elle a un titre et qu’elle est un peu plus longue, on l’appelle « filet ». Dans un cadre, elle devient un « encadré ». Enjeux de la brève. Les brèves permettent aux lecteurs de prendre connaissance de l’essentiel des informations du jour. La lecture est rapide et permet de retenir l’essentiel. Beaucoup de journaux ont leur rubrique : « En bref », « L’actualité en bref », « Brève »… Pour plus d’informations le lecteur est renvoyé à d’autres types d’articles : analyse, reportage, interview…

      

LA TOURNURE PASSIVE

Le fait divers utilise abondamment la tournure passive. Dans la tournure active, le sujet fait l’action. Ex. : Le camion a percuté un arbre. Dans la tournure passive, le sujet subit l’action. Ex. : Un arbre a été percuté par le camion. Le complément d’objet direct « un arbre » devient le complément d’agent dans la tournure passive. L’agent désigne celui ou celle qui fait l’action. Le complément d’agent est introduit par « par » ou « de » qui sont des prépositions. Le complément d’agent ne peut pas être désigné, il est alors sous-entendu ; le contexte permet au lecteur de l’identifier. Ex. : Le client du restaurant a été bien servi. Seuls les verbes transitifs directs peuvent être employés à la forme passive. Les verbes intransitifs ne le peuvent généralement pas. Parmi les exceptions : obéir et pardonner. Ex. : aimer, manger, élire, vérifier… On appelle verbes intransitifs les verbes qui n’acceptent pas de compléments d’objet directs. Ex. : tomber, courir, nager, rire…

     

INFORMATION ET COMMENTAIRE

L’énonciation. Le rôle essentiel de la presse est double : informer et commenter l’actualité. Les articles, selon les cas, peuvent revêtir une dominante informative (brève, filet…), narrative (fait divers, reportage…), explicative (analyse, enquête). Ils donnent également la parole (interview, communiqué…), l’avis du journal (éditorial) et de journalistes (critique, chronique…). Un même article peut à la fois contenir des informations et des commentaires.

Objectivité et subjectivité. L’information tend vers l’objectivité. Elle doit s’efforcer d’être neutre, impartiale. Le commentaire relève de la subjectivité. Un journaliste, une personnalité ou un interviewé donne une opinion partiale, qui lui est propre. C’est l’expression d’une sensibilité, d’un point de vue qui n’est pas forcément partagé par tout le monde.

La situation d’énonciation. Un émetteur adresse un message à un récepteur à propos d’un référent (sujet dont on parle) à l’aide d’un code (langue orale ou écrite, gestes) et grâce à un canal de communication (lettre, téléphone, échange verbal…). Vélib’ (l’émetteur) s’adresse aux Parisiens (les récepteurs) à propos des « vélib’ » (le référent) pour leur faire part de l’extension de leur réseau (le message). L’information apparaît sur leur site Web (le canal de communication) et en langue française (le code). L’acte d’énonciation est caractérisé par : ses participants (émetteur, récepteur…) ; un lien et un moment (cadre spatio-temporel) ; des circonstances spécifiques. L’énonciateur est celui qui prend en charge l’énoncé. Pour étudier l’énonciation, il faut étudier : les personnes. Je : représente l’émetteur. Tu, vous : représentent le récepteur. Il(s), elle(s) : représentent les personnes extérieures au couple émetteur/récepteur ; elles sont présentes ou absentes ; elles représentent aussi le référent (ce dont on parle). On : pronom personnel indéfini, toujours sujet. Il représente n’importe quelle personne : « je », « nous », « tu », « vous ». C’est le contexte de l’emploi de « on » qui permet de trouver la (ou les) personne(s) qu’il représente. Les temps verbaux organisés autour du présent d’énonciation. Le présent de l’indicatif : temps de l’énonciation, le moment où l’émetteur parle. Le passé composé : temps d’un événement passé que l’on veut rattacher au présent. Le futur : temps qui situe l’action après l’acte d’énonciation. Ex. : Nous prendrons le train (futur simple de l’indicatif). Le présent de l’indicatif : exprime un ordre qui s’adresse à un récepteur pour que celui-ci accomplisse ce qui lui est demandé. Les indices de la subjectivité de l’énonciation qui sont les modalisateurs… marquent la prise de position de l’émetteur. Ce sont : le ton du discours ; l’emploi de guillemets ; les interjections (hélas !) ; les verbes (j’aime, je déteste…) ; les adverbes (peut-être, sans doute, probablement…) ; un vocabulaire valorisant (formidable, sublime, extraordinaire…) ou dévalorisant (exécrable, dégoûtant, malsain, insupportable…). Le cadre spatio-temporel. Les éléments qui indiquent où et quand s’exprime le discours : ici, là, maintenant, hier, aujourd’hui… ou les noms propres et adverbes.

     

DES GOÛTS ET DES COULEURS, DISCUTONS-EN

     

Un artiste crée une œuvre d’art avec un langage qui exprime sa sensibilité, sa conception du monde, sa culture. Il cherche à produire quelque chose de beau : un tableau, un texte, une musique, une sculpture… L’enjeu est de s’exprimer en suscitant des émotions. L’esthète considère l’art comme une valeur essentielle. Il professe le culte du beau, du raffinement, des arts…

      

COURANTS ARTISTIQUES ET GENRES LITTÉRAIRES

La Renaissance. La Renaissance est la période du « bon goût français ». Elle introduit un idéal de beauté en architecture, en peinture et en littérature. Son histoire commence en Italie vers 1450 et se termine vers 1600. Pendant cette période, l’Europe connaît de grands progrès dans les domaines artistiques, culturels, scientifiques et techniques et de grands changements en matière politique, économique et religieuse. La Renaissance se caractérise par : le retour des valeurs de l’Antiquité ; l’apparition de l’imprimerie ; la lecture scientifique des textes fondamentaux ; le développement des bibliothèques ; le renouveau des échanges commerciaux ; les changements de représentation du monde ; les grandes découvertes ; la proclamation du français comme langue officielle du droit et de l’administration dans le Royaume de France ; l’humanisme qui s’efforce de mettre en œuvre tous les moyens propres à favoriser l’épanouissement humain.

La poésie. La poésie, le sonnet – hérité de Pétrarque, poète italien (1304-1374) – est un poème à forme fixe composé de deux quatrains et de deux tercets. Il est mis en avant par les poètes de La Pléiade et notamment par Joachim du Bellay (1522-1560) et Pierre de Ronsard (1524-1585). Ces poètes travaillent à l’enrichissement de la langue française par des emprunts, des néologismes et le rappel de mots disparus. Les thèmes de leur poésie élégiaque sont l’amour, la mort, la fuite du temps et la nature. En prose, Rabelais (1494-1553) exprime les valeurs de l’humanisme dans Pantagruel (1532), Gargantua (1534) et Michel de Montaigne (1532-1592) pose un regard sceptique sur la nature humaine dans ses Essais publiés en 1588. En peinture, c’est l’intérêt pour l’homme qui domine. L’art du nu s’inspire de l’Antiquité. Parmi les peintres célèbres en Italie, notons Michel Ange, Raphaël, Titien, Véronèse. Mais également Léonard de Vinci (1452-1519), l’homme universel qui s’intéresse à tout : architecte, peintre, sculpteur, ingénieur, mathématicien, géologue, botaniste, anatomiste. Il représente l’idéal de la Renaissance.

La Renaissance italienne. La Renaissance italienne révolutionne la peinture. Les thèmes religieux et les enluminures de la peinture médiévale sont délaissés au profit d’autres motifs ; le nu, pour la compréhension de la nature du corps humain ; l’anatomie, pour la connaissance des proportions du corps humain ; les scènes de l’Antiquité qui sont reprises ; les paysages ; la perspective avec point de fuite central ; les portraits et les natures mortes ; les fresques sur murs, plafonds et voûtes ; les effets de lumières et d’ombres : le clair-obscur.

Le classicisme. Le XVIIe siècle est le siècle du classicisme. En littérature, c’est le siècle du théâtre. La tragédie, genre théâtral, met en scène des personnages nobles et repose sur la règle des trois unités : l’unité de lieu (l’action doit se dérouler dans un lieu unique) ; l’unité de temps (l’action ne doit pas dépasser vingt-quatre heures) ; l’unité d’action (l’intrigue doit être unique. L’action doit être vraisemblable et respecter les règles de bienséance en ne choquant pas par des scènes violentes. Parmi les œuvres les plus célèbres : Phèdre (1677) de Racine (1639-1699), Le Cid (1637) de Corneille (1606-1684). La comédie, genre théâtral considéré comme moins noble, met en scène des bourgeois et des valets. L’auteur le plus célèbre est Molière (1622-1673) qui a écrit, notamment, L’Avare (1668), Le Bourgeois gentilhomme (1670) et bien d’autres pièces qui devaient divertir en instruisant.

     

MODERNITÉ ET ESPRIT NOUVEAU (1860-1935)

La modernité se caractérise par le développement de l’urbanisation, de l’électricité, du machinisme. Apparaissent le cinéma, les premières automobiles, l’avion. Cette transformation de la société se traduit chez les artistes par une certaine liberté de style en littérature, en peinture, en sculpture, en musique. Les artistes se libèrent des formes rigides. Ainsi, en poésie, les vers réguliers et la ponctuation disparaissent. De cette période naîtra le cubisme. Baudelaire, Apollinaire, Cendrars ont marqué la poésie de cette époque.

Les langages artistiques. La peinture, la sculpture, la gravure, l’architecture, la musique et la danse sont les « beaux-arts » habituellement reconnus. Aujourd’hui, le « beaux-arts » se démocratisent et notamment à travers les arts décoratifs (la mode, le mobilier…), l’art culinaire et les arts éphémères (les sculptures de glace, les graphes…). L’art n’est plus seulement dans les musées mais entre dans la vie quotidienne. On parle aujourd’hui de « design ». La mode exprime un goût commun à une époque et dans une région données. Elle s’exprime par une recherche esthétique dans une manière d’être par les vêtements, la musique et les modes de consommation. Interviennent également d’autres facteurs comme l’affirmation de sa personnalité, mais aussi d’un rang social, d’un pouvoir d’achat… Souhaiter « être à la mode » suppose des changements fréquents qui incitent à se renouveler pour le plus grand bonheur des créateurs qui trouvent là des débouchés pour leur travail. Être à la mode, c’est être en rupture avec ce qui précède. La mode est éphémère.

Le conflit des valeurs. Dans un échange de points de vue, les positions défendues dépendent souvent des idées, des croyances, des goûts, de la culture de chacun. Quand les avis sont opposés, chacun exprime ses représentations : de la vérité, du bien, de la beauté, du plaisir, de l’utile.

      

ANALYSER ET INTERPRÉTER UNE PRODUCTION ARTISTIQUE

Présenter un tableau, c’est apporter les éléments d’informations suivants : auteur, titre, date… ; support, dimensions, lieu d’exposition ; contexte (circonstances historiques, artistiques de réalisation) ; sujet (représentation d’ensemble : portrait, paysage, nature morte, scènes mythologiques, religieuses, de la vie quotidienne).

Analyser le tableau. Technique utilisée (dessin, peinture (gouache, aquarelle…)). Trait : flou, net. Composition : lignes géométriques qui organisent les éléments du tableau et qui conduisent le regard. Couleurs utilisées (dominantes, secondaires). Tonalité des couleurs (chaudes (rouge, orange, jaune, marron), froides (bleu, vert…). Lumière (provenance, zone éclairée, personnage qu’elle met en évidence).

Décrire le tableau. Où et quand se situe la scène représentée ? Quels sont les différents plans ? Combien de personnages sont visibles ? Qui sont-ils ? Une histoire est-elle suggérée ? Interpréter le tableau, c’est lui donner un sens en fonction de son contexte historique et artistique et aussi en fonction de ses goûts, de sa sensibilité… Les lignes de fuite. Les lignes de composition du tableau convergent vers un ou souvent deux points imaginaires appelés point de fuite. Ils sont sensés être les points les plus éloignés pour l’œil du spectateur. La perspective. Technique développée aux XIVe et XVe siècles, la perspective traduit le relief, la profondeur et le volume sur une surface plane. À Florence, le dessin domine : des lignes convergent toutes vers un point de fuite situé à l’horizon. Dès lors, l’espace tridimensionnel est rendu. En revanche, aux Pays-Bas, puis à Venise, c’est le contraste des lumières rendu par le travail des couleurs qui produit un effet similaire. L’allégorie. Représentation d’une idée par un personnage ou un objet doté de symboles.

Les substituts lexicaux et grammaticaux. Pour ne pas se répéter, des procédés de substitution sont utilisé pour éviter de reprendre plusieurs fois le même mot de façon rapprochée dans un même texte. Les mots qui se substituent le plus souvent à d’autres sont : les pronoms qui remplacent un nom ou un groupe nominal. Principaux pronoms personnels sujets : je, tu, il, nous, vous, ils, elles. Principaux pronoms personnels compléments : me, te, se, nous, vous, le, la, les, leur, lui, en, y. Principaux pronoms possessifs : le mien, le tien, le nôtre, le vôtre, le leur. Principaux pronoms démonstratifs : ce, celui, celle, ceux, ceci, cela, celui-ci, celles-là… Principaux pronoms indéfinis : aucun, autre(s), autrui, chacun(e), certains, personne, nul, plusieurs, quiconque, tout, la plupart, quelqu’un… Les synonymes ou les hyperonymes (termes englobants). Les périphrases : figures de style qui consistent à remplacer un mot par sa définition ou par une expression plus longue, mais équivalente. Conclusion. Substituer, c’est mettre à la place de, remplacer, prendre la place de quelqu’un ou de quelque chose. Le procédé de substitution permet d’éviter les redites et d’apporter des informations nouvelles. Il donne par ailleurs de la cohérence au texte et organise sa progression.

Les connecteurs de l’énumération, l’analogie. Les connecteurs sont des mots qui établissent dans la phrase ou dans l’enchaînement des paragraphes une relation logique précise (opposition, cause, conséquence, condition, comparaison, but…). Ils sont essentiels pour la cohésion des textes. Ils appartiennent principalement à trois catégories : les conjonctions et locutions conjonctives ; les prépositions et locutions prépositionnelles ; les adverbes et locutions adverbiales. Les connecteurs de l’énumération et de la classification sont : d’abord, tout d’abord, en premier lieu, premièrement… En deuxième lieu, deuxièmement, ensuite, de plus… En troisième lieu, puis, en dernier lieu, enfin… Les connecteurs utilisés pour l’analogie sont : comme, de même que, ainsi que, autant que, aussi que, si que, de la même façon que, semblablement, pareillement, comme si… L’analogie met en relation deux objets, deux phénomènes, deux situations qui appartiennent à des domaines différents. Mais ils font penser l’un à l’autre parce qu’ils présentent des similitudes. La métaphore et la comparaison sont des figures d’analogie. Les termes qui se rapprochent de l’idée d’analogie sont : l’affinité, l’association, la comparaison, la concordance, la correspondance, la métaphore, la ressemblance, la similitude.

          

PARCOURS DE PERSONNAGES

      

Le romantisme est un mouvement littéraire et artistique de la première moitié du XIXe siècle qui affirme la primauté de l’émotion sur l’intellectualité. Le réalisme est une école littéraire qui, à partir de 1850, prône la vérité dans la représentation de la vie, en s’opposant aux illusions et aux excès du romantisme. On reconnaîtra l’appartenance littéraire d’un personnage à son identité, son physique, ses vêtements, ses paroles, son appartenance à un milieu social, ses aspirations.

    

LE ROMANTISME

Le romantisme exprime : une sensibilité personnelle qui met à l’honneur « le moi », un sentiment marqué pour la nature, un état d’esprit emprunt de nostalgie, de mélancolie et de mal de vivre. Les romantiques s’illustrent dans des genres variés : poésie, roman, théâtre, peinture. Quelques auteurs romantiques : Goethe (Faust), Chateaubriand (Le Génie du christianisme, Les Mémoires d’outre-tombe), Lamartine (Méditations poétiques), Victor Hugo (Les Contemplations, Hernani), Alfred de Vigny (Les Destinées, Chatterton), Alfred de Musset (Nuits, On ne badine pas avec l’amour), Théophile Gautier (Poésies), Gérard de Nerval (Sylvie), George Sand (Lélia). Quelques peintres et compositeurs romantiques. Géricault (Le Radeau de la méduse), Delacroix (La Liberté guidant le peuple), Chopin, Hector Berlioz (La Symphonie fantastique)…

     

LE RÉALISME

Il s’exprime dans les romans du XIXe siècle, de Balzac à Flaubert et cherche à représenter le plus fidèlement possible le monde réel dans un souci d’objectivité. Les récits sont à la troisième personne. Les intrigues sont inspirées de faits divers. Les descriptions sont réalistes. Il s’agit de « faire vrai ». Les thèmes principaux sont : les mœurs d’une époque, d’un milieu ; les liens avec le contexte historique, politique, social ; l’influence du milieu sur l’individu ; la ville, la province, les misères sociales, l’ascension sociale…

     

LA NOTION DE PERSONNAGE

Le personnage. Définition. Un personnage est un être d’encre et de papier imaginé par un écrivain. Il peut être incarné par un acteur au théâtre ou au cinéma. Les personnages typiques sont le valet, le barbon, le confident, le héros, l’antihéros. Certains personnages sont devenus des noms communs : Don Juan, Guignol, Sosie, Tartuffe… Focalisations. Dans les romans, le personnage peut être représenté : en focalisation interne : le point de vue est présenté de l’intérieur du personnage, il est subjectif ; en focalisation externe : le point de vue est présenté de l’extérieur du personnage, il est plus objectif ; en focalisation zéro : le point de vue est celui d’un narrateur omniscient qui sait tout, voit tout, comprend tout. Ce point de vue est utilisé par les écrivains réalistes.

Désignation et caractérisation des personnages. Quand on parle de caractérisation directe, on fait allusion au portrait physique et moral du personnage. Cela passe par : son identité (nom, prénom, âge…) ; son physique (taille, traits du visage, allure, attitudes) ; ses traits moraux (caractère, comportement, sentiments, idées) ; sa catégorie sociale (profession, appartenance à un milieu social défini, vêtements, habitat, langage, métier, fréquentations…).

La caractérisation indirecte en actes et en paroles. Le lecteur découvre les personnages par les actes qu’ils réalisent, leur évolution au cours du récit, leurs rapports avec les autres personnages, leur importance, leur rôle dans l’histoire… Il les découvre aussi par leurs paroles qui peuvent être rapportées : au style direct : les paroles sont introduites par un verbe d’opinion et annoncées par des tirets, deux points ou des guillemets ; au style indirect : les paroles sont introduites par un verbe de déclaration (affirme que, répondit que) suivi d’une complétive ; au style narrativisé : les paroles se fondent dans le récit. Le langage des personnages se caractérise également par le niveau de langue utilisé : familier (« la flotte ») ; courant (« l’eau ») ; soutenu (« l’onde »). Le portrait d’un personnage peut prendre des formes très différentes. Il peut être : argumentatif ; positif ou négatif (faire l’éloge ou le blâme d’un personnage) ; narratif et informer sur le héros ; descriptif pour dévoiler les conditions de vie rudes ou aisées ; imaginaire et poétique, dans l’évocation d’un personnage rêvé ; réaliste. Le portrait a toujours un objectif et une fonction. Il indique les intentions de l’auteur et est indispensable pour bien comprendre le récit dans lequel il évolue.

Les paroles de personnages au théâtre. Le dialogue théâtral n’est fait que de didascalies et de répliques. Les didascalies. Ce sont les indications données avec la pièce. Elles sont destinées au lecteur ou au metteur en scène mais disparaissent à la représentation. Il s’agit du titre de la pièce, du genre théâtral (comédie, tragédie…), des repères des actes et des scènes (Acte I, scène 2), des noms des personnages (Lisette, Orgon…), des informations concernant le décor, les jeux de scène… Les répliques. Ce sont les paroles prononcées par les personnages/acteurs. La communication théâtrale se caractérise par une double énonciation : les personnages se parlent mais leurs propos s’adressent ainsi indirectement au public. On a toujours un double destinataire : un personnage, le public. Les différentes formes de répliques : le dialogue. Échange de paroles entre deux personnages ou plus. Il sert à préciser le caractère des personnages, et les relations entre eux : maîtres/valets, père/fille… Les registres de langue et le ton sont révélateurs de l’état d’esprit, des sentiments… Le monologue. Le personnage parle à voix haute, seul sur scène. On repère le monologue grâce à la didascalie « seul » ou parce qu’un seul nom figure en tête de la scène. Ce procédé où un seul personnage s’adresse à lui-même permet d’informer les spectateurs des pensées, des sentiments, des intentions du personnage. Il marque un moment de délibération. La tirade. Longue prise de parole par un personnage. Elle correspond généralement au récit d’un événement non représenté sur scène ou transmet des sentiments complexes du personnage. L’aparté. Un personnage parle aux spectateurs en s’efforçant de ne pas être entendu par les autres personnages. Ce type de réplique est généralement assez court. Il permet de traduire les ruses, les intentions secrètes. On repère l’aparté grâce aux didascalies « à part », « doucement », « bas », « en chuchotant »… Il crée un effet de connivence avec le public.

           

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE :

LANDAT Jean-Claude, Objectif Bac Pro, Toutes les matières, 2nde, Paris, Hachette Éducation, mai 2017.

1 cours de francais de première professionnelle (mai 2017)

PREMIÈRE PROFESSIONNELLE – FRANCAIS

     

DU COTÉ DE L’IMAGINAIRE

     

LE SURRÉALISME

Définition. Le surréalisme. C’est un mouvement intellectuel et révolutionnaire d’écrivains et d’artistes, né à la fin de la Première Guerre mondiale et qui se développe entre les deux guerres. Ce courant littéraire se réclame de Sade, Rimbaud, Mallarmé, Apollinaire et Lautréamont, l’auteur des Chants de Maldoror (1868-1870). Il s’oppose à toute forme d’ordre moral et social et a pour particularité de faire appel avant tout au rêve, à l’imaginaire, à la folie et à l’inconscient de chacun… André Breton. Dans le premier Manifeste du Surréalisme, publié en 1924, André Breton, définit ce qui allait être le processus de production de la plupart des œuvres littéraires et plastiques. Il propose de faire de l’inconscient le nouveau matériau du créateur. Ce matériaux appelle une nouvelle méthode de travail : le rêve à l’état de sommeil ou à l’état de veille ; la parole sous hypnose, ou encore le fantastique ; le bizarre, l’étrange et l’inattendu.

Les surréalistes. Les deux grandes techniques surréalistes. Ce sont l’écriture automatique et le compte rendu de rêve. Elles font surgir les hasards et donnent naissance à des expressions inattendues. Les tableaux surréalistes. Ils ont pour but de faire réfléchir sur l’inconscient et le rêve. Dali (1904-1989) est un des artistes les plus caractéristiques du surréalisme. Un tableau surréaliste est une toile généralement figurative traduisant un rêve de son auteur.

     

LE REGISTRE FANTASTIQUE

Définition. Tout le fantastique repose sur l’hésitation entre une explication naturelle et une explication surnaturelle des événements du récit. C’est le récit d’une peur dont Maupassant a écrit qu’elle est « quelque chose d’effroyable, une sensation atroce, comme une décomposition de l’âme, un spasme affreux de la pensée et du cœur, dont le souvenir seul donne des frissons d’angoisse. » (La Peur, 1882).

Les éléments récurrents du fantastique. Les thèmes du fantastique à partir desquels les récits sont souvent construits sont : le pacte avec le diable ; l’âme qui a besoin pour son repos qu’une action précise soit accomplie ; le spectre condamné à une course éternelle ; la mort apparaissant au milieu des vivants ; l’élément indéfinissable et invisible qui pèse, nuit ou tue ; les vampires qui sucent le sang des vivants pour s’assurer une éternelle jeunesse ; la statut, l’armure… qui s’animent soudain de façon indépendante ; la malédiction d’un sorcier ; la femme-fantôme qui apparaît de l’au-delà, séductrice et mortelle ; l’inversion du rêve et de la réalité ; un endroit (chambre, maison, rue…) effacé de l’espace ; l’arrêt ou la répétition du temps. Les objets qui favorisent l’apparition du fantastique sont : le miroir qui renvoie une image déformée ou absente ; le tableau : portrait qui s’anime, qui vieillit ; les ciseaux, les photos, les tombeaux… Les apparitions mises à contribution dans le fantastique sont le diable, le fantôme, les animaux fabuleux, les vampires.

Scénario traditionnel du fantastique. Il se développe, avec des variantes, en six étapes successives. Cette organisation n’est pas systématique dans chaque récit fantastique. L’introduction. Présentation du pourquoi et du comment le narrateur (narrateur héro) est amené à raconter son aventure. L’avertissement. Début de l’action avec un événement qui devrait conduire à arrêter ce qu’entreprend le narrateur. La transgression. Le narrateur poursuit son action malgré l’avertissement. L’aventure. Le narrateur est de plus en plus intrigué par des faits étranges qui se multiplient et deviennent de plus en plus forts. La peur. Elle s’empare du héros et devient oppressante. La conclusion. C’est la fin de l’événement fantastique qui peut être le retour à une réalité normale, une malédiction du héros ou sa mort…

Quelques auteurs du registre fantastique. Le registre fantastique fait son apparition dans les années 1830. Le fantastique se distingue du merveilleux en ce sens que le merveilleux (les contes de fées par exemple) accepte d’emblée l’idée que les éléments « d’irréalité » s’inscrivent dans un monde qui est différent de celui du lecteur : animaux qui parlent, pouvoirs magiques (il était une fois un roi et une reine…). Le fantastique se distingue de la science-fiction qui veut mettre en place un monde nouveau à partir d’hypothèses scientifiques.

      

COMPARAISON ET MÉTAPHORE

La comparaison. La comparaison associe, par un point commun, deux éléments appelés comparé et comparant. Ces deux éléments sont unis par un mot de comparaison.

La métaphore. La métaphore est une comparaison qui n’a pas de mot de comparaison. Elle peut contenir à la fois le comparé et le comparant. Il s’agit alors d’une métaphore annoncée. Elle peut aussi ne contenir que le comparant. C’est alors une métaphore directe. Comparaison et métaphore enrichissent le texte. En associant deux réalités, l’auteur développe l’imaginaire du lecteur, d’où leur utilisation dans la littérature, mais aussi dans le langage de la vie quotidienne.

    

LES PHILOSOPHES DES LUMIÈRES ET LE COMBAT CONTRE L’INJUSTICE

    

Le XVIIIe siècle est une période de mouvement qui aboutit à une crise violente : la Révolution française. Elle anéantit un système politique (la monarchie) et social pour instaurer un ordre nouveau : la démocratie.

     

LA LITTÉRATURE DES LUMIÈRES

La littérature du XVIIIe siècle est un bouillonnement d’idées le plus souvent militant et lié aux revendications. Le XVIIIe siècle est le siècle des idées : confiance dans la raison humaine, foi optimiste dans le progrès, esprit philosophique qui se fonde sur l’humanisme.

L’Encyclopédie est une grande œuvre destinée à diffuser « Les Lumières », à combattre l’intolérance, le despotisme et à promouvoir le bonheur de l’humanité. Cet appétit de savoir, cette soif de liberté, ce goût pour le progrès se retrouvent dans tous les domaines de la connaissance : la philosophie, les arts, les sciences, la politique… C’est un renouveau intellectuel dont les fers de lance ont été Diderot, Voltaire, Rousseau, Montesquieu… Ils ont réalisé L’Encyclopédie et, s’ils n’ont pas fait la Révolution, ils en ont conçu le discours. Les Lumières, c’est la victoire de la raison sur la foi, de la bourgeoisie sur la noblesse et le clergé.

La diffusion des Lumières. Les progrès de l’alphabétisation et de la lecture permettent de développer les débats intellectuels et politiques en dépassant le cercle de l’administration et des élites, pour impliquer progressivement des secteurs plus larges de la société.

Les salons et les cafés. Dans les cafés (Café Procope à Paris), les intellectuels (critiques, poètes…) discutent avec passion des dernières pièces de théâtre, ou des derniers livres sortis. Ils veulent se faire voir, satisfaire leur soif de savoir et exprimer leur vision du monde en confrontant leurs idées.

Les salons mondains. Les grandes dames reçoivent artistes, savants et philosophes. Chacune a son jour, sa spécialité et ses invités.

Les valeurs des Lumières. Elles reposent sur la tolérance, la liberté, l’égalité et débouchent en Amérique, en Angleterre et en France sur de nouveaux droits et une séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

Le philosophe est « un honnête homme qui agit en tout par raison » (L’Encyclopédie). Il prône une échelle des valeurs en défendant les droits de l’humanité face au despotisme. Son but est de sortir le peuple de l’ignorance par une diffusion très large du savoir. Le philosophe intervient dans la société pour guider les consciences.

     

LES COMBATS DES LUMIÈRES

Diderot : L’Encyclopédie. Diderot consacre plus de vingt de sa vie à la publication de L’Encyclopédie, énorme dictionnaire de 28 volumes de textes et de 11 volumes d’illustrations consacrés à toutes les formes de la connaissance et des sciences. Tous les écrivains et les savants du siècle participent à la rédaction des articles de L’Encyclopédie, dont la publication s’étend de 1751 à 1772. Accusé de propager des idées dangereuses, Diderot est emprisonné pendant plusieurs mois.

Voltaire : L’affaire Calas. L’affaire Calas est une affaire judiciaire qui eut lieu à Toulouse au milieu du XVIIIe siècle et qui a été rendue célèbre par l’intervention de Voltaire. Le calviniste Jean Calas, en 1761, est injustement accusé d’avoir étranglé son fils pour l’empêcher de se convertir au catholicisme. Après un simulacre de procès, il est condamné à mort puis exécuté. Voltaire intervient et réussit à faire réviser le procès. Calas est alors déclaré innocent et sa mémoire est réhabilitée. Afin de parvenir à la révision du procès, Voltaire publie, en 1763, l’ouvrage Traité sur la tolérance.

L’affaire Sirven. Pierre-Paul Sirven et son épouse, protestants, sont injustement accusés d’avoir assassiné leur fille pour l’empêcher de se convertir au catholicisme. Après s’être enfuis, ils sont jugés et condamnés à mort par contumace le 29 mars 1764. Mais en 1771, Voltaire les défend et ils sont innocentés.

Le procès du chevalier de La Barre, réflexion sur la liberté de conscience. Un juge d’Abbeville apprend que le chevalier de La Barre – son ennemi personnel – est passé devant une procession sans se découvrir. Il confond cette impiété avec un sacrilège (mutilation d’un crucifix) dont il accuse sans preuve le jeune chevalier. Le 28 février 1766, La Barre est condamné à faire amende honorable, à avoir la langue coupée, à être décapité, puis brûlé. La sentence est exécutée le 1er juillet. Voltaire écrit alors une Relation de la mort du chevalier de La Barre à Monsieur le Marquis de Beccaria. Voltaire ne réussira pas à faire réviser ce jugement : la réhabilitation du chevalier de La Barre, réclamée dans ses cahiers de doléances par la noblesse de Paris, sera prononcée par la Convention.

      

L’ARGUMENTATION DIRECTE

Qu’est-ce qu’argumenter ? Argumenter consiste, à propos d’un sujet (un thème), à soutenir un point de vue (une thèse) destiné à convaincre soit pour modifier une opinion, soit pour inciter à agir. Argumenter, c’est justifier une opinion que l’on veut faire partager. Une question (ou problématique) est formulée à propos du thème. La thèse est la réponse à la problématique. C’est une prise de position tranchée ou nuancée. Argumenter, c’est aussi élaborer une stratégie efficace pour : faire connaître sa position ; la faire admettre en contredisant une position différente ou contraire. Pour convaincre, il faut utiliser des arguments, c’est-à-dire des preuves. Ces arguments sont présentés de manière ordonnée dans le cadre d’un raisonnement qui suit un plan, une progression. Ces arguments sont eux-mêmes illustrés par des exemples. Ils sont reliés entre eux par des connecteurs logiques qui indiquent des rapports de cause, de conséquence, de concession, d’opposition, de but… Ils s’inscrivent dans une stratégie argumentative : développer ou réfuter une thèse, concéder, débattre. Une stratégie argumentative peut varier, le locuteur peut choisir : de défendre sa propre thèse et de passer sous silence celle de ses adversaires ; de réfuter la thèse adverse ; de se montrer conciliant en concédant quelques éléments de la thèse adverse. Il faut utiliser un champ lexical du juste, de l’injuste, du tolérable, de l’intolérable, de la morale, du droit, de l’engagement… ; recourir à un vocabulaire partagé avec l’auditoire. Le dialogue d’idées permet de confronter des points de vue. Dans un dialogue s’opposent des idées et : des valeurs morales (le bien/le mal, le juste/l’injuste, le sincérité/le mensonge…) ou sociologiques (le convenable/le choquant) ; des valeurs esthétiques (le beau/le laid, l’attirant/le repoussant, l’exposé/le caché, l’admissible/le provoquant…) ; des valeurs intellectuelles (le vrai/le faux, l’ordre/le chaos, le logique/l’absurde, le réel/la fiction…) ; des valeurs pratiques (l’utile/le futile, le rentable/le superflu, le payant/le gratuit…).

L’argumentation indirecte. On distingue l’argumentation directe (explicite) et l’argumentation indirecte (implicite). Dans l’argumentation directe, le discours est pris en charge par l’auteur. La fable. C’est un court récit, en prose ou en vers, dont on tire une instruction morale. Elle désigne un récit pédagogique à des fins morales, mais aussi politiques ou religieuses. Le récit d’une anecdote met en scène des animaux ou des végétaux, à caractère anthropomorphique (qui attribue à un être ou une chose des caractéristiques humaines). Il illustre des leçons de sagesse pratique. La morale peut être explicitement formulée. Le récit, sorte de mini conte, suit souvent le schéma narratif du genre : situation initiale, perturbation par un événement déclenchant une mise en route ; péripéties, situation finale qui permet de tirer une leçon. Le conte. Le conte merveilleux a d’abord été un genre oral. Il commence souvent par « Il était une fois ». Il prône des valeurs sociales ou morales qui s’ordonnent autour du bien et du mal, du diable et du Bon Dieu. Le conte peut aussi avoir une fonction initiatique : Le Petit Chaperon rouge met en garde les enfants contre le fait de parler à des inconnus. Le conte philosophique doit sa notoriété à Voltaire : un héros, une quête, des obstacles, des éléments merveilleux ou exotiques. Mais il est également philosophique, car il suscite la réflexion : critique de la religion, du pouvoir absolu, de la politique, de la morale traditionnelle, promotion de la science et de la raison… Le sous-titre du conte oriente le lecteur sur le thème traité : Zadig ou la destinée, Candide ou l’optimisme… Le conte philosophique se situe donc dans l’implicite, l’argumentation indirecte : c’est un « ouvrage qui dit plus qu’il ne semble dire » (Voltaire, Zadig, 1747). La parabole. C’est une courte histoire qui illustre une morale, une doctrine ou un enseignement religieux. Le Nouveau Testament en contient un très grand nombre. L’ironie. L’ironie est une forme d’argumentation indirecte qui cherche à obtenir l’adhésion de l’interlocuteur par un appel à son intelligence. L’ironie désigne une attitude d’esprit qui consiste à faire comprendre à son interlocuteur quelque chose que l’on ne dit pas explicitement. Elle donne pour vraie une idée fausse. Cela implique une lecture au second degré de la part de l’interlocuteur qui doit comprendre autre chose que ce qui est dit. Quelques formes d’expression de l’ironie : l’euphémisme atténue une réalité brutale par une expression plus douce. La litote consiste à dire moins pour faire entendre plus. L’antiphrase est utilisée pour dire le contraire de ce que l’on veut laisser entendre. La périphrase consiste à remplacer un terme par sa définition, sa description, ses attributs, ses qualités. L’hyperbole consiste à augmenter ou à diminuer de façon excessive la réalité des choses. Elle peut être ironique. L’ironie peut faire sourire, suggère plus qu’elle n’exprime. Elle est une complicité entre esprits. L’ironie du sort consiste en des coïncidences étranges. Pour analyser l’ironie dans un texte, il faut identifier : les marques du discours valorisant (celui de l’autre) ; celles, éventuellement, du discours dévalorisant (celui de l’auteur) ; la cible visée (qui est l’autre visé par le discours ?) ; les intentions de l’auteur ; les raisons pour lesquelles il dévalorise le discours de l’autre.

     

L’HOMME FACE AUX AVANCÉES SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES

     

LE RÉCIT D’ANTICIPATION

Origine. Le récit d’anticipation naît de la rencontre entre les traditions du voyage imaginaire, de l’utopie et des romans d’aventures. De la Terre à la Lune de Jules Verne publié en 1865 est un récit où la science est l’élément central avec ses conséquences sociales et psychologiques. Genre. L’anticipation correspond à un genre lié à la science-fiction. Ce genre regroupe des œuvres dont l’action se déroule dans un futur proche ou hypothétique. L’auteur imagine comment sera le monde quelques dizaines d’années plus tard. Différence avec la science-fiction. « Anticipation » n’est pas synonyme de science-fiction. Par exemple, E.T. l’extra-terrestre de Steven Spielberg est un film de science-fiction, car il met en scène un personnage d’extraterrestre. Ce n’est pas un film d’anticipation, car rien n’indique que l’action se déroule dans le futur.

     

LA SCIENCE-FICTION

Définition. La science-fiction est un genre narratif qui anticipe les progrès des sciences et des techniques pour dresser un tableau du monde futur. Elle part du principe que d’autres mondes existent dans d’autres systèmes solaires. Les récits se donnent pour cadre des planètes inconnues et mettent en scène des personnages d’extra-terrestres, de mondes parallèles. Pour cela, elle part des connaissances scientifiques, technologiques et ethnologiques du moment. Vocabulaire et thèmes. Ils appartiennent à une culture familière au lecteur, ce qui lui permet de s’y reconnaître. Le lecteur doit reconstruire un monde imaginaire à partir de connaissances qui ne relèvent ni du merveilleux ni du religieux, mais de théories ou d’hypothèses scientifiques. La conquête du temps est un thème parallèle à celui de la conquête de l’espace. Le vocabulaire de la science-fiction utilise de nombreux néologismes. Le monde représenté n’est pas connu : les lieux, les personnages, les phénomènes mettent en place un monde de référence imaginaire cohérent. Le narrateur peut être un extra-terrestre et le récit propose alors une vision du monde originale. Genres proches. La science-fiction se distingue du fantastique, qui inclut une dimension inexplicable, et de la fantasy, qui s’inscrit dans des mondes magiques.

     

L’UTOPIE

Définition. « Utopie » est formé du mot grec topos qui signifie « lieu » et du préfixe « u » qui peut avoir deux origines : le préfixe privatif « ou », dans ce cas « utopie » désigne un lieu qui n’existe pas ; le préfixe « eu », « utopie » signifie alors un lieu heureux. Ces deux sens permettent de définir l’utopie comme un monde idéal, heureux et qui n’existe pas. L’utopie est la représentation d’une société idéale et sans défaut. Une fonction critique. L’auteur bouscule la perception du monde du lecteur. Il provoque la rêverie et suscite la réflexion sur ce que notre société pourrait être. C’est un idéal qui n’a aucune chance de s’incarner, mais il invite à réfléchir. Son action se situe dans un lieu clos isolé du monde : une île ou un lieu inaccessible (par exemple les montagnes om se cache l’Eldorado de Candide). Ce lieu fermé permet de mettre en scène un monde autonome qui est privé du contact avec le monde du lecteur. Il développe sa propre organisation, ses valeurs et ses règles. C’est un monde qui imite le monde réel, mais réinvente ses règles de fonctionnement. L’utopie présente un double aspect : celui d’un monde meilleur dans lequel le lecteur ressent la critique de son propre monde. Sa fonction est donc critique. C’est Thomas More qui fonde le genre, avec en 1516, Utopia. Humanisme. Du XVIe au XVIIIe siècle, Rabelais, Montesquieu et Voltaire démontrent qu’une organisation sociale autre, plus humaniste, est possible. L’utopie a donc permis une réflexion philosophique et politique. La contre-utopie. C’est un récit qui, au lieu de montrer un monde parfait, propose le pire qui soit. Au XXe siècle, des auteurs comme Orwell (1984) et Huxley font passer l’utopie dans la contre-utopie. Le lieu clos devient l’ensemble de la planète. Le monde passe sous la domination des totalitarismes : un petit groupe d’hommes impose sa loi tyrannique à la masse ; des principes sont appliqués sans discernement, jusqu’à l’absurde, jusqu’à priver l’individu de toute liberté. Les univers créés refusent la différence, l’individualité humaine. La contre-utopie a donc des visées critiques.

      

IDENTIFIER LES IDÉES ESSENTIELLES D’UN TEXTE

Bien comprendre un texte suppose une lecture attentive qui peut se faire en trois temps : une lecture attentive globale ; une analyse du déroulement du texte ; une mise en évidence de l’essentiel.

Une lecture attentive globale. Une lecture attentive globale est une lecture linéaire (au fil du texte) et sélective (avec une recherche spécifique). Elle suit plusieurs étapes : lire intégralement le texte et son paratexte (date de publication, nom de l’auteur, titre, œuvre de laquelle il est extrait, éventuellement le « chapeau » donnant des informations qui facilitent la compréhension…) ; lire attentivement : le manque de concentration est la principale source d’incompréhension ou de compréhension partielle. Bilan de lecture : de quoi parle-t-on ? Comment l’auteur parle-t-il ? Quel ton est dominant ? Quel vocabulaire est utilisé ? Quelle est l’organisation des idées ? Quelle semble être l’intention générale de l’auteur : convaincre ? Expliquer ?

L’analyse du déroulement du texte. L’analyse du déroulement du texte est une lecture analytique, il faut : distinguer les étapes du texte : repérer les principales articulations logiques, tracer une ligne à la fin d’un passage présentant une unité de sens, signaler un changement dans le système d’énonciation, l’apparition d’un nouveau point de vue… ; élucider les mots inconnus à l’aide d’un dictionnaire ; faire le schéma du texte : hiérarchiser les idées, faire apparaître les rapports de cause à effet, d’opposition…

La mise en évidence de l’essentiel. Retrouver, étape par étape, chaque idée essentielle en soulignant les mots ou expression qui la mettent en évidence. Mettre entre crochets ce qui est secondaire et ne doit pas être retenu. Schématiser chaque étape en s’appuyant sur les mots connecteurs.

Procédés de la généralisation, de la condensation. La généralisation. Cela consiste à étendre, à un ensemble de cas, des caractéristiques qui n’ont été observées que sur un petit nombre. Une généralisation relève ainsi de l’induction qui va du particulier au général. À l’inverse, le raisonnement déductif va du général au particulier. La condensation. En communication, la condensation consiste à être concis dans son expression. Elle est la qualité essentielle pour rédiger le résumé d’un texte. Être concis, c’est obtenir le même résultat informatif en moins de mots. Toutefois, il ne faut pas confondre, concision et imprécision. Les synonymes de condenser sont : abréger, réduire, résumer, schématiser. Les modalités de la concision. La suppression : supprimer les exemples, les citations. Supprimer les digressions. Les digressions consistent à s’éloigner du sujet principal pour développer une opinion parallèle ou raconter une histoire annexe. Supprimer les redites, les reprises, les périphrases, les pléonasmes, les répétitions… L’intégration consiste à choisir un terme unique qui sera l’équivalent d’un ensemble de termes inscrits dans une énumération, une série d’exemples, des redites. Passer de l’énumération au terme générique. Reprendre les termes d’un champ lexical par leur hyperonyme (terme englobant). Réduire un paragraphe ou un ensemble de phrases à une seule phrase complexe. Remplacer le développement d’une relation logique par un seul verbe. Nominaliser : remplacer une phrase verbale par un groupe nominal. Préférer le signe de ponctuation à l’expression de la relation logique.

Reformuler le point de vue de l’autre. Reformuler. Ce n’est pas répéter mais redire, avec des mots différents, ce que l’autre a dit, sans déformer sa pensée. Une bonne reformulation est fidèle, objective, précise, claire et simple. La reformulation peut pétré introduite par : selon vous, vous voulez dire que, à votre avis, si j’ai bien compris, en d’autres termes, vous êtes en train de nous dire… Faire reformuler. Il arrive que l’on doive faire reformuler celui qui parle pour : faire développer ou préciser un élément, vérifier que l’on a bien compris ; connaître le sens d’un mot ; faire clarifier ce qui est confus. Pour reformuler correctement, il faut être concis et bien écouter pour bien comprendre. La concision. Être concis, c’est être bref et précis. Un style concis est un style qui dit ce qu’il faut dire en peu de mots. L’écoute. Écouter, c’est : avoir l’esprit disponible et ouvert à toutes les idées ; s’abstenir de parler ; renoncer à penser à ce que l’on va répondre ; renoncer à interrompre son interlocuteur ; ne pas interpréter en fonction de ce que l’on pense, mais en fonction de ce que l’autre pense ; retenir ce qui a été dit et pensé par l’autre. L’écoute est d’autant plus importante que ce qui est dit n’est pas forcément ce qui est entendu. Critères d’évaluation d’une bonne reformulation. Des éléments ont-ils été oubliés ? Des éléments nouveaux ont-ils été ajoutés ? La reformulation contient-elle des contre-sens, témoignant ainsi d’un manque de compréhension ? L’auteur « reformulé » reconnaît-il ses idées ? Le « reformulateur » n’a-t-il pas confondu ses propres idées et celles de l’auteur ?

      

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE :

LANDAT Jean-Claude, Objectif Bac Pro Commerce, Toutes les matières, 1re et Terminale, Paris, Hachette Éducation, mai 2017.

1 cours de francais de terminale professionnelle (mai 2017)

TERMINALE PROFESSIONNELLE - FRANCAIS

 

IDENTITÉ ET DIVERSITÉ

 

Les deux notions, identité et diversité, invitent à réfléchir aux valeurs, aux esthétiques, aux sensibilités individuelles et collectives, d’ici ou d’ailleurs, de les confronter et de se forger un point de vue personnel à partir de la lecture d’œuvres du XXe siècle. Elles posent la question du rapport à autrui, du singulier et de l’universel.

     

LA LITTÉRATURE COLONIALE

Vision du monde colonial. La littérature coloniale réunit les œuvres relatives aux colonies européennes aux XIXe et XXe siècles. Écrite par des acteurs ou des témoins, elle fait apparaître quelle a été la vision du monde colonial. Cette vision, diversifiée, est empreinte de contradictions et d’interrogations sur le bien-fondé de l’entreprise coloniale et ses méthodes. On y retrouve le débat opposant assimilation et association. Exotisme. Les thèmes de l’aventure et de l’évasion exotiques interfèrent avec les cultures indigènes. Les lecteurs sont à la recherche de rêves et de dépaysement. Ils souhaitent découvrir de nouvelles civilisations. Une meilleure connaissance des peuples remet ainsi en question une certaine idée de la supposée supériorité occidentale. Cultures identitaires. Les littératures acadienne, antillaise, beur, québécoise, maghrébine, vietnamienne… ont fait apparaître les notions d’hybridité, de métissage, de créolité, de migrance… qui incitent à réfléchir sur la culture et l’identité.

     

LES RÉCITS DE VOYAGE

Écrire… Le récit de voyage raconte le déplacement d’un endroit vers un autre, un lieu à découvrir, un départ et souvent un retour. Pour en garder le souvenir, on en fait le récit, on en montre des photos, des dessins… L’écriture de ce voyage permet aux lecteurs de découvrir les impressions ressenties. Elle invite à l’évasion. … et partager. Un écrivain voyageur fonde son œuvre sur une expérience personnelle du voyage. À travers le roman, la poésie et l’essai, il donne à voir à son lecteur son aventure personnelle qui prend alors une dimension universelle.

    

LES RÉCITS AUTOBIOGRAPHIQUES

Le biographique est un genre littéraire complexe qui se présente sous différentes formes. La biographie. C’est le récit de la vie d’une personne pour laquelle un auteur s’est documenté. Le biographe doit être soucieux de la vérité historique. Son travail repose sur la citation de témoins, la datation des documents, la comparaison des différentes sources et des versions d’un même fait. Il doit s’efforcer de porter un regard objectif sur son « personnage ». L’autobiographie. C’est un récit rétrospectif dans lequel le narrateur rapporte ses souvenirs à la première personne (« je »). L’auteur, le narrateur et le personnage sont une seule et même personne. L’auteur, adulte, porte un regard sur l’enfant qu’il était et sur son passé en général. Quelques textes autobiographiques : Rousseau (1712-1778), Les Confessions (1782-1789) ; Chateaubriand (1768-1848), Mémoires d’Outre-Tombe (1848) ; Simone de Beauvoir (1908-1986), Mémoires d’une jeune fille rangée (1958) ; Sartre (1905-1980), Les Mots (1964) ; Malraux (1901-1976), Antimémoires (1967) ; Sarraute (1900-1999), Enfance (1983). Les mémoires. Ce sont des œuvres littéraires ou historiques ayant pour objet le récit d’événements dont le narrateur a été le témoin ou auxquels il a participé. Le journal intime. C’est le récit des événements marquants de sa propre vie au jour le jour.

     

LA PHRASE COMPLEXE

Phrase simple et phrase complexe. Une phrase simple est composée d’un verbe, de son sujet et quelquefois de ses compléments. C’est une proposition indépendante. Les propositions indépendantes peuvent être : juxtaposées : séparées par une virgule ou un point virgule ; coordonnées : reliées par des adverbes de liaison ou des conjonctions de coordination (et, ou, ni, mais, or, car, donc).

Les propositions subordonnées. Une phrase complexe est composée d’une proposition principale et d’une ou plusieurs propositions subordonnées. Les propositions subordonnées relatives. Elles sont introduites par un pronom relatif : qui, que, quoi, dont, où, quel et ses composés (lequel, duquel, auquel…). Les propositions subordonnées complétives par « que » (complément d’objet de verbes de paroles, de sentiments ou de pensées). Introduites par « que », elles se substituent à des paroles mises entre guillemets. Les propositions subordonnées conjonctives compléments circonstanciels. On en compte sept, ce sont les compléments circonstanciels de temps, cause, but, conséquence, concession, condition et comparaison. Elles sont introduites par une conjonction de subordination. La phrase complexe peut traduire des rapports : temporels ou logiques ; entre l’information principale et l’information secondaire ; entre une thèse, ses arguments, ses exemples.

     

LA MODALISATION DU JUGEMENT, LES VALEURS DE « JE »

« Je » est un pronom personnel sujet mis pour un nom. Il désigne celui qui parle. Il est identifiable par la situation d’énonciation : qui parle ?

« Je » et « tu ». « Je » s’oppose à « tu » qui désigne la personne à qui l’on parle.

« Je » et « moi ». « Je » est sujet du verbe mais « me » ou « moi » sont compléments. En philosophie, « je » et « moi » sont opposés. Le « je » serait l’expression de la conscience superficielle et le « moi » serait l’âme profonde.

« Je » et « nous ». « Je » peut être inclus dans « nous » et dans « on ». Il est alors associé à d’autres personnes. Le « nous » de majesté est un « nous » mis pour « je » dans les déclarations de personnages détenant une autorité, ou un auteur d’ouvrages scientifiques.

« Je » dans les récits autobiographiques. Dans toute autobiographie « je » désigne l’enfant que l’auteur était. Mais il désigne aussi le narrateur, adulte, qui donne une image personnelle de l’enfant qu’il se souvient avoir été. Ainsi, « je » désigne tantôt l’enfant, tantôt l’adulte qui revit la scène en l’écrivant. On peut donc mesurer le degré de subjectivité dans l’utilisation de « je ». À la lecture d’un texte autobiographique, il faut clairement savoir qui parle : le narrateur qui porte sur son passé un regard rétrospectif ; ou le héros, l’enfant dont l’avenir lui est inconnu.

     

LEXIQUE

Hybride : croisement de deux espèces différentes. Au sens figuré, le mot désigne ce qui est composé d’éléments disparates.

Métissage : mélange de deux éléments distincts, de plusieurs origines. Un métis est né de parents d’ethnies différentes. Une musique métisse naît de plusieurs cultures. Ainsi le jazz est né chez les esclaves noirs déportés de l’Afrique aux Etats-Unis.

Créole : adjectif qui qualifie des personnes nées dans les anciennes colonies (les Antilles, la Réunion, la Guyane…).

Migrant : personne qui quitte son pays d’origine pour s’installer durablement dans un pays dont elle n’a pas la nationalité.

Négritude : courant littéraire et politique visant à affirmer et à revendiquer l’identité noire et sa culture. Terme inventé par Aimé Césaire.

L’auteur d’une autobiographie est le plus souvent un personnage public (Chateaubriand, De Gaulle, Malraux).

   

AU XXe SIÈCLE, L’HOMME ET SON RAPPORT AU MONDE À TRAVERS LA LITTÉRATURE ET LES AUTRES ARTS

     

MYTHES ET FIGURES MYTHIQUES

Un récit explicatif. Un mythe est un récit explicatif qui fonde une pratique sociale. À l’origine, il est transmis par tradition orale. Il suggère une explication du monde. C’est le récit d’une création : on raconte comment quelque chose a commencé à être. Ainsi, le mythe d’Œdipe est un récit qui fait réfléchir sur le désir, la conscience humaine, la mort. Quand Œdipe répond à l’énigme du Sphinx : « Qu’est-ce qui a quatre pattes le matin, deux pattes à midi et trois pattes le soir ? », c’est l’histoire de l’homme, de son enfance à la vieillesse, qui est suggérée. Les figures mythiques. Tels sont les personnages qui incarnent les mythes : Œdipe, Caïn, l’ogre… Des figures historiques sont devenues des figures mythiques : Jeanne d’Arc, Louis XIV, Napoléon… Mythique ! le passage du domaine de la réalité à celui du mythe s’effectue par une sublimation qui fait du personnage une légende en marquant une rupture avec la temporalité. Il en est de même aujourd’hui pour quiconque se fait remarquer pour la réalisation d’actions hors du commun, comme Zinedine Zidane. La mythologie est une grande source d’inspiration pour la littérature et les arts.

     

LES PROCÉDÉS DE LA PERSUASION

La persuasion. Impressionner. Persuader, c’est faire appel aux sentiments ou aux émotions du destinataire. Pour toucher son destinataire, le locuteur doit s’efforcer de comprendre son système de valeurs. Il s’appuie sur des références culturelles communes qui permettent une complicité propice à l’adhésion : jeux de mots, trait d’esprit, allusions… Le discours transmet des émotions fortes, impressionne le destinataire en agissant sur sa sensibilité. Il provoque un phénomène d’identification. Amplifier. Le locuteur s’implique fortement dans son énoncé. Il amplifie ses jugements en utilisant des termes mélioratifs ou péjoratifs, des adverbes d’intensité, des images qui heurtent ou font rêver. Il s’efforce de susciter la joie, la peur, la tristesse, la colère… Pour persuader, il faut jouer sur les émotions fortes : l’indignation, l’enthousiasme, la pitié, la révolte…

Les procédés d’écriture. Pour convaincre, le locuteur peut recourir : au champ lexical des émotions : la douleur, la joie, la plainte… ; à un vocabulaire accessible à l’auditoire, en tenant compte de l’âge, du niveau scolaire et du niveau social ; à des figures d’insistance (répétition, anaphore, gradation, pléonasme) et des figures d’opposition (antithèse, oxymore) ; aux exclamations et interrogations qui expriment l’affectivité. Tous ces procédés peuvent contribuer à manipuler son auditoire.

     

SYMBOLE ET ALLÉGORIE

Allégorie. L’allégorie est une figure de style qui consiste à représenter de façon imagée, en la matérialisant, une idée abstraite. C’est la représentation concrète d’une idée abstraite. L’allégorie permet à l’imaginaire de se développer dans les représentations. Récits allégoriques. Des récits peuvent également être allégoriques : mythes antiques, récits bibliques, paraboles de l’Évangile, fables et fabliaux (petits récits en vers d’octosyllabes), contes, romans… Leurs divers éléments possèdent un sens second, plus ou moins caché, qui renvoie à une idée et nécessite une interprétation.

Personnification, allégorie et symbole. La personnification consiste à représenter une chose inanimée sous les traits d’une personne. L’allégorie est la représentation d’une idée abstraite (le comparé) par une forme concrète le plus souvent animée (le comparant). C’est une abstraction personnifiée. Un symbole est la représentation d’une réalité qui en évoque une autre en vertu d’une correspondance implicite.

     

LA PAROLE EN SPECTACLE

Le langage théâtral. Le théâtre. Du grec theatron qui signifie « lieu où l’on regarde », le mot « théâtre » désignait l’enceinte de l’hémicycle réservé aux spectateurs. Le terme « théâtre » désigne aujourd’hui : le lieu, les œuvres, le genre littéraire. Les répliques et les didascalies. Le texte de théâtre se compose de répliques et de didascalies. Les répliques sont les paroles prononcées par les personnages. Les personnages se parlent entre eux, mais le public les entend. Il y a donc deux destinataires. C’est la double énonciation. Les didascalies représentent ce que l’auteur a écrit en dehors des répliques des personnages. On peut classer divers types de didascalies : les titres, les indications de genre (comédie, tragédie) et les découpages (acte, tableau, scène) ; la liste des personnages, leur mention en tête de chaque réplique ; les indications de lieu, de décor ; des précisions sur la manière dont parlent les personnages ; des indications sur les vêtements, les gestes, les déplacements des personnages, les entrées et sorties ; des indications sur l’éclairage ou des conseils de portée générale. Les didascalies sont écrites entre parenthèses ou en italique pour les distinguer des répliques. Au théâtre, il faut envisager ces deux aspects : les échanges entre les personnages, les répliques ; les éléments de la représentation, à la fois visuels (les gestes, les décors, les éclairages) et sonores (les intonations, les bruits, la musique…). Le langage théâtral. Il peut être divisé en trois systèmes : le langage verbal : répliques, tirades, apartés, monologues des personnages ; le langage paraverbal : expression verbale sans mots (intonation, cris, pleurs, soupirs, silence, musique…) ; le langage extraverbal : décors, accessoires, costumes, gestes, mouvements…

L’énonciation dans le texte théâtral. Le personnage narrateur. Dans une pièce de théâtre, il n’y a pas de narrateur pour raconter les faits. Ce sont les personnages qui prennent en charge l’énonciation ; leurs paroles peuvent être : le récit d’un événement survenu hors de la scène ; une action, lorsque la parole d’un personnage est immédiatement suivie d’effets ; un discours entre plusieurs personnages. La structure dialogique. La manière dont un dialogue est construit donne des informations sur la psychologie des personnages ou l’intrigue de la pièce. Les répliques peuvent : se succéder et servir à l’évolution du dialogue ou même de l’action ; s’opposer ; se répondre ou se compléter par des effets d’échos ou de symétrie. L’espace théâtral. On distingue trois types d’espace : l’espace référentiel : le lieu est fixé par l’auteur et la scène est représentée par les décors ; l’espace scénique : le lieu « physique » où jouent les acteurs. Il comprend « l’avant-scène », le « fond de la scène », le « côté jardin » (à gauche pour le spectateur) et le « côté cour » (à droite pour le spectateur) ; le « hors-scène » : le lieu d’origine ou de destination des personnages est situé dans les coulisses et peut être le lieu des crimes qu’on ne peut représenter sur scène au risque de choquer les spectateurs.

La mise en scène. La mise en scène est l’organisation par le metteur en scène, du jeu des acteurs, du choix des décors, des costumes, etc.

Les procédés de l’éloquence. Définition. Être éloquent, c’est s’exprimer avec facilité, c’est avoir le talent de « bien dire » pour capter l’attention et « séduire ». Cette aptitude permet de convaincre, persuader, influencer et émouvoir son auditoire. C’est une qualité indispensable aux hommes politiques, conférenciers, professeurs, journalistes, publicistes… pour arriver à leurs fins : être élu, vendre, enseigner. L’éloquence s’appuie sur la rhétorique. La rhétorique. La rhétorique réunit des techniques d’expression que l’on doit maîtriser pour parfaire son éloquence. C’est l’art de convaincre. Elle distingue trois genres de discours : le discours judiciaire qui consiste à débattre devant un tribunal ; le discours délibératif qui consiste à débattre, dans une assemblée, sur ce qu’il est préférable de faire ou de ne pas faire ; le discours démonstratif ou épidictique qui se manifeste surtout dans le discours officiel : mariage, décès, réception officielle… Un discours convaincant doit présenter des arguments ou des faits pertinents. Il doit : suivre un plan organisé et cohérent ; adopter un style adapté à l’auditoire ; être mémorisé pour être prononcé ou écrit de façon vivante.

     

LEXIQUE

Le mot « mythe » vient du nom grec muthos, qui signifie histoire, récit, fable.

Anaphore : répétition d’un même mot ou groupe de mots au début de plusieurs vers ou plusieurs phrases.

Antithèse : mise en rapport de deux termes opposés dans une même phrase.

Gradation : succession de plusieurs termes d’intensité croissante ou décroissante.

Oxymore : alliance par la syntaxe de deux termes incompatibles par le sens.

Pléonasme : répétition de termes ou expressions ayant le même sens.

Personnification, allégorie et symbole sont des cas particuliers de la métaphore.

Aparté : un personnage parle sans être entendu des autres personnages. Seul le public est censé l’entendre.

Dialogue : échange de paroles entre les personnages.

Monologue : un personnage, seul sur scène, parle à voix haute.

Tirade : réplique longue.

Les didascalies sont destinées au lecteur pour mieux imaginer la scène ou au metteur en scène pour monter le spectacle.

Le discours a pour enjeux d’instruire, de plaire et d’émouvoir.

    

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE :

LANDAT Jean-Claude, Objectif Bac Pro Commerce, Toutes les matières, 1re et Terminale, Paris, Hachette Éducation, mai 2017.

1 cours de francais de première professionnelle (septembre 2016)

PREMIÈRE PROFESSIONNELLE – FRANÇAIS

DU CÔTÉ DE L’IMAGINAIRE

         

LES CONTES

Les contes sont d’abord transmis oralement, puis réécrits dans le monde entier. Ils sont imaginaires car des personnages irréels (fées, sorcières, ogres, rois, etc.) agissent de manière surnaturelle et magique. Ils sont aussi liés au réel car ils évoquent des valeurs et des caractères humains.

     

LES FABLES

Les fables sont d’abord rédigées en prose sous l’Antiquité, puis réécrites poétiquement. Elles sont imaginaires car elles mettent en scène des animaux personnifiés qui se comportent comme des humains. Leurs morales, souvent explicites, vantent ou dénoncent certains aspects du monde réel.

      

LES RÉCITS FANTASTIQUES

Les histoires se déroulent dans un cadre réaliste souvent stéréotypé : la nuit, dans un château isolé avec des effets de lumière et des bruitages effrayants… Le personnage principal est souvent le narrateur. Le récit est donc énoncé à la 1re personne d’un point de vue interne. Ce narrateur/personnage est la victime de créatures surnaturelles (fantômes, animaux étranges, vampires…) qui surgissent la nuit pendant son sommeil. À son réveil, il ne sait pas si les horreurs vécues se sont réellement produites et il transmet ses doutes au lecteur.

       

LES PROCÉDÉS D’ÉCRITURE DU FANTASTIQUE

Les récits fantastiques sont souvent racontés à la 1re personne d’un point de vue interne pour impliquer le lecteur. Le sentiment d’étrangeté causé par un fait surnaturel est soudain (tout à coup…) et il précède celui de la peur. Des mots de différentes catégories grammaticales sont souvent classés du moins au plus important : peur, terreur. Des images poétiques exagérées (une sueur de mort) et des expressions toutes faites (claquer des dents) amplifient l’émotion du personnage qui exprime ses doutes sur la vraisemblance des faits.

       

LE SURRÉALISME

Ce courant artistique naît en France en réaction aux atrocités de la Première Guerre mondiale et au conformisme artistique du début du XXe siècle. L’imaginaire des artistes surréalistes donne à voir des univers étranges en lien avec leur rêves ou cauchemars. Des auteurs surréalistes (Robert Desnos, Paul Éluard) créent même sous hypnose. Surgissent alors des images poétiques insolites qui réinventent le langage. Cependant, ces œuvres témoignent aussi des fantasmes, angoisses ou désirs inconscients de chacun et des sentiments de révolte face aux atrocités du monde.

       

LES COMPARAISONS ET LES MÉTAPHORES

La comparaison et la métaphore relient deux éléments – le comparé et le comparant. Malgré leurs points communs, ceux-ci appartiennent à des domaines différents. Ce qui produit l’image : le velours (tissu) de la neige (élément naturel). Dans une comparaison, le comparé est uni au comparant par un outil de liaison (comme, pareil à, qui ressemble à…) : ses cheveux blonds comme le soleil. Dans une métaphore, le comparé (parfois absent) est directement associé au comparant : le soleil de ses cheveux.

         

LES PHILOSOPHES DES LUMIÈRES ET LE COMBAT CONTRE L’INJUSTICE

       

AUTOUR DU MOT JUSTICE

La justice représente l’institution judiciaire d’un État qui doit faire respecter la loi. Ce qui est juste est donc ce qui est légal. C’est aussi une valeur morale et politique qui porte sur l’égalité entre les individus. Ce qui est juste est donc aussi légitime et équitable.

AUTOUR DU MOT INJUSTICE

L’injustice est ce qui n’est pas conforme à la justice ; elle porte notamment sur l’inégalité entre les individus. Ce qui est injuste est par conséquent illégitime et inéquitable sur le plan moral, et peut être illégal sur le plan constitutionnel. L’injustice doit toujours être combattue comme l’ont fait au XVIIIe siècle les philosophes des Lumières.

        

LE DIALOGUE PHILOSOPHIQUE ET L’ARGUMENTATION DIRECTE

C’est un genre littéraire né sous l’Antiquité et très apprécié par les philosophes des Lumières comme Diderot au XVIIIe siècle. Il met en scène, comme au théâtre, deux interlocuteurs (fictifs ou non) qui controversent directement sur des sujets philosophiques soulevant débat. Le dialogue soumet à la réflexion du lecteur des thèses et argumentaires opposés sans apporter de réponses tranchées. C’est au lecteur de se forger sa propre opinion.

              

LES CONNECTEURS LOGIQUES ET LEURS VALEURS

Dans une argumentation directe, les connecteurs permettent d’enchaîner logiquement les arguments et de souligner la progression du raisonnement. Ils ont différentes valeurs : introduire et/ou expliquer les causes de la thèse défendue : en effet, c’est pourquoi… ; énumérer et classer différents arguments : tout d’abord, de plus, par ailleurs, enfin… ; opposer des arguments entre eux : mais, cependant, pourtant, or, alors que… ; soumettre une condition ou une hypothèse : si, à condition que, en admettant que… ; exprimer le but ou la visée des arguments : pour que, afin que, en vue de… ; formuler une concession : certes, il est vrai que… ; conclure l’argumentation : donc, finalement, en conclusion, ainsi…

             

L’ARGUMENTATION INDIRECTE

Elle repose sur l’implicite : la thèse n’est pas explicite mais est suggérée. Les fables et les contes permettent, à travers de courtes histoires imaginaires, de délivrer des leçons morales ou politiques. Le conte philosophique au XVIIIe siècle est un récit de fiction qui développe les idéaux des philosophes des Lumières.

L’ARGUMENTATION DIRECTE

Elle formule explicitement la thèse soutenue ou réfutée et la justifie à l’aide d’un argumentaire. Elle peut prendre différentes formes : essai, article de l’Encyclopédie (XVIIIe siècle), lettre, discours écrit ou oralisé… Elle exploite les procédés rhétoriques de l’éloquence pour convaincre et persuader.

       

LES ANTIPHRASES ET L’IRONIE

L’ironie consiste à exprimer le contraire de ce que l’on pense. Le message explicitement formulé est en décalage avec celui qui est sous-entendu implicitement. C’est la complicité naturelle entre l’auteur et le lecteur qui permet de comprendre un énoncé ironique. L’antiphrase est le principal procédé de l’ironie. Elle peut employer des termes élogieux : en lisant «  tout va bien », le lecteur comprend que tout va mal. L’ironie permet de dénoncer des faits, des idées, de se moquer et aussi de contourner la censure.

         

L’HOMME FACE AUX AVANCÉES SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES : ENTHOUSIASMES ET INTERROGATIONS

       

LES DOCUMENTS SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES

On les trouve dans de nombreux supports : revues spécialisées, articles de journaux, sites Internet… Ils regroupent plusieurs genres d’écrits (texte, image, schéma…) et utilisent un lexique spécialisé. Ils cherchent à informer sur les sciences et techniques et à les expliquer de façon objective, en adaptant leurs propos en fonction du public visé.

     

LES ESSAIS SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES

Ce sont des ouvrages, écrits par des spécialistes qui donnent leur opinion sur les sciences et techniques. Ils présentent souvent les conséquences des avancées scientifiques ou techniques pour les défendre et/ou les critiquer. Les arguments et les indices de subjectivité (pronoms personnels, lexique, modalisateurs) sont au service de la thèse exprimée par l’auteur.

      

LES RÉCITS D’ANTICIPATION

Popularisés au XIXe siècle, ces récits d’aventures sont situés dans un futur plus ou moins proche. Ils s’appuient sur les connaissances scientifiques et techniques de l’époque des auteurs pour les extrapoler. Ils présentent des inventions qui transforment, souvent positivement, le quotidien des hommes.

     

LES CONTRE-UTOPIES

Apparus au XXe siècle, ces récits présentent des mondes futurs prétendument « parfaits », qui se révèlent être, en réalité, des univers totalitaires, oppressant leurs citoyens. Dans ces sociétés contre-utopiques, les sciences et techniques sont utilisées comme des moyens d’asservissement des hommes.

      

LE LEXIQUE DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES

Le lexique des sciences et techniques est très utilisé dans les écrits d’information scientifique et technique, mais aussi dans les romans d’anticipation ou les récits de science-fiction. Ce lexique spécialisé, qui s’enrichit au fil des innovations, contient de nombreux néologismes – mots nouveaux -  formés de : mots dérivés (exosquelette), mots composés (bras-robot), sigles (AVC), anglicismes (mail), ou encore, pour les œuvres de fiction, de mots inventés. La fonction de ce lexique change selon le genre d’écrit pour lequel il est employé : il sert à clarifier le propos dans les écrits d’information, alors qu’il sert plutôt à rendre réaliste le récit de science-fiction et/ou à enrichir l’imaginaire des lecteurs.

      

LES RÉCITS DE SCIENCE-FICTION

Origine : ce genre littéraire, apparu au début du XXe siècle, s’est développé en lien avec les avancées scientifiques et techniques du siècle (ex. : robotisation…). Cadres spatio-temporels des récits : les actions se déroulent dans un futur plus ou moins proche et se situent sur la Terre, sur d’autres planètes, ou dans l’espace. Personnages : ils peuvent être de nature très diverse – humains, robots, extraterrestres, clones… Effets sur le lecteur : il s’agit de divertir le lecteur par une intrigue passionnante, mais aussi souvent de le faire s’interroger sur la société actuelle et son évolution possible dans le futur. Œuvres majeures du genre : L’Odyssée de l’espace d’Arthur Clarke ; Les Robots d’Isaac Asimov ; Chroniques martiennes de Ray Bradbury ; La Planète des singes de Pierre Boulle, La Nuit des temps de René Barjavel…

      

LES PROCÉDÉS DE CONDENSATION, DE GÉNÉRALISATION ET DE REFORMULATION

Quand on résume un texte, il faut respecter son plan, les idées principales et supprimer ce qui est secondaire. Pour résumer un texte, on utilise trois principaux procédés : la condensation : on réduit les phrases en substituant à un groupe nominal un pronom (les scientifiques/ils), un adjectif possessif ou démonstratif. On peut aussi remplacer une proposition subordonnée par un groupe nominal, un adjectif, un participe passé ou présent détaché par des virgules ou placé en tête de phrase (Comme ils sont manipulés/ Manipulés/ils) ; la généralisation : on emploie des termes plus généraux (cybernétique/Science) ; la reformulation : on utilise des synonymes (clones/répliques), des nominalisations (ils recherchent/Leurs recherches).

          

PREMIÈRE PROFESSIONNELLE - FICHES MÉTHODE EXAMEN

        

LES ÉLÉMENTS D’UNE ÉPREUVE D’EXAMEN EN FRANÇAIS

Le sujet fait référence à l’un des trois objets d’étude de la classe de première professionnelle. Le ou les support(s) sont soit un texte ou deux textes, soit un texte et une image (en BEP). Les compétences de lecture (sur 10) évaluent les capacités de compréhension, de mise en relation des supports (en BEP) ainsi que les connaissances littéraires et linguistiques du programme. Les compétences d’écriture (sur 10) sont évaluées par un sujet d’invention ou d’argumentation.

     

LES SUPPORTS DES ÉVALUATIONS

Les textes sont de différents genres littéraires (fiction romanesque, poème, essai…) qui se décomposent en sous-genres (roman/nouvelle/conte, poème en vers libres/fable, essai littéraire/philosophique…). Ce sont des extraits d’œuvre ou des textes intégraux. Les images sont des tableaux, des dessins, des photographies qui sont figuratifs ou abstraits (aucune représentation du réel). Leurs sujets sont des portraits, des paysages, etc. Leurs éléments dénotés (ce qu’on voit) et leurs connotations (ce qui est suggéré) aident à leur interprétation. Les sources des supports citent l’auteur, le titre et, si c’est un texte, éventuellement le recueil ainsi que la date de première parution ou de création et l’éditeur. Les registres sont liés aux courants artistiques et aux genres des œuvres : réaliste, merveilleux, fantastique, surréaliste, humoristique, didactique…

     

LA FORMULATION DES CONSIGNES DE LECTURE

Le thème des consignes est explicite. Les consignes sont sous la forme de phrases déclaratives (présentez…), de phrases interrogatives directes (comment…) ou indirectes (montrez en quoi…). Elles sont introduites par des verbes de consigne (présent de l’impératif : relevez… ; futur de l’indicatif : vous citerez…) ou des mots interrogatifs (adjectif : quel… ; pronom : comment…). Elles peuvent guider la réponse (lexique…).

     

UN EXEMPLE DE SUJET D’INVENTION : LES SUITES DE TEXTE

Les suites de texte concernent des œuvres de fiction. Elles peuvent porter sur des récits, des descriptions, des scènes théâtrales, des dialogues, des argumentations de personnages. Elles représentent un sujet d’invention car c’est l’imagination du candidat qui est sollicitée. Celui-ci doit inventer d’autres événements, personnages, lieux, dialogues… Ce sont des écrits à contraintes car il faut respecter le texte d’origine : son énonciation, sa construction narrative, ses personnages, son registre… Le texte produit doit être cohérent avec ce qui précède.

       

L’EXPRESSION ET LA JUSTIFICATION D’UNE OPINION

L’expression d’une opinion est la forme la plus simple d’argumentation. Elle traite d’un thème qui fait débat. Dans l’introduction, on énonce le thème et la question soulevés. Dans le développement, on justifie par un argumentaire, construit en deux ou trois paragraphes, la thèse que l’on soutient. Dans la conclusion, on reformule clairement la thèse défendue. Des connecteurs logiques structurent la progression du raisonnement (tout d’abord, enfin, donc…).

    

RÉPONDRE AUX QUESTIONS DE COMPRÉHENSION

Pour bien répondre à ce genre de questions, il faut : distinguer dans les consignes de lecture le ou les thèmes à traiter et les tâches à effectuer ; mobiliser ses connaissances littéraires sur l’objet d’étude ; construire le plan de la réponse en fonction des tâches à effectuer dans la question et en rendre compte par des paragraphes ; citer ou reformuler des éléments du ou des supports pour justifier les réponses.

       

LES CONNAISSANCES UTILES SUR LA LANGUE ET LE STYLE

À propos du lexique : lexique mélioratif/péjoratif ; niveaux de langue ; images poétiques ; à propos des phrases : nominales/verbales, parallélismes de construction, énumérations, liens logiques, anaphores ; à propos des registres littéraires : pathétique, comique, polémique, ironique.

     

LES RELATIONS ENTRE LES SUPPORTS

Les relations entre les supports sont fondées sur des points communs et/ou des différences. Ces relations peuvent concerner les domaines suivants : le thème, la thèse défendue ou réfutée, la stratégie argumentative (argumentation directe ou indirecte) ; le contexte historique de création et/ou de réception des œuvres ; le genre littéraire (roman, conte…) et le type de texte (récit, description, argumentation) ; le courant littéraire ou artistique : la philosophie des Lumières, le fantastique, le surréalisme, le science-fiction ; le registre : comique, pathétique, ironique, polémique…

      

LES PORTRAITS À VISÉE ARGUMENTATIVE

Comme tous les portraits, ceux à visée argumentative décrivent une personne physiquement, psychologiquement, socialement, culturellement et/ou idéologiquement… Mais, au-delà de la personne décrite, l’auteur exprime implicitement un jugement sur ses concitoyens, son époque et défend ses propres valeurs… On qualifie alors ce genre de portrait d’argumentation indirecte. On distingue deux sortes de portraits : les portraits « à charge », c’est-à-dire négatifs, décrivant des personnes qui défendent des contre-valeurs inacceptables. Le lexique dominant est péjoratif ; les portraits élogieux, positifs, qui suggèrent implicitement les valeurs que défendent leurs créateurs. Le lexique dominant est mélioratif.

     

LES CARACTÉRISTIQUES D’UN RÉQUISITOIRE

Un réquisitoire est un énoncé qui accuse une personne, une institution, une réalité sociale… Sa forme courante est celle d’un discours. C’est donc un écrit oralisé. Pour être persuasif et convaincant, l’orateur emploie les procédés de l’interpellation (mode impératif, phrases exclamatives, interjections…), des exemples émouvants, etc. Le ton peut être polémique et pathétique. Le lexique vise à dévaloriser la cible énoncée.

      

L’ANALYSE ET L’INSERTION DES CITATIONS ET DES EXEMPLES

Les citations sont de courts discours rapportés d’auteurs permettant de légitimer un point de vue, d’enrichir un commentaire… Elles sont toujours encadrées par des guillemets et très souvent introduites par un verbe de parole. L’auteur d’une citation est mentionné – avant, à l’intérieur ou après elle – et introduit à l’aide d’une préposition (pour, selon, d’après…). Les exemples sont des développements plus ou moins longs qui peuvent étayer un argument, concrétiser une idée, expliquer un concept, énumérer des éléments… Les exemples sont très souvent – mais pas toujours – introduits dans l’énoncé par des signes de ponctuation (parenthèses, deux-points), des adverbes (notamment) ou des tournures verbales (il s’agit de, en témoigne…).

     

LES TRANSFORMATIONS DE TEXTE

Les transformations de texte sont avant tout des écrits à contrainte (ex. : modification du genre, de la situation d’énonciation, du lexique, ou de la visée), qui font donc appel à des connaissances littéraires et linguistiques. Ce sont aussi des écrits d’invention qui sollicitent l’imagination de leur auteur.

     

RÉDIGER UN DIALOGUE CONTRADICTOIRE

C’est une forme d’argumentation où deux personnages, sur un même thème, défendent des thèses opposées. Ces thèses sont exprimées par chaque personnage au début du dialogue. Pour justifier la thèse qu’il défend, chaque personnage avance des arguments et des exemples énoncés de façon alternée et qui s’opposent les uns aux autres (arguments/contre-arguments). Des connecteurs logiques (marquant le plus souvent l’opposition) et des modalisateurs de certitude structurent et crédibilisent la discussion. La présentation du dialogue dépend de son genre littéraire. Dans un dialogue théâtral, l’identité des personnages précède leurs répliques. Dans un dialogue de roman, leur identité est insérée dans la narration et dans les incises (… dit Pierre…).

     

LES POINTS DE VIGILANCE EN EXPRESSION ÉCRITE

Afin d’améliorer son expression écrite, il faut être particulièrement vigilant sur : les niveaux de langue : privilégier un niveau de langue courant ou soutenu (selon le contenu de l’écrit) avec un lexique précis et une syntaxe correcte, y compris dans un dialogue argumenté ; l’enchaînement des propos : utiliser les connecteurs (d’addition, de cause, de conséquence, d’opposition et de concession) qui facilitent le déroulement logique des idées ; les accords grammaticaux : respecter la chaîne des accords en genre, en nombre et en personne ; les homophones grammaticaux : choisir, entre les mots et expressions qui se prononcent de la même manière mais s’écrivent différemment, ceux qui correspondent à ce que l’on souhaite écrire.

      

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE :

SENDRE-HAÏDAR Michèle, LE BORGNE Caroline, SEUZARET Florian, Les nouveaux cahiers Français 1re Bac pro, En cours, En accompagnement personnalisé, Préparation au CCF, Paris, Foucher, septembre 2016.

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